Speaker #0bonjour je suis Nathalie Mathern pendant des années j'ai révélé la beauté des femmes complexées derrière mon appareil photo grâce à la photographie thérapeutique parce que je pensais que si une femme se trouvait belle elle finirait par s'aimer et pourtant moi pendant presque 50 ans je me suis regardé dans le miroir sans m'aimer Et puis j'ai compris une chose, le vrai problème ne se joue pas devant le miroir, il se joue dans la façon dont on se critique en permanence dans sa tête. Alors aujourd'hui je pose l'appareil photo et je prends le micro pour aller plus loin. Bienvenue dans Déclic Intérieur, le podcast qui provoque des déclics pour arrêter de se cacher la vie avec ses complexes et enfin profiter sans attendre d'avoir un corps parfait. Aujourd'hui, je vais te raconter une journée que j'ai loupée. Une seule journée en fait. Mais une journée qu'il m'a fallu presque dix ans pour comprendre ce qu'elle m'avait coûté. Vraiment. Tu t'es déjà retrouvée sur une plage à regarder les autres femmes au lieu de profiter de ta journée ? Moi, oui. Je regardais leurs jambes, leur ventre, leur silhouette. Et surtout, je regardais cette aisance qu'elles semblaient avoir avec leur corps, cette liberté. Cette façon d'être là, simplement. Comme si elles ne se demandaient pas toutes les 30 secondes à quoi elles ressemblaient. Comme si elles avaient le droit de profiter. Moi, je ne ressentais rien de tout ça. À cette époque-là, j'avais l'impression d'être enchaînée à un corps que je ne voulais pas. Un corps que je traînais comme un boulet. Un corps qui prenait toute la place dans ma tête. Quand je regardais ces femmes, je me posais toujours les mêmes questions. Comment elle fait pour avoir des jambes comme ça ? Comment elle fait pour avoir un ventre aussi plat ? Comment elle fait pour être aussi jolie ? Et je vais te dire quelque chose dont je ne suis pas très fière. Je les enviais. Parce qu'à cette époque-là, j'étais persuadée que si j'avais leur corps, je serais plus heureuse. Alors qu'en réalité, je ne savais rien d'elles. Je ne savais pas si elles étaient heureuses, je ne savais pas si elles étaient aimées, je ne savais pas ce qu'elles vivaient quand elles rentraient chez elles le soir. Je savais juste qu'elles avaient le corps que j'aurais aimé avoir. Et pendant que j'étais occupée à regarder ce que je n'avais pas, à côté de moi, Alex, mon mari, et Elliot, notre fils, riaient en construisant un château de sable. La mer était devant moi, le soleil brillait, ma vie était là, sous mes yeux, et moi, je passais à côté. Aujourd'hui, quand je repense à cette histoire, Je ne pense plus à mon ventre, à mes cuisses ou à mes fesses. Je pense surtout à tout ce que j'ai raté à cause de mes complexes. C'était il y a une dizaine d'années. Alex participait à un séminaire avec ses collègues. Les conjointes et les enfants étaient invités à venir. Pendant qu'eux travaillaient toute la journée, nous les femmes, on se retrouvait avec les enfants. Et ce jour-là, quelqu'un a proposé une sortie à la plage. Tout le monde était partant, les enfants étaient super contents. Et les autres femmes avaient l'air ravies. Des femmes que je trouvais magnifiques. Elles avaient dix ans moins que moi, plus minces, à l'aise dans leur corps, comme si ça n'avait jamais été un sujet pour elles. Et moi, dès que j'ai entendu le mot plage, j'ai senti une boule dans mon ventre. Parce que moi, en fait, je n'entendais pas le mot plage. J'entendais maillot de bain et surtout maillot de bain devant d'autres femmes, des femmes plus jeunes, des femmes plus minces, plus jolies, plus à l'aise que moi. Et je me suis sentie tellement complexée à l'idée de me retrouver en maillot devant elle que j'ai préféré inventer un mensonge plutôt que d'y aller. Et donc finalement, j'ai trouvé une excuse. J'ai dit au groupe que mon fils était fiévreux ce matin-là. qu'on allait rester à l'hôtel, tous les deux, tranquilles. Mais mon fils n'avait pas de fièvre du tout. Du coup, je lui ai proposé d'aller plutôt faire des manèges. Il avait 4 ans, il n'a rien vu, il n'a rien compris. Pour lui, c'était juste une chouette journée avec sa maman, des manèges et sûrement qu'elle lui offrirait une glace. Mais ce jour-là, il n'a pas joué dans l'eau avec les autres enfants. Il n'a pas construit de château de sable. La seule personne qui savait exactement pourquoi nous n'irions pas ? C'est moi. Et aujourd'hui encore, je me souviens très bien de cette journée. Pas à cause de la plage, pas à cause du maillot, mais parce qu'aujourd'hui je me rends compte qu'elle raconte tout ce que j'étais prête à rater, parce que j'avais honte de mon corps. Avec le recul, je réalise aussi que cette journée à la plage n'était pas la seule fois où mes complexes ont décidé à ma place. Ça se passait aussi quand je gardais mon gilet alors qu'il faisait 30 degrés. simplement parce que je voulais pas montrer mes bras. C'est aussi l'invitation à la piscine que je refusais en disant que j'avais trop de boulot. Ou encore la photo de groupe où je me plaçais systématiquement derrière. Mais surtout, quand je regardais les photos de vacances dans mon téléphone, je m'en rendais compte qu'il n'y en avait presque aucune de moi. Par contre, des photos d'Alex et Elliot, des paysages, ça, il y en avait des centaines. Et moi ? J'étais absente de mes propres souvenirs. Et ça me faisait mal. Et quand on multiplie ça par 10 étés, 20 étés, c'est pas une journée qu'on perd. C'est des années entières de vie qu'on met en pause, en attendant je ne sais pas quoi. Du coup, une fois par an, je réservais un photographe. Je me mettais sur mon 31, on faisait de magnifiques photos de famille, et quelque part ça me rassurait. Je me disais, au moins, il aura de belles photos avec sa maman. Mais aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte qu'une séance photo par an ne remplace pas tous les souvenirs du quotidien. Et puis aujourd'hui, avec la ménopause, je réalise que cette stratégie n'avait aucun sens. Parce que si j'attendais mais complètement mon corps pour profiter de la vie, je vais attendre combien de temps exactement ? Les années passent, les rites se dessinent. Les kilos s'invitent, la peau change. Et alors quoi ? J'attends encore dix ans avant de vivre ? Pendant longtemps, j'ai cru que le problème, c'était mon ventre, mes cuisses, mes kilos. Je me disais que le jour où j'aurai enfin le corps que je voulais, tout le reste suivrait. Je profiterai davantage, je me sentirai plus libre, plus heureuse, plus légère. Mais aujourd'hui... Je sais que je me trompais. Parce qu'en réalité, c'est pas mon corps qui m'a empêché d'aller à la plage ce jour-là. Ce n'est pas mon ventre qui a inventé un mensonge. Ce ne sont pas mes cuisses qui ont refusé cette journée. C'est la honte que j'avais de ce corps. C'est le regard que je portais sur lui. Et aussi le regard que je portais sur le corps des autres femmes plus minces, à qui je me comparais sans arrêt. Car finalement, la seule personne qui décidait que je n'étais pas assez mince, pas assez jolie, pas assez bien, c'était moi. Les autres ne me jugeaient pas, c'était moi. Et à force de me comparer, j'avais fini par croire que je n'avais pas le droit de profiter tant que je ne ressemblerais pas à ces femmes-là. Et ça, ça change tout de se rendre compte de ça. Parce que mon corps, lui, Il ne m'a jamais demandé que je mette ma vie en pause. Il ne m'a jamais demandé que je refuse des invitations. Il ne m'a jamais demandé que je disparaisse des photos. Et il ne m'a jamais demandé que j'attende avant de profiter. Mais le pire dans tout ça, c'est de me rendre compte que pendant que je passais mon temps à espérer un autre corps, cette journée de plage-là, je ne la récupérerai jamais. Je peux perdre tous les kilos du monde, cette journée ne reviendra pas. Et aujourd'hui, si je pouvais revenir sur cette plage, je crois que je ne regarderais même plus les autres femmes. Je regarderais Alex, je regarderais Elliot, je regarderais la mer. Et j'irais construire ce château de sable avec eux. Alors aujourd'hui, je vais te proposer un tout petit geste. Si tu vas à la plage ou à la piscine cet été, j'aimerais que tu fasses quelque chose. Quand tu sentiras ton regard partir sur le corps des autres femmes, ramène-le autour de toi. Regarde l'eau, regarde tes enfants, regarde ton mari, regarde tes amis, regarde la vie qui est en train de se passer autour de toi. Et si tu as des enfants ou des petits-enfants avec toi, Va construire ce château de sable. Va jouer au ballon dans l'eau avec eux. Même cinq minutes. Même si tu te trouves trop grosse. Même si tu n'aimes pas ton ventre ou tes cuisses. Et surtout, n'oublie pas de prendre plein de photos. Parce que dans dix ans, les personnes que tu aimes ne regarderont pas une photo en se disant « Elle avait quelques kilos en trop ! » Elles se diront « Tu te souviens de ce château de sable qu'on avait construit ensemble ? Tu te rappelles comme on avait ri ce jour-là ? C'était vraiment des super vacances ! On a passé des super moments ensemble ! » Et je crois que c'est ça qu'on oublie parfois. Nous, on regarde notre ventre, nos cuisses. Nos rides, notre maillot de bain, mais les autres, ils regardent la personne qu'ils aiment. Alors je te pose la question franchement, la prochaine fois que tu seras au bord de l'eau, qui est-ce que tu vas regarder ? Les autres femmes ou les gens que tu aimes ? Et surtout rappelle-toi une chose, les étés passent vite, les enfants grandissent vite. Et certains souvenirs ne se rattrapent pas. Moi, il m'a fallu presque dix ans pour comprendre ça. Si cet épisode t'a parlé, imprime le carnet des déclics et glisse-le dans ton sac de plage cet été. La prochaine fois que tu es assise sur le sable pendant que tout le monde est dans l'eau, au lieu de regarder les autres femmes, ouvre-le. Cinq minutes. Juste pour toi. juste pour regarder honnêtement ce que tes complexes te coûtent encore aujourd'hui. Les moments que tu repousses, les souvenirs que tu évites, les choses que tu attends encore avant de vivre. Tu trouveras le lien en description. Il est gratuit. Au fait, petite info avant de te laisser. Cet été, Déclic Intérieur passe lui aussi en mode vacances. On se retrouvera tous les 15 jours au lieu de toutes les semaines. Parce que moi aussi, j'ai bien l'intention de profiter de l'été et de me créer de beaux souvenirs en famille. Et d'ici là, va construire ton château de sable. Pas pour la photo, juste pour être là. Vraiment là. Avec les gens que tu aimes.