Speaker #0Bienvenue dans Décorticoeur, le podcast dans lequel on décortique nos histoires de cœur en démontant nos schémas bloquants et nos tentatives de solutions foireuses. Je m'appelle Alexandra Kaci, je suis coach diplômée et spécialisée dans la dépendance affective, mais surtout passionnée par le fonctionnement des relations humaines. Ensemble, on va découvrir mes cas de coaching, mes réflexions personnelles et vos histoires à vous chers auditeurs. C'est parti, on commence ! Bonjour bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode avec lequel on entre enfin dans le vif du sujet. Je suis très contente de commencer aujourd'hui avec l'histoire d'Elodie. Elodie qui m'a envoyé un mail à l'adresse que j'ai laissée et sur laquelle je vous invite à tous me contacter pour me partager vos histoires, vos schémas bloquants, pour que je puisse en faire une réponse par podcast et que tout l'auditoire puisse en profiter. Alors voilà le courrier d'Elodie. Bonjour Alexandra ! Je t'avoue que rien que de l'écrire, ça me serre un peu la gorge. Comme si j'avais peur d'être encore trop ou pas assez. Mais peut-être que c'est ça justement mon histoire. Alors voilà, j'ai l'impression de tomber amoureuse avant même de vraiment connaître la personne. C'est comme si dès que quelqu'un me montre un peu d'intérêt, mon cœur s'emballe et je me dis « ça y est, peut-être que cette fois je vais enfin être choisie » . Et après je m'accroche.Je donne tout. Je me plie en quatre sans même qu'on me le demande. Je deviens celle qui attend les messages, celle qui invente des excuses quand l'autre prend de la distance, celle qui se dit « c'est moi, j'ai dû faire quelque chose de travers » . Et quand je sens qu'il s'éloigne, je le sens toujours trop vite. J'ai une panique qui monte dans ma poitrine, comme une boule chaude qui me coupe la respiration. J'essaie de faire bonne figure mais à l'intérieur c'est le chaos. Je me dis que je vais encore finir seule, que je ne vaux pas la peine qu'on reste. Le pire c'est que je le vois venir à chaque fois. Mais je reste, je m'accroche. Je m'efface même. Et puis le moment tombe, un silence, un je me sens pas prêt, un tu mérites mieux. Et moi, je me retrouve avec ce vide énorme, comme après une chute. Je me déteste un peu de retomber encore dans le même truc. Je me demande ce qui ne va pas chez moi pour m'attacher aussi vite, pour espérer aussi fort, pour me perdre aussi complètement. J'ai honte parfois de mon besoin d'être aimé. Il est tellement démesuré que j'ai l'impression qu'il fait fuir tout le monde. Je crois que j'ai juste peur d'être seule, mais je ne sais plus comment faire autrement. Voilà, c'est ça mon histoire. Alors déjà, merci beaucoup Elodie de nous avoir partagé ton histoire. Et c'est un témoignage qui me touche beaucoup parce qu'il fait écho à de la dépendance affective. Et je suis moi-même une personne qui a été aux prises à de la dépendance affective, comme je l'ai dit. Alors, je m'en suis sortie. Aujourd'hui, je vis une vie complètement alignée avec ce que j'ai toujours rêvé d'avoir. et notamment parce que je vivais les mêmes schémas qu'Elodie. La première chose que j'ai envie de te dire, Elodie, à toi et toutes celles et ceux qui vivent la même chose, c'est que vous n'êtes pas anormaux. Vous avez juste besoin de comprendre quels sont vos besoins et comment vous fonctionnez. Jusque-là, ce n'est pas forcément le cas. Tu connais tes symptômes, tu connais ton vécu bien évidemment, le fait que tu donnes beaucoup, que tu ne reçois pas en retour la même énergie, la même force. En fait, tu cherches à plaire. Tu cherches à éviter le conflit parce que t'as envie d'être aimé. Alors tu t'oublies. Et quand on s'éloigne, tu t'accroches très fort. À mon sens, ce qui est en train de se jouer, c'est que t'as mis une stratégie en place. Celle de t'oublier en pensant, si je lui donne tout, si je deviens indispensable, il peut pas m'abandonner. Parce que c'est tellement confortable pour lui, tout ce que je peux lui apporter, ça serait... complètement fou de me mettre dehors de sa vie. Ça, c'est ce que tu crois. Mais l'humain, il ne fonctionne pas de cette manière-là. L'être humain, il a besoin de challenge. Il a besoin de sentir que ce qu'il a, il pourrait le perdre. Et comme tu n'as pas compris ça, tu recommences encore et encore. Et quand je dis que tu n'as pas compris, ce n'est pas une insulte. Je ne dis pas que tu es bête. Je dis que tu ne l'as pas intégré dans ton relationnel. Même si théoriquement, quand je te le dis, tu le comprends très bien. Mais tu sais, en coaching, ce qu'on dit, c'est que toujours de la même chose donne toujours du même résultat. Et ça, ce n'est pas de ta faute parce qu'il faut prendre du recul pour ça et tu ne t'en es pas aperçu. Tu ne t'es pas aperçu que tu étais dans une espèce de schéma éternel où tu as cette stratégie-là pour ne pas être abandonné. je vais donner encore et encore, comme ça on ne peut pas m'abandonner. Et tu vois que ça ne fonctionne pas. Mais au lieu de te dire que c'est ta stratégie qui ne fonctionne pas, tu te dis que c'est la personne en face qui ne convenait pas. Et donc, t'espères trouver un jour la personne qui va répondre correctement à la stratégie que t'as mis en place. C'est-à-dire qui va répondre présent en tout temps, qui ne t'abandonnera pas parce que tu lui donnes encore et encore. Mais déjà, la première chose que ça risque de donner, c'est que, admettons que tu trouves cette personne-là. La chose que tu vas finir par lui reprocher, c'est de dire mais en fait je donne, je donne, je donne et je ne reçois pas en retour. Et donc là tu vas te dire mais il n'est pas avec moi par amour, il est avec moi par confort. Donc avant d'en arriver là déjà, le premier problème que tu as, c'est que tu ne trouves pas cette personne-là. Cette personne qui ne t'abandonnera pas parce que toi tu lui donnes énormément. Parce que ton but dans un premier temps, avant même d'être aimé, c'est de ne pas être seul. Et le problème, il démarre ici. Il y a une différence entre ces deux objectifs qui sont être aimé versus ne pas être seul. Et donc, comme il y a deux objectifs différents, il y a deux stratégies différentes. Laisse-moi t'expliquer la différence entre les deux. Si l'objectif, c'est de ne pas être seul, ce que tu vas mettre en place, c'est que tu vas accepter des miettes. C'est que tu vas tout donner comme tu as l'habitude de faire pour que la personne, elle ait envie de rester avec toi. Si l'objectif c'est d'être aimé, ce que tu vas mettre en place c'est déjà dans un premier temps de reconnaître que t'es digne d'être aimé. Et je pense déjà que t'as un problème avec la valeur que tu te donnes et que t'es pas forcément sûr d'être digne d'amour. Ensuite ce qu'on met en place quand l'objectif c'est d'être aimé, c'est qu'on va aller observer la personne qui est face à nous. On va aller regarder ce qu'elle nous donne, comment elle nous le donne, quelles limites elles nous posent et ce qu'elles attendent de nous. Et ces notions-là, j'ai bien l'impression que tu ne les as pas encore. Donc ce que j'ai envie de te dire, c'est déjà dans un premier temps, reconnais ton besoin et assume-le. Ton besoin, c'est d'être aimé. Or, pour te faire aimer, la stratégie que toi tu as mis en place, c'est celle de ne pas être seul. Tu as confondu ces deux notions-là. Et à mon sens, c'est une théorie qui est primordiale. Celle d'apprendre à être seule, à être bien avec toi-même, avant de chercher l'amour. Alors ça ne veut pas dire que je te conseille à 100% de t'obliger à rester seule pour apprendre à être aimée. Ce n'est pas ce que je dis. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui biaisent un peu cette idée-là en disant qu'on ne peut pas obliger les gens à rester seuls et on ne peut pas s'interdire de trouver l'amour. Ce n'est pas du tout le sujet. Le sujet, c'est vraiment de se dire pas à être bien avec toi-même, tant que tu n'affronteras pas cette peur de rester seule, tu vas t'accrocher. Et tu t'accrocheras mal et tu feras fuir. Apprendre à être seul, c'est un exercice qui est nécessaire. Parce que même en couple, même heureuse en amour, il y aura des moments où tu devras apprendre à apprécier d'être seule. Pour fiche la paix un peu à ton partenaire, pour lui laisser de l'air. Mais aussi... pour te retrouver avec toi-même, pour apprendre à te connaître, pour te chérir, pour apprendre à te donner ce que jusqu'ici, tu as cru qu'il était nécessaire d'aller demander à l'autre. Pour apprendre à faire tout ça, il va falloir que tu ailles travailler sur ta valeur, celle que tu as vraiment, plutôt que celle que tu crois avoir. Parce que je suis persuadée que tu ne t'estimes pas beaucoup. Tu n'es pas forcément persuadé d'être digne d'intérêt, digne d'amour surtout. Ensuite, c'est de bien avoir pris conscience de ce schéma, de la stratégie que tu as mis en place et qui est caduque. Celle de tout donner pour éviter qu'on t'abandonne. Donc ça, c'est vraiment à garder en tête. Ce schéma où tu penses qu'en donnant tout, l'autre personne n'aura pas le choix que de te garder dans sa vie parce qu'elle veut garder son confort. Comprends bien que cette stratégie ne fonctionne pas. Premièrement parce que l'humain ne fonctionne pas de cette manière comme je l'ai dit. Et que ce n'est pas en donnant tout à quelqu'un que ce quelqu'un va être reconnaissant et qu'en retour, il va tout te donner. Deuxièmement, parce que comme je te le disais tout à l'heure, un jour, si ça fonctionne, tu lui diras que c'est trop confortable pour lui le fait que tu lui donnes tout. Que c'est facile d'aimer comme ça, mais que toi, tu n'es pas sûr d'être aimé parce que toi, tu ne reçois pas la même chose en retour. Parce que tu auras instigué ça. Parce que tu auras mis ça en place. Ce schéma-là qui va se retourner contre toi. Je pense, sincèrement, qu'il faut que tu arrêtes de te poser la question « comment être aimé ? » et que tu la remplaces par « comment je me choisis moi en premier ? » « Comment je m'aime ? » Ça va te donner des indications sur tes besoins. Ça va t'obliger à t'apporter les choses dont tu as besoin au quotidien et dont je suis sûre que parfois tu te dis qu'elles devraient arriver... de l'être aimé finalement. Quand on n'a pas le curseur au bon endroit, on a tendance à penser qu'en couple, on peut demander énormément de choses à l'autre, alors que la plupart de ces choses-là, on doit se les apporter nous-mêmes. L'idée de l'amour, ce n'est pas de se sauver l'un l'autre, ce n'est pas de s'apporter tout un tas de choses. L'idée, c'est d'être heureux ensemble, d'avoir la paix ensemble. Ça, c'est mon avis. Bien sûr, il y a des choses que l'un et l'autre, vous allez devoir vous apporter. Parce qu'un couple, ça fonctionne aussi comme ça. Mais ce n'est pas la base. C'est ça que je veux dire. Mais au vu de ce que tu me dis, j'ai vraiment l'impression qu'il y a cette idée d'une grosse attente, d'une énorme attente de ta part. Et c'est pour ça que tu donnes énormément, dans l'espoir d'avoir un retour à la hauteur de ce que tu donnes. Je te donne quelques pistes. Dans un premier temps, l'idée, c'est d'observer, d'observer l'autre. Comment il agit ? Comment il te donne ? C'est ce que je te disais tout à l'heure. Comment il t'aime en fait ? Pour ne plus accepter des miettes. Ensuite, il va falloir que tu apprennes à ralentir pour mieux interpréter ses comportements et réaliser est-ce qu'il est égoïste dans ce qu'il est en train de faire, dans la limite qu'il est en train de me poser, dans ce qu'il est en train de ne pas m'apporter ? Parce que tout simplement, c'est à moi de me la porter ou c'est à moi de le demander sans espérer qu'il devine ? Ou est-ce que cette personne-là, elle est égoïste parce qu'elle devrait me donner ça ? Il y a toutes ces notions-là à repérer. Et pour les repérer, il faut vraiment ralentir, observer, prendre le temps. Et pas interpréter avec ton émotion. Et pas non plus surenchérir pour donner plus, pour espérer qu'ils comprennent enfin que lui doit te donner plus et ainsi de suite. Et enfin, comme je disais tout à l'heure... il faut que tu apprennes à te donner à toi-même, à garder un espace avec toi. Donc ça sous-entend apprendre à avoir des moments seul, apprendre à être seul, à apprécier, apprendre à te nourrir toi-même. Parce que plus tu vas savoir le faire, plus tu vas te rendre compte que t'as pas besoin de l'autre pour le faire. Moins tu vas être dans l'attente de l'autre et moins tu vas être dans le don de toi parce qu'en retour, t'attendras pas. Et donc... plus la relation, elle va se réguler, elle va se construire par elle-même. Et là, tu laisses la place à l'autre pour vraiment montrer qui il est, ce qu'il a envie de te donner, ce qu'il a envie de partager, ce qu'il a envie de construire avec toi. Tu lui laisses la place, tu le laisses exister, tu ne lui donnes pas la marche à suivre inconsciemment et t'observes. Il n'y a qu'à partir de ce moment-là où tu pourras comprendre que la personne qui est en face de toi, c'est potentiellement une bonne personne avec laquelle tu pourras faire ta vie, et là le message c'est plus "S'il te plaît aime-moi" le message c'est "J'ai envie de faire un bout de chemin avec toi parce que je suis bien avec toi et si toi t'es bien avec moi en retour alors allons-y" mais ça sera seulement à cette condition là. Alors, c'est un début parce que tout ce que je te conseille de mettre en place, de prendre conscience de comprendre, ça va te demander du temps pour ingurgiter tout ça il y aura des nuances bien évidemment j'ai pas tout ton récit je fais avec le peu d'infos que j'ai Donc j'en retire la plus grosse idée. Mais ce que je te conseille, c'est vraiment de continuer à travailler là-dessus. Pourquoi pas à travailler avec un professionnel, à te faire accompagner ? Tu sais où me trouver si t'as besoin. Si tu sens que mon état d'esprit colle avec le tien, t'es la bienvenue. Mais l'idée c'est vraiment de continuer à prendre de la hauteur. Tu vois ce qu'on vient de faire dans cet épisode, c'est de prendre de la hauteur. On a pris du recul par rapport à la situation que tu vivais. Premièrement parce que t'as pris le temps d'écrire. Parce que t'as pris le temps d'exposer ce qui t'est arrivé, t'étais plus à l'intérieur de toi quand t'as écrit, tu l'as sorti. Et deuxièmement, parce que t'as demandé à quelqu'un de l'analyser. Et c'est ça qui va changer la donne. Bon bien évidemment je t'encourage grandement à continuer, c'est pas en un épisode de podcast que tout va se régler bien sûr, mais c'est un début. D'ici là à ce que tout se mette en place, il y aura des nuances, il y aura des faux pas que tu vas faire. Mais c'est pas grave parce que tu avances. Et j'aime bien prendre cette idée du ménage de printemps à chaque fois que je parle de coaching ou de travail sur soi. C'est comme si finalement, tu faisais le plus gros du travail au début et que petit à petit, tu auras de moins en moins de travail. Si tu travailles très fort au début et que tu arrives à mettre du clair, de l'espace dans tout ça, après, tu n'auras plus que de l'entretien à faire. Ça ne veut pas dire que tu n'auras plus de problèmes. Ça veut dire qu'il y aura moins d'intensité dans le travail que tu as à faire. Moins de gros changements de vie à mettre en place. Et donc, ça sera de l'entretien. Et j'aime beaucoup faire le parallèle avec le ménage de printemps, parce que c'est comme si tu prends une maison que t'as pas nettoyée depuis hyper longtemps. Et là, tu vas assainir la maison. Tu vas vider les placards, tu vas vider les pièces, tu vas trier, dépoussiérer, tu vas ranger, tu vas jeter ce que t'as plus besoin et tu vas laver. Et ensuite, à l'intérieur des placards, tu vas réorganiser tout ça. Et si tu fais ça dans ta maison, ça ne veut pas dire que plus jamais tu auras à faire le ménage. Ça veut dire que régulièrement, quand tu feras ton ménage, ça sera beaucoup plus simple, beaucoup plus facile que le gros ménage que tu viendras de faire. Et à force, ça va te permettre d'avoir une maison intérieure qui est saine sur la durée et de ne pas osciller entre « Ok, je fais le gros ménage, j'ai donné beaucoup d'énergie pour ça, maintenant je peux me reposer, j'attends que tout s'encrase pour recommencer » . Et là, on a des montagnes russes. Des phases où on s'épuise et où on est mal parce qu'à l'intérieur ça commence à s'accumuler à nouveau. Et donc je repars dans une maison où je dois à nouveau mettre toute mon énergie là-dessus. Et en fait c'est énergivore, c'est épuisant. Et à la fin, on finit par plus rien faire. Voilà pourquoi je t'invite à faire ce gros travail-là au départ et ensuite continuer à avoir un œil dessus mais beaucoup plus léger que l'introspection que tu es en train de faire. Voilà. J'espère que cet épisode t'a apporté les réponses que tu attendais. J'espère aussi que nos auditeurs ont apprécié, ont trouvé potentiellement des réponses. Peut-être qu'ils se sont aussi retrouvés dans cette histoire-là, dans ces traits de dépendance affective-là. En tout cas, si vous avez envie de faire comme Élodie et de me partager votre histoire, vous pouvez trouver le lien ou m'envoyer un mail dans la description de cet épisode ou dans la description de la chaîne de podcast carrément. Je suis aussi disponible pour des sessions individuelles de coaching, comme je le disais. Encore une fois, vous trouvez toutes les infos dans la description de ce podcast. Quant à moi, je vous retrouve la semaine prochaine si vous en avez envie. Prenez soin de vous et n'oubliez pas, se comprendre ne vient pas par chance mais par choix.