Speaker #0Bienvenue dans Décorticoeur, le podcast dans lequel on décortique nos histoires de cœur en démontant nos schémas bloquants et nos tentatives de solutions foireuses. Je m'appelle Alexandra Kaci, je suis coach diplômée et spécialisée dans la dépendance affective, mais surtout passionnée par le fonctionnement des relations humaines. Ensemble, on va découvrir mes cas de coaching, mes réflexions personnelles et vos histoires à vous, chers auditeurs. C'est parti, on commence ! Hello et bienvenue dans ce troisième épisode de Décortiqueur. Cette semaine, j'ai eu envie de vous parler d'un cas de coaching qui concerne une de mes clientes qu'on va appeler Camille. Alors, je ne donne pas les vrais noms, comme ça les gens qui vont se retrouver dans l'épisode ne vont pas se sentir mal à l'aise. Et même s'il y a très peu de chances pour qu'elle se fasse reconnaître, j'aime quand même garder l'anonymat. En plus, vous êtes nombreux et nombreuses à m'envoyer vos amis, etc. Et je n'ai pas envie de déballer ce qui se passe en séance auprès des autres. Donc Camille, en coaching, elle est suivie avec moi en coaching depuis un certain temps, de manière, comment dire... régulièrement ponctuelle. C'est-à-dire qu'on a dû se connaître il y a 2-3 ans, elle est arrivée vers moi avec un problème de dépendance affective, un gros problème de dépendance affective, le démarrage de tout ce de quoi elle voulait sortir. Donc ça a duré quelques mois, et puis de manière régulière, elle revient tous les six mois, tous les ans, pour une petite salve de séances, et pour régler des petits nœuds, en fait, qu'elle a relationnellement. Donc en ce moment, Camille, elle me parle de son couple, qui va quand même bien, qui est sain, comparé à ce qu'elle a pu connaître auparavant, mais voilà, il y a des petites choses encore qu'elle n'arrive pas trop à réguler, etc. Elle voudrait comprendre. Et là... Ce jour-là, elle m'a parlé d'une situation, d'un schéma en particulier. Et comme tu le sais, j'aime décortiquer. Et donc ce schéma-là, c'est qu'elle me dit qu'elle le sent parfois un peu moins présent, un peu moins connecté, un peu plus dans sa bulle. Et elle me dit, je sais que c'est normal, je sais qu'il peut y avoir des soucis, il peut y avoir des choses et puis parfois on passe par des périodes où on est un peu moins connecté parce qu'un peu plus... plus de disputes, parce qu'un petit peu plus de remise en question, parce qu'un peu plus de projet, donc moins de légèreté, des choses qui ne remettent pas en doute le couple, mais qui font que la connexion, elle se perd un peu. Camille, elle est dans cette situation-là et elle me dit que quand elle le sent, lui, dans son coin, elle ne peut pas s'empêcher de se dire que ce n'est pas normal. Et elle se sent seule. Et elle me dit, Alexandra, je ne comprends pas, en fait, pourquoi... Pourquoi je me sens si seule ? Et je remets tout en question à ce moment-là. Et donc je vais proposer de lui partager juste ma simple réflexion à ce sujet pour qu'on puisse avoir un espèce de socle sur lequel on peut s'appuyer. Ça ne veut pas dire que ma pensée est la bonne, ça veut juste dire que quand on échange des idées, des points de vue, des rétrospectives, on ouvre la porte à d'autres réflexions. Et donc l'idée c'est de lui dire, tu vois Camille, Toi, tu te dis ça, tu ressens les choses comme ça. Moi, voilà ce que je peux en dire, ce que j'en pense, parce que ça n'arrive pas qu'à toi. Voilà ce que je vois de la société, voilà ce que je vois de mon expérience, etc. De lui permettre d'ouvrir, en fait, le champ de réflexion. Et elle prend ce qu'elle a envie de prendre, et elle laisse ce qu'elle a envie de laisser. Mais en tout cas, voilà, ça lui donne une impulsion de réflexion. Et en fait, ce dont on s'est rendu compte, c'est qu'elle voyait les choses dans la dualité. comme beaucoup je pense, et donc la dualité de cette chose-là, c'est de se dire, en fait quand on est un couple, soit on est en hyperconnexion, soit on a un problème. Ça veut dire que si on n'est pas hyperconnecté, si c'est pas fluide entre nous, si c'est pas super à quasi chaque instant, si ça nous fait pas vibrer, etc., c'est qu'on a un problème. L'idée c'était de lui ouvrir le champ des possibles en lui disant, mais... C'est peut-être pas la réalité, cette dualité, elle est peut-être pas réelle, c'est peut-être pas ce sur quoi faudrait s'appuyer. Or, on est beaucoup à s'appuyer dessus, et moi j'appelle ça le syndrome des contes de fées. Pourquoi ? Parce que ce syndrome, il nous fait croire qu'un couple, ça doit être comme dans les contes de fées, ils furent heureux, ayurent beaucoup d'enfants, et voilà, c'est parti jusqu'à la fin de la vie. Sauf que, à mon sens, c'est faux. Et aujourd'hui, on est une génération... Ou deux, ou trois, j'en sais rien en fait. Mais en tout cas, ce que je remarque, c'est que... On a grandi avec des contes de fées, où l'idée c'était de trouver le prince charmant pour être heureux ou heureuse jusqu'à la fin de sa vie. Et en étant grand, on a les réseaux qui nous montrent beaucoup de beauté dans les couples, dans la vie du quotidien, dans la vie familiale, etc. Et on est conditionné depuis qu'on est petit à penser que la vie c'est ça, que ça doit être toujours intense, que ça doit toujours être digne d'un conte de fées finalement. qu'on doit toujours avoir des paillettes dans les yeux, qu'on doit se faire rêver l'un l'autre, qu'on doit être parfait. Voilà la réalité qu'on veut nous faire croire. Alors qui veut, je ne sais pas, la société, le marketing, j'en sais rien du tout. Mais j'ai l'impression que son cas, elle, vient de là et que beaucoup pourraient se retrouver là-dedans. Moi y compris, si je me fais piéger là-dedans et que je n'essaye pas de sortir de cette banalité, et que je n'essaye pas de me comprendre. Ce que je viens mettre en face de cette dualité, qui est soit on est hyper connecté, soit il y a quelque chose qui ne va pas, c'est tout simplement une trialité. Alors, attention, je viens de découvrir un mot, je connaissais le mot dualité bien évidemment. J'ai voulu décrire l'équivalent mais pour trois choses, et donc j'ai dû aller voir sur internet si trialité ça existait, et oui ça existe. Donc, à la place de cette dualité, moi, ce que je propose... C'est de voir ça dans une trialité. C'est-à-dire qu'effectivement, on a le cas où on est en hyperconnexion dans le couple. On a le cas où quelque chose ne va pas. Effectivement, ça peut arriver. Mais on a aussi et surtout une espèce de phase neutre, en fait. Où on a, moi c'est comme ça que je le vois, où on a la paix. Où on cherche la paix. Et en fait, à partir du moment où on ramène cette dimension-là, qu'on passe de cette dualité à cette trialité, finalement, on s'autorise à ne plus se mettre la pression pour être tout le temps dans le top du top, pour être tout le temps dans l'hyperconnexion. Pourquoi on veut être dans l'hyperconnexion ? Parce qu'on a dit soit on est dans l'hyperconnexion, soit quelque chose ne va pas. Bon, comme toute personne normale, je pense que Camille, elle ne veut pas que quelque chose n'aille pas. Elle ne veut pas avoir de problème dans son couple. Donc elle se dit... Si je ne suis pas en hyperconnexion, c'est que quelque chose ne va pas. Donc en fait, je vais chercher tout le temps à être dans l'hyperconnexion. Ce qui va faire qu'elle va tout le temps être force de proposition, elle va toujours se creuser la tête pour avoir les meilleures sorties, les meilleures idées, les meilleurs cadeaux, les meilleures discussions, etc. Elle va accepter beaucoup. Elle ne va jamais dire non quand lui va lui proposer quelque chose. Ça, c'est une chose. Et à l'intérieur de cette phase-là, il y a la phase où... Elle va se mettre une pression pour que l'autre ne lui refuse jamais ses propositions de dingue, qu'elle s'est creusé la tête à avoir et qu'il faut à tout prix qu'il accepte pour cocher cette case de « on est en hyper-connectivité, donc ça veut dire qu'on n'a pas de problème » . Si à l'intérieur de ça, je viens insérer un espace où je te dis « en fait, c'est complètement normal de ne pas être dans l'hyper-connectivité tout » . Tout le temps, alors moi j'appelle ça hyperconnectivité, elle, elle appelle ça pump it up. Voilà, cette idée où tout va toujours bien, c'est l'extase, on s'éclate, etc. Si je viens insérer un endroit entre cette phase-là et la phase où on a des problèmes, qui est une phase de normalité, de paix, tout de suite on relâche. Sauf que ça s'apprend. Avoir la paix, c'est pas bon ben t'es dans ton coin. t'es un peu renfermée, donc je te fiche la paix et je me renferme du mien. Ça, c'est pas se mettre la paix. Ça, c'est vouloir se protéger de quelque chose, avoir peur de quelque chose et parfois même se venger de quelque chose. Parce que l'autre, il est fermé, il veut pas me dire ce qu'il a, donc je vais faire la même chose et je vais me renfrogner, je vais rester dans mon coin, moi non plus, je vais plus lui parler, etc. Donc on n'est pas dans la paix. Et là, on arrive dans la phase de problème si on continue comme ça. Moi, ce que... Je pense, dans l'idée de cette phase de paix, de normalité, c'est de se dire qu'il est normal d'avoir ces phases-là et que c'est beaucoup plus présent d'avoir cette phase-là que d'avoir une phase d'hyper-connectivité, à mon sens, de ce que j'ai pu observer, de ce que je peux vivre, de ce que j'ai pu voir en coaching, même dans la vie de tous les jours. enfin moi qui aime bien, j'ai pas une case métier et puis une case vie privée, tout est mélangé et je passe ma vie à analyser. le relationnel, à me renseigner, à apprendre, etc. Donc à partir de ça... J'ai pas la science infuse, je me base sur aucune étude scientifique ou quoi que ce soit, à partir de mon regard à moi, je me rends compte que c'est plutôt logique d'avoir plus de phases normales que de phases d'hyper-connectivité dans le couple. Et donc déjà si elle l'entend, elle se dit « Ah, ouf, quelqu'un qui me dit que c'est normal » . Et ça sort pas de l'ordinaire en fait de lui dire que c'est normal, c'est juste que, encore une fois, le fait de décortiquer. cet élément-là, ce petit problème-là qu'elle a, parce que finalement, c'est insignifiant au quotidien, c'est très insidieux, c'est quand tous les jours, au bout de quelques mois, quelques années, je n'ai pas compris ça, que ça devient un problème dans mon couple. Mais là, en l'état, ce n'est pas forcément un problème. Et donc, de revenir sur ces petites choses du quotidien, et d'en parler, d'avoir l'espace pour pouvoir le dire, et de s'entendre dire, écoute, c'est complètement normal, à mon sens, ce que tu vis, Ouf ! déjà, elle souffle. Ça lui permet de se dire, ok, maintenant, l'idée, c'est de comprendre pourquoi c'est normal. Pourquoi c'est normal ? Parce que dans le couple, au début, effectivement, il y a une phase de passion où on est dans l'hyper-connectivité, puis après, ça se perd, ça se tasse un peu. Camille, elle en est là. Elle passe de la phase de passion à la phase qui est juste après, où on pose nos valises, on commence à se regarder. d'un vrai œil. On ne cache plus notre jeu, on voit nos défauts, etc. Et donc, elle sait que c'est normal, mais elle prend peur. Et elle, ce qu'elle fait, c'est qu'elle met tout en place pour garder cette phase de passion. Plutôt que de se dire, il faut l'accepter, mais ne tombe pas non plus dans une routine en acceptant juste que la phase de passion soit finie, mais accepte que cette phase de normalité, elle va prendre plus de place que... la phase d'hyperconnexion. Et je vais donner comme ça un pourcentage, ce sont mes calculs à moi. Encore une fois, je me base sur rien du tout. Ce sont, enfin, ce rien du tout qui est extérieur à tout le travail que j'ai pu, moi, observer et faire. Mais si je devais donner une répartition de ces trois phases, je dirais que la phase de normalité, elle prend 50%. La phase d'hyperconnexion, elle prend 40%. Et la phase de problème, elle prend 10%. C'est-à-dire que la phase la plus grande, c'est la phase où c'est normal, où c'est un peu plan-plan, où on est dans la routine, dans le quotidien, on se connaît, on n'a pas besoin de tout dire, etc. La phase d'hyperconnexion, elle est importante, elle demande des efforts, et je la mets à 40%. Pour certains, elle peut être encore trop. Plus on avance dans l'âge du couple, je pense, plus on va avoir tendance à vouloir baisser cette phase-là, pour avoir un peu plus de paix. Malheureusement, ce qui se passe, c'est qu'il y a beaucoup de couples qui transforment la phase de passion en phase de problème. C'est-à-dire qu'ils ne vont pas se dire, c'est normal et on avance tout doucement, on agrandit la phase de normalité pour réduire la phase de connectivité. Non, on réduit la phase de connectivité, on va agrandir la phase de problème. On a de plus en plus de problèmes. On ne les décortique pas, on ne les comprend pas, on ne les met pas sur la table. Ne serait-ce que nous-mêmes avec nous-mêmes, pas forcément en couple. Mais déjà, on enlève des problèmes au couple quand on règle nos problèmes par rapport à nous-mêmes. Enfin bref, tout ça pour dire que voilà le calcul, le schéma que je lui ai présenté, en disant voilà, ça peut être sympa en fait, d'avoir 50% de normalité, 40% de connectivité, et 10% de problème, voilà, qui est normal, ne pas les laisser grossir, mais c'est tout à fait normal de ne pas être d'accord sur tout, d'avoir peur, de ne pas savoir communiquer sur tout, etc. Voilà, à partir de ce moment-là, où cette phase est exposée, L'idée c'est de comprendre, comme je le disais tout à l'heure, l'idée c'est de comprendre c'est quoi la paix. Et je le disais, c'est pas se faire la guerre, c'est pas vouloir renvoyer le silence à l'autre parce que son silence nous fait du mal, mais c'est juste se connaître, accepter que le couple fonctionne comme ça et qu'on peut pas tout le temps être, en gros, dans le couple, les meilleurs amis du monde, les meilleurs amants du monde. On a besoin de se laisser de l'espace, on a besoin de vivre des choses chacun de notre côté et ça, ça fait partie de la phase. de normalité, là où je demande de faire attention à Camille, c'est effectivement de ne pas baisser la garde sur le côté « Tiens, il se renferme dans sa grotte, donc c'est normal, donc je ne vais rien dire. » Non, c'est bien aussi de pouvoir se parler, de laisser des sasses ouvertes en lui disant « Ok, tu es dans ta grotte, mais si tu veux bien m'expliquer rapidement pourquoi et me dire que si un jour je suis concernée, tu viens m'en parler, ça va me permettre de lâcher du lest. » et de me sentir un peu moins oppressée en fait par ce silence que tu laisses. Et donc l'idée ça va être d'apprendre à communiquer, d'apprendre à entre guillemets se fichelaper. bizarrement, contre-intuitivement, parce que plus je vais lui fichelaper, plus facilement il va venir me parler. Plus je vais lui mettre la pression à ce qu'on soit un couple exemplaire, où on doit absolument communiquer, faire des choses, être heureux, etc. Plus je vais lui lâcher la grappe là-dessus, plus il va revenir vers moi pour me parler de ce qu'il ressent, des problèmes, des limites qu'il se pose peut-être lui-même dans sa tête, etc. Voilà un peu comment ça s'est passé. Alors, pour être honnête, je... On n'a pas forcément débriefé parce que c'était... Enfin, avec Camille, on n'a pas forcément débriefé parce que c'est tout frais, tout récent. Donc, les choses doivent se décanter. Mais honnêtement, je la connais sans... Je sais que forcément, ça va lui ouvrir une porte où elle va pouvoir y réfléchir. Et c'est ce que j'aimerais vous amener à faire, chers auditeurs, vous aussi, à penser autrement. L'idée, ce n'est pas de penser comme moi. L'idée, c'est de penser autrement et de se dire... J'avais vu les choses d'une manière, selon une dualité. Et là, si j'intègre une troisième dimension, finalement, ça change tout. Et je le vis beaucoup mieux. Et c'était tout le but de cet épisode. Voilà, je m'arrête là pour cet épisode. Merci de m'écouter. N'hésite pas à t'abonner si tu prends plaisir à m'écouter. N'hésite pas non plus à partager. Ici, on parle de relations, on décortique toutes sortes de relations. Donc, je te remercie encore une fois d'être là. Je te dis au prochain épisode et d'ici là n'oublie pas, se comprendre ne vient pas par chance mais par choix.