- Speaker #0
Du côté américain, je pense que du coup, ce que ça fait, c'est qu'il y a quand même beaucoup de salles qui sont en contact avec le secteur technologique. L'autre aspect que je citerais, c'est celui d'Apple News, qui est une plateforme, un agrégateur, mais qui est au-delà de l'agrégation. Vraiment, moi, c'est une app que j'aime énormément. Ils ont aussi beaucoup de partenariats avec... une très, très grande partie du secteur médiatique. Donc la conversation avec les plateformes technologiques, elle est peut-être un peu plus grande que ce qu'on va voir en Europe. Ce qui ne veut pas dire que l'innovation est plus grande parce que je pense que dans le cadre de l'IA, les meilleurs cas d'innovation viennent vraiment de l'Europe et pas forcément des États-Unis.
- Speaker #1
Bienvenue dans Deep Media, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social média et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la provisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. Annabelle Mikou, bonjour et merci de participer à ce podcast et d'être la huitième invitée au micro de DeepMedia. Donc vous travaillez, on va résumer à l'intersection de l'intelligence artificielle et les médias. Vous êtes aujourd'hui éditorial lead IA chez IBM et consultante pour One Ifra, la World Association of News Publishers, l'association mondiale des éditeurs de presse. Vous avez été également auparavant pigiste pour Libération notamment, et puis directrice éditoriale dans plusieurs rédactions canadiennes avant de rejoindre Apple News. Votre expertise globale va nous être très précieuse journalisme, les plateformes technologiques et la stratégie média. Donc pour commencer cette interview bien que je vous ai succinctement présenté, je vous propose de nous décrire un petit peu plus précisément votre champ d'intervention au sein d'IBM notamment.
- Speaker #0
Ok ouais merci, merci Julien, merci pour l'invitation je suis très contente d'être avec vous. Donc oui je suis actuellement basée à San Francisco, vous l'entendez sûrement et vous l'entendriez encore plus si je parle en anglais, je suis française à l'origine. J'ai passé une grosse partie de ma carrière au Canada à travailler dans la presse québécoise, notamment pour le devoir, la presse. Et la transformation numérique des médias, c'est vraiment quelque chose qui m'a beaucoup intéressée dans les années 2010. Donc depuis quatre ans, aujourd'hui en fait, je suis aux États-Unis. J'ai travaillé pour Apple News et en ce moment, je travaille en effet avec IBM. Donc pour IBM, en fait, je m'occupe d'une partie de leur stratégie éditoriale. Pour tout ce qui a trait à l'intelligence artificielle, donc tout ce qui a trait à l'innovation, comme je suis basée à San Francisco aussi, le secteur des startups, vous le savez peut-être, IBM a aussi un gros fonds d'investissement pour des startups en IA et quantique. Donc voilà, je travaille là-dessus et je suis en effet consultante. En fait, je travaille avec One Ifra, donc je les aide à organiser des événements ou à rentrer en contact avec des plateformes. ou des compagnies technologiques et à comprendre en fait tout l'écosystème qui est fasciné, en fait en grande partie, il est vrai depuis San Francisco. Donc chaque innovation, pour le meilleur comme pour le pire, va avoir quand même un impact assez global dans de nombreuses industries, mais principalement dans le cas qui nous occupe, celle des médias en effet.
- Speaker #1
Ok, donc en fait on est au bon endroit parce qu'on est connecté à San Francisco, c'est là où finalement tout se passe, donc c'est chouette. Si on commence un petit peu par une global map, une vision assez généraliste. Comment est-ce qu'on pourrait décrire cette évolution de l'usage de l'IA générative dans les rédactions américaines ? On va faire un focus américain, parce qu'on verra comment ça peut découler après ailleurs. À peu près depuis deux ou trois ans, comment est-ce que ça a évolué forcément de manière assez phénoménale ? Mais c'est quoi les quelques caractéristiques précises ?
- Speaker #0
Oui, absolument. En fait, je pense qu'on s'en souvient quand... Le ChatGPT est sorti en novembre 2022. Ça a été vraiment un gros boom, mais il y a quand même tout de suite eu un effet de curiosité dans beaucoup de médias américains et aussi des médias qui travaillaient déjà avec du machine learning qu'ils utilisaient déjà, donc qui étaient plus avancés dans le processus d'intégrer le journalisme de données dans leurs projets ou tout ce qui va être prédictif ou algorithmique dans les... recommandations. Donc ça, ça a été quand même naturellement, par exemple le New York Times ou Hearst se sont intéressés au sujet et puis il y a eu assez rapidement aussi d'ailleurs des ententes entre Open et AI et je pense que la Société de presse, si je ne me trompe pas, était le premier groupe de presse en fait à signer un accord en juillet 2023. Je dirais qu'au début, c'était curiosité. Comme le succès énorme de ChatGPT et après un peu celui moindre, mais quand même assez conséquent de Perplexity a démontré un appétit de beaucoup d'utilisateurs pour poser des questions. Donc j'ai l'impression que l'année 2023-2024, c'est vraiment des premiers usages de développer des chatbots, développer des interfaces qui vont ressembler à celles de Poney High. pour utiliser les archives ou valoriser les archives. Donc, même le Washington Post, c'est quelque chose qu'ils ont fait avec beaucoup de succès avec Ask the Post récemment. Puis ça a quand même tranquillement évolué. Je dirais que l'année 2024-2025, enfin vers 2025, on est arrivé dans quelque chose qui était plus un peu... des attentes un peu plus grandes en termes de retour sur investissement. Et des attentes aussi plus grandes au niveau de l'industrie at large, c'est-à-dire qu'on a dépassé l'effet de curiosité ou de early adopters pour vraiment avoir des attentes en termes à la fois d'investissement et à la fois, évidemment, l'intelligence artificielle, c'est un secteur qui fait énormément parler pour le secteur des médias qui est quand même historiquement aussi un secteur qui est en crise. avec une crise de revenus, une crise de revenus publicitaires, c'est sûr qu'il y a eu, je crois, un incitatif à vraiment pousser un peu plus loin. Je pense qu'on est en train de rentrer dans une phase où l'IA devient partie prenante peut-être pour les médias qui sont les plus avancés d'une infrastructure. Donc on n'est plus dans les petits pilotes ou le petit maquillage intelligence artificielle à droite à gauche. mais vraiment dans une réflexion qui est plus large. Et le time, je serais contente d'en parler plus, mais le time, je pense, et la société de presse aussi, sont quand même des exemples intéressants là-dessus.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. On n'est pas dans un effet de mode à la métaverse où on nous avait vendu un truc extraordinaire et qui finalement n'a pas abouti ou n'aboutit pas encore. On est dans quelque chose de beaucoup plus établi et de beaucoup plus structuré.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, je ne sais pas, je serais curieuse peut-être de savoir... Du côté français, un peu comment vous le voyez, mais c'est sûr que du côté américain, je pense qu'il y a une... En général, donc pas seulement pour les médias, mais l'intelligence artificielle a été présentée beaucoup comme une technologie qui va permettre de faire des gains, de couper aussi dans les dépenses. et la stratégie IA un peu à l'ordre du jour et qui le pousse un peu plus. Donc cet appétit-là, il n'est pas uniquement au niveau des médias, je pense que c'est très difficile, en tout cas pour ce que je vois du côté américain, c'est très difficile aujourd'hui d'être une grande entreprise et de ne pas avoir de stratégie IA. Après, la difficulté, comme on l'a vu, puis c'est quelque chose qu'IBA m'a beaucoup documenté, c'est quel est le retour sur l'investissement scaler ou étendre ou rendre plus plus plus globaux en fait les projets faire passer des pilotes qui fonctionne bien à quelque chose qui est être plus structurant à l'échelle d'une grande entreprise ça ça reste quand même une question qui est assez importante encore une fois dans beaucoup d'entreprises pas seulement les médias
- Speaker #1
Et de toute façon, pour donner le parallèle un petit peu avec la France, en fait, en France, on voit qu'on a des restrictions de budget un petit peu de toutes parts. Et on voit que les budgets qui perdurent sont les budgets qui sont en innovation et qui sont en recherche et développement, notamment sur ces sujets-là. Si on fait un focus média, on voit notamment France Télé qui demande beaucoup d'économies à l'heure actuelle. L'un des budgets qui maintiennent malgré tout, c'est celui dédié à l'intelligence artificielle. que dans... La puissance financière n'est pas la même qu'aux États-Unis, mais on va dire que l'ambition peut être à peu près comparable en tout cas.
- Speaker #0
C'est intéressant, c'est intéressant, ok.
- Speaker #1
Donc voilà, on ne fait pas si différemment de ce côté-là. Si on revient un petit peu sur ce domaine news, etc., quand on observe un petit peu ce qui se passe aux États-Unis, donc effectivement, on parlait du Times qui a été quand même plutôt en avance, qui a sorti des produits, on parlait aussi du Washington Post qui a sorti des produits. Le Times a aussi été dans le versant plus judiciaire et plus légal de la chose, parce qu'ils sont quand même un peu confrontés à toutes ces sociétés-là. Comment est-ce qu'on verrait un petit peu l'évolution des rédactions du domaine médiatique aux États-Unis par rapport à l'émergence de tout ça ? Comment est-ce que ça aurait fait évoluer l'industrie ? Est-ce qu'on se rapproche plutôt des industries ? créative, est-ce que ça a bouleversé profondément le métier et l'industrie journalistique ? Comment est-ce que ça se positionne ?
- Speaker #0
Je pense que c'est intéressant. Je pense qu'il faut regarder en plusieurs strates, c'est-à-dire les médias nationaux, les médias même internationaux dans le cadre du New York Times, qui sont des médias qui ont beaucoup de revenus ou qui vont avoir un problème financier. Je pense que l'ambition est différente, mais au niveau local aussi, ça peut être aussi intéressant. En fait, je dirais qu'il y a plusieurs choses qui me paraissent assez spécifiques aux États-Unis, notamment par rapport à la France. La première, c'est que Open AI, la maison mère de ChatGPT, a beaucoup de partenariats au niveau médiatique aux États-Unis. C'est vraiment le premier pays dans lequel ils ont le plus de partenariats, ce qui paraît à la fois naturel et à la fois moins. Si je me trompe là-dessus, mais tu vois, par exemple, Microsoft est partenaire de CUNY, OpenAI ou Perplexity vont aussi se rapprocher de certaines associations. OpenAI a lancé plusieurs projets du financement avec le American Journalism Project et aussi avec des salles qui sont beaucoup plus locales. Donc ça, je pense qu'il y a une spécificité américaine si je regarde du côté, par exemple, de mon deuxième pays qui est le Canada. Je crois que ni Perplexity, ni Openea et ni même Coher qui est comme la grande entreprise d'intelligence artificielle canadienne n'ont de partenariat avec des médias canadiens. Le paysage légal est aussi complètement différent et c'est un sujet connexe. Les rapports des médias, de l'industrie médiatique canadienne avec Google et Facebook ont aussi…
- Speaker #1
C'était très compliqué ce qui a été fait.
- Speaker #0
Oui, ça a été compliqué. Mais donc du côté américain, je pense que du coup, ce que ça fait, c'est qu'il y a quand même beaucoup de salles qui sont en contact avec le secteur technologique. L'autre aspect que je citerais, c'est celui d'Apple News qui est une plateforme, un agrégateur. mais qui est au-delà de l'agrégation, qui est vraiment... Moi, c'est une app que... Mon suppond dépasse, mais c'est une app que j'aime énormément. Ils ont aussi beaucoup de partenariats avec une très, très grande partie du secteur médiatique. Donc la conversation avec les plateformes technologiques, elle est peut-être un peu plus grande que ce qu'on va voir en Europe. Ce qui ne veut pas dire que l'innovation est plus grande parce que je pense que dans le cadre de l'IA, les meilleurs cas d'innovation viennent vraiment de l'Europe et pas forcément des États-Unis. Mais donc là où c'est structuré, on peut toucher aux revenus. Donc OpenAI par exemple avec le Saron Journal qui a un titre régional beaucoup plus petit avec seulement moins d'une dizaine d'employés, eux ils vont se servir des capacités d'OpenAI pour aller chercher des revenus ou pour faire de la publicité qui est beaucoup plus ciblée. Il y en a d'autres qui vont utiliser l'IA vraiment de manière beaucoup plus journalistique analyser des bases de données ou pour aller, par exemple, j'ai eu une démonstration cette semaine d'une entreprise qui fait, qui enregistre en fait tous les, enfin, qui utilise OpenAI pour permettre en fait à n'importe qui de consulter les conseils municipaux dans des villes pas possibles ou même dans des villes. On sait que pour la presse locale, c'est difficile d'avoir des journalistes qui vont être sur chaque conseil municipal. Les conseils municipaux durent des heures et aux États-Unis, c'est un peu aussi une usine à gaz. qui peut être très utile, je pense, d'un côté presque quotidien, hyper local. Il faut savoir aussi que le secteur local aux États-Unis a quand même beaucoup dessinistré. Oui, ça c'est la perte des revenus.
- Speaker #1
La perdée des revenus, la disparition des titres locaux, elle est monstrueuse aux États-Unis. On voit souvent des chiffres passer. Alors, je n'ai plus le chiffre en tête, mais effectivement, on voit que c'est quand même un secteur qui est sinistré. Donc, en fait, si je comprends bien l'avance finalement, parce qu'on regarde souvent les États-Unis en se disant finalement, on se rend compte que ces entreprises-là et ces outils-là, finalement, en France et en Europe plus généralement, on prend un outil pour en faire une tâche. Et là-bas, on est plutôt dans une forme de collaboration. Alors après, peut-être que c'était un peu confronté au début parce qu'on avait peut-être un peu ça. Là, on sent plus par rapport à ce que tu dis que ces outils-là qui se mettent limite au service des médias, mais peut-être, je trouve qu'il y a quelque chose où ils sont mieux implémentés l'un avec l'autre finalement.
- Speaker #0
Je ne sais pas. Ma réponse était un peu compliquée, mais ce que je veux dire, c'est que je pense que ça dépend d'où est-ce qu'on se situe et puis ça dépend de la capacité du média à avoir négocié des accords qui vont être intéressants ou qui ne vont pas l'être. Et ça dépend aussi de la capacité du média à avoir à l'interne aussi une stratégie et de l'expertise. Par exemple, si je prends le cas de San Francisco, c'est hyper intéressant. Mais c'est difficile pour des médias locaux d'attirer des gens qui ont une expertise technologique, parce que tu es en compétition directe avec à peu près n'importe quel employeur qui peut te payer beaucoup plus qu'un média que le San Francisco Chronicle ou même le San Francisco Standard, qui par ailleurs est capable d'aller chercher du monde et faire des offres d'emploi qui sont compétitives. C'est jamais aussi compétitif qu'Open AI, donc il faut quand même aller chercher. Si tu veux avoir un ingénieur dans la salle, c'est quand même difficile. Ce que je veux dire, c'est que l'intelligence artificielle, là où c'est intéressant aussi, c'est qu'il y a beaucoup de capacités qui sont open source. construire aussi à l'interne, qui peuvent construire à l'interne des projets qui sont hyper intéressants, qui ne vont pas être associés à une grande entreprise nécessairement technologique, ou qui vont l'être, mais de manière beaucoup moins... qui ne va pas être un partenariat commercial comme peut l'être OpenEye. Donc, par exemple, dans le cadre d'IDEM, et ça c'est un projet qui est vraiment génial, qui a fait beaucoup parler au-delà de... dans les milieux journalistiques, c'est le cas d'I. Tromso, qui est un petit titre de presse locale en Norvège et qui vraiment, avec un petit titre régional dans un groupe qui s'appelle Polaris Media de créativité au service du journalisme qui va utiliser l'IA. Donc, ils se sont servis, oui, au début, ils ont développé un GENE, un outil en fait qui est un peu d'alerte sur la nouvelle locale, en s'appuyant et en collaborant avec IBM. Mais leur approche et vraiment leur créativité est sans limite. Polaris Média, la capacité qu'ils ont eue d'aller développer pensée, donc d'avoir plus d'abonnés, de renforcer leur lectorat et être plus compétitifs sur leur domaine. Elle est incroyable. On peut en parler hors ronde, mais c'est vraiment où le cas de Bonnier News en Suède aussi.
- Speaker #1
C'est intéressant. Effectivement, c'est intéressant ce côté avec ces grosses structures où on se dit que ça va peut-être permettre de faire un peu du test and learn et puis derrière, on va peut-être un peu rapatrier des choses à la maison avec de l'open source, effectivement. et pourquoi développer ses propres solutions. Donc si on prend un peu plus dans le sujet, l'un des premiers impacts de cette émergence et de ce déploiement de liais génératif dans ces domaines médiatiques, etc., c'est un peu la baisse du trafic ou en tout cas la redéfinition de tout ce qu'on va appeler trafic. On va parler d'un concept, le concept du Google zéro, c'est-à-dire que plus de trafic via Google ou en tout cas beaucoup moins. Ce concept de Google Zéro, est-ce que ça marque selon toi une rupture aussi profonde que par exemple l'arrivée des réseaux sociaux en
- Speaker #0
2010 ? Oui, je pense que oui. En fait, il y a plusieurs... Là, c'est vrai que c'était intéressant parce que pendant deux ans, tout le monde disait... À San Francisco, le gros truc, c'était déjà la GPT en train de... La courbe d'adoption était telle, on visait un milliard d'utilisateurs sur la fin de l'année. Je ne pense pas que ça a été le cas. On n'a pas passé la barre. 100 millions,
- Speaker #1
mais 800 milliards.
- Speaker #0
La lave sur du milliard.
- Speaker #1
Je crois que le chiffre clé qui est sorti, c'est une personne sur 10 sur Terre qui utilise ce type de GPT une fois par semaine.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc, c'est une adoption qui est énorme et qui a redéfini beaucoup les usages et les attentes. Mais ce qu'on a vu à la fin de l'année aussi, c'est que la réponse de Google, finalement, elle est vraiment bonne. Donc Gemini semble avoir réglé quand même beaucoup de problèmes. L'intégration avec Google, la compétition finalement entre le modèle de Google et le modèle d'OpenAI n'est peut-être pas complètement réglée du tout. Par contre, une chose est certaine, c'est que dans les usages en fait aujourd'hui, ça c'est quelque chose qui a fait couler énormément d'encre, mais on s'attend. Les utilisateurs, et moi je le vois avec mes propres recherches, tu passes d'un appétit pour des liens à tu veux des réponses. Et là-dedans, la grosse difficulté pour les médias, c'est celle d'apparaître dans les réponses. Mais c'est vrai pour les médias, c'est vrai aussi pour les marques, pour les compagnies. Donc tout le monde avait l'habitude de « voici ce qui se passe avec Google » . Et il y a un échange. Du côté des médias de valeur, en disant « oui, j'accepte d'apparaître dans les résultats de recherche de Google parce que je vais avoir du trafic qui va arriver sur ma page » . Que tu sois un modèle payant ou non payant, par exemple si j'arrive sur le site du Monde, après le Monde peut faire ce qu'il veut pour me convertir ou si je suis sur un modèle gratuit, ça va être la publicité qui va être monétisable. Et c'est vrai que cette question-là, ces usages-là en fait avec l'IA sont complètement… bouleversée et c'est une des intermédiations qui est énorme. On n'a pas lu le nom ? Non seulement... Non, j'allais dire non seulement ça, mais il y a le phénomène du crawling et du scraping qui est en explosion en fait aussi constante, puisque à chaque fois qu'un utilisateur, moi par exemple, Annabelle Nicou, je vais sur ChatGPT lui poser des questions sur... Même cette semaine tu vois, j'essaie de faire une frangipane. Bon, toutes les questions que je vais chercher, les robots de Tchadjepiti vont crawler pour moi le web et vont m'amener la réponse. Et je ne vais pas aller cliquer sur Marmiton. Je cite Marmiton, ne sachant pas si c'était une source, mais je ne vais pas aller cliquer sur Marmiton pour aller regarder la recette. La réponse, voilà, elle est là, je l'ai, je n'ai pas besoin. Mais par contre, eux, ils sont doublement perdants, n'est-ce pas ? Donc, pour des médias qui comptent sur la publicité ou qui comptent sur des visiteurs pour monétiser son contenu. Bon bah là tu es doublement perdant parce que ton contenu il apparaît, il y a moins de gens qui sont envoyés et la valeur du contenu elle disparaît.
- Speaker #1
C'est la fin de la première partie de cette interview de DeepMedia avec Annabelle Mikou, éditoriale Lille IH et IBM, et consultante pour WANIFRA, l'association mondiale des éditeurs de presse. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite de cet entretien où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires étoiles adéquats. Et attendez, car DeepMedia c'est désormais une newsletter mensuelle pour suivre l'exploration de la transformation digitale des médias. Je vous mets le lien d'inscription en description de l'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseils stratégiques spécialisée en IA générative et social media. A très bientôt !