- Speaker #0
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social-média et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. DeepMedia, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. Aujourd'hui, je vous présente un épisode spécial consacré au dernier projet éditorial mené dans le monde des médias grâce à l'IA Generati. Cet épisode a été généré grâce à la fonctionnalité résumée audio de Notebook LM, ainsi que grâce à IA Media Lab, mon chatbot de veille IA et médias que vous pouvez utiliser gratuitement vous aussi. Je vous mets le lien en description de l'épisode. A présent, je vous laisse découvrir cet épisode spécial et je passe la parole à Medioco AI Animator. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui on plonge dans une question qui agite toutes les rédactions, l'IA générative. Est-ce que c'est juste un outil de plus pour être efficace ou est-ce que c'est en train de dévorer le métier de l'intérieur ?
- Speaker #2
C'est exactement la question.
- Speaker #1
Pour essayer d'y voir un peu plus clair, on a fait une revue de projet très concret, lancée entre la mi-2025 et ce tout début d'année 2026. Et on va voir que les stratégies, elles partent parfois dans des directions totalement opposées.
- Speaker #2
Oui. L'idée, c'est vraiment de dépasser le broi médiatique ambiant. On ne va pas parler de concepts futuristes, de ce qui pourrait arriver dans 10 ans.
- Speaker #1
Non, du concret.
- Speaker #2
On parle d'applications qui tournent déjà ou qui sont en test très avancé. Dans la presse, à la télé, à la radio. On va décortiquer ce que les grands noms du secteur font réellement avec l'IA.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Et c'est en regardant ces cas d'usage qu'on peut commencer à deviner les véritables stratégies.
- Speaker #1
Alors, commençons par le secteur qui a peut-être la... plus longue histoire avec la transformation numérique, la presse écrite. Le magazine Time, par exemple. Fin 2025, ils ont lancé leur Time AI Agents. Le concept affiché, c'est la lecture conversationnelle. Bon, ça sonne un peu marketing, non ? Qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour la personne qui lit ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. En pratique, ça veut dire que le lecteur n'est plus du tout passif face à un article, il peut dialoguer avec l'intégralité des archives de Time. Il peut demander, par exemple, fais-moi une synthèse des articles sur la politique spatiale des cinq dernières années, ou traduis-moi ce passage sur l'économie chinoise. C'est une façon de transformer un fonds éditorial immense en une sorte de base de connaissances interactives.
- Speaker #1
D'accord, donc on interroge le contenu qui existe déjà. Mais le Washington Post, alors là, ils sont allés beaucoup, beaucoup plus loin en décembre 2025 avec Your Personal Podcast.
- Speaker #2
Ah, là on change d'échelle.
- Speaker #1
Cool. Complètement. L'idée, c'est de créer des podcasts d'actualité entièrement personnalisés par une IA. Un podcast généré à la volée, juste pour une personne. Ça me paraît dingue techniquement. Est-ce que la qualité suit ou ça sonne encore un peu robotique ?
- Speaker #2
C'est là que ça devient fascinant. Les premières versions, bon, elles sont encore perfectibles, c'est clair. Mais la technologie progresse à une vitesse folle. L'utilisateur choisit ses thèmes.
- Speaker #1
Par exemple, la tech et l'écologie.
- Speaker #2
Voilà. Il choisit la durée. et même le style de voix. Et l'IA assemble les dernières dépêches du poste, elle les scénarise et elle génère un fichier audio unique.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #2
Et ce qui est vraiment intéressant, c'est de mettre Time et le Washington Post côte à côte. Leurs deux approches, en fait, elles révèlent une anxiété fondamentale de la presse.
- Speaker #1
Une anxiété, c'est-à-dire ?
- Speaker #2
On a deux philosophies qui s'affrontent. Time parie sur la valeur de son contenu existant. L'idée, c'est de le rendre plus accessible, plus interrogeable.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Le Washington Post, lui, parie que l'avenir, c'est de devenir un service ultra personnalisé. Un peu comme Spotify ou Netflix. Il ne vend plus seulement de l'info, il vend une expérience sur mesure.
- Speaker #1
C'est un vrai changement de paradigme.
- Speaker #2
Exactement. D'un côté, on renforce le journalisme traditionnel. De l'autre, on le dissout dans un flux personnel. C'est un vrai schisme philosophique.
- Speaker #1
Et le New York Times, il se situe où, là-dedans ? Ils sont l'air d'avoir choisi la première voie, celle du renforcement, avec leur outil interne Echo.
- Speaker #2
Oui, tout à fait, et leur cas est emblématique. Echo, c'est un assistant pour les journalistes. Attention, il ne rédige pas d'articles.
- Speaker #1
D'accord, c'est important de le préciser.
- Speaker #2
Voilà, mais il aide sur toutes les tâches un peu périphériques. Il peut préparer des fiches de synthèse pour une interview, générer des quiz pour un article, proposer des titres optimisés pour le SEO.
- Speaker #1
Donc, on automatise le travail à faible valeur ajoutée pour que les journalistes puissent se... concentrer sur l'essentiel. L'enquête, l'écriture...
- Speaker #2
Précisément. Et ce qui est encore plus révélateur avec l'outil du Enway Times, c'est ce qu'ils ne font pas. Ils ont mis des garde-fous extrêmement stricts.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #2
L'IA n'a pas le droit de toucher à la première ébauche d'un article. C'est une ligne rouge absolue pour eux. Le cœur du métier, l'enquête, la vérification, la narration, ça doit rester 100% humain. C'est une prise de position très très forte.
- Speaker #1
Et pendant ce temps, il y a OpenAI, le créateur de ChatGPT, qui a lancé sa propre Academy for News Organizations.
- Speaker #2
C'est un mouvement très malin de leur part. En s'associant avec des journalistes pour créer des formations, ils ne se positionnent pas comme le disrupteur qui veut tout casser, mais comme un partenaire.
- Speaker #1
Un partenaire technologique.
- Speaker #2
Exactement. Ils fournissent les outils pour que chaque rédaction puisse mettre en œuvre sa propre vision, que ce soit celle du Wopo ou celle du NYT.
- Speaker #1
Très clair. Donc pour le texte, les deux grands axes sont la personnalisation et l'efficacité. Mais qu'est-ce qui se passe quand on ajoute l'image en vidéo ? Est-ce que les grandes chaînes de télé sont plus frileuses ?
- Speaker #2
On retrouve des tensions similaires, mais à une autre échelle. En France, le contraste entre France Télévisions et TF1 est très parlant. Le 18 janvier 2026, France Télévisions a annoncé la création d'une direction de l'IA, autonome.
- Speaker #1
Une direction de l'IA, ça sonne très institutionnel, très lourd, non ?
- Speaker #2
C'est un peu. L'idée, c'est surtout de structurer la démarche pour tout le groupe, de sortir de la logique du petit projet expérimental dans un coin pour vraiment industrialiser l'usage de l'IA partout.
- Speaker #1
Partout, c'est-à-dire ?
- Speaker #2
Dans la production, l'archivage, la recommandation. C'est une approche structurelle, de long terme. Ils essaient de construire la cathédrale, si on veut.
- Speaker #1
Et en face, on a TF1 qui, dès novembre 2025, a lancé un agent IA très spécifique, Autopilote Agentique.
- Speaker #2
Et là, on n'est pas du tout dans la cathédrale. TF1, C'est le pragmatisme à court terme. Cet outil, il est pour la régie pub de TF1. Plus.
- Speaker #1
Donc c'est pour optimiser les revenus.
- Speaker #2
Exactement. L'IA identifie des segments d'audience en temps réel pour proposer la publicité la plus ciblée au meilleur moment. C'est de l'optimisation de revenus tout de suite.
- Speaker #1
On voit bien les deux logiques. Le service public qui pense transformation de fonds et le privé qui pense monétisation immédiate.
- Speaker #2
C'est ça. Et à l'étranger, on retrouve ce même débat. Prenez la BBC. Dès juillet 2025, ils ont lancé des pilotes comme At A Glance, pour faire des résumés, ou Steel Assist.
- Speaker #1
Pour aider à l'écriture.
- Speaker #2
Voilà. Mais leur mot d'ordre, martelé partout, c'est « human in the loop » , l'humain dans la boucle. L'humain doit toujours avoir le dernier mot, validé, corrigé. C'est une approche très prudente, presque pédagogique.
- Speaker #1
Et à l'opposé total de cette prudence, il y a le cas de Roxy au Royaume-Uni.
- Speaker #2
Ah, Roxy.
- Speaker #1
En octobre 2025, cette chaîne musicale a mis à l'antenne des présentateurs TV, entièrement générés par IA. Là, on bascule dans l'autre chose. On n'est plus dans l'assistance, on est dans le remplacement.
- Speaker #2
C'est le grand écart. La BBC voit l'IA comme un super assistant. Roxy la voit comme une alternative à un salarié. Et c'est là qu'on touche à la question centrale.
- Speaker #1
Laquelle ?
- Speaker #2
Imaginez dans 5 ans. Vous ne regardez plus le journal de 20h. Vous demanderez à votre télé, fais-moi un résumé de 7 minutes de l'actu. qui m'intéresse, présenté par un avatar qui ressemble à, je sais pas, Harrison Ford en 1985.
- Speaker #1
Ce serait possible, ça ?
- Speaker #2
La technologie de Roxy, c'est la première brique de cet avenir. La question n'est plus, peut-on le faire, mais doit-on le faire ?
- Speaker #1
Et cette idée d'animateur virtuel, j'imagine qu'on la retrouve aussi à la radio.
- Speaker #2
Forcément. Aux Émirats Arabes Unis, le réseau Channel 4 Radio a mis à l'antenne AI RJ Steve dès juillet 2025. Un animateur radio 100% IA.
- Speaker #1
Avec sa propre voix, ses propres blagues...
- Speaker #2
Ses propres blagues, ses enchaînements musicaux, tout. Encore une fois, c'est l'IA en façade, celle que l'auditeur entend. Mais il y a aussi l'IA en coulisses.
- Speaker #1
C'est ce que vous appeliez tout à l'heure la plomberie invisible de l'IA.
- Speaker #2
C'est exactement ça. On parle de middleware, une couche de technologie que personne ne voit, mais qui devient essentielle dans la production. Et sur ce terrain, les plus forts, évidemment, ce sont les géants du streaming.
- Speaker #1
Justement, parlons-en. Spotify a annoncé le 22 janvier 2026 Sa fonction « Prompted Playlist » . On peut demander en langage naturel « Fais-moi une playlist de rock indépendant pour un jour de pluie » . Et l'IA l'a créée. C'est une fonction géniale, mais est-ce qu'on ne risque pas de s'enfermer encore plus dans nos bulbes recommandations ?
- Speaker #2
C'est le risque, oui. Mais pour Spotify, l'objectif, c'est de passer de la recommandation passive à la co-création active avec l'utilisateur. Mais l'autre front qui est peut-être encore plus stratégique pour eux, c'est la langue.
- Speaker #1
le doublage et la traduction automatique On a vu YouTube l'industrialiser depuis septembre 2025.
- Speaker #2
Oui, et Amazon Prime Vidéo qui teste aussi. Il faut bien comprendre l'enjeu ici. Pour une plateforme mondiale, la barrière de la langue, c'est un frein colossal à la rentabilité.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Un contenu produit en anglais ne touche qu'une petite fraction des abonnés. En utilisant l'IA pour doubler massivement et à bas coût tout leur catalogue, il démultiplie la valeur de chaque contenu. Un créateur à Séoul peut devenir une star au Brésil du jour au lendemain.
- Speaker #1
C'est une révolution en fait.
- Speaker #2
Une révolution de la distribution, absolument.
- Speaker #1
D'ailleurs, YouTube a annoncé dans sa feuille de route 2026 qu'ils allaient aussi lutter contre ce qu'ils appellent le AI Slop.
- Speaker #2
Le AI Slop. C'est le contenu de basse qualité généré en masse par des IA qui commencent à inonder les plateformes. Des vidéos sans âme, des articles creux.
- Speaker #1
Le cauchemar.
- Speaker #2
Oui, et c'est un moment charnière. YouTube se rend compte que s'ils ne font rien, leurs plateformes risquent d'être... complètement dévaluées par ce tsunami de contenu médiocre. Du coup, ils doivent trouver un équilibre très délicat.
- Speaker #1
Encourager l'innovation, mais garder un certain niveau de qualité ?
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Et pendant ce temps, Netflix annonce tranquillement prévoir des publicités générées par IA en 2026.
- Speaker #2
Ce qui prouve que ces plateformes jouent sur tous les tableaux en même temps. Elles outillent les créateurs, elles personnalisent l'expérience, elles cassent les barrières de la langue, elles créent de nouvelles formes de monétisation et elles commencent à jouer les gendarmes de la qualité. C'est une stratégie tentaculaire.
- Speaker #1
D'accord. On a vu la presse, la télé, la radio, les plateformes. Si on essaye de prendre un peu de hauteur après cette revue, qu'est-ce que ça nous dit sur le moment qu'on vit ? Quelles sont les grandes lames de fond ?
- Speaker #2
Je pense qu'on peut identifier quatre tendances vraiment structurantes. La première, et c'est peut-être le plus grand changement, c'est que l'IA n'est plus seulement dans les coulisses. Elle est le produit.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #2
Le podcast du Washington Post, la playlist de Spotify, l'IA est l'expérience offerte à l'utilisateur.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
La deuxième tendance, c'est cette idée de plomberie invisible dont on a parlé. Oui, l'IA comme un middleware de production. Un outil essentiel, caché, qui optimise tout. C'est l'assistant du New York Times, l'outil pub de TF1. C'est moins spectaculaire, mais les gains de productivité sont sans doute là.
- Speaker #1
Troisième point, vous parlez de globalisation.
- Speaker #2
C'est ça. Pour les acteurs mondiaux comme YouTube ou Amazon, la localisation à grande échelle est le champ de bataille principal. Casser la barrière de la langue, c'est la clé pour maximiser les retours sur investissement.
- Speaker #1
D'accord. Et le dernier point ?
- Speaker #2
Le plus important, peut-être ?
- Speaker #1
Le dernier point, c'est celui qui sous-tend tout le reste, la confiance. C'est le défi numéro un. On le voit dans les mots qui reviennent sans cesse.
- Speaker #2
La gestion des erreurs, la transparence. Exactement. La gestion des hallucinations de l'IA, la transparence, l'attribution des sources et surtout, ce fameux concept de l'humain dans la boucle de la BBC. Sans la confiance de l'utilisateur, tout ça risque de s'effondrer.
- Speaker #1
C'est très clair. On sent bien que l'ère de la pure expérimentation, où on testait un peu pour voir, elle est terminée. Là, on entre de plein pied dans une phase d'industrialisation, avec des choix stratégiques qui touchent tous les métiers.
- Speaker #2
Tout à fait. Et pour prolonger un peu la réflexion, on voit que tous les exemples qu'on a cités, ils oscillent sur un axe. D'un côté, on a l'IA qui assiste l'humain, c'est la BBC, le New York Times.
- Speaker #1
Et de l'autre ?
- Speaker #2
De l'autre, on a l'IA qui remplace une fonction humaine. C'est Roxy et ses présentateurs virtuels ou l'animateur radio AI RJ Steve.
- Speaker #1
C'est vraiment l'attention fondamentale qui traverse tout ce qu'on vient de dire.
- Speaker #2
Exactement. Et ça nous amène à la question finale. Celle qu'il faudra observer dans les mois et les années à venir. À mesure que ces technologies vont devenir encore plus performantes, la distinction la plus importante, ce sera peut-être pas entre les médias qui utilisent l'IA et ceux qui ne l'utilisent pas.
- Speaker #1
Parce que tout le monde l'utilisera.
- Speaker #2
Quasiment tous. La vraie ligne de fracture se dessinera entre ceux qui l'utilisent pour augmenter la créativité humaine et ceux qui l'utilisent pour la remplacer. Alors, quelle version de l'avenir des médias semble la plus probable ? Et surtout, la plus souhaitable ?
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cette session de veille IA et médias générée avec Google Notebook LM et IA Media Lab. outils de veille dont je vous mets le lien d'inscription en description d'épisode. Je suis preneur de tous vos retours à propos de ce format. Je vous donne rendez-vous prochainement pour de nouvelles interviews immédiates où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires électoraux adéquats. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !