Speaker #0Bienvenue, vous écoutez Départ en soins. Un mardi sur deux, je vous partage des clés et des expériences pour comprendre, éviter ou dépasser le burn-out, qu'il soit professionnel ou parental. Je suis Chanez, sophrologue et accompagnante du burn-out. Après avoir moi-même connu l'épuisement, j'ai appris à écouter mes besoins, à redéfinir mes priorités et à reconstruire un équilibre plus juste. Aujourd'hui, j'accompagne les parents. Toutes celles et ceux qui se sentent dépassés, ainsi que les organisations vers un quotidien plus respirable. Si vous cherchez à éviter l'épuisement, à en sortir ou à retrouver de la place pour vous entre vie pro et vie perso, alors vous êtes au bon endroit. Vous êtes prêts ? Prenez une grande inspiration, relâchez les épaules et c'est parti pour l'épisode du jour. Est-ce que je peux faire un burn-out sans travailler ? Derrière cette question, souvent il y a des doutes, une forme de culpabilité, de honte, et on reste seul avec ce genre de questions, un peu comme si le burn-out s'était réservé finalement qu'à ceux qui travaillent dur, avec un travail et un statut social bien visible. Et si ce n'était pas aussi simple que ça ? Dans cet épisode, on va justement répondre clairement à cette question, est-ce qu'on peut faire un burn-out sans travailler ? Et vous allez voir que la réponse est bien sûr oui. Alors d'abord, il y a beaucoup de personnes qui vivent cette situation, c'est-à-dire qu'elles sont épuisées. Mentalement, elles sentent beaucoup de saturation. Elles sont même parfois complètement à bout. Mais elles ne se sentent pas légitimes dans cet épuisement. Parce que parfois, elles ne travaillent pas au sens classique du terme. J'y viens au sens classique du terme. Et donc, elles peuvent se répéter plus ou moins consciemment. J'ai pas de raison d'aller mal. Un peu comme si cette souffrance devait être méritée, justifiée, avec un travail visible sur lequel on s'acharne, avec des horaires que tout le monde peut voir, et un emploi du temps très lourd au niveau social. Et quand on parle de burn-out, on pense souvent justement à ce travail visible, celui qui est payé, celui qui est reconnu. le travail qu'on appelle le travail productif. Ce travail-là, c'est qu'une partie de la réalité, même s'il est très très mis en avant dans notre société occidentale. Il faut savoir qu'il existe évidemment un autre type de travail qui n'est pas valorisé. C'est ce qu'on appelle le travail reproductif. Et c'est tout ce qui permet justement le travail productif. Ce travail-là, c'est celui qui est permanent, souvent qui n'a pas d'horaire, qui n'est pas payé au niveau financier. et qui n'a pas de pause officielle, voire très très peu. Ce travail invisible, c'est par exemple s'occuper des enfants, gérer un foyer, anticiper, organiser, penser à tout. C'est vraiment le travail d'arrière-plan, celui qui permet à la personne qui a le travail productif, finalement, de pouvoir le mettre en place, parce qu'il y a tout un tas de choses en arrière-plan qui est gérée. On ne peut pas avoir un travail productif si, par exemple, on ne mange pas. Si on n'a pas des choses organisées un minimum à la maison. Et donc c'est vraiment ce qu'on appelle parfois le travail domestique reproductif. Ce travail-là, ça demande énormément de temps, d'énergie, et surtout c'est une charge mentale constante. Et c'est rarement reconnu à sa juste valeur. Dans ce type de quotidien, il y a quelque chose qui peut vraiment s'installer progressivement, c'est... On donne beaucoup d'énergie, on organise, on anticipe, on tient, parfois même en mode robot, et il n'y a pas vraiment de retour, pas vraiment de reconnaissance, très peu de pause, pas vraiment de récupération mentale parce qu'il n'y a pas vraiment de séparation entre ce travail-là et le repos, pour beaucoup de personnes qui sont concernées. Et donc finalement, il n'y a pas d'espace pour respirer, et petit à petit, évidemment, le système s'épuise. Et donc il y a un piège dans cette minimisation de ce travail reproductif. Comme c'est un travail invisible, il est souvent minimisé, même par la personne qui le vit. Et je dis bien même par la personne qui le vit parce qu'en plus elle a très rarement de la reconnaissance. Alors on se dit, bon, je ne travaille pas vraiment, d'autres font plus que moi, je devrais y arriver, je n'ai pas à me plaindre. Et pourtant, il peut vraiment y avoir un épuisement. qui s'installent et parfois qui est là depuis plusieurs semaines, plusieurs mois ou même plusieurs années. Et progressivement, on entend de plus en plus parler du burn-out de l'aidant. Alors ça, c'est un autre exemple d'épuisement. Cette réalité, elle est méconnue, sauf quand on est confronté à ça. C'est quand on accompagne un proche malade, dépendant, fragile. Ça peut être un parent âgé, ça peut être toute autre personne de son entourage qui demande une présence constante, une présence émotionnelle, une présence mentale et parfois même une présence... physique. Et là, dans ce cas-là, évidemment, la charge mentale est considérable, il n'y a pas forcément de pause, il n'y a pas forcément de cadre, il n'y a toujours pas de reconnaissance, que ça soit financière ou autre, il n'y a pas cette séparation entre travail et vie personnelle. Et donc, il peut y avoir réellement un épuisement qui s'installe. Dans ces situations, il y a souvent des signes qui sont les mêmes que le burn-out professionnel. Une fatigue persistante, une irritabilité, une perte de plaisir, une saturation mentale, une impression de jamais vraiment récupérer, même quand on a dormi sans se réveiller pour une fois. Et le problème dans cette situation-là, c'est pas seulement la fatigue, parce que oui, il y en a, c'est aussi l'absence de reconnaissance, de cadre visible, de contrat, d'horaire défini, enfin de tout un cadre. Le burn-out, c'est pas une question de statut. Ce qu'il faut comprendre ici, c'est vraiment hyper important, c'est que le burnout, ce n'est pas lié uniquement à un travail rémunéré. Il peut être aussi lié à un déséquilibre prolongé entre tout ce que vous donnez, toute l'énergie que vous donnez, et ce que vous pouvez récupérer. Et ça, c'est un déséquilibre qui peut exister dans plusieurs contextes, parfois même qui s'entremêlent entre eux. Ça peut être un contexte professionnel, familial, un contexte dans lequel on aide un proche. Et parfois, ça peut être un mélange de tout ça. Alors, est-ce qu'on peut s'en sortir seul ? Souvent, au début, on essaie. Après avoir minimisé, en tout cas, on se dit qu'on va essayer de mettre en place certaines choses. Puis à un moment, on peut se dire aussi que ça va passer, qu'il faut juste se reposer. Alors, on tient comme ça plus ou moins longtemps. Le problème, ce n'est pas seulement le repos, ça peut être aussi ce qu'on fait et toute la surcharge globale dans laquelle on est. Alors, comment en sortir ? Concrètement, la première étape déjà, c'est pas de vouloir tout révolutionner du jour au lendemain, ce qui demanderait une énergie qu'on n'a pas à l'instant T. C'est souvent déjà de reconnaître et d'arrêter de minimiser, de se donner sa propre reconnaissance et sa propre légitimité dans ce qu'on vit, dans sa situation, et déjà de commencer à mettre en place une sorte de réseau de soutien autour de soi, parce qu'on est vraiment souvent dans une sorte ou un isolement avéré dans cette situation-là. Ensuite, on peut, c'est pas forcément obligatoire, mais si on veut aller plus vite, on peut se faire accompagner. C'est absolument pas un signe qu'on est faible ou quoi que ce soit. Au contraire, c'est vraiment un signe de maturité, de responsabilité, parce que souvent cet épuisement, il embarque nous-mêmes évidemment, mais il embarque aussi des proches. Et c'est là souvent où ça commence vraiment à bouger, parce qu'on peut changer son regard sur les choses. Et un accompagnement, ça peut vraiment vous permettre de comprendre ce qui vous épuise vraiment. Souvent, quand on est la personne concernée, on n'a plus tellement de recul sur les choses. Et petit à petit, ça peut permettre de sortir de ce cercle infernal, de l'isolement, de la culpabilité, de l'épuisement. Parce que paradoxalement, ça épuise encore plus de rester dans ce cercle infernal, même si sur le moment, on ne met pas forcément d'énergie. Il y a plusieurs approches qui peuvent aider à sortir de ce cercle-là. Je pense à la sophrologie, qui permet de relâcher les tensions. d'apaiser le système nerveux, de sortir de cette hypervigilance. Donc vous l'aurez compris, est-ce qu'on peut faire un burn-out sans travailler ? C'est oui, parce que le burn-out ça dépend pas seulement d'un statut professionnel qui est reconnu socialement, c'est surtout une accumulation, une charge, un manque de récupération. Si vous avez envie de faire un premier pas pour commencer à changer les choses, je propose des groupes de sophrologie en ligne et à Genève pour vous accompagner dans ces moments-là, à votre rythme. Et si vous ressentez le besoin de quelque chose de plus ciblé, je propose aussi des séances personnalisées. Vous pouvez vous rendre directement sur mon site internet, je mets les liens dans la description pour les personnes que ça intéresse. Et je vous dis à un prochain épisode sur Départ en Soi.