Speaker #0Bienvenue, vous écoutez Départ en Soi. Chaque mardi, je vous partage des clés et des expériences pour comprendre, éviter ou dépasser le burn-out qu'il soit professionnel ou parental. Je suis Shanèze, sophrologue et accompagnante du burn-out. Après avoir moi-même connu l'épuisement, j'ai appris à écouter mes besoins, à redéfinir mes priorités et à reconstruire un équilibre plus juste. Aujourd'hui, j'accompagne les parents, toutes celles et ceux qui se sentent dépassés ainsi que les organisations vers un quotidien plus respirable. Si vous cherchez à éviter l'épuisement, à en sortir ou à retrouver de la place pour vous entre vie pro et vie perso, alors vous êtes au bon endroit. Vous êtes prêts ? Prenez une grande inspiration, relâchez les épaules et c'est parti pour l'épisode du jour ! Comment demander de l'aide et déléguer sans culpabilité ni tension en utilisant la communication non violente ? C'est exactement ce dont on va parler dans l'épisode du jour. Dans l'épisode précédent, on a vu ensemble pourquoi c'est vraiment difficile de demander de l'aide et aujourd'hui on va venir mettre en lumière une façon différente de demander qui fonctionne vraiment et surtout qui préserve nos relations. Avant de commencer, un point important : la communication non violente c'est surtout pas une injonction à être parfait. C'est pas non plus un outil magique instantané qui va venir effacer vos émotions négatives en 30 jours. Non ! C'est un moyen. Par contre, d'observer ces émotions, de les comprendre et de les accueillir avant qu'elles viennent se manifester de plus en plus fort et donc saboter vos demandes, vos relations, etc. Pour cet épisode, je m'inspire de beaucoup de lectures en communication non-violente, dont le livre qui permet une introduction à la CNV qui s'appelle « Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs » . qui m'ont permis d'approfondir la communication non violente et que je vous recommande de suivre si vous avez envie de creuser un peu la communication non violente et de l'intégrer dans votre vie au quotidien, d'abord avec vous-même et puis après avec les autres Henri Cochet. Alors bien sûr, j'ai pas du tout pour prétention d'expliquer toute la communication non violente en 15 minutes, évidemment. Aujourd'hui on va simplement planter des graines et surtout vous éclaircir sur ce que c'est. la communication non-violente, peut-être que vous en avez déjà entendu parler. Et d'ailleurs je pense à faire plusieurs épisodes qui viendront approfondir ce sujet. Avant de commencer c'est très important pour moi qu'on aille sur les fausses croyances sur la communication non-violente. Parce que quand on dit ça, il peut y avoir beaucoup de parents qui pensent « il faut encore être parfait » . toujours positif, toujours bienveillant. Et je comprends complètement. Moi-même, j'en ai vraiment marre de tout ce qu'on voit émergé comme conseils, que ce soit sur Instagram, sur Facebook, de positifs et de bienveillants. Des choses souvent qui fonctionnent en réel quand ça dure 10 secondes. mais qui ne fonctionne pas dans un quotidien de tous les jours. Et peut-être même qu'on peut croire avec le mot communication non violente qu'il faudrait supprimer toutes ces émotions négatives pour réussir à atteindre quelque chose. Et puis finalement on peut juste se dire, c'est trop compliqué pour moi, encore une information en plus, j'y arrive déjà pas avec mon quotidien, alors j'en ai juste marre encore des nouveaux objectifs qui sont irréalistes. Et en plus de ça, si je rentre là-dedans, je vais encore plus me laisser marcher sur les pieds. » Alors ça évidemment c'est des choses qu'on entend qui sont complètement naturelles et qui partent d'une bonne intention, celle d'économiser de l'énergie entre autres, quand on n'en a déjà pas beaucoup. Et on peut vite être dépassé en plus de ça vraiment avec toutes les approches qui existent en bienveillance et autres termes similaires. Et ce que je veux juste préciser en début de cet épisode, c'est que la communication non violente n'a rien à voir avec un idéal exigeant à atteindre. Au contraire, ça nous invite à nous accueillir dans ce qu'on est. et donc à être très loin de tout ce qu'on attend de nous, un peu partout. Et je pense là par exemple aux réseaux sociaux et à l'image, à des dictats de la société qui nous sont donnés. La CNV ça nous invite à faire un retour à nous, et surtout pas à cacher nos émotions, ni à nous transformer en quelqu'un d'irréprochable. Voilà on peut déjà souffler, c'est pas ce qu'on demande et c'est pas ce qu'on peut demander à un humain de toute façon, et même si on le demandait ça mènerait... Nulle part. Alors, qu'est-ce que ça fait concrètement la communication non violente ? D'abord, ça va nous permettre de nous relier à ce qui nous anime au quotidien, avant que ça parte dans des proportions compliquées, avec la colère et la peur par exemple, qui nous amènent à beaucoup de stress. L'idée, c'est simplement de le faire de temps en temps pour tester et voir ce que ça donne. Et petit à petit, ça va venir activer un cercle vertueux avec des proches qui vont réagir différemment. Ça me fait penser à cette phrase, je ne sais pas si vous l'avez déjà entendue, c'est la folie, c'est de toujours faire la même chose et de s'attendre à un résultat différent. Ça vient d'Einstein et je pense que c'est juste... logique, si on fait les choses d'une certaine façon et qu'à un moment donné ça ne fonctionne pas, pourquoi pas essayer d'autres choses ? Et voir, tester à petite échelle. On ne va pas tout révolutionner tout de suite, mais tester et voir en plantant une graine s'il y a des choses qui changent en soi et dans son système. On dit souvent aussi que dans une famille ou dans un système en général, un groupe, quand une personne change, il y a des changements qui s'opèrent autour. Au début ils ne sont pas toujours visibles, mais en tout cas il y a des changements qui se font. Une chose aussi que je voudrais partager, c'est comment la communication non-violente est née. Parce qu'avec tout ce qui sort maintenant, on ne sait plus trop d'où ça sort, d'où ça vient, si c'est une invention sur un post Instagram ou si c'est quelqu'un un matin qui a décidé d'inventer cette nouvelle technique. Alors la communication non-violente, c'est né d'une question qu'un homme s'est posée il y a des décennies maintenant. Et alors cette question elle est très simple et en même temps elle est vertigineuse. Ces questions-là viennent d'un homme qui s'appelait Marshall Rosenberg et qui s'est posé cette question, je vous raconterai juste après son histoire. C'est comment ça se fait qu'on puisse nous couper de notre bonté naturelle au point d'adopter des comportements violents et agressifs ? Alors que certaines personnes arrivent à rester en contact avec ce bon naturel, cette bonté naturelle même dans les pires circonstances. Alors ces questions-là, elles ne viennent pas d'un laboratoire ou d'un bureau. Elles viennent en fait de l'histoire personnelle de Marshall Rosenberg. Donc c'était un psychologue clinicien de formation. Il a étudié la psychologie, la thérapie, les comportements humains. Et avant ça surtout, il a été plongé en tant qu'enfant très tôt dans un climat de violence. Alors cet homme, Marshall Rosenberg, habitait aux Etats-Unis et sa famille en 1943, vous voyez ça fait pas mal d'années, s'est installé à Detroit dans le Michigan. Et à cette époque là il y avait énormément de tensions raciales qui étaient fortes et donc extrêmement violentes. et moins de deux semaines après leur déménagement il y a eu un incident dans un jardin public qui a mis le feu aux poudres et qui a commencé à créer des émeutes. Il y a eu énormément de victimes. Et le quartier où il habitait, ça a été en fait le centre d'un foyer de violence. Alors ils sont restés barricadés chez eux pendant trois jours, enfermés avec beaucoup de peur, beaucoup de colère. Et la violence évidemment il l'a connue comme ça des années. et à un moment donné, comme tout enfant, il y a eu une rentrée scolaire où en fait il s'est fait battre à la sortie de l'école par d'autres enfants. Et à partir de ce moment-là, cette question-là ne l'a plus jamais quittée. Il a observé, il a toujours cherché à comprendre ce qui faisait qu'on peut en arriver à des actes aussi violents. Pourquoi certains répondent à la peur par la violence ? Parce que là, en l'occurrence, il était victime de racisme. Et pourquoi certains frappent, humilient, excluent, alors que d'autres, à l'inverse, je pense à sa tante, qui parle dans ses livres, arrivent à rester connectés, reliés avec quelque chose de bon en eux ? Et en fait, ça a été une recherche de toute sa vie. Il est intervenu dans beaucoup de zones en guerre, en conflit dans le monde pour amener de la paix. Et donc il a donné naissance à la communication non-violente. Et Marshall Rosenberg, quand il parle de violence, évidemment on ne parle pas seulement de guerre. La guerre c'est la violence à grande échelle, ce qu'on peut voir tous dans le monde, ce qu'on peut constater malheureusement. Mais il parle aussi évidemment de ce qui se passe à plus petite échelle, et ce qui commence en fait à germer, que ça soit dans nos cuisines, dans nos couples, avec nos enfants, quand on est dépassé et qu'on n'a juste pas les moyens de faire autrement. Et si je vous raconte ça aujourd'hui, c'est parce qu'en fait les mécanismes sont très semblables à une autre échelle. Quand on n'ose plus demander de l'aide, déjà on se fait violence à soi-même, et évidemment ça multiplie les risques d'être violent à son tour dans le quotidien. Alors comment on reste en lien avec notre humanité, même quand c'est difficile ? Et je veux faire une pause vraiment importante ici, parce que quand on parle de communication non-violente, le risque c'est aussi de tomber dans quelque chose de moralisateur ou de culpabilisant. Et c'est évidemment pas l'esprit de la CNV. On aura toujours ces tentations-là, ces tentations d'accuser, de râler, de dire « Ces personnes ne m'aident, ils pourraient quand même faire un effort. » Je l'ai, et vous l'avez, ce genre de réaction, brison de tabou. Et d'ailleurs, c'est parfaitement humain d'avoir ce genre de pensée. Quand on commence à s'intéresser à la CNV, on n'est pas sur un bouton allumé-éteindre. C'est plutôt comme réapprendre à marcher dans un terrain qu'on ne connaît pas encore. Alors on avance, on tâtonne et petit à petit il y a quelque chose qui va s'apaiser avec le temps, au fur et à mesure, avec les pousses qui vont commencer à apparaître. Et donc la CNV ça propose un cadre simple, concrètement, en quatre étapes. Alors c'est très simple sur le papier mais c'est beaucoup plus subtil dans la vraie vie et c'est pour ça que j'en ferai d'autres épisodes appliqués à des choses du quotidien Parce que c'est vraiment quelque chose qui s'expérimente sur le long terme. Déjà au départ, souvent on va le comprendre au niveau intellectuel, là-haut dans la tête. Et puis à un moment donné, peut-être que va émerger le fait que oui, il y a peut-être vraiment quelque chose à aller creuser là-dedans. Ne serait-ce qu'à mon niveau, de comment je me parle à moi-même, comment je suis avec moi-même. Ce qui est évidemment hyper lié à comment on va être en lien avec les autres. Alors la première étape de ce processus, et attention elle est très simple mais très difficile à faire. Quand on va chercher à faire une demande, c'est de premièrement décrire les faits sans interprétation et sans accusation. Et ça quand on est fâché... Quand on a beaucoup d'émotions et qu'on ne s'est pas consulté auparavant, avec je pense à l'auto-empathie dont on parlera dans un épisode, et bien c'est très compliqué à faire. Parce qu'on va avoir tendance à dire des choses comme « les faits c'est que tu ne fais jamais rien à la maison » . C'est parce qu'on se sent épuisé, on a plein d'émotions derrière et ça se comprend. Seulement une des clés déjà pour faire baisser énormément la pression, ça va être de se baser sur les faits, Alors, les faits, on peut aussi imaginer ce que verrait une caméra, par exemple. Ça pourrait être « Ce soir, la vaisselle est restée sur la table et le lave-vaisselle n'a pas été vidé » . Bon, ça, très souvent, on a besoin d'auto-empathie juste avant. J'en parlerai encore dans un autre épisode. Sinon, c'est vrai qu'affaire avec les émotions derrière, ça peut être un défi. En tout cas, la première étape, c'est ça. Si déjà, on veut faire une demande qui a toutes les chances d'être entendue, c'est d'en rester aux faits. Première chose. Et c'est pas facile parce que notre cerveau adore juger. Cette première étape, elle permet de faire baisser la tension. Ensuite, étape numéro 2, ça va être d'identifier ce que je ressens pour pouvoir l'exprimer. Ça va être de se poser la question « qu'est-ce que ça me fait en moi ? » Pas ce que l'autre a fait mal, hein, pas euh... Tu m'as fait du mal, tu m'as abandonné. Non, c'est vraiment qu'est-ce que je ressens ? Est-ce que je me sens fatiguée ? Est-ce que je me sens tendue ? Est-ce que je me sens découragée ? Et venir se poser les questions sur... Ces émotions, alors des questions souvent qui sont dans le ressenti, ça demande un peu d'enrichir tout son vocabulaire émotionnel. C'est quelque chose qui se travaille souvent en tant qu'adulte parce qu'à l'adolescence ou autre on a peu d'opportunités de le faire. Mais voilà, en tout cas la deuxième étape c'est d'éclaircir ce qui se passe en soi. Et encore une fois, ça, ça peut faire l'objet d'un rituel avec soi-même qu'on appelle l'auto-empathie en CNV et dont je vous parlerai dans un épisode dédié. Et donc on en vient à la troisième étape, ça va être de reconnaître le besoin derrière l'émotion. Derrière chaque émotion, il y a un besoin. Quand je suis épuisée, peut-être que mon besoin c'est du soutien émotionnel, du soutien logistique, du repos, de la coopération. Par exemple, on va pouvoir juste exprimer « j'ai besoin de me sentir soutenue parce que là je me sens vraiment découragée » . Et ça donne complètement autre chose que « personne m'aide dans cette baraque » , on est bien d'accord ? C'est déjà un premier pas. Tout ce que je dis là, ça paraît très simple dans la théorie, mais en réalité on est souvent confronté à une dynamique à changer et donc des petits pas à implémenter au fur et à mesure. Ça se fait très progressivement. Et donc rien que ça, ça peut déjà changer notre façon de voir l'autre aussi, de voir les choses sous cet angle-là. Ça peut nous donner notre responsabilité dans nos comportements, même si évidemment on n'est pas non plus responsable de tout, tout est nuance. Et donc on en vient à la quatrième et dernière étape de ce processus, ça va être de faire une demande concrète. Sans exigence et sans menace, évidemment, même si on en est souvent tenté dans les débuts. Alors ça va donner « Est-ce que tu pourrais vider le lave-vaisselle ce soir pendant que je me repose un peu ? » Et là, quelque chose d'important peut jouer. L'autre reste libre, évidemment, de dire oui ou non. Et paradoxalement, c'est vraiment ce qui va rendre le oui beaucoup plus fréquent. qui fait baisser la tension. Dans les débuts, je comprends complètement que lancer ce genre de dynamique un peu paraître à la fois très simple et dans l'effet challengeant. Une des choses que j'ai évoquées tout à l'heure, et qui est quand même très importante à comprendre, fondamentale, c'est que parfois, et très souvent d'ailleurs, avant de faire une demande à l'autre, c'est nécessaire de prendre soin de soi d'abord. Pourquoi ? Parce que quand on est épuisé à bon, et qu'on n'en peut plus, la demande qu'on va faire à l'autre elle part d'un endroit de souffrance, d'un endroit violent à l'intérieur. Et quand une demande part avec ce niveau de tension, de colère, etc. Il y a de fortes chances en fait que ça soit juste... que ça se passe mal. Et dans ces moments-là, parfois quand on se sent tendu, quand on sent qu'on n'en peut plus, j'allais dire parfois mais en fait très souvent la première étape c'est même pas de parler à l'autre, c'est de revenir vers soi, de s'offrir un minimum de considération et de reconnaître que là, je suis épuisée et que j'ai juste besoin de soutien. Et je terminerai là-dessus, la qualité d'une demande... qu'on fait à l'extérieur, ça dépend énormément de l'endroit d'où elle est formulée. Et ça c'est exactement ce dont on parlera dans le prochain épisode, le soin à soi, l'auto-empathie comme on l'appelle en CNV et comment prendre soin de ce qui se passe en vous avant même d'aller demander à autrui de l'aide. Si, en vous écoutant aujourd'hui au niveau corporel, au niveau des émotions, vous sentez que vous tenez mais que ça tire de partout, que vous avez l'impression de fonctionner en mode survie, je vous invite à faire le test gratuit Suis-je en Burnout Parental que j'ai mis en description. C'est un test simple, confidentiel, gratuit qui va vous permettre de situer votre niveau d'épuisement et commencer à comprendre comment sortir de cette situation. Mardi prochain, on parlera donc du soin à soi et de l'auto-empathie. Pas comme une injonction de plus évidemment, mais vraiment comme une base essentielle pour tenir dans la durée. Je vous retrouve mardi sur Départ en Soi.