- Speaker #0
Témoignage depression post partum. Hello Clara, merci d'être avec nous aujourd'hui pour cet épisode. De rien ca me fait très plaisir de partager mon experience. Aujourd'hui on va parler de la dépression post partum et des pistes que toi t'as utilisé pour t'en sortir. Je te propose de commencer cet épisode en en disant un peu plus sur toi, comment tu t'appeles, ton age, ce que tu fais dans la vie. Ok très bien je m'appelle Clara j'ai 28 ans je suis mariée on a un bébé de 4 mois et 2 chats. Les chats sont importants. Oui ce sont des membres de la famille. O maley et Berlioz. Ca me parle je raconte souvent l'histoire a mon fils avant de dormir. Je suis en arret par rapport a grossesse. Est ce que tu peux nous partager sur ton parcours vant la maternité, le contexte. Avec mon mari on voulait avoir la maison et ensuite l'enfant. On a eu la maison il y a à peu près deux ans, on a fait les travaux qu'il y avait à faire. Et puis, j'ai toujours dit que je voulais un enfant avant de prendre un enfant. C'était un peu la deadline qu'on s'était donnée. Donc, on revenait justement d'un voyage à Disney. Et du coup, on s'est dit, allez. Les travaux sont finis, on a de l'argent de côté, pourquoi pas lancer le projet ? J'ai toujours lu et vu que ça mettait des fois un petit peu de temps à arriver. Donc on ne se mettait pas la pression par rapport à ça. Puis j'avais arrêté la pilule d'un petit moment, parce que les effets secondaires, je ne les supportais pas trop. Et au final, ça a marché de suite.
- Speaker #1
de suite, très rapidement très rapidement je pense que j'ai pas eu le temps de réaliser de bien me mettre dans cet esprit on est en essai bébé et de suite donc très rapidement après ton retour de Disney tu t'anticipes un peu en te disant ça va prendre peut-être un peu de temps et finalement ça arrive très vite ça arrive euh,
- Speaker #0
ben, euh... Si ce n'était pas la première fois, la deuxième fois, ça a fonctionné.
- Speaker #1
Ok, donc très rapidement.
- Speaker #0
C'était ça, donc c'était à peu près mi-janvier 2025. Et oui, ça a fonctionné direct.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, quand tu apprends que tu es enceinte, comment tu te sens ?
- Speaker #0
Alors, déjà, j'apprends que je suis enceinte, je m'en souviens, j'étais en RTT. Je ne travaillais pas. J'étais chez moi et puis il y a une petite voix dans ma tête qui me dit « fais un test » . Mais je n'avais aucun symptôme, c'est-à-dire que je n'avais pas les seins durs, je n'avais pas de nausées, rien du tout. C'était donc le 30 ou le 31 janvier, je ne sais plus trop la date. Et donc je vais au supermarché et j'achète deux tests, les digitaux et les classiques avec les deux barres. Et sur la notice, je lis, il faut faire le test le matin. Sauf que moi, je n'avais pas envie d'attendre le matin.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Je suis trop... Je te vois dans ma tête, là, elle me parle trop. Il faut que je fasse quelque chose. Et donc, je lui ai fait direct. Et en fait, il y a eu les deux barres de suite. Oui. Tout de suite. Et donc, du coup... Sur le coup, je pense que j'étais un peu choquée. Pourtant, on était en ECBB, mais je n'étais pas prête, je pense, mentalement. Et après, du coup, je fais le test digital. Et là, quand il y a bien eu marqué « enceinte » , ouais, là, j'ai commencé à réaliser. J'ai de suite appelé le labo pour faire une prise de sang parce qu'il fallait que je sache si vraiment c'était ça, voilà, pour confirmer. Limite, j'étais en pleurs avec le labo. Il faut que je prenne rendez-vous. Mais ouais, non, c'est pas... Merci. Et puis, je ne sais pas, je l'ai senti, je l'ai su.
- Speaker #1
Donc, en fait, une intuition. Et finalement, quand tu l'as su, tu étais quand même choquée parce que ça a vraiment été vite.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Ça a été très vite. Pourtant, j'ai toujours voulu avoir un enfant. J'ai toujours... Avec Jordan, c'était une discussion qu'on avait très souvent. Et on parlait souvent de bébé. Mais je ne sais pas. Je pense que quand tu es sur le fait accompli... le choc quand même de la nouvelle là tu te dis ok ce sera plus jamais pareil c'est ça et puis peut-être cette sensation de réaliser et en même temps de plus trop savoir où on est d'être un peu perdue ouais
- Speaker #1
c'est ça qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce qui va se passer maintenant c'est ça,
- Speaker #0
c'est quoi la suite qu'est-ce qu'il faut faire quand est-ce qu'il faut appeler le gynéco pour les premiers rendez-vous qu'est-ce qu'il ne faut pas manger là c'est vraiment tout un monde que je ne connaissais pas le grand saut dans le vide en fait le choc du départ et puis après tout ce monde qui s'ouvre petit à petit ouais ouais ouais le choc mais je suis quand même contente oui ouais ouais
- Speaker #1
Avec de la joie.
- Speaker #0
Oui, voilà, avec de la joie. Ce n'est pas comme si c'était un bébé surprise ou comme si c'était vraiment le ciel qui me tombait sur la tête. Non, c'est vraiment… Je suis contente et en même temps… Ok, un peu stressée, quoi. Qu'est-ce qu'il faut faire, quoi ?
- Speaker #1
Oui, avec tous ces rendez-vous à planifier et tout ça qui se profilent.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et alors tu fais ta prise de sang C'est confirmé Et alors après j'imagine que tu as plein de rendez-vous médicaux Comment ça se passe ta grossesse Au niveau de l'état d'esprit
- Speaker #0
Peut-être des aléas Alors on est super confiants Parce qu'en fait mon gynéco nous donne rendez-vous Tous les mois J'ai pas vraiment l'AT1, l'AT2 J'ai vraiment rendez-vous tous les mois Et puis, à chaque fois, on voit le bébé, donc on voit comment il évolue et tout ça. Il y a juste, au début de la grossesse, tu sais, il fait faire des prises de sang, logiquement. Et en fait, ça faisait plusieurs prises de sang que je voyais passer le CMV, le cytomégalovirus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Où il était positif.
- Speaker #1
OK, oui.
- Speaker #0
Et en fait, au début... tu es dans l'euphorie, je ne me suis pas posé la question. Et en regardant mes analyses, je me suis dit, un jour, tiens, je vais quand même vérifier ce que c'est ce truc qu'il ne faut pas faire parce que ce n'est pas un virus très gentil. Donc là, moi, je me mets à pleurer. J'appelle Jordan aussi. Il était à la maison avec moi, donc il vient me voir. Je lui dis, regarde, ça, c'est positif. Ça peut être Et c'était juste avant d'aller au travail, en fait. Et il me dit, écoute, dans la journée, t'appelles ton gynéco et tu vois, quoi. Parce qu'on a remonté un peu le fil des analyses et c'est vrai que ça revenait positif. Alors, c'était des taux assez faibles et j'avais pas d'anticorps.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, le jour même, j'ai essayé d'avoir un gynéco, bien sûr, il répond pas. J'ai eu la secrétaire, j'étais en pleurs. J'étais en pleurs avec la secrétaire et elle essaie de me rassurer. Elle me dit « Ne vous inquiétez pas, je vais en parler au docteur. Il va vous rappeler. » Bon, il ne me rappelle pas. Il ne me rappelle pas. Je reste avec ce truc tout le week-end, parce que c'était un vendredi. Et le lundi, j'étais dehors, je faisais des courses, je crois. Et là, j'ai le gynéco qui m'appelle. Mais tu vois, dans sa voix, il n'était pas très serein. Il me dit, il y a une analyse, ça fait un petit moment qu'elle n'est pas très bonne. J'aimerais vous voir. Là, moi, je me dis, c'est foutu. C'est foutu parce que j'avais lu que si on l'attrapait dans les trois premiers mois de la grossesse, ça pouvait entraîner de graves lésions au cerveau, de la surdité et aussi de la malvoyance.
- Speaker #1
T'étais à combien de mois de grossesse à ce moment-là ?
- Speaker #0
Je pense que j'étais à peu près entre le deuxième et le troisième.
- Speaker #1
Ok, oui.
- Speaker #0
Je ne sais plus trop, mais en fait, c'était dans les trois premiers mois, c'est sûr.
- Speaker #1
Ok, donc là, beaucoup de stress, beaucoup d'angoisse, d'anxiété peut-être ?
- Speaker #0
C'est ça, beaucoup de peur. Donc, on va voir le gynéco dans la semaine, donc à leur rendez-vous dans la semaine. Jordan a pu prendre... Il était avec moi. Et donc là, il nous explique ce que c'est, ce que ça peut engendrer, tout ça. Mais il nous dit, voilà, moi, je ne suis pas expert sur ça. Donc, je vais vous renvoyer une confrère sur Toulouse, puisqu'on n'est pas très loin de Toulouse. Sur Toulouse. Et donc, le mois, je crois que c'était le mois suivant le rendez-vous. Du coup, on est dans l'attente pendant un mois, un mois et demi. Ouais, c'était très long, on n'en pouvait plus.
- Speaker #1
J'imagine.
- Speaker #0
Et donc, vient ce rendez-vous avec la spécialiste. Et là, elle nous fait vraiment une échographie en long, en large, en travers. On voit absolument tout. Et elle nous dit, écoutez, franchement, je pense que vous avez dû l'attraper avant de tomber enceinte. Parce que là, moi, je ne vois rien au niveau du bébé. Donc là, gros soulagement.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Là, le bébé se développe bien, il y a tout qui va. Donc en fait, ça devait être des traces un peu de... J'avais dû l'avoir avant.
- Speaker #1
Ok, avant grossesse, ça s'était affiché finalement dans les résultats sanguins plus tard.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Parce qu'en fait, à chaque fois, ils ont continué de me tester jusqu'à la fin de ma grossesse sur ce virus. Et à chaque fois, c'était tout le temps le même taux. et j'avais jamais d'anticorps. Donc si au bout d'un moment t'as un anticorps, c'est que t'as pas le virus. Donc c'était vraiment un gros soulagement.
- Speaker #1
Un grand soulagement à ce moment-là, de la peur qui part en tout cas. Mais voilà, tu as quand même passé un bon mois et demi avec cette appréhension-là, cette attente du rendez-vous.
- Speaker #0
Oui, surtout qu'entre-temps, on l'a annoncé au travail et à ma famille. Donc, on était contents, mais en fait, moi, je suis une nature hyper prudente. Et du coup, je leur ai dit, direct le relais, on attend un bébé. Il y a ça, donc voilà, vous ne réjouissez pas trop.
- Speaker #1
Oui, forcément, on essaye aussi de se protéger, de protéger ses proches. On ne sait pas trop comment ça va.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, à ce moment-là, fin du premier trimestre, on peut dire, tu as eu déjà ce coup de stress finalement qui est redescendu, tu as eu du soulagement. Et après, les trimestres d'après, est-ce que tu te souviens ? Est-ce qu'il y a des choses particulières ou pas vraiment ?
- Speaker #0
Grosse fatigue parce qu'étant commerçante, je... Je marchais beaucoup à travers le magasin et tout ça. Mais sinon, alors j'ai toujours pas de nausées, mais alors par contre, les odeurs, c'était horrible. Horrible, horrible. Jordanie pouvait pas ouvrir le frigo. Lui qui est fan de fromage.
- Speaker #1
Oui, c'est dur.
- Speaker #0
Là, je dis, stop le fromage. Je dis, je suis désolée, je ne peux plus. Et ça, ça a été vraiment tout le long de ma grossesse. Et le poulet aussi. Le poulet, je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas le voir en peinture, ni en manger, ni sentir l'odeur.
- Speaker #1
C'est incroyable. Les symptômes qu'on a à ce moment-là, c'est…
- Speaker #0
C'est ça. Mais après, sinon, je n'ai pas eu de… À part la grosse fatigue, je n'ai rien eu de plus.
- Speaker #1
Ok. Ok. Et alors, vient ton accouchement. Comment ça se passe, ton accouchement ? Le moment…
- Speaker #0
Alors, en fait, l'accouchement, c'était très long. C'est-à-dire que j'ai fissuré la poche des os le 14 octobre et je n'ai accouché que le 17.
- Speaker #1
Trois jours.
- Speaker #0
Et en fait, quand on fissure et qu'on appelle la maternité, ils nous disent quand même de venir et ils nous disent « prenez vos affaires parce que si c'est fissuré, on vous garde » . Donc, on a pris les affaires et tout ça. Et effectivement, elles ont confirmé, les sages-femmes, que c'était bien fissuré, mais que c'était vraiment minime. Mais que, vu qu'on était venus à la maternité, ils devaient nous garder et me mettre sous antibio. Donc, pendant trois, quatre jours, on était dans la maternité à attendre. Alors, ils nous disaient de marcher. de faire des activités pour essayer de déclencher le travail, sauf que ça n'a jamais rien déclenché. À chaque fois, il ne voulait pas sortir. Il était trop bien là où il était.
- Speaker #1
Trois, quatre jours, oui, c'est long.
- Speaker #0
C'est très long, surtout quand tu n'es pas chez toi, quand il est hyper chaud dans la maternité. On leur a dit, mais vous ne pouvez pas baisser un peu le chauffage. Ils m'ont dit, on ne peut pas. C'est bloqué, ils ne pouvaient pas jouer sur la température. Et c'était la semaine où il faisait le plus chaud en octobre. Il faisait des 20 degrés dehors, donc tu rajoutes à ça la chaleur de la chambre, c'était intenable. Et donc du coup, ils finissent par me déclencher le jeudi matin à 10h, par comprimé. Donc c'était... Il m'avait prévenu que ça risquait d'être long et douloureux, le déclenchement. Je ne m'attendais pas du tout à ça. C'est-à-dire que le premier comprimé a fonctionné de suite.
- Speaker #1
Je ne connaissais pas les comprimés. Moi, j'ai eu par intraveineuse, par perfusion.
- Speaker #0
Oui, les comprimés, c'est tout bête. C'est comme l'oliprane, tu la valses avec de l'eau et après, elles te disent de retourner en bas. Et puis vous revenez dans deux heures pour le deuxième comprimé. Sauf que j'arrive en bas dans la chambre. Et en fait, là, je ne pouvais plus respirer. J'avais beaucoup trop mal. J'ai rappelé du coup une sage-femme. Je lui dis là, ça fait trop mal. Ça fait trop mal pour un premier comprimé. C'est bizarre, ça fait trop mal. Elle fait, ben, remontez. J'ai mis demi-heure à remonter entre la douleur et tout ça. Et donc, la sage-femme que j'avais vue, qui m'a donné le comprimé, elle, elle était trop contente parce qu'elle dit super, ça marche du premier comprimé, c'est trop bien. Ouais, ok, super. Et donc, il me donne le deuxième comprimé. Et là, ça ralentit.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors, c'est très bizarre parce que j'ai mal, mais c'est supportable, on va dire. Ce ne sont pas les premières grosses contractions que j'ai eues. Donc, deux heures passent encore et là, il me donne le troisième comprimé. Et là, le troisième comprimé rebelote. J'ai de nouveau très, très mal. Sauf que là, sur le monito, les contractions, ça ne s'arrêtait pas en fait. Quand j'en avais une, j'en avais direct une autre. Je n'avais pas ce temps de repos. Donc les sages-femmes me proposent de prendre le bain. Et ça, c'était le jeudi soir. C'était le jeudi soir, donc là j'ai pris un bain. Et le bain, j'ai dû le prendre pendant une heure et demie, deux heures à peu près. Et le problème, c'est que... Ça a traumatisé Jordan parce que je faisais des petits comas entre chaque contraction dans le bain. C'est-à-dire que quand j'avais une contraction, je reprenais mes esprits. Et quand elle redescendait, c'est comme si je m'évanouissais. Je n'étais plus là, en fait. Il avait beau me parler, limite j'avais la tête qui tombait.
- Speaker #1
C'est des seuils de douleur où on peut vraiment perdre la tête. Je pense,
- Speaker #0
voilà. J'avais tellement mal que je me déconnectais pour essayer de passer outre cette douleur. Puis après, au moment où j'en ai eu marre du bain, je suis retournée en salle de naissance. Et là, en fait, dans la nuit du jeudi au vendredi, les sages-femmes ont eu une urgence. Il y a une dame qui est arrivée, qui était déjà à 7, donc elle était bien plus avancée que moi. et en fait J'ai plus eu la visite de personne quasiment. Jusqu'au vendredi matin. Et puis, comme j'avais personne et que j'avais mal, mon seul moyen d'attirer l'attention, c'était de crier. J'ai essayé de me concentrer sur mes respirations, mais ça m'a trop douleur. Et donc là, j'ai crié. Et enfin, une sage-femme est venue. Elle a essayé de reprendre avec moi le cours des respirations. Et donc, en fait, Jordan s'est devenu mon... Dès qu'il fallait respirer, il respirait avec moi.
- Speaker #1
Il te guidait, oui.
- Speaker #0
Oui, voilà. Il faisait les respirations avec moi. Et puis, je n'arrêtais pas de demander la pérille, sauf que je n'étais pas assez... Enfin, j'étais qu'à 4. Et elle voulait attendre au moins 5 pour que je la pérille. Vient le moment, du coup, où je suis enfin à 5. Et la sage-femme accepte de me donner la dérive. Donc l'anesthésiste, il met un temps fou à arriver, j'ai l'impression. Bon, il ne met qu'une heure, mais c'est comme ça en pleine nuit. Je pense qu'il n'était pas là, quoi.
- Speaker #1
Et quand on souffre, c'est toujours plus long, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Moi, j'avais trop mal.
- Speaker #1
On n'a plus la notion du temps.
- Speaker #0
Je pleurais, je pleurais, je serrais la main de Jordan hyper fort. Mais lui, il ne veut rien.
- Speaker #1
Je vois très bien.
- Speaker #0
Voilà. Il n'osait rien dire parce qu'il savait que j'avais mal. Là, il ne fallait pas qu'il ouvre la bouche.
- Speaker #1
Non, mais c'est une souffrance qui peut être extrême pour l'avoir vécue.
- Speaker #0
Oui, en fait, on ne s'attend pas à ça. On avait dit, tu verras, ça fait mal, mais on ne s'attend pas à une telle douleur. Et donc, ça y est, il me pose la pérille. Et là, je sens les effets de suite. Et là, vraiment, c'est le soulagement pour moi. Je n'ai plus mal. Et je peux enfin dormir. Parce que là, ça fait quasiment... Ouais, ça fait plus de 24 heures. Parce que c'était dans la nuit. Mais ça faisait bien plus de 10 heures, en tout cas, de travail. Je n'en pouvais plus. Donc là, avec Jordan, on se repose un peu. Et ouais, toutes les demi-heures, j'ai une sage-femme qui vient me voir. Le monito, comment ça va, et tout ça. Et en fait, de ce qu'elles me disent, le col ne s'ouvre pas. Le col ne s'ouvre pas, le bébé, lui, ça va. Il n'y a pas de souffrance ou quoi, mais ça ne s'ouvre pas, il ne veut pas descendre. Puis je vois qu'elles essayent à me mettre des perfs d'hormones de synthèse. J'essaye un peu tout et puis vers le vendredi, 5h du matin. Je regarde la sage-femme et je lui dis, propose-moi la césarienne. Je vois bien que là, vous essayez tout, mais au bout d'un moment, s'il ne veut pas sortir, il ne sortira pas. Donc, césarienne, il faut que ça finisse. Donc, la sachemme, elle fait, bon, écoutez, j'appelle le gynéco et je reviens. Et même passée la minute après, elle revient et me dit, bon, que vous partiez en césarienne. Il y a l'équipe qui arrive, on vous prépare.
- Speaker #1
Ok. Et à ce moment-là, quand on t'annonce ça, comment tu te sens ?
- Speaker #0
En fait, soulagée, parce que je sais que ça va se finir.
- Speaker #1
Ok, oui. Fin de la souffrance, de l'attente.
- Speaker #0
Ouais, voilà. Fin de la souffrance, de l'attente, de rencontrer bébé et tout ça. Et puis, personnellement, ma mère a eu trois césariennes.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, je n'en faisais pas une montagne. Je ne m'étais jamais dit, waouh, ça va être... Je ne peux pas la césarienne. C'était une possibilité que j'avais dans la tête. Mais je m'étais vue quand même accouchée par voix basse. Quand je m'imaginais... couché. Pour moi, c'était par voix basse. Mais du coup, on part en césarienne, on part en césarienne. Et puis les sages-femmes, du coup, elles rigolaient parce que c'était un peu plus détendu, vu que j'avais moins de mal. Elles essayaient de me faire rire avec Jordan et tout ça. C'était quand même la bonne ambiance. Puis après, une fois qu'on te met sur le brancard, les bras écartés, dans la salle d'opération, là... J'ai commencé à réaliser quand même, ok, on va t'ouvrir le ventre. Là, tu te fais opérer, quoi. Tu te fais opérer. En plus, il fait hyper froid dans la salle. Je claque des dents. Au début, je suis toute seule. Et puis Jordan, il finit par me rejoindre. Et là, du coup, il voit quand même que je suis hyper stressée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, il me parle. Il essaie de me changer.
- Speaker #1
Il fait l'attention, oui.
- Speaker #0
de détourner l'attention parce que tu entends tout, tu sens tout et tu n'as pas mal donc c'est très bizarre c'est très bizarre, oui moi je sentais quand ils cherchaient d'en vendre quoi ça faisait pas mal et puis ensuite on entend un gros bloc et alors je pense que c'est la poche des eaux qui a et Il a pété, quoi. Et là, le bébé qui crie. Donc, gros soulagement. Et de suite, la sage-femme qui nous l'amène, elle le met à côté de mon visage. Je lui fais des petits bisous. Et bon, après, ils partent faire les soins, thérapie de moi. Et là, Jordan l'accompagne, l'accompagne Mathéo. Et moi, du coup, je me retrouve dans cette salle d'opération. à claquer des dents, très froid. Et en fait, mon cerveau, il est en ébullition. C'est-à-dire que je réfléchis, je dis, mon Dieu, je viens d'accoucher, j'ai eu un bébé, mais le bébé, il n'est pas avec moi. Jordan, il n'est pas là non plus, je suis toute seule. Qu'est-ce qui va se passer ? On va m'amener où ? Enfin, voilà, quoi.
- Speaker #1
Il y a un moment où tu es vraiment restée toute seule ?
- Speaker #0
Dans la salle d'opération, il y avait toujours le chirurgien, l'anesthésiste et tout ça. Et je me suis retrouvée seule en fait dans la salle de réveil. Même si je n'étais pas endormie complètement, il faut quand même que ton corps élimine un petit peu l'anesthésie. Et là, j'étais toute seule. Et en fait, j'en ai profité pour dormir un peu. J'ai dû y être pendant deux heures, je crois. J'ai dormi un peu et j'avais le cerveau qui travaillait à ce moment-là. Je n'arrêtais pas de penser, mais ils sont où ? Est-ce qu'ils vont bien ? Est-ce qu'il a dix doigts à chaque main et à chaque pied ? Est-ce que tout va bien ? Et puis, on finit par remonter. On finit par remonter et là, en fait, c'est là que l'enfer commence, on va dire. parce que quand je franchis le pas de la porte dans le lit, je pense que mon corps franchit cette porte, mais mon cerveau reste dans le couloir. Mon âme reste dans le couloir. J'observe, mais en dehors de mon corps. Je pense que là, j'ai eu un gros choc de réalisation. Et donc, il y a ce petit bébé dans ce petit berceau. Et en fait, ce n'est pas le mien. Je reconnais Jordan. Jordan, c'est mon mari. Mais ce bébé, ce n'est pas mon bébé. Il n'est pas à moi. Il a fait le pot à pot avec son père et moi, je n'ai pas eu ce pot à pot. Donc, ils me l'ont direct mis sur moi, dans le lit et tout ça. Puis, je voulais allaiter, donc ils me l'ont mis au sein. Et là, en fait, ils galèrent, je galère et je dis non, Apporter moi les biberons, je ne peux pas. Ça ne va pas. Ce n'est pas possible. Donc, ok, pas de souci. Il y a les sages-femmes qui apportent les biberons. Et en fait, durant tout le séjour à la maternité, je n'étais pas là. Je ne rigolais pas. Alors, je ne pleurais pas à ce moment-là, les deux, trois premiers jours. Parce qu'on y est resté un moment. J'ai accouché le vendredi matin et on est sortis le mardi, je crois. Donc, on est restés un petit moment.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Après, c'est post-césarienne, donc c'est un peu plus long. Et en fait, c'est Jordan qui a tout fait. Il changeait les couches, il donnait le biberon. Il me proposait de donner le biberon et tout, le bain aussi. Et moi, je dis non.
- Speaker #1
est-ce que tu te sentais vraiment épuisée,
- Speaker #0
vidée de toute ton énergie est-ce que c'était des pensées du genre mais qu'est-ce que je fais là où je suis des sensations d'inconnue sur le moment j'ai pas ressenti cette grande fatigue j'étais pas spécialement oui j'étais fatiguée parce que il y avait les bébés autour qui pleuraient donc la nuit on pouvait pas forcément dormir surtout que Mathéo lui il dormait Oui. Et en fait, j'étais fatiguée, mais ce n'était pas de la grande fatigue. C'était plus, qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi j'ai fait ça ? J'ai gâché ma vie. Pourquoi j'ai voulu ce bébé alors qu'il n'a rien demandé, le pauvre ? C'était plein de questions comme ça. Mais pourquoi ?
- Speaker #1
Dans quelle situation je me suis mis ?
- Speaker #0
Oui, voilà.
- Speaker #1
Un an après, avec ce sas hyper violent avec la césarienne, la salle d'opération toute seule, la solitude, la peur, ce sas de décompression, et tac, on est transféré dans un autre monde.
- Speaker #0
C'est ça, et maintenant tu as un bébé dont tu dois t'occuper, tu dois le nourrir, le changer, sauf que tu ne sais pas faire. Certes, les sages-femmes te montrent, mais c'est un peu du rapidos. Et en fait, ta vie à deux se termine. Tu commences ta vie à trois. Tu ne connais pas le bébé. Le bébé ne te connaît pas. Les petites habitudes, les petites mimiques, tu ne les connais pas. Même quand on avait de la visite, il y a nos parents et mes sœurs qui sont venues. Ils étaient là, oh qu'il est beau ! Parce qu'avec la césarienne, il n'a pas été déformé comme il peut y avoir parfois par les voies basses. Donc il est sorti, on aurait dit, vraiment, il était tout rond. Il était gros, il était presque 4 kilos et 53 centimètres. Il était très grand. Et ouais, tout le monde nous dit, oh qu'il est mignon !
- Speaker #1
qui nous et moi j'étais à oui toi ouais c'est ça c'est c'est pour beaucoup c'est même pas un sujet en fait comment se sent la mer c'est une période de sacrifice et ça va passer ça va forcément passer ouais c'est un peu là
- Speaker #0
c'était le bébé la préoccupation première et en fait quand on me disait qu'il était mignon qu'il était qu'il était qu'il était beau bah C'est pas comme si... En fait, je m'en fichais. Je m'en fichais parce que c'était pas mon fils. C'était pas mon bébé.
- Speaker #1
Comme un refus, en fait, de la situation, quoi.
- Speaker #0
Un énorme refus. Mon cerveau, il a pas voulu intégrer que j'avais accouché, quoi. Et puis vient le jour où il faut rentrer à la maison. Les sages-femmes viennent nous voir. « Ah, demain, c'était le lundi soir, demain vous rentrez. » Et là, je m'effondre. Là, je m'effondre. Je dis non, non, je ne veux pas rentrer. Je ne veux pas rentrer. Parce qu'en fait, pour moi, les sages-femmes, c'était une bouée de secours. C'était une bouée de secours parce que j'avais extrêmement peur de me retrouver toute seule avec lui. Il fallait tout le temps qu'il y ait Jordan. Et quand il allait se prendre un café à la machine de café, par exemple, je stressais énormément. Parce que je me dis, mon Dieu, s'il pleure, s'il faut lui changer la couche, qu'est-ce que je dois faire ? Et là, du coup, le fait qu'on me dise qu'on va rentrer à la maison, alors oui, on était contentes parce qu'on n'en pouvait plus de la maternité, il faisait chaud, on avait envie de retrouver la maison, mais moi, dans ma tête, je ne voulais pas en fait.
- Speaker #1
C'était en fait une perte de repères supplémentaires. Déjà que tu avais perdu beaucoup de repères avec cet accouchement. Et en plus, du jour au lendemain, tu auras beaucoup moins de soutien, beaucoup moins d'appui, de connaissances.
- Speaker #0
Voilà, en fait, j'ai un peu vu comme si on me lâchait dans une fosse au lion. Et c'est débrouille-toi. Et puis voilà, nous, on a fait notre job, les sages-femmes. On ne peut pas faire plus. OK. Donc, bien le mardi, là en fait, j'étais contente de rentrer à la maison, j'étais contente. Même dans la voiture, j'étais contente. Je me suis mise à côté du cosy quand même. Je me suis dit, j'ai envie d'être à côté de lui. Donc, je me suis mise à côté de lui et tout le trajet, j'ai pleuré. Tout le trajet, je n'ai fait que pleurer. J'étais contente et à la fois, pareil, dans mon cerveau, c'est ce qui va se passer, quoi. Qu'est-ce qui va se passer ? Comment ça va se sortir ? Et donc, on arrive dans cette maison. On présente Mathieu Ausha qui s'en fiche complètement. Là, je n'ai jamais vu des Ausha. Ok, tu nous as ramené ce truc. D'accord, mais nous, on a faim. Voilà. Ils s'en fichaient. Et en fait... On s'est regardé avec Jordan et on s'est dit « mais qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » On le met où ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Donc on l'a mis dans le cododo, et puis on l'a regardé, et puis en fait, on a attendu qu'il pleure. Voilà. Peut-être qu'il avait faim, enfin voilà. Et puis les jours passent, et donc Jordan est là puisqu'il a pris son congé maternité. Les jours passent et ça va de plus en plus mal. La nuit, c'est une catastrophe parce que le petit a faim. Moi, j'ai du mal avec la césarienne. J'ai du mal à me lever la nuit.
- Speaker #1
C'est très, très dur.
- Speaker #0
C'est très, très dur. Il faut que je récupère de cet accouchement qui a été catastrophique. Et en fait, j'ai des visites. à domicile des infirmières. J'ai ma famille aussi qui vient. Et les infirmières, elles me disent « Mais reposez-vous ! » « Mais quand est-ce que tu veux que je me repose ? » Le petit, il pleure. Alors, Mathéo est un bébé, il pleurait que quand il avait faim ou que quand il était fatigué. Il pleurait jamais. Mais pour moi, il pleurait tout le temps.
- Speaker #1
Oui, et puis quand on est réveillé plusieurs fois la nuit, à un moment, on perd la notion du temps. On devient de plus en plus vigilante parce qu'on entend souvent pleurer, alors que c'est un cercle vicieux.
- Speaker #0
Exactement. Et puis avec Jordan, on commençait un peu à s'embrouiller parce que la nuit, c'est vraiment ça le plus dur. Et puis, notre famille vient nous rendre visite. Et en fait, tu vois, ils prennent le petit dans les bras et tout. Ils sont super contents. Et moi, là, sur le canapé, je les regarde. Mais je ne parle pas. Je ne réagis pas à ce qu'ils me disent. Donc, sur le coup, là, c'était plus les parents de Jordan. Ils ne disent rien. Mais apparemment, après, ils appellent Jordan. Et ils lui disent, écoute, là, Clara, c'est bizarre, ça va pas du tout. Elle n'est pas comme d'habitude.
- Speaker #1
Ils voient une différence, un avant et un après.
- Speaker #0
Voilà, ils voient un avant et un après. Pareil, ils en discutent. Mes beaux-parents en discutent avec mes parents. Et eux, effectivement, ils avaient remarqué aussi que ça n'allait pas. tout le monde l'avait remarqué mais personne n'osait rien dire et ce qui a été le déclencheur c'est la sage-femme à domicile quand elle nous a dit que c'était le dernier rendez-vous là je me suis écroulée devant elle parce que pareil, pour moi c'était un peu la bouée de sauvetage ses visites voilà et en fait elle me dit ok Eh ben ! C'est pas grave, ça fait plus d'un mois que vous avez accouché. Du coup, on va appeler l'équipe de périnatalité de votre ville. Et puis, il va sûrement y avoir un suivi psychologique.
- Speaker #1
À ce moment-là, comment tu le prends quand elle te propose ça ? Est-ce que tu es soulagée ?
- Speaker #0
Je prends toute l'aide qu'on me propose. Je suis soulagée parce qu'on m'a entendue. On m'a entendue et on me comprend surtout.
- Speaker #1
On te comprend, on te considère.
- Speaker #0
Voilà, on me considère. Parce que jusqu'à maintenant, il n'y avait que le bébé à la bouche. Et là, maintenant, c'est un peu moins. Et donc, du coup, on arrive à caler un rendez-vous avec la psychologue de la périnatalité. Et je m'accroche. Il est un mois plus tard, le rendez-vous. Et je m'accroche. C'est une bouée de sauvetage, en fait. Parce que je me dis, ça y est, je vais m'en sortir, quoi. Et puis, ensuite, il y a une grosse étape, c'est-à-dire qu'il faut que Jordan reparte au travail.
- Speaker #1
Au bout de deux mois, c'est ça ?
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
un mois.
- Speaker #0
Il y a eu un mois, donc j'ai accouché le 17 novembre, à peu près. ouais, le 16 novembre ou la semaine juste après, il est reparti au travail. Et là, en fait, le lundi soir, juste la veille où il doit reprendre le travail, là, j'ai fait une énorme crise d'angoisse. J'ai fait une crise d'angoisse. Franchement, je n'arrivais plus à respirer. Je pleurais. J'avais chaud, j'avais froid. Et j'avais le petit dans les bras, surtout. Et en fait, il ne savait pas trop comment réagir. Et il n'a pas eu cette idée de prendre le petit. Et moi, dans ma tête, j'ai dit, mais prends le petit, prends le petit. Il n'a pas eu ce réflexe. Et son seul réflexe a été d'appeler ma mère.
- Speaker #1
D'accord, OK.
- Speaker #0
Donc, ma mère est venue. C'était le soir, donc elle est venue. Et elle m'a dit, écoute... Va te coucher, respire un bon coup, je prends le petit. Jordan lui aussi, il est allé respirer parce qu'en fait, ça faisait un mois que j'étais dans cet état et que beaucoup de choses reposaient sur ses épaules. Et sauf que là, lui, il s'est dit, je vais reprendre le travail, mais comment je vais les retrouver le soir ? Il s'est dit, je ne vais pas tenir. Je ne vais pas tenir et puis surtout, il a eu peur pour moi en fait. Il s'est dit comment elle va gérer la journée. La journée, on a mis en place, les deux premières semaines où Jordan a repris le travail, on a mis en place un système avec ma famille, c'est-à-dire que chaque jour, j'avais quelqu'un avec moi.
- Speaker #1
Ça, c'est parti avec ta mère, cette idée-là ?
- Speaker #0
Entre-temps, j'ai eu rendez-vous avec la psy et c'est la psy qui a émis ça. Parce qu'elle a bien compris que j'avais extrêmement peur de me retrouver toute seule.
- Speaker #1
Besoin de soutien.
- Speaker #0
Oui, j'avais besoin de soutien. Et donc, elle a dit, écoutez, vous voyez avec votre famille, avec vos amis. Et s'il n'y a pas quelqu'un qui peut rester avec vous, ne serait-ce qu'une demi-journée. Et puis, petit à petit, vous raccourcissez. Et donc, les deux premières semaines, j'avais ma mère, j'avais mon père. Enfin, j'avais mes soeurs. Ma tante, ma grand-mère, vraiment toute ma famille, même le côté de Jordan, ils venaient, ils m'aidaient et tout ça. Et en fait, chaque chose que je faisais, ne serait-ce que changer la couche, lui donner à manger, j'avais besoin de l'approbation de quelqu'un. Qu'on me dise, mais oui, c'est bien ce que tu fais.
- Speaker #1
Pour renforcer ta confiance.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. J'étais jamais seule et entre-temps, il y a... La sage-femme aussi qui m'a conseillé d'appeler la PMI de ma ville. Et donc, j'avais la visite aussi d'une puricultrice à domicile. Et pareil, elle me disait, ce que vous faites, c'est très bien. Il mange bien, il dort bien. Il n'y a pas besoin de plus, quoi. À cet âge-là, il avait un mois, un mois et demi. Donc, j'ai réussi, en fait, à regrouper ce village, on va dire, autour de moi. Et donc, ça, ça m'a énormément aidée. Ça m'a aidée. Oui. Franchement, je ne les remercierai jamais assez parce que sans ça, je pense que je me serais jetée du haut d'un bout.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a fait que tu as osé demander de l'aide ? Est-ce que c'est une discussion avec ta mère qui fait qu'elle t'a encouragée ? Est-ce que ça a été vraiment un moment où tu t'es dit « mais là, je vais faire une bêtise, il faut vraiment que je demande de l'aide, c'est ma seule situation » ?
- Speaker #0
Le moment où j'ai vraiment réalisé que je n'allais pas bien, c'est quand... J'avais le petit dans les bras et je ne sais pas, je crois qu'il était en train de pleurer. Et donc, du coup, ça me stressait énormément, les pleurs. Et je regarde par la fenêtre et je vois ma voiture. Et en fait, je me vois le poser délicatement au sol et rouler dessus. En fait, j'avais qu'une envie, c'était me débarrasser de lui. Et là, je me suis dit, oula !
- Speaker #1
Ça annonce ce que tu dis, ça s'appelle les phobies d'impulsion. Pour celles qui nous écoutent, c'est très courant quand on est en dépression postpartum. C'est des idées comme ça exactement qui passent par la tête.
- Speaker #0
Tu peux avoir des idées noires envers le bébé, envers toi-même. Moi, je n'en ai pas eu envers moi, mais c'était à chaque fois, Mathéo, que je voyais que je voulais jeter par la fenêtre ou que je voulais cogner contre la porte quand je passais les pas de porte. Et en fait, la psychologue m'a dit que c'était très courant et que ça, ce n'était pas dangereux.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas dangereux, mais c'est vrai que quand on en a, ça veut quand même dire qu'on est dans un niveau d'épuisement et de dépression sévère. Et quand on a ce genre de pensée, c'est hyper important de consulter une psychologue, un médecin, parce que ça peut mener vraiment à des choses encore plus de souffrance.
- Speaker #0
Oui, Donc exactement, quand il y a ça, c'est qu'on a atteint un truc, c'est quand même déjà bien profond, bien ancré en toi, le mal-être.
- Speaker #1
Ça te faisait peur, ces pensées-là ?
- Speaker #0
Oui, parce que je ne connaissais pas du tout. Je ne connaissais pas du tout et en fait, je me suis dit, mon Dieu, je vais faire du mal à mon bébé. Je me suis dit, ce n'est pas possible. Et en fait, le soir... je réfléchissais à fuir. Je me suis dit, je vais prendre la voiture, je vais lui faire du mal. Il faut que je parte, que je m'en aille, que personne ne sache où je suis, que je vais dormir dans une grotte.
- Speaker #1
Il faut arrêter la souffrance.
- Speaker #0
Voilà, j'ai dit, là, c'est plus possible. Il y a un truc. Et donc, la psychologue, ça, je lui en ai parlé. Et donc, elle m'a expliqué ce que c'était. Elle m'a dit, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas grave du tout. On va travailler dessus. Mais déjà, si vous n'en avez pas eu en meurtre vous-même, c'est déjà très bien. Parce que ça peut amener au suicide de la maman.
- Speaker #1
Exactement. C'est pour ça que ce genre de pensée, je le répète encore, mais quand on a des pensées comme ça, c'est super important de consulter. Et ne pas consulter n'importe qui. C'est vraiment un médecin généraliste. Ou une psychologue, quelqu'un de confiance.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. Et puis en parler, ça fait énormément de bien aussi. Et en fait, du coup, à ce moment-là, nos parents, ils voient qu'on est vraiment dans un épuisement total. On a des cernes jusqu'aux pieds. Et là, ils nous proposent de prendre le petit pendant deux, trois nuits. En fait, ça nous fait un bien fou, quoi. Parce qu'on peut nous reposer. Et là, je me rends compte qu'il me manque. Tu vois, quand je ne l'ai pas avec moi, le petit, il me manque. Il y a cet attachement. Voilà, il y a cet attachement. Et du coup, ça me conforte dans cette idée. OK, il y a quand même ce lien. Il y a le lien qui s'est créé, même si tu ne l'avais pas au début. Ce n'est pas grave, tu l'as eu plus tard. Mais le fait qu'il te manque, c'est déjà une grosse étape de franchie. Et donc, du coup, on a mis, en fait, chaque semaine, depuis qu'il est né, grosso modo, il va une nuit chez Papy et Mamie.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Voilà. comme ça, ça nous fait du bien ça nous permet de nous reposer et puis si on a une soirée ou un truc à faire,
- Speaker #1
on le fait on n'est pas bloqué entre guillemets par le fait d'avoir le petit ça permet de se ressourcer parce que c'est vrai que ça demande énormément d'énergie énormément d'énergie que ça soit au début ou même plus tard On peut tomber facilement dans l'épuisement parental à terme si on n'a aucun moyen de se ressourcer ?
- Speaker #0
C'est ça. S'il n'y a pas de relais, le relais est très important. Même s'il n'y a personne de la famille, il y a des associations.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'à ce moment-là, ma famille travaillait, donc ils ne pouvaient pas tout le temps être disponibles. Et donc... J'ai commencé à chercher des moyens pour ne pas me retrouver seule ou pour avoir ne serait-ce que de la visite de quelqu'un. Parce que la PMI ne répondait plus. La puéricultrice de la PMI, je pense qu'elle est croulée sous le travail. Elle ne venait plus.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Au cas où ma sage-femme m'avait dit, vous pouvez m'appeler. Mais elle ne faisait plus les visites à domicile. Parce que c'était fini. Et ma famille travaillait, mes amis travaillaient. Donc du coup, j'ai commencé à chercher. Je suis d'abord tombée sur l'association Maman Blues. Donc ça, c'est vraiment une association qui est basée sur la dépression postpartum. Mais c'est par téléphone parce que dans ma région, il n'y avait pas de personnes physiques.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
je les ai pas appelés et j'ai continué de chercher et en fait sur Facebook je suis tombée sur l'association Super Maman France ils ont aussi un compte Instagram et en fait ils ont un système où ils ont des mamans habichonnées, ça c'est les mamans en postpartum et les mamans cadeaux et donc ce sont les mamans qui viennent au domicile, qui apporte un petit repas, qui viennent proposer son aide, ne serait-ce que le temps d'une douche, de garder le petit. Alors, ce n'est pas du babysitting, mais c'est même un temps de parole. Ça permet au moment d'échanger entre elles, des petits conseils, de parler de ce qui ne va pas. de pourquoi on a fait appel à l'association. Et en fait, ça fait un bien fou.
- Speaker #1
Oui, de se sentir soutenue entre femmes, la sororité, recréer le village.
- Speaker #0
Oui, et de ne pas être seule, en fait. On se rend compte qu'on n'est pas seule, qu'on ne vit pas la maternité toute de la même façon.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et qu'il y en a qui peuvent très bien vivre, mais il y en a beaucoup qui ne le vivent pas très bien. Et qui sont seules, qui ne parlent à personne. Pas personne.
- Speaker #1
Qui ont honte d'en parler, honte d'être jugées, d'être considérées mauvaise mère, voire même qu'on leur enlève leur enfant si elles osent aller en parler.
- Speaker #0
Les associations sont là pour aider. Il faut en parler. Ils n'enlèveront pas l'enfant si la maman n'est pas bien. Ils n'enlèveront pas l'enfant.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est une peur qu'on a souvent parce qu'on sent... Déjà vulnérable dans cette période, on a l'impression de perdre pied par rapport à avant cet accouchement et avant cette vie de maman. Et en plus, on peut vite se dire, mais si je vais en parler, on va dire que je ne suis pas à la hauteur, que je peux être dangereuse pour mon bébé. En plus, si on ose parler des phobies d'impulsion, on peut complètement avoir peur quand on est en dépression postpartum. Donc, je pense que c'est super important d'expliquer et de témoigner à ces mamans-là que toi, quand tu as ressenti que tu avais besoin d'aide, Tu as eu le courage pour toi, pour ton bébé, d'aller solliciter cette aide. Oui. C'est ça, quelque part, qui t'a permis de sortir de ce trou. Parce que la dépression, il y a beaucoup de personnes qui la décrivent comme un trou. Et souvent, on a besoin d'aide, de main tendue pour sortir de ce trou.
- Speaker #0
C'est ça, c'est un gouffre sans fin. La lumière au bout du tunnel, c'est l'autre.
- Speaker #1
Exactement, l'autre, le soutien, qu'on nous tend d'une main, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. C'est ça. Et alors, ce n'est pas forcément la famille ou les amis qui vont tendre la main. Il ne faut pas hésiter à en parler à la sage-femme aussi. Moi, c'est ce qui m'a aidée, je leur en ai parlé, et du coup, c'est elle qui a mis en place le rendez-vous avec la psychologue de la périnatalité. J'avais aussi des groupes de parole avec d'autres mamans, alors pas forcément en dépression postpartum, mais qui avaient aussi des problèmes avec leur début de maternité. Et il y a la PMI qui venait. Et c'est ma membre de l'association.
- Speaker #1
Ça a été une force, je trouve, d'avoir sollicité de l'aide, parce que dans la dépression, évidemment, on a beaucoup de tristesse, on perd beaucoup d'énergie, on peut même tomber dans une sorte de... On n'a plus du tout d'énergie, en fait, donc on n'arrive même plus à se mettre dans l'élan de faire quelque chose, et ça devient vraiment un cercle vicieux, parce que plus on est triste, plus on se sent seul, moins on demande d'aide, plus on se sent nul. Et plus on s'enferme là-dedans, en fait. Donc, je trouve que c'est hyper courageux, fort et responsable de casser ce cycle en allant demander de l'aide.
- Speaker #0
Oui. Là, c'est une grande force que je me suis trouvée. Je ne savais pas que j'avais cette force-là. Parce que je suis de nature très indépendante. J'ai toujours fait tout toute seule. Et là, je ne me reconnaissais tellement pas. que j'ai dit, je ne peux pas en sortir toute seule. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Et c'est ce qui t'a, je pense, beaucoup aidée.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a eu une suite à cette sortie de dépression ? Comment ça s'est passé ? Combien de temps ça a duré ?
- Speaker #0
Alors, ça a bien duré jusqu'à ce que le petit ait trois mois. Là, ça va faire un mois, un mois et demi que je ne pleure plus. Je ne pleure plus la journée, je ne pleure plus. plus la nuit. J'ai de l'énergie. Bon, après, il n'y a pas photo, le petit fait ses nuits. Oui, alors ça, ça aide aussi. Voilà, ça aide aussi énormément. Mais ne serait-ce que le fait de pouvoir avoir, de se dire « Ok, si aujourd'hui, je ne me sens pas de le garder, je ne vais pas bien, j'appelle ma mère, mon père, mes beaux-parents. » Et il y a bien quelqu'un qui va m'aider et au moins le garder la demi-journée.
- Speaker #1
Oui, j'ai du relais.
- Speaker #0
J'ai du relais. Et en fait, ça, ça a débloqué un truc en moi après les fêtes de Noël.
- Speaker #1
Donc oui, tu as pu récupérer en créant comme ça ton village toi-même.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Dans ce courage-là d'oser demander de l'aide.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que toi, tu aurais envie de dire aux mamans qui sont dans cette situation ? Ça se passe dans un épuisement parental ou alors une dépression postpartum.
- Speaker #0
Dans un premier temps, vous n'êtes pas seul. Il y a énormément de mamans qui sont dans le même cas que vous, qui sont épuisées, qui ne mangent pas, qui ne se lavent pas, qui ne vont pas aux toilettes parce que le petit demande beaucoup d'attention, qui ne peuvent rien faire. Mais en fait, il faut se forcer à sortir. Sortir, ça fait du bien. Il ne nous reste qu'une balade de 20 minutes. en poussette, en porte-bébé ou en voiture. Juste la voiture, moi aussi, le nombre de siestes que le petit a fait dans la voiture parce que j'avais juste besoin de sortir de ces quatre murs, de ne plus voir ma maison et d'aller se promener. L'air frais, ça fait un bien fou. Ça nettoie le cerveau, je trouve, ça fait un bien fou. Et puis d'en parler. D'en parler autour de soi. de demander de l'aide. C'est très important. Que ce soit la famille, les amis, le travail aussi. Moi, le travail, je leur en ai parlé à certaines de mes collègues et j'ai eu certaines de mes collègues qui prenaient très souvent des nouvelles et qui m'appelaient et qui me disaient « est-ce que ça va ? » . Elles m'ont même proposé des restaurants. Je laissais le petit à papier et j'allais au restaurant avec mes collègues.
- Speaker #1
et ça fait du bien de retrouver ce lien social que tu perds cette autre facette de soi finalement de rêver de soi en dehors de ses casquettes et de c'est peut-être dur au début mais de trouver du temps pour soi de
- Speaker #0
s'autoriser de s'autoriser à prendre du temps pour soi il faut peut-être demander au papa pendant une heure, tu le gardes moi je vais souffler, je vais dehors je vais me faire masser, je vais dormir, je vais prendre ma douche, me faire un soin. Il y a plein de moyens de se changer les idées, mais en fait, il faut faire quelque chose. où on ne pense pas au petit.
- Speaker #1
Oui, on ne pense pas à cette casquette où on se retrouve soi en tant que personne centrale, qui a des casquettes, professionnelle, maman, soeur, copine, mais où on se retrouve soi-même dans son noyau en fait.
- Speaker #0
Exactement, il faut prendre du temps pour soi tout seul à réfléchir, à ne pas penser forcément au petit. Ouais, c'est une des priorités.
- Speaker #1
Donc toi, tu dirais sortir, changer d'environnement, surtout quand on voit que tout commence à nous taper sur le système et qu'on ne comprend plus rien. En fait,
- Speaker #0
à partir du moment où tu ne peux plus voir ta maison, que tu en as marre d'être chez toi, là, il faut sortir.
- Speaker #1
Voilà, donc là, on ne se force pas, on ne se fait pas violence, on sort. On réfléchit pas forcément, on sort.
- Speaker #0
Ouais, tu prends ta poussette. tu prends un petit clic, tu éclates et tu sors, tu vas prendre l'air, ça fait un bien fou, tu reviens demi-heure, une heure après et en fait, la maison, elle a changé. La maison, l'air, il s'est renouvelé, toi, tu t'es calmée et puis voilà.
- Speaker #1
Ça, c'est vraiment le truc en SOS, quand on n'en peut plus, on sort, on ne réfléchit pas forcément, on sort, on change d'environnement et ensuite, demander de l'aide.
- Speaker #0
Oui, donc tu ne peux pas avoir de relais, sortir, ça fait du bien. Mais si tu peux avoir du relais, franchement, il faut demander.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on pense souvent à la famille, alors qu'il y a beaucoup de personnes aujourd'hui qui n'ont plus forcément de famille à proximité. Mais c'est vrai qu'il y a aussi des associations, comme tu le disais. Voilà. C'est ça ?
- Speaker #0
C'est Super Maman. Il y a l'association Maman Blues aussi, donc à voir s'il y a une antenne près de chez vous ou pas. Après, il y en a plein d'associations. Je ne les ai pas toutes en tête. Le fait aussi, j'ai regardé beaucoup les émissions des maternelles sur ce sujet et ils peuvent donner des petites astuces. Et c'est là d'ailleurs qu'ils disaient de beaucoup sortir, de faire des choses avec le bébé, mais pour soi. Par exemple, une petite promenade, les magasins, ce que tu faisais avant, mais avec le bébé. C'est possible. Ça demande des statistiques, la poussette. les affaires de change, le sac à langer, tout ça, ça fait des choses artistiques. Mais il faut le faire.
- Speaker #1
On ne sort pas les mains dans les poches, c'est sûr. Mais ensuite, c'est ce que tu disais, c'est s'autoriser, se donner la permission d'avoir des moments pour soi. Ça, c'est vrai qu'en tant que maman, moi, j'en parle beaucoup dans mes épisodes, et moi, la première, surtout avant d'avoir travaillé sur moi-même, On a cette sorte de devoir, Je ne peux pas me séparer. Puis en plus, comme l'enfant pleure, on a encore moins envie de se séparer. Finalement, on a des devoirs. Ça dépend comment on le voit, mais on a aussi des droits. On a le droit de se ressourcer. On a le droit de se retrouver en tant que personne. Sinon, ça génère beaucoup de tristesse. On ne peut pas se sacrifier.
- Speaker #0
C'est exactement ce que me disait la puricultrice de la PMI. Elle m'a dit, vous avez le droit d'être vous. Donc, vous avez le droit. de demander de l'aide. Vous avez le droit de vouloir vous reposer, de ne pas vouloir prendre le petit tout le temps avec vous. Vous avez le droit fondamental, le repos. C'est ça. Et en fait, ça, c'est trop oublié dans la société actuelle. On perd ce côté de village qui est hyper important. Et du coup, en fait, on perd totalement le relais que tu peux avoir. par le biais de la famille, des amis et même d'autres personnes que tu ne connais pas forcément mais ça, ça se perd énormément et je trouve que vu qu'on commence à parler quand même un petit peu plus de la dépression postpartum du burn-out parental aussi et de plein de petites maladies comme ça liées à la maternité et le village il commence à revenir un petit peu. Oui,
- Speaker #1
à revenir. On l'utilise autrement. Parce qu'on a l'impression, en fait, moi, ça me fait penser, tu sais, à l'univers professionnel. On doit faire plus avec moins. Dans la maternité, c'est pareil, on doit faire plus. Enfin, moi, de ce que j'observe, on a beaucoup d'injonctions et de conseils bienveillants, etc.