- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Déraciné. Alors aujourd'hui dans mon salon à Brooklyn, j'ai la chance d'accueillir Caroline qui m'a fait l'honneur de revenir aujourd'hui parce qu'elle fait partie des quatre premiers épisodes que j'ai malencontreusement perdu. Donc merci à toi Caroline d'être revenue aujourd'hui et bienvenue à Brooklyn. Merci. Alors on va trinquer, tu es marocain. Cheers ! T'as vu, moi je l'ai fait à la française, j'ai dit chin, toi t'as dit cheers.
- Speaker #1
Moi à l'américaine, moi.
- Speaker #0
Donc Caroline, ça fait 14 ans qu'elle est à New York. Mais avant ça, t'étais déjà venue pour tes études. Tu peux me raconter dans quel contexte t'es arrivée ici ?
- Speaker #1
Bien sûr. Donc j'ai fait une école de commerce en 5 ans, l'ESCA, après post-bac. Et en 4ème année, tu dois partir à l'étranger. Dans un partenariat en fait d'échange intra-universitaire. J'ai parti à Saint-Louis dans le Missouri. Pas aussi fin que New York, mais voilà. Donc, en fait, j'ai débarqué en août 2009 pour un semestre. Et c'était plutôt simple. Enfin, voilà, tu postules avec ton école. Mon niveau d'anglais n'était pas génial à l'époque. J'avais raté mon TOEFL. Donc, je n'avais pas les meilleures universités en partenariat avec mon école. Donc, je me suis... Alors que justement,
- Speaker #0
justement, là... de ton bruit. Je me rembrouille. Non, parce que justement, ton niveau d'anglais aujourd'hui, il est assez exceptionnel, je trouve.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai, comme quoi ? Comme quoi ? Tu vois, il y a plein de gens en France qui disent je ne parle pas bien l'anglais, je vais être en galère, comment je fais ? Toi, tu es partie, tu ne parlais pas super bien l'anglais, tu as appris sur le tas.
- Speaker #1
J'ai appris sur le tas. C'est vraiment, de toute façon, moi je recommande à tout le monde que tu parles à l'étranger et tu apprends sur le tas. Tu écoutes. En fait, c'est beaucoup d'écoute et c'est comme un singe. Tu essaies de répéter. Je me rappelle, moi, j'entendais des phrases, j'entendais des jokes, des blagues. Et en fait, tu essaies de les chercher en ligne pour comprendre la blague, pour la répéter. Et en fait, l'un après l'autre, je pense que j'ai été bilingue au bout de deux ans.
- Speaker #0
Est-ce que ça a été difficile justement pour toi parce que tu es arrivée, tu ne parlais pas bien l'anglais, mais tu allais à des cours, des amphis, j'imagine, comment tu faisais pour suivre ?
- Speaker #1
Oui, en fait, c'est très sur les bouquins. Donc en fait, à partir du moment où tu arrivais à bosser tes cours, On avance parce que t'as en fait que 10 heures de cours par semaine, donc rien à voir avec le système français. Parce qu'au moment où tu lisais tes bouquins, tes cours, c'est beaucoup de QCM en fait, leurs examens. T'arrivais à gérer les examens, ouais.
- Speaker #0
T'étudiais quoi ?
- Speaker #1
Alors en fait, moi je m'étais spécialisée en RH, donc en ressources humaines. Chose pour laquelle je n'ai quasiment jamais bossé. Donc, j'ai un master en RH qui m'a permis d'avoir mon premier boulot après à New York quand même. Donc, avoir un diplôme m'a aidée. Ça m'a donné vraiment « food and a door » comme on dit ici aux Etats-Unis. Donc, vraiment un coup de pouce pour commencer ma carrière. Mais après, vraiment, je n'ai jamais travaillé en RH.
- Speaker #0
Tu restes six mois, tu étudies. Et finalement, au bout des six mois, tu décides de ne pas rentrer. Pourquoi ?
- Speaker #1
En fait, pendant mes cours, j'ai rencontré quelqu'un, un Américain. Et donc, en fait, je suis restée six mois de plus. Et j'ai trouvé un stage sur place. Et j'ai pris la seule entreprise qui m'a acceptée et j'ai bossé en tant qu'assistante RH dans un hôtel. Et donc, j'étais avec mon compagnon de l'époque.
- Speaker #0
Ok, donc tu es venue pour étudier et finalement, tu es restée ?
- Speaker #1
Je suis restée. Enfin, je suis repartie quand même en France pour finir mes études. La personne que j'avais rencontrée, on est restées en fait cinq ans ensemble. Donc, on faisait de la longue distance pendant deux ans. Et après, on a décidé en fait... En fait, il est venu une question, un moment, on s'est dit, OK, soit on reste ensemble. Et dans ce cas-là, il faut faire quelque chose. Soit on se sépare. Et on a décidé de rester ensemble. Et donc, on a fait le visa fiancé. Donc, on s'est mariés. Et c'est comme ça que je suis venue aux États-Unis en 2012, janvier 2012.
- Speaker #0
Vous restez cinq ans ensemble. Finalement, vos chemins se séparent. Et à ce moment-là, tu es toujours là-bas à Saint-Louis.
- Speaker #1
Alors, je... Non, on est arrivés à New York. À partir du moment où j'ai immigré ici en 2012, une fois que j'ai eu les papiers, on est rapidement partis à New York. Et deux ans après, on s'est séparés. Mais j'étais à New York et j'avais recommencé ma vie à zéro, une vie professionnelle. J'avais des amis, j'étais bien dans ma vie ici à New York. Et donc, j'ai décidé de rester.
- Speaker #0
Justement, là, tu te sépares de lui. Tu arrives dans une nouvelle ville où tu ne connais personne. Est-ce que ça a été difficile pour toi de te faire des amis ?
- Speaker #1
Pas vraiment, parce que beaucoup de mes amis se sont faits à travers le travail. J'ai travaillé dans une boîte française, au début au Novotel, puis après au Sofitel, des entreprises françaises. J'ai encore des amitiés de cette époque. Après, tu rencontres des personnes. Nous, on s'est rencontrés à travers une copine qui bossait aussi au Novotel.
- Speaker #0
comme quoi tu vois et après l'un dans l'autre on rencontre d'autres personnes je me souviens on avait été dîner dans un restaurant libanais Ilili d'ailleurs qui est super bon c'est à New York n'hésitez pas il est sur la 5ème avenue et je me souviens que cette copine qu'on a toujours en commun m'avait dit bon on en rigole aujourd'hui mais elle m'avait dit je ne sais pas trop si Caro et toi ça va le faire si vous allez accrocher comme quoi bon mais pourquoi j'aime bien tout le monde Vous avez un peu votre caractère chacune. Et finalement, on était assises l'une à côté de l'autre. On n'a fait que parler toute la soirée. C'est vrai. Et je me suis dit, elle est vraiment trop sympa cette nana. Et je pense même que c'est la personne que j'ai le plus kiffée à cette soirée. C'est vrai. Avec laquelle j'avais le plus parlé notamment.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu vois, comme quoi, depuis, on ne s'est pas lâchées.
- Speaker #1
Oui. Et depuis, après,
- Speaker #0
on a fait...
- Speaker #1
The rest is history. Oui.
- Speaker #0
On continue. Tu commences à travailler au Novotel, au Sofitel. Voilà. Dans des boîtes, dans des hôtels français. Qu'est-ce que tu fais là-bas ?
- Speaker #1
Alors, je travaille en hôtellerie et vraiment dans tout ce qui est relations clientèles.
- Speaker #0
Tu te sens épanouie dans ce que tu fais ?
- Speaker #1
Voilà, exactement. J'adore. En fait, c'est un métier passion. Après, j'ai voulu monter en grade rapidement. J'ai voulu travailler dans l'hôtellerie de luxe, c'est ce qui m'intéressait. Donc après, Novotel, Sofitel, j'ai fait deux ans. Après, je suis arrivée au Peninsula. Et vraiment, de nouveau, métier passion, mais vraiment un métier qui… te prend ta vie. Enfin, t'es en école 24h sur 24. Tu fais des semaines de 60-70 heures. Mais bon, voilà. Hyper intéressant. Tu rencontres énormément de gens importants. Donc moi, j'étais directrice de relations clientèles. Donc vraiment, tu travailles avec le gratin de New York, mais aussi des Etats-Unis et du monde entier, que ce soit au niveau politique ou businessman ou célébrité. Donc voilà. Et... Voilà, un métier prenant, mais passionnant.
- Speaker #0
On a un groupe où Caroline, parfois, nous dit « Oh, il y a telle personne qui est là, telle personne qui est là. » Donc, c'est vrai qu'il y a plein de stars qui passent au péninsula, plein de gens très importants, comme tu disais, du monde politique. Novotel, Sofitel, tu passes au péninsula. Donc, c'est vraiment l'hôtellerie de luxe, de la 5e avenue. C'est très renommé. Tu t'occupes des clients VIP. Et tu fais quand même des horaires. Je te vois dans notre groupe WhatsApp. Tu nous dis, je commence à 6 heures. Des horaires où c'est assez... Ah, c'est une bosseuse. Franchement, Caroline, c'est vraiment une bosseuse. Mais c'est vrai que les horaires sont très difficiles. Tu peux encore les faire parce que je pense que tu es seule à ce moment-là.
- Speaker #1
À ce moment-là, oui.
- Speaker #0
Tu es seule. Oui, je bosse. Tu es enfant, donc c'est faisable. Donc, tu te dis, je me mets à fond maintenant. C'est ça que tu te dis ?
- Speaker #1
En fait, je n'ai pas vraiment réfléchi. Ça s'est fait naturellement. Et en fait, tu sais, sans me jeter des fleurs, mais plus tu es bon, plus tu en fais, en fait. Plus on te demande et plus on te fait confiance. Et il n'y a plus que toi à qui on fait confiance. Et en fait, tu en prends encore plus sur tes épaules. Donc oui, j'étais au boulot à 7h. Je finissais 18h, 19h. Donc c'était minimum. Non, en moyenne, c'est des horaires de 12 heures par semaine. Non, de...
- Speaker #0
12 heures, ça va, c'est la vérité. Non,
- Speaker #1
10-12 heures par jour. 10-12 heures par jour. Mais bon, après, voilà, t'as pas le week-end. Puis tes horaires, ça change régulièrement. T'as pas les jours fériés. Tu travailles pendant les vacances. Tu travailles pendant les fêtes. Et en fait, t'es off après quand personne n'est off. Donc, voilà. Mais ça se fait, en fait, naturellement. Et voilà, moi, je vivais pour mon boulot. J'adorais, en fait, vraiment. C'est une industrie de service. Donc, il faut avoir une personnalité. Il faut aimer, en fait, rendre service aux gens. Moi, j'avais l'habitude de dire, rendre les gens heureux me rendait heureuse, en fait. Et voilà, ça faisait partie du métier, en fait. Et puis, tu es tout le temps sur ton téléphone parce que les gens ne servent pas quand tu es off. Parce que quand tu es off, mardi, mercredi, les gens, ils ne pensent pas que tu es off. Donc, ils t'appellent, ils t'envoient des e-mails pour booker leur chambre, pour... leur préparer une surprise ou pour faire... enfin, voilà, prendre un resto en plein milieu de la semaine, tu vois. Donc voilà, hyper prenant, en effet, que tu peux faire quand tu es vraiment célibataire ou que tu as un partenaire à la maison, tu vois. qui te prend beaucoup de temps et donc difficile d'avoir une vie familiale ou une vie sociale même. Après, j'arrivais à sortir le soir ou les week-ends, mais beaucoup de mes week-ends étaient passés juste à me reposer parce qu'en fait, tu donnes tellement pendant ces jours, ces longues journées qu'après, tu n'as plus d'énergie.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens un peu, je ne sais pas si tu peux donner des noms de personnes qui sont venues, mais peut-être des demandes un peu farfelues que tu as pu avoir quand tu étais au péninsula, ou des choses qui t'ont marqué, parce que j'imagine que tu as dû avoir ce genre de demandes ?
- Speaker #1
Alors oui, oui et non, je dirais, parce qu'en même temps, pour moi, tu sais, les demandes un peu farfelues sont devenues ma norme, en fait. Donc pour moi, quand on te demande des choses difficiles, c'est la base, tu vois. Ça va être des gens qui vont te demander de décorer leur chambre complètement pour Noël. Donc, tu achètes des sapins, tu décores la chambre. Ça va être Maria Carey qui va te demander de changer toutes les lunettes des toilettes, qui va te demander des bougies parfumées d'une senteur particulière. Il faut courir tout New York pour y aller. Ça peut être les présidents qui ont des demandes XXL, que ce soit au niveau alimentaire. que ce soit niveau nettoyage ou sécurité. Mais tout ça fait partie de la norme parce que les gens qui ont beaucoup d'argent, les gens qui peuvent se permettre de rester dans des suites à 10 000, 20 000 dollars la nuit, ont des standards de vie vraiment différents du tien. Et moi, je me rappelle, j'avais mon boss qui me disait « Mais Caroline, il faut réaliser que tu travailles dans la ville et tu... habites en fait en reality ville, tu vois. Donc en fait, tu as vraiment un disconnect, une déconnexion entre ta vie personnelle et ta vie professionnelle.
- Speaker #0
Tout va bien pour toi, le Covid passe par là, ils mettent pas mal de gens sur le carreau, mais toi, ils décident de te garder. À ce moment-là, tu as ton petit projet immobilier, tu rénoves, tu mets tes petites moulures. L'appartement de Caro, c'est un appartement haussmanien. Elle a mis ses petites moulures, sa petite cheminée. Mais toi, tu as tout fait toute seule pendant le Covid. Donc voilà, tu as mis à profit ce temps. Et après, tu retournes bosser un peu pour le péninsule. Mais tu vas te faire débaucher par le Met Museum. Alors, c'est pour faire quoi ? Comment ça s'est passé ? Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors vraiment, par hasard, j'ai un recruteur qui m'a contactée à travers LinkedIn. et en fait pour un poste au Met, donc le Met Museum, qui est l'équivalent du Louvre, on va dire, à Paris. Donc vraiment, moi, jamais j'aurais postulé pour une institution culturelle, parce que ça ne m'intéressait pas forcément plus que ça. Et aussi, jamais je... Moi, je pensais que ma vie était vraiment dans l'hôtellerie. Je savais exactement quel poste j'allais faire. Je voulais éventuellement partir en Asie. Et au final, en fait, j'ai été débauchée. Et pour, en fait... manager tout ce qui était fournisseur. Donc en fait vraiment un nouveau métier mais des qualités assez similaires au final. Voilà que tu peux en fait transférer. C'était vraiment en fait juste soft skills qu'on disait, des connaissances, même pas des connaissances techniques mais vraiment une personnalité en fait que tu peux après transférer au maître. Et donc là, maintenant, je me focalise plus sur la restauration. Donc, je manage les restaurants du Met et avec un projet d'ouvrir un nouveau restaurant au Met dans deux ans. Donc voilà, depuis deux ans déjà, on y travaille. Et donc voilà, c'est ce que je fais. J'adore au final, l'institution culturelle, c'est au final génial. Ce que tu vois, les nouvelles exhibitions, tu vois. Et c'est juste vraiment incroyable. C'est vraiment un autre environnement. Et surtout, en fait, maintenant, j'ai réussi à avoir des horaires stables. J'ai tous mes week-ends, j'ai toutes mes vacances. Et je suis hyper épanouie. Et en fait, j'ai découvert que les gens avaient une vie en dehors du travail.
- Speaker #0
Deux week-ends, notamment.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Avec des horaires normaux.
- Speaker #1
Voilà, des horaires normaux. Et en fait, aussi, avec un mix de travail à la maison et travail en présentiel. Et en fait, c'est juste la balance parfaite pour... pour pouvoir, moi, m'épanouir de façon personnelle aussi.
- Speaker #0
Ok. On en parlera justement dans l'épisode de la semaine prochaine, dans l'épisode Escala New York. Tu nous parleras un petit peu du Met Museum, parce que c'est vraiment un musée que beaucoup de gens font, beaucoup de Français font quand ils viennent visiter New York. Donc, au cas où vous passez par là et que vous croisez Caroline, faites-lui un petit coucou. T'épanouis dans ta vie. un nouveau boulot, tu fais aussi un gap de salaire, ce qui est assez cool.
- Speaker #1
Voilà. En fait, c'est ce qui m'a vraiment motivée de partir parce que je ne recherchais pas forcément un nouveau poste. Mais en fait, ils m'ont fait une proposition salariale que je ne pouvais pas refuser.
- Speaker #0
Avec des bons horaires.
- Speaker #1
Avec des bons horaires, avec... C'était travailler moins pour gagner plus. Donc, que demande le peuple ?
- Speaker #0
Et toi, à ce moment-là, ça fait un petit moment que tu es avec quelqu'un.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et... Et je pense aussi que ça a beaucoup joué sur le fait que tu aies peut-être aussi accepté ce travail-là. C'est que tu as envie d'avoir un bébé, donc tu as un projet bébé qui se dessine à l'horizon. Tu te dis que finalement, en étant en péninsule, ça va peut-être être difficile de le mener à bien et que là-bas, les horaires vont un peu mieux, tu peux quand même travailler un peu de chez toi. Donc voilà, c'est plus propice à une vie de maman. Donc tu es avec quelqu'un qui avait à la base le même projet bébé que toi sur le papier en tout cas. Et avec le temps ?
- Speaker #1
Eh bien, avec le temps, pas du tout en fait. alors c'était une relation qui était compliquée quand même comme tu peux le savoir c'était une relation qui était longue distance et voilà moi j'approchais la moitié de la trentaine on va dire et voilà j'avais j'étais épanouie dans ma vie professionnelle et je voulais avancer dans ma vie et en fait cette personne avec qui j'étais depuis plusieurs années m'a fait croire que oui, il souhaitait aussi construire une famille. En fait, pas du tout. Et en fait, moi, j'avais déjà 34-35 ans. Et en fait, moi, j'étais prête à avoir un bébé maintenant. Et je voulais pas, j'avais peur en fait de mon horloge biologique. Et je voulais juste plus attendre en fait. Je me suis rendue compte qu'au final, c'était pas la bonne personne puisqu'il ne souhaitait pas avoir d'enfant. Mais il souhaitait rester avec moi. Et en fait, j'avais l'impression d'être prise un peu en étau. Et donc, j'ai décidé de couper les ponts avec cette personne.
- Speaker #0
Donc, tu te rends compte à quel moment ? Parce que c'est vrai que parfois, tu as des mecs comme ça qui vont te dire « Oui, je le ferai, je le ferai » parce qu'ils ne veulent pas se séparer, ils veulent rester, mais en même temps, ils ne sont pas très emballés par le projet bébé. À quel moment, donc cette personne habitait dans un autre pays, à quel moment, toi, tu te rends vraiment compte en fait que non, ça ne va pas le faire et que vraiment, il ne le veut pas et qu'il va falloir que tu jumpes, que tu ailles toute seule dans ton projet ?
- Speaker #1
C'est exactement ce que tu viens de dire. En fait, parce qu'on avait une relation à longue distance, en fait, c'était un peu particulier. Et donc, ça veut dire que pour faire un enfant, il faut être dans le même pays, au bon moment, en même temps. Et voilà, lui, il avait une vie aussi extrêmement chargée. Et ni l'un ni l'autre ne pouvaient, en fait, lâcher tout au moment de l'ovulation, tu vois. Et donc, en fait, vraiment, il y avait des discussions pour, bon, bah, écoute, on va faire, en fait, une fibre. C'est-à-dire que, bah, toi, tu vas venir, tu vas faire les examens médicaux. Tu vas donner ton sperme, entre guillemets. Et au moment opportun pour moi, le bon moment du mois, c'est comme ça que ça va se passer. Voilà, entre guillemets. Et en fait, deux, trois fois oui, oui, oui, jusqu'au jour J, où il est là et en fait, il annule tout au dernier moment. Et après, toujours une bonne excuse.
- Speaker #0
Après, ce qu'on peut dire aussi, c'est que lui avait déjà des enfants d'une petite dame. Il avait déjà, exactement. Ils s'étaient séparés. Donc, tu penses que, oui, il pensait qu'il était prêt à en avoir d'autres, mais que finalement, c'était peut-être trop difficile pour lui. Ou peu importe, en fait. Probablement. Peu importe la raison, les faits sont là. Il ne venait pas au rendez-vous alors qu'il disait qu'il devait venir.
- Speaker #1
Je n'ai jamais eu vraiment de raison, de vraie excuse. C'était vraiment des excuses, mais banales, un bateau. Et donc, en fait, voilà, ça fait deux, trois fois. Et en fait, à un moment, j'ai dit stop parce qu'en fait, moi, ça me faisait... Ça me faisait du mal, en fait, parce que ça entretenait un espoir qui était à chaque fois cassé. Et pour moi, surtout, ça retardait le moment de l'échéance. Et donc, en fait, comme j'étais déjà dans ce parcours FIV, j'ai donc décidé de continuer toute seule. Mais bon, c'est un parcours qui est différent quand tu décides de faire un enfant toute seule et quand tu fais la PMA, donc procréation médicalement assistée. Et donc là, en fait, tu te dis, écoute, comme je n'ai plus mon partenaire, il faut quand même la partie du monsieur, du donneur. Donc en fait, voilà, je suis partie avec un donneur. Donc c'est les banques de sperme. Et donc tu vas en ligne et c'est un peu comme des applications pour rencontrer un homme. En fait, là, c'est pour choisir le donneur biologique de ton futur enfant. Au lieu d'avoir des photos d'adultes, c'est des photos d'enfants.
- Speaker #0
Je me souviens, ça m'avait surpris quand tu m'avais dit ça, que tu choisissais en fonction de son physique, mais pas de son physique actuel, de son physique de lui quand il était enfant. Donc, du coup, tu choisis, j'imagine, un joli petit minois, une jolie petite photo pour devenir le papa. C'est quoi tes autres critères à ce moment-là ?
- Speaker #1
En fait, tu peux choisir plein de critères. Vraiment, tu peux avoir une longue liste de critères. Moi, je n'en ai choisi que deux. Je voulais que ce soit un donneur qui soit ouvert, que c'est anonyme jusqu'aux 18 ans de l'enfant. C'est-à-dire que mon enfant, si à ses 18 ans, sa majorité, souhaite connaître qui est son donneur, souhaite rencontrer cette personne, cet homme, lui parler, lui écrire, le donneur a accepté d'avoir cette... cette il était ouvert à cette rencontre. Moi, c'était important parce que j'avais fait mes recherches et la moitié des enfants qui étaient conçus avec un donneur s'en fichaient royalement de qui leur géniteur était. Mais l'autre moitié, elle s'est toujours demandé, malgré l'amour de leur mère, d'où ils venaient. Et en fait, je souhaite laisser le choix à mon enfant si elle souhaite savoir d'où elle vient, avoir cette connexion.
- Speaker #0
D'où il venait et aussi, je pense que c'est important parce que je regarde aussi beaucoup de podcasts là-dessus sur des gens qui ont été adoptés ou des gens qui ont été conçus en PMA, à qui ils ressemblent en fait. Oui, exactement. Pour le coup, spoiler alert, aujourd'hui Caroline a une petite fille qui lui ressemble d'ailleurs énormément. Donc tu vois ce que je veux dire, mais elle aurait très bien pu ne pas te ressembler et je comprends ces gens quand ils disent, mais en fait j'ai juste envie de voir à qui je ressemble. Et souvent, quand les gens ont été adoptés ou ce genre de choses, quand ils retrouvent leur famille, ça leur fait un bien fou de voir une famille qui leur ressemble. Donc oui, je suis d'accord avec toi. Je pense que c'est important de savoir d'où tu viens au final.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tu peux avoir l'option si un jour elle le souhaite. Exactement.
- Speaker #1
Tu ne le crois pas. Oui, non, absolument. Et ça sera vraiment à sa guise, en fait. Et tu as touché vraiment sur la deuxième option. Enfin, pas la deuxième option, mais le deuxième critère. Et c'était vraiment, en fait, moi, j'ai choisi l'ethnicité du donneur. Parce qu'en fait, même si, comme tu sais, je me suis attirée plus par les hommes.
- Speaker #0
Mat de peau, Caroline, elle aime bien les gens assez typés. Mais justement, c'était une question que je t'avais posée. Je t'ai dit, est-ce que tu as pris un mec à être typé, un prince, un mat de peau ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Parce qu'en fait, je me suis dit, déjà, tu vas être maman solo d'un enfant. Et en fait, j'avais en fait... envie que cet enfant me ressemble et donc j'ai choisi un donneur blanc. Pour qu'on ne me pose pas de questions, on va déjà lui poser beaucoup trop de questions sur son père qu'elle n'aura pas. Je me suis dit, je n'ai pas envie qu'on lui pose des questions sur si c'est vraiment ta maman parce qu'on ne se ressemble pas. Je pense que pour toi,
- Speaker #0
ce n'était même pas qu'elle te ressemble forcément, c'était surtout qu'elle ne soit pas trop différente de toi. C'est ça, oui. Parce que là, pour le coup, les gens posent des questions, mais à ce moment-là, on en pose encore plus. Est-ce qu'elle est adoptée ?
- Speaker #1
Voilà. En gros, si mon partenaire était typé et que ma fille était un mix de doudos, ça ne me dérangerait pas. Mais c'est juste que comme j'étais toute seule, je ne voulais juste pas qu'elle se pose cette question.
- Speaker #0
Parce que tu sais que la vie, parfois, elle ne peut pas toujours être facile. Quand déjà, il te manque un parent, c'est un donneur, tu n'as pas de représentation, je veux dire comme dans toutes les familles classiques, un papa, une maman. Mais évidemment, le mieux pour toi, c'est d'éviter toutes les questions qui peuvent faire en sorte que peut-être elle, elle va s'en poser encore plus ou peut-être se sentir mal un jour. Donc, tu comprends le chiffre. Voilà.
- Speaker #1
Mais tu vois, il y avait d'autres critères qui étaient la religion. Donc, moi, ça paraît tout à fait un critère parce que pour moi, la religion, c'est acquis et non pas inné.
- Speaker #0
Il y a des femmes qui ont, j'imagine, tout plein d'autres critères, comme tu me disais.
- Speaker #1
Voilà. Donc, il y a la religion. Tu peux choisir un donneur, la couleur de cheveux, la taille, la couleur des yeux. Donc moi, je n'ai pas du tout choisi sur couleur de cheveux, sur groupe sanguin, sur religion. Voilà, rien du tout. Et voilà, moi, je voulais juste qu'on pose le moins de questions possibles pour elle, en fait, pour qu'elle puisse grandir en ayant au moins quelqu'un qui lui ressemble.
- Speaker #0
Donc à ce moment-là, tu choisis ton donneur.
- Speaker #1
J'ai choisi mon donneur.
- Speaker #0
Et quand il se passe, la PM1.
- Speaker #1
Alors, écoute, en tant que femme seule, je ne pouvais pas faire de FIV directement, en fait, à moins de payer de ma poche. pour que mon assurance maladie se mette en route. Il fallait que je fasse six fois des inséminations intra-utérines. Donc en fait, c'est plus un processus qui est naturel. C'est-à-dire qu'en fait, tu vas chez le docteur, on t'injecte le sperme dans ton utérus et après tu laisses la nature faire son cours.
- Speaker #0
Et après tu prie pour que les petits spermatozoïdes y remontent jusqu'à l'ovule.
- Speaker #1
Voilà, malheureusement, mes prières n'ont pas été exaucées.
- Speaker #0
En même temps, tu sais, je sais que c'est difficile parce que tu m'avais dit, voilà, je l'ai fait une fois, ça ne marche pas. Je l'ai fait deux fois, ça ne marche pas. Et je pense qu'on est toutes pareilles. C'est que quand on veut avoir un enfant, que ce soit seul ou pas seul, en tout cas, moi, je m'étais dit, oui, ça va se faire. Et puis, quand ça ne se fait pas, au bout d'un ou deux mois, je suis déjà sous pression. Mais comme je te le disais, je te disais, en fait, tu y vas une fois pour qu'on t'insimine. Alors que tu vois, quand moi, j'essayais d'avoir un enfant, j'essayais plusieurs fois sur un certain nombre de jours. Donc, une fois, au final, ce n'est pas grand-chose.
- Speaker #1
C'est pas grand-chose parce qu'en plus... Vraiment, on ne sait pas encore la médecine, on ne sait pas exactement quand tu ojules. Ou quand tes ovocytes sont relâchés. Ça peut être entre 12 et 36 heures après. Donc on t'arrive à 24 heures à peu près. Mais bon, voilà. Un, c'est approximatif. Aussi, on t'insimine avec un sperme qui a été congelé. Donc il faut savoir que le sperme congelé ne vit que 12 heures dans le corps d'une femme. Alors que le sperme frais, c'est une relation sexuelle avec quelqu'un. Ça peut être le sperme vivant. peuvent rester dans un corps de femme pendant 5 jours en fait. Peuvent rester dans ton utérus. Voilà. Donc en fait, si tu ovules un peu plus tard et que tu as une relation même il y a un jour, tu peux potentiellement quand même tomber enceinte. Là, tu as 12 heures. Si tu loupes la fenêtre ou alors si juste ils ne se rencontrent pas, eh bien voilà. Donc moi, ça s'est passé 5 fois. Mais bon, au final, en vrai, j'étais contente. J'étais contente parce qu'à la fin, je voulais vraiment passer à la fuive. parce que je me suis dit, tu le fais une fois et ça va marcher. Alors je sais que j'étais quand même dans le déni.
- Speaker #0
Mais justement, toi, quand ça ne fonctionne pas, donc 5 fois tu dis ou 6 fois tu as fait ?
- Speaker #1
En fait, je devais faire 6 fois, mais mon assurance maladie a changé à la cinquième fois, c'est-à-dire qu'ils ont enlevé le critère de « il faut le faire pendant X fois avant de passer à la FIV » . Donc ils ont enlevé ce critère d'essai avant la FIV au moment où j'ai fini ma cinquième insémination.
- Speaker #0
Donc tu le fais 5 fois, dans quel état d'esprit tu es là ?
- Speaker #1
Je suis quand même dans un bon état d'esprit, parce qu'on te met à l'aise et on te dit surtout, tu as vraiment un pourcentage entre 5 et 15% de chance de succès, mais ce n'est pas beaucoup. Donc tu sais que ça peut ne pas marcher. Mais on te dit aussi que c'est cumulé en fait. Donc au début tu es là, ok, 5-10%, enfin entre 5 et 15%. tu accumules x5, tu fais ok, mince, là on est quasiment à 85% et je ne suis toujours pas enceinte. Mais je sais que c'est quand même un chiffre assez bas. Donc voilà, après je décide de passer à la file, qui est un processus quand même plus intrusif, où tu fais vraiment une opération là où tu es…
- Speaker #0
Ça laisse moins de place au petit bonheur lâchant.
- Speaker #1
Alors, en fait, pendant 10 jours, enfin 10-12 jours en fonction de ton cycle, on te donne des hormones pour vraiment stimuler tes ovaires, pour que tu relâches un grand nombre d'ovocytes. Normalement, une femme habituelle va relâcher entre 1, 2, maximum 3 ovocytes par cycle, généralement 1. Et là, on te stimule tes ovaires. Moi, par exemple, quand vient l'opération, la ponction des ovocytes, ils en ont récupéré 29. D'accord ? Donc, c'est un bon chiffre. Parce qu'en fait, tu ne veux pas non plus en avoir trop parce qu'après, tu overstimules tes ovocytes. C'est dangereux aussi. Tu peux avoir des complications. Donc, tu veux trouver le juste milieu. Donc, ils en ont récupéré 29. Et c'est une opération qui ne dure que 15-20 minutes. Mais tu es endormi complètement.
- Speaker #0
Donc, tu ne sens rien ?
- Speaker #1
Tu ne sens rien.
- Speaker #0
Même quand tu te réveilles, tu n'as pas mal ?
- Speaker #1
Alors, si. Quand tu te réveilles, enfin... Ça va, ça dure 24 heures. Tu sens en fait que quelque chose s'est passé. Parce que ce n'est pas une douleur, mais c'est un sentiment bizarre parce qu'en fait, en gros, on te prend une aiguille qu'on passe à travers les parois de ton vagin pour aller chercher les ovocytes de chacun des deux ovaires. Donc en fait, tu n'as jamais senti cette sensation parce qu'on ne t'a jamais fait un trou dans le vagin. Donc voilà,
- Speaker #0
c'est quand même inconfortable.
- Speaker #1
Tu sens que quelque chose s'est passé. Mais en vrai, ça dure 24 heures. Tu peux retourner au boulot le lendemain. ça dure 24 heures et après ça va de mieux en mieux et après tu attends 7 jours parce qu'ils mettent les ovocytes donc dès que ça sort de ton corps humain ils injectent un sperme c'est l'opération la plus petite du monde du corps humain, un spermatozoïde ils prennent celui qui bouge le plus et ils l'injectent dans chacun de tes ovocytes donc moi ils l'ont fait 29 fois c'est le plus excité là ils les mettent dedans Voilà, en fait, ils font rencontrer...
- Speaker #0
Il force la rencontre.
- Speaker #1
Il force la fécondation.
- Speaker #0
Voilà. Ce qui se passe naturellement dans ton corps, moi, à l'extérieur de mon corps, ils ont fait rentrer le spermatozé dans l'ovocyte pour créer l'embryon.
- Speaker #1
À ce moment-là, il n'est pas encore question de fille ou de garçon. Non. On rend juste les plus excités. On les met dans les ovules.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe ensuite ?
- Speaker #0
Après, pendant 7 jours, il laisse la nature faire son cours parce que tous les embryons entre guillemets ne se développent pas. Donc en fait, moi, sur les 29 ruts qu'on m'a ponctionnés, 26 étaient matures, c'est-à-dire étaient au stade où ils pouvaient en fait être fécondés. Ils font la fécondation et après, au bout de 7 jours, sur les 26 fécondés, il n'y en a que 15, déjà 15, qui sont arrivés au stade « Ok, on a été fécondés, on grandit, on grossit normalement. »
- Speaker #1
Tu t'imaginais avec tes 15 ovules, tes 15 enfants.
- Speaker #0
Alors il faut savoir par contre que... un ovocyte n'est pas égal à un enfant. Parce qu'en fait, il y a vraiment un décompte où tu perds entre 30 et 50 % à chaque étape de la fibre. Donc en fait, ce n'est pas parce que tu en as eu 29 que tu vas avoir 29 embryons prêts à faire des enfants.
- Speaker #1
Donc justement, tu disais que tu en as eu 29. Ensuite, on a mis les spermatozoïdes dedans. Il n'en restait finalement que 15 qui se sont développés. Tu en as encore perdu.
- Speaker #0
Et alors après, l'étape d'après, optionnelle. à ta charge, c'est-à-dire non prise en charge par l'assurance maladie, tu vas faire une biopsie sur chacun de ces embryons. Tu vas l'envoyer dans un laboratoire pour voir si l'embryon est normal ou abnormal. On regarde trisomie 21, trisomie ou monosomie, c'est-à-dire un seul embryon à la place des deux. Ils ont tout un panel de... Un seul chromosome. Un seul chromosome au lieu de deux. Et voilà, et donc moi sur les 15, je suis passée à 8. Donc en fait j'en avais 4 qui étaient anormaux. Donc j'avais une trisomie 18, une monosomie 17 je crois. Après tu regardes en ligne et tu te dis ok,
- Speaker #1
c'est assez fréquent.
- Speaker #0
Oui c'est très fréquent, très très fréquent. Et encore, moi je n'ai pas eu de trisomie 21 par exemple. Et après j'en ai eu d'autres, des embryons, ils appellent ça des embryons mosaïques. Les embryons mosaïques, c'est que tu as des parties qui sont... des chromosomes qui sont normaux et certains chromosomes qui ne sont pas normaux. Donc voilà, mosaïque, ça veut dire que potentiellement, si on te l'implante dans ton corps, tu as un risque de malformation, mais tu as aussi un risque où l'embryon se développe correctement et ça fait un enfant complètement normal. Mais voilà, forcément, dans le meilleur des cas, ils te mettent un embryon normal dans ton corps. Moi, j'ai eu la chance d'avoir huit embryons. Huit embryons ?
- Speaker #1
En bonne santé.
- Speaker #0
En bonne santé.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, tu sais si c'est des filles et des garçons ?
- Speaker #0
Et à ce moment-là, je sais si c'est des filles et des garçons. Enfin, j'ai demandé à savoir.
- Speaker #1
Alors, combien de filles, combien de garçons ?
- Speaker #0
J'avais six filles et deux garçons. Donc, plus de filles que de garçons. Et après, ils gradent en fait des embryons en fonction de leur développement, de leur maturité. Et tu as des meilleurs grades que d'autres. Donc, au début, on s'implante.
- Speaker #1
Je me souviens que tu m'avais dit que tu as plusieurs embryons et que tu commences avec celui qui a la meilleure note.
- Speaker #0
Voilà, le meilleur grade.
- Speaker #1
Plus de chances, en fait, que ça se fasse bien.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et il s'avère que, comme par hasard, les meilleures notes, ce ne sont que les filles.
- Speaker #0
Alors, c'est très américain. On te demande si tu souhaites choisir le sexe de l'enfant. C'est-à-dire que si tu dis oui, moi, j'ai dit oui la première fois. Donc, j'ai eu, en fait, ma première insémination. Spoiler alert, ça n'a pas marché. Mais j'ai demandé, en fait, qu'on me transfère une fille. Ça n'a pas marché. C'était mon embryon qui était le mieux gradé. Donc là, par contre, je t'avais dit que les cinq inseminations, ça n'a pas marché, mais ça ne m'avait pas atteint, on va dire, mentalement. Là, par contre, la première insemination qui n'a pas marché, et là, je me suis pris un bus en pleine tronche. Vraiment, je me suis dit, je n'y attendais pas, parce que moi, je suis rentrée dans ce processus vraiment de façon naïve. Et je me suis dit, la FIV, ça va marcher. J'étais convaincue que la FIV, ça allait marcher. Maintenant, Avec du recul, je sais très bien que les fibres ne garantissent pas un bébé. Ma première insémination n'a pas marché. Et là, je me prends vraiment une claque monumentale. Vraiment. Et là, je décide, je me rappelle, d'arrêter d'en parler à tout le monde. Parce qu'avant, j'étais extrêmement ouverte. J'en parlais à chaque fois. Et en fait, là, ça m'a évolué tellement.
- Speaker #1
Tu penses avec ta personnalité. Tu es positive. Tu es pleine d'engouement à chaque fois. Je pense que pour toi, tu te disais, tu positivais en te disant, ça va marcher, ça va marcher. À ce moment-là, tu te dis, je vais arrêter d'en parler à tout le monde.
- Speaker #0
Et là, je me suis renfermée. Je me suis dit, il faut... En fait, j'ai arrêté de vivre, tu vois, parce qu'en fait, ça faisait déjà six mois, enfin plus que six mois, j'ai commencé en mars. Non, ça faisait six mois. J'ai commencé en mars, j'ai eu l'opération pour la ponction des ovocytes en juillet. Et la première insémination en septembre. Donc, ça faisait six mois que j'étais dans ce processus. Six mois, au final, quand tu regardes pour avoir un enfant, ce n'est pas exceptionnel. Ce n'est pas inhabituel. Ce n'est pas extrêmement long, tu vois. Mais quand tu es dedans, ça paraît long. Ça paraît long.
- Speaker #1
Parce que tu ne te vois pas seule. Le fait que tu fasses un parcours PMA. Surtout, ça devient ta vie. Tu ne peux pas prévoir tes vacances.
- Speaker #0
Tu ne peux pas prévoir tes vacances. Parce que quand tu fais ça... C'est pas que c'est pas naturel, mais c'est que ton corps n'est pas enceinte. Donc en fait, quand on t'implante un embryon, c'est à dose de progestérone que tu t'injectes toi-même dans tes fesses. Donc c'est contraignant parce que ça doit être à la même heure, ça doit être tous les jours, ça doit être des pilules d'ostrogène, des shots de progestérone. Donc en fait, ta vie s'arrête, est en suspens.
- Speaker #1
tu ne peux pas prévoir et puis en fait c'est ce qui te consume de façon mentale tu vois tu me disais oui là je ne peux pas sortir il faut que je rentre parce qu'il faut que j'aille faire ma piqûre bon après à la fin tu es tellement habituée qu'en fait après une
- Speaker #0
fois que tu as passé les premières semaines de progestérone à te le faire toute seule à la maison et que c'est un peu dur au début après si tu as un resto tu fais dans les toilettes des restos Après, ça devient plus normal, tu vois, mais au début, tu es un peu plus stressé parce que c'est médical. C'est une énorme aiguille qui te rentre dans les fesses, tu vois. Donc, intramusculaire, pas intra-graisseuse parce qu'au début, c'est ce qu'on a parlé, mais avant la ponction des ovocytes, tu te mets plein d'aiguilles, en fait, dans le bide, dans le gras du bide. Donc, le ventre, ça va. Mais là, c'est vraiment des longues aiguilles dans les fesses, ça rentre dans le muscle. Donc, tu as des bleus. C'est douloureux, c'est pas agréable. Mais bon, après, ça devient la norme. En fait, quand tu veux vraiment un enfant, tu fais ce qu'il faut. Tu fais ce qui est possible,
- Speaker #1
tu as tout le pouvoir pour y arriver. OK, donc là, la première fois, ça ne se passe pas, comme tu l'as vu.
- Speaker #0
J'arrête d'en parler, en fait, et j'ai besoin d'arrêter d'y penser tout le temps. Donc, je décide de... de retourner sur la dating scene, de me remettre sur les applications pour mailler l'esprit, pour rencontrer quelqu'un, plutôt avoir un compagnon de vie pour ne pas parler que de fertilité, de bébé, juste vivre. Et je me dis, je continue mon parcours de fertilité à côté. Et mon deuxième transfert a marché. Mais je pense aussi que... Et entre-temps, j'ai rencontré quelqu'un. Ça n'a pas duré longtemps, ça a duré six semaines. Mais ça m'a fait vraiment une bouffée d'air où j'ai pensé à autre chose. Je n'ai pas parlé que fertilité, je n'ai pas parlé que bébé. Et j'ai réussi à revivre un petit peu. Ma vie n'était pas juste rythmée par les rendez-vous du docteur, les rendez-vous à la clinique, les scans, les médicaments, etc.
- Speaker #1
Mais justement, quand tu rencontres cette personne, Tu lui dis que t'es un projet de rêve ? Je lui dis, oui.
- Speaker #0
Je lui dis.
- Speaker #1
Et comment est-ce qu'il prend ça ?
- Speaker #0
Pas très bien, au début. Enfin, je lui dis au bout de trois semaines, on va dire. Pas très bien, mais...
- Speaker #1
Mais en même temps, elle vient d'arriver, elle est next, ciao.
- Speaker #0
Voilà, et puis si, il m'a dit, ah, mais si ça se passe bien, ça se passait bien, mais ça faisait trois semaines qu'on était ensemble, donc c'était rien. Mais en fait, moi, j'étais pas dans l'optique d'attendre quelqu'un. C'est bon, j'avais 35 ans.
- Speaker #1
Il voulait que tu arrêtes ton projet PM1 en se disant peut-être que ça va marcher.
- Speaker #0
Il voulait que je mette sur pause pendant 3-4 mois pour voir nous donner une chance. Mais moi, j'étais trop loin. J'étais trop poussée dans mon processus et dans ma tête. Parce qu'en fait, moi, j'ai décidé de ne pas faire de pause et d'enchaîner. Moi, je me suis dit, Caroline, c'est très militaire. Ça, c'est mon passé de mon papa militaire. C'est mon passé, j'ai vécu avec un père militaire, donc c'était vraiment quand tu mets ta tête ou ton esprit à faire quelque chose, tu y vas à fond. Et donc moi, je n'ai pris aucune pause, j'ai enchaîné, j'ai enchaîné les cycles jusqu'à ce que ça marche en fait. Et la deuxième fois, ça a marché. Est-ce que déjà tu t'en doutais, tu sentais dans ton corps ? Écoute, je m'en doutais parce qu'une fois, j'étais assise par terre à ma table de... Table basse. ma table basse, et j'étais accroupie. Et en fait, j'avais mes genoux contre moi. Et là, j'ai senti mon cœur battre dans mon utérus. Alors, ce n'était pas le cœur du bébé. Mais c'était, je pense, tu sais, quand tu essaies d'être enceinte, je pensais tellement à l'écoute de ton corps. Ah oui. Et en fait, tu penses à tous les symptômes. Et des fois même, tu penses que tu as des symptômes et que tu es enceinte et que ce n'est pas vrai. J'ai senti mon cœur battre dans mon utérus. Ce qui ne m'était jamais arrivé. Et en fait, je pense que c'était juste l'afflux sanguin.
- Speaker #1
Tu sentais qu'il y avait un changement à ce niveau-là, en tout cas.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, je me suis dit, je pense que je suis enceinte.
- Speaker #1
Donc, tu as fait un test.
- Speaker #0
Et alors, voilà. En fait, on te dit de ne pas tester à la maison. Mais je me suis testée à la maison la veille. Parce que je voulais être prête mentalement. Si le lendemain, c'était ma première prise de sang. Et je ne voulais pas y aller en ne pas sachant.
- Speaker #1
En ne sachant pas.
- Speaker #0
En ne sachant pas.
- Speaker #1
Eh, je te suis. Et j'ai une vraie compil en fait de tous les gens qui viennent dans ce casque. Ça fait parler français, moi la première. C'est horrible. Chaque fois qu'il y a quelqu'un qui va s'asseoir ici, il me regarde, il fait ça, ça se dit, je sais pas.
- Speaker #0
C'est plus français. En ne sachant pas. Je voulais en fait... Et en plus,
- Speaker #1
par adélère, il m'a dit, tu enlèves,
- Speaker #0
j'ai dit j'enlève pas. Non mais je parle plus français moi.
- Speaker #1
Donc on est passés du je parle pas bien anglais à du je sais parler français.
- Speaker #0
Tu me dis d'ailleurs, tu te moques de moi.
- Speaker #1
Non, je me moque pas de toi, je te dis juste en fait que... tu as à la limite un accent.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Comme si le français, ce n'était pas ta première langue. C'est-à-dire que tu parles... En plus,
- Speaker #0
c'est ce qu'on me dit quand je rentre en France.
- Speaker #1
Tu parles tellement bien. Là,
- Speaker #0
tu as un accent américain quand tu dis ça en français.
- Speaker #1
Moi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu parles tellement bien. C'est vrai. Je suis juste maniérée. C'est ma manière de parler. Non, mais en fait, tu parles tellement bien anglais que je pense que oui, ton frère... Et puis, je pense que tu parles plus souvent anglais contrairement à moi qui parle quand même assez français à la maison. Voilà.
- Speaker #0
Alors maintenant, je parle plus français à la maison parce que je parle à ma fille en français. Oui, mais en fait... Et je me force...
- Speaker #1
Avec le boulot et tout ça, ton anglais, il appuie dessus. Au début, quand je t'ai rencontrée, je me suis dit qu'elle avait un accent, mais je ne comprenais pas. En plus, c'est un accent un peu chic. Je t'ai déjà dit, on dirait que tu viens de la royauté. C'est vrai. La royauté londonienne. Je ne sais pas, tu fais oui, voilà. Tu fais comme ça. C'est très... Non ? Non,
- Speaker #0
je ne sais pas.
- Speaker #1
Tu fais ça. Tu fais voilà.
- Speaker #0
Tu fais comme ça. Non,
- Speaker #1
mais c'est très chic en tout cas. Tu fais ton test de grossesse. On t'a dit de ne pas le faire, mais tu l'as quand même fait.
- Speaker #0
Je le fais la veille. Parce que je voulais être préparée pour la mauvaise nouvelle. S'il y avait une mauvaise nouvelle... le lendemain. Je ne voulais absolument pas aller à ma prise de sang en ne pas sachant.
- Speaker #1
On ne sachant pas.
- Speaker #0
Je ne voulais pas aller à ma prise de sang en ne sachant pas si oui ou non ça avait marché. Et donc là, c'était un jeudi matin. Ma prise de sang était un vendredi. Et là, j'ai vu les deux lignes, mais je n'ai même pas sauté de joie. C'était trop bizarre. Je pensais que j'allais pleurer. Je pensais que j'allais sauter de joie. Et en fait, j'ai regardé et j'étais là cool. J'étais là. Ça y est, ça a marché. Et en fait, de nouveau, moi en déni, je pensais que ça y est, j'avais mes deux lignes. J'étais 100% sûre que ça allait marcher, que ça allait tenir. Maintenant, à posteriori, je sais très bien que tu peux être enceinte et faire des fausses couches. Mais voilà, dans ma tête, j'étais vraiment dans... J'étais naïve en fait. Et je pense qu'en fait, des fois, aborder ce sujet ou rentrer dans une fibre en ne sachant pas tout, c'est pas mal aussi, ça te préserve mentalement.
- Speaker #1
Je pense que c'est pour ça aussi qu'on conseille aux gens de ne pas aller dans... Tu sais, lire des trucs dans les forums, parce qu'au final, tu ne vas lire que des commentaires de gens qui ont eu des problèmes. Le pire, tu vas lire le pire. Pour toi, tu ne vas pas forcément, mais voilà. En tout cas, moi, j'ai deux filles, j'ai essayé aussi, j'ai fait une fausse couche la première fois et je passais ma vie dans les forums. Et tous les mois, je faisais des tests alors que je n'étais pas encore enceinte et je passais ma vie dans les forums. Et ça me déprimait encore plus au final, mais j'avais envie d'être... Tu sais, tu as envie de tout comprendre, de tout savoir. Et tu vis en fait, tu vis grossesse. Donc du coup, l'endroit où tu peux trouver des infos, c'est ça en fait. Donc je comprends, on dit aux gens de ne pas faire ça. Donc oui, peut-être finalement aborder ça naïvement, c'est peut-être la meilleure chose à faire.
- Speaker #0
Même si ça te protège.
- Speaker #1
Dans les faits, c'est plus difficile à faire.
- Speaker #0
Donc voilà, après le lendemain, le vendredi, j'ai fait ma prise de sang et j'étais bien enceinte.
- Speaker #1
ta grossesse se passe bien et là il y a ta maman qui fait le voyage qui fait le voyage et qui vient pour en fait assister à mon accouchement moi je me suis dit, j'ai dit à Caroline Caroline si elle n'arrive pas à temps tu peux m'appeler matin, midi, soir, la nuit en plus moi je mets mon téléphone en off la nuit mais je mets certains numéros qui peuvent quand même m'appeler en urgence j'ai dit Caroline même 3h du matin tu m'appelles je vais venir pour accoucher il y avait une petite partie secrètement désolé maman de Caroline il va dire ça en anglais Désolée la maman de Caro, il y avait une petite partie de moi qui voulait qu'elle n'arrive pas à temps pour que je puisse y aller. Mais je suis très contente qu'elle soit arrivée à temps et qu'elle était là avec sa fille.
- Speaker #0
Donc voilà, j'ai été déclenchée parce qu'elle n'était pas prête à pointer le bout de son nez. Mais voilà, l'accouchement s'est bien passé. En gros, enfin, je voulais dire quoi ? Après tout. Après tout, voilà. Donc en gros, l'accouchement s'est bien passé. Ça a duré longtemps, mais voilà, ça a duré... Ça s'est bien passé.
- Speaker #1
Tu t'en es remise facilement, ta fille était en bonne santé.
- Speaker #0
Ma fille était en bonne santé. Puis en plus, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir un bébé plutôt cool. Je n'ai pas eu de problème de reflux, je n'ai pas eu de problème de crise. Un bébé facile. Un bébé facile, oui. Un bébé cool, oui.
- Speaker #1
Donc là, quand même, à ce moment-là, tu... Tu passes ta grossesse, tu es seule, donc j'imagine que ce n'est pas non plus toujours facile, mais tu as une grossesse assez facile, au final tu vis ça bien. Oui, très bien. Ta maman vient, vous êtes un peu dans votre petite bulle, toutes les trois à la maison, et ça se passe très bien. Et je sais qu'un jour tu m'envoies un message, moi je suis partie du coup en vacances, je n'ai pas pu la voir, et je te dis comment ça va, et là tu me dis oui ça ne va pas du tout, et je me dis c'est Caroline, elle dit que ça ne va pas, c'est que ça ne va vraiment pas. Tu sais, même souvent, les gens me disent « Caroline, elle a fait son bébé toute seule. » Non, mais waouh ! Mais moi, je ne pourrais pas. Et moi, je dis toujours, mais franchement, s'il y a bien une personne qui peut faire quelque chose comme ça, je dis toujours « c'est Caroline » . C'est vrai parce que tu as une certaine force. Pour moi, je trouve que tu es vraiment une femme très forte. Et à ce moment-là, quand tu me dis que ça ne va pas, et je le comprends parce que moi, après Rita, j'ai eu un postpartum et ça n'allait pas. Et pareil, je suis le genre de personne qui ne va pas dire que ça ne va pas. Comme dirait une de mes meilleures copines, Daïla, si Shraik dit que ça ne va pas, c'est que ça ne va vraiment pas. Et c'est comme ça que je l'ai ressenti pour toi. Là-dessus, je pense qu'on est assez similaires. C'est que quand tu m'as dit ça ne va pas, là où moi je fais souvent des messages vocaux, des textos, tu m'as appelée. Tu m'as appelée, tu dis là Caroline, si elle a dit ça ne va pas, c'est que ça ne va vraiment pas. Donc du coup, tu es dans ta petite bulle, ta maman part.
- Speaker #0
Voilà, en fait, j'étais préparée pour l'accouchement, j'étais préparée pour tout, sauf pour le postpartum. En vrai, je ne m'étais pas préparée, en fait, je ne m'étais pas renseignée.
- Speaker #1
Et tu te dis juste que Merci. C'est quelque chose parce que moi, au début, j'avais entendu parler du postpartum et je me disais, bon, elles ne vont pas bien. Enfin, tu sais, c'est les autres, quoi. Je me disais, oui, moi, non, ça ne va pas m'arriver. Finalement, ça m'est arrivé.
- Speaker #0
Oui, en fait, regarde, tu devais venir me voir et en fait, les cinq premiers jours postpartum ont été les plus durs. Vraiment, la semaine... Alors moi, j'ai eu un très bon accouchement, mais j'ai eu une hémorragie. Et en fait, j'ai eu forcément, pas des séquelles, mais j'ai eu plein de points, j'ai été déchirée. Et en fait, je n'étais pas prête physiquement à me sentir comme ça. Je ne pensais pas que j'allais être si mal. Moi, je pensais ça y est, bébé sorti, tout va bien.
- Speaker #1
Tu es trop tapoucette et tu sors.
- Speaker #0
Oui, quasiment. Mais en fait, vraiment, le postpartum, que ce soit de façon hormonale ou physique, de nouveau, je me suis pris une autre claque. Vraiment, en fait, le premier mois a été dur. En plus, ma maman est partie. Au bout de trois semaines, quand ma maman est partie, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Comment je vais faire ? Parce qu'en fait, elle tenait la logistique. En fait, elle me faisait à manger. elle allait faire les courses, elle nettoyait ma maison. Moi, je m'occupais de mon bébé, mais en même temps, c'était dur, parce que tu es maman pour la première fois. Et en fait, quand elle est partie, et en plus, tu as les hormones, la chute d'hormones, l'allaitement, moi, j'ai allaité exclusivement. Et j'ai adoré, mais tu vois, tu as mal à la poitrine, tu as toutes tes émotions qui sont hyper... Tu as un fleur de peau. Et donc ma maman est partie au bout de trois semaines. Et là, je me suis dit, comment je vais faire ? Pourquoi je me suis engagée dans cette voie ? Et en fait, petit à petit, je parlais beaucoup à mes amis. Tu m'as aidée. J'ai une autre copine qui me parlait aussi. Je pense qu'elle a senti, ne serait-ce que même me contacter tous les jours en me disant, comment ça va aujourd'hui ? Qu'est-ce que t'as fait ? Et ça m'a aidée à aller mieux. Et après, tous les jours, je me mettais un petit but. Alors, ce n'était pas des buts très élevés, mais c'était genre aujourd'hui, je vais faire prendre le bain à ma fille. Des fois, je n'y arrivais pas. Des fois, je n'arrivais même pas à aller lui faire prendre le bain parce qu'en fait, un, tu es tellement fatiguée, tu dois faire la logistique de la maison, tu dois faire à manger. Et puis voilà, après, les semaines passent et tu prends l'habitude. Et puis, après, tu prends ton rythme. Et puis, elle commence à pouvoir dormir un petit peu plus longtemps que 30 minutes sur toi. Mais bon, c'était dur le postpartum. Je n'ai pas fait de dépression postpartum, mais c'était juste la logistique, les émotions. Moi qui ne pleurais jamais, je crois que je n'ai jamais autant pleuré que le postpartum. En fait, des fois, tu as juste une pensée et hop, tu pleures. Moi, j'étais hyper à fleur de peau. Alors, il ne fallait surtout pas que je lise des choses négatives. Donc, je me suis vraiment... protégé par rapport... Quand je voyais qu'il y avait un petit texte sur Instagram ou sur Facebook sur les enfants qui... les trucs de guerre ou les enfants qui sont malades, là je pouvais pas en fait. Tout ce qui était histoire négative en fait, réelle, mais en fait je pouvais... j'avais juste pas la capacité mentale de faire face à ça en fait. Donc je me suis vraiment protégée. Quand je voyais un petit truc négatif, je savais que ça allait me faire réagir, voilà, j'ai arrêté de lire. Mais bon après ça va mieux.
- Speaker #1
Tu vois, t'imagines à ce moment-là, moi je prends mon exemple, quand j'ai accouché la première fois, j'avais ma mère chez moi, ma belle-mère chez moi, mon mari, ils étaient tous au petit soin pour moi et malgré ça j'étais en galère totale. J'ai eu une épisio, j'ai eu des points, j'ai essayé d'allaiter et j'étais crevée en fait, je sortais de l'accouchement, j'étais crevée et j'avais toute cette aide. en postpartum, je vais pas dire en dépression j'étais à fleur de peau comme tu dis tu vois, je m'en suis rendu compte quand je commençais pareil à pleurer pour rien alors qu'on sait tous que c'est pas dans ma nature de pleurer pour rien tu vois souvent je sais que si je pleure par contre quand je pleure je peux te dire ils sont tous là mais là je pleurais pour rien et j'avais toute cette aide donc j'imagine même pas si j'étais seule mais il n'y aurait pas de bain on resterait comme ça croupir dans le lit en s'amoisir ensemble tu vois Ouais, mais donc tu vois, c'est-à-dire... Tu te dis quand même à manger parce qu'il fallait quand même te nourrir. Et puis, on ne va pas se mentir, quand tu vas bien manger, tu auras plus de frais. Tu es obligée de te nourrir pour être en bonne santé. Pour la lait. Pour la lait, du lait, quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, j'imagine même pas comment ça devait être. Donc, à ce moment-là, oui, j'imagine que tu as dû te dire. Mais c'est bien parce qu'il y a plein de nanas, tu sais, qui ont des projets bébés solo. Et c'est bien aussi de leur donner un peu, de leur dire un peu la vérité. Et toi, à ce moment-là, tu n'y avais pas forcément pensé. Alors que peut-être que quelqu'un qui va peut-être écouter cette interview se dira, si moi j'ai décidé de choisir la même voie que Caroline, ok, je sais qu'à ce moment-là, j'aurais peut-être besoin d'une nurse ou de quelqu'un qui m'aide.
- Speaker #0
Mais moi, je n'ai pas pris une nurse parce que ce n'est pas dans ma nature aussi de demander de l'aide.
- Speaker #1
Parce qu'ici, il y a beaucoup de gens qui, quand elles accouchent, parcours PMA ou pas, peu importe, quand elles accouchent, souvent, il y a des gens qui prennent une nurse à la maison, qui dorent à la maison pour aider. Qui s'occupent du bébé les premiers temps.
- Speaker #0
Voilà. Mais bon, ça coûtait extrêmement cher aussi à New York, c'est 200 dollars par nuit. Donc, tu fais ça fois 5, 1000 dollars facilement par semaine, fois 4 pour le mois. Voilà, c'est un budget quand même. Donc, 23 000 dollars à peu près.
- Speaker #1
Avec une bonne couverture sociale.
- Speaker #0
Avec une bonne couverture sociale. Mais de ces 23 000 dollars, on va dire 13 000, donc plus d'un moitié, c'était seulement le sperme. Donc en fait, en France, la différence, c'est que le sperme est une donation gratuite. Aux États-Unis, c'est une donation qui est rémunérée. Donc, en fait, tu as beaucoup, beaucoup plus de choix parce que tu as plus de donneurs, parce qu'eux, ils sont payés pour faire don de leur sperme. Mais pour l'acheter, du côté de la femme, maintenant, c'est quasiment 2 000 $. Alors, moi, quand je l'ai fait, c'était 1 850.
- Speaker #1
Pour acheter le sperme ?
- Speaker #0
Par shot de sperme. Par shot de sperme. Voilà. Et donc, moi, rappelle-toi, j'ai fait 5 assimilations qui n'ont pas marché. Donc, 5 fois 1 850. plus ce transfert en truc cryo qui coûte 400$ à chaque fois que tu fais un shipment et un envoi et après quelqu'un m'a dit vous dites trop de mots en anglais j'ai rien compris donc un envoi et après voilà j'ai donc utilisé 6 échantillons de sperme justement tu parlais de la France est-ce que tu aurais pu faire ça Ciao !
- Speaker #1
en France. C'est quoi maintenant les lois en France ?
- Speaker #0
Alors, oui. J'aurais pu si j'avais un boulot, si j'étais française. Enfin, si j'habitais en France. Alors, depuis 2021, il me semble, la PMA est ouverte aux couples homosexuels, lesbiennes, et des femmes seules, ce qui n'était pas le cas aux Etats-Unis. Depuis beaucoup plus d'années, une femme peut faire ce projet toute seule. Donc, c'est très, très récent quand même en France, parce que moi, j'ai fait ce parcours en 2023. Donc, c'était deux ans après que ça a été législéré. Donc, ma soeur m'a dit « Mais Caroline, rentre en France. Pourquoi tu dépenses 20 000 dollars ? C'est gratuit en France. Et c'est gratuit en France. C'est gratuit. Je crois que tu peux faire trois fives. Mais les délais sont extrêmement longs. Surtout qu'en plus, toi, tu n'es pas prioritaire parce que tu n'es pas en couple. Donc, une femme seule ou une femme en couple avec une autre femme doivent attendre 18 mois. Forcément, il faut avoir un boulot en France pour avoir la couverture médicale pour pouvoir postuler à ce type de... Voilà, main. exactement donc en fait pour moi j'avais juste pas envie de rentrer en france d'attendre deux ans moi j'étais prête maintenant et comme j'avais quand même l'assurance maladie qui m'aiderait et que et à son je m'étais dit c'est pas grave j'ai j'ai de l'argent de côté c'est mon projet toi je m'étais mais je mets tout je me suis toujours dit dans ma vie si je me marie ok très bien si je me marie pas ok très bien ça jamais été un but dans ma vie de me marier mais avoir un enfant c'était un but je savais que si J'avais pas d'enfant. Je l'aurais regretté toute ma vie. Et donc, j'étais, voilà, prête à payer, en fait. Voilà. Dans ma tête, je m'étais même mise, ok, si je dois payer 50 000 dollars, je le ferai. Vraiment, j'ai pas envie de mettre 50 000 dollars dans un enfant. Mais en gros, pendant un an, j'ai pas mis d'argent à côté parce que tout mon salaire allait dans ce projet de fertilité. Mais voilà, je le regrette pas. Et puis...
- Speaker #1
Bah oui, ça c'est sûr qu'on la regrette pas.
- Speaker #0
Donc voilà. Mais c'est cher. Donc voilà. à peu près, ouais, 22-23 000 dollars pour l'avoir.
- Speaker #1
Donc, aujourd'hui...
- Speaker #0
Elle a 16 mois.
- Speaker #1
Elle a 16 mois. Tu m'as dit que quand elle était née, tu avais accès à une application. C'est une application où tu peux voir si ce donneur-là a donné son sperme à d'autres femmes dans ta situation et qui ont eu elles aussi des enfants. Du coup, qu'est-ce que tu as appris sur cette application ?
- Speaker #0
Quand tu dis que tu es enceinte ou que tu déclares à ta banque de sperme que tu as accouché, ils te mettent en relation avec un autre site internet qui est un registre de frères et sœurs. sur un site internet Et en fait, tu peux chercher si tu as des frères et sœurs, enfin des demi-frères et sœurs potentiels en fonction du chiffre de ton donneur. Chaque donneur a un chiffre particulier, un numéro unique. Et donc moi, je n'en avais pas. Et donc c'est moi qui ai créé le premier chat avec le numéro du donneur. Et au fur et à mesure, des personnes se sont rajoutées. Et donc au jour d'aujourd'hui, je crois qu'ils sont 10 ou 11 enfants maintenant.
- Speaker #1
Waouh, tu en as un enfant, on est resté à 2-3. Ouais, non. Tu as du rater une info, là.
- Speaker #0
On est passé à 10, 11 maintenant. Il faut que je regarde. Mais alors, majoritairement aux États-Unis, mais tu en as une en Chine et une en Australie aussi.
- Speaker #1
C'est un bon donneur.
- Speaker #0
Oui, voilà. Mais bon, après, c'est la norme quand même. Alors, je ne connais pas exactement combien de fois un donneur peut donner, mais je crois qu'il y a une limite. Ça commence à être légiféré. Ce n'est pas encore au niveau... Peut-être dans le futur, ils vont vraiment mettre des lois et légiférer ça de façon vraiment structurée.
- Speaker #1
On a fait penser au film. Oui,
- Speaker #0
mais c'était quelqu'un qui avait eu 80 enfants.
- Speaker #1
Le gars qui a eu je ne sais pas combien de gosses et il les a tous réunis. Mais il y en a qui sont sur New York.
- Speaker #0
Il y en a qui sont sur New York. Dans ce panel, il faut savoir qu'il y a des femmes qui sont comme moi, des solo-moms par choix. T'en as qui sont des couples de lesbiennes et t'as des couples aussi hétéros, juste une infertilité masculine. Et j'ai rencontré deux femmes qui habitent à New York, qui ont aussi utilisé le même donneur pour leurs enfants. Et ce qui est marrant aussi, c'est que nos enfants sont nés chacun un jour d'intervalle. Ma fille naît le 3 juillet et les deux enfants à New York sont nés le 1er juillet et le 2 juillet. Donc trois enfants à un jour d'intervalle. Et donc je suis en relation surtout avec l'une d'entre elles. qui est donc un petit garçon. Et on s'est rencontrés plusieurs fois. Et c'est fascinant, en fait, de voir leur ressemblance. Parce qu'en fait, ils se ressemblent un petit peu. Ils ont des mimiques, ils ont des critères physiques qui se ressemblent. Et en fait, j'ai juste envie de voir grandir ce petit garçon pour voir... Un, j'aimerais bien qu'il crée tous les deux des liens. Et surtout, en fait, voir comment... Quelles vont être leurs ressemblances plus tard. la deuxième personne je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois après que nos enfants aient accouché c'est dernièrement d'ailleurs en septembre mais elle voilà elle a plutôt envie de vivre sa maternité enfin de devenir maman toute seule elle n'a pas trop envie de rester en contact avec nous et puis tu m'avais dit que tu n'avais pas forcément eu un feeling il y en a avec qui tu es en relation c'est aussi parce qu'elle est cool qu'elle est sympa que tu t'entends bien avec elle c'est pas juste pour les enfants l'autre peut-être il n'y a pas eu non plus voilà et puis je pense qu'elle elle a envie de laisser le choix à son enfant de décider si oui ou non, il souhaite avoir des relations avec ses demi-frères et soeurs. Mais bon, tu sais, les relations aussi, tu peux les construire jeune. Et après, tu décides si oui ou non, tu souhaites une relation avec tes demi-frères et demi-sœurs.
- Speaker #1
C'est ce que tu essayes de faire avec le petit-enfant. Voilà,
- Speaker #0
c'est ce que j'essaie de faire. C'est ce qu'on essaie de faire naturellement. Après, on ne se voit pas toutes les semaines. Mais voilà. Et puis, c'est important aussi parce que tu ne sais jamais si ton enfant rencontre un problème de santé. Ou alors, même si tu as le passé médical de ton donneur. Tu n'es jamais vraiment à l'abri de... Par exemple, quand nos enfants ont commencé la diversification alimentaire, on s'est tous posé la question, est-ce que tu sais s'ils donnent à des allergies ? Donc voilà, c'est des choses comme ça, tu ne peux pas forcément savoir. Et puis au-delà de ça,
- Speaker #1
vous traversez la même chose, parce que vous êtes les deux solo-moms avec les enfants. Donc j'imagine que ça vous rapproche sur plusieurs points. Caroline, qu'est-ce que tu dirais à une personne... Tu as quel âge aujourd'hui, Caroline ?
- Speaker #0
J'ai 37 ans.
- Speaker #1
Tu as eu cet enfant à 36 ans. Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui...
- Speaker #0
On a l'horloge biologique qui tourne. On se pose parfois des questions parce qu'on n'a pas forcément trouvé le compagnon pour pouvoir créer peut-être la famille ou avoir un enfant au moment où on l'aurait voulu. Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui voudrait se lancer dans un parcours comme le tien, qui hésite parce que le regard des gens, parce que la question de la PMA ou le parcours maman solo, ce n'est pas forcément accepté par tout le monde. Mais aujourd'hui, je vois que tu es épanouie, tu es contente de ton choix. Je sais que tu n'as jamais regretté, mais qu'est-ce que tu dirais à une personne ?
- Speaker #1
C'est ça en fait. Fais-le, tu n'auras aucun regret. C'est dur, il y a des jours qui sont durs, mais au final, quand je regarde à la 16 mois aujourd'hui, je me suis dit, le temps est passé où ? En fait, ça passe super vite, donc tu as des journées qui sont longues, mais au final, tu ne regretteras jamais d'avoir un enfant. Et ça ne veut pas dire que ta vie s'arrête ici en fait. Tu peux rencontrer quelqu'un après, mais ton horloge biologique à un moment, alors je n'ai pas envie d'être défaitiste ou alarmiste, tu peux avoir des enfants encore à 37, 38 ans. Mais c'est vrai qu'après 40 ans, c'est beaucoup plus difficile. Et si tu es prête, si tu as envie d'avoir un enfant, fais-le. Jamais tu le regretteras. Voilà, fais-le pour toi. Les commentaires des autres, si ça te dérange maintenant, vraiment, ça va te couler de... Ça va te...
- Speaker #0
Ça va couler sur toi.
- Speaker #1
Ça va couler sur toi après. Rien ne va te toucher vraiment. Et surtout, en fait, même si tu rentres dans ce parcours qui est atypique, au final, il y a tellement de femmes qui se retrouvent dans cette même situation Merci. malgré elle, après. En étant en couple et tout divorce, il y a des couples qui se séparent pendant la grossesse, il y a des couples qui se séparent à la naissance, deux ans après la naissance de l'enfant. Au final, elle se retrouve aussi solomome, avec en plus les problèmes de divorce et de garde d'enfant. Moi, vraiment, aussi, pourquoi je me suis mis dans... Je me suis mis dans... En fait, ma soeur, ma grande soeur, à divorcer, juste avant que je commence ce processus. Et vraiment, le divorce s'est très très mal passé. Et c'est toujours une relation compliquée, vraiment très conflictuelle, avec les enfants au milieu qui sont pris... Enfin, le père, vraiment, monte les enfants contre la mère. C'est vraiment... Ça fait mal au cœur, en fait, de le voir. C'est des éducations qui sont complètement différentes. Et en fait, les enfants, ils sont complètement perdus. Ils sont complètement entre ces deux mondes qui clashent. Et donc moi je me suis dit, bah oui, elle va peut-être se... grandir sans père, mais ça ne veut pas dire qu'elle n'aura pas de figure paternelle plus tard, peut-être. Mais surtout, en fait, moi, elle n'a jamais connu un conflit, ma fille, pour l'instant. Je ne me suis jamais engalandée avec quelqu'un devant elle parce que j'ai personne avec qui me fâcher. Mais en vrai, j'offre aussi un cadre stable et sain et plein d'amour et voilà, ça sera sa vie. Et puis, comme on en a parlé, elle pourra rencontrer le donneur si elle le souhaite plus tard. Et peut-être que moi, je rencontrerai quelqu'un.
- Speaker #0
Donc toi, en fait, tu voulais vraiment éviter de rendre des comptes à quelqu'un.
- Speaker #1
Oui. Moi, c'était aussi important.
- Speaker #0
Si tu es avec quelqu'un et que ça se passe bien, on va avoir un enfant, fine, c'est normal, on a notre bébé. Mais tu t'es dit, tu n'as pas envie de choisir quelqu'un. qui va être là dans ta vie, avec qui t'es pas forcément et à qui tu vas devoir rendre des comptes, qui va peut-être t'imposer certaines choses qui sont pas forcément en adéquation avec tes valeurs. C'est ce que t'as voulu éviter.
- Speaker #1
Voilà, en fait, je voulais pas Attends, dis-moi, comment ça dit ? To settle down. Je voulais pas me settle pour un mec pas bien.
- Speaker #0
T'avais pas envie d'être avec quelqu'un pour être avec quelqu'un.
- Speaker #1
Voilà. En fait, voilà, je voulais pas me mettre avec quelqu'un juste pour être avec quelqu'un. Je ne voulais pas me mettre avec un homme par défaut et faire un enfant avec un homme qui n'était pas le bon. parce que ben voilà je ne voulais pas divorcer, je ne voulais pas mettre mes enfants dans cette position,
- Speaker #0
dans cet environnement familial.
- Speaker #1
Voilà, si ce n'était pas la bonne personne, je ne voulais pas avoir d'enfant avec lui. Et donc, je préférais faire un enfant toute seule, parce que bon, maintenant, je l'assume toute seule. Mais aussi, donc oui, c'est sûr, financièrement, maintenant, je l'assume 100%, c'est-à-dire que je n'ai pas d'aide financière. Mais bon, de l'autre côté aussi, je suis la seule à prendre des décisions pour elle. C'est-à-dire qu'il y a un côté qui est aussi... très bien de... Voilà, c'est l'éducation que je souhaite donner. C'est les choix que moi-même, je souhaite avoir pour elle. Et en fait, je ne fais aucune concession avec quelqu'un. Voilà, après, voilà, t'as des côtés positifs et négatifs dans chaque relation. Pour moi, ça, c'est un point extrêmement positif également. Tu l'éduques en fait comme tu souhaites éduquer.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Caroline, d'être venue aujourd'hui. Je sais que c'est pas forcément facile de raconter tout ça. Donc, merci de m'avoir fait confiance et d'être venue aujourd'hui. Si vous voulez laisser un petit commentaire à Caroline, vous pouvez lui laisser un petit commentaire en dessous. Et je vous mets en bas son réseau social au cas où vous avez envie de la contacter si vous avez d'autres questions pour elle. Et n'hésitez pas à partager l'épisode avec une amie à vous si le sujet peut l'intéresser. Merci beaucoup et à la semaine prochaine.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci Caro. Pour les nanas qui sont vraiment intéressées par la PMO, tu vois, je leur sers un petit peu de thé.