- Speaker #0
bienvenue dans ce nouvel épisode de derrière nos écrans je suis caroline isa et je suis ravie de vous retrouver pour remettre l'humain au coeur du numérique cette fois ci à nouveau pour se demander si les jeux vidéo sont toujours des jeux d'enfants? on va en parler avec deux expertes, l'une chercheuse, l'autre actrice terrain au Québec, On parle de l'actualité des différents procès des jeux vidéo en deuxième partie également. Ce podcast est financé et soutenu par Tech for Good Canada, Technoethi avec un K. une organisation à but non lucratif canadienne qui vise à faire comprendre comment utiliser le numérique de façon saine et se protéger du mauvais numérique. Je vous remercie d'être à l'écoute et je vous invite à noter ce podcast s'il vous semble utile et à le partager autour de vous pour nous aider à être mieux connus. C'est parti pour les derniers écrans des jeux vidéo. Bienvenue, Maud Bonenfant et Véronique Bolduc, chercheuse spécialisée en, notamment, tout ce qui est jeux vidéo, vous nous en direz un peu plus. Impact sociétal de jeux vidéo, notamment. Et puis, Véronique Bolduc au Ciel, qui est un organisme d'éducation qui propose des ateliers dans les écoles pour un usage sain, bénéfique du numérique par les plus jeunes. On est là pour parler moins des effets que vous avez longuement étudiés, mode, bande-enfant, des jeux vidéo sur les plus jeunes. Vous allez quand même me rappeler certains des mécanismes qui sont à l'œuvre et qui sont problématiques aujourd'hui. Mais on est plus là pour parler de comment réagir. Ça fait quand même des années, Il y a eu une commission au Québec, donc entre 2024 et 2025, une commission parlementaire. qui aboutit à une cinquantaine de conclusions à laquelle toutes les deux vous avez contribué. Les élus se sont mis d'accord sur le fait qu'il fallait absolument agir sur ce sujet du numérique et de la jeunesse. Et donc, c'est quand même un sujet autour duquel on tourne depuis des années et des années. En tout cas, je pense qu'on est d'accord, tous les trois, qu'il faut intervenir. La question, ce n'est pas si, c'est comment, en fait, intervenir. On est là parce que le député Lionel Carman, qui a été ministre de la Santé au Québec, et porteurs d'une pétition que vous soutenez toutes les deux pour mieux réguler les jeux vidéo à plusieurs niveaux. Maud Bonafant, est-ce que vous pourriez peut-être rappeler en deux mots, évidemment, les constats que vous avez faits au cours de toutes ces années de recherche et ce que vous soutenez, ce que vous préconisez qui se retrouve en grande partie dans la pétition de Lionel Carmon par rapport aux jeux vidéo ?
- Invitée Maude
Oui, en fait, moi j'étudie les jeux vidéo depuis le début des années 2000, donc ça va faire 25 ans que je suis l'évolution de l'industrie, et en fait, pendant très longtemps, j'ai défendu les jeux vidéo. Je crois encore aujourd'hui qu'il y a d'excellents jeux vidéo, y compris pour les enfants, pour avoir des bénéfices pour les jeunes. Mais malheureusement, l'industrie a évolué avec des nouveaux modèles économiques. Et là, on a vu à partir des années, surtout 2010, de nouveaux modèles qui ne sont pas le propre des jeux vidéo. On le voit aussi dans d'autres jeux. contextes comme la musique, les logiciels et autres, où on ne possède plus, c'est des services qu'on loue. Et donc, on parle aujourd'hui de jeux en tant que services, mais aussi de jeux gratuits, et donc, évidemment, qui doivent être monétisés. Et en fait, c'est là qu'est le problème, c'est vraiment l'évolution des modèles d'affaires. Et malheureusement, les lois n'ont pas nécessairement évolué en fonction de la technologie et de l'économie. Aujourd'hui, on est un peu dans un vide sur certains plans de l'industrie du jeu vidéo. Il y a plusieurs lois qui existent, qui sont excellentes, dont la loi de la protection de la vie privée ou la loi sur l'affichage de la publicité pour les moins de 13 ans, qui est une des meilleures au monde, qui est extrêmement sévère, mais qui malheureusement n'est pas appliquée dans le domaine des jeux vidéo. Et évidemment, il manque un encadrement en ce qui a trait au... à la conception elle-même, où là, on n'a pas d'encadrement. Puis je donne un exemple, par exemple, ce qu'on appelle les interfaces truquées, ce qu'on dit en anglais les « dark patterns » , donc c'est vraiment des stratégies pour amener la personne à faire des actions qu'elle ne voudrait pas normalement. Mais ce n'est pas interdit officiellement. On pourrait soulever la loi sur la protection du consommateur qui pourrait venir encadrer ce genre de pratiques-là. Mais de manière plus large, il y a toutes sortes de stratégies, de designs qui vont être utilisés pour garder les jeunes connectés le plus longtemps possible, les faire dépenser, les faire regarder de la publicité et autres. Et donc, c'est ça qu'on essaie de mettre de l'avant en disant, il faudrait qu'il y ait un encadrement. Et si des lois, ça prend un certain temps, dans un premier temps, on pourrait au moins donner l'information aux parents, aux enfants, aux ados, pour qu'ils puissent faire des choix réellement éclairés. L'exemple que je donne souvent, les films sont classifiés de manière indépendante. Vous avez ce qu'on appelait la régie du cinéma du Québec. Il n'y a pas l'équivalent dans le domaine du jeu vidéo, de l'industrie du diversement numérique. Et donc, c'est ce qui est promu par la pétition de dire d'avoir un organisme indépendant de classification des produits numériques qui ne soit pas juste basé sur le contenu parce que présentement, c'est l'industrie qui s'en occupe. c'est autorégulé par l'industrie qui définit les cotes, puis chaque entreprise définit la cote qu'ils apposent à leurs produits, mais qu'il y a aussi d'autres éléments, dont le design, la protection de la vie privée, la mise en réseau, le modèle économique. Et donc, toutes ces informations-là permettraient aux citoyens et citoyennes de prendre des meilleures décisions. Et donc, c'est un des points majeurs de la pétition. Oui.
- Speaker #0
En fait, le législateur ne sait pas. On n'imagine même pas que dans un jeu qui est adressé, qui est marketé, qui est vendu à des jeunes, il y ait des mécanismes de gamblification, comme vous dites, c'est-à-dire des mécanismes utilisés dans les casinos, dans les jeux de hasard et d'argent. On n'imagine même pas, en fait, les parents ne s'imaginent pas qu'un éditeur peut en toute bonne foi vendre à un enfant un jeu qui va le rendre accro, comme si... Il est joué à un jeu de hasard et d'argent. Je pense que c'est de ça que vous parlez, entre autres. On est obligé de dire l'évidence, en fait. On est obligé de légiférer pour dire, ben non, un enfant, ça doit être protégé. On ne peut pas proposer à un enfant des produits qui sont mauvais pour lui ou pour elle. C'est un peu pour ça qu'on en est là. C'est qu'on est obligé de réguler des acteurs qui sont sans foi ni loi. qui préfèrent comme Roblox dévoiler les derniers jugements contre Roblox aux États-Unis, ou plutôt les settlements, l'accord qu'a fait Roblox de 10 millions de dollars avec l'attorney general du Nevada pour l'absence de protection des mineurs contre les prédateurs sexuels. Ça, c'est un autre sujet. Dire que voilà, ils sont livrés eux-mêmes, il n'y a aucune protection. et on a l'impression que le modèle de l'industrie, c'est je vais aller... plus vite que le législateur et que les procès. Je vais engranger des revenus et je paierai les amendes après. Avancer et payer les amendes, mais ça reste rentable d'un point de vue financier. Je ne sais pas si vous êtes d'accord sur ce modèle.
- Invitée Maude
Oui, c'est extrêmement rentable. Je dis de manière un peu sarcastique, la dépendance est rentable. Donc, de rendre addicts nos jeunes, c'est un modèle d'affaires qui fonctionne et c'est ce qui explique pourquoi une partie, une grosse partie de l'industrie est en train d'aller vers ce type de modèle-là. Donc, il y a vraiment un passage d'un côté à l'autre. Entre autres, on le voit avec les jeux mobiles qui représentent plus de 50 % de l'industrie du jeu vidéo. Et souvent, ces jeux-là vont collecter énormément de données personnelles, avoir de l'affichage, puis utiliser des stratégies au potentiel addictif. Et nous, c'est ce qui nous a surpris, de voir à quel point ce n'était pas un épiphénomène, que ce n'était pas rare, c'est que ça devient de plus en plus commun, et ce, dans des jeux pour tout petit. Et donc, on voit vraiment une habituation, une normalisation, puis même une valorisation des stratégies propres aux jeux d'hasard et d'argent. Dès la petite enfance jusqu'à l'adolescence, où là, il y a toutes sortes de phénomènes, dont le pari d'items de jeu, ce qu'on appelle en anglais le « skin betting » , qui va être normalisé puis valorisé par des influenceurs parce que c'est de l'argent facile, etc. Et donc, c'est toute une industrie, même presque parallèle, qui s'est mise en place et qui roule au détriment de nos jeunes qui sont en train de développer des comportements. de dépendance. Et on sait qu'une exposition au jeu de hasard et d'argent à un ange mineur augmente les risques de dépendance à l'âge adulte. Donc, c'est pour ça que la pétition crie en fait, attention, ça va vers une crise de santé publique en termes de problèmes de dépendance.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Merci beaucoup. Véronique Bolduc, alors vous aussi, vous essayez de sensibiliser, vous avez bien un discours comment dire, Vous n'aviez pas un discours alarmiste jusqu'ici, il me semble. Vous aviez un discours équilibré sur comment avoir un usage sain. Dites-moi un petit peu comment vous vous situez par rapport à cette évolution de l'industrie du jeu vidéo.
- Invitée Véronique
Oui, tout à fait. Après nos ateliers, encore aujourd'hui, on n'a pas ce discours alarmiste. Je ne pense pas que ça fonctionne avec les jeunes. Du moins, si on arrive en classe, ça leur fait peur. Ce n'est pas comme ça qu'ils vont nous écouter et vouloir changer des habitudes. Donc, on essaye toujours de trouver les nuances, autant quand on parle de jeux vidéo que si on parle d'écran, de réseaux sociaux. Puis, comment ça a évolué ? Au tout début, on ne parlait pas du tout de jeux vidéo. Jusqu'à un moment donné, un expert dans notre comité consultatif a amené le sujet en disant que ce serait peut-être important de l'aborder. C'est quand même des enjeux différents. Donc, tout de suite, on a commencé à en parler. Puis rapidement, nous aussi, de notre côté, on a réalisé qu'il y a une différence assez marquée. Puis juste en discours, c'est des jeunes entre les jeux mobiles et les jeux, je dirais, qu'on achète au complet. Une fois qu'on l'a acheté, on a le jeu en entier, il n'y a pas d'autres transactions à faire ou quoi que ce soit. Mais on remarque que de plus en plus, les jeunes, dans une classe, tout le monde a joué à des jeux mobiles, mais ce n'est pas nécessairement tout le monde qui joue à des jeux complets. D'où l'importance vraiment d'en parler et de parler de ces mécanismes-là. Mais d'en parler aussi des effets négatifs, parce que les jeunes, souvent, ils vont nous les nommer, puis ça, autant aux primaires, à partir de la quatrième année, qu'au secondaire, au début du secondaire, ils vont souvent nous nommer, par exemple, les fameux lootbox, les bottes à butin ou les récompenses quotidiennes qu'on peut ouvrir. Ils vont nous parler qu'ils vont avoir des routes de fortune dans leurs jeux, des choses comme ça, puis ils nous en parlent tout. C'est très banal, c'est normal d'avoir ça dans nos jeux. Tous les jeux ont ça, il n'y a rien de spécial. Nous, on est vraiment là pour pouvoir ramener un peu cette discussion. Mais c'est un peu problématique, il faut qu'on en parle. Ce ne sont pas des choses que vous devriez voir. D'amener un peu ces effets, d'ouvrir la conversation sur les effets négatifs que ça peut avoir. Comment ça peut amener possiblement à la dépendance.
- Speaker #0
Et donc, vous arrivez à avoir ce discours, à les faire réagir ?
- Invitée Véronique
Oui, les jeunes sont très intéressés quand on se met à parler des mécanismes dans les jeux. Quand on peut avoir du concret. puis les faire vraiment nommer qu'est-ce qu'ils voient, puis ensuite de leur expliquer pourquoi ces choses-là sont présentes. Il y a un certain intérêt, les jeunes, on le dit tout le temps, puis j'aime pas ce mot-là, mais ils veulent pas se faire manipuler. Quand on leur dit, ils essayent de vous garder longtemps sur leur plateforme, ils sont comme, OK, mais là, j'aime pas ça. Comment je peux, c'est quoi, pourquoi ils font ça ? Comment je peux faire autre chose ? Comment je peux revenir le gérer ? Ça fait que c'est un petit peu la même chose, dans les jeux vidéo, quand on vient parler des mécanismes, C'est du concret, c'est quelque chose qu'ils vivent, c'est quelque chose qu'ils voient. Ils ressentent les effets, puis nous, on peut venir mettre des mots là-dessus pour comprendre pourquoi on ressent ça, pourquoi ça fait ça dans notre quotidien.
- Speaker #0
On parlera sans doute un peu plus après cet entretien du CIEL et du nombre d'enfants que vous arrivez à toucher, du soutien que vous avez du Québec, entre autres, ou pas. Enfin, voilà, si vous arrivez à aller assez loin, aussi loin que vous le souhaitez. Parce que j'ai aussi vu, moi, dans l'enfant, dans vos recommandations à la Commission spéciale sur les écrans québécoises, que vous preniez qu'à l'éclat dans le cursus scolaire, il y ait une éducation aux mécanismes addictifs ou accoutumants des jeux vidéo et des médias sociaux. Il me semble que c'est quelque chose que vous avez préconisé. Je ne crois pas que ce soit dans la pétition de Lionel Carman pour l'instant. Pour l'instant, il se concentre sur d'abord avoir un label, avoir quelque chose qui aide les parents à choisir, les parents et les jeunes. Je vous avais entendu parler dans un autre balado. C'était peut-être la personne qui vous a interrogé, qui vous a demandé, est-ce que vous voyez quelque chose comme trois feux verts, des feux oranges, des feux rouges ? Est-ce que vous avez déjà conceptualisé ce label ou est-ce que là, on n'en est pas encore là ?
- Invitée Maude
Oui, on est en train de travailler là-dessus. Puis je dois dire que si nous, au Québec, on est plongé dans ces questions-là, c'est sur la planète. Il n'y a pas juste ici et donc je collabore avec des chercheurs, chercheuses à travers le monde qui se posent ces questions-là et où on essaie d'apporter des solutions dont une classification qui soit adaptable d'une législation et d'une culture à l'autre. Parce que bon, évidemment, on ne classifie pas les mêmes produits de la même manière selon nos sensibilités culturelles, entre autres. Mais qu'il y ait au moins quelque chose de relativement uniforme pour qu'on puisse l'apposer de manière cohérente. Mais aussi pour donner une information qui soit claire, certaines qui pourraient être discriminantes. Donc, en disant vraiment, tu sais, ce jeu est déconseillé pour les enfants de moins de 12 ans, par exemple. Mais d'autres qui soient plus informatifs. Et donc là, on pourrait apposer par exemple des jeunes qui vont avoir... certaines spécificités neurocognitives, par exemple, les troubles du spectre de l'autisme ou le déficit de l'attention, vont être plus sensibles, plus vulnérables à certaines mécaniques et certains dispositifs. Et ça aussi, ce n'est pas nécessairement su. Donc, au moins d'en informer le parent, l'enfant, l'adolescent que ce risque-là serait déjà aussi un bel apport, donc pas nécessairement un feu rouge. Mais un petit drapeau en disant « faites attention » . Et puis, je voudrais insister aussi sur un élément qui, moi, me fâche beaucoup. Il y a beaucoup de choses qui me fâchent, mais je pense que Véronique va être d'accord avec moi. Elle le dit, les jeunes le sentent qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Le sentent quand ils commencent à être dépendants ou quand ça va un petit peu contre eux ou qu'ils dépensent et tout. Et donc, moi, je le dis souvent, les jeunes sont extrêmement brillants. Mais il faut leur donner l'information. Et c'est ce qui me fâche, c'est que là, on ne leur donne pas l'information nécessaire. Et après, on s'attend à ce qu'ils réagissent bien. Comme les adultes, on voudrait qu'ils réagissent et tout. Et la personne, par exemple, qui s'en va au casino, elle sait très bien où elle s'en va, elle sait comment se prémunir, dire « bon, mais je vais dépenser 100 $ » , c'est tout et autre. Et donc, on l'encapacite avec ça. Alors que les jeunes, on ne leur donne pas ces informations-là. Donc, ils ne sont pas en mesure d'être en capacité de prendre de bonnes décisions pour eux. Pour moi, c'est vraiment la première étape et c'est ce qu'on a essayé de mettre de l'avant, entre autres, dans la pétition. C'est donnons la bonne information aux gens, aux jeunes, pour qu'ils puissent prendre des bonnes décisions.
- Invitée Véronique
Si je peux rebondir sur ça, j'ai probablement eu un des plus beaux témoignages quand on était allé faire un atelier en quatrième année de jeu vidéo. Oui, on est très nuancés en notre approche, vraiment pas alarmistes. Puis c'est une jeune fille, à la fin de l'atelier, on ricotait des commentaires. Puis elle me disait juste, wow, j'avais pas réalisé qu'il y avait autant de risques pour mon bien-être, pour ma santé, pour moi, dans le fond, qui pouvaient m'impacter, moi, personnellement. Mes parents me disent tout le temps de lâcher mes jeux vidéo, d'être moins sur mes écrans, mais je le comprenais pas. Puis elle était comme, là, en vous entendant, tu sais, c'est une heure dans la classe, elle était comme... Là, je comprends pourquoi mes parents insistent sur le fait que je devrais passer moins de temps. Puis là, on est en quatrième année. Une jeune nous dit ça directement après l'atelier. On voit que ça l'avait déjà fait un bout de chemin et qu'elle comprenait mieux après pourquoi on a ce discours-là, les adultes, de lâcher. D'où l'importance de leur communiquer cette information-là aussi à eux. Ils veulent apprendre pour pouvoir prendre des décisions qui sont bonnes pour leur bien-être.
- Speaker #0
C'est sûr, elle avait aussi eu le soutien à la maison, le soutien parental, même si j'ai bien compris aussi elle que… vous indiquez qu'il ne suffit pas de dire non, il faut expliquer. Mais parfois, évidemment, quand les parents émettent quand même un avis et disent « tu sais, je pense que ce n'est pas très bon pour toi » , ça a un petit impact quand même sur le jeune qui se dit « bon d'accord, je ne comprends pas pourquoi, il m'embête » . Mais voilà, et c'est vrai que quand les deux informations se retrouvent, celle des parents et celle du ciel, là ils arrivent à « put two and two together » et à avoir un… Voilà une réaction saine. On espère qu'elle n'est pas la seule à avoir eu cette réaction saine parce que c'est vrai qu'il y a des tempéraments qui vont réagir différemment par rapport à l'information. J'ai vu que la pétition, pour l'instant, il y avait 700 et quelques signatures, pas beaucoup plus. Je ne suis pas sûre, je ne sais pas s'il en faut 1000 ou 1500 ou plus. Je ne suis pas sûre de combien il en faut pour avancer. Donc, j'ai demandé à l'assistant du député Carman et j'attends une réponse pour voir s'il y aura peut-être action à ce sujet-là. En tout cas, vous, vous êtes en train de travailler sur une classification à l'échelle occidentale ou mondiale. Est-ce que vous pouvez dire avec quel pays vous travaillez ou quelle région ? Est-ce qu'avec le reste du Canada, vous travaillez, par exemple ? Je serais curieuse avec des chercheurs ailleurs au Canada.
- Invitée Maude
Oui, mais pas directement sur la classification. D'accord. Il y a quelques chercheurs, entre autres en Ontario. J'ai un collègue avec lequel je travaille particulièrement. Mais sinon, c'est les États-Unis, l'Europe, l'Australie. Il y a des juridictions comme le Brésil qui sont très proactives aussi. Oui,
- Speaker #0
merci beaucoup. Je pense que je vais vous laisser, parce que je ne veux pas vous hésiter trop longtemps. Ravi d'avoir fait connaissance. Je voulais vous dire que... Par rapport aux mécanismes cachés, aux drug patterns que vous mettez en avant, je pense, toutes les deux, moi, à TechPoWood Canada, j'avais imaginé créer un atelier qui utilise le format pédagogique d'ateliers qui ont émergé en France, que vous connaissez peut-être, qui s'appelle la fresque du climat et la fresque du numérique. Est-ce que vous avez entendu parler de ces ateliers ?
- Speaker #1
Oui, c'est quelque chose,
- Speaker #0
oui. La fresque du climat, c'est un atelier qui permet de comprendre le changement climatique en deux à trois heures. Il y a une version jeune, il y a une version adulte. Mais en fait, c'est interactif, c'est-à-dire que les gens découvrent l'information en posant des cartes sur une table et en décidant ensemble de l'ordre dans lequel les cartes vont selon un ordre de cause à conséquence. Et j'avais, je connais bien les mécanismes dont vous parlez, etc. J'avais imaginé mettre sur pied un atelier comme ça, avec quels sont les modèles d'affaires de certains jeux vidéo, pas de tous. Maintenant, on sait que c'est en train d'embarquer toute l'industrie avec eux, mais de faire la différence entre les bons et les mauvais modèles d'affaires et les conséquences jusqu'à la fin en termes de santé mentale, la crise dont vous parlez de santé publique partout dans le monde, mais notamment en Occident. de santé mentale de la jeunesse face à laquelle on est confrontés aujourd'hui. Ce serait intéressant si jamais on arrive à s'en reparler.
- Speaker #1
Absolument, absolument. C'est une excellente idée.
- Speaker #0
Oui, on peut toujours essayer. En tout cas,
- Speaker #1
il faut. Il faut se mêler, tout essayer.
- Speaker #0
C'est une activité, en tout cas, qui n'utilise pas le numérique, qui requiert de faire travailler Merci. l'intelligence collective, donc le fait de parler avec les autres, de se mettre d'accord, de discuter. Donc voilà, qui réintroduit de l'humain dans la pédagogie par rapport à plus de numérique.
- Speaker #1
Parfait, merci beaucoup d'avoir pris contact. Je vous en prie, merci à vous. Au plaisir de se reparler.
- Speaker #0
Au plaisir, merci beaucoup. Véronique, dites-moi, donc là, vous reprenez le flambeau. EmmanuelLe parent est en congé maternité, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, exactement. Donc, il quitte dans les prochains jours en congé de maternité.
- Speaker #0
Parlez-moi peut-être un peu du nombre d'enfants que vous touchez, comment vous travaillez aujourd'hui. Puis, j'ai vu votre autre pétition sur les moyens du communautaire. Vous avez eu chaud, quoi. Vous avez eu peur à un moment. Vous pouvez nous parler de ça également ?
- Invitée Véronique
C'est pas grave. J'ai commencé en présentant un peu l'organisme, donc les CIEL. Donc, le Centre pour l'intelligence émotionnelle en ligne, créé en 2019, initialement par un groupe de trois étudiants en médecine, qui voyaient les problématiques des écrans augmentés. Donc, ils ont créé le premier atelier qui est l'atelier d'autodéfense numérique, qui a été sujet à changer depuis. Mais voyant que la demande était grande, nous étions tous bénévoles à ce moment-là dans l'organisme, tous étudiants au cycle supérieur. dans vos yeux Alexandre Champagne avec Emmanuel Parent qui ont parti le ciel pour pouvoir se jumeler avec l'organisme qui s'appelait Bien-être numérique avant. Maintenant, ils ne vont plus avoir que des bénévoles, mais plutôt payer les personnes qui travaillent, les gens qui vont dans les écoles. On a repris, la mission a continué d'aller à la rencontre des jeunes à travers des ateliers, qui est vraiment l'activité principale du ciel. Donc, notre but, c'est vraiment de sensibiliser et d'ouvrir une conversation alentour des écrans, puis la place qu'ils occupent dans notre quotidien, puis les impacts que ça a sur notre bien-être. On le fait, comme on disait, à travers les ateliers principalement, aussi à travers de la sensibilisation au grand public sur nos réseaux sociaux. Au niveau de nos ateliers, on va à la rencontre. Donc, on commence en quatrième année maintenant, puis on va jusqu'en cinquième secondaire. Puis, ça nous arrive aussi d'aller rencontrer des jeunes adultes dans des... des formations générales pour adultes ou des formations professionnelles. Donc, c'est des ateliers qui vont vraiment parler du bien-être numérique, des réseaux sociaux, des jeux vidéo, on en a différents.
- Speaker #0
Et ce que j'ai vu, c'est qu'aujourd'hui, vous arrivez à les offrir gratuitement ? Exactement.
- Invitée Véronique
Donc, grâce au financement que nous recevons du ministère de la Santé et des services sociaux depuis déjà quelques années, ça nous permet d'offrir les ateliers gratuitement dans les écoles pour vraiment s'assurer que tous les jeunes... puissent recevoir un éducation au bien-être numérique, puissent recevoir nos ateliers en discuter, peu importe les moyens que l'école a. Donc, c'est vraiment cette question de pouvoir les offrir à tous. Puis cette année, juste pour l'année scolaire 2025-2026, c'est 2000 ateliers environ qu'on donne dans 13 régions du Québec. On rencontre près de 50 000 jeunes juste en une année scolaire. Donc, c'est assez incroyable ce qu'on est capable de faire. Donc, on est capable d'être partout.
- Speaker #0
Vous faites ça avec combien d'intervenants ? Par exemple, Caroline Campeau, elle n'est pas intervenante pour vous ?
- Speaker #2
Non, Caroline Camp qui est chercheuse, mais aussi elle a travaillé longtemps avec Pose ton écran. En ce moment, je pense qu'elle est collaboratrice avec Pose ton écran. Donc, des partenaires qu'on adore, qu'on consulte et qu'on recommande à tous les parents toujours comme outils pour aller s'informer. On est une très, très petite équipe. On a huit animateurs et animatrices qui circulent. Donc, ils font des 2000 ateliers à travers le Québec. Donc oui, très petite équipe. Au total, au CIEL, nous sommes 12 personnes. Puis si je peux parler de nos ateliers, comment ils sont créés. Pour nous, c'est super important de conjuguer la science avec les jeunes, avec la voix des jeunes. À chaque fois qu'on crée un nouvel atelier, on va consulter des experts, on va faire des revues de littérature, donc vraiment aller dans la recherche. Et ensuite, l'autre volet que nous allons faire, c'est aller à la rencontre des jeunes qui vont recevoir cet atelier. On va aller parler, par exemple, quand on a fait notre atelier sur les jeux vidéo. Nous sommes allés à la rencontre de 300 jeunes dans les écoles pour découvrir c'est quoi leur préoccupation, c'est quoi leur besoin par rapport aux jeux vidéo, c'est quoi leur culture des jeux vidéo, c'est quoi les sujets qui ressortent le plus, qu'on a envie, qui seraient importants de discuter. Et nous, on fait un beau mélange après entre, oui, c'est quoi qui est prioritaire par la recherche, mais aussi c'est quoi qui intéresse les jeunes, c'est quoi qui est un besoin en ce moment qu'il faut répondre. Donc vraiment, on s'assure toujours d'inclure les jeunes dans la création de nos ateliers. On essaye de retourner les voies aussi quand on veut faire des mises à jour. Cette année, on est allé à la rencontre de nos plus vieux, les cinquièmes secondaires, pour mettre à jour notre atelier qui leur est destiné. On voulait savoir, on en est où avec notre compréhension ? C'est quoi les enjeux ? Est-ce qu'il faut qu'on change certaines thématiques pour que ça réponde mieux à leurs besoins ? Donc, c'est vraiment, vraiment important pour nous.
- Speaker #0
Vos ateliers, ils prennent la forme de quoi ? C'est des jeux de questions-réponses, des activités avec les jeunes en classe, ça ?
- Invitée Véronique
Ça dépend de chaque atelier. Ils ont un peu des façons différentes. Par exemple, au primaire, quand on parle de jeux vidéo, c'est vraiment un jeu auquel on joue, un jeu de cartes qu'on joue avec eux. Puis ensuite, on fait un retour avec une présentation pour s'assurer qu'il y a certains messages qui sont passés. Mais c'est vraiment un jeu qui leur présente toutes sortes de situations avec une cinquantaine environ de stratégies qu'ils peuvent mettre en place après.
- Speaker #0
à apprendre des stratégies. On a d'autres ateliers où c'est plus des petits groupes de discussion qui vont faire. Donc, ils discutent de sujets qui sont très, très près d'eux. On fait ça avec les plus vieux, qui sont très dans leur quotidien. On parle du micro. Et ensuite, on vient leur expliquer un peu comment ça peut... Tu sais, qu'est-ce que la science en dit sur ça, sur leurs expériences qu'ils vivent ? On en a qu'on va faire de l'analyse de vidéos avec eux. Donc, vous venez vraiment critiquer le contenu qu'on voit en ligne, comment ça nous affecte. C'est quoi les messages qui sont véhiculés ? C'est quoi les influences spiabos Donc, vraiment, ça varie d'un intérêt à l'autre, mais c'est toujours très participatif. On essaie toujours de mettre les jeunes en action, puis de leur donner aussi un espace pour pouvoir discuter. Donc, de pouvoir se livrer et répondre à des questions. Donc, c'est beaucoup, beaucoup axé sur la participation.
- Speaker #1
Et alors, qu'est-ce que vous pensez de la pétition là en cours ? Est-ce que vous êtes à fond pour ?
- Speaker #0
Oui, bien, on la soutient tout à fait. On a participé avec, dans le fond, Maude Bonenfant, Lionel Carmant. C'est des recommandations, je pense, qui étaient nécessaires aussi à faire. Surtout, je dirais un point en particulier qui est de, par exemple, interdire possiblement les lois aléatoires qui sont interdites dans d'autres endroits, dont en Europe, par exemple, en Belgique, depuis plusieurs années, ce n'est pas permis. Donc, tu sais, c'est un peu, il est temps que le Québec arrive et mette en place certaines lois pour rendre ces espaces plus sécuritaires. Donc oui, je pense que c'est un peu qui est vraiment vers avoir des jeux vidéo qui sont plus sécuritaires pour les jeunes, autant ados qu'enfants. Puis pouvoir aider les parents aussi à naviguer, tout ça, c'est vraiment important parce que les parents, on en a des questions de parents, puis ce sont des niveaux de connaissances qui sont très négaux. Donc il y a vraiment aussi une importance de leur donner de l'information qui est vérifiée, qui est crédible, qui est vulgarisée aussi pour que ça soit facile à comprendre. pour les aider à travers tout ça.
- Speaker #1
Ben oui. Et j'ai vu que l'INSPQ, l'Institut National de Santé Publique du Québec, se présentait comme étant la future régie indépendante qui pourrait évaluer les jeux vidéo. Est-ce que vous êtes en accord avec ça ? Est-ce que vous, est-ce que vous auriez un rôle ? Enfin, comment est-ce que vous voyez en termes de mise en œuvre de cette...
- Speaker #0
Je n'étais pas au courant pour l'INSPQ. C'est certain que nous, le CIEL, notre devoir, c'est vraiment de la prévention. Donc, on ne sera pas la référence pour cette future régie. Mais je pense que l'important, c'est d'avoir une régie qui est indépendante. Donc, qui n'est pas influencée par l'industrie, mais pas non plus influencée, je pense, par le gouvernement. Mais vraiment, avoir quelque chose qui est une entité indépendante, qui se base, qui peut avoir des recommandations qui sont objectives, basées sur la science, vraiment pour que ça ait l'impact souhaité.
- Speaker #1
Oui. Et enfin, vous, par rapport à vos moyens, vous en êtes où par rapport à la durabilité de votre organisme ? Quelles sont les questions que vous vous posez ?
- Speaker #0
En tant qu'OBNL, c'est toujours la question, le fameux financement pour s'assurer que notre initiative puisse perdurer. En effet, on a eu chaud en décembre. On est sortis publiquement pour en parler avec ces retards de financement. On a eu une pétition aussi qui a été déposée récemment à l'Assemblée nationale. C'est un enjeu qui nous met dans des situations précaires. Ça va bien, je veux dire, c'est tout le temps juste une question de, les financements, ça prend du temps avant que ça soit approuvé. Les délais sont très longs, on n'a jamais de date à laquelle, on ne sait jamais c'est quand que ça va arriver. Donc, on essaie toujours de, comme un peu, pas sauver les meubles, mais tu sais, on veut, on essaie de prévoir les budgets, prévoir plusieurs années d'avance, mais c'est difficile quand on n'a pas le financement. Donc, présentement, je pense que la demande est encore là. Je pense que les écoles démontrent qu'il y a un besoin. On a énormément d'écoles sur notre liste d'attente. On a des écoles qui veulent qu'on revienne depuis déjà plusieurs années. Le besoin est là, ce qui me donne espoir qu'on va continuer à faire nos activités, que le financement va suivre. Sinon, on est toujours à la recherche de dons ou de partenaires privés pour nous aider aussi, pour ne pas que ça soit uniquement le ministère de la Santé. Oui, parce que... Excusez-moi, c'est le ministère de la Jeunesse, c'est ça ?
- Invitée Véronique
C'est le ministère de la Santé et des Services sociaux.
- Speaker #0
La santé, ok. Donc c'est similaire à ce que j'ai vu en France où il y a aussi des institutions de santé qui soutiennent des actions comme des associations, oui, des OBNL là-bas, qui font différentes choses, la même chose que vous, des ateliers en classe. Mais également, il y a une association qui porte un défi qui est né au Québec. Je ne sais pas si vous l'avez entendu parler. Il s'appelle le Défi 10 jours sans écran. Et il est né au Québec avec Jacques Brodeur, je crois, un professeur québécois. Et puis, il a disparu avec la disparition un peu de Jacques Brodeur au Québec. Mais en France, il a continué à se développer grâce à un enseignant dans le sud-ouest de la France. Il y a des centaines d'écoles tous les ans qui, bon an, mal an, essayent de faire une compétition, un peu dans l'esprit d'une compétition sportive, où les élèves vont devoir résister. aux écrans. Ils vont devoir être forts et résister avec leurs parents également. Donc, ça permet aussi de parler aux parents avec leurs enseignants également. Et donc, ça permet d'embarquer toute l'école dans ce défi. Oui,
- Invitée Véronique
c'est tellement important d'inclure les adultes. On me dit toujours lorsqu'on parle avec des adultes qu'il faut être des modèles si on s'attend à ce que les habitudes changent chez nos jeunes. Puis j'allais dire, nous ici au Québec, bon, c'est pas 10 jours, mais avec justement Pause ton écran, il y a le 24 heures de Pause qui survient absolument à l'automne, puis souvent c'est au printemps, une deuxième fois. Donc ici, c'est pas 10 jours de déconnexion complète, mais qui encourage d'envoi les familles, les jeunes, les écoles à embarquer, puis à faire un 24 heures vraiment sans écran. Donc c'est un peu notre équivalent, je dirais, au Québec présentement.
- Speaker #0
Oui, 24 heures, c'est déjà bien, c'est sûr. Ça arrive, vous connaissez la date de ce défi POSE ou pas par cœur ?
- Invitée Véronique
Oui, je ne la connais pas par cœur, mais je pense qu'il y en a un au printemps. C'est comme je dis, de mémoire, il y en a un, il devrait en avoir un prochainement.
- Speaker #0
Oui, j'ai l'impression aussi, oui. Oui, oui, j'ai suivi la campagne PAUSE également. J'ai récemment parlé avec Caroline Campeau, justement, qui travaille avec PAUSE et qui soutient aussi la pétition de Lionel Carmant.
- Invitée Véronique
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ok, bon, écoutez, c'est super. Je crois que moi, je trouve ça super intéressant de mieux connaître ce que vous faites vous. Moi, j'avais compris qu'au début, vous aviez eu un financement du cofondateur que je ne connaissais pas, j'avoue, Alexandre, j'ai oublié le nom. Champagne. Champagne, voilà. Ce n'est pas lui qui a fait une dotation au début pour que l'organisme existe ?
- Invitée Véronique
Oui, en créant l'organisme, il a investi dans l'organisme pour le partir. Donc, c'était plus comme un prêt pour nous permettre d'aller, de pouvoir commencer et que ça puisse prendre de l'ampleur. Puis, depuis maintenant, on fonctionne vraiment uniquement sur la base de subventions. On a un partenaire aussi privé. Puis, on fonctionne aussi avec des dons. lorsqu'on a des dons aussi.
- Speaker #0
Est-ce qu'en termes de partenariat privé, vous travaillez avec les acteurs du jeu vidéo ou des médias sociaux ?
- Invitée Véronique
Par exemple, présentement, notre partenariat privé, c'est Vidéotron, avec qui on développe, donc il y a un fournisseur d'Internet, de téléphone, on développe des outils pour accompagner les parents, justement. Eux, la vision était d'ancrer en ce partenariat Merci. de pouvoir aussi créer du contenu pour les parents, pour les informer et les guider à travers tout ça. Mais oui, on est ouvert à l'idée d'avoir des partenariats éventuellement, possiblement avec des gens de l'industrie, que ce soit les réseaux sociaux ou les jeux vidéo, dans la limite où on a notre posture, on a notre vision de la chose. puis on va les critiquer. Donc, on va ouvertement aussi les critiquer.
- Speaker #0
D'accord.
- Invitée Véronique
Alors, tu sais, ça va dépendre aussi des acteurs s'ils veulent embarquer avec nous ou non, selon, avec notre vision que nous avons, notre posture que nous avons, qui pour nous, elle ne changera pas. Oui,
- Speaker #0
d'accord. C'est vrai que c'est un travail d'équilibriste compliqué. Je ne sais pas du tout si vous avez eu l'occasion d'écouter des épisodes récents là du... du balado derrière nos écrans, mais je parlais avec des acteurs français, parce que moi non plus, je ne mets pas de frontières, comme moi, de bon enfant. Je regarde ce qu'on fait beaucoup, ce qui se fait aux États-Unis, en Australie, en Europe, au Canada, surtout au Québec, parce que le Canada, il ne se passe pas grand-chose, malheureusement. Et oui, qu'est-ce que je vais dire ? Ah, j'ai oublié. Ah oui, et cette personne d'une association, d'une OBNL française, parlait du fait qu'il y avait une genre d'association beaucoup plus connue en France qui s'appelle E-Enfance, un peu américain comme nom, mais bon, E-Enfance, et qui était en effet financée en partie. par les géants du numérique pour faire de la sensibilisation dans des campagnes. Eux, je ne crois pas qu'ils fassent des ateliers. Non, ils sont aussi, je me souviens en fait de ce qui se passe, ils ont aussi des fonds de l'industrie pour mettre en place une hotline que les jeunes peuvent appeler en cas de détresse psychique. Donc ça, c'est financé par l'industrie. une industrie elle-même.
- Invitée Véronique
On a aussi, nous ici au Canada, Habilo Média, par exemple, qui font des ressources, qui développent des guides, des études par rapport à l'utilisation du numérique qui sont financées, entre autres, par certaines compagnies de l'industrie.
- Speaker #0
Oui, ça c'est...
- Invitée Véronique
Il y a certains qui ont regardé ceci, que c'est déjà le cas. Oui, oui.
- Speaker #0
Pour revenir en détail sur la pétition portée par le député Lionel Carmant au Québec, que demande-t-elle au gouvernement de faire pour mieux protéger les jeunes face aux jeux vidéo ? Surtout ceux gratuits et mobiles. On a vu avec Maud Bonenfant que les modèles économiques de ces jeux reposaient sur la collecte de données, la publicité et ce qu'on appelle les microtransactions. et que ça introduisait des notions de jeu d'argent auprès de tous jeunes enfants. La pétition demande donc premièrement la création d'une régie publique qui soit responsable, elle et non pas l'industrie, d'établir une classification indépendante des jeux vidéo basée sur des critères scientifiques et de permettre ainsi aux parents et aux jeunes de faire un choix éclairé. Deuxièmement, L'obligation pour cette nouvelle classification de signaler la présence de microtransactions et de lois aléatoires, ces fameuses « loot boxes » en anglais, qui coûtent souvent cher aux familles et surtout qui développent une dépendance au jeu depuis un très jeune âge. Troisièmement, l'interdiction pure et simple de certains types de microtransactions et de lois aléatoires dans les jeux destinés aux mineurs, ce qui semble la moindre des choses puisqu'on ne laisse pas un mineur aller dans un casino, mais par contre, on le laisse jouer à un soi-disant jeu vidéo. D'où le titre de cet épisode, « Les jeux vidéo, sont-ils toujours des jeux d'enfants ? » Si ce sujet vous touche, vous pouvez signer la pétition jusqu'au 18 mai pour faire entendre votre voix au Québec sur le site LionelCarmant.com. Je dois mentionner au passage une autre bédition qui circule au Québec depuis la fin avril, cette fois-ci venant de parents professionnels du numérique. Celle-ci demande elle aussi de protéger les jeunes en ligne, mais cette fois c'est d'imposer aux plateformes de réseaux sociaux d'en exclure les moins de 16 ans, comme en Australie, comme on l'a vu en France récemment. Vous la trouverez sur le site age-standard.ca On va maintenant parler d'un recours collectif historique au Québec contre l'industrie du jeu vidéo. Le 10 octobre 2025, ce retour collectif a été accepté au palais de justice de Québec. Son objectif ? indéniser tous les enfants de moins de 14 ans qui ont téléchargé une application de jeux mobiles depuis 2015. Cette demande provient d'une mère de famille qui veut poursuivre les développeurs de jeux vidéo mobiles pour avoir recueilli et utilisé les renseignements personnels de son fils à leur profit sans son autorisation. La procédure vise pas moins de 44 développeurs de jeux dont des géants comme Activision Electronic Arts, Nintendo, Microsoft, Sega, Supercell, Ubisoft et bien sûr Roblox. Maître François Parizeau du cabinet Slater Vacu au Québec confirme « De très très gros montants sont en jeu. Le montant exact sera déterminé par le tribunal. Une chose est sûre, l'industrie des jeux vidéo pourrait bien devoir rendre des comptes sur les données personnelles qu'elle... prélève à l'insu des joueurs. Tous les parents d'enfants au Québec préoccupés par ce dossier sont invités à se faire entendre en allant sur le site du cabinet Slater Vecchio,.
En parlant de Roblox, cette plateforme est vraiment sous le feu des critiques en ce moment, notamment aux Etats-Unis, où en avril 2026, Roblox vient de conclure un règlement à l'amiable de 12 millions de dollars avec l'état du Nevada qui le poursuivait pour atteinte à la sécurité des mineurs. Les mineurs, qui rappelons-le, représentent En fait, plus que les mineurs, les enfants de moins de 13 ans représentent 42%, près de la moitié des utilisateurs quotidiens de Roblox. Cette plateforme est régulièrement accusée de laisser prospérer des prédateurs sexuels et de ne pas protéger ses jeunes utilisateurs, sans compter la gamblification, donc le recours à la dépense d'argent dans son jeu qu'on a évoqué précédemment. En matière de contenu et de prédateurs sexuels dans Roblox, on sait qu'il y a des jeux extrêmement violents ou à caractère sexuel qui sont largement accessibles par des enfants de 9 ans par exemple.
La journaliste Sarah Martin du Guardian en Angleterre a même découvert qu'un personnage proposé à la fillette de 8 ans qu'elle représentait dans le jeu était une femme sexualisée. en talons hauts, tout simplement, sur qui d'autres personnages pouvaient déféquer. Oui, vous avez bien entendu, d'autres personnages pouvaient déféquer sur le personnage lié à cette fillette de 2-8 ans. Alors, que prévoit l'accord signé avec le Nevada pour 12 millions de dollars ? Eh bien, ces 12 millions serviront à financer les activités de loisirs non numériques pour les jeunes, comme celle des Boys and Girls Clubs aux Etats-Unis. C'est des genres de centres aérés à but non lucratif aux États-Unis. Roblox devra créer un poste dédié en interne pour traiter les plaintes liées aux mineurs, puisque aujourd'hui, de nombreuses plaintes restent sans réponse. Une campagne de sensibilisation sera lancée. Et surtout, elle a déjà commencé à mettre en œuvre des contrôles parentaux renforcés pour les moins de 16 ans. auparavant. C'était uniquement pour les moins de 13 ans.
Mais attention parents, depuis janvier 2026, Roblox exige une vérification de l'âge par reconnaissance faciale pour pouvoir utiliser ce qu'on appelle son chat ou le clavardage, comme on dit au Québec. La mesure est évidemment controversée parce qu'on se demande si la reconnaissance faciale est la meilleure façon de protéger les données personnelles, notamment de jeunes enfants. Reste à voir son efficacité réelle. D'ailleurs, au passage, Roblox fait face à plus de 140 autres procès aux Etats-Unis pour mise en danger des mineurs, notamment en raison du harcèlement sexuel qui s'y déroule.
Donc si vous laissez toujours votre enfant librement avoir accès à Roblox, vous savez à quoi il ou elle est exposé maintenant. Le résultat pour les parents qui souhaiteraient laisser leurs enfants allé sur Roblox. Ce sont que maintenant, certains jeux qui étaient très populaires mais considérés comme trop violents, ou à caractère sexuel, ne sont plus accessibles aux moins de 16 ans. Le chat, donc le clavardage, sera interdit au cours avant 9 ans.
Entre 9 et 16 ans, les échanges sont introduits graduellement mais avec des paramètres si complexes que franchement, les parents j'ai essayé de lire le mode d'emploi et on s'y perd. Il y a Trois types de tchats différents, des paramètres qui, par exemple, permettent aux 13-15 ans de discuter avec les 9-17 ans. On se demande, est-ce vraiment là la solution pour protéger les enfants sur Roblox ?
Au Canada, Roblox est l'objet d'un recours, également collectif, pour son caractère addictif et abusif. En septembre 2025, un recours à l'éducation. Le collectif a été déposé en Colombie-Britannique, à l'ouest du Canada, contre Roblox. Le plaignant est un jeune de 12 ans qui est nommé uniquement via ses initiales DJ, DJ, on pourrait dire en anglais. Il joue à Roblox depuis l'âge de 5 à 6 ans et il a dépensé entre 300 et 500 dollars en Roblox, la monnaie virtuelle qui accourt sur la plateforme Roblox. La poursuite à l'aggroblob s'est conçue avec des fonctionnalités addictives, manipulatrices et financièrement abusives. Ces fameux algorithmes qui prolongent le temps de jeu et encouragent les micros. Transactions, donc des petits achats qui, l'air de rien, s'accumulent et finissent par faire des gros montants au fur et à mesure. Des mécanismes s'apparaîtant à des jeux de hasard, dont nous parlait Maud Pernanfant. Et une conception visant à maintenir l'intérêt des joueurs le plus longtemps possible, au détriment de leur bien-être. DJ aurait développé des symptômes de dépendance, anxiété, dépression, irritabilité, troubles de la concentration. et des comportements antisociaux. Sa famille demande le remboursement des sommes dépensées par ce mineur pour l'achat du Roblox et pour les abonnements du Premium. Évidemment, comme c'est un recours collectif, tout enfant victime de ce genre d'abus peut se joindre à l'action en cours en Colombie-Britannique. Je pense qu'il faut être résident de la Colombie-Britannique malgré tout. c'est un pas tout. Le recours ajoute que le système de vérification d'âge de Roblox est inefficace et les contrôles parentaux extrêmement limités. Comme je le disais, il faut vraiment avoir un diplôme en contrôle parental Roblox pour réussir à s'en sortir vraiment.
Pour finir, en France, la haute commissaire à l'enfance Sarah L.Agri a récemment tiré la sonnette d'alarme sur Roblox. Elle a qualifié la patente de jeu de repère de pédocriminel, rien moins que ça. Elle appelle les parents à une vigilance maximale face à cette plateforme de soi-disant jeux en ligne où la messagerie permet à des inconnus d'entrer en contact avec les enfants. Roblox a répondu qu'ils font de leur mieux, mais clairement, les parents, beaucoup d'observateurs constatent que ce n'est pas vraiment une démarche très très active.
Conclusion, que retenir de tout ça ? Les jeux vidéo, surtout mobiles et gratuits. cachent de nombreuses microtransactions, de la collecte de données et du contenu inapproprié. Ce ne sont plus vraiment des jeux d'enfants, à mon sens. Les recours collectifs se multiplient, que ce soit au Québec ou en Colombie-Britannique ou évidemment les procès aux États-Unis comme on l'a vu, pour demander des comptes à l'industrie et notamment à Roblox qui est particulièrement sous le feu des critiques pour son manque de protection des mineurs. Parce que cette plateforme de jeu, avec ses dessins très enfantins, attire vraiment un public très très jeune de joueurs, donc environ 20% qui ont moins de 9 ans et ensuite un autre 20% qui ont entre 9 et 13 ans. Grands parents et éducateurs, parlez-en avec vos enfants, expliquez-leur les risques ou évidemment éviter leur d'aller sur ces plateformes tant qu'ils n'ont pas et bien un âge pour résister aux tentations. Signez la pétition du député Lionel Carman si vous êtes au Québec et que vous souhaitez une meilleure information sur les contenus des jeux vidéo. Et surtout, restez à l'écoute car ce dossier est loin d'être terminé. Merci de votre attention pendant cet épisode de Derrière Nos écrans. À la prochaine pour d'autres infos qui comptent pour ne pas vous faire enfumer à l'ère du numérique en roue libre.