Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue sur Deuxième Génération, le podcast qui explore les expériences des enfants d'immigrés. Je m'appelle Emeline et je serai l'hôte de ce podcast. Alors je suis super contente de vous retrouver ici pour ce premier épisode. La thématique que je vais aborder est à mon sens fondamentale, surtout si vous faites partie d'une minorité. Il s'agit de la représentation, se voir représenté. On va aborder plusieurs concepts dans cet épisode, que je vais scinder du coup en trois parties. La première partie, on va d'abord s'intéresser à la visibilité, puis on va voir comment la représentation dans les médias, les films, les lieux de pouvoir ou tout simplement dans l'espace public, et bien comment cette représentation influence l'image que l'on a de soi, de sa communauté, et comment elle influence également notre ambition. Dans la partie 2, on va s'intéresser aux modèles positifs, les exemples que l'on a, quels sont leurs rôles, Et comment leur position impacte-t-elle notre vision des choses ? Et enfin, dans la partie 3, parce que théoriser c'est bien, mais mobiliser des concepts et passer à l'action c'est mieux, on va voir comment on peut agir chacun à son échelle. La première fois que je me suis vue représentée, j'avais 7 ou 8 ans. Pour vous donner un petit peu de contexte, je suis métisse et ma maman qui est blanche. Et j'ai grandi qu'avec des frères. Et mes cheveux, ça a toujours été une vraie charge mentale quand j'étais enfant. Donc ma maman n'était pas habituée du coup à ma texture de cheveux. Et pour elle, c'était une galère de s'en occuper. Je vous remets également du contexte, à l'époque, c'était la mode du défrisage. Je vous parle des années 2000. Donc les produits adaptés aux cheveux frisés, bouclés, ce n'était pas du tout aussi accessible qu'aujourd'hui. Donc dans mon entourage, je n'avais pas de modèle féminin avec la même texture de cheveux que moi, qui me ressemblait. Donc je n'avais pas de personne vers qui je pouvais m'identifier. Et en fait, un jour à la télévision, je vois une pub, et je me rappellerai toujours de cette pub, c'est la pub Dope. Je ne sais même pas si la marée existe encore à l'heure actuelle. Mais en fait, c'était la première fois que je me voyais, que je voyais une enfant métisse avec des cheveux bouclés, frisés, mis en valant à l'écran. Et pas avec ses cheveux attachés ou lissés ou des frisages. Non, non, ses cheveux naturels, naturellement portés. Et le simple fait de voir cette pub, ça a changé le regard que j'avais sur moi-même. Parce que pour la première fois, je pouvais m'identifier. Et pour la première fois, je voyais une personne qui me ressemblait être mise en avant. En fait, vous voyez, la visibilité, elle agit également comme une validation silencieuse. Je me suis vu en fait validée, j'ai vu mes cheveux être validés. Et je me suis dit, ah ben en fait, moi aussi, moi aussi, je peux être représentée. Mes cheveux, ma texture de cheveux peut être représentée. Alors pourquoi c'est important de se voir représentée ? de façon individuelle ou collective. Vous connaissez le dicton qui dit « une image vaut mille mots » . Mais en fait, se voir représenté, voir une personne qui nous ressemble, dans un environnement où on n'est pas perçu comme étant la norme, ça crée une connexion un peu immédiate, un sentiment de familiarité. Et ça déclenche un processus d'identification. Je vous mets dans une situation que vous avez tous déjà connue. Vous arrivez dans un lieu, un événement, où vous n'avez pas l'habitude d'aller. Vous savez que vous allez être un petit peu en décalage. Vous allez être un petit peu mal à l'aise. Et là, en fait, vous croisez une personne. Et en un eye contact immédiat, vous savez, la personne elle sait aussi. Donc vous n'avez échangé aucun mot, mais vous vous êtes compris. Vous avez en fait trouvé votre point commun. Cette visibilité qui a tout de suite créé une connexion entre vous. En fait, ce point commun-là, ça peut être ce que vous voulez. Ça peut être le genre, la couleur de peau, l'accent, la langue, votre origine sociale. Bref, ce que vous voulez, mais ça doit avoir de la résonance pour vous, cette visibilité. Et en fait, à cet instant, en fait, sans un mot... en fait, vous ne vous sentez plus seul, vous n'êtes plus seul. Et ça vous donne également une légitimité d'être là. Mais être visible, en fait, ce n'est que la première étape. Ça veut juste dire que vous existez, que vous existez dans l'espace public. Mais ça ne veut pas du tout dire que vous êtes bien représenté. Et c'est là, en fait, que tout se joue. Il faut passer de la visibilité à la représentation. Et cette représentation, elle peut être positive ou négative. Donc une représentation positive renvoie une image juste, nuancée. Humaine en fait, tout simplement. L'individu est représenté avec ses émotions, ses contradictions, ses paradoxes, sa complexité. Il est montré dans toute sa diversité d'êtres humains, en dehors des clichés. Tandis qu'une représentation négative repose sur des stéréotypes qui sont figés, caricaturaux, voire déshumanisants. Et elle réduit les individus à une seule dimension, qui essentialise la personne à une seule chose. Votre origine, votre couleur de peau, votre genre, votre religion, votre communauté. Et en fait, c'est ça qu'on appelle l'essentialisation. Ça fige, ça caricature, ça vous enferme en fait dans une case et ça vous limite à votre groupe. Moi mon parcours il est classique. Rappeur, footballeur, marque de t-shirt, j'ai fait vraiment tout ce que les noirs classiques font. Des trajectoires de vie marquées de clichés, de préjugés et d'injustices. Comment cette représentation négative, comment les images déformées, stigmatisantes ou violentes, influençaient notre regard, le regard que nous avons sur nous-mêmes et la manière dont la société nous perçoit ? Mais en fait, le sociologue Stuart Hall explique que les médias ont joué un rôle fondamental dans la construction de notre compréhension des identités, qu'elles soient raciales, sociales ou de genre. Les films, les dessins animés, les séries, les journaux, tout cela alimente notre imaginaire collectif. Et cet imaginaire façonne ce que l'on pense être possible ou légitime pour certaines personnes. Or, les minorités y sont souvent caricaturées ou réduites à des stéréotypes. Ces représentations transmettent des messages... puissant et influence même notre perception de l'histoire. Je vous donne quelques exemples. Le premier exemple que je vous donnerai c'est les Native Americans, qui sont souvent représentés comme des sauvages, pas ce cow-boy qui sont eux les héros. Mais en fait d'ailleurs le simple fait qu'on les appelle encore aujourd'hui les Amérindiens, au pire les Indiens, en dit long sur l'impact de la narration des dominants sur les minorités. A l'école, on nous enseigne encore que c'est Christophe Colomb qui a découvert l'Amérique. Comme si en fait ce territoire était vide Merci. Ils n'habitaient en fait en niant l'existence des peuples qui y vivaient depuis des siècles. On continue à les appeler les Indiens, simplement parce que Colomb pensait être arrivé en Inde. Imaginez un petit peu. Donc ça en dit long sur la manière dont l'histoire, les représentations que l'on a, ont été fabriquées par les dominants et sur leur considération envers les populations et les cultures dites dominées. Le deuxième exemple que j'ai à vous donner, c'est le Middle East, les Arabes. quand ils sont cantonnés à des rôles toujours de terroristes dans les blockbusters américains. Ils ont toujours le mauvais rôle. Les hommes sont toujours représentés de façon violente, avec même des traits physiques de caractère qui façonnent la peur pour le spectateur. Ils sont toujours représentés dans la menace, alors que les héros américains vont être toujours représentés comme des sauveurs, comme des hommes bons et bienveillants qui apportent la paix sur la Terre. Mes chers compatriotes, alors qu'il y a des forces américaines et de la gauche qui ont l'obligé de faire face aux opérations militaires pour désarmer l'Irak, les peuples et protéger le monde d'un grave danger. Troisième exemple que je peux vous donner, c'est la représentation de l'Afrique, qui est montrée uniquement à travers le prisme de la guerre, de la famine, de la pauvreté, des déserts ou des épidémies. Et le noir également est relégué toujours à des rôles. de domestiques, de criminels ou d'esclaves. Enfin, quoi que. À la rigueur, il y a un petit côté positif ou de sportifs. Voilà. Dans la grande majorité. Je ne fais pas une généralité de toutes les représentations. Mais un autre exemple également, c'est les femmes qui portent le voile dans les séries grand public, surtout sur Netflix. En fait, qui sont souvent résumées à une quête d'émancipation de la part d'une famille oppressive, d'une culture oppressante qui les opprime. Non, cette image-là va renvoyer au fait que ces femmes-là ont besoin d'être libérées. Et bien sûr, comme dernier exemple, le cinéma américain, avec toutes ses productions Marvel, qui glorifie l'héroïsme américain, qui sauve le monde, c'est un exemple clair du soft power. Donc c'est utiliser la culture pour imposer un ordre idéologique. Dans ce contexte, la représentation devient un véritable outil de domination. Elle ne reflète pas simplement la réalité, elle la façonne au profit du groupe dominant. Elle renforce des stéréotypes négatifs, légitime les rapports de pouvoir existants et surtout, elle réécrit l'histoire. La réécriture de l'histoire et comment ça impacte nos représentations et comment on voit notre avenir et notre passé également, ça, ça fera l'objet d'un autre épisode parce qu'il y a tellement de choses à dire. Revenons à nos représentations. Ces représentations ne sont jamais neutres. Elles produisent des images mentales puissantes, autant chez ceux qui dominent que chez les personnes qui sont minoritaires. Lorsque l'on ne se voit que dans des rôles secondaires, stéréotypés, cela finit par jouer et par peser sur l'estime que l'on a de soi et de sa communauté. Ça réduit l'horizon, ça freine les dynamiques d'égalité. La question n'est donc pas seulement d'être présent à l'écran, ça ce n'est que de la visibilité, mais également de savoir comment on est représenté. à savoir Une représentation qui est positive et juste. Dans les années 90, ça c'est mes références de films, les personnes noires ou issues des minorités n'étaient que des figurants ou des personnages secondaires, peu développés, accessoires en fait. Je pense à des films comme Clueless ou Mean Girls, où la diversité est certes un petit peu là, mais en fait juste pour la déco. Et ce n'est que récemment que des rôles principaux commencent à être confiés à des minorités. Et c'est là qu'interviennent des figures comme Shonda Rhimes, qui a profondément transformé la télévision américaine avec des séries comme Grey's Anatomy, Scandal, How to Get Away with Murder, ou plus récemment la chronique des Bridgerton. Son choix est fort et engagé. Elle place des femmes noires, asiatiques, indiennes au centre de ses histoires. C'est des personnages qui sont complexes, puissants, intelligents, parfois vulnérables, mais surtout des personnes qui sont humaines. Des rôles qui auparavant étaient assez rares et peu développés. Et ces séries font plus que divertir. Elles changent la donne. Elles permettent à des générations entières de se voir autrement, de se reconnaître dans des figures crédibles. digne et inspirante. C'est un petit peu la même chose avec Black Panther. C'est un film qui a marqué un tournant majeur dans la représentation des Noirs au cinéma. Dans ce film, on ne se contente pas de donner un rôle symbolique à un personnage noir. On découvre tout un univers, autour d'un royaume africain fictif, certes, le Wakanda, où les personnes noires occupent des rôles de pouvoir, de savoir, de technologie, de noblesse. Des figures complexes, héroïques et puissantes, c'est loin en fait des stéréotypes habituels. Ce film a permis à des millions de spectateurs, notamment des jeunes, de se projeter autrement, de se voir dans des récits de grandeur, d'intelligence, de leadership. Il ne s'agissait pas juste de représentation, mais d'une réappropriation de l'imaginaire collectif et de son imaginaire également à soi. Le fait que dans ce film, on y présente une société entière et pas juste un héros, ça change également la dynamique de l'imaginaire collectif. Là, on y voit une société, un pays, africain, uni, avancé, souverain. Je rappelle que les noirs aux Etats-Unis... n'ont pas de lien direct avec l'Afrique. Ils ne connaissent pas leur pays d'origine, ni leur langue, pas même leur histoire familiale rattachée. Contrairement à nous, qui sommes une deuxième génération, qui avons quand même un lien beaucoup plus fort avec le pays d'origine de nos parents. Il y a une filiation qui est faite. On sait d'où on vient. On sait quels sont notre ethnie. Les Afro-Américains n'ont pas ça. D'accord ? Donc dans l'imaginaire collectif, l'Afrique, c'est un continent un peu disloqué, où on oublie... qu'il a conté de multiples royaumes forts. Que l'histoire d'Afrique, ce n'est pas juste l'épisode de l'esclavage et de la colonisation. En fait, ce film vient réparer en quelque sorte notre imaginaire collectif. Un autre petit contre-exemple qui me vient là, c'est La petite sirène, qui a été incarnée récemment par Haile Bailey, qui est cette actrice et chanteuse noire. Ce choix, il est certes engagé, ça on ne peut pas dire le contraire. Mais en fait, il s'agit quand même d'un... Disney, c'est fictif. Le fait que ça a déclenché une telle vague de réactions racistes complètement démesurées, c'est en fait le reflet que la représentation ça dérange. Et ça en dit long sur nos sociétés. Parce que là, dans ce cas-là, cette représentation, elle bouscule un peu l'ordre établi, les habitudes, les normes qui nous sont imposées. Mais le fait de bousculer ça, c'est essentiel. Et pour les enfants, pour les jeunes enfants, je ne sais pas si vous avez vu... Les nombres de réactions, de vidéos d'enfants, j'en ai une en tête là, où la petite fille disait « Oh maman, maman, maman, regarde, elle est noire. » Mais regardez à quel point c'est puissant qu'un message s'envoie, le message simple à une enfant. Tu peux être la princesse toi aussi, tu peux être au centre de l'histoire. Une femme noire peut être la princesse. Et je vais faire une petite transition avec la partie 2 de l'épisode qui va s'intéresser au modèle positif. Quels sont leurs rôles et comment ces figures peuvent inspirer d'autres générations ? Comment elles influencent ou même comment elles transforment également des trajectoires personnelles ou collectives ? On vient de voir, la représentation joue un rôle crucial dans le processus d'identification, surtout chez les enfants et les adolescents. Pouvoir s'identifier à quelqu'un, c'est rendre visible ce que l'on est et c'est s'autoriser également à être. Et c'est rendre possible une ambition. Et parfois, il suffit d'un modèle pour ouvrir tout un champ des possibles. Je vous donne trois exemples simples, mais assez explicites. Premier exemple, un enfant noir aux Etats-Unis qui voit Barack Obama devenir président. Deuxième exemple, un enfant en fauteuil roulant qui regarde les Jeux paralympiques ou qui voit une égérie en fauteuil roulant dans une publicité. Et troisième exemple, une jeune fille issue d'un milieu modeste, qui plus est d'origine maghrébine, qui voit Rachida Dati devenir ministre de la Justice. Maintenant... imaginer un peu la sensation, le ressenti, les émotions qui traversent ces enfants-là. Au-delà de se dire « Ah, on me voit ! » Ça va au-delà de ça. Ça dit également « J'ai le droit d'exister. » Et ça dit aussi, c'est possible même pour moi. Moi aussi, je peux faire des grandes choses. Pour illustrer le rôle des modèles positifs, ainsi que leur impact sur les populations minorisées, mais également sur les populations dominantes, on va analyser un exemple que vous connaissez tous et qui a fait l'objet d'études en psychologie ainsi qu'en sociologie. C'est l'élection de Barack Obama avec l'Obama Effect. L'élection de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, c'est bien plus qu'une victoire politique. Pour les plus jeunes d'entre nous qui ne l'ont pas vécu, je ne sais pas comment vous expliquer ça, et tout le monde voulait être américain à ce moment-là. C'était tellement incroyable à vivre, pourtant j'ai dit que j'étais petite. Mais cette élection, c'est une rupture historique dans un pays qui seulement, je le rappelle, quatre générations plus tôt, réduisait les noirs en esclavage. Obama est né en 1961. La fin de la ségrégation raciale, elle date de 1965. Autant dire qu'on parle d'un passé qui est très très très récent. Alors quels ont été les effets de son élection sur la population noire ? Le premier effet que ça a eu, ça a été de briser les stéréotypes et contrer la menace de stéréotypes. Donc les stéréotypes sont des deux côtés. La population dominante a autant de préjugés et de stéréotypes que la population minorisée a sur elle-même. Je répète, la population dominante a... autant de préjugés et de stéréotypes que la population minorisée en a sur elle-même. C'est Claude Steele qui a théorisé le concept de menace de stéréotypes. Une menace de stéréotypes, c'est par exemple, les filles ne sont pas bonnes en maths, les filles ne sont pas bonnes en sport, les noirs ne sont bons que dans le sport et pas pour les études. Ces deux exemples de stéréotypes négatifs peuvent limiter la performance et l'ambition des personnes qu'ils visent. Steele a mené une étude en 1995 pour analyser ce concept. Les chercheurs ont divisé des étudiants en deux groupes. Le premier groupe, on leur a dit qu'ils passaient un test pour mesurer leur intelligence. Le deuxième groupe, on leur a juste dit que c'est un exercice pour voir comment les gens résolvent des problèmes. On ne mentionne pas l'intelligence dans le deuxième groupe. Pour le premier groupe à qui on a dit qu'on mesurait l'intelligence, les étudiants noirs ont une performance nettement inférieure à celle des étudiants blancs. Alors, pour l'autre groupe, pour lequel on n'avait pas mentionné l'intelligence, les performances des étudiants noirs et des blancs étaient similaires. Ça prouve bien, en fait, que la menace de stéréotype qui dit « les noirs ne sont pas intelligents » , ça agit comme un stress invisible sur les étudiants noirs. Du coup, comme un modèle positif tel qu'Obama, qui devient président, ça contredit, en fait, ce stéréotype qui a été intégré par les minorités, qui dit qu'un homme noir, là maintenant, il est capable, en fait, intellectuellement d'être président. Un homme noir peut accéder aux plus hautes fonctions. L'élection de Barack Obama vient contrer cette menace de stéréotypes. Le deuxième effet que l'Obama Effect a eu, c'est le renforcement de l'estime de soi et de la confiance en ses capacités. Ça découle évidemment du premier. Il faut savoir qu'on apprend en observant les autres. Plus le modèle qu'on imite nous ressemble, et plus nous nous identifions à lui. Ça c'est la théorie de l'apprentissage social de Bandura. Donc voir une personne qui nous ressemble réussir, renforce en fait l'auto-efficacité, c'est-à-dire la croyance que nous pouvons nous aussi réussir. L'étude de l'Obama Effect menée en 2009 a étudié les performances scolaires avant la nomination de Barack Obama et après son élection entre deux groupes d'étudiants blancs et noirs. Les résultats de cette étude montrent qu'avant les élections, les étudiants noirs obtenaient en moyenne des scores inférieurs à ceux des étudiants blancs. C'est la menace de stéréotype dont on vient de parler. Et après l'élection, les écarts disparaissent. Les étudiants noirs ont amélioré significativement leur score et il n'y avait plus de différence de résultat entre les étudiants noirs et les étudiants blancs. L'estime de soi, la confiance en soi et leur motivation se sont améliorées en enlevant cette menace de stéréotype et en ayant un modèle positif intellectuel auquel ils pouvaient s'identifier. Le problème est que cet effet est temporaire. D'où l'importance d'avoir plusieurs modèles visibles et constants. Le troisième effet observé de l'Obama Effect, c'était l'élargissement du champ des possibles, avec une ambition qui était plus élevée des étudiants issus des minorités. Il faut savoir que statistiquement, selon votre milieu social, vous avez six fois plus de chances de reproduire la trajectoire professionnelle de vos parents. C'est-à-dire que si vos parents sont ouvriers, vous avez beaucoup plus de probabilités de l'être vous aussi. Et si vos parents sont cadres, c'est la même chose. C'est ce qu'on appelle la reproduction sociale. Et ce n'est pas une question de talent, de mérite individuel, pas du tout. C'est une question d'accès, d'opportunité, de réseau, de code social qu'on vous transmet ou pas. Et c'est également une question de modèle visible. Et c'est là en fait que les figures inspirantes jouent un rôle clé. Voir quelqu'un qui nous ressemble, qui vient d'un milieu similaire au nôtre, Réussir en fait dans un domaine où on ne nous attend pas, ça change tout, parce que ça prouve que c'est possible. Même si personne dans notre entourage n'a jamais pris ce chemin-là. Ça rend en fait l'inaccessible un peu plus atteignable, et ça légitime votre envie d'y aller. Prenons l'exemple de Tiger Woods, qui fait du golf. C'est un sport historiquement élitiste, très blanc, très codifié. Donc quand un jeune qui vient d'un milieu populaire, il voit Tiger Woods briller dans ce sport, il ne voit pas juste un champion. Il voit une brèche, il voit une voie, il voit une nouvelle ambition qui devient pensable et accessible également pour lui. Et c'est exactement ce qu'on a vu avec l'élection de Barack Obama. Après son arrivée à la présidence, les inscriptions dans les universités américaines ont bondi chez les jeunes noirs, mais également chez les hispaniques. Pourquoi ? Parce qu'il a incarné une possibilité, il a élargi l'horizon. Et c'est ça le rôle des modèles positifs, ce sont des phares. Ils viennent éclairer des chemins invisibles jusque-là. Et parfois, il nous montre même des routes qu'on n'aurait jamais osé imaginer. Le quatrième effet que l'élection de Barack Obama a eu, c'était le fait de légitimer la présence des minorités dans des espaces qui étaient dominés par la majorité. L'élection d'un homme noir à un poste de pouvoir où historiquement cet espace lui était inaccessible, ça change la place qu'on assigne aux minorités. Parce qu'on grandit tous avec une image, souvent implicite, de ce qu'est notre place. ou de ce que notre place est censée être. Certains espaces semblent réservés, intimidants, hors de notre portée. Et ce n'est pas juste une impression. Ce sont des héritages sociaux, des rapports de pouvoir et des exclusions qui sont historiques. Récemment, d'ailleurs, un député RN a déclaré « Les Maghrébins n'ont pas leur place dans les hauts lieux de pouvoir. » D'où l'importance d'avoir des modèles positifs qui ressemblent aux minorités, qui bousculent cet ordre établi. et qui change les places qu'on assigne aux minorités. Avec cette élection, il y a aussi eu un renforcement de l'engagement civique, une mobilisation plus massive pour aller voter. Ça a provoqué de façon temporaire encore une réconciliation entre la sphère politique et l'espace public dans son ensemble. Et donc les minorités se sont dit « Ah, en fait, je fais partie de ce pays, et j'ai également un mot à dire, et ma voix peut compter. » Maintenant... Quels ont été les effets de l'élection de Barack Obama sur la perception des minorités par la population dominante, à savoir dans cet exemple-là, la population blanche ? En fait, il faut savoir que pour eux, il y a un verrou qui a également sauté. Une personne issue d'un autre groupe que leur groupe dominant a eu accès à la fonction suprême. Pour eux, en premier point, ça a changé également les stéréotypes. Barack Obama, c'est le contre-stéréotype à lui tout seul. L'image d'Obama a permis de déconstruire certains clichés racistes, comme quoi maintenant, un homme noir peut être éloquent, posé, présidentiable. Le deuxième effet que ça a eu, c'est une banalisation de la présence noire dans l'espace de pouvoir. Banalisation, le terme est un petit peu fort. Mais au moins, un homme noir peut incarner le pouvoir. Et le troisième effet, ça a eu également un effet miroir sur les entreprises, les médias. La diversité, c'est un petit peu tendance. Des figures noires ont été valorisées dans la pub, dans les médias mainstream. Ce qui a permis d'augmenter la visibilité des minorités dans la population. L'élection de Barack Obama a changé un peu la perception de ce qui est possible, de ce qui est accessible. Cela a également transformé la vision que l'autre, quand je dis l'autre, la population dominante, a sur les groupes minorisés. Et pour les minorités, la représentation... ouvre des portes et permet de redéfinir ce que l'on considère comme atteignable. C'est un levier puissant sur les ambitions, les rêves ainsi que les objectifs. Mais toutefois, cet effet Obama, donc l'Obama Effect, aussi puissant soit-il, il ne suffit pas du tout à effacer des décennies, voire des siècles d'illustres, de biais ancrés. Une autre étude menée à la même période vient nous le rappeler. Des chercheurs ont montré à des participants plusieurs images du visage d'Obama. Certaines étaient retouchées pour le faire paraître plus clair de peau et d'autres photos étaient retouchées pour le faire paraître plus foncé. On leur a simplement demandé laquelle... de ces deux photos vous semble être le plus fidèle à la réalité. Et les résultats sont assez frappants. Les personnes qui étaient favorables à Barack Obama avaient tendance à le voir plus clair que ce qu'il n'était. Et les personnes qui lui étaient hostiles, qui étaient en défaveur de Barack Obama, choisissaient la représentation la plus foncée de lui. Ça veut dire quand même que la perception de la couleur de peau, elle est influencée par nos opinions politiques. mais également par nos biais inconscients. Et inversement, on revient à la menace de stéréotypes, dont le stéréotype disant que les hommes noirs ont l'air plus menaçants. Donc les personnes hostiles à Barack Obama le voyaient comme plus noir, alors qu'il est métisse. Les personnes qui lui étaient favorables le voyaient comme plus blanc. Parce que dans l'imaginaire collectif, l'homme blanc a un capital sympathique plus important que l'homme noir. Du coup, est-ce qu'il faut se réjouir de voir des modèles positifs ? Oui, c'est important, mais il ne faut pas se limiter à ça. L'élection de Barack Obama, oui, c'était bien, mais ça a duré un temps. Les violences policières n'ont pas diminué pour autant. Les personnes noires n'ont pas arrêté d'être discriminées pour autant. Du coup, je vais faire un parallèle et je vais vous poser la question. Est-ce que les modèles positifs sont-ils pour autant nos alliés ? Du coup, les complexes continuent encore de s'empiler. Vous m'avez traité de nègre, monsieur l'agent, mais vous êtes entier. Il est important de mentionner ces figures issues des minorités qui, une fois arrivées au sommet, trahissent, volontairement ou non, inconsciemment ou non, leurs conditions d'origine, qu'elles soient sociales, communautaires, religieuses ou raciales, bref. En fait, ces personnes deviennent alors des alibis du système, des preuves vivantes qu'il suffirait de mériter, de travailler dur pour s'en sortir, en justifiant la... méritocratie. Et pire, elles sont parfois utilisées contre leur propre communauté. La sociologue Nancy Fraser parle alors de reconnaissance sans redistribution, c'est-à-dire qu'on célèbre la diversité symbolique sans changer les règles structurelles du jeu. Et le philosophe Frantz Fanon, dans son livre Peau Noire, Masque Blanc, décrit très bien ce malaise. Il dit « Le colonisé qui, pour être accepté, finit par intérioriser les codes du dominant jusqu'à défendre un système qui l'écrase. » C'est bien pour ça que la représentation ne suffit pas, la visibilité de base ne suffisait pas, la représentation ne suffit pas non plus. Avoir des figures issues des minorités à des positions de pouvoir ne garantit pas qu'elles agissent en faveur de leur communauté. Et ça, on a de multiples exemples, que ce soit aux Etats-Unis ou en plus proche de nous, en France. Et d'ailleurs, aux Etats-Unis, on a eu Condoleezza Rice qui fut la première femme noire secrétaire d'Etat qui a soutenu la peine de mort dans un pays où le système carcéral est notoirement injuste envers les personnes noires. Dans la partie précédente, je parlais d'Obama, mais Obama lui-même est l'exemple même d'un modèle positif qui n'est pas notre allié. Malgré son image de symbole, il n'a absolument pas mis fin aux violences policières. Elles se sont même intensifiées sous son mandat. Un personnage qui vous parlera bien plus, et plus d'actualité, Kanye West. Il a soutenu Trump, tout en minimisant l'esclavage. J'ai également parlé de Tiger Woods, mais lui, par ses déclarations, il a souvent nié l'importance de son identité noire. Ces figures, loin de déconstruire le système, elles le légitiment. Un autre exemple de l'utilisation des personnes noires ou d'autres minorités pour assouvir un système, c'est les résolutions du cessez-le-feu dans le génocide en cours à Gaza. Les Etats-Unis ont systématiquement envoyé une personne noire pour rejeter le cessez-le-feu. Ce n'est évidemment pas un hasard. Ce choix est stratégique. Envoyer une personne noire pour porter une décision impopulaire Un populaire, c'est faible comme mot, littéralement immoral, ça permet aux institutions de se dédouaner symboliquement. Ça donne l'illusion d'une diversité dans la prise de décision, dans un pluralisme moral. Alors qu'en réalité, ces figures servent de paravent à des politiques injustes. Le message sous-jacent, c'est « regardez, ce n'est pas le système qui est violent. Ce sont aussi des personnes issues des minorités qui défendent cette position. » Donc le noir, en fait, il devient un alibi. Il est instrumentalisé. Vidé de toute complexité, il est juste là pour incarner la légitimité d'un pouvoir qu'il ne contrôle pas lui-même. En fait, ce n'est plus une voix qu'on écoute, c'est une image qu'on utilise. En France aussi, on est pas mal lotis par rapport à ça. Le système sait habilement se servir des figures issues de l'immigration, des minorités, pour valider des politiques répressives ou discriminatoires. Des personnalités comme Gérald Darmanin, qui aime rappeler qu'il s'appelle Moussa tout en tenant des propos racistes, on a Rachida Dati ou encore Éric Zamour, qui s'acharnent sur les Maghrébiens pour mieux faire oublier ses origines algériennes. Ces personnes incarnent cette instrumentalisation. Leur ascension sert souvent d'alibi à un pouvoir qui prétend l'inclusion tout en perprétant l'exclusion. En trahissant symboliquement leur connaissance d'origine, ils deviennent alors les visages légitimes d'un système qu'ils auraient dû questionner. Et c'est là qu'est toute la complexité. On dit parfois que ces figures veulent être plus royalistes que le roi. Pour ne pas perdre leur place, pour prouver qu'ils méritent d'être là, ils adoptent les codes et les discours du pouvoir et sont parfois eux-mêmes les plus extrêmes, quitte à se couper de leur communauté. C'est une forme d'autodistinction, comme dirait Pierre Bourdieu. Ils veulent se démarquer des autres dominés pour être reconnus par les dominants. Ce n'est pas uniquement lié à la race ou au genre. C'est aussi une question de classe sociale. Les personnes qui ont grandi dans des milieux populaires, une fois arrivées dans les hautes sphères, peuvent ressentir une peur viscérale de retomber dans leurs conditions d'origine. Alors, ces personnes-là s'adaptent. Elles surjouent. Elles se fondent. Il y a une étude qui a été menée par... Beverly Tatum, qui est psychologue et spécialiste des dynamiques identitaires, montre que certaines personnes racisées, dans des espaces majoritaires, adoptent des stratégies d'effacement ou de surloyauté au système pour survivre. Voilà pourquoi il faut vraiment faire attention et bien distinguer l'effet symbolique de leur présence, qui, oui, leur présence, la visibilité, permet un processus d'identification, de projection et tous les effets qu'on a mentionnés avec le Obama Effect, et en fait distinguer ... Cela de leur position politique et de leur système de valeurs. Et à l'inverse, certaines personnes utilisent leur visibilité pour élever les autres et dénoncer le système au risque de perdre les privilèges qu'on leur a concédés. Et ce sont eux, les réels modèles positifs, qui sont vos alliés. Pour illustrer mon propos, je vais rebondir sur Kendrick Lamar, qui lui a utilisé sa performance au Super Bowl, qui est un des événements les plus médiatiques aux Etats-Unis, pour rappeler que les artistes noirs sont souvent célébrés tant qu'ils divertissent, mais ils sont invisibilisés quand ils dénoncent. Et ça en fait, il s'agit de la visibilité contrôlée, c'est-à-dire on veut bien vous voir, mais vous devez respecter les règles. L'extrait qu'on vient d'écouter fait justement référence à tous les préjugés qu'il y a sur la communauté noire aux Etats-Unis. Sous-entendu qu'ils sont trop bruyants, trop dérangeants. Et en fait là, « Do you really know how to play the game ? » C'est vraiment pour dire, si tu veux jouer le jeu, ne sois justement pas trop brillant, pas trop dérangeant, pas trop toi. Ne viens pas avec ton identité, ta culture, ta colère ou tes convictions. Et juste après ça, c'est à ce moment-là que Kendrick Lamar chante « They don't like us » . et vraiment pour répondre non, je ne vais pas jouer à ce jeu-là. Il y a énormément de scènes dans son spectacle où il fait énormément de références à des moments historiques, notamment, il fait une référence à Colline Kaepernick qui, en 2016, s'était ajonniée pendant l'hymne national pour protester contre les violences policières et les injustices raciales, ce qui avait déclenché une tempête médiatique et qui avait, par ailleurs, signé la fin de sa carrière. Donc, en fait, prendre position a des conséquences. Dénoncer les choses a des conséquences où vous risquez de perdre vos privilèges. Il ne faut surtout pas se leurrer. Le système va laisser passer certains d'entre nous, atteindre des hautes fonctions pour justifier la méritocratie. Mais en quelque sorte, le système demande à ces personnes-là de légitimer le système qui est en place. Des preuves possibles et disponibles pour vous maintenir dans une position hyper instable. Et de vous faire vraiment rentrer dans une dissonance cognitive qui fait que vous vous posez la question, oui mais le problème c'est si je dénonce, si je dénonce ce système, si je prends position, je risque de perdre ma position et de perdre mes privilèges. Et qui plus est, nous met également dans une dissonance cognitive qui fait que si on n'a plus de pouvoir, on ne peut plus non plus agir pour nos causes et pour les valeurs qu'on défend. Ce qui oblige en fait ces personnes à être maintenues en fait dans un système de neutralité. Vous voyez, ces personnes qui ne prennent pas position, qui ne vont pas, entre guillemets, jouer le rôle du système de l'approuver, mais qui vont quand même jouer le jeu du système de ne pas dénoncer, de rester dans une certaine zone de neutralité. Je ne prends pas position, je ne me mets pas en danger. Vous voyez ? Vous voyez très bien de quoi je parle. C'est pour ça que je réinsiste, pour que chacun de nous, à notre échelle, donne de la force et donne du gaz aux bonnes personnes. Aux personnes qui seront prêtes à justement perdre leurs privilèges pour pouvoir aider d'autres personnes. Perdre leurs privilèges pour pouvoir dénoncer des comportements qui ne sont pas en cohérence avec leur système de valeurs. Des personnes qui ne vont pas se trahir et qui ne trahiront pas la communauté ou la condition dans laquelle ils viennent. Et je vais citer une phrase de Michelle Obama qui, elle, également, est un modèle positif, mais que je ne considère pas, selon mon principe de valeur, comme étant une alliée. Elle dit, chaque fois qu'une porte s'ouvre pour l'un d'entre nous, nous devons nous assurer qu'elle reste ouverte pour les autres. Et en fait, c'est ça, c'est ça être un vrai modèle. C'est quelqu'un qui tire vers le haut, qui se souvient d'où il vient. Et pas celui qui devient l'outil du système pour dire, regardez, moi j'ai réussi. Si toi tu n'y arrives pas, c'est que tu ne le mérites pas. Alors maintenant, on va passer à la partie pratique. Je vais vous proposer un petit exercice pour déterminer qui sont vos modèles positifs et qui sont vos alliés également. Sur un papier ou mentalement. Vous allez choisir trois personnes que vous admirez, qui vous inspirent, qui vous donnent de la motivation, un peu vos personnes goals. Ça peut être une célébrité, un artiste, une personne de votre entourage, un membre de votre famille, peu importe. Notez tout ce que vous aimez chez elles et tout ce qui vous inspire chez elles. Maintenant, posez-vous la question, pourquoi cette personne vous inspire ? Est-ce que c'est son parcours, sa personne, ses prises de position, sa carrière, son argent ? Bref, ce que vous voulez. Maintenant, analysez le parcours de ces personnes. D'où viennent-elles ? Quelles étaient leurs conditions d'origine ? Qu'ont-elles traversé ? Comment sont-elles devenues qui elles sont maintenant ? Et posez-vous la question, est-ce que le système de valeur de cette personne correspond à mon système de valeur ? Et est-ce que cette personne pourrait m'aider ou aider la communauté ? Si la réponse à cette question est non, alors cette personne est certes un modèle positif, mais ce n'est pas votre allié. Maintenant, on va parler de vous. On va tenter de s'analyser un petit peu. Vous, qui pensez-vous que vous inspirez ? Et quels sont les caractéristiques que vous avez qui pourraient inspirer d'autres personnes ? On a souvent tendance un peu à minimiser l'impact qu'on a sur les autres, mais ne négligez surtout pas ça. Et si vous voulez agir concrètement, devenir un modèle positif, un mentor, pour laisser la porte ouverte aux suivants, il existe un programme de mentorat avec l'association ADMA. Je vous mets toutes les infos en description avec les sources utilisées dans ce podcast. Alors dès aujourd'hui, favorisez la représentation autour de vous. Partagez les projets de personnes qui vous ressemblent. Donnez de la force à des voix qui sont minorisées. Donnez de la force aux modèles positifs qui sont vos alliés. Racontez également vos réussites, même les plus petites. Pas par ego, mais pour ouvrir des portes, ouvrir des champs des possibles. Et si vous avez des enfants, des petits frères, des neveux, des nièces, choisissez des histoires où ils peuvent se reconnaître. Des livres, des dessins animés, des films avec des héros qui leur ressemblent. Qu'ils puissent se voir courageux, curieux, brillants, sensibles, intelligents. Qu'ils puissent se voir possibles. Et surtout, arrêtez de donner du gaz à des artistes et des films, des personnalités qui sont devenus des alibis du système. Qui se servent de leur plateforme pour éteindre les autres ou pour asseoir une vision biaisée du monde. C'est pas facile, mais c'est simple. Faites du tri, faites des choix. Et surtout, soyez ce modèle que vous auriez. aimer avoir. Voilà, c'est la fin de ce podcast. Merci de m'avoir écoutée. Si cet épisode vous a parlé, si vous pensez qu'il peut être utile à quelqu'un autour de vous, partagez-le, discutez-en et envoyez également vos retours. Vous pouvez aussi m'écrire à l'adresse ladeuxemegénération, tout collé, arrobase gmail.com pour vos questions, vos réflexions et si vous souhaitez intervenir également dans un épisode, ce sera avec plaisir. Je vous invite également à mettre 5 étoiles sur la plateforme que vous utilisez pour écouter ce podcast. Et on se retrouve dans deux semaines pour le prochain épisode.