Speaker #0Salut, c'est Amy et Laurie. On est toutes les deux fondatrices de Devenir Mère ou Pas. On t'accompagne autour de la question fondamentale de la maternité et de la non-maternité avec nos programmes Motherhood. Soit on t'aide à t'acheter un peu plus de temps avec Préserver ses ovocytes où on t'explique tout ce qui en est de cette procédure et surtout comment la vivre avant, pendant et après. Soit on t'aide effectivement à décider si tu veux un enfant ou pas avec notre programme Décider d'avoir un enfant ou pas. Tout est dans le titre. Et aujourd'hui... j'ai envie de te parler d'un sujet super important dans cet épisode de podcast. Parce qu'il y a quelque chose qui revient tout le temps avec les personnes qu'on accompagne, c'est le regret. Devenir mère ou pas, c'est pour t'aider à y voir plus clair et surtout à te rappeler que c'est toi qui décide. Tu as le droit de devenir mère ou pas. Et moi-même, je me suis déjà entendue dire cette phrase suivante, que peut-être toi aussi, de ton côté, tu as. C'est... Je ne sais pas si je veux un enfant, mais je sais que je ne veux pas regretter de ne pas avoir d'enfant. Et quand je l'ai entendu sortir de ma bouche, j'ai vraiment compris quelque chose. En fait, j'ai compris que je ne parlais pas d'élan, je ne parlais pas de désir, mais je parlais de peur. En fait, j'avais hyper peur de passer à côté de quelque chose, de rater quelque chose qui transcende un peu, de connaître la sensation d'avoir un enfant dans mon ventre. J'avais peur de ne pas vivre l'amour inconditionnel. dont beaucoup de femmes parlent, dont ma mère m'avait parlé aussi très fortement. Et en même temps, j'avais vraiment fondamentalement peur de me tromper, peur de renoncer à quelque chose, à mon couple que j'aimais, à une certaine forme de liberté. Alors aujourd'hui, j'ai envie d'explorer ça avec toi. Comment est-ce que le regret joue ou non dans la décision ? Est-ce que le regret peut s'apparenter à une sorte de désir ? Ou est-ce qu'il raconte autre chose ? Je me suis rendu compte que quand je disais « j'ai pas envie de regretter de pas avoir d'enfant » , en fait, je disais pas forcément « j'ai envie d'avoir un enfant » . Et d'ailleurs, je me retrouvais entre les deux éléments. À la fois, je voulais pas regretter d'avoir un enfant, mais en même temps, j'étais pas sûre d'avoir vraiment envie. En fait, je disais plutôt que je veux pas passer à côté de la sensation unique, je veux pas... découvrir trop tard que c'était quelque chose d'important pour moi. Et donc là, en fait, il y avait beaucoup de couches de peur qui se superposaient. Beaucoup de questions. Je t'en livre quelques-unes parce que peut-être que ça fait écho aussi pour toi. Si je n'ai pas d'enfants, est-ce que je vais décevoir mes parents ? Si je n'ai pas d'enfants, est-ce que je vais les rendre tristes ? Est-ce que je vais leur enlever la joie d'être grands-parents ? On est deux enfants et mon frère et moi, il y a juste un enfant. un petit enfant aujourd'hui. Donc je les prive d'une certaine partie de leur grand maternité. Et j'avais aussi très envie de leur faire plaisir. Mais est-ce que... Enfin, faire plaisir. Faire plaisir à mes parents, les rendre heureux autour de ça, m'inscrire dans une logique de maternité avec ma grand-mère, ma mère, moi. Mais est-ce que vouloir faire plaisir, vouloir avoir un enfant pour... Pour mon propre désir, mais aussi pour le désir des autres, est-ce que c'est vraiment un désir de maternité ? J'ai l'impression qu'on peut aussi vouloir éviter une douleur future sans vouloir la réalité qu'il implique. C'est comme si on pouvait vouloir éviter le regret sans vouloir un enfant. Comme si on voulait éviter la déception sans devenir mère. C'est très paradoxal. Il y a vraiment cette idée que l'envie attire, j'ai envie d'aller vers ça, et en même temps la peur... bloque, la peur contracte. Et moi, à ce moment-là, je n'étais pas du tout dans l'expansion, j'étais vraiment plutôt en vigilance, j'étais vraiment connectée à ma peur. La peur, elle est très particulière parce qu'elle sur-simplifie les choses. Elle transforme une question complexe, la question de la maternité et de la non-maternité, en un ultimatum. C'est maintenant que tu dois décider d'avoir des enfants ou c'est t'en auras jamais. Tu vas passer à côté de quelque chose. Donc il y a quelque chose et il n'y a rien. Tu vas regretter d'avoir des enfants. Tu vas regretter de ne pas avoir d'enfants aussi. La peur, elle met une pression. Elle met une pression incroyable et tout devient binaire. Soit tu fais un enfant, soit tu ne fais pas d'enfant. Mais pour moi, il y avait autre chose qui se jouait et peut-être que ça fait aussi écho avec toi. J'avais vraiment envie de vivre pleinement mon couple, de l'explorer, de prendre ce temps-là à deux et de le construire sans échéance. au-dessus de nos têtes. J'étais aussi confrontée au fait que j'étais pas très au clair avec mon propre désir de maternité, mes propres envies, alors que mon compagnon, lui, l'était complètement. Et du coup, je me retrouvais un petit peu coincée entre deux élans. Soit rater l'expérience de la maternité, parce que mon compagnon ne voulait pas être père. Soit sacrifier un couple avec un amour qui existait déjà. Et quelque chose qui est fondamental, c'est de me dire, en fait, sous la menace, personne choisit librement. Sous la menace, on se sent juste pressurisé. Et on choisit simplement pour éviter la catastrophe que j'imagine. Et donc moi, je me voyais dans cette situation en me disant, en fait, si je veux éviter la peur de regretter d'avoir des enfants, du coup, il faut que je décide aujourd'hui de quitter un couple que j'aime, un couple dans lequel je me sens bien. Le problème, c'est que ne rien faire sous la peur n'est pas toujours possible. Parce que le temps avance, le corps change et que certaines décisions ont une temporalité réelle. Alors comment est-ce que je peux décider sans que la... peur soit la seule voie dans la pièce ? Comment est-ce que je peux décider sans laisser la peur décider pour moi ? Dans mon couple, la question n'était pas très abstraite. Elle était vraiment archi-concrète. Est-ce que je vais regretter de rester dans mon couple et de fermer la porte à un enfant ? Ou est-ce que je vais regretter de partir pour l'hypothèse que peut-être je pourrais faire un enfant avec quelqu'un d'autre ? En fait, choisissez pas entre un oui et un non. Choisissez entre un amour réel, concret Merci. au quotidien, que je pouvais ressentir dans le quotidien, et une possibilité de quelque chose d'enviable, pour moi en tout cas, mais qui était quelque chose de futur. Et en fait, dans chaque scénario qui était présent, le regret était là. Donc j'étais coincée entre le regret de quitter un couple dans lequel je me sentais bien, et le regret dans lequel peut-être ne pas avoir d'enfant. Donc en fait, j'étais perdante sur tous les aspects. Et le jour où j'ai réalisé que j'étais perdante dans tous les aspects, en fait, ça m'a complètement libérée dans ma décision. Je me suis dit qu'en fait, je cherchais pas une réponse. Je cherchais une garantie. Je cherchais une certitude que j'allais prendre des choix de vie qui feraient que je me tromperais pas. Que j'allais prendre des choix de vie qui feraient que je ne regretterais pas ma vie. Et le jour où j'ai réalisé ça, je me suis dit qu'en fait, c'était pas possible. Que la vie est par définition incertaine. Que ça fonctionne pas à la certitude. En fait, elle fonctionne à... autre chose, à des sensations corporelles, à une incarnation, pas à quelque chose d'imaginer. Et ce que j'avais pas du tout envie de vivre, c'était une vie où je décidais par peur. Donc je préférais prendre la décision dans l'incertitude mais pas par peur. Alors c'est peut-être la partie où tu peux prendre le temps, toi, d'essayer d'explorer ce que c'est pour toi. D'où est-ce que tu décides ? Parce que le regret, c'est pas une intuition. Le regret, c'est une projection. C'est un film mental où peut-être dans 10 ans ou dans 20 ans, tu te vois dire, peut-être toi-même tu t'imagines dans une situation et tu te dis, ah j'aurais dû faire ça. Et peut-être fais l'exercice là maintenant. Peut-être que cette projection aujourd'hui, elle est nourrie par tous les récits que tu peux entendre. Par les expériences qu'on te raconte, les attentes familiales. les normes sociales, peut-être les normes de tes amis autour de toi. Et que la question qu'on pose peu finalement, c'est la question de qu'est-ce que tu désires profondément ? Qu'est-ce que tu désires profondément et pas de quoi as-tu peur dans le futur ? On nous demande plutôt si tu regrettes, surtout quand on partage le fait qu'on ne sait pas si on veut des enfants ou pas. La peur devient la boussole. On choisit pour éviter. Ah ben, je vais faire un enfant parce que j'ai peur de regretter de ne pas en avoir. Donc, je vais faire un enfant. Et du coup, la peur devient la boussole. On choisit pour éviter. On choisit pour éviter la solitude, la déception, éviter le manque. Mais choisir pour éviter, ce n'est pas du tout la même chose que choisir pour vivre. On ne vient pas du tout du même endroit. Pour moi, la question à se poser aujourd'hui, là, et la question que j'ai envie de te poser fondamentalement, c'est... Et quand je pose cette question-là, en enregistrant cet épisode de podcast, je fais vraiment le geste du cœur de détripe. De quel endroit est-ce que tu décides ? Est-ce que tu décides de la peur de rater quelque chose, de la peur de décevoir quelqu'un, potentiellement toi, ou est-ce que tu décides depuis un désir qui t'appartient ? Parce qu'en fait, la vie est complètement incertaine. On ne peut pas du tout supprimer la possibilité du regret. Toute décision implique un regret potentiel. Mais par contre, tu peux refuser de laisser la peur décider à ta place. Alors, il y a aussi quelque chose qui est important et qui, je pense, doit être nommé ici. C'est que le regret peut être amplifié par le temps. Tu vois, notamment dans le cas de la question de la maternité ou de la non-maternité, le regret, on a peur de fermer une porte trop tôt. Et parfois, la préservation ovocitaire, chose que j'ai faite moi aussi, peut espérer changer cette dynamique. Ce n'est pas vraiment une garantie, mais c'est vraiment quelque chose qui te crée un espace, qui te promet cet espace. Elle ne te promet pas que tu aies plus de temps pour décider ou pas et que la décision soit plus facile, mais elle te... omet l'espace pour explorer ton désir et ton non-désir. Donc vraiment sans cette pression immédiate du c'est maintenant ou c'est jamais. Et c'est aussi pour ça qu'on a créé ce programme Préserver ses ovocytes, parce que c'est aussi un espace dans lequel tu peux t'acheter du temps. Tu peux comprendre aussi médicalement tout ce que ça implique pour toi, qu'est-ce que ça permet vraiment. Donc il y a tout le processus médical, mais en fait il y a tous les chiffres aussi. Donc qu'est-ce que ça permet vraiment ? cette préservation vocitaire. Ce que ça ne permet pas, ça ne permet pas nécessairement de décider plus facilement. Mais ça permet de prendre du temps et mettre un petit peu moins de pression et donc un peu moins de peur. Et peut-être te connecter un peu plus facilement à ton désir. Et ça te permet aussi de pouvoir décider avec l'information, le temps et le soutien. Alors voilà, je ne vais pas te dire clairement quoi faire. Par contre, tu peux te poser ces quelques questions. Quand je parle de regrets, est-ce que... Tu parles d'un désir ou est-ce que tu parles d'une peur de rater, d'une peur de décevoir, d'une peur de perdre ? Si la peur s'apaisait, qu'est-ce qui resterait pour toi ? Autant de questions que tu peux explorer ici dans le podcast, mais si le cœur t'en dit, tu peux aussi aller en librairie et aller acheter notre livre Tu vas regretter de ne pas avoir d'enfant qui traite ce sujet-là et qui te pose plein de questions autour de ton désir et de ton non-désir pour clarifier, affiner ton désir et prendre cette décision de manière sereine. Tu peux aussi t'acheter du temps avec notre programme Préserve tes ovocytes et aller sur notre site internet devenirmèreoupa.com ou sur notre Instagram où tu auras beaucoup de ressources autour de ce sujet-là. Alors, j'ai très hâte que tu nous dises ce que tu penses de ce sujet-là, du regret. Si cet épisode t'a parlé, s'il te plaît, mets-nous 5 étoiles, ça va permettre de faire connaître notre travail. Avec Laurie, on a très envie que ce sujet qui nous paraît fondamental soit exploré de plus en plus avec des femmes et que de plus en plus de femmes puissent échanger de manière honnête et transparente et en confiance autour de ce sujet-là. Alors, moi je te souhaite plein de bonnes choses, d'explorer ton regret, de prendre ce temps-là pour toi et Et je te dis à très vite. Ciao !