Speaker #0Le Musée Sacerbe présente un podcast créé et dialogué par Vanessa Bertrand. Devine qui vient doubler ? Devine qui vient doubler ? Devine qui vient doubler ? Dans un dîner avec des inconnus, il y a toujours un moment où arrive la question Et vous faites quoi dans la vie ? Et quand on répond Je suis dialoguiste de doublage. Neuf fois sur dix, on s'entend dire « Oh, super, voilà, vous faites la voix de qui ? » Eh bien non, les dialoguistes de doublage ne font pas les voix. Ils font parler les voix, enfin, celles des comédiens, en écrivant des dialogues dont le sens, la musicalité et le rythme sont fidèles au dialogue original, mais en français, et dans une version qui est donc adaptée plutôt que traduite, parce qu'adaptée à un public français sur le plan du vocabulaire et des références. et adapté aussi en fonction du fameux synchronisme, c'est-à-dire pour que le texte enregistré donne l'illusion qu'il sort de la bouche du comédien original. Le doublage, c'est une discipline de fer. En écoutant cette série de podcasts, vous saurez tout sur ce métier qui permet aux spectateurs de voir un film en français avec des répliques savoureuses. Qui sont les adaptateurs ? Et d'où viennent-ils ? J'ai suivi une formation qui était un séminaire d'écriture pour le doublage. En fait, moi j'ai fait du droit. Il était romancier, il avait écrit également beaucoup de pièces de théâtre. Il était très familiarisé avec le dialogue et l'écriture, bien entendu. On parlera aussi du sous-titrage, qui est également une version française de l'œuvre. Il faut restituer le sens, le ton, l'émotion d'une phrase éventuellement, mais dans un temps de lecture imparti. C'est un jonglage différent avec les mots, c'est complètement... Autre chose. Qu'est-ce qu'il faut pour être un bon auteur ? Aimer la langue française. Un adaptateur, ça doit être humble, ce qui n'empêche pas d'avoir la fierté de transmettre dans la langue de son pays des choses que les gens ne comprendraient pas si ce n'était pas dans cette langue. Quand un comédien n'arrive pas à faire quelque chose, évidemment, c'est la faute de l'auteur. Le doublage, c'est un art de l'effacement. Quand le scénario original est intéressant et bien, et quand les comédiens sont bien, il y a dix idées qui viennent à la seconde. Est-ce qu'il y a de la censure ? À l'époque de Dragon Ball, il était. Hors de question de parler de mort, on ne pouvait pas utiliser le mot « sans » . Écrire synchrone, c'est facile ? C'est dans la contrainte qu'on s'épanouit. La difficulté, quand on débute, c'est de ne pas être accroché à ça. D'accord, mais c'est quoi un bon texte ? Le dialogue n'a rien à voir avec, justement, une traduction littéraire, descriptive. On a envie d'une chose gourmande, un mot qui frappe, une création qui n'est pas de l'eau tiède. Le vrai travail, c'est véritablement transposer la langue originale en langue française. audibles, compréhensibles, correctes. On peut tout à fait être à l'origine d'expressions qu'on va retrouver dans les cours de lycée, les cafétérias. La vérité est ailleurs. Et que fait le comédien ? Le comédien de doublage doit être humble devant son travail. En fait, c'est une question de souffle. Est-ce qu'on entre dans le souffle de l'autre ? Il y a une sorte de carapace, de ligne mélodique. Il faut absolument rentrer dedans. C'est les yeux qu'il faut jouer, les respirations, les épaules. la façon de parler. J'ai une très grande admiration pour ces gens qui habitent le rôle. On n'a pas l'impression justement qu'il y a de difficultés techniques, alors qu'il y en a de nombreuses. C'est très compliqué. Quel est le rôle du directeur artistique ? Donc, il s'occupe du casting, on s'occupait des dates, on s'occupait des plans de travail. Et ensuite, on enregistrait sur le plateau. Alors, c'était le bonheur. Qu'il soit doublé ou sous-titré ? Ce sont 65% des films sortis en salles encore l'an dernier qui ont été tournés dans une langue autre que le français et qui sont passés entre les mains de professionnels dont nous allons découvrir le métier au fil des épisodes. Le mot-clé du métier, c'est quand même le plaisir. Des auteurs, des comédiens, des directeurs artistiques et des techniciens nous feront partager leurs passions, leurs quotidiens, leurs inquiétudes, leurs anecdotes, les films, les séries, les chansons synchrones. C'est quelque chose de formidable à faire. Voir ce qu'on a fait en chanson, c'est... Je pense 10 quand même. Les dessins animés. Dans le dessin animé, ce qui est important, c'est leur rythme. Les jeux vidéo. On appellera vraiment des auteurs de doublage pour travailler sur ces parties de jeux vidéo qu'on appelle des cinématiques. C'est leur quotidien. Et ces professionnels vont vous faire passer de l'autre côté de l'écran. On fait des bâtards, mais des beaux bâtards. On vous remontera à la nuit des temps du doublage. pour expliquer l'évolution du métier. On rendra hommage à ces grandes figures, on se demandera si on peut en vivre, si c'est un métier encore promis à de belles années. On verra ce que le numérique a changé et où en est le métier, notamment alors que les tournages se font rares. Et enfin, on verra comment il se transmet, quels sont les chemins à éviter et les routes à prendre. La route, là où l'on va, on n'a pas besoin de route. Alors, devine qui vient doubler.