- Speaker #0
Chantons sous la pluie, le passage du muet au parlant, cette actrice vedette à la voix de Cressel qui n'a pu continuer de tourner que parce qu'une autre actrice lui a prêté sa voix de velours. Ce n'est pas exactement comme ça que le double a gêné, mais à coup sûr ce sont les Américains qui ont parlé en premier de dubbing, la technique rêvée pour inonder le monde entier de leur riche production. Alors, dans cet épisode de Devine qui vient doubler, petit flashback sur la naissance du doublage, suivi d'une évocation des premiers grands dialoguistes français, au nom méconnu, mais dont nous avons tous entendu les dialogues.
- Speaker #1
Le musée SACERB présente un podcast créé et dialogué par Vanessa Bertrand.
- Speaker #0
Devine qui vient doubler. Devine qui vient doubler. Devine qui vient doubler. Devine qui vient doubler. Devine qui vient doubler. Devine qui vient doubler. L'invention de l'électricité a d'abord permis d'enregistrer, de reproduire et de diffuser du son, puis de l'image animée. Nous sommes en 1892. Le photographe Émile Reynaud projette, pauvre Pierrot, l'ancêtre du dessin animé. Trois ans plus tard, les Frères Lumière ouvrent la voie du cinéma documentaire et de la comédie avec la projection devant un public de la sortie des usines de Lyon et de l'arroseur arrosé. L'invention est formidable, mais le hic, c'est qu'à l'époque, on ne peut pas enregistrer de l'image et du son sur le même support. Un pianiste couvre en direct le bruit du projecteur ! C'est le projectionniste, et plus tard un bonimenteur, qui commente le film. Dès 1900, on insère des cartons dans les films pour rendre accessibles des intrigues plus complexes. Auteur d'intertitres devient un métier, sorte de proto-dialoguiste des films. Un Oscar est même créé pour récompenser cette catégorie de professionnel en 1929. Manque de chance, ce métier auquel Mankiewicz ou Hitchcock se sont essayés allait vite disparaître. En parallèle, on travaille à synchroniser une bande-son pour qu'un film ait sa musique attitrée. En 1927, le cinéma devient parlant. Mais la diffusion d'un film se limite à ceux qui en comprennent la langue. On tourne alors le même film simultanément en plusieurs langues dans le même décor. C'est un peu l'ancêtre du remake. plusieurs grands studios américains, dont Paramount, la MGM et Universal, se sont lancés dans cette aventure. Mais ça prend un temps fou et c'est très coûteux. Les Américains commencent à post-synchroniser leurs films, c'est-à-dire à diffuser avec le film une bande-son enregistrée postérieurement au tournage de l'image. Le principe du doublage était né. On a cessé désormais de doubler les tournages eux-mêmes et les frais qui allaient avec, pour ne plus doubler que la bande-son. Mais tous les films n'ont pas été doublés du jour au lendemain. Déjà parce que pendant plusieurs années après l'invention du parlant, on faisait encore des films muets, toutes les salles n'étant pas équipées du matériel nécessaire à la projection d'un film sonorisé. L'un des pionniers du doublage, c'est Alfred Hitchcock. En 1929, il est l'un des premiers à doubler l'image d'une piste son, sur laquelle il y a de la musique, quelques bruitages, Des sons enregistrés sur le plateau, les fameux sons directs qui apportent de la vie à un film, et les voix des comédiens, notamment d'une comédienne à l'accent british, alors que la comédienne qu'on voit à l'image est d'origine polonaise. L'actrice anglophone est enregistrée sur le plateau pendant que l'artiste filmé mime le texte, une sorte de playback. Ça ne vous rappelle pas Chantons sous la pluie ? L'industrie du doublage se développe en France, puis arrive la Deuxième Guerre mondiale où les films se font plus rares. Il y a surtout des films allemands, dont l'occupant supervise les doublages pour que la propagande soit accessible au plus grand nombre. Les Allemands étaient à la pointe de la recherche technique et ils ont élaboré dans les années 30 un système d'enregistrement du son des films sur une piste séparée, une bande magnétique, aisément montable et synchronisable. alors que les expériences américaines utilisaient des disques de cire, pas faciles à monter sans qu'il y ait de la casse. Pour la petite histoire, Hollywood s'est doté dans les années 1930 de studios où ils réalisaient les doublages, notamment français, de nombre de leurs productions. Mais cette formule a été abandonnée à la fin des années 40, car le résultat artistique n'était pas probant. Un doublage hors sol n'est pas crédible. Cette activité n'est donc pas délocalisable sans perte de qualité. Après la Deuxième Guerre mondiale, la France subit la déferlante des films américains. Les accords Bloomberg qui prévoient de résorber la dette française Merci. exigent de lever les quotas de diffusion de cinéma français en vigueur depuis 1936. Les Français obtiennent néanmoins une loi imposant que le doublage des films diffusés dans les cinémas français soit réalisé sur le territoire français, mesure toujours en vigueur au grand dam des dialoguistes canadiens. Le nombre considérable d'œuvres étrangères en circulation allait permettre la naissance d'une filière française du doublage. aussi. prolifique que professionnalisé et dont la précision est vite devenue à contester. Même si, historiquement, le terme de dubbing a été inventé avant celui de doublage. En 1948, le tout jeune Centre National de la Cinématographie met en place une taxe sur les billets d'entrée en salles de cinéma pour alimenter un fonds d'aide à l'industrie cinématographique. Cette taxe, perçue sur l'ensemble des films de cinéma, y compris ceux qui sont doublés et sous-titrés, subventionne la création de films français. La chaîne de fabrication d'un doublage et d'un sous-titrage font l'objet d'autres podcasts de cette série. En revanche, impossible de ne pas citer ici quelques-uns des grands repères de l'histoire de la technique. Par exemple, les bruitages enregistrés lors du tournage se retrouvaient manquants. lorsqu'on supprimait la piste des dialogues originaux, puisqu'on la remplaçait par la piste sur laquelle on entendait les comédiens français. Il fallait donc recréer ces bruitages. Vous savez, la porte qui claque, le téléphone qui sonne, mais pas des protagonistes sur le gravier, les couverts qui s'entrechoquent lors d'un dîner. C'est pourquoi un bruiteur était toujours sur le plateau avec les comédiens et il avait toujours avec lui tout un tas d'accessoires. Dani Taillarda, comédienne, nous raconte. Ah, c'était très, très drôle, ça. Alors, il était dans une petite baraque, enfin, construite sur le plateau, et il était là avec des tas d'accessoires autour de lui. Et alors, quand on doublait des films américains, de Far West, etc., il y avait toujours les mouvements des chevaux, il avait des tas d'outils autour de lui, c'était très, très drôle. Mais malheureusement, ça n'a pas duré trop longtemps, j'ai pas eu trop le temps. temps de les voir. Après, ça a disparu, malheureusement. Il enregistrait en même temps que vous ? Absolument. Donc, si vous refaisiez la prise pour l'interprétation cinq fois, lui refaisait ses bruitages cinq fois ? Oui, tout à fait. Et ça ne te perturbait pas en tant que comédienne de l'entendre faire ses bruitages à côté ? Ah non, non, non. Au contraire. Avoir un son, ça aide. Quand on enregistre maintenant, il n'y a pas de son sur ce qui se passe autour. Nous, on n'entend rien. Donc, on a l'impression d'être dans une bulle, en vase clos. C'était plutôt amusant d'avoir des vrais sons autour de soi. Ce n'est que dans les années 1990 que des versions dites internationales comportant l'intégralité des bruitages ont été fournies systématiquement et que les derniers bruiteurs ont déserté les plateaux lors du doublage, bien que certains soient devenus directeurs artistiques. Si le doublage français est réputé pour sa précision, c'est qu'il utilise un procédé bien particulier. Les dialogues sont projetés pour les comédiens en parfaite synchronicité avec l'image. Ils sont écrits et ils défilent en rythme, d'où le nom de bande rythmographique. Utilisée depuis 1949 dans le doublage français, elle est garante de l'exactitude des ouvertures et des fermetures des bouches du comédien. Elle permet donc, contrairement à des répliques tapées sur un traitement de texte, de représenter visuellement la durée des mots, leur rythme. En quelque sorte, elle permet d'ajouter des croches, des rondes, des noirs et des silences, alors qu'un texte imprimé sur papier ne donnerait que des notes sans leur valeur. La dernière évolution technique en date s'est produite il y a une quinzaine d'années. C'est le passage au numérique qui a fait disparaître la bande de celluloïdes, les gommes et les crayons à papier très gras dont se servaient les dialoguistes, au profit de logiciels qui créent une bande rythmographique virtuelle. Sur ces logiciels, Il est possible d'étirer les caractères en polices manuscrites au millimètre près pour répondre aux exigences du synchronisme. Les méthodes de travail du dialoguiste ont changé, certains métiers techniques ont disparu, mais l'essentiel du travail... reste le même. Mais cette bande rythmo n'est pas non plus une exception française, car les Allemands l'ont eux aussi adoptée. En revanche, les deux autres grandes puissances du doublage, l'Italie et l'Espagne, fonctionnent tout autrement. En Italie et en Espagne,
- Speaker #1
la méthode est différente.
- Speaker #0
Ils doublent à l'image.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'ils n'auront pas cette bande rythmographique qui défilera, mais ils écouteront des passages de 15 secondes,
- Speaker #0
20 secondes. secondes, 30 secondes,
- Speaker #1
et ils vont les rejouer uniquement en regardant l'image.
- Speaker #0
Et puis, encore une autre méthode. Dans certains pays comme en Pologne, aucun synchronisme. On y pratique la technique du lektor. Les voix polonaises se superposent à la version originale, un peu comme ce que l'on voit en France dans les documentaires. Les comédiens disent le texte de façon neutre, que le comédien original murmure. hurle de douleur ou passe un savon à son partenaire. Et il n'est pas rare non plus que l'ensemble des répliques soit lu par un comédien et une comédienne qui se partagent tous les rôles. Alors qu'en France, on aime le lyrisme, on aime la vraisemblance, tout en étant cartésien. D'où notre envie que les répliques soient interprétées avec émotion et qu'elles soient synchrones, bref, qu'elles sonnent justes. On doit avoir l'impression que Bratt... Pitt a eu une nourrice bretonne et que Dallas est une charmante bourgade du Loir-et-Cher. Le doublage, je trouve qu'en tant que comédien, c'est un art de l'effacement.
- Speaker #1
De l'effacement. De l'efface. De l'efface.
- Speaker #0
Il y a aussi le cas du cinéma italien. Les films italiens sont rarement synchrones, même en VO. Fellini, en son temps, n'arrivait pas toujours sur ses tournages avec des dialogues aboutis. Il faisait improviser ses comédiens et les dialogues étaient refaits en post-production. Sans bande rythmo, à la volée, d'où des décalages parfois très visibles. Du coup, les films italiens en VF sont parfois plus synchrones qu'en VO. Et puis, le synchronisme, c'est aussi psychologique chez le spectateur. Quand Le Grand Bleu est sorti, Cocorico, un film français, il était évident que Jean Reno et Jean Bouys parlaient français synchrone, puisque le film avait été tourné en français. Eh bien non, il a été tourné en anglais. Et il a été doublé, adapté par Pierre Calamel. Et à l'époque, personne n'a trouvé qu'il n'était pas synchrone, puisqu'on n'imaginait pas une seconde, même sur le grand écran du Grand Rex, que les comédiens prononçaient à l'image un texte anglais. Des générations de dialoguistes se sont succédées dans l'ombre pour faire parler John Wayne, Grace Kelly, George Clooney et Nicole Kidman dans notre langue. Ce qu'on sait rarement, c'est que leurs prédécesseurs, les auteurs de carton, sont allés frapper à la porte d'un organisme de gestion collective bien connu qui protégeait les textes de théâtre. Et cet organisme, ne souhaitant pas percevoir des droits en salle en raison de l'avenir incertain de cette invention qu'on appelait le cinématographe, laissa le champ libre à la SACEM, qui collectait déjà des droits d'auteur pour les musiques jouées en direct lors des projections. C'est la SACEM qui a proposé aux auteurs de carton puis de doublage de la rejoindre, créant ainsi un répertoire âgé de déjà un siècle. Le sous-titrage aussi a une histoire, comme nous l'explique l'autrice Isabelle Audineau.
- Speaker #2
Quand j'ai commencé en 88, on écrivait sur un bloc Rodia. On n'avait pas d'ordi, pas de repérage. La simulation, je crois que cette étape de la simulation, elle est arrivée à la fin des années 80. Le sous-titrage Laser a été inventé, le premier film c'est 88, c'est Bird pour Cannes. Les logiciels sont arrivés là, à ce moment-là, fin des années 80, début des années 90. Alors qu'en doublage c'est arrivé il y a 16 ans. En sous-titrage je pense que ça a été plus précoce. Il y a encore des traducteurs par exemple qui travaillent sur Word en sous-titrage, qui n'ont pas de logiciel parce qu'ils ne savent pas s'en servir ou parce qu'ils ont décidé de ne pas s'en servir. Mais ils peuvent continuer à travailler. Alors que c'est impossible dans le doublage. Tu ne peux pas continuer à écrire sur ta bande et rattraper le truc. C'est complètement différent.
- Speaker #0
Mais puisqu'on ne les voit pas, qu'on ne les entend pas, qu'on voit à peine leur nom au générique, on ne connaît pas les dialoguistes. On en citera tout de même quelques-uns qui se sont vus confier des films légendaires. Comme c'est encore souvent le cas aujourd'hui, ils étaient avant tout auteurs, dramaturges, paroliers, scénaristes. poètes, romanciers, carrières qu'ils ont parfois continuées parallèlement à l'écriture de dialogues. Auteur un jour, auteur toujours. On citera par exemple l'un des premiers dialoguistes, Marcel de Hamel. qui avait commencé comme traducteur littéraire avant de travailler sur des productions Warner et Columbia dans les années 1930. Marcel Duhamel, comme tous les auteurs qui vont suivre, ont leur place dans le musée SACEM, qui expose de passionnantes archives, contrats avec les majeures américaines, bulletins d'adhésion ou échanges de courriers entre les services de la SACEM et les auteurs. Max Maurice, plutôt connu pour avoir fait partie du mouvement surréaliste avec André Breton et Man Ray, fut lui aussi l'un des pionniers du doublage. C'est à lui qu'on doit notamment les dialogues français de Monsieur Verdoux de Chaplin ou de Laurence d'Arabie. La comédienne Isabelle Glukowski, qui fut la voix de John Crawford dès 1931, a été directrice artistique de nombreux films et a signé les dialogues de chefs-d'œuvre, tels Shining et les sous-titres de films non moins connus comme Funny Girl ou Casino Royale. Qui se souvient que Jean Hanouille a supervisé l'écriture des dialogues français de Bénure en 1959 ou que Raymond Queneau a signé ceux de l'Astrada en 1955 ? Les auteurs issus du monde de la musique ne sont pas en reste, comme le parolier Jacques Monteux. Les hommes préfèrent les blondes et La rivière sans retour, ou Le jour le plus long, dont le bulletin de déclaration est consultable dans le musée Sassem, sont sans doute ses films les plus célèbres. On pourrait aussi citer Henriette Nisan, épouse du romancier et philosophe Paul Nisan. Après quelques temps dans l'enseignement, elle a adapté de nombreux films pour la MGM, en parallèle d'une carrière de journaliste. Pour la génération plus récente, mais dont la carrière est déjà longue, nous vous invitons à écouter les podcasts consacrés à Juliette Vigouroux, à Philippe Wittcock et au tandem Jean-Louis Sartout et Patrick Ziniavine. On pourrait aussi citer Jacqueline Cohen, qui a été comédienne et directrice artistique avant de se lancer dans l'adaptation. Elle est réputée pour être l'alter-ego français de Woody Allen, dont elle a adapté une dizaine de films. Elle m'avait raconté une fois qu'une réplique d'ombre et brouillard l'avait laissé perplexe, car elle lui semblait contenir un contresens. Après avoir décortiqué la phrase et l'avoir examinée sous toutes ses coutures, elle avait appelé le maître du cinéma juif new-yorkais avec qui elle avait une relation amicale, et elle lui avait exposé son dilemme. Woody Allen a pris conscience que sa réplique Merci. était bien un contresens et que ni le public américain, ni lui en visionnant le film monté, ne l'avait relevé. Il lui aurait lancé un change, tonitruant et angoissé au téléphone et la version doublée d'Ombre et Brouillard est donc plus cohérente, au dire du maître, que la version originale. Elle a déclaré un jour « Quand un film est bien doublé, le synchronisme se regarde en fait plus dans l'œil des acteurs que sur leurs lèvres. Entre une mauvaise phrase synchrone et une bonne phrase pas tout à fait synchrone, c'est donc souvent cette dernière qui compte. Il faut d'abord savoir écrire des dialogues. On ne peut pas contourner non plus Christian Dura, dont un podcast entier ne suffirait pas à énumérer toute la filmographie. Christian Dura a été l'assistant de George Wilson au TNP et de Jean Delannoy, ou encore Tati, au cinéma. Il a aussi écrit des dialogues pour le cinéma et la télévision.
- Speaker #1
Contrairement à une idée reçue, le doublage n'est jamais une traduction, mais toujours une adaptation permettant de trouver un texte qui correspond au caractère du personnage, à son langage, à sa situation.
- Speaker #0
A-t-il déclaré en 1996 dans une interview au journal Note de l'Assasem.
- Speaker #1
Pour moi qui ai écrit des scénarios originaux et des dialogues de doublage, le travail est à peu près similaire. Il s'agit toujours d'écriture.
- Speaker #0
Et enfin, nous retiendrons le couple Anne et Georges Duterte, qui s'est illustré autant dans le doublage que dans le sous-titrage. Apocalypse Now, Taxi Driver, Out of Africa, Vol au-dessus d'Annie de Coucou, Amadeus, Full Metal Jacket, Kramer contre Kramer, Gandhi, Cinéma Paradiso, une quinzaine de James Bond. et quelques films d'Ingmar Bergman, dont le dernier, Fanny et Alexandre. À propos de cette œuvre qui a été diffusée sur Arte avant de sortir en salle, Bergman a imposé qu'elle soit diffusée en version française, car il refusait l'idée que le public aurait les yeux rivés sur le bas de l'écran pour courir après des dialogues suédois, alors qu'il avait conçu chaque image du film comme un tableau de maître. Georges Duterte a déclaré au journaliste Pierre Achard avoir constaté une évolution du langage des VF et des sous-titres au fil du temps.
- Speaker #1
À nos débuts, on écrivait P. de suspension pour putain et un jour j'ai osé l'écrire en toutes lettres. De même, nous avons introduit et vulgarisé dans les dialogues le « mouais » pour dire ni oui ni non, le « bof » , le « m'enfin » , voire le mot « gerbé » .
- Speaker #0
Et nous finirons cette évocation des piliers de notre métier par la dialoguiste Claude Rigalensous, disparue en 2014, qui est souvent associée à Disney. Le roi lion, la belle et la bête ? La Petite Sirène, mais d'autres films encore, comme Elephant Man, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? La maîtresse du lieutenant français. Cette autrice passionnée qui a défendu son métier au Syndicat national des auteurs et des compositeurs avouait même au terme d'une longue carrière que sa première angoisse devant chaque film était de ne pas pouvoir le terminer à temps ou de ne pas trouver l'équivalence d'un jeu de mots. Elle cite notamment sa brillante trouvaille pour un produit dérivé du roi Lion, où un personnage demandait à l'autre du horse radish, à savoir de la sauce au réfort. L'autre arrive avec un cheval et un radis. Elle a fini par trouver un radis qui pique et du radis hippique. Le doublage n'est donc pas né du jour au lendemain. Et ce qu'il est aujourd'hui est le fruit de différentes expériences menées dans les années 1930. Le saint graal de cette quête, c'est l'obtention d'une piste son, d'une ambiance sonore la plus proche possible de la version originale, mais dans une autre langue. Le doublage en France, c'est culturel, c'est économique, c'est artistique, c'est technique et depuis le temps, ça commence à être historique. Pour en savoir plus sur ces différents aspects, vous pouvez écouter les autres podcasts sur la fabrication d'une VF, d'un sous-titrage et écoutez les nombreuses anecdotes des auteurs et des comédiens. À très bientôt dans Devine qui vient doubler.