Speaker #0J'ai longtemps cru qu'il fallait contrôler mon corps. J'ai découvert qu'il fallait d'abord apprendre à l'égo-té, parce que oui, aujourd'hui, non, mon corps ne me trahit plus. Aujourd'hui, je comprends que mon corps essayait surtout de me parler. Tu es fatigué, mais tu continues. Tu as mal, mais tu repousses le moment de t'arrêter. Tu sens que quelque chose ne va pas, mais tu rationalises. Tu n'as pas envie. mais tu te forces. Tu regardes ton corps dans le miroir et tu vois immédiatement ce qui devrait changer. Ton ventre, tes cuisses, tes seins, ton visage, ton poids, ta peau. Tu connais peut-être cette sensation de ne jamais être vraiment bien dans ton corps, comme s'il y avait quelque chose à corriger, quelque chose à discipliner, quelque chose à améliorer, comme si ton corps était un projet qui n'était jamais terminé et Peut-être que depuis des années, tu as appris à ne plus vraiment l'habiter. Tu le surveilles, tu le contrôles, tu le caches, tu le pousses, tu le compares, tu négocies avec lui. Tu lui demandes de tenir encore un peu et parfois même tu lui en veux. Parce qu'il est fatigué, parce qu'il chance, parce qu'il prend du poids, parce qu'il n'a plus 20 ans, parce qu'il tombe malade, parce qu'il ressent trop, parce qu'il te demande de ralentir alors que le monde, lui, continue de courir. J'ai longtemps vécu avec cette idée que mon corps devait s'adapter à ma vie. Aujourd'hui, je me demande plutôt quelle vie pourrais-je construire si j'arrêtais de demander à mon corps de s'adapter à tout ce qui me fait violence. Hola doucesseurs, je m'appelle Sokerta, ce qui signifie arbre du bonheur en komojin et Mes parents ont fui le régime des Khmer Rouge et le Cambodge pour venir en France. Il y a déjà 50 ans. Et pendant tout ce temps, j'ai cherché ma place entre deux mondes, entre loyauté, liberté, entre le besoin de réparer ma famille, mon histoire et celui de me trouver. Pendant près de 20 ans, j'ai travaillé dans l'humanitaire et le secteur associatif. Aux côtés de populations en exil, de femmes isolées dans des contextes de crise et d'urgence à travers le monde, j'ai longtemps combattu les injustices à l'extérieur, jusqu'au jour où j'ai compris que la paix commençait en soi, à l'intérieur. Alors j'ai choisi un autre chemin, celui de la thérapie et de l'accompagnement des femmes vers leur essence, leur liberté, leur confiance, leur affirmation de soi, leur pouvoir, leur puissance. Aujourd'hui j'accompagne les femmes à se reconnecter à leur corps, à libérer leurs blessures, à se sentir à nouveau en sécurité dans leur puissance et leur douceur. Je crois profondément que la réponse est déjà en chacune de nous, que le retour à soi est le début de toute transformation. Bienvenue dans Douceur, un espace de parole, de guérison, de réconciliation entre le féminin, le masculin, le corps, la terre et l'âme. Ici, on apprend à ralentir, à respirer, à retrouver la voie de l'équilibre de la liberté et de la paix intérieure. Merci d'être là, à mes côtés. Parce que, dans le fond, nous n'avons pas appris à habiter notre corps. On nous a appris à le regarder, à l'évaluer, à le comparer, à le corriger. Très tôt, nous avons intégré une quantité incroyable de messages sur ce qu'était un beau corps, un bon corps, un corps acceptable. Il fallait être mince, mais pas trop maigre. Féminine, mais pas trop sexuelle. Désirable, mais pas provoquante. Jeune, mais pas infantile. Tonique, mais naturelle. Apprêtée, mais sans avoir l'air d'avoir fait d'efforts. Et surtout, ne prend pas trop de place. Pas physiquement ! Pas émotionnellement, pas sexuellement, pas professionnellement, pas politiquement, pas dans ta parole, pas dans ton désir. Le corps des femmes est devenu un territoire sur lequel tout le monde semble avoir quelque chose à dire. Ce qu'il devrait être, ce qu'il devrait monter, montrer, ce qu'il devrait cacher, ce qu'il devrait manger, ce qu'il devrait peser, comment il devrait vieillir. Comment il devrait se comporter ? Alors forcément, à force d'entendre ces messages, nous finissons par croire que notre corps est quelque chose que nous devons gérer. Un objet à optimiser, un capital à préserver, une vitrine, un outil de performance et parfois même un objet de performance. Même et malheureusement un ennemi. Et le problème n'est pas que tu n'aimes pas assez ton corps. Il y a quelque chose qui me dérange dans l'injonction à aimer son corps. Parce qu'elle peut devenir une injonction supplémentaire. Après avoir passé des années à détisser ton ventre, on te dit maintenant aime-le. Comme si c'était facile. Après avoir passé des années à vouloir perdre du poids, aime tes formes. Après avoir appris à cacher ton corps, montre-le et sois fier. Mais peut-être que tu n'as pas besoin de passer de la guerre à l'adoration. Peut-être que tu peux commencer par quelque chose de beaucoup plus simple, faire la paix, ou même simplement arrêter de te faire la guerre. Parce que dans le fond, tu n'as pas besoin de trouver ton corps magnifique tous les matins, et tu n'as pas besoin d'aimer chaque centimètre de toi. Tu peux simplement commencer à considérer ton corps comme un être vivant avec lequel tu as une relation. Un corps qui a une histoire, un corps qui a traversé des choses, un corps qui s'est adapté, un corps qui a parfois serré les dents pour toi, un corps qui a porté tes émotions quand tu ne pouvais pas encore les sentir, un corps qui a peut-être appris à se protéger bien avant que tu comprennes pourquoi. Parce que ton corps n'est pas ton ennemi. Et je tiens à le répéter, ton corps n'est pas ton ennemi. J'aime beaucoup cette idée. Le symptôme n'est pas forcément l'ennemi. La fatigue n'est pas toujours ton ennemi. L'émotion n'est pas ton ennemi. La sensibilité n'est pas ton ennemi. Le besoin de repos n'est pas ton ennemi. La colère n'est pas ton ennemi. Les limites de ton corps ne sont pas ton ennemi. Ton corps peut devenir le messager de quelque chose que tu n'écoutes plus. Et je ne parle pas ici de romantiser la maladie ou de dire que chaque symptôme a une signification émotionnelle précise. Je parle d'apprendre à écouter, à observer, à ralentir suffisamment pour entendre ce que ton corps te transmet. Parce que notre culture, notre société nous apprend souvent l'inverse. La société nous apprend à dépasser nos limites. à être productive malgré la fatigue, à répondre même quand nous n'avons plus d'énergie, à sourire même quand nous sommes en colère, à être disponible, à être performante, à être désirable, à être forte, et nous finissons parfois par appeler discipline ce qui est en réalité une déconnexion profonde de nous-mêmes. Et c'est pourquoi j'ai envie d'introduire cette notion de la guerrière dans ton corps. Peut-être que tu connais cette version de toi, celle qui tient, celle qui assure, celle qui ne demande rien, celle qui peut gérer seule, celle qui avance même quand elle est épuisée, celle qui dit ça va alors que non, celle qui transforme chaque limite en problème à résoudre, chaque émotion en quelque chose à maîtriser, chaque besoin en faiblesse. Cette femme-là, cette part guerrière n'est pas apparue par hasard, elle t'a probablement aidée, elle tente permis d'avancer, de survivre à certaines périodes, de ne dépendre de personne, de rester debout. Alors, je ne crois pas qu'il faille la détruire, je crois qu'il faut pouvoir lui dire merci, aujourd'hui tu peux déposer ton armure. Parce qu'il arrive un moment où ce qui nous a protégés commence aussi à nous enfermer. Et c'est peut-être là que commence une autre relation au corps. Parce que revenir dans son corps ce n'est pas devenir passive. Et j'ai envie de le préciser parce que cela me semble essentiel. Écouter son corps ne signifie pas renoncer à son ambition, à ses rêves. Cela ne signifie pas ne plus faire d'efforts. Cela ne signifie pas tout accepter. Cela ne signifie pas devenir passif ou attendre que le corps dessine. Au contraire, écouter son corps peut devenir un acte profondément souverain. Parce que je commence à discerner, est-ce que je dis oui parce que j'en ai réellement envie ? 1. parce que j'ai peur de décevoir ? Est-ce que je travaille parce que cela me nourrit ou parce que j'ai besoin de prouver ma valeur ? Est-ce que je veux vraiment cette relation ou est-ce que je supporte cette relation parce que je ne veux pas être seule ? Est-ce que j'ai besoin de repos ou est-ce que je suis simplement en train de fuir quelque chose ? Est-ce que cette décision me fait peur parce qu'elle est mauvaise pour moi ou parce qu'elle m'emmène hors de mes anciens repères ? Le corps ne donne pas toujours des réponses simples Merci. mais il peut nous aider à nous poser des questions plus adaptées, plus alignées pour nous-mêmes. Parce que finalement, peut-être que ton corps pourrait devenir ta safe place. Et je parle souvent de sécurité intérieure parce que pour moi, cette sécurité ne signifie pas être calme tout le temps, elle ne signifie pas ne plus avoir peur. Cette sécurité intérieure, pour moi, signifie pouvoir rester en lien avec soi-même, même lorsque quelque chose bouge. Pouvoir sentir, pouvoir respirer, pouvoir ralentir, pouvoir dire non, pouvoir dire oui, pouvoir partir, pouvoir rester, pouvoir changer la vie. Pouvoir écouter une émotion sans immédiatement chercher à la supprimer. Pouvoir sentir son désir sans immédiatement le juger. Pouvoir habiter son corps sans avoir besoin de le contrôler en permanence. C'est une autre forme de sécurité et cette sécurité peut devenir une base à partir de laquelle je prends mes décisions. Pas depuis la peur, pas depuis la performance, pas depuis le besoin d'être validé. mais depuis un endroit beaucoup plus profond, parce qu'il existe une autre relation au corps. Et peut-être que la question n'est finalement pas comment faire pour aimer mon corps, mais comment puis-je commencer à vivre avec mon corps plutôt que contre lui. Et cette relation peut commencer très simplement en étant à l'écoute de mon corps, en mangeant quand j'ai faim et la quantité dont j'ai besoin, en me reposant avant d'être complètement épuisée. En remarquant ma respiration et en prenant le temps de respirer régulièrement tout au long de la journée. En sentant mes pieds au sol. En observant ce qui se passe dans mon ventre quand je dis oui. En remarquant ce qui se contracte quand je franchis une limite. En laissant une émotion exister sans immédiatement vouloir la comprendre. En arrêtant de parler de mon corps comme d'un problème. En cessant de me punir pour avoir des besoins. En choisissant parfois le confort plutôt que la performance. En me demandant de quoi ai-je besoin maintenant. Pas dans trois mois, pas quand j'aurai perdu 5 kilos, pas quand j'aurai terminé ce projet, pas quand les enfants seront grands, pas quand je serai enfin devenue la femme que je pense devoir être. Ici et maintenant, mon corps ne me trahit plus. Aujourd'hui, je peux regarder mon corps autrement. Je peux voir les traces, les cicatrices, les changements, les tensions. les fragilités, les désirs, les limites, les sensations, et ne plus immédiatement chercher à les corriger, parce que mon corps n'est pas une machine que je dois pousser jusqu'à ce qu'elle se casse. Il n'est pas un objet destiné à être regardé, il n'est pas la preuve de ma valeur, il n'est pas un obstacle à ma réussite. Il n'a pas besoin de devenir différent pour mériter mon respect, et surtout, Mon corps n'a jamais été mon ennemi. Il a fait ce qu'il pouvait, avec ses propres ressources. Il s'est adapté, il a compensé, il a résisté. Il a parfois crié lorsque je n'écoutais plus. Et peut-être qu'aujourd'hui, je peux commencer à lui offrir autre chose que du contrôle. De l'écoute, de la présence, de la sécurité, de la gratitude, de la liberté. Et changer de regard par rapport à son corps, c'est aussi une autre manière de contribuer au monde. Et je crois que cette question dépasse largement notre rapport individuel au corps. Parce que lorsque des femmes cessent de passer une partie de leur énergie à se surveiller, se corriger, se juger, se contrôler, cette énergie peut aller ailleurs, dans leur création, dans leur désir, dans leur parole, dans leur travail, dans leur relation. dans leur engagement, dans leur capacité à dire non, dans leur capacité à prendre leur place, dans leur capacité à imaginer autre chose. Et c'est aussi une question politique, parce qu'une femme qui n'est plus entièrement occupée à se confirmer devient plus disponible pour choisir, pour devenir libre. Et une femme qui choisit peut déranger, parce qu'elle peut tout quitter, elle peut créer, elle peut dire non, elle peut prendre la parole. Elle peut faire collectif, elle peut faire sens ensemble, elle peut contribuer, elle peut transformer son environnement. Réconcilier son corps avec elle-même n'est donc pas une petite affaire narcissique loin de là. C'est aussi reprendre possession de son territoire, sa safe place, son territoire intérieur. Alors, comme tu l'as compris, aujourd'hui je ne vais pas te demander d'aimer ton corps. Je vais te proposer quelque chose de beaucoup plus doux. Pose-toi peut-être simplement cette question, quelle relation ai-je envie d'entretenir avec mon corps à partir de maintenant ? Pas quel corps tu veux avoir, pas combien tu veux peser, pas à quoi tu veux ressembler, quelle relation. Est-ce que tu veux une relation fondée sur la peur, sur le contrôle, sur la comparaison, sur la performance, ou est-ce que tu veux commencer à construire une relation fondée sur l'écoute, le respect, la sécurité et la confiance ? Tu n'as pas besoin de tout changer aujourd'hui, tu peux commencer par... une seule chose. La prochaine fois que ton corps te dit quelque chose, avant de lui répondre il faut que je tienne, essaye simplement de l'écouter. Parce que ton corps ne cherche peut-être pas à t'empêcher de vivre. Il cherche peut-être à te ramener à la vie. Et peut-être que le véritable changement ne commence pas lorsque ton corps devient enfin celui que tu voulais. Peut-être qu'il commence lorsque tu cesses d'attendre un autre corps. pour commencer à habiter pleinement qui tu es. Merci d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode. Et si cet épisode résonne en toi, j'ai créé un espace pour les femmes qui sentent qu'elles ont longtemps fonctionné en mode survie et qui sont aujourd'hui prêtes à retrouver notre manière d'être au monde, une manière plus incarnée, plus libre, plus souveraine. Tu peux retrouver mon travail et les prochains espaces que je propose via la légende dans cet épisode et aussi en cadeau, une petite surprise dans la légende de cet épisode. Et surtout, mon invitation, c'est de garder cette question avec toi. Qu'est-ce qui changerait dans ma vie si je cessais de me demander comment contrôler mon corps et que je commençais à me demander comment entrer en relation avec lui ? Encore merci pour le temps passé à m'écouter. je te retrouve très vite pour un nouvel épisode de douce hausseur. D'ici là, prends soin de ton corps, pas parce qu'il doit devenir quelqu'un d'autre, mais parce qu'il est déjà l'endroit depuis lequel tu vis, tu ressens, tu choisis et tu contribues. Je t'embrasse.