- Delphine GARDIN
Vous écoutez Du Pin sur la Planche, le podcast qui vous plonge au cœur de la filière forêt-bois. Je suis Delphine Gardin et mon quotidien, c'est d'aider les acteurs de ce secteur à mieux communiquer. Qui sont-ils ? Pourquoi le bois est une ressource clé pour relever les défis de la transition écologique ? Si toutes ces questions vous intéressent, vous êtes au bon endroit. Ici, une fois par mois et sans langue de bois, je vous emmène. à la découverte de cet univers et de ses experts ?
- Mylène TROUVÉ
Le bois. Le bois a des caractéristiques techniques, mécaniques, qui sont intéressantes. Moi, je suis convaincue que le bois, c'est une bonne solution dans de nombreuses utilisations.
- Delphine GARDIN
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Mylène Trouvé, ingénieure structure et cofondatrice du bureau d'études Artemis Ingénieurs, avec des agences au Mans et à Bordeaux. Son métier, c'est de faire en sorte que les bâtiments tiennent debout. Dit comme ça, ça peut paraître simple, mais derrière cette mission se cache tout un travail d'analyse, de calcul et de conception. Dans cet épisode, on parle de construction bois, bien sûr, mais aussi d'équilibre entre les matériaux, de réemploi du bois ou encore de la réhabilitation des centres-villes. Mylène nous raconte aussi son parcours atypique, un diplôme d'ingénieur, un voyage de dix mois à la découverte de l'habitat vernaculaire dans le monde. puis une carrière ensuite avant de créer son propre bureau d'études pour revenir à ce qui la passionne vraiment, la technique et le bois. Un épisode passionnant pour comprendre ce qui se joue derrière les bâtiments qui nous entourent et le rôle essentiel des ingénieurs structure. Bonne écoute ! Bonjour Mylène, je suis ravie d'être avec toi. On est au cœur du Forum international bois construction et on est ensemble pour une trentaine de minutes pour aborder ton parcours et ton métier puisque tu es ingénieur en structure dans le domaine de la construction. Donc si ça te va, je vais te laisser te présenter. Tu peux nous dire comment tu t'appelles, ton nom, ton prénom, ton âge et puis nous parler de ton métier.
- Mylène TROUVÉ
Bonjour Delphine, je suis Mylène Trouvé, j'ai 38 ans. Je suis co-fondatrice d'une entreprise qui s'appelle Artemis Ingénieur. Notre entreprise, son cœur de métier, c'est de faire du calcul de structure dans la construction. Donc on a... deux agences basées au Mans et à Bordeaux et on est actuellement sept personnes. Donc notre métier c'est de dimensionner des structures en multimatériaux, c'est-à-dire qu'on a une expertise particulière et un savoir-faire dans le domaine de la construction de bois. Mais pour construire un bâtiment en bois, on a toujours besoin de fondations en béton, on a toujours besoin d'autres éléments en acier. Donc on a cette capacité de calculer multimatériaux nos structures. Nous fournissons de la prestation intellectuelle, on n'est pas une entreprise de construction. Par contre, on nous voit régulièrement sur les chantiers pour aller vérifier que les prescriptions qu'on a données sont bien intégrées par les constructeurs.
- Delphine GARDIN
Avant de rentrer dans le vif du sujet, on va revenir sur ton parcours. Parce que ton parcours n'était pas forcément écrit d'avance pour le bois. Est-ce que tu peux nous raconter ton histoire en quelques étapes ?
- Mylène TROUVÉ
Ma formation initiale, c'est une formation d'ingénieur à l'ESTP, l'École spéciale des travaux publics et du bâtiment à Paris. C'est un diplôme d'ingénieur déjà orienté dans le bâtiment. Pendant mes études, j'avais déjà une appétence vers le calcul de structure. Donc c'était vraiment ma vision de l'ingénieur dans la construction. C'est celui qui est technique, qui passe ses journées à calculer. Et puis une fois que j'ai eu mon diplôme, on est parti avec un autre ingénieur de l'ESTP qui est devenu mon mari depuis. On est parti faire un voyage initiatique de dix mois. sur la découverte de l'habitat traditionnel d'un pays. Donc on parle d'habitat vernaculaire. Et donc c'était une manière de s'ouvrir l'esprit par rapport à tous les modes constructifs qu'on avait pu apprendre dans nos études. On trouvait que c'était un petit peu restreint d'apprendre du béton et de l'acier sans regarder les autres modes constructifs. Et ensuite, on a nos habitudes européennes qui font qu'on construit, on habite d'une certaine manière. et donc on voulait aussi s'ouvrir l'esprit sur ces aspects-là.
- Delphine GARDIN
Il y a un type d'habitat qui t'a particulièrement marqué pendant ton voyage ?
- Mylène TROUVÉ
Oui, bien sûr. Chaque type d'habitat, c'est tout un développement derrière. Moi, j'aime beaucoup l'habitat en terre aussi. Parmi l'habitat qui m'a marquée, j'ai beaucoup apprécié les voûtes nubiennes en Égypte, par exemple. Donc, je continue mon parcours. Après ce voyage initiatique, on s'est installé à l'étranger, en Suisse, alémanique. Moi, j'ai travaillé en tant que salariée d'une grande entreprise de construction. Donc, j'ai un petit peu louvoyé. Mais c'était un conseil qui m'avait été donné. par ma famille, par mon tuteur de stage, de dire peut-être commence ta vie professionnelle par une grande entreprise pour voir comment elle est organisée, savoir déjà comment est-ce qu'on construit chez nous, en Europe. Et donc c'était intéressant. J'étais sur un poste de BIM Management, qui n'est pas du tout un poste de calcul de structure comme aujourd'hui, mais au travers de cette expérience professionnelle, J'ai pu être en interface avec de nombreux métiers de la construction. Mon rôle, c'était globalement de faire passer de l'information depuis des maquettes numériques vers une base de données, par exemple, une base de données centrale sur un projet, et de faire en sorte que chaque acteur d'un projet puisse dialoguer correctement. Et puis, c'était également mettre en place des outils informatiques novataires pour supporter tous ces échanges d'informations. Et donc, pour moi... C'était aussi accompagner le changement pour toutes ces personnes qui devaient utiliser un nouvel outil dans leur quotidien. Et puis ensuite, l'envie de revenir vers un matériau biosourcier, l'envie de me rapprocher de la construction de bois, elle a refait surface petit à petit. Et donc, j'ai repris des études en formation continue, en parallèle du travail, dans la construction de bois et plus précisément le calcul de structure en Suisse. Parallèlement, on a souhaité revenir en France pour des raisons familiales. On avait trois enfants, on voulait qu'il y ait des liens familiaux qui se tissent avec les grands-parents. Du coup, ça a créé une rupture professionnelle à un moment dans notre vie. On s'est posé des questions sur le positionnement professionnel qu'on avait choisi. Et puis, on a décidé d'orienter différemment ce positionnement professionnel en disant Merci. Maintenant, on aimerait créer une entreprise. Évidemment, on change d'échelle quand on vient d'une grande entreprise. C'est une entreprise toute petite, une PME, et on veut promouvoir le bois dans notre quotidien. C'est pour ça qu'est né notre bureau d'études Artemis Ingénieur, de cette volonté de revenir dans le technique de l'ingénieur et vers le bois.
- Delphine GARDIN
Ok, c'était une trajectoire très enrichissante pour arriver à ce point. à cette étape-là. Si tu devais expliquer ton métier à quelqu'un qui n'y connaît rien, tu l'expliquerais comment ?
- Mylène TROUVÉ
Alors, je reçois, à la base, ma donnée d'entrée, c'est des plans d'architecte. L'architecte, il a le rôle de savoir à quoi le bâtiment va ressembler, quel usage on va avoir de chaque pièce, et l'organisation fonctionnelle à l'intérieur d'un bâtiment. Mais l'architecte, il ne fait aucun calcul. Il ne sait pas comment tient son bâtiment, il n'a pas de notion de contre-ventement, etc. Donc ensuite, il va voir toute une équipe d'ingénieurs. Je ne suis pas la seule dans l'équipe, moi je représente le métier de calcul de structure, mais il y a d'autres ingénieurs par exemple qui s'occupent de la thermique dans le bâtiment, de l'acoustique, de tout ce qui est réseau technique. Et donc il va voir cette équipe d'ingénieurs. Ces ingénieurs sont en charge de concrétiser. le bâtiment, de savoir exactement comment on va le construire. Moi, personnellement, en calcul de structure, à partir des plans de l'architecte, je vais déjà établir un principe porteur dans le bâtiment. Je vais par exemple regarder la forme d'une toiture et je vais concevoir une charpente qui est adaptée à cette forme de toiture. La charpente va avoir des points d'appui sur des murs. Et donc, sur ces points d'appui de mur, je vais avoir une descente de charge sur un mur que je vais dimensionner. Ensuite, je vais prendre tous les planchers des étages et je vais les découper en petites portées franchissables selon le matériau de construction qu'on va mettre dans le plancher. Je sais que par exemple, un bois dans du logement, on va essayer de limiter les portées à 5 mètres, 5,50 mètres, etc. En béton, on va pouvoir aller peut-être jusqu'à 6 mètres. Je vérifie dans le système porteur que je produis qu'il n'y ait pas de discontinuité. la charge qui vient depuis la toiture. Elle va pouvoir se transmettre depuis les planchers vers les murs, vers des poteaux, peut-être des poutres. Et ensuite, elle va aller jusqu'au système de fondation du bâtiment pour se dissiper dans le sol. Moi, concrètement, une fois que j'ai mis en œuvre ce système porteur, on se met autour d'une table avec l'architecte, avec les autres ingénieurs, et on va définir les compositions des parois de notre bâtiment. Donc on va savoir quelle couche est composée la toiture. Il y a la couche porteuse, il y a la couche d'isolant, il y a le revêtement sur le dessus, etc. On fait la même chose pour les murs, pour les planchers, et ça, ça me permet de calculer le poids de chaque paroi. Une fois que j'ai ces compositions, je vais calculer toutes les charges qui vont s'appliquer sur le bâtiment. Les charges, c'est par exemple le poids propre. Il y a des charges d'exploitation qui sont liées au fait qu'on met des meubles, des livres dans une bibliothèque. Tout ça, ça pèse sur les planchers. On a également des charges de neige sur la toiture, des charges de vent, à la fois sur la toiture mais aussi beaucoup à l'horizontale. Et puis on va avoir d'autres types de charges, par exemple... Si on est en zone sismique, on va devoir prendre en compte le fait que le sol va bouger dans toutes les directions et que le bâtiment, il ne faut pas qu'il s'effondre sur ses habitants. Donc voilà, il y a des charges sismiques en plus. Une fois qu'on a établi ces charges, on va venir décomposer la structure en petits éléments. Donc il faut imaginer une poutre sur deux appuis. Et on va venir charger cette structure-là. et on va rire analyser quels sont les efforts internes qui vont se développer dans les matériaux porteurs. Les efforts internes, pour parler couramment, c'est de la traction, de la compression. Il y a d'autres types d'efforts moins connus, du cisaillement ou du moment. On vérifie que ces efforts internes qui se développent, ils restent inférieurs à la capacité de résistance du matériau. Donc, si ces efforts sont inférieurs, c'est bon, c'est qu'on a correctement dimensionné. Si, par hasard, ces efforts sont plus grands que la capacité de résistance du matériau, il y a un risque de rupture. Donc, il faut revoir sa copie. Donc, soit on vient augmenter les sections, soit on vient modifier son système porteur.
- Delphine GARDIN
Et tout ça, c'est assisté par, j'imagine, les logiciels numériques.
- Mylène TROUVÉ
Voilà, exactement. On est aidé par des logiciels métiers qui nous permettent de modéliser des structures. Alors on fait encore beaucoup de calculs manuels, malgré tout.
- Delphine GARDIN
Ah oui ?
- Mylène TROUVÉ
Déjà pour savoir ce qu'on rentre dans le logiciel, c'est déjà une suite de calculs. Et puis après ça, le logiciel fait des calculs beaucoup plus complexes que nous aujourd'hui. Mais il faut toujours garder un regard critique sur les résultats qu'on obtient. C'est comme ça qu'on est un bon ingénieur. Et une fois qu'on a fait ces calculs, qu'on a dimensionné nos éléments, on fait des plans de la structure porteuse. Donc en fait, c'est le double des plans d'architecte, mais... uniquement avec les porteurs. C'est sur la base de ces plans que les entreprises de grosse œuvre ou de charpente vont construire la première structure porteuse. On commence toujours la construction d'un bâtiment par le porteur. Ensuite, on vient rajouter tout ce qui n'est pas porteur par-dessus. Dans notre métier, nos calculs sont régis par des normes, un corpus de règles qu'on appelle les eurocodes, qui sont assez complexes à lire et à identifier. mais qui nous donne surtout la manière dont il faut qu'on calcule et toutes les sécurités qu'on doit prendre en compte lors de nos calculs.
- Delphine GARDIN
Et les Eurocodes, ils sont dédiés au bois ou c'est tout matériau ?
- Mylène TROUVÉ
C'est tout matériau. Après, il y a les Eurocodes 5 qui sont dédiés au bois, par exemple.
- Delphine GARDIN
Et alors, quand on a préparé cet échange, tu me parlais de responsabilité. Elle se situe où, la responsabilité de l'ingénieur structure dans ton métier ?
- Mylène TROUVÉ
L'ingénieur en calcul de structure est responsable que le bâtiment tienne debout, avec de la sécurité. Coup de sécurité. Prêt de faire, c'est vrai. Sa responsabilité, c'est vraiment de dimensionner la structure pour qu'il n'y ait pas de pathologies d'ordre structurel qui arrivent au cours de la durée de vie du bâtiment. Je peux peut-être citer quelques pathologies structurelles les plus courantes. qu'on essaie d'éviter. Il arrive parfois qu'il y ait des charpentes qui ne soient pas triangulées. Et donc à la place d'exercer sur la maçonnerie en dessous ou sur l'élément en bois du dessous une charge uniquement verticale, elle arrive à exercer de la charge verticale et une petite partie aussi en horizontale. Et donc si c'est mal géré, si la structure du dessous ne... n'a pas compris qu'elle devait dimensionner un effort à l'horizontale, alors ça peut aboutir à de la fissuration dans le bâtiment. Donc ça, c'est l'une des pathologies. Il y a beaucoup de pathologies quand on n'est pas en construction de bois, mais quand on est sur la construction maçonnée de fissures. Ça peut apparaître aussi dans la construction de bois. Les fissures peuvent être soit dans un élément structurel, soit dans un élément de seconde œuvre, de type cloison de plâtre à l'intérieur. C'est le cas, ça arrive par exemple, quand on a mal dimensionné un élément de type poutre qui prend de la flèche et qui vient se reposer sur un élément en plâtre qui n'est pas censé prendre de la charge. C'est un autre type de pathologie qu'on peut rencontrer. Enfin, il y a aussi tout le... le dimensionnement des fondations. Si on n'a pas suffisamment fondé le bâtiment dans le sol, il va se mettre à fissurer dans différents endroits en partant plutôt de la base des murs. C'est très péjoratif, c'est une grosse erreur de construction.
- Delphine GARDIN
Et donc votre rôle, c'est d'anticiper pour éviter tout ça, toutes ces pathologies ?
- Mylène TROUVÉ
Voilà, on a d'autres responsabilités quand on conçoit des structures en bois. Par exemple, on va analyser ce qui se passe en cas d'incendie dans un bâtiment en bois. Et la norme nous donne le temps que le bâtiment doit tenir debout pour permettre l'évacuation des utilisateurs du bâtiment et l'arrivée des secours pour éteindre un incendie. Donc pendant ce temps-là, on doit garantir que la structure reste debout. Passé ce délai-là, si l'incendie est toujours là, que personne n'est venu l'éteindre, la structure peut s'effondrer et on considère que les conséquences sont OK.
- Delphine GARDIN
Et alors le bois, est-ce que c'est toujours la bonne solution ?
- Mylène TROUVÉ
Le bois. Le bois a des caractéristiques techniques, mécaniques, qui sont intéressantes. Moi, je suis convaincue que le bois, c'est une bonne solution pour de nombreuses utilisations. Le bois, à l'origine, c'était le tronc de l'arbre qu'on utilisait. Donc on était limité en dimensions par des sections et des longueurs de bois différentes. Aujourd'hui, on a l'industrie du bois qui s'est développée. Et on a des produits industriels qui nous permettent de s'affranchir des sections d'origine données par un tronc d'arbre. Donc on a par exemple du bois lamellé-collé, qui nous permet... En fait, on vient découper du bois en petites lamelles qu'on vient recoller les unes aux autres, qu'on vient abouter aussi. Et donc c'est ce qui permet de construire des poutres de gymnase de 15 mètres de portée par exemple. Et puis, ces dernières années, il y a eu un gros essor. de tous ces produits industriels à base de bois. Et donc, du coup, on a des matériaux toujours plus performants. Aujourd'hui, par exemple, on a du CLT, du Cross-Laminate Timber, ce qui est en fait une solution de dalles massives en bois, aussi sur l'idée qu'on vient coller des lamelles dans différentes directions, et donc qui fait qu'on peut construire un peu sur... un principe d'éléments surfaciques, des planchers et des murs. Donc du coup, tous ces nouveaux matériaux permettent une utilisation toujours plus grande dans des domaines variés du bois. Et donc, le bois arrive comme ça à gagner des parts de marché. Le bois, il a des avantages. Par exemple, c'est sa légèreté. Donc quand on construit des surélévations, Le bois est vraiment la solution à privilégier parce qu'on arrive sur un bâtiment qui est existant, qui a déjà des fondations dimensionnées. Et quand on surélève, on vient rajouter de la charge. Et donc plus ce qu'on rajoute est léger, plus ça a des chances de passer sans modifier le système de fondation. Donc c'est vraiment pour toutes les surélévations qu'on fait à Paris. le bois et le matériau d'excellence utilisés.
- Delphine GARDIN
C'est vrai qu'on en voit beaucoup des surélévations de bois à Paris puis dans d'autres villes, mais c'est tout le temps du bois.
- Mylène TROUVÉ
Oui. Et donc sur le même thème, en fait, un bâtiment, si on construit en bois plutôt qu'en maçonnerie, il va être beaucoup plus léger. Ça va être de l'ordre de 10 fois plus léger qu'un bâtiment normal. Et donc du coup, le système de fondation de ce bâtiment, il va être beaucoup plus optimisé. On aura besoin de fondations moins grandes.
- Delphine GARDIN
Donc de coulées, moins de béton.
- Mylène TROUVÉ
Et le bois est également une très bonne solution constructive quand on est dans un environnement contraint. C'est-à-dire par exemple, on est dans un environnement urbain avec peu de place et tout chantier provoque des nuisances pour le voisinage. Et donc dans ces cas-là, la solution en bois, c'est une solution qui est préfabriquée en atelier. Donc il y a des modules entiers qui sont apportés sur le chantier. C'est du flux tendu, c'est-à-dire qu'ils apportent uniquement les éléments qu'ils vont pouvoir construire dans la journée. C'est construit extrêmement vite parce que c'est juste des connecteurs à mettre. Mais ce n'est pas comme un bâtiment ou un béton armé où il faut mettre des coffrages, où il faut un temps de séchage, il faut rajouter beaucoup de matière. et si... Un mode constructif qui va générer quasiment aucune nuisance sonore pour les riverains. Donc, c'est très adapté. Quand on conçoit en bois, on ne peut pas faire abstraction des inconvénients du bois. Un des inconvénients qu'il faut connaître, c'est que le bois ne doit pas être humide, ne doit pas rencontrer de l'humidité durant sa vie. Il est sensible aux attaques des champignons et des insectes dès lors qu'il est humide. Et donc, il va se détériorer, il va pourrir, il va perdre en résistance. Donc, quand on a conscience de ça, on arrive à concevoir avec les défauts du bois tout en les limitant.
- Delphine GARDIN
Et alors, tu parles souvent d'équilibre en construction ou en construction bois. C'est quoi cet équilibre ?
- Mylène TROUVÉ
Oui. Alors, un projet de construction, c'est souvent plus complexe qu'on ne croit pour créer un bâtiment qui est plein de qualités. Donc, quelles peuvent être les qualités d'un bâtiment ? Déjà, c'est des qualités esthétiques. Est-ce qu'il est beau ? Est-ce qu'il a des beaux volumes ? C'est des qualités de confort. du bâtiment, est-ce qu'il est bien isolé, phoniquement, thermiquement ? Est-ce que c'est un bâtiment qui va coûter cher ou pas cher pour son entretien, sa maintenance ? Est-ce que c'est un bâtiment qui va être robuste dans le temps ? Voilà, donc il peut avoir plein de qualités. Pour moi, faire un bâtiment équilibré, donc c'est vraiment notre leitmotiv, et ça dépend de la manière dont tous les acteurs tous les experts qui vont se rassembler pour concevoir ensemble ce bâtiment, c'est-à-dire pendant des mois, ils vont travailler ensemble pour sortir toute une série de plans et de documents. S'ils arrivent bien à dialoguer, ces personnes, alors on va réussir à trouver un bon compromis et ça va faire un ouvrage équilibré. Parfois, il va falloir faire des choix constructifs qui vont être un peu antinomiques entre un acteur et un autre. Et donc, il va falloir décider en fonction de certains critères. qu'est-ce qui est le plus important pour le projet et qu'est-ce qui va nous apporter cet équilibre. Du point de vue de l'ingénieur en calcul de structure, il y a un équilibre que j'aime bien rappeler, surtout quand on construit en multimatériaux, c'est le fait que chaque matériau a des avantages et des inconvénients. Et quand on les mélange les uns avec les autres, l'idée, c'est que chaque matériau... puissent s'exprimer dans ses avantages et au contraire que ses inconvénients puissent ne pas s'exprimer. On va choisir le matériau, sa position dans l'ouvrage en fonction de ses avantages. C'est-à-dire que, par exemple, le bois, on a dit qu'il avait un avantage de... il était léger, il est bon en flexion, etc. Par contre, il a un inconvénient, c'est qu'il ne faut pas qu'il voie l'eau pendant sa durée de vie. Donc on va décider de le mettre évidemment sur toute la super structure du bâtiment. Il faut éviter à tout prix des conceptions piégeantes qui font que, par exemple, la vapeur d'eau générée à l'intérieur d'un bâtiment par les utilisateurs, il faut qu'elle arrive à sortir. Et donc du coup, elle va passer au travers d'une cloison en bois. Il faut éviter que l'eau s'accumule dans une cloison parce que dans ce cas-là, ça peut la faire complètement pourrir. Donc globalement, il faut que la migration de la vapeur d'eau soit bloquée. à l'intérieur de la paroi, pas bloquée complètement, mais elle soit limitée, et par contre qu'elle soit très ouverte à l'extérieur. Comme ça, s'il y a de l'eau qui se retrouve à l'intérieur, elle a très envie de sortir. Et donc ça, c'est un savoir-faire qui s'acquiert quand on conçoit en bois, mais c'est des pièges dans lesquels beaucoup de personnes tombent et qui ont des conséquences catastrophiques quand on a un point de rosée au milieu d'une paroi. c'est-à-dire de la condensation qui se transforme en Ausha l'intérieur d'une paroi.
- Delphine GARDIN
D'où l'importance de vos métiers pour bien concevoir et pas dire que le bois peut parfois...
- Mylène TROUVÉ
Ça peut faire une mauvaise image du bois et c'est dommage parce qu'en fait c'est un vrai problème de conception à la base et une méconnaissance du matériau.
- Delphine GARDIN
J'entends. Alors si on est là aussi aujourd'hui, c'est parce qu'on est toutes les deux partenaires d'un projet qui s'appelle Belaĵo, qui est porté par Mickaël Feuneux. Pourquoi Artemis Ingénieur a voulu être partenaire de ce projet ?
- Mylène TROUVÉ
Ce projet, c'est une agora, donc c'est une voûte construite toute en bois, en facettes bois. Et donc, on voit la structure. en bois de cette voûte. Elle est construite sur un principe de triangle qu'on vient préfabriquer en atelier et assembler sur place. Ce genre de structure, pour nous, c'est un défi technique à calculer parce que c'est une structure qu'on ne peut pas simplifier comme on le fait généralement sur des bâtiments. On ne peut pas simplifier en petits éléments porteurs. Si on simplifie, on perd l'effet de voûte et donc on n'a pas du tout les bons efforts. vis-à-vis de ceux qui se développent effectivement dans la structure. Donc on est obligé d'avoir une analyse différente, calculatoire, sur ce bâtiment. Ce qui m'intéresse sur ce projet, c'est aussi que la structure est laissée visible. C'est vraiment une belle vitrine du métier de l'ingénieur en calcul de structure. Elle fait intervenir plein d'acteurs de la filière bois. On partage tous les mêmes valeurs et on a tous envie de construire de manière respectueuse de l'environnement.
- Delphine GARDIN
Et comment Artemis Ingénieur est intervenu sur le projet ?
- Mylène TROUVÉ
Nous sommes maîtres d'œuvres structurelles. À partir de l'intention architecturale de l'artiste M. Feneux, on définit comment la structure va être construite. On dimensionne chaque barre en bois de cette structure. Et on dimensionne également. les assemblages qu'il y a derrière. Ensuite, on produit une note de calcul qui est visée par un bureau de contrôle et qui nous permet d'obtenir une homologation ERP du bâtiment, ce qui permet à la structure de pouvoir être exposée comme un établissement recevant du public dans différents lieux. Et ça permet au public de rentrer à l'intérieur du bâtiment étant assuré de sa sécurité.
- Delphine GARDIN
C'est important.
- Mylène TROUVÉ
Et puis, il y a une conception particulière, puisque c'est un ouvrage qui est voué à être monté, démonté, transporté, remonté ailleurs, etc. Donc, ce n'est pas le cas de nos bâtiments habituels. Donc, on a une conception des assemblages très différente de d'habitude. Là, on souhaite vraiment avoir de la démontabilité. qu'il faut... Ça nous fait réfléchir différemment que sur nos bâtiments traditionnels.
- Delphine GARDIN
J'allais te demander justement si c'était si différent que ça par rapport à une structure classique à aborder. Mais bon, tu viens de le dire.
- Mylène TROUVÉ
L'aspect calculatoire est vraiment très différent. C'est-à-dire que quand on est sur une structure 3D comme ça, le logiciel nous renvoie des efforts dans toutes les directions. nous renvoie beaucoup plus d'informations que d'habitude qu'il faut savoir simplifier, épurer pour tirer que celle qui est vraiment nécessaire avec laquelle on va pouvoir, par exemple, dimensionner des assemblages.
- Delphine GARDIN
Et vous avez pris du plaisir à travailler sur ce projet, j'imagine ?
- Mylène TROUVÉ
On a pris beaucoup de plaisir à travailler. C'est, encore une fois, une belle vitrine et on est fiers d'arriver à sortir des résultats, d'arriver à sortir des assemblages qui sont discrets. Aussi, puisque ça va rester visible au final. Donc on a hâte que le projet soit debout et qu'on puisse aller le visiter.
- Delphine GARDIN
Oui, moi aussi j'ai hâte de pouvoir le découvrir. Il y a d'autres sujets qui te sont importants. Le premier, c'est la réhabilitation des centres-villes. Pourquoi ça t'est si important ?
- Mylène TROUVÉ
C'est un sujet que je trouve d'actualité. que je trouve généralisée dans une grande partie de nos villes françaises. Actuellement, nos centres-villes, plutôt centres-villes historiques, sont pas mal délaissées. Donc il y a une espèce d'exode vers les zones périphériques des villes. Et du coup, dans ces centres-villes, il y a des commerces au niveau du rez-de-chaussée. Mais tout ce qui est dans les étages, il y a un peu de stock pour les commerces. Mais après, c'est vide, c'est délaissé. Donc quand il y a des problèmes d'entretien, c'est les pigeons qui rentrent. Et ça fait un patrimoine qui se détériore très vite. Souvent, c'est des bâtiments anciens. C'est un héritage d'une architecture d'une autre époque. Parfois c'est des très beaux bâtiments, parfois, comme c'est un héritage d'une autre époque, ça veut dire qu'ils avaient un usage des pièces qui était différent.
- Delphine GARDIN
Ils avaient d'autres contraintes acoustiques, d'autres exigences acoustiques, etc. Du coup, ça fait des contraintes qui ne sont plus forcément adaptées à nos modes de vie d'aujourd'hui. Et donc, je pense qu'il y a un beau défi à relever de transformer ces espaces, c'est-à-dire de leur redonner du potentiel d'habitabilité, une des difficultés auxquelles on se heurte quand on analyse ce type de projet. c'est que déjà, il n'y a pas d'accès aux étages parce que bien souvent, les magasins ont pris toute l'emprise possible au niveau du rez-de-chaussée. Il n'y a plus la possibilité d'avoir un escalier pour entrer à l'étage.
- Mylène TROUVÉ
C'est pas très pratique.
- Delphine GARDIN
Voilà. Et ensuite, on est sur des parcelles avec des formes souvent très allongées. On a des contraintes de mitoyenneté fortes. Donc soit... On peut considérer que c'est une contrainte pénible, soit on peut dire qu'on va transformer ce bâtiment, on va ouvrir des murs porteurs et on va pouvoir recréer du logement à forte valeur ajoutée puisqu'on est dans des zones de centre-ville où les commerces sont tout proches, où on n'a pas besoin d'utiliser sa voiture dans son quotidien, etc. Donc moi, c'est un sujet qui me paraît crucial pour la conservation de notre patrimoine bâti et pour... le dynamisme de tous ces commerces. En fait, à une certaine période, on n'avait pas forcément la voiture, on n'avait pas tous ces déplacements possibles, donc on était obligés de consommer proche de nos lieux de vie. Aujourd'hui, tous ces modes-là ont changé. On a la voiture, on a les centres commerciaux à l'extérieur, ce qui fait que les centres-villes sont moins dynamiques. Pourtant, c'est des zones historiques. Je pense qu'on a la responsabilité de les faire vivre et de les conserver.
- Mylène TROUVÉ
Tu m'as aussi parlé du sujet du réemploi du bois en charpente. Qu'est-ce que ça implique dans la réalité d'un bureau d'études, d'envisager du réemploi ?
- Delphine GARDIN
Là encore, c'est un autre sujet d'actualité. Il faut savoir que du réemploi en bois, il y en a toujours eu. Mais c'est vrai que... La disponibilité en bois aujourd'hui fait qu'on le réemploie de moins en moins, mais la tendance s'inverse. On commence à se poser ces questions, de se dire pourquoi est-ce qu'on va démolir un bâtiment, le mettre à la benne alors qu'il y a des matériaux qu'on peut réutiliser, pas que du bois d'ailleurs.
- Mylène TROUVÉ
D'ailleurs je crois que là, au Forum international bois-construction, il y a eu un cycle de conférences dédiées sur le réemploi du bois, il me semble. Oui,
- Delphine GARDIN
sans doute. Donc du coup... ce bois de réemploi, on peut rencontrer des problèmes d'assurabilité. C'est-à-dire que les assureurs ne sont pas très confiants sur le fait qu'on utilise du matériau de réemploi parce qu'il n'est pas garanti par un fabricant. Et ce matériau de réemploi, il peut être détérioré sans que ce soit trop visible. Il peut y avoir des problèmes. Donc, une des problématiques importantes quand on fait du réemploi, c'est... de bien connaître son matériau et de lui faire passer un diagnostic qui est spécifique au matériau considéré. Par exemple, pour le bois, on va regarder si le matériau a un développement fongique à l'intérieur de champignons. On va regarder son taux d'humidité, parce qu'en fait, le taux d'humidité, c'est ça qui permet ou non le développement fongique derrière. Et puis, on va regarder s'il a été abîmé pendant son... son utilisation antérieure. Et le bois, c'est un matériau vivant. Donc il a des caractéristiques mécaniques qui évoluent dans le temps. Comme vous, comme moi, on vieillit, on perd en élasticité. Malheureusement. Le bois, c'est pareil. Il va devenir de moins en moins élastique dans le temps. Donc une poutre qui travaillait en flexion qui mobilise une certaine partie de son élasticité, elle va avoir un comportement qui varie dans le temps. Et cette variation comportementale, ça serait bien d'arriver à la prendre en compte. pouvoir redimensionner correctement le bois de réemploi.
- Mylène TROUVÉ
Et aujourd'hui, on sait bien le faire, ça ?
- Delphine GARDIN
Aujourd'hui, non, on n'a aucun cadre. À ma connaissance, dans les Eurocodes, c'est que du bois frais, neuf, on calcule. On n'a pas de courbe de décroissance des caractéristiques mécaniques du bois en fonction de l'essence, en fonction de l'âge d'utilisation. Et ce qu'il faut savoir, c'est aussi qu'un bois qui a travaillé d'une certaine manière, par exemple un bois de charpente, qui a travaillé avec une zone comprimée, une zone tendue dans sa section. Si on le prend, on le retourne et la zone tendue, on décide dans son nouvel usage qu'elle va être comprimée, ça, il ne va pas apprécier. Il va falloir passer aussi l'historique du bois de structure pour le réutiliser de la même manière qu'il a été utilisé avant. Concrètement, aujourd'hui, pour donner confiance à tous les acteurs du réemploi, on a tendance à pas mal déclasser le bois de réemploi ou diminuer sa portée, etc. Donc ça, c'est une manière de le réutiliser sans qu'il y ait trop de débats autour de sa résistance. Artemis Engineer s'est équipé d'un nouvel appareil qui est sur le marché, qui s'appelle un Silvatest. et qui envoie un écho dans le bois et analyse comment cet écho se transmet dans le bois. Et à partir de cela, peut arriver à donner une classe de résistance, peut arriver à caractériser la résistance d'un bois. Donc ça, c'est une manière très concrète de venir justifier la résistance d'un bois sur un échantillon composé de plusieurs poutres de bois. on peut aussi décider d'en prendre une et de lui appliquer une charge et de voir à quel moment elle casse. C'est une autre manière de se rendre compte concrètement du comportement du matériau qu'on réemploie.
- Mylène TROUVÉ
En tout cas, ça fait des beaux sujets d'études ou de recherches pour nos ingénieurs.
- Delphine GARDIN
Exactement. Alors, il faut aussi se méfier quand on réemploie du bois qu'il a été stocké correctement entre ces deux emplois. et qu'il n'a pas été exposé à de l'humidité. Oui,
- Mylène TROUVÉ
laissé dans une grange qui prend l'eau, par exemple.
- Delphine GARDIN
Oui, exactement.
- Mylène TROUVÉ
Ça peut être problématique.
- Delphine GARDIN
Donc, il y a toute une filiale du réemploi qui est en train de se structurer, qui est en train de grossir. Et eux, leur rôle, c'est de connaître le matériau, de le stocker dans des bonnes conditions pour pouvoir le remettre sur le marché du matériau.
- Mylène TROUVÉ
Super. Écoute, Mylène, on arrive à la fin de cet échange qui était déjà... passionnant mais j'ai encore quelques petites questions à te poser. Est-ce qu'il y a une personne, un projet ou un collectif que tu nous conseillerais de suivre ?
- Delphine GARDIN
Le collectif d'architectes Moonwalk qui est basé à Bordeaux et qui a une démarche architecturale singulière. Il promeut beaucoup le biosourcé. Ils ont un langage architectural très poétique. Ils sont intéressés par de l'économie circulaire, donc des circuits courts. Et ils sont très intéressés aussi à valoriser des savoir-faire qui peuvent être des savoir-faire anciens qui viennent mélanger avec du moderne. Donc voilà, je pense à eux. Si vous êtes intéressés pour les suivre, peut-être aller voir le site internet Moonwalk.
- Mylène TROUVÉ
Super. Et alors... Mon avant-dernière question, c'est ma question signature. C'est quoi le plus gros cliché sur le bois ou sur ton métier et surtout en quoi il est faux ?
- Delphine GARDIN
Alors là, je voudrais parler du coût de la construction bois. Il y a beaucoup de personnes tout de suite qui pensent que quand on construit en bois, c'est plus cher que dans d'autres constructions. Donc j'aimerais expliquer pourquoi les gens pensent ça et pourquoi je pense que ça peut être faux. déjà quand on construit en bois en général on veut un bâtiment qui est sain on veut un bâtiment qui est confortable donc souvent un bâtiment en bois il a plein d'autres avantages qui viennent avec et qu'on compare pas forcément à égalité avec d'autres types de bâtiments donc souvent on a des bâtiments très qualitatifs pour des maîtres d'ouvrage qui ont la volonté Merci. de promouvoir le bois et tout ce qui va avec. Il faut bien comparer un bâtiment à qualité égale. Ensuite, en France, on est les inventeurs du béton armé. On a une culture béton armé. Très développée, très ancrée dans les cultures. Quand on construit un immeuble aujourd'hui, il y a beaucoup de chances qu'il soit banché en béton armé. On ne se pose pas plus de questions que ça. Parce qu'on est français. J'ai presque envie de dire. Il y a plein d'autres pays dans lesquels la construction de bois est beaucoup plus développée. Je pense aux pays comme la Suède, la Norvège, même l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, ou tout ce qui est Canada, États-Unis. Ils ont finalement une autre culture de la construction qui fait qu'ils ont une filiale. de construction de bois qui est plus avancée, plus développée que la nôtre. Tandis que nous, on a développé au maximum toute la filière du béton armé, ce qui fait que les coûts sont optimisés en fonction de ce qu'on a souhaité développer. Si aujourd'hui, on se rend compte que le bois est une meilleure solution à mettre en œuvre que le béton armé, parce que le béton armé, le problème, c'est que ça pollue beaucoup, quand la réaction chimique Euh... Quand on vient rajouter de l'eau avec le ciment qui a la réaction chimique qui se passe, en fait, ça libère beaucoup de CO2 dans l'atmosphère. Et donc, c'est un peu ce qu'on reproche aujourd'hui. En plus que le béton utilise des matériaux qui ne sont pas renouvelables et qui sont limités sur la terre. Tandis que le bois pousse en continu et on peut l'utiliser.
- Mylène TROUVÉ
Et à l'inverse, le bois, il stocke le carbone. Voilà,
- Delphine GARDIN
tant qu'il n'est pas brûlé, le bois a pris le carbone de l'air et le stocke dans sa fibre. On a l'effet inverse. Et donc, tant que nos filières d'exploitation forestière, de transformation du bois et tous les métiers de la construction de bois n'ont pas cet état de développement, la construction de bois pourra rester avec des coûts qui sont perçus comme étant plus chers.
- Mylène TROUVÉ
Oui, ça s'explique.
- Delphine GARDIN
que si on se met à le développer, on va se rendre compte que les prix vont baisser. C'est très relatif en fait.
- Mylène TROUVÉ
Donc le mot de la fin, ce serait de continuer à œuvrer comme le fait le forum par exemple, auquel on est là aujourd'hui, pour promouvoir le bois dans la construction, pour massifier finalement l'offre de construction bois et faire réduire les coûts.
- Delphine GARDIN
Oui, exactement. Massifier, faire en sorte que... plus de personnes connaissent ces possibilités. En fait, ça va réduire la crainte qu'on a de construire en bois et ça va faire qu'on va construire de mieux en mieux et à un coût de moins en moins cher.
- Mylène TROUVÉ
C'est tout ce qu'on souhaite à l'avenir de la filière. Écoute, Mylène, je te remercie pour cet échange. C'était passionnant. J'ai appris plein de choses, moi aussi. J'espère que les auditeurs repartiront avec plein de nouvelles informations sur la construction bois. Merci beaucoup.
- Delphine GARDIN
Merci Delphine.
- Mylène TROUVÉ
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