- Delphine GARDIN
Vous écoutez Du Pin sur la planche, le podcast qui vous plonge au cœur de la filière forêt-bois. Je suis Delphine Gardin et mon quotidien, c'est d'aider les acteurs de ce secteur à mieux communiquer. Qui sont-ils ? Pourquoi le bois est une ressource clé pour relever les défis de la transition écologique ? Si toutes ces questions vous intéressent, vous êtes au bon endroit. Ici, une fois par mois, Et sans langue de bois, je vous emmène à la découverte de cet univers et de ses experts.
- Fabrice CARRÉ
Il y a le lundi noir là, où le feu est remonté, poussé par un vent de sud, où là il faisait 43 degrés, il y avait 10% d'humidité. Là c'était l'apocalypse quoi. Nous on était au parking de la dune du Pila, là on entendait les bouteilles de gaz des campings qui explosaient. Enfin là c'était un monstre qui était lancé, là il pouvait vraiment tout se passer.
- Delphine GARDIN
Aujourd'hui je vous emmène en Gironde, au cœur de la forêt domaniale, avec Fabrice Carré. technicien forestier à l'Office national des forêts. Dans cet épisode, on revient sur le terrible incendie de juillet 2022, sur le rôle qu'ont eu les forestiers et aussi sur tout ce qui vient après. L'observation de la forêt, la compréhension, comment on prévient les incendies et surtout comment on reconstruit la forêt. Avec Fabrice, on a parlé de la forêt littorale, de la dune, de cette prévention des incendies, de la régénération naturelle. des scolites, du reboisement, mais on a aussi surtout parlé du temps long de la forêt. Cet échange, il permet de mieux comprendre le rôle des forestiers, comment ils travaillent sur le terrain, comment on gère une forêt au quotidien, comment on arrive à concilier l'accueil du public avec la préservation de la biodiversité ou encore la production de bois, et surtout, quand une crise comme cet incendie survient, comment s'adapter et prendre des décisions qui engagent la forêt pour les décennies à venir. Bonne écoute ! Bonjour Fabrice, on est au cœur de la forêt des Landes, à la Teste de Buch, ici même où il y a quatre ans un terrible incendie ravageait une grande partie de cette forêt. Vous me faites l'honneur de venir témoigner à ce micro pour revenir sur ce moment marquant, mais surtout vous allez nous expliquer ce que les professionnels, à l'Office National des Forêts et peut-être dans d'autres structures, vous avez mis en place pour observer et reconstruire cette forêt. Pour commencer, je vais vous demander de vous présenter et de m'expliquer quel est votre rôle à l'Office National des Forêts.
- Fabrice CARRÉ
Merci d'être venu à nous, bienvenue en forêt domaniale, forêt domaniale de la Teste et là sur un des plus beaux sites que l'on a, pour ne pas dire le plus beau donc côté d'une de nos dernières cabanes de résiniers qui est encore debout et c'est le site de Curepipe juste à côté du lac de Cazaux-Sanguinéet et en haut d'un étang Je m'appelle Fabrice Carré et je suis technicien forestier opérationnel à l'Office National des Forêts ce qu'on appelait il n'y a pas si longtemps que ça un garde, un personnel de terrain Et j'appartiens à une équipe qui est une unité territoriale, l'unité territoriale de Biscarrosse, qui regroupe 14 personnes, toujours de terrains. Et on a donc en gestion les forêts publiques allant de Saint-Eulalie-en-Borne dans le nord des Landes et jusqu'au Teche, jusqu'au sud bassin.
- Delphine GARDIN
D'accord. Moi, j'aimerais savoir, avant de parler de ce qui s'est passé ici il y a quatre ans, quel a été votre parcours ? pour en arriver à faire ce métier et le faire ici, à la Teste de Buch, dans les grandes lignes.
- Fabrice CARRÉ
Alors on va faire dans les grandes lignes, après je ne suis pas si vieux que ça quand même. Mais mon parcours, moi j'arrive vraiment du terrain, puisque j'ai commencé quand je me suis vraiment intéressé à la forêt et que j'ai refait disons une petite réorientation scolaire. J'ai fait un BTS agricole, gestion forestière par correspondance. J'ai mis un premier pied à l'ONF dans le cadre d'un stage où après le BTS, j'ai commencé ma carrière professionnelle à l'ONF comme ouvrier forestier, donc à faire des travaux sylvicoles, des travaux dunaires, des travaux touristiques, puisque là on a quand même cette particularité ici sur la zone littorale, l'Atlantique littorale, d'avoir en gestion des forêts dunaires qui sont vraiment en proximité immédiate de l'océan. et on est également gestionnaire la plupart du temps de la dune, qui est quand même un milieu un petit peu original. On a des activités qui sont très variées, assez saisonnières également.
- Delphine GARDIN
Et quand vous dites travaux sylvicoles, pour des gens qui ne sont vraiment pas de la filière, c'est quoi ?
- Fabrice CARRÉ
C'est des dégagements de semis, des dépressages. A l'époque, on faisait aussi des élagages, élagages à 2 mètres, voire élagages à la canne à 5,50 mètres. Bon, ça a un peu changé depuis. De toute façon, les peuplements ont aussi changé, donc il y a beaucoup moins besoin de faire certains travaux. puisque les densités dans les parcelles sont quand même bien inférieures que ce qu'on pouvait connaître il y a... 25 ans. Donc voilà, commencer comme ouvrier forestier. Pendant 4-5 ans, en DCDD, où j'ai également travaillé pour une entreprise en environnement et en expertise forestière, où là j'ai fait des missions un petit peu à droite à gauche en France, notamment sous des lignes haute tension, à faire du relevé de végétation. Parce que bon, Enedis s'était rendu compte qu'après la tempête de 99, en fait, sous ces lignes, il n'y avait pas que de l'herbe. Il pouvait y avoir aussi des arbres. Donc des fois, c'est un peu embêtant quand il y a un arbre et une ligne électrique. Et après, j'ai mis les deux pieds vraiment à l'ONF après avoir réussi un concours.
- Delphine GARDIN
Vous m'aviez dit en préparant l'émission que l'ONF, c'était un peu le Graal. Pourquoi ?
- Fabrice CARRÉ
Oui, c'est vrai que je connais le bassin d'Arcachon depuis ma plus tendre enfance, même si je venais passer mes vacances à Andernos-les-Bains. Et j'allais... Je pratiquais un peu des sports nautiques, disons. Donc, j'allais au Grand Crohot et on traverse la dune, on traverse la forêt. Il y a une maison forestière avec, a priori, quelqu'un qui l'occupe. Et voilà, à chaque fois que je passais devant, je me suis dit, purée, il doit être pas mal, les gars.
- Delphine GARDIN
Donc,
- Fabrice CARRÉ
voilà, c'est quelque chose. Au début, c'était un peu anecdotique. Et puis, petit à petit, je me suis dit, mais ça peut peut-être, enfin voilà, peut-être qu'en étant un peu pugnace, c'est quelque chose qu'il ne faut jamais rien s'interdire dans la vie. Donc voilà, ça me paraissait moins un peu... idyllique de pouvoir vivre en forêt dans plus une maison forestière qui a une histoire on touche un peu là en plus là sur la côte avec ces gros travaux qu'il ya eu au 19e de stabilisation de la dune et après d'ensemencement de la zone dunaire voilà ces bâtis ils ont vraiment une vraie histoire derrière et pour nous c'est une vraie richesse c'est vraiment un patrimoine ces maisons forestières c'est un patrimoine donc ouais c'était un peu le C'était un peu le rêve et à part l'ONF, je ne vois pas trop d'autres structures qui aient ce genre de possibilités.
- Delphine GARDIN
Et alors, avant l'incendie, à quoi ça ressemblait votre métier ?
- Fabrice CARRÉ
C'est difficile à dire puisque c'est quand même assez varié. Ce que je vous disais, on touche un petit peu à tout. On a en fait les quatre grandes fonctions de la forêt qui sont représentées ici. L'accueil du public, on a des zones dites de plan plage.
- Delphine GARDIN
Surtout ici, dans cette zone quand même très touristique. Oui,
- Fabrice CARRÉ
tout ça. Ça a été organisé par la MIACA dans les années 80, où on a aménagé des parkings sous couverts forestiers pour permettre au plus grand nombre de pouvoir accéder à l'océan en sécurité, en se stationnant avec son automobile, mais ils peuvent venir aussi à vélo, puisqu'on a des pistes cyclables, et d'ailleurs c'est ce qu'il y a de mieux à faire, franchement, à part ceux qui aiment les bouchons, mais bon, toute l'année. Donc il y a ces zones d'accueil du public, que l'on a en gestion avec les municipalités. Donc après, on a régulièrement aussi... On fait des visites guidées, des animations. Donc voilà, ça, c'est aussi un côté pédagogique, souvent à l'attention des scolaires. Oui, voilà, c'est ça. On a un vrai rôle. De toute façon, nous, on vit en forêt, on y travaille. Donc on a un certain rapport avec le milieu naturel, le milieu forestier. Et on a un petit message à passer aux jeunes générations. Donc surtout celles qui habitent dans les régions, qui ne sont pas forcément non plus du coin. Donc voilà, parce que c'est quand même une région très attractive. Donc voilà, il y a l'accueil du public qui est bien représenté. Après, on a cette fonction de protection, protection des milieux. Tout à l'heure, je parlais de la dune. Donc il y a une mission d'intérêt général sur la gestion d'une aire. Donc on a cette responsabilité de maintenir ce que nos prédécesseurs ont fait. Tout ça, ça remonte à Brémentier et puis il y a tous les précurseurs qui ont eu cette... Cette lourde charge de fixer ces sables qui envahissaient les villages, qui en fait créaient des exodes, et les gens fuyaient l'ense-levissement. Je vais y arriver. L'ense-levissement.
- Delphine GARDIN
En même temps, ce n'est pas facile à dire. C'est ça.
- Fabrice CARRÉ
Enfin, la montée des sables. Voilà, qui fuyaient donc la montée des sables. Donc là, nous, on a un héritage, cette mission à assurer. En plus, c'est un écosystème à part entière qui est très riche, à la fois au niveau faune et au niveau flore. Donc ça, c'est vraiment un travail très intéressant. On a aussi évidemment la mission de la protection de la biodiversité. Là, on entend les oiseaux, c'est le printemps, la forêt est magnifique. On a des zones de quiétude, on conserve des îlots de sénescence. qui constituent un peu des corridors écologiques. On a des spécialistes dans les réseaux naturalistes qui viennent aider les équipes de terrain pour faire des suivis, que ce soit sur les chiroptères, sur les batraciens, sur la vifone, sur les oiseaux. On a un laboratoire d'entomologie forestière à Quillan. Donc là, c'est des spécialistes. Là, c'est encore différent d'un réseau. Donc on a un tas de compétences. qui nous aide notamment pour cette fonction de protection. Et puis évidemment, on a aussi une mission de production, parce que la forêt, ça pousse, en principe, normalement. Quand elle ne brûle pas, elle pousse. Je ne m'étais pas permise. Quand elle ne dépérit pas, elle pousse. Et on a ce rôle de production de bois qu'on a toujours eu, qui est de plus en plus compliqué. mais qui en plus qui évolue. A une époque, on vendait les arbres sur pied à l'occasion de grandes ventes. Et de plus en plus maintenant, on réalise en bois façonné, donc en régie, des coupes. Et donc les bois sont vendus bord de route par trier des professionnels avec qui on a passé ces contrats, où on s'est engagé à leur fournir un certain volume de bois, donc de la qualité souhaitée. Et après, on a des services, donc le service bois qui se charge de trouver les parcelles qui conviennent, les coupes qui conviennent pour pouvoir assurer ce service. Et on a donc des marchés avec des entreprises d'exploitation forestière, petits bois, bois moyen, gros bois, pour pouvoir réaliser ces interventions. Donc là, on monte un petit peu d'un cran. Puisque maintenant, on vend des bois à bord de route et on arrive même à en vendre, livrer usine. Il y a un fois qu'il doit y avoir une filiale, ONF Logistique ou un truc comme ça, qui livre aussi un petit peu carrément une usine. Donc là, les réceptions ne sont même plus faites en bord de route, mais elles sont faites à l'entrée de l'usine.
- Delphine GARDIN
Les services évoluent.
- Fabrice CARRÉ
Voilà, les services évoluent et ça permet aussi, je précise, on a tout type de clients, mais nous, ça nous est arrivé de vendre du bois à des petits, tout petits clients. Notamment, il y a un charpentier de marine à Gujan-Mestras. qui retapent des pinasses, embarcations un peu traditionnelles d'ici, pinasses évidemment faites en pin et il se trouve qu'en plus charpentier de marine, lui il était intéressé par des bois tordus alors en principe les bois tordus ça ne nous plaît pas trop aux forestiers alors que lui c'était des courbures naturelles et donc voilà on lui a vendu je ne sais plus quelques dizaines de stères on lui avait trouvé en plus un peu des pins gémés, donc des pins qui ont été résinés et qui ont une coloration et une dureté aussi qui étaient recherchées à une époque et qui sont quand même de plus en plus rares, puisque le gémage a été arrêté depuis un bon moment. Et nous, dans certaines zones, après des coups de vent, ça nous arrive d'avoir des pins gémés qui tombent. Et donc voilà, on lui en a... Enfin voilà, c'est une petite anecdote, mais ça veut dire que ce monsieur, je me souviens très bien d'une discussion avec lui, c'est par relation qu'il a été amené à nous contacter. Il disait, moi j'habite à Guijan-Messras, à côté du massif des Landes, mais je ne sais pas comment faire pour acheter du bois. Donc voilà, le service bois lui a fourni. On a eu aussi quelqu'un qui a une scierie mobile qui nous a acheté aussi de la qualité charpente, des petits volumes. Mais pour des gens qui n'ont pas forcément les clés d'accès aux matériaux, on peut être une solution. Et ça permet des fois des petites structures qui sont peut-être un petit peu moins à l'aise d'un point de vue trésorerie. de continuer à avoir un peu d'approvisionnement par rapport peut-être à des grosses structures.
- Delphine GARDIN
Alors ça c'était l'émission avant juillet 2022. Bon, l'émission en tant que telle, elles n'ont pas évolué, mais quand même depuis cette date du 12 juillet 2022, j'imagine qu'il y a pas mal de choses qui ont changé. On va déjà revenir sur les premières heures où vous apprenez l'incendie. À ce moment-là, comment ça se passe ?
- Fabrice CARRÉ
Le 12 juillet 2022, un peu après 15 heures, En fait, il se trouve... qu'un collègue était à une réunion, réunion dite un peu sécurité, commission locale de sécurité. On est le 10 juillet, donc la saison a déjà démarré. Il y a déjà des gens qui viennent un peu dans le coin parce qu'ils trouvent que c'est joli. Et pas mal de monde en vacances aussi. Et donc voilà, une fois par semaine, on se réunit avec la mairie, les pompiers, la police, les nageurs-sauveteurs, les services techniques pour faire un peu un point sur l'actualité. Et au cours de cette réunion, bam, il y a l'information qui tombe, il y a un véhicule qui est en feu sur une route forestière, la route forestière des Sénégalais, qui à l'époque était ouverte à la circulation. Voilà, bon, ça tombe comme ça. Feu de véhicule, ça arrive, ça arrive tous les jours. Mais là, bon, c'est dans une route forestière qui passe à travers la forêt, donc c'est déjà un petit peu plus embêtant. Donc, bon, la réunion, c'est... Ça termine assez rapidement.
- Delphine GARDIN
Ça s'écourte.
- Fabrice CARRÉ
Voilà, c'est ça, ça s'écourte. On se dit, il faut peut-être quand même aller voir, parce que là, il y avait tout le monde. Et puis le collègue fait une photo en revenant. Puis voilà, on a fait des gros boissons. Oui, parce que je n'ai pas dit, on a aussi des missions de police. On a tout un tas de missions de police. On est compétent au titre du code forestier, du code de l'environnement, du code de la route sur les voies forestières ouvertes à la circulation. Et voilà, on fait beaucoup de... Prévention dans le cadre de la surveillance et on a typiquement les dépôts sauvages, le feu, l'apport de feu qui va de la cigarette au pyromane. Et là, à cette saison, on est aussi présent le mieux possible en fonction de nos moyens, nos humains notamment, pour essayer que les gens respectent les milieux qui les accueillent. On est confronté à la circulation de véhicules tout terrain. Ce n'est rien de bien original en soi, mais on a aussi cette mission-là. On avait un petit groupe WhatsApp. Il fait une photo de cette colonne de fumée, de ce véhicule en feu, qui a priori n'avait pas encore été circonscrit. Moi, j'étais en récup ce jour-là parce que je devais tourner le week-end d'avenir. Et bon, du coup, je reçois ça, je me suis dit, attends, je vais quand même aller voir, parce que c'est comme ça que ça a démarré. Ça a démarré comme ça, les camions étaient là, les CCF, les camions citernes feu de forêt, les gros camions rouges qui amènent de l'eau, étaient là, et puis on voit assez rapidement que le feu, ils n'arrivent pas à le maîtriser facilement. En fait, c'est comme ça que ça... Petit à petit, la situation est montée crescendo. Pendant quelques jours et quelques nuits, ça a été compliqué. Nous, tout de suite, on s'est mis à disposition du commandant des opérations de secours. C'est le boss, c'est un pompier qui prend en charge la crise. Même si le feu a démarré en forêt privée, la forêt domaniale est bien plus au sud. une connaissance un peu du relief, des accès, et puis on était là. Donc on se met à disposition du COS.
- Delphine GARDIN
Mais à ce moment-là, vous ne vous dites pas que le feu va arriver jusqu'à la forêt romanaise ?
- Fabrice CARRÉ
À ce moment-là, on ne se dit rien du tout. On se dit, on est là, on va faire tout ce qu'on peut pour aider le SDIS.
- Delphine GARDIN
Pour réprimer Forêt Publique,
- Fabrice CARRÉ
à ce moment-là. Et rapidement, il y a une mission qui tombe, réquisition d'entreprise. de travaux forestiers, d'ETP, pour faire des travaux pour aider à la lutte. Donc concrètement, ça veut dire qu'on appelle un peu tous ceux qu'on connaît pour dire, écoutez, là, on a besoin de vous. Et la préfecture de la Gironde réquisitionne. Est-ce que vous pouvez venir ? Vous pouvez venir avec quoi ? Moi, j'ai deux abatteuses, je peux amener un porteur. Et en fait, c'est comme ça qu'on a eu ce rôle d'encadrement d'entreprise. Alors, il faut préciser aussi une chose, c'est qu'on était en vigilance rouge. Vigilance rouge, ça veut dire qu'on n'est pas passé en noir. On est passé en rouge écarlate. Je crois qu'à un moment, il y a eu un truc un peu bizarre. Ça a été le rouge écarlate. Bon, on comprenne un peu qui pourra. Et donc, ça veut dire qu'il y a des restrictions, évidemment. à l'échelle du département, c'est une vigilance, c'est à l'échelle du département, des accès en forêt, évidemment, et des travaux. Et en gros, il n'y avait que sur le feu de la Teste. J'ai oublié de dire qu'une heure après le départ du feu de la Teste, il y a à Landiras, au sud de Bordeaux, un deuxième départ de feu. Et là, déjà, ça veut dire que... Et puis pareil, qui échappe, qui n'est pas pris rapidement.
- Delphine GARDIN
Parce que peut-être ce qu'on n'a pas précisé, c'est que cette année-là, au mois de juillet, les conditions météo sont quand même très, très... Non ?
- Fabrice CARRÉ
Non.
- Delphine GARDIN
Non, non,
- Fabrice CARRÉ
il faisait un petit 30 degrés, il y avait un peu de vent. On est le 12 juillet, là, ça allait encore. Mais oui, la suite, par contre, là, ça aurait été l'apocalypse. Mais ouais, donc deuxième départ de feu là-bas qui éclate du coup un peu les moyens. Les entreprises, oui, en vigilance rouge, en fait, ils pouvaient bosser en Gironde que sur les zones où il y avait des incendies. Ailleurs, c'était interdit pour éviter, évidemment, que des engins ne brûlent et créent d'autres départs. Donc, ça a été quand même très original comme mission. Parce qu'on a fait vraiment des choses complètement surréalistes. Comme ? Notamment, il y a le pare-feu, la zone à la limite de département. Où là, l'idée, c'était un vrai travail d'anticipation. Le feu ne devait surtout pas aller. dans le département des Landes. L'idée c'est de bloquer entre l'océan, le lac de Cazaux, et puis d'élargir une piste existante, qui est sur la limite de forêts, de communes et de départements. Et là, pendant 5 jours et 5 nuits, ça a été jusqu'à 40 engins mobilisés. Et c'était un chantier digne d'une autoroute. Et puis ça s'est arrêté un peu du jour au lendemain. Ça n'a pas servi puisque le feu s'est arrêté. Le vent a tourné. Mais ça, ça a été vraiment comme illustration. Un travail quand même très particulier. Et après, on est intervenu un petit peu partout. Des fois, c'était un peu folklorique parce qu'entre... Il faudrait aller là pour élargir une zone. Entre déplacer les engins sur porte-chars, organiser, amener les machines et tout. Et après... Rapidement, il faut évacuer, ça devenait une zone de largage permanent pour les Canadaires. Bon, on n'avait pas le temps de faire grand chose, il fallait déjà partir. Mais bon, ça a été une expérience unique, j'espère.
- Delphine GARDIN
Et qu'est-ce qui a fait que le feu, finalement, a été maîtrisé ?
- Fabrice CARRÉ
Je pense que le vent, les changements de direction du vent ont grandement aidé à la lutte les pompiers. Tout à l'heure, vous parliez des conditions météo. Alors oui, le 12 juillet, c'était pas... Mais il y a le lundi noir, là, où le feu est remonté, remonté, poussé par un vent de sud, où là, il faisait 43 degrés. Il y avait 10% d'humidité. Là, c'était l'apocalypse, quoi. Là, c'était l'apocalypse. Nous, on était au parking de la dune du Pila. Là, on entendait les bouteilles de gaz des campings qui explosaient, quoi. Enfin, là, c'était... Enfin, là, je veux dire, c'était un monstre qui était lancé. Et là, il pouvait vraiment tout se passer. On est en forêt du nerf. Ce n'est pas plat, là. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Oui, on l'a vu en arrivant. Voilà, un peu de rallye. Donc là, c'est le sud de Gironde. Mais sur la bande côtière, c'est de la forêt du nerf. Alors, ça fait marrer peut-être les montagnards. Mais on a des points Ausha 80 mètres. Tout à l'heure, on a vu une magnifique pente avec des genets. Un peu sportif quand même pour monter en haut. Parce que dans le sable, on monte d'un mètre, on redescend de 50. Donc là, ouais, conditions très difficiles au niveau des accès pour les véhicules des pompiers. Il ne faut pas oublier qu'il y a eu des pompiers jusqu'à une quinzaine de départements, avec des camions pas du tout adaptés pour aller dans le sable. C'est normal, les pompiers de la Creuse, il y a eu des Bouches-du-Rhône, du Loiret, ils ne savent pas conduire dans le sable et c'est normal, c'est tout à fait normal. Et ils n'ont pas des engins prévus pour ça. Donc des pistes labyrinthiques, pas toujours très larges. Alors qu'on rajoute à ça de la fumée pour peu que ce soit la nuit, ils attendent aux zones stabilisées où ils sont en sécurité. Et donc il y a eu, je pense, les conditions les plus pires qu'on peut imaginer à un moment pour les soldes du feu. En plus, il y a une particularité, on a dans la zone qui a brûlé, où il y avait d'énormes pins. qui ont été gémés, notamment gémés à mort, qui avaient encore des gorgées de résine, qui s'enflammaient comme des torches. Donc là, pour le coup, ce n'est pas comme ce qu'on a vu chez nous. Ce n'est pas juste l'écorce qui a été noircie. Au bout d'un moment, ils finissaient par exploser et par tomber. Alors imaginez un peu passer à côté d'un truc comme ça avec un camion. Si la piste par où on est venu, elle est barrée après par le tronc qui est tombé. Donc oui, ça a été, je pense que pour beaucoup. Ça a été une expérience certainement traumatisante, mais aussi unique. On espère unique. Oui, on espère unique.
- Delphine GARDIN
Parce qu'avec les changements climatiques... Oui,
- Fabrice CARRÉ
on voit bien qu'à l'échelle de la planète, ça brûle un peu toute l'année. Ça brûle dans des proportions incroyables. Il y a des surfaces qui donnent le vertige de zones brûlées. Mais oui, il faut bien le reconnaître aussi, on n'a plus de pompiers forestiers. Il y avait à l'époque un corps de... de pompiers forestiers, ça fait bien longtemps qu'ils n'existent plus et bon voilà, le système de soins et notre fonctionnement actuel fait que les pompiers font quand même beaucoup d'ambulances et du coup la forêt ils connaissent moins ou ils connaissent pour certains pas
- Delphine GARDIN
Et alors en termes d'impact, puisque vous aviez parlé des arbres qui brûlaient, mais il y a aussi tout ce qui concerne la faune. La faune et même les habitants de la zone.
- Fabrice CARRÉ
Oui, évidemment. Oui, les évacuations. Je pense que tout le monde le sait. Il y avait des campings, certains plus ou moins célèbres, qui étaient dans la zone. Et le 12 juillet, au principe, j'espère pour eux, ils sont pleins. Et là, quand ça commence à ne pas être bon, il faut évacuer. Là, c'est des gens qui sont en vacances, des étrangers. Il faut évacuer. Par des expositions, lit de camp, quelques barraquements, quelques bungalows sanitaires. L'évacuation, ça a été quelque chose de... des campings. Et de tout le reste, puisqu'il y a Cazaux qui a été évacué, il y a Pila-sur-Mer, et de mémoire, je crois qu'il y a aussi la zone des Miclos, donc un quartier de la Teste, la Teste de Buch. Donc, ben oui, il y a ça. Nous, je serais tenté de dire, c'est nous qui avons fait la première évacuation, parce que dans la première nuit, le feu partait vers le sud-ouest, donc ça allait vers l'océan. Donc quelque part, les pompiers se disent, oh ben c'est bien, ça va vers la mer, ça fait une barrière naturelle, tout ça. Ah ouais, très bien. Mais oui, nous, il y a nos parkings là-bas. Il y a le petit Nice, notamment. Ah oui, bah oui. Même si c'est interdit d'y dormir, à cette heure-là, voilà, entre les gens qui font du camping sauvage, les gens qui dorment dans leur voiture, camping-car, fourgon, van et le reste, il y a au moins 120 véhicules et plus de 200 personnes, quoi. Ah ouais, bah oui. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut l'évacuer. Ah bah oui, on y va. À 3h du matin, on est partis là-bas. Et puis, clac, clac, clac sonne, là. On n'a pas toqué aux portes. De toute façon, il y avait les fumées qui étaient déjà là. Les gens, ils ont vite compris, Fire Fire, Biscarros, donc la test, non, non, non, non, pas la test, non, non, Biscarros. Donc voilà le message de prévention qu'on donnait tous les matins, en discutant avec les gens, oui mais c'est pas, vous n'êtes pas dans une zone qui est aménagée pour la nuit, ben là ça avait un peu tout son sens quoi. Donc il y en a qui ont dû faire des choix, il y en a qui avaient un camping-car et une voiture, ben oui, ben... Choisir, soit vous partez avec la voiture, soit avec le camping-car, mais en sachant qu'il y a une forte chance que vous ne vous retrouviez pas l'un des deux. Le bilan qui a été fait après coup, tout le monde salue le fait qu'il n'y ait pas eu de mort humaine. Nous, quand on a fait l'évacuation, on voulait évidemment essayer de retrouver tout le monde. À un moment, on voit qu'il y avait une voiture qui restait toute seule. Bon, à moins que quelqu'un qui faisait du covoiturage, on a dit quand même, il faudrait quand même qu'on... Bien sûr, bien sûr. Et puis, on a fini par voir un hamac pendu entre deux pins un peu plus haut. La personne était dedans. Évidemment, les fumées étaient déjà arrivées et il ne s'était rendu compte de rien. Donc, encore une fois, le message de prévention, le camping sauvage et le reste, ça a pris un petit peu tout son sens cette nuit-là.
- Delphine GARDIN
Alors justement, depuis cet incendie, vous avez développé beaucoup de prévention à l'Office national des forêts. Qu'est-ce qui a changé concrètement dans votre métier ?
- Fabrice CARRÉ
Bon, souvent, il faut qu'il se passe quelque chose. pour que ça rouge. Ça doit être comme ça que les choses évoluent à notre époque. Donc il y a eu une extension de la mission d'intérêt général DFCI. Donc DFCI, c'est la défense de la forêt contre l'incendie sur la zone ouest de la France mais qui remonte aussi assez haut, je crois, jusqu'en Bretagne, mais qui rentre aussi à l'intérieur des terres puisque vous discutez avec des gens dans l'Allier ou même en Alsace. Il y a ce rôle de DFCI de surveillance potentielle qui peut être assurée par des agents de l'ONF. Donc là, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a des gens dont maintenant c'est leur métier au sein de l'ONF, la DFCI, qui sont chargés d'organiser tout ce qui est possible pour être mieux en matière de prévention, de formation et puis après tout ce qui est dans le domaine de la surveillance.
- Delphine GARDIN
Est-ce qu'on peut empêcher les incendies ?
- Fabrice CARRÉ
Non, on ne les empêchera jamais. De toute façon, il y en aura de plus en plus. Je ne vais pas faire le catastrophisme, mais c'est une réalité. La réalité est là. Il y aura de plus en plus de feux qui ne seront pas maîtrisés ou maîtrisables. Il faut s'y habituer. Mais on peut essayer de limiter au maximum de tristes réalités avec un maximum de prévention. Mais aussi, il y a des moyens qu'on appelle un peu les OLD, les obligations légales de débroussaillement. C'est quelque chose qui existait déjà. Le sud-est, là-bas, ils savent la plupart ce que c'est. Nous, ici, peut-être que certains savaient, mais bon...
- Delphine GARDIN
Ça consiste en quoi, ces OLD ?
- Fabrice CARRÉ
Ça consiste en fait à... c'est tout un tas de règles qui visent à réduire la matière combustible aux abords de zones sensibles. C'est quoi une zone sensible ? C'est une route départementale. C'est une habitation, c'est un champ photovoltaïque, c'est des choses comme ça.
- Delphine GARDIN
Pour dire des choses concrètes, quand il y a une habitation qui est dans une zone dite forestière, sujette à un risque de feu, il faut que 50 mètres autour de l'habitation, ce soit débroussaillé. Ça ne veut pas dire que ce soit le décor lunaire, comme dans le pare-feu qu'on a fait l'an de Gironde. Ça veut dire qu'il faut casser les continuités, qu'un feu ne se propage pas en passant aux différentes strates. C'est-à-dire qu'il faut élaguer, enlever les branches mortes. Il faut exporter en plus ce que l'on coupe, il faut enlever. de la masse de combustible pour que si jamais un feu arrive depuis la forêt, il baisse en intensité et les pompiers qui sont là pour protéger les personnes mais aussi les biens, ça va les aider à le maîtriser dans la mesure où il va baisser en intensité. Donc ça c'est dans l'hypothèse où le feu arrive de la forêt, comme ce qui s'est passé là, mais c'est aussi le contraire. Souvent le feu suit l'homme, donc 95% des feux sont d'origine humaine. Les seules causes naturelles, c'est la foudre ou la lave, les volcans. Pour l'instant, ici, à part la Réunion, on n'a pas encore de volcans qui sont sortis. Mais 95%, alors qu'ils soient intentionnels ou pas, je ne dis pas, mais c'est l'homme. Donc, il y a des chances que l'habitation qui est proche de la forêt, que ce soit elle qui va peut-être un barbecue au mal éteint. Une vieille batterie dans une remise qui explose, qui prend feu. Et donc, l'idée, c'est que si jamais il y a un feu de maison, un feu d'habitation, que ça ne se propage pas au massif qui est derrière. Et puis, cette histoire de débroussailler, de dégager autour, ça permet évidemment la circulation des engins de lutte.
- Fabrice CARRÉ
Et d'ailleurs, vous faites maintenant des tournées DFCI avec des pick-up équipés.
- Delphine GARDIN
Alors, oui. Pour continuer, il y avait ces histoires d'OLD. Donc voilà, et du coup, on a du personnel. Et parmi ces personnels, ils ont des lettres de mission de la préfecture, parce que vous avez bien compris que ça concerne la forêt publique, mais évidemment la forêt privée aussi, on a bien vu. La forêt quand elle brûle, elle ne s'arrête pas aux limites. Donc là, cette mission de réunion publique, c'est une lettre de mission qui est faite par le préfet, et à notre destination, en fait on répond. à une commande de la préfecture. Et pareil, pour aller faire des contrôles, des contrôles pédagogiques, dans un premier temps. On parlait tout à l'heure de parc photovoltaïque, ça c'est une vraie réalité, c'est un peu à la mode là apparemment. Donc, ben oui, mais il y a des, voilà, pareil, il y a un périmètre en OLD à faire autour, et donc ça c'est quelque chose qui est réalisé par des agents de nos services dans la mesure où ça fait partie de cette fameuse lettre de mission. Et après, on a également, oui, de la surveillance. Alors, on en faisait déjà. Je parlais tout à l'heure de mission de police. L'été, on tournait déjà, notamment le week-end, les jours fériés, les jours de grosse affluence pour aller à la rencontre des gens et puis, encore une fois, essayer qu'ils respectent les lieux qui les accueillent et puis qu'ils n'aient pas de comportements qui peuvent être dangereux. Mais là, maintenant, on fait des tournées spécifiques DFCI. Donc, vous l'avez compris, Pas que dans les forêts publiques, mais également en forêt privée, à l'échelle de plusieurs communes. On a des îlots de patrouille. Ça se concrétise de deux façons. À la fois dans nos effectifs d'ouvriers forestiers. Toyota a vendu pas mal de véhicules, je crois, avec une benne derrière, équipés d'une cuve. Et donc là, en piochant dans nos effectifs d'ouvriers, on a pu, dès l'été suivant, dès l'été 2023, organiser des patrouilles de surveillance, avec, donc, armées, cette fois-ci. avec des pick-up équipés d'une cuve de mémoire qui doit faire 600 litres. Et évidemment, le personnel formé pour l'utilisation du kit incendie, et puis aussi pour donner les bonnes informations aux gens. Parce que l'idée, avant de tomber sur un pyromane en train d'allumer, ça n'y aura peut-être jamais, c'est ce qu'on souhaite. Par contre, on croise des randonneurs, on croise des gens en véhicule peut-être à un endroit qui est interdit à la circulation. Donc voilà, ça permet de se montrer, de remettre un peu les choses dans l'ordre. Et après, les équipes de terrain comme la mienne ont été renforcées avec un technicien qui a une casquette DFCI. Par contre, c'est lui qui va faire ses réunions publiques, c'est lui qui va faire les contrôles. au LD, ils participent au schéma de surveillance spécifique DFCI. Donc là, on fait des patrouilles spéciales. D'ailleurs, sur nos véhicules, il n'y a plus marqué Office national des forêts, mais il y a marqué DFCI, parce que c'est dans ce contexte-là qu'on peut aller aussi en forêt privée, qu'on s'affranchit un peu au niveau foncier de nos limites de compétences habituelles. Donc, en fonction du niveau de vigilance, On est déclenchés, toujours pareil, par la préfecture pour faire ces patrouilles spécifiques. Et on fait des contrôles du taux d'humidité des végétaux. Enfin voilà, je veux dire, quand on est en saison où ça commence à être un peu chaud, sans mauvais jeu de mots, il y a des réunions pour faire évoluer le niveau de vigilance. On verra peut-être tout à l'heure, là, il y a un code couleur qui va de vert à noir, vous avez bien compris. Il n'y a pas rouge écarlate sur les panneaux qu'on a faits, même si... a pu être utilisée en 2022. Mais voilà, donc il y a des réunions à laquelle nous participons pour contribuer à cette analyse un peu du risque et puis apprendre après les mesures qui s'imposent derrière. Pour le coup, là, tous les agents des UT sont mobilisés sur ces patrouilles DFCI, mais les techniciens propres DFCI le sont encore plus particulièrement.
- Fabrice CARRÉ
Et alors, comme si l'incendie ne suffisait pas, ensuite, il y a eu... Les scolytes.
- Delphine GARDIN
C'est ça, c'est l'effet qui se coule.
- Fabrice CARRÉ
Comment cette crise est-elle arrivée ?
- Delphine GARDIN
Très simplement, quand la table est bonne, ça amène du monde. Ce n'est rien d'original. Après les tempêtes, après les feux, on sait qu'il y a des arbres qui sont affaiblis. Le squelette est présent dans la nature. Lui, il attaque les arbres qui sont fragilisés. Il creuse, il perce. Il perce l'écorce et il va là où circule la sève. Le pin essaie de faire avorter l'attaque en balançant de la résine, mais ça ne réussit pas toujours. Les arbres affaiblis sont particulièrement vulnérables à cet insecte. Il y avait largement ce qu'il fallait suite à l'incendie de 2022 et 2023. En plus, il y a eu des conditions météo qui ont été assez douces, assez favorables. et donc il a bien proliférer au gré de la gestion post-crise des différents acteurs. Il me semble bien qu'il y a eu 4 générations de scolytes en 2023, alors qu'habituellement il n'y en a que 2. Alors là, c'est compliqué le squalide parce qu'on sait que les insectes sont dans l'arbre quand l'arbre commence à dépérir. Et donc là, idéalement, il faut couper l'arbre et l'évacuer rapidement sous 6 semaines. Parce que sinon, il y a la génération suivante. Parce que bon, oui, évidemment, l'insecte creuse dans les galeries. Et après, il y a un couplement. Et après, il y a une ponte là où circule la sève. Et c'est là que se développent les larves. Donc c'est ça qui fait mourir l'arbre, puisque le flux de sève ne circule plus. Et ça, c'est une chose. Donc l'arbre meurt. Lui, ça, c'est sûr, il est condamné. Mais l'idéal, c'est de pouvoir enlever. donc le La génération suivante n'est pas sortie pour éviter qu'ils essaiment et qu'ils continuent un petit peu leur œuvre destructrice. Et ça, c'est quand même assez fin parce que ça veut dire qu'il faut repérer les arbres en question. Il faut organiser l'exploitation sans trop se rater pour les sortir du massif.
- Fabrice CARRÉ
On n'a pas encore parlé de la reconstruction de la forêt post-incendie. Comment ça se passe ? Qu'est-ce que vous avez mis en place, vous, à l'ONF pour reconstruire ? Alors peut-être même avant de reconstruire, observer ? et puis prendre des décisions.
- Delphine GARDIN
Vous savez, nous les forestiers, on est des grands contemplatifs. Alors, avant de faire quelque chose, il faut d'abord regarder ce qui se passe et essayer de comprendre. Je dis ça un peu de façon caricaturale, mais c'est une réalité. Déjà, avant de savoir ce qu'il faut faire, il faut savoir ce qu'il nous reste. Et cet état des lieux, tant que la crise sanitaire n'était pas passée, savoir ce qu'il nous restait de forêt après l'incendie, il fallait déjà laisser un petit peu de temps. En sachant qu'on a eu quand même d'assez bonnes surprises. Donc la stratégie tout de suite, ça a été de privilégier la régénération naturelle. Voilà, ça c'est sûr. Et puis après, c'était de voir dans quelle mesure les parcelles qui ont brûlé étaient réellement impactées. Il y a des arbres, pour être simple, qui ont survécu à l'incendie. C'est ce qu'on a vu un petit peu en venant jusque là.
- Fabrice CARRÉ
D'ailleurs, c'est assez surprenant.
- Delphine GARDIN
Voilà, c'est assez surprenant. Donc là, ça nous a... Conforté sur notre choix de laisser la chance aux arbres qui semblaient avoir survécu de rester. Alors bon, je fais abstraction évidemment de ceux qui sont au bord de routes départementales, au bord des fameux parkings, des plans plages, pistes cyclables, les axes de communication. Là, on ne peut pas jouer avec la sécurité. Donc là, abstraction faite de cette particularité. Donc on a laissé le bénéfice aux arbres qui paraissaient vivants. Et bon, voilà, on est quand même assez content de notre choix, Puisque au final, quand même, sur... Les 1050 hectares qui ont brûlé, il y a environ un quart. au final de la surface où les peuplement sont toujours en place. Donc la forêt aura passé et l'incendie et la crise sanitaire. Donc avec évidemment peut-être des densités un petit peu moindres, mais bon, le feu l'a façonné, c'est la fameuse forêt mosaïque, donc on n'en est pas à dire qu'on en est ravis, je suis mal placé pour dire ça. Mais voilà, s'il faut trouver des fois un peu de poésie dans ce qui s'est passé, au moins la nature aura... Le feu aura décidé un petit peu des nouveaux contours de nos boisements. Donc il faut déjà laisser un peu de temps pour voir ce qui se passe. Et puis après, une fois qu'on sait, là ça y est, là on a des peuplements, là on n'en a plus. Ok, on n'en a plus de visibles, mais par contre, il faut les voir en bas. Parce qu'on sait qu'il peut y avoir des essences qui se régénèrent très bien après un incendie. Pour le pas maritime, il est... pas spécialement connus pour ça. Et encore, des échanges avec des forestiers espagnols nous ont fait dire qu'apparemment, il peut y avoir une adaptation. Apparemment, là-bas, il y a environ une dizaine de pourcents des cônes qui sont en attente d'un incendie pour libérer leurs graines. Donc là, ce qu'on a fait, c'est qu'on a entrepris de très gros inventaires de la régénération naturelle. On l'a fait en deux temps. Là, ça a mobilisé beaucoup de monde, environ une vingtaine de personnes pendant plusieurs mois. Et puis voilà, on a fait une grille de points. Et avec un maillage de 30 mètres par 30 mètres, donc on a fait 11 points d'inventaire par hectare. Et là, avec un petit piqué, une petite ficelle, on faisait nos placettes et on allait compter les semis. Donc à la fois pas maritimes, mais aussi les chaînes, chaînes lièges, chaînes verts, chaînes tozins, et évidemment chaînes pédonculées. Donc on a fait ça. Et après, on a pu faire une cartographie. Je crois que je vous l'ai montré tout à l'heure, parce qu'on aime bien les cartes à l'ONF. Surtout, on a des gens qui sont assez compétents pour les réaliser. Les gens dans les bureaux, j'entends. Sur le terrain, on fait la collecte de données. Ça nous a permis de faire un état des lieux à un instant T. Parce que les semis aujourd'hui ne sont pas forcément semis de demain. Mais demain, il peut y en avoir deux ou zéro, alors qu'il n'y en avait qu'un l'année dernière. On a fait ce très gros travail pour voir un petit peu ce qui se passait. Et ce qui en ressort, c'est qu'à l'ouest, vous voyez là sur la carte, c'est quand même plutôt vert. Vert, c'est quand il y a plus de 5000 semi-hectares. Alors qu'à l'est, c'est un peu plus compliqué. Donc, on le savait, parce que de toute façon, c'est des zones qui se régénèrent mieux naturellement. Les arbres aussi sont plus stressés du fait de la proximité de l'océan. Donc, instinct de survie, ils produisent plus de cônes. Donc, potentiellement, il y a plus de graines. Moi, c'est une des explications qu'on a eues. Donc, on a fait ce travail de cartographie. Et après, en fonction de ça, on est en train de définir un peu une stratégie pour certaines zones. Se dire, bon, là, c'est bon, c'est régénéré naturellement. Bon, ben voilà, ça y est, c'est reparti. En fait, la forêt... On va dire que l'incendie aura créé, quelque part, brutalement, un rajeunissement drastique de nos peuplements. Sur plus de 1000 hectares, on ne l'aurait pas fait, même si de temps en temps, ça nous arrive de couper du bois. Mais là, à cette échelle-là, c'est totalement inédit. Et donc là, on a des zones qui sont régénérées. Donc on suit, on parlait tout à l'heure de travaux forestiers. Là, il y a des travaux de dégagement de semis qui sont en cours. Donc des équipes avec des broussailleuses. qui coupent la végétation concurrente pour aider les semis à s'extraire des genêts à jonc et autres arbre osier. Dans les zones qui sont un peu mitigées, comme ici, là on est un peu en jaune, orange, on se dit qu'on va encore attendre un peu. La forêt, c'est un temps long, donc il ne faut pas l'oublier.
- Fabrice CARRÉ
On va lui donner une chance.
- Delphine GARDIN
Toujours pressé à notre époque, il faut aller vite. Attendez, attendez. De toute façon, la nature a horreur du vide. On a largement de quoi s'occuper ailleurs. De toute façon, même si on voulait faire... des travaux partout où on ne pourrait pas. Et par contre, les zones qui sont vraiment orange-rouge, où là il n'y a rien ou pratiquement rien, on s'est dit qu'on va aider, on va les reboiser. Donc là on vient planter. Voilà. Et on plante quoi ? On plante de l'eucalyptus. Non, je plaisante. On n'a pas fait ce choix-là finalement. Ni du palmier. De toute façon, les palmiers, je crois qu'ils ont... Un peu de pin maritime, quand même ? Ah ben voilà, j'avais presque oublié déjà. Oui, un peu de pin maritime, mais pas n'importe lequel. Le pin maritime de Dune, la provenance PPA 303. De toute façon, nous, on a toujours maîtrisé la récolte.
- Fabrice CARRÉ
C'est technique, hein ?
- Delphine GARDIN
Oui, pardon. C'est Pinus pinaster Atlanticus. Là, c'est les matériels forestiers de reproduction, les MFR. Vous connaissez ça.
- Fabrice CARRÉ
Oui, mais les gens qui nous écoutent ne nous écoutent pas. Bon, ben enfin,
- Delphine GARDIN
les semences forestières, de toute façon, que ce soit pour la forêt ou pour... L'agriculture, c'est un peu l'ère de la guerre. Les graines, c'est quelque chose qui devient compliqué. Et nous, on a cette chance. de maîtriser le processus et de récolter les cônes dans des peuplements classés pour leur qualité génétique et le phénotype. L'idée, c'est d'améliorer la souche en prenant des arbres qui ont déjà eu une évolution, même si on est à une forêt récente par rapport à d'autres coins en France. en gros au milieu du 19ème, qu'on doit être à peu près à la 5ème génération, il y a eu une adaptation. Et donc forcément, c'est les arbres qui sont en place qui sont les plus adaptés aux conditions stationnelles. Donc de toute façon, on a toujours ramassé sur nos chantiers d'exploitation les cônes des parcelles classées. Et après, on récupérait les graines, soit pour faire des semis de sécurité à la volée. Quand on faisait nos coupes de régénération, on balançait un peu de graines pour aider à avoir la densité suffisante. Ou après, comme là, c'est le cas, pour après, via un contrat de culture, confier des graines à un pépiniériste et après, on lui rachète les plants. Donc là, c'est ce qu'on a fait. Mais on ne met pas que du pin maritime. Mais on ne met pas que... Mais vous avez bien fait, j'avais presque déjà oublié qu'on avait mis du pin maritime. Donc, on a mis du pin maritime de dune et on a mis également du feuillu qui est naturellement présent. Donc, on a mis du chêne liège et également un petit peu de chêne tozin. Voilà, donc en sachant que le chêne-liège et le chêne Tauzin sont deux chênes qui... qui sont présents naturellement. Et puis, on se projette un peu, parce que, tout à l'heure, la forêt, c'est un temps long. Le châniage est déjà là. Dans 40 ans, avec le réchauffement climatique, il sera certainement encore plus à sa place qu'aujourd'hui. Donc, voilà, c'est un pari, enfin, c'est un pari qui n'est pas risqué, c'est un pari qui paraît un petit peu logique. Et puis, voilà, il amène un petit peu de biodiversité. C'est un feuillu. Donc, voilà, dans l'idée d'avoir... Un petit peu de mélange, c'est quand même intéressant au niveau du paysage. Bon, c'est pas un dessin, c'est quand même sympa de voir des chênes en sous-étage, même s'il y a des différences de croissance. Une fois qu'il y aura eu la première génération de pins qui sera partie, tac, les chênes liège seront magnifiques. Et puis après, il ne faut pas se le cacher, il y a aussi un objectif de production de liège. Il y a du liège qui est démasclé dans les Landes. Et donc, pour avoir un revenu... Bon, évidemment, le propriétaire, du moins le gestionnaire, il pense aussi forcément un peu à un moment donné à ça. Et puis aussi, je parlais du paysage, il peut avoir aussi un petit intérêt par rapport au risque incendie, même si, voilà, on va dire qu'il est légèrement moins inflammable quand même que le pin, même si...
- Fabrice CARRÉ
C'est vrai qu'on a entendu pendant l'incendie pas mal de choses sur le pin maritime. Oui,
- Delphine GARDIN
oui.
- Fabrice CARRÉ
Est-ce qu'on peut peut-être en parler rapidement ? Oui, je ne sais pas à quoi vous faites allusion. Le pin maritime était très inflammable, que c'était la monoculture qui avait fait que l'incendie se propageait.
- Delphine GARDIN
Pour l'avoir vécu, à un certain moment, tout brûle. Feuillus, pin, c'est sûr qu'à un moment, quand les conditions sont là, tout brûle. Mais oui, par contre, il y a une espèce de grille. Les choses sont quand même bien connues depuis longtemps. des niveaux d'inflammabilité qui sont variables selon les essences. Et le pin maritime n'est pas le mieux placé. Mais bon, il a de la résine, donc la résine, on sait que ça brûle bien aussi. Mais bon, encore une fois, le feu qui nous a concernés, les arbres n'ont pas brûlé, c'est le sous-étage qui a brûlé. Nous, ça s'est resté vraiment que sur l'écorce. Donc, ça n'a pas été à cœur du bois. D'ailleurs, on a pu valoriser le bois presque normalement. C'est peut-être la prochaine question.
- Fabrice CARRÉ
C'était ma question d'après.
- Delphine GARDIN
Vous me la posez ou bien je continue là ?
- Fabrice CARRÉ
Vous continuez.
- Delphine GARDIN
Du coup, oui, le bois n'a pas été abîmé, disons, par l'incendie. C'est juste que l'arbre s'évabouillit, puis le flux a été coupé et l'arbre est mort dans ces circonstances-là.
- Fabrice CARRÉ
Il y a quand même eu des arbres carbonisés ou pas du tout ?
- Delphine GARDIN
Nous, en forêt domaniale, oui, les tout petits. Les tout petits, voilà. Mais sinon, à partir d'un certain dammage, je ne saurais pas vous dire lequel. Mais non, non, c'est vraiment l'écorce qui a brûlé. L'écorce du pin maritime est quand même assez large, assez épaisse. Donc c'est uniquement l'écorce qui a brûlé. Alors ça a posé d'autres problèmes de sur, après rendu usine de poussière, de dépréciation de l'écorce qui est aussi valorisée. Puis après, d'affûtage un peu des outils de scie. Mais sinon, le bois en tant que tel, coupé rapidement, il avait à peu près les mêmes qualités mécaniques et le reste.
- Fabrice CARRÉ
Ça, ça a été une chance quand même.
- Delphine GARDIN
On peut le dire, oui, en intervenant rapidement. C'est ça. C'est quand même important.
- Fabrice CARRÉ
On arrive presque à la fin de cet échange. si on a tout dit je ne sais pas mais moi je voulais finir sur une note plutôt positive parce qu'en fait on a souhaité faire cette interview dans un endroit qui est plutôt pas mal sympathique et en fait c'est assez symbolique pour vous,
- Delphine GARDIN
pour l'office on est à une cabane de résigné voilà une ancienne cabane de résigné à la grande époque du gemmage il y en avait sur chaque lot qui était en exploitation Merci. Et donc nous, il y en a un certain nombre qui ont disparu, qui ont été démontés, déplacés. Et donc celle-là, c'est la dernière cabane qui nous reste et qui est à quelques dizaines de mètres de la zone, d'une limite du feu. Donc voilà, qui a été épargnée par le feu. Et aujourd'hui, on est doublement, peut-être même triplement ravis d'avoir encore ce petit patrimoine forestier. Pour moi, c'est le plus bel endroit de la forêt domaniale. Le traumatisme est évidemment là, mais la zone incendiée est juste à côté. C'est un petit îlot où on est bien et où on se dit que finalement, ça peut être sympa d'être forestier, il y a pire.
- Fabrice CARRÉ
Je confirme, j'ai presque envie de changer de métier. Et alors, le mot de la fin dans Du Pin sur la planche, c'est quel est le plus gros cliché ? sur votre métier ou alors ça peut être peut-être là sur l'incendie, sur les départs de feu en forêt et surtout en quoi il est faux.
- Delphine GARDIN
Je voulais juste peut-être parler un petit peu, discuter du temps de la forêt ou du temps des forêts. En plus, c'est presque d'actualité. Il me semble qu'il y a un film documentaire avec des images magnifiques. Je fais un peu de pub pour la famille Munier. Il y a aussi un bouquin sur 800 nuits d'affût qui est aussi assez génial. recommandation spéciale dédicace à la famille Munier le monde forestier c'est un monde un petit peu un peu à part mais peut-être comme beaucoup d'autres professions milieux qui sont pas forcément très communiquants on est sur du temps long à une époque où notre société est hyper connectée on travaille dans l'immédiateté il faut aller vite c'est comme ça qu'on fait sans poli c'est comme ça qu'on fait des bêtises Donc, il faut avoir à l'esprit que la forêt, elle était là avant nous, elle sera là après. Bon, nous, on voit bien quand même qu'il y a des perturbations. On en est responsable quand même. Bon, là, on parle de l'incendie, mais les crises sanitaires un peu partout, c'est quand même assez compliqué. Donc, les forestiers, on a une responsabilité. Il y a un attrait de plus en plus important de la société. vous êtes beaucoup comme... Un peu comme pendant le Covid, tout le monde était devenu médecin épidémiologiste. Donc là, il y a beaucoup de gens qui imaginent savoir comment il faut faire. Donc bon, c'est intéressant. On est ravis que les gens s'intéressent à la forêt. Nous, Service Public Forestier, on a aussi double responsabilité de ne pas se rater, de faire ce qui nous paraît être le plus important et de communiquer là-dessus. Bien garder à l'esprit que la forêt, c'est un temps long, que les actions... d'aujourd'hui les effets, les mesures tout à l'heure on parlait du chêne-liège je vous dis le chêne-liège on va l'exploiter au mieux dans 50 ans le liège, c'est pas moi qui vais le faire exploiter ça m'étonnerait, je pense pas au moins que je sois cryogénisé et qu'on me ressorte pour l'occasion mais voilà c'est avoir un petit peu cet esprit que c'est bien des fois de se poser un peu d'arrêter de courir et que faire les choses vite, en tout cas, la nature s'en passe très bien. Donc voilà, c'était une petite réflexion un petit peu. La réflexion du forestier. La réflexion du forestier, qui vit peut-être dans un monde un peu parallèle. Des fois, on a l'impression d'être dans un monde un petit peu parallèle. Même si, nous aussi, on a des smartphones maintenant, on a des applications pour tout, même pour poser des congés, il faut aller derrière un ordinateur. Je pense que les gens, paradoxalement, il y a une espèce de retour à la nature, du moins à ce que les gens imaginent de ce qu'est la nature. Donc c'est intéressant. Mais voilà, c'est avoir un peu cette prise de conscience que la forêt, c'est vraiment un temps long. Pour ça, c'est certainement pour ça qu'elle est belle.
- Fabrice CARRÉ
On va rester sur cette note positive. Merci beaucoup, Fabrice. Merci encore d'être venu nous voir. Avec grand plaisir, c'était un endroit quand même à voir. Merci d'être revenu aussi sur ce terrible incendie qui a quand même marqué votre vie professionnelle. Et j'espère que le message va être entendu. Normalement, cet épisode sera diffusé juste avant l'été. Donc s'il y a vraiment un message à faire passer sur la prévention de la forêt, il faut l'écouter. Merci beaucoup.
- Delphine GARDIN
Merci à vous.
- Fabrice CARRÉ
Vous venez d'écouter Du Pin sur la planche. Un grand merci à mon invité pour son temps et son témoignage. Si vous aimez cet épisode, aidez-moi à le faire connaître. N'hésitez pas à mettre des étoiles, des commentaires sur vos plateformes d'écoute préférées. Pour en savoir plus sur cet univers de passionnés, ça se passe sur Instagram, Du Pin sur la planche, le podcast. Prochain épisode, le mois prochain. À bientôt.