- Speaker #0
Bah du coup,
- Speaker #1
allons-y,
- Speaker #0
on a les petits oiseaux, je les entends, c'est super. Bonjour François, merci de m'accueillir chez toi. Pour mettre du contexte, je fais le stage d'ostéopathie biotissulaire animé par toi et j'en profite pour venir t'interroger dans mon podcast Échanges Thérapeutiques. J'aimerais parler avec toi de ta manière d'accueillir les patients, de comment tu connectes avec lui et avec sa demande, mais aussi de comment tu gères le rapport à toi-même en tant que thérapeute. Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter et présenter ta manière de travailler ?
- Speaker #1
Ok ! Bonjour Thibault, déjà. Sympa de te voir. Alors, me présenter, je suis ostéopathe, j'habite maintenant en Bretagne depuis quelques années, depuis 4-5 ans. J'ai une façon de travailler qui est une façon de travailler, je vais dire, une ostéopathe. ostéopathie, j'appelle ça ostéopathie vivante, dans mon livre je parle de plaidoyer pour une ostéopathie vivante, au sens une ostéopathie qui respecte la vie qui respecte une perception fine, donc je suis plutôt si on met dans une case, plutôt crânien fascia, tissulaire c'est plutôt mon approche de pratique, je fais jamais de structurel mécanique, enfin c'est plus, j'ai appris ça comme tout le monde dans les écoles Merci. mais ça ne m'a jamais tellement parlé et ce n'est pas ce que je fais en tout cas donc dans cette ostéopathie vivante ce que j'appelle vivante c'est vraiment prendre en compte le patient prendre en compte la palpation la finesse de la palpation mon état d'être mon état d'être pour travailler et donc pour moi il y a une globalité il y a une bulle de qui je suis pour être ostéopathe et ça peut varier même en fonction de mon humeur en fonction des jours parce qu'on n'est jamais complètement monocorde, monohumeur et donc bien sûr qu'il y a des trucs pour rester le plus stable possible pour répondre aux patients, pour être en contact avec le patient mais l'idée c'est vraiment dans cette ostéopathie vivante s'il y a quelque chose de l'ordre, je vais dire la finesse de perception on va dire ça comme ça
- Speaker #0
Ok, alors comment t'établis le premier contact avec le patient ? pour bien commencer une consultation ? Est-ce que c'est dès la salle d'attente ou est-ce que tu prends le temps, par exemple, une fois seulement assis au cabinet ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, déjà, le patient, il y a une histoire d'accueil. Ça veut dire qu'il y a une histoire d'accueil, ne serait-ce que le lieu. J'ai toujours pris soin de mon cabinet, au sens du lieu. Là, tu es dans mon cabinet, tu vois, il y a des tableaux. il y a des couleurs, des objets, des choses comme ça. Et ne serait-ce que l'accueil, j'ai la chance d'habiter dans une belle maison, un beau lieu. Donc les patients, quand ils arrivent, ils arrivent dans la salle d'attente, et quand ils arrivent dans le cabinet... Il y en a pas mal qui disent « Ah mais on est déjà soigné tellement on est bien. » Donc déjà l'accueil, le lieu, c'est déjà pour moi quelque chose d'important. Et c'est vrai qu'il m'est arrivé des fois de travailler dans des boxes quand je ne travaillais pas dans le lieu de mon cabinet. Et je trouve que déjà ça me met quelque chose de froid, ça me met quelque chose d'un peu impersonnel. Et ça pour moi c'est déjà la première condition, c'est le lieu qu'on reçoit, prendre soin du lieu. Après bien sûr c'est le patient. Et pour ça, c'est déjà se préparer soi. à recevoir le patient. Donc c'est pas seulement si c'est un patient qu'on a déjà vu, c'est pas seulement relire son dossier etc. Mais c'est aussi intérieurement se préparer soi pour comment recevoir le patient. Je viens dans mon cabinet souvent au moins dix minutes, un quart d'heure avant de commencer ma consultation et là c'est pas seulement sortir le dossier ou quoi mais c'est aussi se poser, prendre deux trois minutes, cinq minutes pour se poser, se centrer. Si je connais le patient c'est se remémorer son histoire si je connais pas le patient, c'est être prêt à l'accueillir. Donc pour moi toute cette phase de préparation elle est déjà dans l'accueil du patient, dans la façon de recevoir. Après bien sûr quand le patient est là, la première chose ça va être effectivement un contact visuel quand on le voit dans la salle d'attente, ça va être un contact de toucher avec un on serre la main, même si j'ai toujours serré la main, même pendant le Covid je serrais plutôt la main, sauf si le patient refusait bien sûr. Et donc après il y a... Il y a un moment de ce qu'on appelle d'anamnèse, d'échange, etc. Mais qui pour moi est plus, même s'il y a bien sûr un aspect médical, de savoir pourquoi il vient, de savoir ses antécédents, etc. Un diagnostic différentiel éventuellement. Mais je crois que ce n'est pas l'essentiel. Pour moi, l'essentiel, c'est quand même de créer un contact. Créer un... Mettre en confiance le patient, l'apaiser, le rassurer, parce que j'imagine qu'un patient, quand ça vient, ça vient avec des problématiques souvent, ça peut être un peu inquiet, un peu angoissé, il y a des choses qui travaillent à l'intérieur de lui, il ne me connaît pas forcément, ou il me connaît et des fois il arrive en confiance, mais il y en a qui ne me connaissent pas, et dans ce cas-là, c'est les mettre vraiment en confiance à ce moment-là. Et même ceux que j'ai déjà vus, c'est discuter d'un air badin, de choses qu'ils peuvent faire, ou bricoler, ou promener. vous allez à la mer, ici à la mer on a la chance. Et donc c'est prendre ce petit temps un peu badin, je veux dire, mais en même temps qui met à l'aise la personne. Et puis après bien sûr, elle va me raconter son histoire, elle va me raconter pourquoi elle vient et tout. Et dans cette anamnèse, c'est d'essayer vraiment de comprendre ce qui se joue chez la personne dans sa vie, dans son parcours, dans son environnement, dans sa famille, dans son... Je vais facilement poser si elle a des enfants, je vais facilement poser son métier, je vais facilement poser la question sur sa famille, est-ce qu'elle est mariée, pas mariée, etc. Est-ce qu'elle vit en couple ou pas ? Tout ça, je trouve que ce sont des paramètres qui sont importants pour connaître la personne, pour la rencontrer. Et puis après, je vais l'installer. Je fais rarement déshabiller mes patients, sauf s'ils viennent avec des gros habits, un peu moulants, un peu collés. Le motard qui vient avec son blouson de cuir. son pantalon de cuir bien sûr quand il va la retirer mais je fais vraiment déshabiller mes patients parce que je sens que ça les met quand même plus à l'aise parce que ça ne me gêne pas de travailler habillé je me souviens qu'un stage de Viola Freeman qui un jour il y avait un stagiaire enfin on était en stage et puis il y avait un stagiaire qui commençait à se déshabiller et puis elle dit mais pourquoi tu te déshabilles et puis c'est comme ça, on nous a demandé parce que c'est l'école ou quoi et elle dit qu'est-ce que vous percevez et il a pris un temps comme ça pour... pour nous expliquer qu'est-ce qu'on perçoit quand on pose les mains sur un corps. Et elle dit, est-ce que vous percevez vraiment le mouvement crânien ? Est-ce que vous percevez vraiment l'os ? Est-ce que vous percevez vraiment le liquide ? Et elle dit, vous avez la peau entre. Et la peau, finalement un vêtement, s'il n'est pas trop dur, un vêtement c'est qu'une peau supplémentaire. Donc elle, ça ne la gênait pas du tout. Et moi ça m'a fait réfléchir sur le fait qu'effectivement, Ce n'est pas une obligation de faire déshabiller les patients. et je sens bien que des fois si ça arrive parce qu'ils viennent avec des gros jeans un peu serré ou quoi que ce soit et je demande je sens qu'il peut y avoir un petit moment de gêne pour ces personnes là que ce soit homme ou femme d'ailleurs mais peut y avoir un petit moment de jeu si
- Speaker #0
le patient lui-même se déshabille spontanément je vais l'arrêter bien sûr mais mais ça fait partie des choses je sais que je vais pas insister là dessus pour information via la fraisemaine c'est une ostéopathe américaine qui a amené l'ostéopathie en France. France plus ou moins.
- Speaker #1
Tout à fait, oui. C'est une stéopathe américaine qui est morte il y a une dizaine d'années et qui a beaucoup répandu le stéopathe dans le monde. C'était une élève de Sutherland et que j'ai eu l'occasion de rencontrer 4-5 fois dans l'école où j'étais étudiant.
- Speaker #0
L'ostéopathie que tu pratiques, elle peut peut-être être perçue différemment de l'idée que la plupart des gens se font de l'ostéopathie. Est-ce que quand tu es au bureau, tu vas donner des clés de compréhension en amont ou tu fais ton truc et s'ils ont des questions, tu leur réponds ?
- Speaker #1
Alors, une fois que le patient est installé sur la table, je vais faire très peu d'observations, de bourre à scie, tout ça, c'est de la mécanique. c'est pas l'observation que je... fais principalement mais je vais plutôt faire l'observation le patient allongé et une fois qu'il est allongé je vais lui au tout début la première chose que je vais lui dire bon est-ce que vous avez déjà vu un ostéopathe ou pas et puis qu'il l'ait vu ou pas qu'il me réponde dans un sens ou un autre je vais lui dire ici ce que je vais faire c'est on va regarder dans l'ensemble du corps je sais que vous venez pour tel problème et je lui redonne son motif de consultation comme ça ça le rassure il sait que je m'en occupe mais je vais regarder de la tête aux pieds des pieds à la tête et on on va chercher où est-ce que, des fois je lui dis où est-ce que la ficelle est tirée quelque part à un autre endroit, vous pouvez avoir votre problème de bas du dos qui vient d'un problème de cheville, ou qui vient d'un problème d'épaule ou d'autre chose, et donc je vais lui expliquer un tout petit peu, mais très rapide, c'est en deux minutes où je lui dis ça, et puis je lui dis, et après on va relâcher les tensions, et puis je lui dis bien sûr, si par contre à un moment vous avez mal ou c'est un peu sensible, vous me le dites surtout, on n'est pas là pour faire mal. Et puis voilà, ça le rassure, ça le pose, il sait que je vais m'occuper de sa demande, et en même temps je peux aller très peu sur la zone concernée, mais il sait qu'il est plus en train de le faire. Et c'est vrai que dans ma manière... Je m'aperçois souvent que le patient, à la fin de la séance, quand il se relève, il me dit souvent « Oh là, on ne m'avait jamais fait ça » ou « Ce n'est pas comme ça que travaille mon ostéopathe habituellement » ou au contraire, il y a des gens qui me disent « Oh là là, mais vous travaillez comme un tel, j'ai fait un ostéopathe il y a 10 ans ou 15 ans, il travaillait comme ça » . Et donc, c'est vrai que c'est un petit peu, je le sais bien que c'est un petit peu particulier pour les patients parce qu'ils voient que c'est un peu une niche ou quelque chose d'un peu... C'est un peu particulier dans l'approche qu'on peut avoir avec eux.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu abordes le corps quand il y a un moment de travailler avec le patient ? Comment est-ce qu'on pose bien les mains pour établir quelque chose de qualitatif ?
- Speaker #1
Alors, la première chose, c'est vraiment ce que j'appelle ce qu'on a fait hier en stage. Ça veut dire une lecture intuitive. Ça veut dire que c'est déjà de se plonger avec son attention au niveau du... Le corps du patient et de son ensemble, d'ailleurs pas seulement son corps, c'est de percevoir même pourquoi pas son état d'être, ses émotions. Et l'idée c'est de projeter toute son attention sur le patient pour voir un peu qu'est-ce qu'il m'appelle, où est-ce que ça va, dans quelle direction. Et quand je dis qu'est-ce qu'il m'appelle, ça va être des rétractions, des tensions. Hier je parlais de caricature de son mouvement, comme si on avait un schéma. Je vais appeler un schéma lésionnel, même si c'est un mot que je n'emploie pas souvent, mais un schéma de torsion, de diagonale, de compression, de choses comme ça. Et de façon très globale, essayer de voir son schéma globalement, comment il est. Surtout ce schéma par rapport à ce qui devrait être harmonieux, ça veut dire son centrage. Pour moi, je vais toujours me référer à ce qu'on appelle la midline, la ligne centrale. Et cette ligne centrale est-elle vraiment centrée et dynamique, dans son... c'est-à-dire harmonieuse, ou est-elle en torsion, en traction d'un côté ou de l'autre ?
- Speaker #0
Plus ou moins au milieu du corps, en fait.
- Speaker #1
Au milieu, mais dans son axe, dans son axe de la colonne vertébrale, de la tête jusqu'au bassin.
- Speaker #0
Je pense que tu as déjà répondu, mais est-ce que tu peux me rappeler le principe d'accord palpatoire ?
- Speaker #1
Le principe d'accord palpatoire, c'est vraiment de se poser au niveau des mains... Alors ça c'est beaucoup ce que j'ai étudié à Atman, à l'école où j'étais dans les années 80. Et puis après, Franck Gilly avec Pierre Tricot, tout ça c'est tout cet accord d'être présent à ce qu'on fait, centré, etc. L'attention, l'intention, c'est des données que vous avez certainement déjà entendu parler parce que pas mal d'ostéopathes en parlent maintenant, même si Pierre Tricot l'a synthétisé, mais d'autres ostéopathes en parlent. Robert Fulford, un élève de Sutherland, qui nous parle d'attention, d'intention, et qui nous dit que c'est des choses clés en ostéopathie. Et puis après, dans la palpation elle-même, au niveau de la main, c'est vraiment rentrer suffisamment dans le tissu, ça veut dire cette qualité des tissus qu'on retrouve dans leur texture, de densité, de tension, de comment ils sont tendus, et surtout de mouvement, ça veut dire qu'est-ce qu'on suit dans ce mouvement, comment on le suit. Donc il faut être en accordage, je dirais, avec les tissus du patient. Et plus on va être en accordage, plus les tissus vont se révéler, vont raconter qui ils sont, vont raconter leurs tensions, leurs difficultés, etc. Et surtout, la première des choses, ça va être de se mettre en accordage avec leur vitalité. Ça veut dire de voir comment cette personne, quelle est sa ressource de vitalité, quel est son potentiel de vitalité. Et ça, c'est une première écoute qui peut se faire n'importe où dans le corps. qu'on va percevoir par ce qu'on appelle la motilité, c'est-à-dire un mouvement interne du corps, comme si le corps se gonflait, se dégonflait. Pour l'expliquer simplement, c'est une respiration des tissus du corps. Et il y a une école qui parle de mouvement respiratoire tissulaire, je trouve que le terme est bien choisi. Et dans ce mouvement respiratoire tissulaire, la respiration étant liée à la vie, on peut sentir la vitalité du corps par rapport à cette respiration tissulaire. Et quand une personne va être fatiguée, va être très malade, va être en perte d'énergie, on peut sentir qu'il y a quelque chose, cette respiration ne s'exprime pas bien, alors que quand elle va être en bonne vitalité, on va sentir que c'est tonique, c'est mobile, c'est ample. Alors quand j'emploie ces mots-là, c'est très symbolique parce qu'on le perçoit très peu, c'est presque, c'est encore plus fin que la respiration thoracique, mais quand même, il y a quand même des choses qu'on peut sentir. Et ce qui est intéressant à voir, c'est que ça ne dépend pas du tout de l'âge de la personne. J'ai eu l'occasion de voir des gens de 80 à 50 ans qui avaient une pêche au niveau de cette énergie-là, de cette vitalité-là, et on sent que... Et c'est comme par hasard, c'est des personnes qui font du yoga, qui font de la marche, qui font du... qui s'occupent de leur corps, qui mangent bien, etc. Et puis j'ai des fois des jeunes de 20 ans, 30 ans, qui ont une vitalité complètement amoindrie, qui est toute sclérosée quelque part dans leur vitalité, dans ce mouvement-là, et qu'on ne ressent pas du tout correcte quelque part dans l'expression de leur vitalité. Et comme par hasard, c'est des jeunes qui sont un peu... Un peu pléthorique, un peu lent, qui ne font pas de sport, qui mangent des cacahuètes, qui boivent du coca toute la journée. Bref, donc il n'y a pas une nourriture du corps. Et ça, on peut le ressentir dès le départ, dans quel domaine il est, dans quel domaine est cette personne. Et des fois, c'est très surprenant. Je ne l'avais pas vu à l'anamnèse, pas perçu, mais sur la table, ah, ça révèle encore autre chose de l'état du patient.
- Speaker #0
Selon toi, comment est-ce qu'on perçoit les informations qui nous permettent de travailler ? Est-ce que c'est avec les mains ? Est-ce que c'est avec le cerveau ?
- Speaker #1
Alors pour moi c'est beaucoup avec les mains, c'est beaucoup plus avec mon état d'être que le cerveau même. Je ne vais pas réfléchir à une causalité par rapport à son problème, parce qu'il a ça, je dois trouver ça, il faudrait qu'il y ait ça avec. C'est plutôt... le corps qui va me dire, qui va me guider, et ça, ça me dit, ça me guide par des rétractions, par des tensions, par des choses comme ça. Une zone à problème, quelque part, si on prend l'image de la rivière, par exemple, la vitalité, ce serait cette rivière qui coule tranquille, des fois ce torrent ou cette rivière qui coule tranquillement, et les restrictions du mouvement de la rivière, c'est les rochers dans la rivière qui font détourner le flux, qui freinent tout ça. Et donc c'est un peu chercher où est-ce qu'il y a des rochers, chercher où est-ce qu'il y a des zones, ce qu'on appelle de rétention, des zones de blocage. Mais la première des choses c'est d'abord d'évaluer la rivière, ça veut dire est-ce que le flux de la rivière est bon, donc d'évaluer la santé, d'évaluer le potentiel de santé. Et puis bien sûr que de pousser les blocs, les rochers qui empêchent le flux de bien s'exprimer, c'est ça qui va redonner un flux global à la rivière, à la vitalité. Et en fait, ce qui me guide, c'est mes mains. Donc je ne sais pas ce qu'il y a, je ne sais pas pourquoi, mais c'est chercher où est-ce que ça bloque. Quand une patiente est venue, je raconte ça parce que c'est une patiente que je n'ai vu il n'y a pas longtemps, mais qui vient pour une contracture du mollet, qui a mal au mollet quand elle se met à courir, etc. Au mollet tendre d'Achille, enfin la partie inférieure. Et en fait, finalement, son mollet n'avait rien. Ce n'était pas ça qu'il fallait voir. C'était en testant un peu partout, en essayant de se projeter dans ce corps. Mais finalement, c'était le bassin. Il y avait une forte tension du bassin suite à une chute, à un choc qu'elle avait pris deux, trois mois avant. Et elle ne s'en souvenait même plus à la rigueur. Et il fallait travailler cet iliaque, ce bassin sur ce côté, qui était le frein qui gênait la fluctuation, la rivière, la vitalité. jusqu'à son mollet et qui créait cette tension, ce déséquilibre. Mais il ne fallait pas travailler de mollet, il n'y avait rien sur le mollet, ce n'était pas ça. Donc c'est toujours aller chercher où est-ce qu'il y a quelque chose qui peut être la source du problème, le caillou qui gêne le bon flux, qui peut être à distance de la zone douloureuse, bien sûr.
- Speaker #0
Ok. Alors tu as beaucoup travaillé en associatif, notamment pour intervenir sur des personnes en situation de handicap, les EHEO. Tu peux en parler rapidement ?
- Speaker #1
Les Ausha, c'est une très très belle initiative. On a commencé ça avec des amis en région parisienne. Ce n'est pas nous qui avons inventé les Ausha, c'est plutôt Jean-Pierre Barral d'ailleurs, dont un César, ce qui est un César, dans les années 80, au début des années 80, qui est un autre ostéopathe à Grenoble. Et il a commencé cette initiative de soigner des enfants à plusieurs ostéopathes bénévolement. Soigner les enfants handicapés à plusieurs ostéopathes, c'est-à-dire faire un traitement à plusieurs mains. Pour ça, le secret c'est de se coordonner quand même. Ce n'est pas chacun fait son truc dans son coin, mais c'est de se coordonner. Ce mouvement a pris une ampleur importante. J'ai eu la chance aussi dans mon école à Atman où il y avait ce qu'on appelait les journées de l'enfant. Les journées de l'enfant, c'est on venait des enfants, mais il y avait des fois des bus entiers d'enfants qui venaient pour se faire soigner. par les élèves, les élèves en fin de cycle, les autres regardaient, observaient, et puis par les élèves et par les professeurs qui les soignaient en équipe. Et je sais que ces journées de l'enfant combinées avec l'idée des EHEO qui existaient, qui se créaient à ce moment-là, pour nous ça nous a fait tilter sur le fait qu'il fallait qu'on en crée une. Donc on a créé ça en... En 1993, en région parisienne, avec plusieurs personnes, on était cinq amis, Monique Tina, Pierre Tricot, Patrick Blanvillain, Jean-Hervé Français, c'est moi-même, et après est venue Isabelle Schmitt ou d'autres personnes, mais on a créé cette EHEO et on voyait régulièrement, une fois par mois, ça existe encore d'ailleurs, moi j'ai déménagé il y a 4-5 ans, comme je dis, mais ça existe encore, et on voit une fois par mois les enfants, des enfants... vivant en situation de handicap et c'est passionnant. C'est passionnant parce que c'est une aide pour ces enfants, une aide capitale. D'ailleurs les parents quand ils le disent, quand ils le vivent une fois ou deux et qu'ils voient l'évolution de leurs enfants, alors bien sûr que ça ne va pas changer, ils ne vont pas être plus handicapés, mais quand ils voient ça, il y a quelque chose qui se transforme chez eux. Je me souviens du témoignage d'un petit bébé, Robin. C'était mon chouchou d'ailleurs qui est venu au cabinet et une fois qu'on avait fait une séance, il devait avoir 6-9 mois. Et quand j'ai fait la séance d'ostéopathie, alors là c'était tout seul au cabinet, mais quand j'ai fait la séance, après il était autiste, enfin il avait un problème de communication très fort. Il était dans son monde un peu, et puis il est un peu IMC, pas très tonique musculairement, etc. Et quand on a fait la séance, la maman m'a dit après, quand je suis rentré chez moi... c'est la première fois qu'il m'a regardé, qu'il m'a souri et elle dit ça, ça a transformé ma vie ça a transformé ma vie avec mon enfant et à ce moment là on crée cette association et je lui ai dit bah tiens on fait un truc avec des amis on va créer ça, et elle est tout de suite venue et elle est arrivée Elle a resté des années et des années, devenue secrétaire de l'association, parce qu'elle a compris que ça changeait vraiment la vie de son enfant. Pour conclure, d'ailleurs, cet enfant n'a pas vécu l'enfant. Il est décédé d'un problème respiratoire. à 20 ans je crois parce qu'il avait des gros problèmes respiratoires et il est décédé et au moment de ses obsèques elle a dit mais sa vie n'aurait pas été la même s'il n'avait pas eu d'ostéopathie s'il n'avait pas rencontré l'ostéopathie parce que c'était un enfant qui avait une certaine joie de vivre, qui avait une certaine énergie, qui était assez étonnant et je suis persuadé que sa vie a changé grâce à l'EHE il y a quelque chose qui s'est passé pour lui et ça c'est un témoignage parmi d'autres mais on a des... Des exemples comme ça, on en a par dizaines d'enfants qui viennent et qui sont vraiment accompagnés avec l'ostéopathie. Et notre principe d'approche, en tout cas qu'on avait dans cette association qui était dans l'ouest de Paris, au Mureau, c'était vraiment de coordonner notre travail. Il y avait toujours un plus ancien à la table qui était accompagné par des étudiants qui venaient prêter moins fort, c'est le cas de le dire. Et donc on trouve... ont traité à plusieurs jusqu'à 2, 3, 4 par table de traitement. Et il y a vraiment quelque chose de... c'est une réussite ce truc-là, ça fonctionne.
- Speaker #0
Et du coup, la discussion du toucher, est-ce que c'est le même sur un enfant handicapé que sur, je vais dire, une personne lambda, même si ce n'est pas très correct ?
- Speaker #1
Non, ces enfants vivant en situation de handicap, c'est des enfants qui sont comme les autres, la borde. Il y a des spécificités par rapport à leur pathologie, à leur maladie, mais ces spécificités sont les mêmes qu'on retrouve en cabinet. Un personnage âgé, un sportif, un bébé n'a pas la même qualité tissulaire. Un enfant vivant en situation de handicap n'a pas la même qualité tissulaire selon la difficulté qu'il peut avoir. Ce sera plutôt peut-être vers l'approche de la personne. Je ne sais pas, un enfant qui vit avec... un syndrome autistique, il sera plus difficile à aborder, donc il faudra prendre plus de précautions pour rentrer en communication avec lui, et préserver ça, mais souvent si on est passé dans une certaine forme de communication, des fois il le comprend, presque corporellement, instinctivement, il comprend qu'il y a quelque chose qui se passe d'important, et on a vu des enfants autistes qui étaient très réticents au début, et qui après, ils sautaient sur la table, parce qu'ils ont bien senti qu'il y avait quelque chose qui se passait de précieux. question à 100 000 dollars est-ce que tu pourrais donner ta définition de l'empathie oula l'empathie qu'est-ce qu'on peut dire de l'empathie pour moi il y a quelque chose de l'ordre du de rentrer en lien de rentrer en lien avec l'autre de rentrer en lien de coeur à coeur et Alors si on prend la terminologie plus étymologique, ce serait de dire, de rentrer dans la même empathie, dans la même pathos, dans la même souffrance. Maintenant ce qui est important pour moi c'est de rentrer dans cette empathie tout en préservant son centrage, tout en préservant qui on est, son fulcrum comme on dit, son axe, son centre. parce que l'important, ce n'est pas de rentrer dans la... la douleur de l'autre et puis d'être complètement envahi par ça. C'est plutôt de savoir qu'on peut faire quelque chose pour lui, pour cette personne. J'ai eu l'occasion, tu parlais de lieux de solidarité comme ça, j'ai eu l'occasion pendant très longtemps de travailler avec des réfugiés politiques et des demandeurs d'asile. et beaucoup ont été maltraités, torturés, prisés, etc. parce que malheureusement ça existe encore de nos jours. Je me souviens que j'étais jeune ostéopathe, et au bout d'un mois ou deux, j'étais complètement envahi par ce qu'il vivait, par les atrocités qu'il me racontait, etc. Et j'étais tellement envahi que je perdais presque mes moyens en ostéopathie. Ça veut dire que je n'arrivais pas à traiter, et j'étais plutôt révolté intérieurement qu'il ait vécu ça, qu'il ait été battu. tu violé, je ne sais pas, tout ça. Et je me suis dit, soit j'arrête, parce que je ne peux pas les soigner, parce que c'est trop dur pour moi, et puis je vais faire des manifestations, je vais m'inscrire à l'amnistie internationale, je vais faire des pétitions, je vais aller poser des bombes chez les dictateurs, ou je ne sais quoi. Soit je me dis, mais en fait, ce qu'ils me demandent, ce n'est pas ça. Eux, ils sont ici, ils sont dans notre pays, ils sont réfugiés, ils sont protégés, entre guillemets, enfin leur... Leur traumatisme est passé maintenant. Mais ce qu'ils veulent, c'est d'être soulagés du mot de tête. Parce qu'ils ont pris un coup de crosse sur la tête ou ils ont été tabassés. Ils ont mal à la tête. Oui, mais ce qu'ils veulent, c'est d'être soulagés de ces mots de tête. Et là, je peux peut-être faire quelque chose. Et plutôt que de me fondre dans l'empathie de leur histoire et de me perdre quelque part et de pleurer ou me désoler avec eux, c'est de rester moi dans mon axe et de faire ce que j'ai à faire, de faire ce qu'ils me demandent. enfin ce qu'ils attendent de moi en tout cas et je me souviens de ces patients une fois que j'avais pris quelque part cette décision alors je m'étais fait aider après par d'autres il y avait d'autres personnes dans ce dispensaire où je travaillais et puis il y avait même des profs d'ostéopathie qui sont venus m'aider aussi je me suis planté m'accompagner parce que j'étais un jeune praticien mais pour moi ça a été la révélation de me dire ah il ne faut pas se perdre dans le patient mais parce que c'est pas ce qu'il nous demande c'est pas ce qu'il nous demande de pleurer avec lui c'est parce qu'il nous demande d'être prêts. triste avec lui, ce qu'il demande c'est qu'il vienne chercher une épaule rassurante et quelqu'un qui va lui avoir une tenue. Et de cette tenue, une tenue ferme de la main par exemple, ça peut accompagner cette tenue. C'est un peu comme si vous preniez quelqu'un par la main, il faut avoir une main assez tonique. prendre, je ne sais pas, un enfant, il le sent bien ce truc-là. Si vous tenez un enfant par la main, si vous le tenez comme un poisson visqueux et puis vous n'avez pas une main suffisamment ferme, il va bien sentir qu'il n'est pas en sécurité. Et donc l'idée, c'est dans cette empathie pour... pour moi, ce n'est pas de se fondre chez l'autre, c'est d'être vraiment en empathie avec l'autre, c'est-à-dire d'être en lien avec lui, avec sa souffrance, mais pas de se fondre dans cette souffrance. Ce qui fait qu'à partir de notre point d'appui, ce que j'appelle le fulcrum, on peut l'aider. Et je sais que ce témoignage, je le raconte souvent par rapport aux réfugiés, parce que ça a tout changé. Et à partir de là, j'ai pu traiter avec des gens qui avaient vécu, certes, des horreurs, mais en même temps, j'ai pu les aider.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux donner ta définition du fulcrum pour le grand public ?
- Speaker #1
Fulcrum, ça veut dire point d'appui. Si on traduit le plus proche, c'est point d'appui. Et ce point d'appui, après, il va se décliner. On va le voir aujourd'hui dans le cours, on va reprendre ça. Mais ce point d'appui, il peut se décliner de plusieurs façons. La façon que je préfère, c'est le point d'appui de l'ostéopathe. Ça veut dire que ce point d'appui, son centrage, sa façon d'être posé sur le sol, sa façon d'être intérieurement dans une espèce de conviction... d'assurance, ça amène cette assurance et cette conviction au patient. Ça peut l'aider en tout cas à s'appuyer là-dessus. Et puis après, le patient a aussi son fulcrum. Mais souvent quand il vient, son fulcrum, son sang, centre il est décentré, on va dire comme ça. Alors un centre décentré, ça fait bizarre de dire ça, mais c'est comme si dans sa dynamique, il n'est pas tout à fait dans sa justesse, dans son axe. Et c'est pour ça qu'il vient nous voir d'ailleurs, un patient qui nous dit, je ne sais plus où j'en suis, je suis à côté de mes chaussures. etc. ça veut bien dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas, il y a quelque chose qui n'est pas centré chez lui. Et nous en ostéopathie, de par le fait que l'ostéopathe lui se centre et se pose, il peut aider le patient à retrouver ce centrage. Et quand il va l'aider à retrouver ce centrage, quand un patient se relève de la table et qu'il dit ah ben dis donc je me sens bien sur mes appuis, je me sens grandi, je me sens dans mon axe, toutes ces phrases là veulent dire je sens que j'ai retrouvé un axe, j'ai retrouvé un fulcrum.
- Speaker #0
donc le fulcrum c'est ce point d'appui qu'on a tous alors après on peut le décliner d'autres façons mais c'est celle là que je préfère ok et toujours pareil de manière simple est-ce que tu peux parler du principe de présence et surtout comment ça se traduit certes au travail mais même dans la vie de tous les jours
- Speaker #1
La présence, je dirais que c'est être dans l'instant présent, ça veut dire que ce n'est pas dans le passé, ni dans le futur, ni ailleurs. Cette présence, je crois que c'est la condition de toute action. De toute l'efficacité de nos actions dans la vie, si vous êtes musicien et que vous n'êtes pas présent, vous ne faites pas de la musique, ça ne marche pas. Surtout s'il y a de la musique un peu compliquée, si vous êtes bricoleur, si vous êtes un peu Surtout s'il y a de la musique un peu compliquée ou juste comme ça. Si vous êtes bricoleur. Si vous êtes écoleur et que vous n'êtes pas présent, ça ne marche pas. Si vous êtes sportif, ça ne marche pas. Donc pour moi, la présence, c'est la condition indispensable pour la relation. Et la relation thérapeutique particulièrement, mais la relation à l'autre, à un objet, à une action. et pourquoi je crois que pourquoi des gens réussissent et des gens réussissent moins quelque chose c'est ça dépend de leur qualité de présence j'aurais tendance à dire c'est alors c'est pas de la vente artiste mais pour moi la présence c'est ce qui amène au charisme quelqu'un qui serait charismatique c'est quelqu'un qui est présent je connais quelqu'un qui m'a raconté avoir rencontré le dalaï ama et qui me disait quand il est rentré dans la pièce c'était dans un gymnase où il y avait des milliers de gens. de personnes et me dit on l'a vu on a vu qui c'était tellement quand il se déplaçait quand il était là il était présent à ses moindres pas à l'autre qui est autour etc et on voit tout de suite et ce charisme pour moi c'est il a un bon fulcrum un gros fulcrum et une grosse présence et donc c'est ça qui amène à être une personne sur qui on peut compter quoi quand je dis je peux pour compter sur... quelqu'un je peux m'appuyer sur quelqu'un ça veut dire vraiment c'est quelqu'un qui est présent qui a un bon point d'appui qui a un bon fulcrum et je peux vraiment être en lien avec cette personne ce sera sécurisant rassurant et donc la présence Plus on est présent à une chose, plus cette chose, on peut la faire facilement. Moi, je suis toujours assez étonné de voir comment il y a des personnes qui arrivent à être présentes dans une façon d'être, une façon de faire, une façon de faire du bricolage, des choses comme ça, et qui vont faire des choses merveilleuses. Et puis d'autres qui n'y arrivent pas parce qu'ils ont la tête ailleurs. Tous ces mots parlent. La tête ailleurs, c'est je ne suis pas centré, je ne suis pas présent, je ne suis pas là. Donc la présence, c'est ici, maintenant, être complètement présent à ce qu'on fait. super j'ai une question Jacques Chancel et la spiritualité dans tout ça et Dieu dans tout ça la spiritualité pour moi il faut déjà ne pas avoir peur de ce mot parce que souvent on a peur de ce mot c'est un mot où on dit beaucoup de choses et on mélange beaucoup de choses la première chose qu'on mélange souvent c'est la spiritualité et la religion ça veut dire que on met ça dans une case, et religion ça veut dire, ça nous ramène à... Est-ce qu'on est chrétien, musulman, juif, etc. Et bouddhiste ou quoi, et en fait non. Pour moi la spiritualité c'est encore autre chose. être en lien avec le spirit. Le spirit, c'est comme dans la racine, c'est le souffle. Quand j'inspire et j'expire, c'est je fais rentrer la vie ou je fais sortir la vie, on va dire comme ça, j'inspire et j'expire la respiration. Et donc ce souffle, en fait, c'est être en lien avec le souffle, être en lien avec la vie. Et la spiritualité, pour moi, c'est être en lien avec la vie. Et donc la spiritualité, elle peut s'exprimer par la religion, Oui, il y a certaines personnes qui l'ont. qui le ressentent et qui trouvent ça important d'avoir une maison, une famille, une communauté religieuse pour sentir ce souffle de vie. Mais ça peut être aussi par l'approche artistique, par exemple, l'approche de lien avec la nature. Le lien avec la nature, c'est très spirituel, c'est très, pour moi, dans la vie, cette approche avec la nature. J'ai de la chance d'habiter... Pratiquement dans une forêt, en tout cas il y a beaucoup d'arbres autour, mais je sens, c'est magnétique, on sent cette vie qui est là. Mais vous êtes au bord de la mer, par exemple, vous sentez cette vie, cette vitalité. Et pour moi c'est tout ce lien avec la nature, par exemple, ou ce lien aux arts, ce lien à la relation humaine, par exemple. Tout ça pour moi c'est une relation humaine harmonieuse, il y a quelque chose de vivant, et il y a quelque chose je dirais de spirituel. Donc, qu'est-ce que la spiritualité en ostéopathie ? Je ne le rapporterai pas à la religion, je le rapporterai à la vie, au respect du vivant, à la relation au vivant dans le corps. Le fait que le vivant, c'est le vivant qui gouverne, comme la rivière que je parlais au début, c'est elle qui est là, qui a son flux propre. Et donc ce vivant, ce flux de vie, je suis en communication avec ça. Donc je pourrais dire que je suis en communication avec ce souffle, ce spirit, cette spiritualité, si on veut le dire comme ça. Mais c'est un mot, souvent on en a peur, et c'est dommage, ça dépend comment on le définit. En tout cas pour moi c'est ma définition.
- Speaker #0
De simple. Comment bien terminer une consultation ?
- Speaker #1
Comment bien terminer une consultation ? Déjà, qu'est-ce qui me dit que c'est terminé ? Ce qui me dit que c'est terminé, pour moi, c'est déjà que le patient a retrouvé une certaine harmonie. Et cette harmonie, c'est autour de son centre. Je parlais beaucoup de son centre, de son feu. fulcrum, etc., c'est de ressentir qu'il est déjà un peu plus dans son fulcrum. Des fois, très bien, et puis je peux même lui dire que c'est bon, on ne se revoit pas pour l'instant, et puis on se verra dans plusieurs mois, on verra bien. Et puis des fois, je sens que ce n'est pas tout à fait centré encore et que ça demande demanderait peut-être d'y revenir. Et là, je peux lui proposer de revenir 15 jours, 3 semaines plus tard. Et par contre, pour moi, c'est son centre, son centrage. Comment il est centré ? Une fois qu'il est centré, c'est lui dire « Ok, tout va bien, merci. » Il y a souvent une petite blague qui est du genre « Ça y est, vous êtes guerrier, vous êtes tout neuf. » Alors il dit « Ah bon ? » Donc c'est ma petite joke de la fin. et je vois le passé patient il sent bien qu'il y a quelque chose qui s'est passé, il y a un espace temps particulier. Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai vu une femme, elle était prof de yoga, donc elle avait une grande sensibilité, et elle me dit « je suis désolé » , elle est arrivée dix minutes de retard et elle me dit « en plus je suis désolé » . C'était une femme un peu agitée quand même, même si elle est prof de yoga et tout, et elle me dit « je suis désolé parce que j'ai un rendez vous après vous je dois partir à moins qu'à moi enfin elle devait pas partir assez vite, soi-disant. Bon, moi, je prends ça comme je fais mon boulot et puis je verrai bien, on verra bien le temps. Et en fait, on a fait la séance, elle a vécu un grand moment de calme, de tranquillité, ce qu'on appelle un still point, un moment de tranquillité qui est très réparateur. Et on a vécu ce moment, je dis on parce qu'elle l'a vécu mais moi je l'ai bien senti aussi. Il y a tout ce qui s'est organisé, tout ce qui s'est centré, tout ce qui s'est posé, tranquille, vraiment dans un axe très paisible. Et en fait, après, je lui ai dit « Ok, ça me semble bon, c'est ok, c'est bien. » Et elle s'est levée, la première chose qu'elle a fait, elle a regardé son portable pour voir l'heure. Et elle est très surprise qu'on ne soit pas en retard. Parce qu'en fait, ça avait duré le temps de la séance, je ne sais pas, 40, 45 minutes, un truc comme ça. Et elle me dit « Mais c'est quantique votre temps là, il y a un truc très spécial. » si je suis resté dix minutes sur votre table, tellement c'était puissant dans ce qu'elle avait ressenti. Et c'est en ça qu'une séance, pour moi, elle a un temps qui est défini par le patient, par ce qui se passe chez le patient. Alors bien sûr que j'ai un temps quand même de rendez-vous, mais cette patiente était très étonnée d'ouvrir son portable et de dire, mais ah bon, ça a duré que 40 minutes, je ne sais pas quoi. Parce que c'est l'intensité de ce qu'elle a vécu. Et souvent, le patient, quand il se retrouve dans cette intensité-là, quelque chose qui est qui a changé profondément chez cette personne et qui a changé dans... qui peut même des fois avoir changé son parcours de vie, quelque chose de très puissant. On ne sait pas jusqu'où ça ira dans le changement, mais des fois, ça change profondément. En tout cas, elle, je me suis dit, ah, je sais ce qui s'est passé là.
- Speaker #0
Pour bien finir, est-ce que tu as un conseil que tu aimerais donner aux ostéopathes, aux gens, à qui tu veux, qui t'a été donné ou que tu as compris ?
- Speaker #1
Alors moi, je ne suis pas forcément donneur de conseils, mais je suis quand même enseignant, donc on me les demande quand même. Mais la chose, je sais très souvent quand tu as... Un étudiant ou quand un jeune confrère a du mal à s'installer par exemple, a du mal à faire tourner son cabinet ou juste comme ça, ou s'installe, je lui dis la première chose que tu dois soigner c'est ton fulcrum, c'est-à-dire ton centre. Et ce fulcrum il ne se soigne pas seulement par le lieu du cabinet comme j'ai expliqué, la façon d'être présent, etc. Mais ce fulcrum il se soigne dans sa vie. Ça veut dire c'est d'être présent dans sa vie, d'être bien dans sa vie elle-même, donc de faire quelque chose. quelque chose d'harmonieux dans son couple, dans ses relations, dans la façon de faire son sport, la façon de faire son lien à la nature, aux arts, etc. Et pour moi, tout ça, c'est travailler son fulcrum. Donc, c'est vraiment être présent. à ce qu'on fait complètement quoi et travailler son fulcrum après dans son cabinet moi je lui dis mais il faut que tu sois là par exemple même un jeune qui s'installe et qui me dit ah ben moi je viens au cabinet je me suis dit j'avais ça je viens au cabinet j'ai loué un cabinet mais je viens seulement quand j'ai des patients et puis je lui dis non tu dois venir si tu as la journée de consultation tu viens toute la journée quitte à prendre un livre ou un truc tu étais mais tu es présent dans ton lieu parce que le patient il va le sentir il ya quelque chose qui va se sentir sentir là. Donc c'est être full cross. Être dans ton fulcrum, c'est vraiment s'investir totalement dans ce qu'on fait et pas se dire, j'ai un patient le matin, je viendrai le matin et puis basta, je ferme mon cabinet. Pour moi, être fulcrum, c'est être dans cet axe et travailler ça. Et je sais que tous ceux qui m'ont entendu là-dessus, ils me disent, après les stages, souvent les gens disent, je ne comprends pas, j'ai plus de patients, ça fonctionne mieux parce que justement, ils ont travaillé sur eux, ils ont travaillé sur le fulcrum. Merci. il y a quelque chose qui se ressent. Donc, si j'avais un seul conseil à donner aux jeunes ostéopathes, ce serait de travailler le fulcrum. Et tu dis aux ostéopathes et aux autres personnes dans la vie, je dirais que les autres personnes dans la vie, c'est aussi très fulcrum. Maintenant, est-ce qu'ils l'entendent comme ça ? Est-ce que... Travailler leur centrage, travailler leur présence, à ce qu'on fait. Mais c'est le même conseil, je dirais.
- Speaker #0
Merci beaucoup, François.
- Speaker #1
Super. Merci, Thibault. C'est sympa.
- Speaker #0
Et voilà, c'est terminé. Pile dans les temps.
- Speaker #1
Mais super, ça va ? J'ai répondu à ce qu'il fallait ?
- Speaker #0
Bah j'ai l'impression.
- Speaker #1
Bon.
- Speaker #0
Est-ce que toi t'as l'impression de l'avoir fait ?
- Speaker #1
Oui oui, ça va.