- Speaker #0
Ok, c'est parti, on y va. Bonjour Marie, merci de me rejoindre dans mon cabinet pour cet épisode de l'échange thérapeutique. Aujourd'hui, on va parler ensemble de ton métier, de ta manière de l'envisager, de comment tu accueilles le patient, de ta prise en charge et de manière plus générale de la relation que peuvent entretenir les gens avec l'alimentation. Est-ce que tu peux te présenter et présenter ton métier ?
- Speaker #1
Bonjour, moi c'est Marie Reynaud, je suis diététicienne nutritionniste diplômée depuis 2015. Je travaille en cabinet libéral, mais aussi en EHPAD et je donne des cours d'éducation en santé. En BTS diététique.
- Speaker #0
Ok, super. Première question. Comment ça se passe le premier contact avec le patient ? Est-ce que c'est au téléphone déjà ou est-ce que c'est directement en salle d'attente parce que c'est passé par Doctolib ou Internet ?
- Speaker #1
Moi ça passe beaucoup par Doctolib. Je suis installée maintenant depuis 4 ans, donc le bouche-à-oreille commence un petit peu à se développer aussi, mais c'est beaucoup sur Doctolib. Et donc le premier contact, c'est vraiment... En consultation, on ne s'est jamais eu, très rarement eu au téléphone avant, donc c'est la découverte lors de la première consultation.
- Speaker #0
Tu serres la main quand tu accueilles la personne ?
- Speaker #1
Je ne serre pas la main.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
reste du Covid. Non, c'est que je pense que dans notre métier, on n'a pas du tout cette habitude-là. Et alors c'est vrai que de base, nous en diète, on n'est pas du tout formé à la relation au patient.
- Speaker #0
En très peu de métiers.
- Speaker #1
Oui. Donc on a vraiment beaucoup en métier diététique. Là, ça change un petit peu, notamment avec le référentiel qui a changé depuis 2024. Donc avec l'ajout de justement la matière que j'enseigne, l'éducation en santé, où on travaille beaucoup plus sur la posture. diététicien de la diététicienne. Moi, ça n'existait pas, donc on a eu toutes les connaissances théoriques, mais pas du tout comment on se comporte avec le patient, etc. Donc, non, c'est... Je les invite à s'installer, mais il n'y a pas de contact physique.
- Speaker #0
Donc, le toucher, il n'intervient jamais dans ta prise en charge ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Ok, il n'y a jamais de contact physique. Tu travailles avec un bureau ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'essaye de... Là, je suis un peu en transition. Ce n'est pas évident, mais j'aimerais... cassé un peu le modèle justement bureau et j'ai installé une partie dans mon cabinet où il y a un fauteuil déjà une sorte de petit canapé pour que la personne soit vraiment confortable avec un plaid des coussins et ça me permet c'est hyper intéressant parce que comme moi je travaille beaucoup le rapport au corps et bien là ça laisse place au corps de la personne aussi là où avec le bureau on est coupé on est coupé
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc je trouve que c'est assez intéressant.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
Et là c'est moi qui a besoin de travailler un petit peu, à changer mon habitude, c'est que moi je ne suis pas encore tout à fait confortable d'être juste sur mon siège et plus avoir le bureau qui me permet moi de me sécuriser un petit peu aussi. Cette limite. Oui, peut-être de me cacher un petit peu.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je prends beaucoup de notes. Donc j'essaye de m'en prendre, mais j'en prends pas mal, donc il y a des ajustements à faire, mais c'est intéressant.
- Speaker #0
Mais c'est ça ton but, c'est de justement casser un peu la dynamique, j'allais dire de domination, c'est pas du tout le bon terme, mais de patient praticien.
- Speaker #1
Exactement, et de laisser plus de place au corps,
- Speaker #0
à l'expression. Du coup, en début de séance, tu utilises le small talk, parler de la pluie au du beau temps, ou ça rentre directement dans le sujet ?
- Speaker #1
On rentre directement dans le sujet.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Peut-être parce que c'est ma personnalité aussi que je... pas très doué pour le small talk. Moi j'aime bien commencer par, c'est des techniques, pas la première consultation, mais pour les suivis, demander pas seulement comment ça s'est passé depuis la dernière fois, mais quels changements, quel petit changement positif il y a eu depuis la dernière fois ou quelles choses se sont maintenues aussi. Parce que parfois il n'y a pas eu d'avancée donc ça peut mettre le patient en difficulté si... Ah bah merde j'ai... pas mis des changements en place, etc. Quelles choses positives se sont maintenues et puis dans un deuxième temps, je propose de voir quelles difficultés ont été là. Sachant que nos patients vont facilement aller sur le négatif, ce qui a été plus difficile, donc ça permet de mettre en lumière aussi qu'il y a des choses qui se sont bien passées.
- Speaker #0
Ouais, c'est important.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
De ne pas tout le temps être dans le reproche. Donc du coup, tout de suite, tu as une accroche qui te permet de mettre en route la discussion autour de ce sujet-là. Et est-ce que tu as l'impression que les gens sont tendus avant de parler et que donner leurs difficultés, ça les libère ? Ou il y a quelque chose qui se passe dans l'autre sens ?
- Speaker #1
Généralement, oui. Je pense qu'il y a quelque chose aussi avec notre métier de diète qui est important, c'est qu'il peut y avoir des expériences vraiment douloureuses, peut-être parfois même honteuses, jugeantes, etc., avec des anciens suivis diète, parce que, encore maintenant malheureusement, dans la formation, nous, quand on est formé en tant que diète, on reste encore beaucoup dans le... moins avec le nouveau référentiel, mais en tout cas, moi, c'est comme ça que j'ai été formée. Tu sais, le classique plan alimentaire, voilà ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire. Et puis il y avait cette idée, comme en consultation libérale, il y a beaucoup de prise en charge autour des difficultés, autour du poids. Il y a beaucoup cette croyance que si je n'arrive pas, c'est un manque de volonté, que je suis nulle, que je ne suis pas assez bien. Des pensées qui ont déjà en arrivant nos patients. Et quand ils ont fait des expériences de rééquilibrage alimentaire, de régime à répétition, qui sont forcément un échec, parce que dans 90% des cas, un an ou cinq ans, on reprend tout le poids qu'on a perdu pendant un an. Un régime, voire plus. Les patients peuvent arriver, et arrivent souvent avec une faible estime de soi déjà, parfois des expériences douloureuses dans les suivis diététiques. Et donc c'est important de prendre en compte cette honte qui peut être là, ce sentiment d'échec parfois de ne pas avoir réussi à tenir le plan alimentaire qu'une diète passée nous a donné. Donc généralement, oui, les patients peuvent arriver un petit peu tendus, un petit peu anxieux. Des fois pas du tout.
- Speaker #0
J'ai peut-être encore tombé sur quelque chose qui ne va pas me convenir.
- Speaker #1
Exactement. Sachant que moi, j'essaye d'être très claire sur ma façon de travailler, sur mon site internet, sur mon doctolib, j'ai pris le temps de détailler un petit peu. Généralement, les patients qui arrivent, ils ne savent pas trop forcément comment je vais travailler, mais ils savent que ça va être peut-être un petit peu différent que certaines expériences passées. Donc il peut y avoir une certaine détente dans le fait... de libérer la parole. Et puis, parfois, je le dis, peut-être pas assez, mais que c'est important pour moi que le patient, je le dis comme ça, c'est important pour moi que vous vous sentiez en sécurité dans ce cabinet, de dire ce que vous avez envie d'exprimer et de pouvoir ressentir librement ce que vous avez besoin de ressentir.
- Speaker #0
Ok, cool. J'ai une question volontairement choquante. Est-ce qu'à l'instar d'un ostéopathe qui pourrait considérer un patient comme un symptôme sur patte ? Est-ce que tu considères les gens comme un chiffre sur une balance ?
- Speaker #1
Très bonne question. Absolument pas. D'ailleurs, au début de ma pratique, moi, je n'avais pas de balance. Maintenant, j'en ai une parce que j'accompagne de plus en plus des troubles alimentaires installés, sévères, voire très sévères. Donc, des fois, il y a besoin.
- Speaker #0
C'est quoi les principales demandes des patients ?
- Speaker #1
Il y aura souvent cette idée de perte de poids.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais là vraiment de plus en plus c'est, mais c'est corrélé les deux, c'est guérir de son trouble alimentaire. Moi j'accompagne de plus en plus, et je suis encore en train de me former, les personnes qui souffrent d'anorexie, de boulimie, d'hyperphagie. Et il peut y avoir des demandes comme l'hypertension, le diabète, régime végétarien un petit peu. On est principalement sur les troubles des conduites alimentaires. Et parfois encore, vraiment très rarement, il y a des personnes qui n'ont aucune idée comment je travaille, ce que je fais, ce que je ne fais pas. Et qui vont avoir une demande de moi je veux un régime et un équilibrage alimentaire. Et aider moi à perdre 5, 10, 20, 30 kilos. Donc là il y a besoin de recadrer les choses.
- Speaker #0
Et c'est des gens qui suivent ou c'est des gens qui disent non ça ne me convient pas ?
- Speaker #1
Alors ça va dépendre. S'il y a déjà des expériences de régime. et qu'avec une technique qui s'appelle le désespoir créatif notamment, on va mettre en lumière que les expériences passées de régime n'ont pas fonctionné. Alors certes, ça le piège et ça marche au court terme, mais pas à moyen long terme.
- Speaker #0
D'accord. Et les idées sont tenaces, c'est ça ?
- Speaker #1
Ça reste longtemps. En fait, le poids peut descendre quand on fait un régime à court terme, mais en fait, à moyen long terme, comme on vient lutter contre les besoins de son corps, le poids va remonter dans tous les cas. Comme le régime aura mis du... Un peu de bazar au niveau de la régulation du comportement alimentaire, de la vision qu'on a de l'alimentation, son rapport au corps, etc. Finalement, les problématiques reviennent, et même plus fort. Et donc, pour continuer quand même, si on arrive à mettre ça en lumière... La personne elle comprend bien, moi je dis que dans mon éthique de soignant, moi je ne peux pas amener à manger moins que c'est besoin. Donc l'objectif du suivi c'est de retrouver un rapport alimentaire qui prend soin à la fois de la santé physique et de la santé mentale et aussi sociale. Et donc moi je ne peux pas accompagner vers un objectif de perte de poids pur et dur. Et donc évidemment les patients ont toujours le choix. Et quand il n'y a pas cette expérience ancienne, peut-être parfois répétée de régime, d'échec, En général, les patients, ils ne reviennent pas parce qu'on leur a dit qu'il suffisait de faire un déficit calorique pour perdre du poids. Peut-être même dans la sphère médicale, on leur a dit ça. C'est très appuyé par les réseaux sociaux. Donc, ils me prennent pour une illuminée et puis ils vont voir ailleurs et faire Red Watcher ou que sais-je. Mais bien sûr qu'il y a des patients qui ne reviennent pas.
- Speaker #0
De manière plus large, comment tu envisages la perte ou la prise de poids dans ton métier ?
- Speaker #1
Alors comme on parlait de symptômes, donc comme un symptôme, il se passe quelque chose dans le corps. Ça peut être naturel de prendre ou de perdre du poids, ça dépend de combien, combien de temps, etc. Mais le poids fluctue quand même au cours de la vie. On dit qu'un adulte, il prend à peu près 10 kilos au cours de la vie d'adulte. Évidemment, ça peut être plus, ça peut être moins, mais on va toujours aller creuser qu'est-ce qui se passe derrière. C'est le but du suivi, qu'est-ce qui peut expliquer. Cette prise ou cette perte de poids. Et donc là, on va aller creuser au niveau du comportement alimentaire. Ça peut être aussi des épisodes de dépression. On va aller creuser. Qu'est-ce qui peut expliquer ça ? Moi, j'aime bien l'amener comme ça. De le voir, donc, pas comme quelque chose de dramatique, mais c'est intéressant d'aller voir qu'est-ce qui se passe derrière.
- Speaker #0
Ok. Donc, en fait, c'est le symptôme du bout de la chaîne. Et le but, ce n'est pas de traiter le symptôme. C'est de traiter ce qui a amené à ça.
- Speaker #1
Exactement. Bum-bum-bum. Souvent, on peut illustrer les trucs des conduites alimentaires comme un iceberg. Ça fait de la partie immergée, mais qu'en dessous, il y a plein de choses qui peuvent se cacher. Donc, mon job, c'est d'aller mettre en lumière la partie cachée.
- Speaker #0
C'est très ostéopathique comme visage des choses. C'est vrai. J'aime bien. Comment tu vas rentrer dans le problème d'une personne ? Est-ce que tu as des questions ? prédéterminées ou est-ce que c'est uniquement l'instinct et l'adaptation ?
- Speaker #1
Des questions prédéterminées et ça va vraiment dépendre, là dans les troubles alimentaires, s'il y a un trouble alimentaire installé ou si on est sur des troubles alimentaires qu'on va appeler subcliniques, donc on va dire qu'il y a un terrain favorable où je peux identifier, ah là il y a des risques quand même de basculer sur un trouble alimentaire parce que sur des troubles alimentaires Etabli, en fait, il y a des questions type de... Alors moi, je ne peux pas poser de diagnostic, mais quand même un peu de diagnostic, c'est-à-dire s'il y a des crises, depuis combien de temps, combien par semaine, quelle intensité des crises alimentaires, s'il y a des vomissements, etc. Donc il y a plein de questions que je vais aller poser.
- Speaker #0
Une sorte de tableau clinique, un peu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
OK. Donc c'est plutôt carré dans ton schéma de questionnement.
- Speaker #1
Plutôt oui. Après je m'adapte vraiment aussi à la personne en face. Je vais aller questionner l'histoire du comportement alimentaire, les signaux de faim, de satiété s'ils sont là. Ça va dérouler un petit peu selon ce que le patient... La première consultation est assez... Je laisse quand même beaucoup de place au patient et à la personne en face. Et des fois il y a vraiment un besoin de nommer les choses. Et c'est pas rare qu'on me dise c'est la première fois que je nomme ça, c'est la première fois que j'en parle. Donc là, c'est vraiment important dans la première consultation déjà de laisser l'espace et de normaliser.
- Speaker #0
Comment tu fais pour rester stable face à certaines histoires qui peuvent être difficiles des fois à entendre ? Est-ce que tu vas plutôt manifester ton empathie ou est-ce que au contraire tu vas rester un peu en retrait et plutôt neutre ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, ça c'est quelque chose que je travaille encore. Donc déjà j'ai une posture où moi-même, pendant la consultation, je suis à l'écoute de ce qui se passe à l'intérieur de moi-même. Parce que des fois, alors moi je ne fais pas ce métier pour rien non plus, je pense qu'aucune diète en plus, quand on se spécialise dans les troubles alimentaires, ne fait ça par hasard. Et puis je suis quelqu'un qui a beaucoup d'empathie aussi, mais qui peut du coup desservir. La consultation, si on est trop dans l'empathie, ça s'est montré dans la littérature que ça dessert plutôt la personne en face. Donc je suis encore dans une certaine retenue et peut-être un certain contrôle. de ce qui se passe en moi parce que moi-même je peux avoir des réactions fortes et parfois de la colère parce qu'il y a des histoires qui m'aident beaucoup en colère et par rapport à moi, mon histoire de femme aussi, il y a des reflets. Mais c'est important de pouvoir quand même nommer les choses et je pense que même en tant que soignant, c'est important des fois de pouvoir être en colère aussi avec la personne alors sans que ça...
- Speaker #0
Ça déborde.
- Speaker #1
Ça déborde, mais dans le fait de pouvoir nommer, ben oui, effectivement, là, c'est pas normal ce que vous avez vécu, et je suis désolée que vous ayez vécu ça. Et nous, on parle beaucoup de la compassion en diététique, et plus que de l'empathie. Ça veut dire garder une certaine distance, et je vous entends, je reconnais de l'histoire l'émotion de la personne en face, mais avec une certaine distance. qui permettent d'être dans le prendre soin et dans l'action.
- Speaker #0
Plutôt que de rejoindre les gens dans leurs émotions.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Comment tu fais le distinguo entre ce que tu es capable de recevoir et ce qui relève du travail d'un psychologue ou d'un psychiatre ?
- Speaker #1
Oui, en fait, il y a déjà une règle très importante, c'est que moi, en tant que diététicienne, et en tant que diététicienne comportementale, donc ça veut dire que j'inclus les TCC, donc les TRED. les thérapies cognitives ou comportementales à ma pratique. Et moi, je suis formée à l'ACT, thérapie d'acceptation et d'engagement, où on va travailler beaucoup avec les pensées, la diffusion avec les pensées, amener beaucoup de flexibilité, entraîner la flexibilité parce que nos patients, ils ont une grande rigidité psychologique au niveau de l'alimentation. Ça veut dire fonctionner beaucoup en bon ou mauvais. les bons aliments, les mauvais aliments, etc. Donc on vient remettre de la souplesse dans le comportement alimentaire et en fonction de nos valeurs, donc ça veut dire en fonction de ce qui est important pour nous, c'est ça qui va permettre la motivation, de travailler avec les valeurs. Donc moi, dans ma pratique de diététicienne comportementale, j'utilise des techniques, je pense qu'on peut appeler techniques ou des courants de psychologie, mais ça doit rester centré autour du comportement alimentaire. Parce que c'est mon domaine d'expertise. Et que de toute façon, dans l'accompagnement, dans le soin des troubles des conduites alimentaires, les recommandations de l'HAS, c'est suivi, diète, psychologue, psychiatre, médecin traitant au minimum. Et en plus, il peut y avoir des psychomotes. Mais donc de toute façon, pour guérir de son trouble alimentaire, il y a besoin d'un suivi pluridisciplinaire.
- Speaker #0
Ok. Donc c'est quelque chose que tu expliques aux gens et ils sont ouverts à ça.
- Speaker #1
Exactement. Alors pas toujours ouverts parce qu'il y a des résistances avec les psychiatres et les psychologues. Les troubles des conduites alimentaires, c'est des troubles psychiques, des troubles psychiques sévères. Donc il y a besoin vraiment vraiment des psychologues et des psychiatres. Donc ça je l'explique dès le début en première consultation.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Quand on est sur des troubles... Plutôt subclinique, plutôt un peu de l'anxiété, où on sent qu'il y a un terrain glissant, même s'il n'y a pas de troubles alimentaires en place, et que je pense que je peux m'en sortir toute seule, on commence déjà le suivi diététique. Puis dès que je sens qu'il y a besoin de travailler la régulation émotionnelle, ou s'il y a un passé traumatique qui est exprimé, s'il y a beaucoup d'anxiété, nos patients sont généralement anxieux. Là, je vais inviter à se rapprocher d'un psychologue.
- Speaker #0
Tu es en lien avec des gens.
- Speaker #1
Alors, c'est là toute la difficulté. On manque sur Brest, je pense un peu partout, mais notamment sur le territoire, de psychologues et de psychiatres formés au Trou des Conduits Alimentaires. On est vraiment plutôt diminu. Et puis, des agendas sinon très... remplies, et des professionnels qui ne prennent pas forcément de nouveaux patients. Moi et mes collègues, on est assez démunis de ce côté-là. On est en demande de travailler en lien, même que les médecins traitants se forment, parce que parfois, ils font bien sûr de leur mieux, les médecins traitants. Mais des fois, ils ne savent même pas qu'il y a un trouble alimentaire chez leur patient.
- Speaker #0
Tu saurais expliquer de manière simple le lien qu'il peut y avoir entre La nourriture et les émotions ?
- Speaker #1
De manière simple.
- Speaker #0
Pour tout le monde.
- Speaker #1
Alors de base, manger en fonction de ses émotions, c'est quelque chose de normal. Qui n'est pas pathologique, qui n'est pas problématique.
- Speaker #0
C'est bien de l'entendre.
- Speaker #1
C'est important. Ça veut dire qu'on a cette capacité, cette possibilité, en tant qu'être humain, de se faire du bien avec l'alimentation. C'est un moyen pratique rapide de célébrer, par exemple, pour les anniversaires, pour Noël, et aussi de s'apporter du réconfort quand on ne va pas bien. Alors, je ne parle pas des pas bien de la dépression, mais vraiment les petits aléas du quotidien. Je me suis embrouillée avec une collègue, je mange mon curry de chocolat, ça me fait du bien, je passe à autre chose. Là où ça peut devenir problématique, c'est si je me réconforte systématiquement avec l'alimentation. L'alimentation, ça peut être un des moyens de se faire du bien, mais ça ne doit pas être le seul. Et si je viens lutter contre mes envies de manger parce que je me dis que ce n'est pas bien, que ce n'est pas l'heure, etc. Là, ça peut amener... à des crises alimentaires parce qu'il y a un combat entre mon envie et ma tête qui me dit « non, il ne faut pas » . Donc comme un problème qui ne peut pas se résoudre, le cerveau peut switcher, ça peut amener à des dissociations plus ou moins légères ou le fait de manger très rapidement, ça peut amener à des crises alimentaires de là où j'aurais pu me faire du bien avec. un carré de chocolat, je termine la tablette.
- Speaker #0
C'est dans le cerveau, il y a un truc qui switch, et qui fait qu'au lieu de faire quelque chose qui est « normal » , ou qui peut être sain, ça devient l'inverse.
- Speaker #1
Une grande partie du travail en consultation, c'est de normaliser les comportements.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis de normaliser aussi que quand on est en lutte contre son poids, contre son corps, qu'il y a une grande rigidité autour de l'alimentation, beaucoup de « il faut » , « il faut pas » .
- Speaker #0
De croyance.
- Speaker #1
De croyance. Ça vient amener une déconnexion du corps et ça peut amener à des crises alimentaires aussi. Quand on parle des émotions, qui vont après amener de la honte, de la culpabilité et qui vont renforcer le cercle vicieux. On parle de la triple joie, ça veut dire que... une personne qui n'a pas de troubles alimentaires, si là, j'ai envie de manger un Kit Kat, je vais avoir du plaisir, de la joie à me dire « Ah, j'ai trop envie d'un Kit Kat. Je vais descendre en bas, m'acheter mon Kit Kat. Je vais le manger, j'aurai du plaisir, de la joie. Et une fois terminé, j'aurai de la joie à avoir vécu cette expérience, manger mon Kit Kat. » Et quand on est en lutte contre ces envies, en fait, ça ne fonctionne plus. Et plus on lutte contre notre envie, plus il y a des chances qu'elle... qu'elles grandissent aussi. Et donc ça va amener une incapacité à réguler les quantités correctement. Et donc en fait, à la base, on voulait se faire du bien, soit se réconforter, soit se célébrer. On se retrouve avec des émotions désagréables comme la honte ou la culpabilité. C'est un peu la double peine. On ne s'est pas fait du bien, mais en plus, on vient rajouter des émotions extrêmement pénibles.
- Speaker #0
Ok. J'avais l'image d'un enfant qui allait chercher son bonbon à la boulangerie et qui était content trois fois,
- Speaker #1
effectivement. Et puis les enfants sont assez... Alors bien sûr, il y a besoin de cadrer l'alimentation des enfants. Ils sont en apprentissage, donc la règle des repas est régulière, etc. Les règles à table. Mais les enfants sont plutôt bien régulés au niveau de leur plaisir, de leur rassasiement. Quand ils n'ont plus envie, ils arrêtent assez naturellement.
- Speaker #0
Le mot patient, ça vient de passif. Est-ce qu'un patient, il doit être actif de sa santé ou au contraire passif ?
- Speaker #1
Carrément actif. Et même en consultation.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais, il y a un certain job à faire aussi en tant que diète, parce qu'on n'a pas été formé comme ça, mais pour laisser justement plus de place aux patients et qu'ils soient pleinement acteurs en consultation, et puis après, entre les séances aussi, mais... Moi, je n'ai aucune attente de mes patients et je leur dis, je n'attends rien qu'ils reviennent au rendez-vous d'après en ayant accompli telle ou telle chose et qu'ils soient libres. Mais ils sont pleinement acteurs. Donc on parle de l'approche centrée sur la personne, Carl Roger. Mais moi, je pose beaucoup de questions à mes patients, en fait, pour les amener à réfléchir par eux-mêmes et trouver des solutions par eux-mêmes. Ça, c'est super aidant pour l'estime de soi, ça valorise. Là où nos patients en diète sont... Plutôt l'habitude de se dévaloriser, d'avoir des pensées jugeantes, critiques. Et puis c'est eux qui ont la meilleure connaissance de leur fonctionnement. Des fois, c'est inconscient, donc on a besoin de mettre des choses en lumière en consultation, mais c'est... Le patient a une meilleure connaissance que nous, soignants, de son expérience de mangeur, en fait.
- Speaker #0
Ouais, donc toujours le replacer au centre...
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
...de chemin de brique. Tu ramènes un peu les histoires des gens chez toi pour y réfléchir ? Oui. Tu n'arrives pas à laisser ça au cabinet ?
- Speaker #1
Alors les troubles alimentaires très sévères, ça trotte dans la tête.
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément une bonne chose tout le temps de laisser au cabinet.
- Speaker #1
C'est important, je pense, pour ne pas se laisser submerger et être encore plus dans l'écoute et plus efficace en consultation, de pouvoir faire un tri vie pro, vie perso. Est-ce que j'y arrive ? Pas tellement pour l'instant. Moi, ça me trotte dans la tête, oui. Mais c'est important, je pense, en tant que soignant, de pouvoir laisser au cabinet ce qui s'est passé au cabinet.
- Speaker #0
Et ça t'arrive d'utiliser l'humour pour dédramatiser une situation, pour booster la personne ?
- Speaker #1
C'est important. Heureusement. Rire en consultation, c'est hyper précieux. Et rire de son trouble alimentaire aussi, qui fait dire n'importe quoi. parfois des choses marrantes tellement c'est absurde en fait donc c'est important de rigoler. Si j'ai un exemple, ça va être classique de se dire ah bah non j'ai mangé bon j'ai mangé des féculents hier donc je n'ai pas besoin de remanger aujourd'hui ou je mange du chocolat à mon repas donc je me suis dit que ça remplaçait le féculent parce que ça n'a strictement rien à voir mais des choses comme ça c'est important de rire
- Speaker #0
L'absurde, ça permet de recâbler un peu des fois la vieillante des choses.
- Speaker #1
Carrément, il y a besoin, parce que des fois on est sur des choses vraiment lourdes, pesantes. Et puis ça permet d'être dramatisé aussi, de voir, ah tiens, on est de cette pensée-là. Puis des fois on peut voir d'où elle vient, cette pensée-là, et où parfois il y a besoin de donner de l'information. Ah bah non, des féculents ça sert à ça, et puis du chocolat ça va servir à ça. C'est pas le même rôle, on vient mettre de l'information nutritionnelle, pure et dure aussi. miens. C'est bien de rire, ça fait du bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais l'exemple d'un échec ? Qui t'ait une difficulté, qui t'ait appris, beaucoup appris ?
- Speaker #1
Ça arrive, alors de moins en moins, heureusement, mais ça m'est arrivé parce que je n'avais pas les connaissances suffisantes sur les troubles alimentaires notamment, et leur fonctionnement, et de proposer des choses aux patients et que ça coince et qu'on n'y arrive pas. et que les patients ils reviennent pas et avec du recul maintenant je sais pourquoi et ce truc parfois aussi je me dis régulièrement de à marie là tu as trop parlé d'être dans la position de b de vouloir donner au début je faisais beaucoup ça vouloir donner beaucoup d'informations alors qu'on sait qu'en fait c'est pas ça qui va aider le patient puis je retiens de la moitié de travers et puis difficulté c'était travailler avec la colère du patient.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
je ne savais pas trop faire. Et donc, en fait, c'est le fait d'argumenter. D'essayer d'argumenter, alors qu'en fait, ça va amener plus de résistance qu'autre chose. Il y a besoin d'être fluide et d'aller dans le sens du patient. Je vois que vous êtes en colère. Donc, ça m'a appris des consultations où la personne était en colère en face de moi et je n'ai pas su accueillir, normaliser cette colère. Et j'ai pu être un peu dans l'argumentaire. Non, il faut faire. documentaire, être oui mais... Le contre-argumenter avec « oui mais c'est pas comme ça que ça marche » et blablabla, ça augmente la résistance du patient plus qu'autre chose. Donc après la personne, elle est pas revenue, ouais.
- Speaker #0
Ok, ça t'a appris du coup. On m'a parlé récemment de la reconnaissance, de reconnaître l'état de la personne tel qu'il est pour eux. Juste pour le reconnaître en fait, sans raison précise. Et apparemment ça calme beaucoup, ça calmerait beaucoup ce qu'on m'a dit. Pour terminer, est-ce que tu aurais un conseil à transmettre, alors soit de jeunes diètes qui veulent se lancer, ou soit... Tous les patients potentiels qu'il peut y avoir autour de nous, comme tu veux.
- Speaker #1
Aux jeunes diètes qui veulent se lancer peut-être, je pense que la base c'est de continuer à se former tout le temps en fait. Moi je l'ai pas dit au début donc je peux le dire maintenant. Donc j'ai mon bêtise diététique, mais j'ai aussi d'autres formations. Donc j'ai la formation notamment du GROS, le groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids, qui m'a permis, moi sans la formation du GROS, je serais pas diète. Parce que... Je trouvais pas du tout de sens au métier de diète comment on me l'avait enseigné. Et la formation du gros a permis d'introduire les notions de comportement alimentaire, de compulsion, de faim, de rassasiement. On sait pas en fait dans les études de diète comment ça marche le comportement alimentaire. Ça peut paraître bizarre mais c'est comme ça. C'est très axé pathologie, c'est très axé nutrition pure et dure. Ça m'a aussi apporté toutes les notions de lutte contre la grossophobie, comment ne pas stigmatiser le patient, m'a travaillé sa posture, bon ça m'a ouvert à plein de choses. Après j'ai aussi une formation de pleine conscience sensible au trauma, parce que quand on travaille avec les patients à reconnecter aux sensations alimentaires, alors ça se fait pas au départ. Du suivi, c'est quand il y a déjà le cadre alimentaire qui est remis, plus de sécurité au niveau des aliments, etc. Mais au bout d'un moment, dans le soin nutritionnel, on vient reconnecter avec les sensations alimentaires. C'est notamment ce qui permet de réguler le comportement alimentaire. Sauf qu'on peut avoir des patients qui sont très dissociés, parce qu'en fait il y a beaucoup de honte autour du corps. Et parfois, pas tout le temps, mais parfois il y a du trauma. Il y a des liens entre troubles alimentaires. et événements traumatiques, c'est pas du tout systématique, mais ça arrive et puis aussi quand on a un vécu avec la grossophobie, que ce soit médical familial, des expériences répétées de grossophobie où on nous fait comprendre que on peut pas être aimé accepter avec notre corps tel qu'il est qu'on peut pas s'asseoir dans des sièges vraiment des choses au quotidien on peut pas prendre l'avion, on trouve pas notre taille dans les magasins, y'a pas de corps qui nous représente dans les médias mais en fait c'est hyper violent donc ça ça peut amener à une grande dissociation du corps et donc moi cette formation là de pleine conscience sensible au trauma permet de me sécuriser par rapport à ce qui pourrait émerger chez le patient quand on revient reconnecté au corps avec cette notion de titrage donc c'est vraiment on va remettre des petites coupes de conscience à l'instant présent au corps dans la journée et des fois des choses qui n'ont rien à voir avec l'alimentation moi j'aime bien travailler avec les sons, la respiration le toucher donc je vais pas du tout aller travailler creuser le trauma, c'est pas du tout mon rôle mais par contre ça me permet moi d'être en sécurité face à certaines choses qui peuvent émerger du patient et l'huile sécurisée pour éviter la retraumatisation ou prendre soin de ce qui peut se passer chez le patient quand on vient reconnecter petit à petit avec le corps j'ai une formation du coup aussi en actes thérapie d'acceptation et d'engagement et je me forme avec le cfdc centre de formation de diététique comportementale pour l'accompagnement des troubles des conduites alimentaires donc formez vous donc formez vous parce qu'en fait le bts diététique c'est comme une bonne base solide mais il manque énormément de Ouais. Et pour les patients, dès que ce sera une approche centrée autour du poids, c'est à fuir. Fuyer. Mais ce n'est pas facile de savoir vers qui aller. Ça peut être quand on s'est mis à regarder, comme on peut faire avec les psychologues, quelle formation a la personne. Il y a des formations spécifiques autour des troubles des conduites alimentaires, autour de l'image corporelle. Ça m'a beaucoup apporté la formation du GROS aussi, le groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids. GROS TCA maintenant d'ailleurs. C'est toutes les problématiques d'image corporelle et en fait, il y a besoin de décentrer du poids en consultation. Là où nos patients vont dire, aidez-moi à perdre du poids.
- Speaker #0
C'est la croyance principale.
- Speaker #1
Exactement. Donc pour les professionnels, formez-vous. Il existe aussi des supervisions. Je me fais superviser avec un diététicien qui est plus expérimenté que moi. Et donc, je le rémunère comme je paierais une consultation ostéo ou psy. Et donc, on parle des cas de patients, de mes difficultés, etc. Il m'aide à avancer, à être une meilleure soignante aussi. Et puis, super, super important aussi. Donc moi, j'ai un suivi psychologique aussi de mon côté. C'est super important de prendre soin de soi en tant que soignant.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et de travailler son rapport au corps et à l'alimentation.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Parce que moi, j'aime bien cette phrase. Je ne sais pas si elle est tout à fait rigoureuse au niveau... scientifique ou pas, mais on peut rencontrer l'autre à la hauteur à laquelle on s'est rencontré soi-même.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Ouais ? Ouais. Eh ben, en fait, en diète, on ne s'intéresse pas à la diète par hasard. Donc ça veut dire que déjà, vers 18 ans, si on fait diète après le bac, ça veut dire qu'il y a ces notions de nutrition qui on s'y intéresse déjà, etc. C'est ma collègue Cattel qui dit que si on... Ce n'est pas orthorexique, donc si on n'a pas une obsession du bien manger avant le bétail diététique, on l'a en sortant. Parce que le bétail diététique nous formate un peu là-dessus. Et puis, en fait, une promo d'étudiants, étudiantes, c'est beaucoup des filles, même s'il y a de plus en plus de gars aussi, qui veulent se former à être diète, en fait, il y a beaucoup de troubles alimentaires aussi. On est obligé d'aller soigner son rapport à l'alimentation, son rapport au corps, avant de... d'accompagner des gens qui eux aussi ont des difficultés avec leur rapport au corps et à l'alimentation. Sinon, on reste dans la diététique du monde d'avant, un truc très rigide, avec des croyances de « il faut manger ça, il ne faut pas manger ça » , une approche centrée autour du poids qui met en échec les patients, qui ont un impact à moyen long terme sur la santé physique, la santé mentale, qui vont favoriser les troubles des conduites alimentaires. C'est quand même une aberration d'aller voir un soignant. qui va potentiellement favoriser après l'apparition de troubles des conduites alimentaires. Donc 80% des cas en troubles alimentaires viennent après une perte de poids voulue, décidée, accompagnée ou non. C'est vraiment important d'aller prendre soin de son rapport au corps et à l'alimentation. Donc en fait, les diverses formations, par exemple dans la formation du gros, on s'applique tout à soi-même. Tous les exercices, les expériences qu'on peut proposer aux patients, on les fait sur soi. Après, c'est important de venir déconstruire tous les biais grossophobes qu'on peut avoir, parce qu'en fait, on en a tous. Et questionner, alors d'autant plus, je pense que je vais le dire là, mais d'autant plus quand on est en diète homme, parce que quand je pense qu'on est femme, on le fait un peu plus naturellement, mais venir questionner aussi toutes les injonctions autour du corps, notamment qu'on... autour du corps des femmes, pour leur questionner tout le patriarcat. Et en fait, c'est indirectement au cœur de nos consultations.
- Speaker #0
Ouais, tout le temps. Sacré job.
- Speaker #1
Carrément, il y a de quoi faire.
- Speaker #0
Merci Marie.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci.
- Speaker #0
C'est fini.
- Speaker #1
Trop bien. Ça passe vite.
- Speaker #0
Ça passerait vite. C'était super intéressant en plus, effectivement, parce qu'il y a toujours cette croyance, et moi le premier, du poids, de tout ça. J'ai beau apprendre, c'est toujours bien, je pense, de le redire.
- Speaker #1
Ben ouais, carrément.