- Speaker #0
C'est bon, vous êtes prête ? Oui ! Ok, super ! Bonjour Marine, merci de me recevoir chez vous. Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
- Speaker #1
Bonjour ! Merci pour cette proposition et cette invitation. Je m'appelle Marine et je travaille en tant que psychologue neuropsychologue en libéral.
- Speaker #0
Ok. C'est quoi la neuropsychologie rapidement ?
- Speaker #1
Si on peut faire rapide. Oui. C'est tout ce qui s'intéresse aux aspects des neurosciences. Donc tout ce qui s'active dans le cerveau, qu'est-ce que ça entraîne en tant que comportement. Et donc du coup, on utilise des bilans pour évaluer. comment la personne réalise telle ou telle tâche et qu'est-ce qu'on peut en déduire au niveau du fonctionnement du cerveau.
- Speaker #0
Ok. C'est un peu différent, par exemple, de la psychanalyse ou de la psychologie clinique ? Oui, c'est une spécialité. C'est un peu plus récente ?
- Speaker #1
Oui. Après, c'est une spécialité qui est plus neuroscientifique. Biologique. Biologique et qui s'appuie sur des activations neuronales, donc tout ce qui est imagerie cérébrale. plein de... d'expériences qui ont permis de valider dans quel secteur, dans quelle région du cerveau s'activait le langage, l'attention, la concentration, l'écriture, la lecture, l'audition, enfin ce qu'on entend, ce qu'on voit aussi.
- Speaker #0
Ce qui sera impliqué sur les fonctionnements qu'on a au quotidien.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et après, quels troubles il peut y avoir liés à... En fonction des réseaux, il y a des fois des déviations dans le cerveau et ça peut entraîner des troubles, des fois neurodéveloppementaux, des troubles acquis en lien avec un traumatisme, un accident, un AVC ou des choses comme ça. Donc, par rapport à ça, on fait des tests pour savoir qu'est-ce qui est toujours préservé et qu'est-ce qui a été impacté. Et dans ces cas-là, définir ce qui peut se poser problème au quotidien et mettre en place des aménagements aussi au quotidien.
- Speaker #0
Ok. alors moi je vous avais prévenu je viens vous parler du positionnement thérapeutique au sens très large du terme déjà est-ce que le terme il vous évoque quelque chose ou pas spécialement ?
- Speaker #1
il m'a intriguée au début je voulais savoir ce que vous y mettiez un petit peu dedans, comment vous voyez les choses justement,
- Speaker #0
ce que j'y mets dedans c'est la grande question ok,
- Speaker #1
tout l'exploration comment on se positionne par rapport à un patient qui peut venir nous voir quelle attitude avoir Merci. Comment l'accueillir, le recevoir, l'écouter ? Je pense qu'il y a un peu tout. Comme on sent avant aussi, chaque rendez-vous. C'est la question que je me pose des fois. Ok. Voilà.
- Speaker #0
Est-ce que... rapidement aussi, vous pouvez nous expliquer le principe de l'alliance thérapeutique. Est-ce que c'est quelque chose qui vous parle ?
- Speaker #1
Oui, c'est très théorique et ça remonte il y a des années à la fac.
- Speaker #0
Et dans quelque chose de plus concret ? Plus concret,
- Speaker #1
moi, de ce que j'y maîtrisais, c'est comment faire... On permet à la personne qui vient nous voir de lui donner confiance parce que généralement quand ils viennent voir un psy ou un neuropsy, parce qu'il y a des choses qui ne vont pas ou ils se questionnent en tout cas en tant que consultation et souvent on se questionne, ça va pas forcément toi pouvoir réaménager quoi et donc du coup on va parler de soi, on va parler de son intime donc c'est plutôt... Comment la personne peut être à l'aise avec moi pour livrer des choses qui sont personnelles et réfléchir sur elle-même.
- Speaker #0
Il y a peut-être aussi l'idée que les gens ont des croyances spécifiques sur la psychothérapie sans vraiment savoir ce que c'est.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu la première fois, donc ils ne savent pas forcément quoi dire ou quoi faire ou des choses comme ça.
- Speaker #0
C'est important d'expliquer à ce moment-là ou plutôt de les laisser... dans leur croyance et qu'elles changent ? Déjà,
- Speaker #1
ils ne me demandent pas, enfin, ils ne disent pas trop qu'ils me précisent. S'ils peuvent le dire, si des fois, ils le disent, mais une fois que c'est dit, il n'y a pas besoin de dire venir. Vraiment, ils l'ont déposé et après, on fait avec. S'il y a besoin de rassurer, de dire deux, trois choses, je dis, mais généralement, je n'avais pas besoin de dire grand-chose.
- Speaker #0
Parce que moi, par exemple, il y a des gens, ils disent je viens vous voir parce que je ne sais pas quoi faire, mais je ne crois pas du tout en ce que vous faites.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
C'est très très rare évidemment Parce que les gens ont plutôt une démarche De connaître Et donc du coup là la question C'est est-ce qu'on passe un quart d'heure A se justifier de ce qu'on fait Ou est-ce qu'on dit ok et on fait son truc Et les gens seront convaincus ou non Mais ça serait bon à faire
- Speaker #1
Ça m'est peut-être arrivé Ça arrive plutôt en psychothérapie Quand les gens disent Je suis venue parce que ma mère m'a dit de venir Ou ma femme m'a dit de venir et donc en fait s'ils viennent... pas d'eux-mêmes ou de leur plein gré, mais on leur a demandé de venir. Donc là, effectivement, ça rejoint un petit peu ça. Dans l'écho que ça me fait. Est-ce qu'ils sont là ? Est-ce qu'on fait une séance ? Ou est-ce que... Ils préfèrent arrêter et repartir.
- Speaker #0
Si c'est vraiment pas leur choix.
- Speaker #1
Voilà. Et donc après, voilà, de dire, généralement, ils acceptent de rester puisqu'ils sont venus. Donc on discute, on fait une séance et on voit où ça nous mène et ça réfléchit. Généralement... il y a eu des petites choses qui sont déposées.
- Speaker #0
C'est des consultations intéressantes au final.
- Speaker #1
Oui ça peut, pour certains ça peut être stressant.
- Speaker #0
Ok, quand on accueille un patient ? Déjà il y a sonne, il s'installe dans la salle d'attente. Comment on l'accueille correctement ?
- Speaker #1
Ma façon c'est de dire bonjour. Souvent c'est un bonjour assez enjoué et accueillant. Et après je leur demande quelque chose de positif. J'ai plutôt envie de donner envie. Quand on va pas très bien, donc je préfère dire voilà on va pas très bien, mais peut-être que ça peut être un premier pas pour pour sentir rassurée de cette première rencontre, quand c'est la première rencontre. Quand je connais c'est différent mais la première rencontre.
- Speaker #0
Première rencontre peut-être mettre un peu plus d'énergie vers la personne, d'énergie positive vers la personne.
- Speaker #1
Pas forcément. Ouais, je sais pas. Non, je crois que je fais pareil.
- Speaker #0
Ok, super. Est-ce que c'est pareil pour un adulte et pour un enfant ? On n'en a pas parlé, mais vous accueillez aussi bien des enfants que des ados que des adultes dans votre cabinet. Est-ce qu'on accueille... de la même manière, un adulte qu'un enfant sur ce premier contact ?
- Speaker #1
En soi, en théorie, on dirait plutôt non. En pratique, je crois que je fais un peu la même chose. Parce que pour moi, une personne reste une personne, peu importe l'âge. Si peut-être que en salle d'attente, enfin souvent quand c'est la première fois je me présente, je dis que je m'appelle Marine et sans donner mon nom de famille non plus. Et quand c'est un enfant, si j'ai bien retenu le prénom, je dis tu t'appelles, donc il me dit oui ou non. Ou si j'ai un trou, après je fais un peu d'humour si jamais je ne retrouve plus ou quoi.
- Speaker #0
C'est important l'humour ?
- Speaker #1
Bah moi j'aime bien, rire donc si c'est Si je peux en mettre, des fois, je me contiens plus que je... J'ose pas, mais je crois que plus les années passent, plus on s'affranchit aussi. On peut faire un peu avec ce qu'on a. Mais oui, oui, j'aime bien faire du monde. Surtout au début, quand j'accueille les familles en bilan, pour m'être un peu à l'aise. De psychométrique, notamment. Enfin, neuropsych, mais tout ce qui est bilan de QI, par exemple. Le WISC, c'est pour les adultes, mais pour le WISC, au niveau des enfants. Et donc, à ce moment-là, j'accueille l'enfant et ses parents. pendant toute la séance parce que j'ai besoin de prendre des éléments de son histoire de vie aussi bien quand il était petit que maintenant et donc il peut pas répondre à tout et donc j'ai trouvé une petite formulation sur ça pour accueillir les enfants et mettre un peu les parents en retrait en premier abord et leur laisser la place aux enfants sinon on peut vite les laisser de côté quoi, on parle d'eux mais ils sont pas du tout intégrés et donc au début ça l'a fait beaucoup et j'étais un peu gênée pas très à l'aise, et puis d'entendre des fois certains parents parler de leur enfant devant eux, de la manière dont ils disent, j'avais mal aux oreilles, en fait.
- Speaker #0
C'est un peu choquant,
- Speaker #1
des fois. Il vous entend, quoi. Il est quand même là, quoi. Si on vous dit des choses comme ça sur vous, je sais pas trop. Mais je pense qu'ils s'en rendent pas compte, qu'ils le font pas de manière mal intentionnée, ou à viser de dire... En fait, c'est un peu, j'ai envie de dire, classique, généralement on parle à la... la place de l'enfant. Sur ça, au fur et à mesure des années, j'ai essayé de lui mettre sa place au fur et à mesure. J'aime bien ce que je fais en préambule, il faut que je le dise. Alors du coup, j'accueille l'enfant et les 5 premières minutes, je ne lui parle qu'à lui. Donc voilà, je lui dis que je m'appelle Marine, qu'on va se voir plusieurs fois. Je lui demande s'il est au courant. Généralement, ils me disent à peu près oui. Ou ils me disent non, mais c'est parce qu'ils n'ont pas compris ce qui se passait. passait mais quand ils disent non il ya certains parents qui disent non mais je t'expliquais quand même donc en fait voilà il ya rarement où ils sont pas au courant de surprise voilà c'est vrai qu'ils décident pas de même de venir ouais contrairement à un adulte donc au moins il a été au courant qu'ils venaient me voir et ça pour moi c'était important et il y en a très ça arrive très rarement où le parent dit après je savais pas comment lui dire donc voilà donc Donc dans ces cas-là, j'explique le but. qu'on va se voir trois fois, que le but, c'est de voir comment son cerveau fonctionne. On va faire des petits jeux, des petits exercices. C'est pour lui donner des astuces ou des conseils. Ou en tout cas, lui expliquer comment son cerveau, je parle vraiment de son cerveau, ça met aussi à distance la personne et qui en est, sur ce qu'on va faire et ce qui va lui amener des connaissances sur lui-même.
- Speaker #0
C'est important de distancer le fonctionnement du cerveau, du fonctionnement de la...
- Speaker #1
De l'identité, c'est pour ne pas mélanger, éviter de perdre confiance, vu qu'on est toujours ramené entre personnalité et comportement, on mélange un peu les deux, alors que c'est vraiment deux choses qui peuvent être distinctes. En fait, on n'est pas défini par nos comportements, c'est ça. Des fois, on dit « Ah, il bouge tout le temps, il est insupportable. »
- Speaker #0
il est insupportable il bouge tout le temps ça m'énerve donc il est insupportable c'est un comportement en fait et en soi d'être défini par ce qu'on fait ça perd de qui on est je trouve donc oui c'est pour ça que je mets à distance le cerveau il fait des choses et ça peut permettre d'être plus à l'aise plus en confiance aussi c'est le comportement qui peut être énervant pour les parents mais c'est pas la personne en elle-même oui voilà c'est ça et
- Speaker #1
comme on est dans une société aussi on peut mieux faire quoi Je ne dis pas que ça peut mieux faire, mais on peut aussi faire de son mieux. Et chaque jour, le mieux qu'on a varie en fonction de comment on a dormi la nuit, comment on se sent, dans quelle énergie. Et en fait, le mieux de chaque jour n'est pas le même. Et donc c'est un peu pour enlever aussi cette pression-là de bien faire ou de devoir performer ou des choses comme ça.
- Speaker #0
Une forme de culpabilité qui serait un peu limitante.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Donc en parlant de cerveau, ça met aussi à distance ça. Et c'est le cerveau qui fait les choses et donc c'est pas lui en tant que tel. Et après, enfin, même si c'est lui qui fait, mais ça permet de se positionner un peu différemment. Et puis c'est ça que je veux voir. Je veux voir comment son cerveau fonctionne. Donc en soi, c'est vrai. Ce que je lui demande. Et donc je lui explique ça. Et après je lui demande son nom, son prénom, son âge, sa classe, son école et comment ça se passe à l'école. Et alors avant de tout dire comme ça, ce que je viens de dire, je fais quand même un petit préambule. Je dis que là on va passer un moment ensemble, je vais lui poser des questions à lui, si c'est un garçon mais ou à elle si c'est une fille. En tout cas à l'enfant et... Et je vais aussi poser des questions à son papa ou sa maman, ou les deux quand ils sont là. Il a le droit de dire ce qu'il veut ou ce qu'il pense, et c'est pour ça que je lui pose des questions, et je lui pose aussi des questions à papa et maman pour savoir ce qu'eux ils observent. Mais il a le droit après de dire, c'est là où je fais ma petite pente d'humour, t'as le droit de dire quand t'es d'accord avec eux, quand t'es pas d'accord avec eux, ou pas du tout d'accord avec eux. Généralement ça fait un petit peu rire certaines personnes, d'autres qui restent un peu neutres. ça donne aussi une information et généralement quand j'explique ça les trois quarts des parents s'adosent dans le fauteuil et se posent et enfin en fait du coup laissent la place à l'enfant et donc ils s'emporisent et j'explique qu'effectivement il a le droit de ne pas être d'accord avec eux parce que papa et maman ils observent des choses de lui mais ça appartient à papa et maman parce que ce sont leurs pensées, leurs observations leurs ressentis et ça n'appartient et donc il a le droit, et comme lui il a aussi sa propre pensée son propre corps, sa propre tête, ça peut être différent de ce qu'il peut penser le papa et la maman. Voilà, et donc je remets un peu de place et de cadre à l'enfant, mais aussi à des parents qui peuvent aussi prendre de la place sur l'enfant. J'instaure finalement ce petit cadre.
- Speaker #0
Plus l'expérience arrive, plus c'est facile et naturel. Oui, à faire, oui,
- Speaker #1
clairement.
- Speaker #0
C'est vrai qu'au début, les parents peuvent aussi... Mettre une certaine pression entre guillemets sur l'enfant et sur le thérapeute pour essayer d'imposer leur idée des choses.
- Speaker #1
Oui, puis il y en a des parents qui veulent parler tout déblatéré, j'ai même pas le temps de parler, qu'il y avait des parents qui avaient dit plein de choses et j'étais là, bah on a pas eu le temps de poser. J'étais là, ok, alors généralement quand ça se passe comme ça, je leur dis, bah attendez. Attendez, patientez, je vais juste poser mon cadre et après je vous dis, enfin je reviens vers vous, on va en parler au fur et à mesure. Généralement ça les stop ça et après ils répondent de manière un peu plus succincte à mes questions. Mais c'est comme ça, ça fait partie de la règle de mon cabinet. Mais au début j'avais du mal à stopper, mais parce que de manière générale le cadre et moi c'est pas le plus fort, donc j'ai appris au fur et à mesure. Et en mettant ce cadre, ça permet que quand dans l'échange d'anamnèse avec l'enfant et le parent, il y a une discordance, où l'enfant dit non, c'est pas vrai, la mère m'a dit si c'est vrai, je dis, vous savez, vous vous percevez ça, mais votre enfant, lui, il perçoit autre chose. Comme j'ai dit au début, vous avez le droit de ne pas être d'accord. Et c'est ok, quoi. Donc ça permet aussi de positionner. Les choses.
- Speaker #0
Et les travaux qui commencent. Une fois que cette entrée en matière est passée, est-ce que l'enfant se sent à l'aise et que... la connexion est faite ou est-ce qu'il faut rétablir à chaque fois un espèce de, pas de cadre, mais d'environnement pour que l'enfant se sente à l'aise et puisse s'exprimer ? Ou est-ce qu'une fois que c'est en... mis en place, c'est beaucoup plus naturel.
- Speaker #1
De séance en séance ou...
- Speaker #0
Soit sur la séance ou sur les séances d'après,
- Speaker #1
ouais. Après, ça, c'est en fonction des personnes et de chaque enfant, quoi. Il y en a pour qui, ça va mettre du temps, même si j'ai posé ce cadre, ça peut être rassurant. Ça va être en fin de rendez-vous où ils vont être plus à l'aise. Après, on va se revoir sur le bilan la deuxième fois. Pareil, il y a cette petite appréhension, mais généralement, après, ils se remettent à l'aise, des choses comme ça. et pour des consultations après ça dépend vraiment il y en a qui sont très à l'aise tout de suite des enfants et qui expriment plein de choses et des fois c'est le parent qui parle pas beaucoup et à un moment on est obligé de dire bon on a entendu mais là c'est l'inverse il faut cadrer l'enfant pour que je puisse avoir des infos chez le parent mais ça ça dépend des personnalités de chacun et du coup avec un adulte Est-ce qu'il y a besoin de cette entente ?
- Speaker #0
entrer en matière ou comme il vient la plupart du temps de son propre gré, il est au courant de ce qui va se passer ça va plus rapidement ?
- Speaker #1
Généralement il est au courant parce qu'on a déjà échangé au téléphone aussi pour la prise de rendez-vous donc on sait comment ça va se passer Donc la première prise de contact en fait elle se fait au téléphone déjà ? La plupart du temps c'est au téléphone après des fois c'est par texto ou mail mais il y a un premier contact en tout cas oral ou écrit sur les choses et Et après, je demande à nouveau qu'est-ce qui fait qu'il vient me voir, parce que généralement on en a parlé un petit peu en amont du rendez-vous. Et puis après, il parle et si c'est un rendez-vous pour un bilan, je prends des notes pour faire un compte-rendu écrit. Soit en fonction de la personne, soit elle dit plein de choses et donc je suis le fil de la conversation. Ou soit elle est assez succincte dans ce qu'elle peut dire et donc je pose des questions au fur et à mesure.
- Speaker #0
Plutôt évolutif à ce moment-là.
- Speaker #1
Oui, après je m'adapte beaucoup aux gens. Sur ça, je m'adapte aux personnes en fonction de ce qu'ils ont besoin.
- Speaker #0
Des fois, il y a besoin un peu de small talk, de parler de la pluie et du beau temps pour engager la conversation. Eh bien non,
- Speaker #1
ça va, rarement. Non, il n'y a pas ça. Généralement, on va assez vite dans le vif du sujet. Pourquoi on vient voir ? Qu'est-ce qu'il fait ? Après, je suis très curieuse. Des fois, j'ai hâte de savoir ce qu'il amène. Peut-être que c'est ça qui fait que. Mais non, sinon, généralement, qu'est-ce qu'il vous amène et après, ça part.
- Speaker #0
Il n'y a pas forcément besoin de garder une position un peu distante ou au moins en retrait pour être progressif. Si la connexion se fait, pour vous. suivre les choses. Je pense qu'il n'y a pas de...
- Speaker #1
Il faut, il y a juste des sensations et de chacun comment on sent les choses. Des fois, j'ai besoin d'être un peu en retrait par rapport à certaines personnes ou certaines problématiques. Enfin, voilà, de savoir quelle approche avoir. Donc, je suis plutôt un peu observatrice. Après, ça dépend de mon énergie du moment. Mais je suis plutôt dans le sens observatrice de base. Mais si j'enchaîne beaucoup de rendez-vous à suivre, je sens que je peux être plus énergique. Et donc être...
- Speaker #0
Plus dans la proposition, dans l'observation. Oui,
- Speaker #1
j'ai remarqué ça.
- Speaker #0
c'est étonnant donc il y a une limite à respecter pour rester dans une forme d'équilibre par rapport à la personne oui oui surtout en fin de journée si j'ai plein de rendez-vous des fois
- Speaker #1
après je me repositionne, je me calme je me connais, j'aime bien m'introspecter en fonction des sensations que j'ai après je le verbalise aussi j'ai plein d'énergie ce soir J'ai... je suis d'humeur bavarde je le dis c'est fait je réajuste et je dis je vous redonne la parole c'est vous qui êtes là je repositionne par rapport à ça que vous avez compris de vous,
- Speaker #0
est-ce que vous avez une préparation avant les séances ou entre chaque séance un petit rituel ou quelque chose qui vous permette de poser un peu les choses ou de se rééquilibrer ou c'est naturel Hum,
- Speaker #1
alors... j'aime bien avoir pas enchaîné forcément les rendez-vous mais parfois ça s'enchaîne puisque j'ai pris un peu de retard ou les chansons en avance et des fois je les prends en avance si j'ai fini et que ça me va, sinon je leur demande de patienter entre deux rendez-vous juste pour effectivement passer de l'un à l'autre et faire ce petit rituel de me poser de finir ce que je viens d'ouvrir avec la personne qui vient de s'emmener donc j'ai besoin de fermer un petit peu donc là je te montre de patienter. Voilà et oui je fais rien de spécial mais ouais c'est ça après des fois je respire un peu et je me remets dans l'autre rendez-vous après. Si j'ai besoin de clôturer, il y a des choses que j'ai en tête et j'ai pas envie d'oublier de mon rendez-vous précédent. Je le note comme ça, ça ne me parricide plus.
- Speaker #0
Et ça permet de passer à autre chose plus facilement. J'ai une question bizarre. J'en ai de temps en temps des questions, j'appelle ça les questions, ça dépend, parce qu'il n'y a pas de réponse précise. Est-ce qu'une mauvaise communication avec un patient vaut mieux que pas de communication du tout ?
- Speaker #1
Une grande question.
- Speaker #0
Oui, je sais.
- Speaker #1
Voilà, trois heures. Je ne sais pas, après ça dépend par rapport à quoi ça a une mauvaise communication.
- Speaker #0
Si vous voyez que, par exemple, la communication, soit ce n'est pas aligné, ça ne connecte pas. ou la personne part dans un chemin qui paraît un peu étonnant, est-ce que c'est mieux d'essayer de maintenir ça pour essayer d'obtenir quelque chose de la séance, ou est-ce qu'il vaut mieux arrêter pour aujourd'hui et soit revenir plus tard, ou réorienter ?
- Speaker #1
Ben, si ça va pas, j'ai pas trop envie de laisser la personne partir comme ça, parce que du coup c'est un livre ouvert et c'est pas très agréable en soi de repartir ouvert comme ça. après ça appartient à la personne aussi des fois je me dis j'aimerais faire plus ou j'aimerais faire autrement ou j'aimerais dire ceci ou cela mais en fait après des fois il y a des choses qui ne m'appartiennent pas donc aussi laisser aller et que je reste là si la personne avait besoin d'informations, questions mais généralement on est dans une société où par rapport au conflit on évite de revenir vers la personne et on ne dit pas les choses ce qui est très dommageable aussi bien pour le thérapeute rires ou moi j'aimerais bien qu'on finisse ce qui s'est passé ou s'il y a eu un quiproquo ou une gêne mal à l'aise ben en fait peut-être revenir pour en discuter et en fait ça vient aussi dire des choses de soi en tout cas en thérapie donc ça peut être important pour la personne bah de de continuer puis des fois c'est peut-être une limite de la personne aussi en elle-même et qu'elle a exprimé et du coup ça lui appartient et que là en fait c'est ok et qu'on a de la chance d'avoir plein de thérapeutes différents et de psychologues différents.
- Speaker #0
sur le territoire ça renseigne sur la personne et effectivement après poser les choses à plat et voir avec la personne s'il y aura une continuité ou pas en fait il peut y avoir tous les scénarios de vie tous possibles il
- Speaker #1
n'y a pas de réponse type ou de solution toute faite parce que ça va dépendre de chaque situation ok
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce qu'on fait quand on sent que la limite avec ses propres émotions, elle se réduit pendant une séance ? Je crois que c'est la notion de transfert, on appelle ça dans un sens ou dans l'autre en psychothérapie. Si on sent qu'on commence à être pris... par l'émotion d'une situation que la personne nous raconte ou qu'on projette quelque chose de nous, est-ce que vous avez, encore une fois, soit un rituel, soit des garde-fous qui vous permettent de reprendre un petit peu le pied, soit pendant, soit après la séance ?
- Speaker #1
Ben, s'il y a un transfert, ce qui se passe, des fois, ça peut être intéressant parce qu'on connaît le processus, on sait où passer, comment passer. Enfin, ça peut être aussi un outil pour accompagner la personne tout en gardant effectivement en vigilance de ne pas tout projeter. De la même manière qu'il se passe pour soi, la même chose pour l'autre. Mais je n'ai pas trop de...
- Speaker #0
Ça ne s'est jamais vraiment arrivé, le cadre que vous avez. Vous vous sentez suffisamment posée pour ne pas être débordée par des choses qui vous appartiennent.
- Speaker #1
Si ça arrive, des fois, j'ai été prise par l'émotion en fonction de ce qui s'est passé. Après, aussi, nos réactions, nos émotions peuvent faire du bien aussi à l'autre.
- Speaker #0
Pour être un robot.
- Speaker #1
Oui. Bye ! C'est marrant parce que j'ai rencontré une patiente, j'ai croisé. Et ce qu'elle aimait bien, en tout cas ici, c'est que je n'étais pas froide. Et comme certaines rencontres qu'elle avait pu faire avec d'autres psychologues. Oui, justement, on a appris à mettre cette distance, cette relation. Et du coup, ça peut faire un côté froid. Mais moi, je veux que les gens se sentent bien. Parce que si je dis ça aux adultes, ils oublient de dire du coup. Mais même aux enfants, quand ils viennent en consultation. En fait, on a le... le premier rendez-vous c'est une première rencontre on voit si en fait on se sent bien avec moi si on a envie de parler avec moi et que pour parler de quelque chose qui nous est très personnel il faut se sentir en confiance donc en fait le premier rendez-vous c'est une première rencontre pour savoir si oui ou non on a envie de poursuivre avec moi et si on n'a pas envie de poursuivre c'est tout à fait ok et dans ces cas là en fonction de ce qui s'est passé ou pas avec moi je peux orienter d'autres collègues en fonction de leur personnalité personnalité, tempérament, accompagnement. Et donc, je pose ça, quoi. Et qu'ils ont le droit de pas vouloir poursuivre avec moi, parce qu'en fait... Alors là, on peut faire de l'humour, parce que notre pull jaune ne nous va pas, c'est trop flashy, ou on est mal coiffé, ou notre voix... Leur vie, c'est la liberté, en fait. Enfin, voilà, ouais, c'est ça. Mais même aux adjudicés, parce qu'ils viennent, qu'ils sont engagés dans quelque chose, et avant de s'engager, je trouve qu'il faut... Enfin, surtout dans un processus... de thérapie, il faut se sentir en confiance. Et des fois, on se malmène un peu en disant « Bon, j'ai fait le pas, je me suis engagée. » Bon, je me sens pas tout à fait... Enfin, ça me convient pas tout à fait, mais j'ai fait déjà tellement de démarches avant et que j'y suis que j'ai pas envie de repartir. Mais en psychologie, malheureusement, pour se sentir bien, il faut faire plusieurs thérapeutes, il faut confronter. Et donc oui, ça peut être fatigant, ça peut être éprouvant. Mais en même temps, après, une fois qu'on s'y sent bien, ça peut être aussi sécurisant. Et là, on va travailler vraiment le fond si on est toujours un peu en alerte et pas en sécurité pour... Enfin, on n'est pas en confiance, quoi. Ben, on n'ira jamais... travailler le fond du problème
- Speaker #0
C'est quoi votre définition de l'empathie ?
- Speaker #1
J'allais donner un cours sur les études sur ça, mais...
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une définition, alors encore une fois, de manière brève et entendable par le plus grand nombre, mais est-ce qu'il y a une définition théorique, et peut-être vous, votre couleur à vous de l'empathie ?
- Speaker #1
Je sais pas, moi ce que je mettrais dedans, je m'appuierais plutôt sur le théorique, mais... Bon après c'est le cadre qu'on veut mettre, l'empathie, se mettre oui à comprendre l'autre, ses émotions, et en même temps ça lui appartient, ça ne nous appartient pas. Et ce que je mets aussi comme cadre pour justement éviter trop de se faire se transférer, qu'on se transfère, c'est que...
- Speaker #0
C'est mon mari qui avait dit ça, qui avait dit une fois, mais en fait toi t'es juste la perceuse quoi, t'es juste l'outil quoi. C'est pas toi qui actionne le fait de visser quelque chose dans le mur en fait. Le clou et le fait d'activer, ça c'est à la personne de tenir le clou, enfin la vis, et d'actionner la perceuse. Et donc ça m'avait fait beaucoup de bien, ils me disaient, ah en fait, bah ouais, moi je suis là pour accueillir, recevoir, orienter, conseiller. Peut-être expliquer, enfin moi j'aime beaucoup expliquer le fonctionnement du corps humain, donc des fois je vais expliquer certains processus, parce que je trouve qu'en comprenant on peut aussi se positionner. Mais après, les conseils, ils en font ce qu'ils veulent, et puis je leur dis aussi au cours du rendez-vous, en fait je vous donne plein de conseils, mais c'est pas appliqué à la lettre en fait, c'est à voir, déjà c'est à essayer, si vous avez envie d'essayer, si ça vous parle, si ça vous parle pas. C'est à vous de faire votre propre expérience et c'est à vous de créer les outils qui vous conviennent. Moi, je suis juste un outil. Mais il peut y en avoir plein d'autres et de plein de manières différentes. Donc ça redonne aussi la liberté, je trouve, à la personne d'être elle-même. Et qu'en fait, ce n'est pas l'autre ou le thérapeute qui sait à la place de la patiente qui vient en disant « Vous devriez faire ci, vous devriez faire ça » . Et souvent, quand j'allais pour moi, on me donnait des conseils. J'étais là, oui mais non. Et donc après, je faisais ma propre sauce. Donc en fait, je dis, je vous propose ça, mais après, c'est vous qui vous en saisissez. C'est vous qui actionnez finalement cette perceuse ou pas. En fait, c'est vous qui... Voilà.
- Speaker #1
Donc l'empathie, c'est... comprendre l'émotion de l'autre mais en respectant son altérité on peut dire ça et ça s'inscrit dans un cadre de la séance pour que ce soit pertinent et pas débordant comme on disait comme on disait avant. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai, je suis un peu débordée sur autre chose, mais je résume.
- Speaker #1
Ouais, c'est bien, c'est le but de déborder un peu sur autre chose. Et du coup, cette empathie-là, j'entends que vous faites de la psychothérapie et des bilans. Est-ce que lors d'un bilan, l'empathie est importante ou est-ce qu'il faut la mettre en retrait pour aller vers des choses beaucoup plus techniques et protocolaires ?
- Speaker #0
Non, parce que des fois, ça peut faire venir des émotions, le bilan.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc oui, il y a sa place à l'empathie, à rassurer. Enfin voilà, à rassurer si vraiment ça prend trop de place, le stress.
- Speaker #1
surtout le stress mais sinon après il y a l'outil qui fait média donc c'est un peu plus technique et vous en tant que thérapeute vous vous adaptez pas d'une manière différente quand vous faites un bilan quand vous faites une psychothérapie c'est pas la même non c'est pas la même chose quand même dans le placement toujours dans l'idée du positionnement thérapeutique c'est un peu différent oui parce que je cherche pas les mêmes choses donc je suis pas
- Speaker #0
Puis je prends beaucoup de notes en bilan, j'observe, je donne des consignes, je suis beaucoup plus active, par exemple, en bilan, même s'il y a beaucoup d'observations aussi à faire, qu'en psychologie, en séance de consultation.
- Speaker #1
Où il y a plus d'écoute. Oui. Et donc, du coup, il y a une adaptation à faire par rapport à ça, c'est par rapport au côté technique que je...
- Speaker #0
C'est un peu comme vous, quand vous accueillez la personne, Vous allez recevoir... voir, écouter, elle va vous parler d'elle, qu'est-ce qui vient. Vous êtes plutôt en position d'écoute, d'empathie et après vous passez sur le corps.
- Speaker #1
Sur des tests qui sont censés être reproductibles pour la plupart des gens.
- Speaker #0
Et donc, les bilans, on passe dans le technique et dans l'outil. Donc après, je ne sais pas s'il y a une posture différente dans ce que vous faites ou pas.
- Speaker #1
Non mais justement, il y a une...
- Speaker #0
En tout cas, il peut y avoir... Ce n'est pas la même...
- Speaker #1
Ce n'est pas la même approche ?
- Speaker #0
Non. non.
- Speaker #1
Et ce n'est pas les mêmes outils. Non,
- Speaker #0
pas la même posture non plus.
- Speaker #1
Est-ce que l'espoir... Encore une question. Encore une question, ça dépend. Est-ce que la notion d'espoir, c'est utile à la thérapie ou c'est limitant ?
- Speaker #0
Mouah !
- Speaker #1
je sais pas elle m'est venue comme ça celle là est-ce que vous utilisez l'espoir dans le sens où je sais qu'on va le faire, que ça va aller mieux ou est-ce qu'au contraire faut jamais dire ça pourquoi jamais
- Speaker #0
jamais. Mais on ne sait pas si ça va aller mieux. Parce que ça ne nous appartient pas. Ça n'appartient qu'à la personne. On peut dire qu'il y a un après. Il y aura un après la situation où ils vivent. Il y aura un changement. Il y aura un après. Changement, je ne sais pas.
- Speaker #1
Une évolution. changement en après.
- Speaker #0
Un après. Ok. On sait pas ce qu'il y aura, mais il y aura quelque chose d'autre.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais on sait pas quoi.
- Speaker #1
Et surtout pas donner de direction entre guillemets, de les choses vont être comme si, ça va être trop bien et c'est super quoi.
- Speaker #0
On ne peut pas savoir. Si on se positionne comme ça, que ça n'arrive pas, la patiente, le patient, merci, c'est sympa, vous avez dit que ça allait mieux, et en fait, ça n'a pas mieux. Alors oui, des fois, peut-être au début, ça avait peut-être arrivé. peu naïve alors je me suis dit allez ! Ben non ! Parce que quand ils reviennent après ils disent ben non ça va pas mieux, oh merde ! Et après des fois de savoir qu'il n'y avait plus d'espoir peut-être aussi que c'est la fin, d'accompagner la personne à dire peut-être que c'est terminé là en fait on peut arrêter de dire mais ça va mieux aller mais peut-être que là juste ça va pas peut-être oui après ça ira mieux mais peut-être de revenir sur le moment présent reconnaître ce qui se passe à ce moment là si la personne est toujours dans l'espoir d'eux non mais j'espère que ça va changer j'espère que ça va changer parce qu'il y a beaucoup de patients qui viennent avec beaucoup d'espoir et qui les rejettent sur le terrain et bah c'est ça que je disais au début nous on est que l'outil mais leur changement et le fait qu'ils aillent mieux c'est de leur responsabilité c'est pas la nôtre et ça en fait dans une société où on oublie beaucoup que en fait nous même on peut avoir nos propres solutions, qu'on a nos propres solutions internes et que des fois il y a besoin de guide, il y a besoin qu'on ouvre les yeux qu'on a besoin d'être réaligné corporellement pour enlever des tensions et faire que ça soulage ou des tensions au corps mais aussi à l'âme en tant que thérapeute enfin voilà et de réaligner un peu tout ça corps, esprit, tête mais ça c'est la personne qui fait son travail elle-même il y a des gens qui sont comme ça je suis allée voir un ostéopathe un psychanalyste un psychologue et ils ont vu 10 000 thérapeutes et ça change toujours pas à un moment donné le problème il vient pas des thérapeutes il vient de la personne elle-même qui veut peut-être pas voir ce que les thérapeutes lui ont déjà peut-être tous dit et donc sur ça généralement quand il y a une personne qui a cumulé tous les thérapeutes qu'est-ce que ça en donnait on se positionne aussi différemment par rapport à ça et effectivement si la personne porte beaucoup d'espoir sur les séances je remets les choses à leur place aussi pour pas que qu'elle dise que ça soit de ma faute et elle peut le dire parce que ça lui appartiendra tout le temps mais dans ces cas là je vais travailler autrement effectivement.
- Speaker #1
C'est possible de travailler avec ses proches ? En psychothérapie ?
- Speaker #0
Ben non, c'est pas possible. Après, bien sûr que si, avec les outils, les processus, les connaissances qu'on a, effectivement on le fait quand même un peu, je pense. Enfin en tout cas, moi je l'utilise dans mon quotidien. Et après, quand c'est assez limite, je demande du relais, quoi. De l'aide, du soutien, je sais pas.
- Speaker #1
Pour aller voir quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que l'intuition, c'est important quand on voit quelqu'un, quand on suit quelqu'un ?
- Speaker #0
Ça, je l'ai appris au fur et à mesure de mes expériences. Mais effectivement, oui, c'est important. Ça donne plein de clés, plein d'informations. Et j'ai appris au fur et à mesure, oui, de ressentir des choses, d'avoir des mots qui me viennent. Je commence à parler d'un chose et il y a un sujet qui arrive de nulle part. et puis je me laisse aller et puis la personne, ça fait écho avec elle. Alors les premières fois, c'est assez déstabilisant. On est là « Ah ouais, dingue ! J'ai dit ça comme ça, j'en parle jamais ! » Ça vient comme ça et ça fait résonance avec les personnes en consultation ou dans la famille, quoi, après le bilan. En restitution. Donc oui, c'est quand même quelque chose... C'est un outil aussi.
- Speaker #1
C'est un outil qui a sa place. Et du coup, pendant le bilan, l'intuition...
- Speaker #0
Ah oui. Je l'ai beaucoup aussi. et je ne le savais pas au début mais au fur et à mesure quoi dire à la personne en restitution en consultation et en fait je me suis rendu compte que j'avais beaucoup d'intuition où je ressentais que c'était plutôt ceci, ça, enfin que ça en fonction de ce que j'analysais des chiffres j'analysais du comportement et de ce que j'avais ressenti ça me donne finalement une conclusion et la plupart du temps les chiffres. entre guillemets correspondent à l'intuition de départ quand je dis les chiffres c'est pas le bon terme mais le résultat du bilan correspond à une intuition alors plutôt si les chiffres le ce que j'ai observé l'intuition que j'ai eu et la conclusion que je donne en fait enfin tout
- Speaker #1
ce que tout cet embouillé finalement je vais le restituer à la personne et cette restitution généralement oui elle correspond à la personne ok c'est en plus c'est pas pour corroborer ce que vous avez des... tester sur le moment, l'intuition c'est vraiment dans l'ensemble de la vision.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, cette intuition, quand elle arrive, c'est important de la comprendre ? Ou il vaut mieux... Elle est arrivée, elle a servi à ce moment-là, il vaut mieux la laisser partir ? Ou est-ce que... Vous notez tel mot pour revenir dessus plus tard ou c'est plutôt quelque chose qui doit être fluide ?
- Speaker #0
Non, ça se fait un peu naturellement, je ne me pose pas de questions. De toute façon, l'intuition, elle vient comme... Elle vient à part, c'est lié au... ressenti et aux sensations. C'est là. Et après, qu'est-ce qu'on en fait ? Des fois, est-ce qu'on choisit d'en faire aussi ? Est-ce qu'on l'entend ? Des fois, peut-être un peu moins, un peu plus.
- Speaker #1
Oui, des fois, on se dit, oh là là, il ne faut pas que j'aille là-dessus.
- Speaker #0
oui ça dépend, pareil avec la disponibilité qu'on peut avoir en tant que personne si on est thérapeute des fois on sent qu'il y a peut-être des sujets à l'explorer mais que peut-être que effectivement l'intuition dit oh là là, chaud devant et donc on va être un peu plus en retrait ou attentif ou alors on sait que c'est important et au fur et à mesure de mon expérience j'ai appris peut-être à y aller marche par marche Merci. tranquillement pour...
- Speaker #1
Créer un chemin entre l'intuition et...
- Speaker #0
Ou l'intuition parce qu'il y a un message à faire passer à la personne. Je sens que j'aimerais dire ça aux personnes. Mais si je dis ça comme ça, est-ce qu'elles vont l'entendre ? Est-ce qu'elles vont comprendre ? Peut-être que... Par exemple, c'était un sujet avec une famille où je trouvais que dans la place, il n'y avait pas assez ce côté intuitif qui était présent dans cette équipe. de vie qui avait beaucoup de rationnel et beaucoup de... Et donc, je me suis dit, si c'est des gens rationnels qui sont logiques, l'intuitif, comment ils l'entendent dans le quotidien ? Donc, je ne vais pas dire, il faudrait laisser plus de place à l'intuition. Mais non, en fait, au fur et à mesure, on explique les résultats, on approche, on commence à en parler, on voit comment ça rebondit, comment ils sont à l'écoute. Et à la fin, oui, on peut le dire un peu comme ça, mais parce qu'il y a eu tout un peu une préparation, quoi. Et puis après, s'ils ne l'entendent pas et qu'on a... à essayer par un chemin ou un autre, ce n'était pas le moment de l'entendre pour eux.
- Speaker #1
On en parlait juste avant que vous utilisez certains outils thérapeutiques à la maison. Alors, je pense avoir ma réponse, mais est-ce que d'être thérapeute, ça nous amène face à nos difficultés ? Et est-ce que c'est important, en tant que thérapeute, d'aller vers le développement personnel ? Je mets des guillemets sur le mot parce que c'est utile.
- Speaker #0
à travers maintenant mais à travailler sur soi avec des thérapeutes oui après pas en tant que psychologue j'ai des gens groupes d'intervisions je me réunis avec d'autres psychologues surtout en libéral vont mieux être soutenu et avoir un endroit où on peut parler parce que des fois il des situations qui peuvent questionner qui peuvent qui peuvent voilà avoir besoin d'un éclairage ou des fois on se sent bloqué, on ne sait pas par où passer. Des fois, de parler avec d'autres collègues, ça permet aussi d'ouvrir des possibles. auxquels on n'avait pas vu ou pensé. Et après, sur le travail personnel ou développement, après c'est propre à chacun, mais moi je sais que je suis dedans depuis toute jeune, j'aime bien m'introspecter depuis toute petite, donc du coup je le fais assez de manière naturelle, peut-être des fois trop.
- Speaker #1
Et ça fait évoluer la pratique, l'introspection ?
- Speaker #0
Oui, par exemple l'année dernière, j'étais en état de saturation, c'est quelque chose que j'aborde beaucoup avec les personnes, comment éviter de saturer, d'être dans le trop pour revenir à soi, et j'avais débordé, et donc je me suis dit tiens, j'ai débordé, je suis bon. ça faisait un moment que j'avais débordé je le remarquais mais je ne l'avais pas encore consciemment posé et donc je me suis dit bah oui bah j'ai débordé et donc là je me suis introspectée et je me suis dit bah qu'est-ce que j'observe, qu'est-ce que j'entends et en fait, de par mes observations, ça m'a permis de donner des clés ou des éléments aux personnes après de l'avoir vécu oui, je pèse beaucoup par ce que je vais et comment je le vis et qu'est-ce que ça peut donner et du coup, ça fait d'expliquer un petit peu des théories que moi j'ai mis en évidence au fur et à mesure c'est un apprentissage un apprentissage personnel qui a servi pour le travail au final, pour le professionnel donc ça c'était chouette
- Speaker #1
Sur le moment, on ne se dit pas que c'était chouette,
- Speaker #0
mais après on se dit que c'est utile. Quand je me suis rendue compte de ça, je me suis dit que c'était chouette et j'ai mieux vécu ma période de saturation.
- Speaker #1
Donc ça avait une forme d'utilité.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
carrément. Est-ce que vous avez un exemple d'échec utile ? De quelque chose qui ne s'est pas passé comme ça devait se passer et qui vous a beaucoup appris ? Là, on vient d'en avoir un, par exemple, de saturation qui a une forte utilité.
- Speaker #0
Après, ce n'est pas un échec, une saturation, c'est juste des expériences de vie.
- Speaker #1
C'est pour ça que le mot échec est peut-être un peu fort, mais un apprentissage fortuit.
- Speaker #0
Oui, on a eu... dernièrement une restitution où je me suis pas sentie à la hauteur ou pas dans ce que j'étais capable de faire de produire et voilà mais ça c'était par rapport à moi parce que je sais pas ce que eux ont pensé les gens donc des fois oui on peut ne pas être satisfait ou enfin moi je peux ne pas être satisfait de ce que j'ai fait me questionner sur comment j'ai dit comment j'ai fait qu'est ce que j'aurais enfin voilà de re-m'aurait questionné derrière des choses positives par rapport à la dernière fois je pense que j'étais un peu fatigué je pense que il y avait des choses aussi j'avais pas forcément bien préparé ou un peu j'étais un peu resté sur mes acquis donc on se laisse un peu porter et en fait ça permet juste de remettre la clochette en disant oh là là il faut se remettre un peu dans le travail quoi enfin enfin c'est quand même enfin voilà faut c'est juste la sonnette d'alarme de là on se laisse se porter et peut-être que là il faut se remettre un peu dans les rails de faire attention à soi si j'étais fatiguée peut-être me mettre plus en repos de comment je peux mieux me préparer parce que au fur et à mesure on sait on a confiance mais des fois on peut être en excès de confiance de toute façon ça va aller mais en fait ça n'allait pas je suis allée un peu trop loin dans laisser aller ok c'est un peu ça
- Speaker #1
pour finir, est-ce que vous pourriez nous donner le meilleur conseil que vous ayez reçu ?
- Speaker #0
Par rapport à quoi ? De la vie en général, pas forcément en séance ?
- Speaker #1
De base, plutôt en séance, mais de vie aussi, pourquoi pas.
- Speaker #0
celui qui a permis de lancer au début de mon installation en libéral c'était plutôt de faire confiance à ses ressentis aux mots qui viennent en tête et de les dire parce qu'ils ont un intérêt et de se connecter à cette intuition dont on ne parle pas en tant que psychologue à être psychologue on ne parle pas de de notre intuition en tout cas moi je n'ai pas de souvenir d'avoir parlé de ça c'était très furtif et donc oui Non. mon dédié d'activité avec des collègues qui étaient dans le cabinet, j'ai pu parler de ça sur le fait que les ressentis c'est aussi un outil et on peut s'en servir. Donc ça m'a permis vraiment de l'utiliser assez vite au début de ma pratique et de l'utiliser. Pas mettre à distance ou faire sans. Celui-là c'était le conseil dans le lancement de ma pratique en libéral.
- Speaker #1
Qui vous a le plus servi.
- Speaker #0
pendant quelques... qui me marquent plus. Après, il y en a plein qui m'en servent des conseils. Mais c'est le premier, quoi.
- Speaker #1
On restera sur celui-ci, alors.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Marie.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
Vous aviez plein de choses à dire en fait !
- Speaker #0
Ah bah moi je suis belle maintenant ! Quand on me lance sur un sujet...