- Speaker #0
Bienvenue à vous qui ouvrez grand vos oreilles pour Éclat de voix, le podcast des prises de paroles engagées. Je me présente, je m'appelle Anne-Claire, ancienne journaliste, toujours modératrice, rédactrice, facilitatrice de ces prises de paroles engagées, celle de mes invités, qu'on avoue d'ailleurs, car rappelez-vous que dire vaut toujours mieux que taire. En cultivant la qualité des relations humaines, le lien social, le sentiment d'appartenance, la bienveillance, la sollicitude, la passion et l'amour altruistes, nous avons beaucoup plus de chances de triompher ensemble. Mathieu Ricard, moindre bouddhiste, scientifique, photographe et surtout, celui qui a mis l'accent sur un concept essentiel pour notre époque, l'altruisme. Non, l'altruisme pas pour être gentil et béni, oui oui, par faiblesse ou que sais-je. Non. L'altruisme qui rend heureux à tous les âges, comme le confirme Rebecca Sankland qui est psychologue dans une interview accordée à Psychologie Magazine. Un enfant qui donne des bonbons à un autre est bien plus satisfait que lorsqu'il en reçoit. Et chez les adolescents, trop auto-centrés, aider l'autre devient soudain un facteur de protection, entendez bien protection pour leur santé mentale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en aidant autrui, on mobilise nos propres compétences, on augmente notre sentiment de maîtrise, notre sentiment de pouvoir agir sur les situations. Et ça, ça nourrit la confiance en soi. D'ailleurs, Serge Moscovici, dans « Les formes élémentaires de l'altruisme » , parle de l'altruisme participatif, celui qui s'exerce au sein d'une communauté, pas pour... Un individu en particulier, mais pour le « nous » , le collectif, ce « nous » qui lie, qui noue des liens entre les membres d'une famille, d'une nation, d'une cause. Ce « nous » par lequel on se sent à rehausser. Et bien voyez-vous, il y a quelques années, j'ai découvert une association qui proposait quelque chose de très simple, allant dans ce sens-là, qui était de dire « oui, W.E. » à l'altruisme, oui comme oui en français et oui comme nous en anglais. L'ensemble était bien packagé, altrui. Trois ans, trois éditions et une conviction qui se renforce à chaque fois. Oui, la parole peut changer le monde. Encore une fois, oser dire plutôt que taire, tendre le micro à celles et ceux aussi qu'on n'entend pas forcément souvent, qu'on n'entend même parfois jamais. Mais... Là, pour cet épisode, je reçois donc avec grande joie Jérémy Mani, qui est cofondateur d'Altrui et du podcaston, et qui lui aussi adhère, je lui fais dire, mais j'en suis certaine, à cette idée que libérer et diffuser toujours plus loin la parole sert l'altruisme, la générosité, tisse des liens incroyables grâce à ces nouvelles technologies Barbie qui ont aussi du bon, n'est-ce pas ? Alors Jérémy va nous donner des pistes pour cultiver et répandre cet altruisme à un moment où, je cite de nouveau Mathieu Ricard, « nous sommes confrontés à une nouvelle forme de responsabilité, c'est que nos actions ont un impact considérable sur le sort des générations à venir, des êtres humains, des 8 millions d'espèces animales, et ce sort est entre nos mains aujourd'hui » . Alors s'il s'agissait, une fois de plus, comme le suggère Merci. Claire Nouvian, qui est fondatrice de l'association Bloom, de réinventer un autre discours, une autre narration, fondée sur la mutualisation, sur la conscience, sur la valorisation des liens plutôt que des biens, sur la liberté aussi. En gros, comment donner sa voix, de la voix pour amplifier d'autres voix. Vous êtes prêts ? Allez, suivez-nous ! Salut Jérémy.
- Speaker #1
Bonjour Anne-Claire.
- Speaker #0
Alors Jérémy, d'abord je suis super contente de te recevoir au micro, même si il te manque quand même ton acolyte Yves. Tu vas finir aujourd'hui par ton podcast. Je suis super contente de te donner, de vous donner, même s'il n'est pas là la parole, parce que depuis 2023, date de la création, je participe à cet événement qui est juste dingue. et qui vient nous expliquer comment ça s'est construit, cette idée du podcastant, à partir de votre asso Altrui. Ce qui est fou, c'est que vous avez eu au départ l'idée, je me souviens très bien, de rassembler ce que vous espériez être quelques centaines de podcasteurs à l'époque. Et ça a pris une ampleur, je pense que vous étiez loin de dire que vous... J'ai 23. Alors, qu'est-ce qui vous a donné l'audace de croire qu'on pourrait transformer un format qui était à l'époque assez intimiste, le podcaston, en une sorte de tremplin ? Utiliser ce média pour participer à un mouvement collectif solidaire de cette ampleur ?
- Speaker #1
Le podcaston s'est en effet lancé en mars 2023, mais à l'origine du podcaston, il y a eu un réseau social qui s'appelait... Altrui, qui est aussi le nom de notre association. Et le principe était relativement simple, c'était d'essayer de rassembler le plus grand nombre de membres, d'abonnés autour de contenus altruistes. En fait, on demandait à nos membres d'aller identifier sur le web des contenus inspirants, positifs, qui donnent envie d'agir et de les publier sur la plateforme, puis de les repartager. Et on s'est rendu compte que beaucoup de nos membres choisissaient le format podcast, en fait, aller nous dénicher des épisodes de podcast hyper intéressants, qui mettaient en avant soit une association, soit une cause. Et ce que personnellement j'ai aimé, et Yves aussi, c'est qu'on a découvert que dans cet univers du podcast, on avait le temps d'échanger, on avait le temps de rentrer dans les détails. C'est ce qui manque sûrement dans tous ces snacking content qu'on voit partout, où c'est consommé en quelques secondes comme ça, y compris les vidéos TikTok de 30 secondes max. Là, on était sur l'inverse du temps long. Le temps long, on peut rentrer dans ces détails-là. Donc quand ce réseau social altruiste est terminé au bout de 1000 jours, qui était le but, on a vite eu envie de basculer sur quelque chose de plus lié à l'univers du podcast et d'exploiter cette formidable capacité qu'ont les podcasteurs à être dans le narratif et à rentrer dans tous les détails d'un sujet, notamment tous les sujets aussi importants qui peuvent être la multitude de causes et d'organisations caritatives.
- Speaker #0
Alors, je pense qu'encore aujourd'hui, il y a beaucoup de podcasteurs, de podcastrices qui doivent hésiter encore à participer à ce podcaston en se disant que qui ne sont pas assez professionnels ou qui ne sont peut-être pas légitimes. Est-ce que tu pourrais impulser un message qui dirait quelque chose comme le fait que leur voix semble peut-être imparfaite ou leur façon de monter, qui n'est peut-être pas exactement professionnelle, ait au moins autant de valeur que des millions de campagnes marketing qui sont hyper rodées et codifiées ?
- Speaker #1
Tu viens de le faire, tes mots sont tout à fait justes. Je pourrais les reprendre... un à un exactement de cette façon-là. J'ai envie de leur dire, vous vous êtes lancés dans le podcast, c'est pour parler à des gens que vous ne connaissez pas forcément, de votre passion, avec vos mots à vous, votre style à vous. Venez comme vous êtes. Il y a effectivement dans le centre du podcaston des podcasteurs très établis qui étaient là depuis 2017, qui ont des audiences colossales parce qu'ils ont su créer ça depuis tant d'années, mais aussi des podcasteurs qui viennent de se lancer là début 2026 ou fin 2025, qui ont une audience un peu plus niche. qui forcément sont un peu encore en rodage sur leur style, sur les outils qu'ils utilisent, mais ils sont largement les bienvenus. Et j'ai envie de dire, si vous êtes une association caritative et qu'on vous propose de venir à une conférence, de parler à une conférence devant 20 personnes, 30 personnes, 50 personnes, peut-être 100 personnes, c'est une magnifique opportunité pour elles. Le podcast, c'est un peu ça. Si vous avez 20, 30, 50 écoutes, c'est bonus pour cette association-là. Surtout si vous leur tendez le micro pour non pas 5 minutes. Mais 20, 30, 40, 50 minutes, une heure ou plus, là, ils ont le temps d'expliquer ce qu'ils font. Et croyez-moi, cet épisode peut être imparfait au niveau du son, peut-être avec une question qu'à froid, vous auriez tourné différemment. Il a quand même une valeur pour ces associations-là. Et elles sont ravies de pouvoir en bénéficier parce qu'après, elles vont s'en servir pour le diffuser auprès de leurs bénévoles, pour convaincre un cercle élargi de sympathisants, pour aller peut-être soutenir un dossier de financement. Tout ça est très utile pour... pour elles, pour les associations. Donc, venez, n'hésitez pas. Il y a de la place pour tout le monde. C'est comme ça qu'on imagine ce podcast. Et si je pouvais prendre une métaphore, parce que je l'aime bien celle-ci, même si c'est un peu différent. Pour nous, le podcast, on essaie de s'inspirer de la fête de la musique. Alors, je sais que c'est en France. On a une audience qui dépasse la France seule et qui est plus large. Mais en France, en tout cas, la fête de la musique, c'est, vous savez, quand tous ces musiciens viennent le jour même dans les rues, il y a des très gros concerts qui sont organisés, les zénithes complets. Mais il y a aussi votre voisin du dessus. qui joue un peu de guitare et qui a deux amis et qui se retrouve au coin de la rue à faire son petit concert. Et en fait, ça plaît, ça marche aussi. Et c'est ça aussi qui fait que c'est une journée spécifique. C'est le fait que tout le monde fait de la musique, qu'on soit amateur ou professionnel, le même jour, ceux avec des styles différents et qu'il y en ait pour tous les goûts. Donc nous, c'est ce qu'on a dans le podcaston. Différents types de podcasteurs, différents types de podcasts, différents formats, différents sujets, tous en même temps, la même semaine. Et c'est ça qui fait que c'est une grande fête caritative.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est une grande fête. Alors, la fête de la musique par porosité, c'est installé aussi à Luxembourg, un peu dans l'histoire. La même ambiance que ce que tu décris là. En revanche, on peut dire quand même que le podcast aborde un tas de sujets qui sont parfois un peu lourds, parce qu'on parle d'associations, donc qui disent souvent, je ne dis pas toujours, mais associations disent causes à défendre. Alors ça peut être de l'ordre de problématiques d'injustice, d'écologie, de précarité, de maladie ou que sais-je. Est-ce que dans un monde qui est déjà un peu épuisé, épuisant et qui ne sentent pas pas toujours refléter une grande joie. Qu'est-ce que tu pourrais répondre à ces gens qui se disent, non mais c'est bon en fait, ces thématiques, c'est hyper lourd, on en a marre d'entendre ces choses qui sont encore pesantes pour nous. Est-ce qu'il y a une façon de mettre plus de joie là-dedans ?
- Speaker #1
Oui, c'est juste, effectivement, j'ai envie de répondre à plusieurs choses. D'une part, c'est chaque podcasteur ou podcasteuse qui choisit la cause qu'ils veulent défendre. Je crois que c'est important de le dire si on découvre le podcast aujourd'hui dans cette conversation. Ce n'est pas nous qui imposons un thème, un sujet, une cause ou une association, c'est chaque podcasteur qui vraiment décide de l'association qu'il veut mettre en avant. Donc ça peut être des choses assez lourdes comme de la recherche médicale ou des thématiques qu'on connaît bien comme la Croix-Rouge, Arresto du Coeur, qui sont sur des causes très profondes, sociétales. Mais ça peut être des sujets peut-être un petit peu plus légers, en tout cas qui peuvent être en lien avec la ligne éditoriale de chacun et chacune. Je prends un exemple, je n'ai reçu pas plus tard qu'hier un courriel d'une jeune podcastrice de 14-15 ans, en tout cas elle était en seconde, elle me dit qu'elle est en seconde, et son podcast vise à faire aimer la lecture aux jeunes, au sens large, et donc elle va soutenir une association qui est dans cette thématique-là, de découverte de la culture à travers la lecture. Je n'ai plus le nom de l'association, je vais le retrouver, on le mettra peut-être en commentaire, mais en tout cas voilà, là il n'y a rien de lourd, C'est au contraire quelque chose de plutôt complètement en lien finalement avec sa thématique. Et puis plutôt inspirationnel, dire on va essayer de faire découvrir la culture ou la lecture aux jeunes générations. Finalement, ça marche aussi tout à fait bien dans le cadre du podcast. Donc voilà, je pense que si vous ne le sentez pas, ne venez pas. Il n'y a pas de souci, personne ne vous en voudra. On n'a pas vocation à rassembler 100% des podcasteurs. Mais si vous avez conscience du super pouvoir que vous avez avec votre micro, qui est de pouvoir le tendre à une association et d'offrir cette... cette voix, enfin ce micro-là, à toute l'audience que vous pourriez avoir, quel que soit le nombre d'auditeurs derrière. C'est un super pouvoir. Vous avez le choix de l'utiliser ou pas. Et si vous l'utilisez, de savoir à qui vous voulez le tendre. En tout cas, si c'est le cas, venez, parce que vous serez toujours les bienvenus.
- Speaker #0
Ça, c'est vrai qu'on est toujours les bienvenus. Je peux confirmer depuis le début. On est chouchoutés pendant le podcast.
- Speaker #1
Ça y est, ce n'est pas si évident. Je peux faire une parenthèse là-dessus, parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de podcasteurs et nous, on est une toute petite équipe bénévole. On adorerait pouvoir faire trois fois plus sur chacun. Parfois, un peu le temps manque, surtout pendant la semaine du podcast. Mais je pense que faites-le déjà pour vous faire plaisir parce que c'est une cause juste. Et nous, on essaye, avec nos petits moyens, d'amplifier la visibilité de votre podcast, de votre épisode à ce moment-là sur les réseaux, mettre en avant parmi nos partenaires. On essaie de faire le max, Et puis, on espère que chacun y trouvera du plaisir déjà et puis du sens à ce qu'il fait.
- Speaker #0
Oui, et c'est aussi, comme on l'a dit, même si on parle de sujets parfois un peu compliqués, une fête. Et cette fête, elle permet de rassembler, de connecter à travers le monde. Et grâce au podcaston, moi, j'ai rencontré d'autres podcasteurs avec qui je suis toujours en contact. Et ça, ça n'a pas de prix non plus d'avoir du lien comme ça, social, même si c'est à travers un écran, même si on ne se voit pas toujours. En tous les cas, ça a créé des réseaux dans des réseaux. Et c'est quand même un cercle vertu, on ne peut pas dire le contraire. J'ai envie de dire que ça participe probablement à l'élan que vous aviez envie de lancer quand vous avez ouvert Altruive, parce que vous avez dit quelque chose que je trouvais vraiment intéressant. Vous disiez que pour vous, l'altruisme, c'était une solution pragmatique au défi du XXIe siècle. Alors, est-ce que tu peux nous expliquer comment ça peut être une réponse concrète ? Parce que je pense qu'aujourd'hui, on a besoin aussi de ce genre de soutien et de discours un peu différents.
- Speaker #1
C'est une phrase qu'il n'y a pas de ni livre ni moi, mais de Mathieu Ricard, qu'on a pris de son livre « Pédoyer pour l'altruisme » qui est sur mon bureau en permanence. Mathieu Ricard, moins de vous le disent, qui prône vraiment l'altruisme. Et son livre, qui a un gros pavé, mais très détaillé, très documenté, très structuré. C'est aussi un scientifique à la base, Mathieu Ricard. Nous, on l'a trouvé très convaincant. Et effectivement, il l'expliquerait tellement mieux que je vais avoir du mal à faire aussi bien que lui. Mais l'idée que l'altruisme a trois niveaux. court terme, moyen terme, long terme, est une réponse pragmatique. Ce n'est pas quelque chose qu'on fait pour se donner bonne conscience. À court terme, vous avez quelqu'un qui a faim, vous lui donnez de l'argent, c'est une réponse. À moyen terme, vous avez une dame qui est peut-être mère solo, qui a du mal à finir ses fins de mois. Vous pouvez l'aider et là, ça a un impact non seulement sur elle, mais aussi peut-être son enfant. Et puis le long terme, c'est les générations futures. Qu'est-ce qu'on fait nous aujourd'hui pour que le monde qu'on lègue à nos enfants, nos petits-enfants, futur, qu'on en ait ou pas, soit à minima pas pire que celui qu'on a aujourd'hui, si possible meilleur. Et ça aussi, c'est se soucier de ce qu'on fait, des actes aujourd'hui pour les générations futures. Donc, on peut parler d'écologie, on peut parler de tri, on peut parler de tous les actes qui font qu'on va léguer une terre plus vivable que ce qui est aujourd'hui, ou une société plus structurée, plus vivable aussi, plus agréable à vivre. Voilà, donc, il le dit sur des dizaines de pages, il l'explique, il montre un tas d'exemples. J'encourage tous les gens à aller creuser ça. Il intervient aussi dans des podcasts, donc pour avoir une version peut-être un peu plus synthétisée. mais à titre de personnel, et je crois qu'Yves est tout à fait d'accord avec ça, on est complètement en ligne avec cet avis-là, que la truie, c'est une réponse pragmatique aux difficultés de notre époque. Évidemment, il ne s'agit pas d'être bisounours, calinours, comme il dit au Québec où j'habite, mais c'est le même principe. Il y a des problèmes, on fait face à ces problèmes-là, mais l'entraide est aussi une des réponses à apporter pour qu'on se sente tous mieux à court, moyen et long terme.
- Speaker #0
Alors, je confirme que ce livre est une pépite que j'ai aussi dans ma bibliothèque. Et c'est grâce à lui aussi, et ce livre-là en particulier, que j'avais découvert ces notions d'altruisme et à combien elles peuvent nous porter en tant qu'être humain. Est-ce que vous avez observé avec Yves que l'engagement altruiste, c'est une sorte d'antidote à ce qu'on appelle aujourd'hui communément l'éco-anxiété ? Et puis aussi... au sentiment, on le voit bien autour de nous, d'un peu de désespoir. Il y a de plus en plus de gens qui sont en burn-out, qui sont en dépression. Il y a quand même une société qui n'est pas dans un état de santé mentale au top. Donc, est-ce que vous avez l'impression que ça renverse ce sentiment, parfois, qui vient, je pense, aussi de l'impression qu'on est impuissant ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. C'est l'impression d'être impuissant, le fait d'être altruiste, nous remet en action. être altruiste, c'est donner sans attendre un retour. Mais du coup, on se sent agir. On a eu un impact positif, alors ça peut être un micro-impact, mais on a eu un impact positif sur sa communauté, comme diraient les anglo-saxons, son environnement, son quartier, peu importe les gens autour de nous. Déjà, ça, ça fait du bien, on s'en rend compte assez vite. Ensuite, on se rend compte, mais là, j'enfonce une porte ouverte, parce que dans les médias, généralement, on parle de choses négatives, qui existent, évidemment, il ne s'agit pas de le nier. Mais c'est Mathieu Ricard qui le dit aussi très très bien dans son livre. On parlera toujours plus de deux personnes qui se bagarrent, par exemple dans le métro, que de 100 personnes qui collaborent pour une œuvre qui les dépasse. C'est la normalité du bien. En fait, si vous regardez autour de vous, je n'ai pas l'impression que vos voisins s'entretuent. A priori, quand on traverse la rue, tout va bien, les voitures s'arrêtent la plupart du temps. Parfois, vous font un petit coucou. Voilà, il y a plein de micro-gestes comme ça qui sont très positifs. On vit en société. Effectivement, quand ça sort de ce cadre-là, ça nous stresse, ça nous marque et c'est ce qu'on retient. Et c'est ce que les médias exploitent et ce qui débouche ensuite sur ce sentiment d'impuissance. Parfois, on a l'impression que le monde ne va pas dans le bon sens et c'est ce burn-out qui peut avoir cette éco-anxiété ou cette anxiété tout court. Donc, on peut la subir ou on peut dire, à mon échelle, je vais essayer de faire quelque chose de positif. Déjà, ça me remet bien par rapport à mon miroir, je me sens mieux si je le fais. Je suis assez convaincu quand on est podcasteur, qu'on fait un épisode, qu'on a eu la joie ou le plaisir d'inviter au micro une association qu'elle vous le rend par des sourires, par des remerciements, par des témoignages après sur ce qui s'est passé suite à l'épisode. Ça peut être des dons, ça peut être des bénévoles qui tapent à la porte, ça peut être des partenaires qui les contactent en disant on a entendu parler de vous, on aimerait faire ça avec vous. Voilà, vous avez contribué à ce que, à votre échelle, quelque chose se passe mieux. Si on fait tout ça, forcément, ça sera positif. Je suis conscient que ça peut être un point naïf de dire ça, mais j'en suis 200% convaincu. Ça fait du bien à soi-même déjà et puis au monde autour de soi.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on pourrait proposer comme tout petit geste justement pour se connecter avant de se lancer à cette capacité qu'on a à devenir ?
- Speaker #1
Alors, je peux te lancer sur ce qui est mon grand dada à moi. Parce que je n'aurais pas pu te répondre sur quelle est la cause à défendre parce qu'il y en a tellement. Mais il y en a une qui est, je trouve, magnifique. qui est le don de sang, et pas d'argent. Donc faire des dons quand on peut, en général on peut. Parce que le don de sang, c'est pour moi, selon moi, le geste le plus altruiste qui soit. Le sang ne connaît pas votre couleur de peau, ne connaît pas vos revenus, ne sait pas où vous êtes né, ne sait pas si vous avez une religion, etc. Et le sang que vous allez donner va servir à quelqu'un qui en a un besoin vital. Et cette personne, vous ne saurez jamais qui c'est. Donc on est dans la pure altruisme. Et ça sera peut-être même votre pire ennemi. Mais vous savez que cette personne-là, il en aura un besoin vital. Il aura peut-être une religion différente de la vôtre, il aura peut-être des revenus différents de la vôtre. Peu importe en fait. on s'en fiche. Donc ce geste-là qui est le plus beau, parce que vous donnez quelque chose qui ne vous coûte rien, littéralement, votre sang revient, après il faut juste quelques heures pour que ça soit régénéré, et vous allez, et ça va bénéficier à quelqu'un qui en a un besoin vital. Donc ça, c'est quelque chose qu'on peut faire, moi j'encourage tout le monde à donner son sang, peut-être une fois par an, ça serait déjà magnifique, parce qu'il faut savoir qu'en France comme au Québec, je ne sais pas exactement la statistique, au Luxembourg j'imagine que c'est à peu près pareil, c'est 3-4% de la population qui donne son sang. Ça suffit tout juste à couvrir les besoins vitaux, tout juste. Et il y a souvent des fois où c'est compliqué. Si on était un tout petit peu plus nombreux à le faire, ça serait beaucoup plus simple. Et on peut tous en plus, je ne l'ai pas précisé, mais on aura peut-être tous besoin un jour de ça. Donc on donne aux autres, mais quelque part, on sera bien content de le recevoir si d'autres ont donné. C'est un exemple, évidemment. Ça peut se multiplier avec tout un tas de choses. On peut parler d'écologie, on peut parler de recherche médicale, on peut parler de défense de personnes opprimées, que ce soit localement ou à l'autre bout du monde. Il y a énormément de causes dans lesquelles s'investir.
- Speaker #0
Alors, en reprenant ce média spécifique qui est le podcast, tu parles, et tu l'as déjà dit à l'instant, de cette qualité d'écoute et aussi de temps qu'on peut prendre autour d'un invité. En quoi le fait d'offrir 30 minutes, une heure d'attention, vraiment une association, ça semble un peu révolutionnaire à l'ère du scrolling et du... Oui, des reels qui durent une minute.
- Speaker #1
Oui, en une minute, on peut faire passer quelques messages. Il y a très peu de chances que ça soit mémorisé. Alors éventuellement sur le court terme, quelques minutes qui suivent, mais très peu probablement sur le moyen et long terme. Ce dont ont besoin les associations, quelle que soit leur taille, qu'elles soient très locales ou des grosses ONG internationales, elles ont besoin d'élargir leur cercle de sympathisants. Donc le sympathisant, je l'ai dit un peu tout à l'heure, on peut creuser, c'est potentiellement des futurs donateurs. Ça peut être des nouveaux bénévoles, ça peut être des individus qui vont s'enregistrer sur leur newsletter ou les suivre sur les réseaux sociaux. Et ça, il y a très peu de chances que ça se passe juste parce qu'on a vu une vidéo de 30 secondes avec je ne sais combien de vidéos juste avant, je ne sais combien de vidéos juste après. Quand on prend le temps, mettons en 30 minutes, d'expliquer les enjeux. Pourquoi la personne qui est interviewée fait ça ? Pourquoi c'est une cause qui lui tient à cœur ? Quels sont les vrais enjeux, les sous-jacents ? Peut-être qu'on va... prendre des choses. On va se rendre compte que c'est beaucoup plus compliqué qu'on ne croyait. On se rend compte que le problème est peut-être plus massif que ce dont on avait conscience. Et donc, la chance que le message soit mémorisé est bien supérieure. Évidemment, on le sait, il ne suffit pas d'écouter un épisode de 30 minutes, même une heure, même trois heures, pour prendre sa carte bleue immédiatement et dire je vais donner. Ça marche rarement comme ça. Ce qui fait que les gens donnent, c'est la confiance, d'une part, parce que j'ai confiance dans le fait que mon argent va être utilisé Merci. comme c'est décrit dans l'épisode. Et deuxièmement, la notion d'urgence éventuellement. Est-ce qu'il y a besoin maintenant ou est-ce que je peux donner plus tard à Noël ? Il peut y avoir parfois des besoins d'urgence, un troublement de terre, une crise, une guerre, où là, il y a des images qui soutiennent qu'effectivement, il faut montrer qu'il faut aider maintenant. Mais la plupart du temps, les besoins sont permanents. Donc, pour avoir l'espoir qu'un jour, quelqu'un devienne un donateur potentiel, il faut y aller pas à pas. faire des appels aux dons à quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de vous, ça ne fonctionne pas. Sauf très peu, quelques pourcentages éventuellement de gens très généreux. Non, il faut d'abord avoir installé un message, un storytelling, comme on peut dire en anglais, où on explique vraiment ce que fait l'association. Ça, ça passe par la notoriété approfondie. Pas juste, j'ai entendu parler de cette association, le nom me dit vaguement quelque chose, et je crois reconnaître son logo. Non, je sais expliquer ce qu'elle fait. J'ai entendu un épisode de podcast, de la même façon, vous pourriez avoir vu... avoir vu un documentaire ou lu un long article sur le sujet. Et après, votre connexion émotionnelle est plus forte. La prochaine fois que vous entendez parler de cette association ou de cette cause, ça résonne en vous, parce que vous vous référez à ce que vous avez déjà entendu, et vous êtes plus enclin à vous y intéresser sur le long terme, et donc à peut-être vous investir d'une façon ou d'une autre. Et c'est ce que nous, on espère. Donc, on plante des graines dans l'esprit des auditeurs. On sait qu'elles ne vont pas toutes germer. Elles ne vont pas toutes... pousser, mais les quelques-unes qui vont pousser vont sûrement donner des très beaux résultats. Ça peut être des dons, ça peut être des bénévoles, ça peut être, j'en parle à quelqu'un qui en a besoin. Voilà, et c'est ça qu'on espère.
- Speaker #0
Est-ce que dans les éditions précédentes, et évidemment encore plus celles de l'année dernière, puisqu'il y avait plus de 1500 podcasts, je pense, puis l'année dernière vous avez ouvert aux Anglais, enfin au monde anglophone, c'était francophone. Est-ce qu'il y a eu, à quelques moments de l'édition, vraiment un épisode spécifique, quelque chose ? Oui, vous avez eu l'impression qu'il y a eu soit un basculement, une transformation, quelque chose d'un peu, je dirais, exceptionnel, forcément, au milieu de toute cette semaine archi riche.
- Speaker #1
Oui, on peut dire effectivement, la première édition, c'était 300 podcasteurs exclusivement francophones et même, j'ai envie de dire, principalement français, avec quelques exceptions. Heureusement, la deuxième était... francophone au sens plus large, on a réussi à élargir, à plus mobiliser les voisins belges, Suisses, bien sûr, donc c'est en luxembourgeois même si on aimerait qu'il y en ait encore plus, Québécois, là où j'habite, et puis un tout petit peu en Afrique, donc ça a commencé à prendre. Il y a eu 400 podcasters, et puis la troisième édition, c'était 1500 en ouvrant aux anglophones avec les États-Unis qui sont devenus de facto le premier pays. Alors on pourrait dire 300, 400 et 1500, la deuxième édition, ce n'était pas une grosse croissance. J'ai envie de dire, pour répondre à ta question, pour nous, le moment charnière, ça a été cette édition 2024, qui était la deuxième. Parce que d'une part, quand on avait lancé la première, c'était vraiment de façon très intuitive, mal organisée. On n'avait pas les bons outils. On ramait beaucoup, nous, dans les coulisses pour que tout fonctionne. Et quand la deuxième est arrivée, on a vu qu'il y avait des gens qui avaient envie de refaire l'épisode. C'est-à-dire que la vraie inquiétude qu'on avait, c'était de dire est-ce que c'est un one-shot ? Est-ce qu'on a réussi à mobiliser une fois ? Et puis après, les gens se disent bon, je le fais une fois, je peux le faire chaque année. Et quand on s'est rendu compte que non, il y avait une base très forte, un très fort taux de renouvellement. Et qu'en plus, on arrivait à élargir à d'autres pays avec des nouveaux partenaires qui sont arrivés à ce moment-là, des Apple Podcasts, des Spotify, des Acast et Ausha qui était là dès la première année, qui a renouvelé, qu'on remercie encore énormément. On s'est dit OK, ça se structure. Et donc, c'est là qu'il y a eu un tournant. On s'est rendu compte que ça pouvait avoir une pérennité. C'est ce qui nous a motivés ensuite à aller continuer la croissance dans le monde anglophone. Et puis maintenant, on ne l'a pas encore dit, je crois, mais... En 2026, c'est aussi mon hispanophone et germanophone. Donc on est déjà à plus de 2000 inscrits. On sera peut-être autour de 2500 en quatre langues. Il y a des podcasteurs inscrits de plus de 60 pays. Je crois 63, alors on se parle. Parfois avec juste un en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais on ne sait même pas comment il a entendu parler de nous là-bas. Et on trouve ça exceptionnel qu'il y ait un podcasteur en Papouasie-Nouvelle-Guinée qui participe au podcaston. Et ça a autant de valeur pour nous que les plus de plusieurs centaines qui sont aux Etats-Unis. Cette année charnière, c'est 2024, c'est la deuxième édition, c'est celle de la structuration, c'est celle qui nous a permis de dire, ok, il y a une bascule, ça peut être quelque chose de pérenne. Et pour nous, c'est une édition vraiment clé.
- Speaker #0
Alors, en t'écoutant, j'ai deux questions qui viennent. La première, c'est celle-là. Tu disais, un, en Papouasie. Depuis 2023, je suis la seule podcasteuse luxembourgeoise à suivre le mouvement. Donc j'aimerais bien que ça s'ouvre à d'autres. Qu'est-ce que tu as envie de dire aux créateurs de contenu dans mon pays ? Venez, rejoignez-nous dans ce mouvement qui tu viens de dire, c'est quoi, c'est 64 pays tu as dit ?
- Speaker #1
63 pays, oui.
- Speaker #0
63. 63 pays et puis maintenant quoi, 5 langues, quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
4 langues officielles, français, anglais, espagnol et allemand. Et puis, on a eu quelques demandes. Je crois qu'il y a un podcast en portugais qui se lance, alors qu'il va s'inscrire dans le monde hispanophone ou anglophone. D'ailleurs, je ne sais plus, mais peu importe. On ne va bien sûr pas interdire un podcast en portugais de participer. C'est juste que nous, on n'est pas organisé pour aller chercher des communautés là-bas. On n'a pas traduit le site. On n'a pas non plus fait d'efforts de communication. On a essayé de discibler ces quatre zones, plutôt que ces quatre langues. Mais d'autres peuvent effectivement arriver. On va dire plutôt quatre langues, mais peut-être quatre, cinq, six. Enfin, cinq, six, sept plutôt, s'il y en a d'autres qui arrivent, de façon plus minoritaire.
- Speaker #0
Ce que j'ai envie de dire pour répondre à cette question, c'est que tout ça, c'est fait par bouche à oreille. C'est-à-dire qu'on n'en tient pas beaucoup de crédit. Nous, on est là pour essayer d'organiser les choses, mais ce n'est pas nous qui créons le contenu. C'est vous en tant que podcasteur, podcasteuse. Et donc, on peut prendre cet exemple plus pour rigoler, mais ce podcasteur en Papouasie-Nouvelle-Guinée, personne d'autre mieux que lui ou elle d'ailleurs, il faut que je l'affiche, ne connaît d'autres podcasteurs dans la région. Et donc, on a envie de lui dire, allez, en parlez-en autour de vous. parce que Nous, on ne saura pas le faire. On ne peut pas aller dans tous les pays. Et puis, on n'a pas les contacts. Donc, vous l'avez, parlez-en. Le bouche-oreille restera notre meilleur allié. On essaye de l'alimenter en envoyant quelques e-mails à des personnes identifiées ou en demandant à chaque podcasteur de nous donner des contacts. Ce qui fait que la boule de neige grandit en fur et à mesure qu'elle dévale la pente. Et le mieux, c'est que chacun s'en empare. Quand on dit 2000, on dit « waouh, c'est déjà massif » . Mais en fait, ça peut passer à 3000, 4000, il n'y a pas de limite. Ça, ça dépend vraiment de l'énergie que chacun est prêt à mobiliser ses contacts. Et tout le monde connaît au moins un ou deux podcasteurs autour de lui. Donc, s'il arrive à le convaincre, c'est parfait. Ça fait quelqu'un de plus qui connaîtra d'autres gens et puis ça continue.
- Speaker #1
J'espère que cet épisode servira aussi à ça, parce que ce n'est pas faute d'avoir quand même beaucoup parlé du podcastant depuis que je suis impliquée. Mais la deuxième question qui me venait, tu as parlé de vos soutiens, vos partenaires. Tu as cité... des grosses boîtes comme Apple Podcasts, Spotify, évidemment, Aka, Social, etc. Il arrive un moment, surtout sur certaines plateformes qui ont des positionnements qui parfois heurtent. Il y a des podcasteurs qui quittent certaines plateformes parce que la politique interne des entreprises ne leur correspond plus. Est-ce que vous arrivez à dépasser le marketing feel-good, comme on dit, à faire que le podcastion ne soit pas Un outil de communication, météatrisation au sens, regardez, nous on fait quelque chose de bien, mais derrière nos actes ne collent pas avec notre implication dans ce mouvement. Comment est-ce que vous arrivez à vous assurer de l'authenticité sans sombrer dans cette espèce de washing ?
- Speaker #0
Oui, alors ce que je peux dire, c'est qu'il faut distinguer la marque générale, souvent américaine. massive, mais si elle n'est pas forcément américaine, très internationale, des personnes avec qui nous, on discute. Donc, ça peut être Mélanie chez Apple, ça peut être Anaïs chez Spotify, qui sont des personnes que j'ai rencontrées physiquement, qui n'ont plus discuté. J'ai senti une vraie volonté d'aider, une vraie envie de mettre à disposition certains moyens. Donc ça, il n'y a pas de discussion, en tout cas pour moi, sur le fait que ce sont des initiatives qui sont complètement sincères. Après, il faut être réaliste, Apple Podcasts, Spotify, tous ces gens-là, ils n'ont absolument pas besoin de nous pour se faire connaître. Et je ne suis pas sûr que ce qu'on leur apporte pèse grand-chose par rapport à l'influence qu'ils peuvent avoir dans le monde. Donc c'est plutôt eux qui nous apportent des contacts, de la visibilité. S'ils en retirent quelque chose, j'ai envie de dire tant mieux pour eux. Mais je ne crois pas qu'ils le fassent pour ça, ils n'ont pas besoin de nous. Et à nouveau, les personnes avec qui on discute, elles, on les remercie mille fois parce qu'elles ne sont pas obligées de faire ça. C'est des choses qui se rajoutent à leur to-do list qui doivent être assez chargées. Et pour être très bien, d'ailleurs, on ne cite pas tous les autres, mais il y en a d'autres qui ont décliné ou qui ne nous répondent pas. Et on suppose qu'ils n'ont pas le temps ou pas l'envie. Donc, ça nous va aussi. Celles qui le font ont d'autant plus de mérite. Et on a plutôt envie de les remercier que de parler de washing. Parce que je peux comprendre que certains n'aiment pas les grosses marques américaines ou autres, qu'il y a eu des problèmes d'hébergement, je ne sais quoi. Moi, j'adore Rochard, par exemple, et je lis parfois une fois, c'est très rare, quelqu'un qui dit « Ah oui, mais bon, les tarifs, ça a augmenté. » Ok, mais je pense que les services sont aussi augmentés, je ne suis pas là pour faire de la publicité. Ce que je sais, c'est que les équipes Ausha, elles sont exceptionnelles. Elles sont exceptionnelles, humainement exceptionnelles. Le service, je ne l'utilise pas, je ne suis pas podcaster, je ne vais pas juger, mais les équipes sont exceptionnelles et elles sont complètement sincères dans leur démarche de nous aider. Et à nouveau, elles n'ont pas besoin de nous pour quoi que ce soit. Donc, on est plutôt là pour essayer de mobiliser le plus grand nombre. C'est des podcasteurs, des individus, mais c'est aussi des organisations, des entreprises qui ont un autre moyen d'action. Et tout s'accumuler fait que ça grandit.
- Speaker #1
Merci pour ta transparence, vraiment, parce que je pense que c'est important aussi pour que chacun s'y retrouve, comprenne aussi comment ça fonctionne. Et on revient à cette notion d'humain, de personne et pas de grosses entités dans lesquelles on se fond complètement. Je trouve que c'est important d'avoir ce... derrière du décor, l'arrière de la scène. Et je profite quand même pour lancer un message et pour aller exactement dans ton sens parce que mon podcast est hébergé depuis le début chez Ausha. Et franchement, les filles, vraiment, parce que j'ai eu jusqu'à présent à faire cas des filles, mais je suis sûre qu'il y a des gars.
- Speaker #0
Il y a Maxime, Ossmider.
- Speaker #1
Merci. C'est vraiment, effectivement, extrêmement humain. Donc, ça colle avec vous. Voilà. Alors, justement, on arrive en 2026. Ce sera dans quelques semaines maintenant, le podcaston. Donc, l'année dernière, le parrain, c'était Mathieu Stéphanie, qui a lancé deux podcasts qui s'appellent Génération Do It Yourself et La Martingale. Et puis cette année, c'est Clémentine Gallet. Elle a créé Bliss Stories, Hot Stories, Women Stories. Elle raconte plein d'histoires, cette femme.
- Speaker #0
Et toi,
- Speaker #1
tu dis qu'au-delà de son succès et de cette grande audience, ça reste là encore une personne qui a un grand cœur et qui est pleine de ta main. Comment incarne-t-elle pour toi l'esprit du podcast ? Oui,
- Speaker #0
c'est un vrai sujet, l'histoire du Parrain. On n'en avait pas la première édition. Et puis on s'est quand même rendu compte que c'était bien d'avoir un nom à afficher. parce que c'est ce qui apporte la crédibilité et puis aussi ça personnalise. Yves ne m'en voudra pas de le mettre dans le même sac que moi, mais lui et moi, on est absolument inconnus dans l'univers du podcast et on n'a pas de crédibilité, on n'est même pas podcasteurs nous-mêmes. Donc pouvoir montrer qu'il y a des personnalités qui sont aussi là pour prêter leur nom, leur image, comme il peut y en avoir dans d'autres associations ou d'autres mouvements. Si on pense aux Enfoirés, au Restos du Coeur, Téléthon et autres, il y a toujours un... un marin, une arène pardon, ou un parrain, on a voulu faire un peu la même chose. C'était Mastéphanie dernière. Mastéphanie a participé à la toute première édition. Il fait partie de ces podcasters qui ont une audience énorme. Et puis, pour l'avoir croisé quelques fois, c'est quelqu'un qui a des valeurs aussi énormes. C'est-à-dire que, je ne sais pas comment les gens le perçoivent sans le croiser, mais c'est quelqu'un qui est humainement exceptionnel, je trouve. Qui n'a pas pris la grosse tête, qui est toujours là pour aider, qui est disponible. Donc, pour nous, c'était intéressant de l'avoir, surtout qu'en plus, il avait cette casquette Au moment en 2024, on commençait à basculer sur l'anglais. Il nous a aidés sur le monde anglophone. Il est bilingue. Il a des épisodes parfois en anglais. C'était très intéressant de l'avoir. Il nous a beaucoup aidés. C'est aussi pour les médias. C'est intéressant quand on parle podcaston, ça ne parle pas trop aux grands médias pour la notion couverture presse. Par contre, quand on a une affiche à mettre comme ça, en disant que c'est Matt Stéphanie de Paris, moi je veux bien que vous me mettiez en relation avec Matt Stéphanie, ça parle mieux. C'est plus sexy pour un média d'interviewer Matt Stéphanie que le fondateur du podcaston. Et ça nous va très bien, ça fait rejaillir positivement. Donc après, on a essayé d'alterner. Et Clémentine Gallet, elle a pareil. C'est aussi quelqu'un qui a à la fois une énorme audience, donc une crédibilité très forte. Elle était là depuis 2017 sur l'univers du podcast. Elle a reçu une autre thématique. Matt Stéphanie, c'était plutôt un peu business, tech. Il n'aimerait pas que je dise ça, mais peut-être que je résume un peu trop son spectre. Mais Clémentine Gallet est plutôt dans la maternité, l'univers féminin aussi. Donc on montre que le podcast... de plusieurs sujets. Et c'est pareil, c'est une personnalité qui raisonne aussi en dehors de l'univers du podcast, qui fait des scènes à l'Olympia ou autre, parfois, qui remplit des salles, qui fait plein de choses autour de son podcast et de sa marque. Donc ça nous intéressait beaucoup de la voir. Et là aussi, on a, au-delà d'elle et son équipe, des valeurs qui nous vont bien, des gens impliqués, heureux de le faire. La vidéo qu'elle nous a faite est magnifique d'authenticité. Après, c'est aussi une frustration. parce que quand on fait un choix, ça veut dire qu'il y a des dizaines d'autres personnes, des dizaines d'autres podcasteurs ou podcastesses qui auraient pu ou qui mériteraient de l'être. Voilà, on tape à une porte, on propose et puis s'il nous dit oui, bien sûr, on ne va pas taper aux autres portes. Mais il y a d'autres éditions. Donc ça va tourner. Et on espère que chacun portera sa pierre.
- Speaker #1
Bon, moi, je vais faire Marino-Duxembourg. Ce serait déjà pas mal.
- Speaker #0
Ah ben, ça serait bien. On va essayer grâce à toi d'en avoir encore plus. Non, mais... Après, ce n'est pas tant une question non plus du nombre de podcasteurs, mais par exemple, je peux te remercier à nouveau publiquement, Anne-Claire, mais un épisode comme l'année dernière avec la Grande Duchesse de Luxembourg, c'est exceptionnel. Dans le podcast, c'est exceptionnel. Et donc, cette capacité qu'il a eu à mobiliser cette personnalité dont la voix est assez rare et qui, en plus, avait des choses à dire. C'est-à-dire que l'épisode, il est incroyable. J'encourage tout le monde à l'écouter, même un an après. Ça reste exceptionnel. Ça, c'est des moments forts dans le podcast. Donc, chacun à son échelle peut... réussir à porter non seulement sa pierre, mais une pierre magnifique à l'édifice. Une pierre qui est, je ne devrais peut-être pas le dire, mais qui compte un peu plus que la moyenne, beaucoup plus que la moyenne, parce qu'un événement notable, cet épisode, je m'en souviens très très bien, je ne m'en souviens pas de tous les 1500 épisodes, mais celui-ci, effectivement, je l'ai tout à fait en mémoire.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'était une chance et j'ai été vraiment très heureuse qu'elle accepte. Effectivement, ça a permis aussi de faire connaître le pot de Caston. grâce à elle, parce que c'est exactement ce que tu as dit avant. Tu as parlé de Matt Stéphanie et de Clémentine Gallet. Elle, ça nous a permis que la presse rebondisse aussi sur ce podcast. Parce que c'est une couverture presse,
- Speaker #0
grâce à toi, sur cet épisode et cette personnalité qui a intéressé les journalistes.
- Speaker #1
Alors, j'ai envie de te poser une dernière question, parce que je vois que l'heure tourne. Si dans 20 ans, le podcast a contribué à changer quelque chose dans notre rapport à l'engagement, la parole, la solidarité et dans le monde, qu'est-ce que tu espères qu'on en tira à ce moment-là du podcast ?
- Speaker #0
J'espère que ça contribuera à ouvrir la curiosité des gens. Mon pari, notre pari avec Yves, c'est que les auditeurs font confiance en avant, en premier lieu, au podcasteur, à l'hôte, au l'hôtesse du podcast, donc par exemple à toi Anne-Claire. Et donc, tu vas leur soumettre une association qu'ils ne connaissaient pas. Et ce ne sera peut-être pas toujours avec une grande duchesse, mais du coup, ils vont écouter l'épisode parce qu'ils te font confiance. Et de là, ils vont découvrir, ils vont s'ouvrir à un monde, une cause pour laquelle ils étaient peut-être fermés. Non, pas fermés, mais tout simplement, ils n'avaient pas conscience avant. C'est pareil pour tous les autres podcasteurs. On va écouter par réflexe quelqu'un dont on a confiance. dans le jugement, dans son style et autres. On écoute, on est abonné à son podcast. Et donc, on va découvrir des causes qui ne nous touchaient pas jusqu'à présent, puis qui vont finir par nous toucher. Alors, si c'est encore là dans 20 ans, j'imagine qu'il y aura beaucoup d'auditeurs qui auront écouté plusieurs causes grâce à la fidélité et le talent de tous ces podcasteurs. Et je pense que ça ne peut jamais être négatif de s'ouvrir au monde et se rendre compte qu'il y a des causes importantes qui existent. Alors, est-ce qu'on peut agir ? Peut-être pas toujours. Mais au moins, on est conscient que ça existe. On est plus ouvert au monde. Et je suis sûr que par écho, par tâche d'huile, quand on a été exposé comme ça 30 minutes, une heure à un contenu de ce type-là, on développe une capacité d'écoute pour toutes les autres causes qu'on va entendre par son voisin, par un collègue de travail. Et on s'ouvre un petit peu plus à ce monde. On est un peu moins fermé sur soi-même et un peu plus ouvert sur les autres. Peut-être un peu naïf ce que je dis, mais ce n'est pas grave. Je l'assume. En tout cas... On sait que ça ne peut pas faire de mal et ça peut probablement faire beaucoup de bien.
- Speaker #1
Mais je pense que nous partageons cette conviction. Et ce podcast, il s'appelle Éclat de voix parce qu'il porte aussi cette conviction que la parole, c'est un acte d'indignation, de résistance, mais aussi de construction qui est fertile, qui est ambitieux. Et le podcastant, finalement, c'est la même chose. C'est rassembler toutes ces voix qui se lèvent pour que d'autres voix soient entendues. auprès d'autres personnes. Enfin, c'est encore, je le redis, mais une sorte de maillage extraordinaire. Alors, juste une dernière chose avant de se quitter. Qu'est-ce que ça te fait, toi, de voir autant de gens qui finalement acceptent d'être un peu vulnérables et qui en même temps se lancent à être plus brillants peut-être que d'habitude pour des causes qui ne sont finalement même pas forcément les leurs ?
- Speaker #0
La première chose, ça me stresse, mais pas positivement, mais parce qu'il faut qu'on soit à la hauteur. et je t'avoue qu'on est une petite équipe et plus ça grandit, plus on a de mal on a l'impression que ça commence à nous dépasser un peu donc moi qui suis beaucoup dans le contrôle je dois apprendre à lâcher un peu prise donc on essaye de faire en sorte que tout le monde ait bien les bons niveaux d'informations puisse être autonome, on essaye de faire en sorte d'aider toutes ces voix qui ont envie d'aider elles-mêmes et à les mettre en relation avec des associations si elles n'en ont pas en tête quand elles s'inscrivent On essaie d'être réactifs quand elles ont des questions sur comment je fais mon épisode, est-ce que je dois faire ceci, est-ce que je dois faire cela, est-ce qu'il y a des contraintes ou pas. Mais effectivement, ça fait chaud au cœur parce qu'on découvre des pays, des podcasteurs qui s'inscrivent, des vignettes différentes, des langues différentes, dans des pays différents et c'est assez exceptionnel de se dire que maintenant, c'est un événement qui est littéralement mondial. C'est-à-dire que 4 langues, c'est déjà pas mal, 63 pays, ça commence à être joli. Et on a d'ailleurs l'obligation de faire une map monde, on va mieux visualiser tout ça, les pays qui participent au podcast. Donc ça, forcément, c'est fantastique, ça fait chaud au cœur, ça donne aussi quelques responsabilités. Il faut qu'on soit carré dans notre façon de faire, qu'on soit réactif, qu'on offre les bons outils. Mais voilà, c'est que du plaisir.
- Speaker #1
Je te laisse un dernier éclat de voix si tu as quelque chose à ajouter.
- Speaker #0
Je dis, n'hésitez pas, c'est jamais trop tard pour soit participer, si c'est trop tard pour participer, pour relayer. Choisissez quelques épisodes, écoutez-les, partagez-les. Et puis pourquoi pas, inscrivez-vous pour l'année prochaine. Parlez-en autour de vous, à des podcasteurs, à des auditeurs, à qui vous voulez. C'est comme ça que ça fonctionne. C'est vraiment le bouche à oreille. C'est essentiel. Ne croyez pas qu'on n'a pas besoin de vous. Oui, d'autres le font, mais on a aussi besoin de vous pour que ça continue à s'amplifier.
- Speaker #1
Un très, très, très grand merci. Et puis on se donne rendez-vous en mars pour cet événement exceptionnel, extraordinaire.
- Speaker #0
Avec grand plaisir et merci Anne-Claire pour ton invitation à ce micro.
- Speaker #1
Vous savez, ce qui me plaît le plus dans ce podcast. C'est qu'il n'est pas réservé à une élite, aux podcasts qui font le plus d'écoute, aux voix hyper rodées, aux montages hyper léchés. C'est ouvert à tous. À vous, si vous avez un podcast, à moi, à celui qui bafouille, à celle qui doute, au micro qui grésille un peu, aux 20 écoutes, 100 écoutes. Parce qu'en fait, offrir ces 30 minutes ou cette... cette heure d'attention vraiment profonde à une association, mais c'est vraiment un acte déjà engagé. Dans un monde où on scrolle toutes les 30 secondes et où en 8, on a perdu l'attention de toutes celles et ceux qui nous écoutent ou nous lisent. Bon, même si vous ne participez pas au podcaston, parce que vous n'avez pas de podcast, même si vous n'avez rien à donner d'officiel, de structurer ou de médiatiser, vous pouvez faire quelque chose aujourd'hui, là, maintenant, tout de suite. Oui, ça peut commencer par tenir une porte, laisser passer une voiture, offrir un sourire à la caissière qui est fatiguée, demander à votre voisin s'il a besoin d'aide. En fait, l'altruisme, ce n'est pas toujours spectaculaire, ce n'est pas toujours une grande cause non plus, c'est parfois simplement un geste discret, gratuit et tous mis bout à bout. Mais ça change la face du monde. Cultiver l'altruisme au quotidien, dans les interstices de votre journée, c'est déjà énorme. Bon, bien sûr, participez au podcaston, je ne peux pas dire le contraire, c'est magnifique, c'est une aventure que je me réjouis de rejoindre pour la quatrième fois. Et si vous êtes vous-même membre d'une association, si vous portez une cause qui mériterait d'être entendue, n'hésitez pas à me contacter, parce que je réfléchis encore à la forme que prendra mon épisode pour l'émission 2026. Et oui, sur Éclat de Voix, chaque voix, je le répète, compte la vôtre. La, le, la mienne, la nôtre. D'ici notre prochain épisode, je vous souhaite, attention, des éclats de voix podcastoniques. Vous connaissez mon amour pour les néologismes et bien sûr, altruistes.