- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast des Femmes du Fil Rouge, un espace où les voix se croisent, où les expériences se partagent et où l'égalité prend vie. Un format court et percutant tous les 15 jours, où une femme et un homme échangent à deux voix sur les défis, les avancées et les réalités concrètes de l'égalité. Des histoires inspirantes, des parcours uniques, des dialogues authentiques pour comprendre comment, ensemble, nous pouvons faire avancer l'égalité dans nos vies, nos entreprises et notre société. Disponible sur toutes les plateformes d'écoute. Une première action qui donne de la voix ? Abonnez-vous au podcast et partagez-le autour de vous. Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast Fils Rouge Femmes et Médias. Aujourd'hui, je suis en présence de deux invités particulièrement surprenants et intéressants, Lise Fonce-Vincent et Damien Coste. Bonjour à tous les deux.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Lise, est-ce que tu peux nous dire qui tu es et ce que tu fais ?
- Speaker #1
Oui, je suis Lise Fonce-Vincent, je suis vigneron enraciné depuis 45 vendanges dans une logique de transmission familiale sur une exploitation, une grosse exploitation viticole à Julignac. Il y a sept générations de vignerons qui se sont succédés sur l'exploitation et si on veut... Genrer les choses, on peut dire qu'il y en aura 5 générations de femmes qui se succèderont sur l'exploitation en femmes pures et dures.
- Speaker #0
D'accord, merci beaucoup pour cette présentation. Lise, vous avez choisi un invité ce matin, qui est Damien Coste. Damien, est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu qui vous êtes et ce que vous faites ?
- Speaker #2
Moi, je suis vigneron aussi à Murvay-le-Montpellier, donc vigneron depuis 35 ans déjà, aussi issu de lignées, disons de... Le vigneron et le viticulteur, puisque mes arrière-grands-parents étaient vignerons. Bien entendu, il y a eu la parenthèse de la cave coopérative. Donc, mes deux grands-pères ont été fondateurs de la cave coopérative de Norvège. Et quand moi, je me suis installé en 89, je me suis d'abord installé en cave coopérative. Et après, petit à petit, j'ai voulu renouer un petit peu l'histoire familiale et redevenir vigneron, c'est-à-dire faire son vin et proposer du raisin au verre et du verre au consommateur.
- Speaker #0
D'accord. Ok, très bien. Lise, du coup, pourquoi vous avez choisi Damien comme invité ?
- Speaker #1
Parce que Damien, c'est tout sauf un homme déconstruit.
- Speaker #2
Quoi ?
- Speaker #1
C'est tout sauf un homme déconstruit, Damien. C'est-à-dire ? En fait, c'est un terme à la mode, évidemment, les hommes déconstruits. Donc, Damien, plus d'une fois, on a eu des échanges de conversation et plus d'une fois, il m'a dit, mais moi, il n'est pas question que je fasse la vaisselle à la maison. Donc, il reste dans sa personnalité d'homme. Et je l'adore comme il l'est.
- Speaker #0
Mais du coup, qu'est-ce que tu y mets dans le terme déconstruit quand tu dis que c'est un homme déconstruit ? Je ne suis pas sûre de comprendre.
- Speaker #1
Ce sont des hommes qui, aujourd'hui, prennent des personnalités féminines très marquées. Ça fait voir de ma part. Quand j'en entends parler, j'entends dire ça. Des hommes qui, volontairement, se tournent vers des attitudes féminines, des tâches féminines. Volontairement et parfois outrageusement, d'ailleurs. Damien, il n'a pas du tout envie de rentrer dans ce schéma-là, et je l'aime comme il est.
- Speaker #0
Et Damien, du coup, comment on devient un homme déconstruit ? Alors, qu'est-ce qui amène à ça ? Qu'est-ce que ça donne au quotidien ?
- Speaker #2
J'ai des idées, disons. Bon, j'ai mes idées. Souvent, je fais aussi l'avocat du diable. Et c'est vrai que cette discussion... de genre ou de nouveau terme, homme déconstruit, je m'en amuse. Bien évidemment, moi, je ne sais pas si je suis un homme déconstruit seul. J'ai perdu mon épouse, moi, il y a 12 ans. Bon, voilà, je fais la vaisselle, je fais le ménage quand il faut faire le ménage. Je suis bien conscient un petit peu de la place des femmes et de l'égalité, disons, qu'il doit y avoir entre hommes et femmes. Il n'y a pas de tâche. Enfin, les hommes ont été longtemps... éloigné des tâches ménagères, mais je trouve que c'est très bien qu'au jour d'aujourd'hui, tout le monde prenne en charge les différents travaux, disons, à la fois professionnels, domestiques, etc. Je ne sais pas si je suis un homme déconstruit, je trouve que ça me fait un peu rigoler, cette expression. Dans le concret, je pense à l'être un peu, je ne sais pas comment ça se mesure, comment ça se sous-pèse, d'être déconstruits. Je pense que cette différence homme-femme partage des tâches ou des compétences parce qu'elle est de plus en plus prégnante dans la société.
- Speaker #0
C'est vrai que justement, ce podcast, il a pour ambition de parler de l'égalité femme-homme. Vous dirigez tous les deux des domaines.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et moi, dans mon inconscient, en tout cas, peut-être que je me trompe, mais j'ai l'image qu'il y a pas mal d'hommes dans ce secteur d'activité-là. Lise, déjà, est-ce que je me trompe ? Oui,
- Speaker #1
complètement. Effectivement, si on revient sur le domaine strictement école et professionnel qui nous unit, Damien et moi, c'est évident que ce sont des vérités toutes faites. Il y a effectivement beaucoup plus d'hommes dans la profession que de femmes. Les femmes commencent à rentrer dans le milieu, ça devient beaucoup plus… Moins difficile aujourd'hui, on a notamment au niveau du matériel par exemple, on a des matériels agricoles qui s'adaptent à d'autres personnalités, à d'autres morphologies que celles des hommes stricto sensus. Oui, si on rentre dans ce domaine-là, c'est certain qu'il y a encore du chemin à faire.
- Speaker #2
C'est une profession qui se féminise de plus en plus. C'est vrai qu'autour de nous, on a quand même... Il y a beaucoup d'exemples de domaines où les vignerons sont à la tête. Oui,
- Speaker #1
de plus en plus.
- Speaker #2
On revient de loin,
- Speaker #1
on est loin d'être arrivé à... Oui,
- Speaker #2
bien entendu, mais bon, je pense que ça suit la féminisation ou la place des femmes dans la société. Elle évolue depuis 30 ans, depuis 20 ans, énormément dans tous les métiers. L'agriculture en fait partie. Les femmes investissent les armées, investissent la police, investissent l'agriculture, qui était des bastions un peu d'hommes machistes un petit peu. Et là, de plus en plus, elles prennent leur place. Alors, le pourcentage est plus ou moins élevé, mais je pense qu'il est croissant, il ne cesse d'augmenter.
- Speaker #0
En tout cas, effectivement, c'est un secteur d'activité où quand même la place de la femme est moins importante. Lise, pour le coup, vous êtes le contre-exemple puisque, et tu le disais dans la présentation, cinq générations de femmes au domaine. Quel est le dénominateur commun tous les deux ?
- Speaker #1
Il faut aimer ce qu'on fait. C'est un métier qui apporte beaucoup de joie personnelle, de joie autour de soi, parce qu'on donne du bonheur à tout notre entourage par le vin qu'on produit. Mais c'est un métier qui ne nourrit plus son homme et qui, du coup, devient difficile au quotidien. On nourrit les autres, mais nous, on n'en mange plus. Donc, il faut vraiment, vraiment avoir la foi pour pouvoir continuer encore.
- Speaker #0
C'est bien ? Un complément d'information par rapport à ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est sûr que c'est un métier passion. Il faut aimer faire ce métier parce que c'est un métier qui est difficile, où il y a beaucoup... beaucoup d'aléas à la fois climatiques, économiques, sociaux, etc. Après, c'est vrai que c'est quand même le monde agricole, le monde viticole en particulier. Il y a quand même une bonne ambiance. C'est vrai qu'on passe quand même des bons moments sur des salons. On a plaisir à se rencontrer. C'est un métier qui nous fait rencontrer du monde aussi. C'est vrai aussi, ça ouvre aussi. dans le monde aussi puisqu'on reçoit des clients que ce soit étrangers ou français ou au domaine ou à l'étranger donc ça permet aussi d'avoir un oeil aussi et une oreille sur le monde qui nous entoure voilà c'est vrai que malheureusement au niveau économique actuellement c'est quand même très compliqué et on a de plus en plus de mal à vivre de notre travail ce que vous avez en commun c'est donc d'aimer ce que vous faites avoir la passion de la vigne en fait avec cette ambiance et la rencontre
- Speaker #0
des personnes autour d'un sujet commun. Est-ce qu'il y a d'autres dénominateurs communs par rapport à vos activités respectives ?
- Speaker #1
Moi, j'aime beaucoup Damien, je le dis publiquement. Je trouve que c'est un homme extraordinaire parce qu'il a su faire fi de toutes les difficultés de la vie qu'il a rencontrées jusque-là et surtout avec beaucoup, beaucoup d'humour et de quatrième degré qui font que c'est très, très agréable. Moi, j'adore partager des moments avec lui. Je le dis publiquement, tu m'entends Damien ? Oui,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #0
il y a aussi une certaine solidarité aussi bien sur cette activité là mais de deux personnalités qui se complètent et qui s'encouragent aussi mutuellement j'imagine voilà nous sommes amoureux l'un de l'autre platoniquement sur le podcast fil rouge femmes et médias on a des fois des déclarations d'amour comme ça on a dépassé le On a dépassé le sujet de l'égalité femmes-hommes, on est sur des déclarations amoureuses, voilà.
- Speaker #2
Mais comme je ne suis pas un homme facile, il faut savoir me séduire et me...
- Speaker #0
Aujourd'hui, Lise, qu'est-ce que vous diriez à une femme qui souhaite s'engager dans le domaine de la vigne ?
- Speaker #1
Je dirais vas-y, parce qu'un régal, comme je disais tout à l'heure, ça fait 45 ans d'or, j'ai quand même du recul sur l'histoire, c'est 45 ans de bonheur, 45 ans de partage, de joie partagée avec ce qu'on produit. donne du bien-être autour de soi, donc je dirais oui, parce que c'est très très chouette, vas-y. Après, il faut avoir les reins solides financièrement. C'est ça, être capable de tenir, peut-être passer une période difficile. C'est vrai que dans l'histoire du vin et de l'agriculture, il y a toujours eu des périodes difficiles.
- Speaker #0
Et sur cette posture, en tant que femme, vis-à-vis des hommes, quelle serait l'astuce, le conseil ?
- Speaker #1
Je pense qu'il faut sortir du féminisme exacerbé, stricto sensus, tel qu'on l'a connu dans les années antérieures. type chienne de garde, surtout ne pas rentrer dans cette logique-là. J'en ai connu des femmes mignons qui étaient dans cet esprit-là, il n'y a rien de pire que ça. Garder bien sûr sa féminité plutôt que son... Une attitude féministe revancharde, ça c'est sûr. Parce qu'en tant que femme, on a beaucoup d'atouts, beaucoup d'atouts peut-être notamment en dégustation, où on a certainement un palais plus fin. Notamment en termes de communication, où on a des idées peut-être plus affinées sur comment il faut s'adresser aux autres pour proposer son produit.
- Speaker #0
Damien, si vous aviez un conseil à donner à une jeune fille, une jeune femme qui souhaite se lancer dans le domaine de la vigne ?
- Speaker #2
On peut lui dire qu'elle peut y aller, que ce n'est pas parce que c'est une fille ou une femme qu'elle doit s'interdire, se mettre là. Je pense qu'à ce niveau-là, elle est égalitée avec un garçon qui s'est alluré. C'est-à-dire qu'il faut qu'elle amène sa jeunesse, il faut qu'elle amène ses idées, il faut qu'elle amène son travail. Donc je lui dirais, si tu as vraiment envie, si c'est vraiment ce que tu as envie de faire, fais-le.
- Speaker #0
Damien, laisse parler d'un palais parfois plus fin et d'une communication peut-être parfois plus adaptée. Vous en pensez quoi ?
- Speaker #2
Est-ce que c'est dû aux gens ou est-ce que c'est dû à la personnalité de chacun ? Je ne dirais pas que c'est les gens. Je pense que chacun a sa personnalité et communique et ressent les sensations sensorielles. La dépression sensorielle, les sens sont propres à chacun d'entre nous. Donc on peut avoir un palais qui soit plus développé que la vue, que le nez. Donc ça, c'est vraiment... C'est des différences humaines, entre guillemets, de l'être humain, sans aller chercher, sans aller se tordre la tête entre femme et homme.
- Speaker #0
Et finalement, peut-être que le combo gagnant, c'est tout simplement de la complémentarité, peu importe le sexe.
- Speaker #2
Exactement, oui.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez une actualité à partager, quelque chose ?
- Speaker #1
On a des événements qui se préparent, qu'on peut citer.
- Speaker #0
Bien sûr, qu'est-ce que c'est le prochain événement ? Allez-y, je vous en prie.
- Speaker #1
Pour nous, c'est toutes les estivales, puisque la saison des estivales ouvre ses portes plus ou moins maintenant pour les deux. deux mois ou trois mois qui se présentent. On sort beaucoup, on sort beaucoup en estival à Pignon, à Jolignac, à La Vérune, à Saporta, à Saint-Jean-de-Bédasse. Voilà, on sort beaucoup dans des soirées animées dans lesquelles il y a à la fois, bien sûr, du vin, mais de la musique, de la nourriture divers et variée, des tables et des chaises, de quoi danser, de quoi chanter.
- Speaker #0
La fameuse ambiance.
- Speaker #2
dont parlait Damien tout à l'heure. Oui, nous, c'est pareil. Au domaine de Belle-Pierre, nous, on organise des... Nous, on sort aussi à l'extérieur faire des animations et faire des dégustations aux estivales qui nous sont proposées dans différents villages. Mais nous, au domaine, depuis 5 ou 6 ans, on organise des soirées, donc soirées théâtre. Voilà, on a des troupes de théâtre qui viennent au domaine. Et puis des soirées aussi, comme ça, musicales, jazz, L'année 80, on fait un bon latino, on essaie de varier un peu les plaisirs. Donc c'est des moments festifs, intéressants, où les gens sont très contents, sont très heureux. Nous on est très heureux aussi si on manque quelques boutons de veine, ce qui n'est pas forcément toujours le cas.
- Speaker #0
Merci beaucoup en tout cas, Lise, Damien, merci pour cet échange. Merci de nous avoir partagé votre passion. Montrez votre persévérance et cet amour, cette passion pour la vie. Merci. Et à très bientôt.
- Speaker #2
Merci. Au revoir. Au revoir.