Speaker #0Bienvenue sur ECHO, le podcast des femmes qui entreprennent et s'engagent dans des causes qui leur tiennent à cœur. Celles qu'on ne voit pas assez, mais qui changent les choses chaque jour. Pas de success story d'ici, ici on parle vrai, avec nos doutes, nos galères et nos victoires. Je m'appelle Virginie, et à travers des portraits inspirants et des épisodes solos, j'ai voulu te partager des histoires et des outils pour que toi aussi tu puisses oser. Alors, installe-toi confortablement. et laisse-toi porter par ces histoires qui, je l'espère, te donneront des ailes. Et si tu aimes ce podcast, aide-moi à le faire grandir. Abonne-toi, partage-le autour de toi, et surtout laisse 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify. Pour moi, ça fait une énorme différence pour me faire connaître. Alors merci pour ça. Allez, je te laisse avec l'épisode du jour. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, c'est un épisode en solo que je vous propose. dans lequel on va aborder une question que vous êtes nombreuses à vous poser. Surtout si vous êtes en pleine réflexion sur un projet entrepreneurial, ou si vous envisagez de faire pivoter votre activité. Cette question c'est peut-on vraiment vivre de sa passion ? Alors c'est une question qui revient sans cesse et je la comprends tellement. Parce que quand on y réfléchit on se dit « Waouh ! Ce serait quand même génial de me lever chaque matin pour faire ce que j'aime vraiment. » Mais aussitôt, je ne sais pas vous, mais moi j'ai cette petite voix qui me ramène à la réalité. Oui, mais est-ce que c'est vraiment possible ? Est-ce que je ne suis pas en train de rêver ? Alors aujourd'hui, ce que je vous propose, c'est qu'on décortique ensemble cette question. Et je vous promets qu'on va l'aborder sous un angle un peu différent de ce que vous avez l'habitude d'entendre. Alors évidemment, quand on parle de vivre de sa passion, la première chose qui nous vient en tête, eh bien c'est l'aspect financier. Est-ce que je vais pouvoir gagner ma vie ? Est-ce que ça va être rentable ? Et là, on se heurte souvent à un conditionnement ultra puissant dans notre société. L'idée que le travail, c'est forcément difficile et que c'est embavé. On nous a tellement répété que le travail devait être pénible, qu'il fallait gagner son pain à la sueur de son front, que franchement, l'idée de faire quelque chose qu'on aime et d'en vivre, ça nous semble presque un peu suspect finalement. Moi, de mon côté, je compte même plus le nombre de personnes qui m'ont dit « mais tu rêves de croire que tu peux faire des choses que tu aimes » . Le travail, ce n'est pas ça. Et vous savez quoi ? Quand on a ce genre de phrase en tête, c'est impossible d'imaginer vivre de quelque chose qui nous apporte du plaisir. Conclusion ? Eh ben on n'ouvre même pas la porte, on a trop peur que ça ne fonctionne pas. Alors je vais vous proposer quelque chose. Arrêtons de regarder la question « peut-on vivre de sa passion uniquement sous l'œil financier ? » Parce que si jamais tu commences par là, eh ben tu vas forcément te bloquer avant même d'avoir essayé. Il y a d'autres aspects bien plus révélateurs à explorer d'abord, et c'est ce qu'on va faire tout de suite. La première chose que je te propose, c'est de regarder le processus et pas seulement l'aboutissement. Je t'explique. Quand on pense à un métier passion, on s'imagine souvent au sommet. On se voit comme reconnu par nos pairs, par nos clients, avec une belle clientèle et une activité qui tourne. Bref, on regarde l'image d'Epinal. Mais on regarde très peu le chemin qu'il va nous falloir parcourir pour y arriver. On voit chez les autres la réussite de leur projet, mais rarement les coulisses. Et pourtant, c'est ça qui est important. C'est important puisque c'est ça qui va créer ton quotidien. Prenons un exemple concret. Imagine que tu souhaites devenir photographe professionnel. L'image qui te fait rêver, c'est peut-être celle d'être sollicité pour des shootings magnifiques de voyage par exemple, ou de créer des images sublimes. Mais avant d'en arriver là, il va probablement falloir passer par des étapes moins glamour. Et les questions à te poser sont les suivantes. Est-ce que tu es prêt à faire une formation pour parfaire ta technique ? Es-tu prête à passer des heures dans un labo ou devant ton ordinateur à trier et à retoucher des photos ? Est-ce que c'est ok pour toi d'accepter des commandes qui ne sont pas forcément ce que tu préfères shooter au départ ? Et es-tu prête à travailler les week-ends, les soirées, pendant que tes amis profitent de leur temps libre ? Donc la vraie question là derrière tout ça en fait, celle qu'il faut vraiment te poser c'est est-ce que le quotidien te fait vibrer ? Est-ce que c'est fun pour toi de passer tes journées à cuisiner si tu veux devenir traiteur ? À coudre si tu veux lancer ta marque de vêtements ? À retaper des meubles si tu veux te lancer dans la déco vintage ? Si tu me dis là que ta réponse est oui, alors vas-y fonce. C'est que tu peux vivre de ta passion et déjà en termes d'intérêt avant même de parler de finance. Parce que franchement, si le processus te pèse déjà, l'aboutissement ne suffira jamais à te rendre heureuse. Ça ne te motivera pas assez. Se projeter c'est bien mais il faut avant tout aimer le chemin pour arriver à faire cette belle image. parlons d'un point crucial. Est-ce que tu exerces ta passion à un niveau professionnel ou à un niveau amateur ? Je vais te raconter l'histoire d'une entrepreneur que je connais. Elle était passionnée de couture, elle avait appris en autodidacte, elle n'avait jamais pris de cours. Ses créations étaient plutôt bien reçues dans sa sphère familiale et amicale. Tout le monde lui disait mais c'est magnifique ce que tu fais, tu devrais vendre tes créations. Alors forcément, un jour, elle s'est lancée. Mais rapidement, elle s'est rendue compte d'une chose. Des petits défauts qui passaient inaperçus auprès de ses proches ne passeraient jamais aux yeux de ses clients payants. Elle manquait de technique, de finition professionnelle. Alors toi, pose-toi cette question. Est-ce que tu as déjà suffisamment de potentiel et de compétences dans ce que tu veux faire ou est-ce qu'il va falloir travailler pour y arriver ? Que disent les autres de toi ? Et attention, pas seulement ta famille ou tes amis qui t'aiment et qui seront toujours bienveillants. mais peut-être des professionnels du secteur, des clients potentiels qui n'ont aucun lien affectif avec toi. La montée en puissance d'un métier qu'on ne connaît qu'au niveau amateur peut être longue, parfois très longue. Alors est-ce que tu es prête, toi, à faire ce chemin, à investir du temps, de l'argent, de l'énergie pour passer du niveau amateur au niveau pro ? C'est une question essentielle parce qu'il y a souvent un fossé entre « je sais faire quelque chose qui me plaît » et « je sais le faire à un niveau qui justifie que quelqu'un me paie pour ça » . Maintenant, on arrive... à un point absolument crucial. S'il y avait un seul point que tu devais retenir dans cet épisode, c'est celui-là. Est-ce que tu connais la réalité de ce métier ? Parce que franchement, on a tous des idées préconçues sur les métiers, surtout ceux qui nous font rêver. Mais la réalité est souvent très différente de ce qu'on imagine. Alors voilà ce que je t'invite à faire, des enquêtes métier. C'est quelque chose qu'on fait systématiquement en bilan de compétences et c'est ultra puissant. Concrètement, ça veut dire quoi ? Va à la rencontre de gens qui font... de ta passion un métier. Pas une personne, pas deux mais vraiment plusieurs. Idéalement une dizaine si tu peux. Imagine, tu veux vivre de la musique. Tu vas rencontrer dix musiciens professionnels et là tu vas découvrir leur quotidien réel. Comment organisent-ils leurs journées ? Combien gagnent-ils vraiment ? 3000 ou plutôt 800 ? Est-ce qu'ils ont une activité complémentaire ? Par exemple des cours qui pourraient donner le soir. Combien de temps leur a-t-il fallu pour en vivre ? Quels étaient les moments difficiles ? Qu'est-ce qui les faisait tenir ? Quand on fait cet exercice-là, il y a un principe de réalité immédiate qui va apparaître. Et crois-moi, après ces dix rencontres, tu auras ta réponse. Oui ou non, je peux vivre de ma passion. Et puis ce sera aussi l'occasion de leur demander quel a été leur cheminement. Est-ce que c'est long pour devenir pro ? Quel est leur quotidien finalement ? Est-ce que l'équation financière est bonne ? Tu pourras aussi peut-être leur montrer ce que tu sais faire et leur demander leur avis. Ces conversations... Elles vont soit valider ton projet, soit te faire réaliser que la réalité ne correspond pas du tout à ce que tu imaginais. Et dans les deux cas, c'est une information précieuse qui permet de prendre une décision éclairée. Et puis un dernier point que je voulais aborder avec toi, un point dont on parle peu mais qui est absolument fondamental. Est-ce que la pression financière ne risque pas de te faire perdre ta passion justement ? Parce que c'est pas vraiment la même chose d'aimer dessiner pour le plaisir, pour se détendre, pour décompresser, que de devoir générer un chiffre d'affaires avec ton dessin. Quand ta passion devient ton métier, elle change de fonction dans ta vie. Elle n'est plus ton échappatoire, ton moment de détente. Elle devient ton quotidien. Elle devient aussi parfois une source de stress. Il faut trouver des clients, respecter des délais, répondre à des demandes qui ne te correspondent pas vraiment. J'ai vu des personnes perdre complètement l'amour qu'elles avaient pour leur passion parce qu'elles en avaient fait leur métier. Tout d'un coup, ce qui leur rapportait de la joie était devenu une obligation. Ce qui était leur refuge finalement s'était devenu une forme d'anxiété. Alors toi, pose-toi cette question. Est-ce que tu es prête à ce que ta passion prenne une nouvelle place dans ta vie ? Est-ce que tu es prête à ce qu'elle ne soit plus uniquement synonyme de plaisir, mais aussi de contrainte, de responsabilité et parfois de pression ? Si la réponse est oui, parfait. Mais si tu sens que ta passion c'est justement ce qui te permet de déconnecter du reste, réfléchis-y à deux fois avant d'en faire ton gangbang. Avant de conclure, je voulais ajouter quelques éléments de réflexion qui me semblent importants. Premièrement, il n'y a pas que tout ou rien. Tu n'es pas obligé de faire de ta passion ton unique source de revenus du jour au lendemain. Tu peux tester à petite échelle en parallèle d'une autre activité. Tu peux commencer par un projet hybride qui mêle plusieurs de tes compétences. Deuxièmement, demande-toi si ta passion est vraiment un métier ou plutôt une compétence transversale. Par exemple, si tu adores écrire, est-ce que tu veux vraiment devenir romancière ? Ou alors est-ce que tu pourrais utiliser cette compétence dans plein d'autres contextes ? Comme par exemple la rédaction web, le storytelling... la communication, etc. Le troisième point, c'est d'accepter que ta passion puisse évoluer. Ce qui te passionne aujourd'hui ne sera peut-être plus le cas dans cinq ans. Et ce n'est pas grave. L'entrepreneuriat, c'est aussi cette liberté de pouvoir faire évoluer ton activité avec toi. Et enfin, entoure-toi de personnes qui vivent déjà de leur passion. Leur énergie, leur parcours, leurs conseils seront bien plus précieux que tous les avis de personnes qui n'ont jamais tenté l'aventure. Alors pour conclure cet épisode... J'aimerais revenir à l'essentiel. Entreprendre, c'est avant tout être congruente et alignée. Ça veut dire que ce que tu fais doit être en cohérence avec qui tu es, avec tes valeurs, avec ce qui te fait vibrer. que ton activité doit résonner avec ta personnalité profonde. L'alignement, ce n'est pas juste faire ce qu'on aime, c'est faire ce qu'on aime d'une manière qui nous correspond avec des valeurs qui sont les nôtres dans notre quotidien qu'on a choisi. C'est pour ça que la question « peut-on vivre de sa passion ? » est en réalité bien plus complexe qu'une simple question financière. C'est une question d'écologie de vie, d'équilibre, de vérité envers soi-même. Peut-on vivre de sa passion ? Oui, absolument ! mais à condition de l'aborder avec lucidité, préparation et honnêteté. À condition d'aimer le chemin autant que la destination. À condition d'avoir le niveau requis ou d'être prêt à l'acquérir. À condition de connaître la réalité du métier et pas seulement l'image qu'on s'en fait. Et enfin à condition d'accepter que la pression financière va transformer la nature de cette passion. Si après avoir exploré toutes ces questions, ta réponse est toujours « oui, je veux en faire mon métier » , alors fonce ! Vraiment ! Parce que vivre aligné avec ce qu'on est vraiment, c'est le plus beau cadeau qu'on puisse se faire. Et si jamais ta réponse est « finalement je préfère garder ma passion comme passion et construire mon activité autour d'autres choses » , c'est tout aussi valable. Parce que ça aussi c'est être aligné. Savoir faire la différence entre ce qui doit nourrir notre âme et ce qui doit nourrir notre compte en banque. Les deux peuvent parfois être la même chose, mais pas toujours, et c'est ok. L'entrepreneuriat ce n'est pas juste créer une activité, c'est créer une vie qui te ressemble. Alors prends le temps de te poser les bonnes questions, prends le temps d'enquêter, d'explorer, de tester et surtout prends le temps d'écouter ce que ton intuition te dit. Voilà pour cet épisode, j'espère qu'il t'aura donné des pistes de réflexion concrètes pour avancer dans ton projet. Et si tu as des questions ou si tu veux partager ton expérience, n'hésite pas à m'écrire, j'adore échanger. A très bientôt et surtout prends soin de toi et de tes projets. Ciao ! Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère que l'histoire de notre invité du jour t'aura donné à toi aussi l'envie de tracer ton propre chemin. N'hésite pas à venir mettre un commentaire et retrouve-moi sur LinkedIn, je serai ravie d'échanger avec toi.