Speaker #0Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux. et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute. Aujourd'hui, on se retrouve pour un épisode solo dans lequel je voulais te parler de la charge mentale quand on est entrepreneur. Tu sais, ce truc invisible qui fait que même quand tu ne travailles pas, ton cerveau tourne à 100 à l'heure. Les mails non répondus, la compta à faire, le post Instagram à programmer, le Prosper à relancer. le dossier à remplir, et ça c'est juste pour la partie pro. Parce qu'en parallèle, il y a aussi la vie perso. Les courses, les rendez-vous médicaux, penser à l'anniversaire de ta nièce, virer le plombier qui doit passer. Bref, je pense que tu vois bien le tableau. Alors oui, aujourd'hui, on parle de charge mentale. Et je veux poser une intention dès le départ. Oui, on va mettre des mots sur ce qui pèse, mais on va aussi retrouver de l'air, de la clarté et surtout de la puissance. Parce que j'ai une conviction. La prise de conscience n'est pas juste un constat douloureux, c'est aussi un point de bascule. Et si tu écoutes cet épisode en te disant « ok, je suis fatiguée » , j'aimerais que tu le termines en te disant « je me comprends mieux, je me jule moins et je peux choisir autrement » . Avant d'aller plus loin, j'ai besoin qu'on pose des bases. Parce que pour alléger sa charge mentale, il faut tout d'abord comprendre d'où elle vient. Alors la charge mentale, c'est tout ce travail invisible de planification, d'organisation, d'anticipation. C'est pas juste faire les choses, c'est penser aux choses. C'est être le chef d'orchestre, le manager finalement de sa propre vie. Et évidemment, tu seras pas étonné si je te dis que les femmes emportent une part disproportionnée. Plusieurs études le montrent, dont celle de l'INSEE de 2019, qui révèle que même quand les femmes travaillent autant que les hommes, elles passent encore 1h30 de plus sur les tâches domestiques et la gestion du foyer. Et quand tu es entrepreneur, tu ajoutes une couche supplémentaire. Tu es ta propre patronne, donc tout repose sur toi. Il n'y a pas de fin de journée claire. Tu cumules plusieurs casquettes, CIO, comptable, community manager, commercial. Et souvent, tu culpabilises de ne pas en faire assez. La charge mentale, c'est donc ce travail invisible. Penser à tout, antityper, organiser, se souvenir, prévoir, tenir le fil. C'est ce qui fait que même quand tu es off, ton cerveau, lui, ne l'est jamais totalement. Et je veux que tu entendes ça clairement. Si tu es épuisé, ce n'est pas forcément parce que tu travailles trop. C'est peut-être parce que tu portes trop mentalement. Et là, souvent, la première réaction, c'est « il faut que je sois plus organisé » . Sauf que je ne suis pas tout à fait d'accord. Avant de te réparer, avant de chercher ce qui ne va pas chez toi, j'aimerais qu'on fasse autre chose. Reconnaître que ce que tu vis a du sens. Tu n'es pas nul, tu n'es pas faible, tu n'es pas incapable. Tu es peut-être juste très entraîné à porter. Et c'est normal parce que c'est ce qu'on a appris aux filles. Je vais te proposer une image. Beaucoup de petites filles deviennent très tôt des capteurs d'ambiance. Elles sentent quand ça se tend, elles anticipent, elles arrangent, elles s'adaptent, elles aident. Et on leur répond « tu es mature, tu es responsable, tu es attentionnée » . Et tout ça peut être vrai. Mais il y a un angle mort. On ne leur dit pas que cette attention peut devenir un métier à plein temps dans leur tête. On éduque les filles à penser aux autres, prévoir. gérer l'harmonie, ne pas déranger, être fiable. Le problème c'est quand la fiabilité devient, si je ne tiens pas tout, tout s'écroule. Et là où je vais mettre une note positive, c'est que ce radar que tu as, il dit aussi quelque chose de toi. C'est ta capacité de vision, ta finesse, ton sens du lien, ton sens du vivant. Et ce n'est pas un défaut, c'est une force, à condition que ça ne te coûte pas ta santé. Donc l'enjeu ce n'est pas de devenir moins toi, l'enjeu c'est de te libérer de l'obligation de tout porter. Et évidemment, ce phénomène est amplifié quand tu es entrepreneur. L'entrepreneuriat, c'est une terre incroyable. Tu crées, tu explores, tu inventes. Mais c'est aussi un endroit où la charge mentale peut exploser parce que tu cumules l'exécution, la stratégie, le commercial, la com, l'administratif, le service client et souvent le fait de tout porter toi-même quand c'est dur. Et on te vend parfois l'image d'une liberté sans coût. Or la vérité, c'est que la liberté sans soutien Ça devient une surcharge. Et là encore, je veux que ce soit clair. Si tu te sens dépassé, ce n'est pas la preuve que tu n'es pas fait pour entreprendre. C'est souvent la preuve que tu entreprends dans un monde qui romantise le fait de tout tenir toute seule. Et je trouve ça important de le dire. Tenir seule n'est pas un objectif. Ce n'est pas un badge d'honneur. Ce n'est pas une médaille. Ton objectif, ce n'est pas d'être la femme qui gère tout. Ton objectif, c'est d'être la femme qui construit une vie soutenable. Et ça, c'est profondément inspirant. On comprend à ce stade que la charge mentale n'est pas juste un problème d'organisation personnelle. C'est un enjeu systémique. On éduque les filles à être attentives aux autres, à anticiper le besoin, à créer de l'harmonie. Résultat, on intériorise ce rôle de gestionnaire en chef et on se sent coupable de ne pas y arriver. Et quand tu te dis « je devrais mieux faire, je devrais y arriver, je suis en retard, je suis trop lente » , souvent tu es en train de transformer un problème collectif en honte individuelle. Et ça, c'est pas une fatalité. La bonne nouvelle, c'est que dès que tu vois ça, tu peux arrêter de te battre contre toi-même. Tu peux déplacer la question de « qu'est-ce qui cloche chez moi » à « qu'est-ce qui m'a appris à porter ça » et « qu'est-ce que je choisis maintenant ? » Ce déplacement que tu fais, c'est déjà de la liberté. J'ai envie de terminer avec quelque chose de très simple. La charge mentale nous enferme dans l'idée que tout repose sur nous, mais ce n'est pas vrai. Et je veux te proposer trois images pour t'ouvrir un autre futur. La première, c'est de remplacer la performance par le vivant. Tu n'es pas un robot. Ton business n'est pas un sprint. Tu as des saisons, des cycles, des jours avec et des jours sans. Et ce n'est pas un problème, c'est humain. La deuxième image, c'est de remplacer la solitude par le collectif. On ne devrait pas réussir dans un coin en silence. Le collectif n'est pas un luxe, c'est une stratégie de survie, et même plus, c'est une stratégie de joie pour moi. Alors qu'on soit d'accord, tu n'as pas besoin de 100 personnes. Parfois, il suffit d'une personne avec qui tu peux te dire « je porte trop » et qu'elle, elle te réponde je te crois. La troisième image, c'est remplacer la culpabilité par la clarté. La culpabilité, ça ne produit pas de solution, ça produit de la fatigue. La clarté, elle, produit du mouvement. Et la clarté commence par une phrase comme « ce n'est pas moi contre moi, mais c'est moi avec moi » . Si tu dois retenir qu'une chose aujourd'hui, j'aimerais que ce soit celle-ci. La charge mentale n'est pas la preuve que tu es incapable. C'est souvent la preuve que tu as été formé à porter et que tu évolues dans un système qui valorise le fait de tenir. Mais tu n'es pas né pour tenir. Tu es né pour créer, pour respirer, pour choisir, t'épanouir, impacter. Et tu peux construire un entrepreneuriat qui ne te dévore pas, mais un entrepreneuriat qui te ressemble et qui te respecte. Alors cette semaine, je ne te donne pas une to-do liste à faire, je ne te donne pas des conseils à viser, je te donne simplement une permission. La permission de regarder tout ça avec douceur. Et si cet épisode t'a fait du bien, partage-le à une femme qui porte trop. Parce que parfois, le premier soutien, c'est une phrase entendue au bon moment. Et je te remercie d'avoir écouté cet épisode. Et si tu veux continuer la conversation, viens m'écrire sur Instagram, echo.podcast. Dis-moi la phrase qui t'a le plus marquée ou ce que ça a réveillé chez toi. Et pour soutenir le podcast, pense à t'abonner, laisser 5 étoiles et mettre un commentaire à cet épisode. Et le prochain arrive bientôt. Avec une invitée incroyable qui nous parle de son engagement pour l'éducation et la parentalité. Nisila, prends bien soin de toi et à très vite.