- Speaker #0
Agir. J'ai choisi d'agir sans arrêt.
- Speaker #1
J'agis en enlevant mon t-shirt et en criant des slogans dans des endroits où je ne suis pas la bienvenue et à des gens qui ne sont pas forcément contents de me voir.
- Speaker #0
Je n'ai pas une action dont je suis fière. Je crois que toute action doit rendre fière. Je n'ai pas de mot pour agir. C'est une action. Bonjour Gaëlle.
- Speaker #1
Bonjour Émilie.
- Speaker #0
Bienvenue dans Elles agissent. Je suis ravie.
- Speaker #1
Moi, je suis trop contente aussi d'être avec toi. Merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Alors aujourd'hui, je reçois une femme qui, à sa manière, remet du mouvement là où parfois la vie se fige. Gaëlle, tu es sophrologue, coach, autrice, artiste, j'en passe, on va en revenir dessus, mais surtout aussi fondatrice de la méthode Danser sa vie. Et ça, tu vas nous l'expliquer. Dans ce que tu entreprends, il y a toujours une conviction et dans tout ce que je viens de citer. celle de ne jamais séparer le corps et la conscience. Ton parcours est pluriel, tu lis le spectacle vivant, la danse, les médias, et ça t'a permis de créer une approche singulière à la croisée des disciplines et avec l'envie toujours d'aider chacun à retrouver son mouvement de la vie, comme tu le dis. Alors ensemble, on ne va pas seulement parler de bien-être. ce qu'on aurait pu croire entre deux sophrologues. Mais on va aussi surtout parler trajectoire. On va parler de bifurcation, de décision, d'affirmation. Donc j'ai envie de commencer assez fort avec une question peut-être puissante, mais voilà, on y va.
- Speaker #1
Je suis prête.
- Speaker #0
Comment on passe d'une vie qu'on traverse à une vie qu'on incarne ?
- Speaker #1
C'est une excellente question. Alors combien de temps va durer le podcast ? Là, ce qui me vient, c'est vraiment de remettre de la conscience, de la responsabilité, parce qu'incarner, c'est aussi prendre la décision en corps, âme, émotion, esprit, de suivre le fil du chemin, donc à la fois de se laisser traverser par la vie, parce que l'un va avec l'autre quand même, mais aussi de poser des décisions conscientes qui vont faire qu'on va aussi décider de quel sens on donne à cette trajectoire-là. Donc, ça passe par des prises de décision et ça passe aussi par une descente dans l'action, évidemment.
- Speaker #0
Et du coup, toi, à quel moment cette prise de décision s'est faite, par exemple ?
- Speaker #1
Il y a eu plein de moments. Il y a eu plein de moments et qui sont souvent des moments de cassure, je dirais, une forme de radicalité comme ça. Je dirais que la première en date, c'est d'arrêter un parcours de tête bien pleine. J'étais en doctorat de littérature sur littérature et la danse. Mais moi, ce n'est pas tellement ce que je voulais faire. Moi, je voulais être dans le spectacle vivant. Je voulais être danseuse quand j'étais enfant. Et donc, je me suis dit que je n'avais pas d'autre choix que d'arrêter ça. Donc, au risque de décevoir, il y a toujours des conséquences un petit peu qui font peur. Donc, j'ai tout plaqué. Et souvent, j'ai fermé des portes assez violemment comme ça pour en ouvrir de nouvelles. Parce que j'ai aussi conscience que quand on veut décider de son chemin, il y a des voies qu'on doit fermer pour que d'autres apparaissent. Donc ça a été... vraiment progressif, c'est vraiment tu le dis, c'est un chemin, c'est une trajectoire avec à chaque fois une prise de décision toujours suivie d'action je suis quelqu'un qui agit, de toute façon c'est important pour toi l'action, c'est-à-dire que non seulement je visualise ce dont j'ai envie je ressens ce qui est juste pour moi et ensuite je fais descendre dans la matière des actions concrètes, et donc ça demande un certain courage effectivement, donc ça a été une succession d'actions comme ça, ça s'est pas fait du jour au lendemain évidemment
- Speaker #0
Tu as ce système de visualiser avant tes objectifs ou tes envies ?
- Speaker #1
Oui, visualiser, je fais des vision boards. Tu vois, dans mon bureau en ce moment, j'ai fait un montage de la façade de l'Olympia, marqué Gaëlle Piton danser sa vie sur l'Olympia.
- Speaker #0
Parce que mon objectif, c'est de faire l'Olympia en 2027.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si j'y arriverai, mais là, j'en rigole. Mais c'est vrai que je... Je colle beaucoup d'images et je vibre dans mon corps. Ce n'est pas seulement voir, c'est vraiment je ressens. Par exemple, tous les soirs, en ce moment, je fais plutôt de l'hypnose. Alors, c'est marrant pour une sophrologue parce que, voilà, comme je connais bien les outils de la sophrologie, j'ai aussi parfois envie et besoin de voir autre chose pour moi où je visualise le spectacle. Le spectacle, et ça a été vrai pour les livres, ça a été vrai pour mes projets de conférences, je ressens dans mon corps, dans mes sensations, ça avant de poser les actions. Parce que pour moi, ça existe déjà en faisant ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, de faire ça, ça te permet d'avoir un état d'esprit et des actes après qui changent. Tu le vois vraiment ça ?
- Speaker #1
Oui, disons que ça me permet que, comme tu le sais, une fois que le corps ressent, ça existe déjà. Donc ça fait moins peur. C'est comme quand on est de la préparation d'un sportif, on le fait visualiser son épreuve, c'est exactement la même chose. Donc il y a beaucoup de croyances limitantes et il y en a eu beaucoup dans tous les projets que j'ai pu faire, que ce soit d'écrire des livres, faire un spectacle, me lancer. créer ma méthode. Enfin, à chaque fois, c'est quand même des steps à atteindre. Et ça a toujours commencé par le fait de profondément visualiser, alors pas seulement l'objectif, mais visualiser ce que ça allait apporter. C'est-à-dire pour danser sa vie, ça a été de visualiser tous les gens, que ça peut aider, la joie que j'ai d'être complètement alignée dans ma vie de femme, ma vie de professionnelle. Et c'est ces émotions-là qui me donnent le jus pour y aller.
- Speaker #0
Et justement, cette danse qui fait partie de ta vie, tu viens de le dire, parfois elle était là, la porte s'est refermée, etc. Est-ce que la danse comme le spectacle t'a autant appris qu'abîmée ?
- Speaker #1
Abîmée ? Non, je ne crois pas. Non, non, ça ne m'a pas abîmée. Je pense que ce qui m'a abîmée, c'est l'interdiction de le faire, par contre. Mais non, non, la danse est ce qui me permet de transmuter mes chagrins, ce qui me permet d'apprécier la vie, ce qui me permet d'être connectée à plus grand que moi. La danse, elle me permet tout. C'est aussi important que respirer, boire, manger pour moi. Non, non, ça ne m'a pas abîmée. Ce qui m'a abîmée, c'est le fait de ne pas pouvoir y aller, de ne pas pouvoir le faire. L'interdiction de mon corps, puisque l'interdiction, c'était de ne pas avoir le corps d'une danseuse qui est quand même... très violent, qui est complètement faux. En plus, ça ne veut rien dire, le corps d'une danseuse, de quoi on parle. Mais non, c'est un vrai soutien pour moi et j'espère danser le plus longtemps possible. En tout cas, bouger, parce que danser, quand j'en parle aux personnes, ce n'est pas forcément faire quelque chose de performatif, c'est vraiment bouger le corps et se le remettre en mouvement. Parce que là où il y a du mouvement, c'est plus figé, donc c'est encore la vie.
- Speaker #0
Et oui. Et alors, ce qui est intéressant, c'est peut-être que tu nous expliques comment, à un moment où justement on te disait non, c'était fermé, tu n'as quand même pas lâché cet objectif. Alors peut-être l'avoir mis en pause, encaissé cette porte qui se ferme. Mais qu'est-ce que tu as activé ? Comment tu as réussi aussi à remettre la danse dans ta vie ?
- Speaker #1
Je crois que j'ai la foi. Là, mais vraiment, j'ai une dévotion. Je mets vraiment les mots parce que je sais qu'il y a beaucoup d'épreuves sur le chemin, mais j'ai foi que c'est juste pour moi. Parce que je le sens, parce que je le vis, parce que je n'ai plus aucune question d'interdit quand c'est comme ça. Donc concrètement, je la renouvelle cette fois par contre. C'est-à-dire que ce n'est pas acquis une fois pour toutes. C'est que chaque matin, mais vraiment chaque matin, je me dis j'ai foi. Je renouvelle ma foi en danser sa vie. Je renouvelle ma foi en ce grand mouvement. Je renouvelle ma foi parce que c'est ma place. Et ce n'est pas toujours facile.
- Speaker #0
Non, j'imagine. C'est un travail aussi.
- Speaker #1
C'est un travail. Merci. C'est poser des limites, c'est faire des deuils, beaucoup de deuils, c'est accepter d'être rejeté, pas forcément aimé. Ça va toucher tout ça dès l'instant où tu es plus exposé, ce qui est mon cas maintenant. Tu prends aussi le risque de choses pas très agréables, il faut le dire. On ne le dit pas assez, on ne le dit pas assez souvent. Ça, ça me pose aussi question. Moi-même, je ne communique pas forcément encore assez là-dessus parce que je fais attention même sur les réseaux, tout ça, qui regardent. Mais dans mes cercles plus restreints, dans ma communauté, je n'hésite pas à dire toutes les épreuves. pour qu'on ne se dise pas, oui, mais Gaëlle, c'est facile pour elle-même, tout le monde peut y arriver. Par contre, effectivement, il y a des petites pratiques, des choses pas très agréables que tu vas traverser, mais il y a vraiment des choses très chouettes qui vont t'arriver.
- Speaker #0
Oui, c'est bien d'en parler aussi, comme ça, de partager. Et la sophrologie, elle arrivait quand dans ta vie ? Et qu'est-ce qu'elle t'apporte encore maintenant ?
- Speaker #1
Alors, la sophrologie, elle est arrivée par deux portes différentes. La première, c'est qu'avant d'être sophrologue, moi, j'étais chargée de production dans la danse. Donc, j'étais déjà dans les danseurs. Alors j'étais dans le... dans l'ombre, parce que ça a pris du temps pour revenir dans la lumière. Et j'allais beaucoup en tournée avec les danseurs, les artistes, et j'étais quand même confrontée à un grand moment de stress, d'anxiété, de vraiment ces questions aussi de la page blanche, de la création. Et je m'étais dit, il faudrait que je trouve un truc. Je ne savais pas comment aller s'appeler le truc, mais parce que je faisais avec les moyens du bord, je me disais quand même si j'ai un outil, une discipline, quelque chose. Et puis, parallèlement à ça, je suis devenue journaliste, puisque c'est toujours le cas. Oui, j'ai oublié de le dire. Tu as parlé des médias, oui. Ah bah les slashes, c'est le problème, c'est que...
- Speaker #0
Ah bon, je me suis dit, on dira les slashes dans l'interview.
- Speaker #1
Et du coup, j'ai eu un direct à la radio. Et donc, pas un direct, t'as pas trop le droit à l'erreur. Donc moi, je suis quelqu'un, je suis quelqu'un d'assez perfectionniste. Je le suis quand même toujours, c'est un groupe de la bonne élève et tout ça. Donc j'avais un peu la trouille. Et donc, je suis allée voir une sophrologue. Et ce jour-là, j'ai compris que le truc que je cherchais pour les danseurs, c'était sophrologie en fait. Donc, c'est venu comme ça. Mais au départ, je me suis formée en me disant, je ne m'installerai jamais en tant que sophrologue. Moi, je ferai la sophro pour les lancers. Évidemment. Évidemment. On va voir plus tard, à fait des livres et tout ça. Je sais que je suis une voix de la sophrologie. C'est rigolo, comme quoi le chemin aussi, c'est vraiment ce qu'on disait au départ, c'est poser des choix, mais aussi accepter que la vie, elle t'emmène aussi. C'est voyager. Et donc, je suis une sophrologue chevronnée maintenant, donc c'est drôle.
- Speaker #0
Oui, c'est drôle. Non, non, c'est... C'est intéressant, ça vient à toi parfois, on a beau justement faire des vision boards, de se projeter, il y a des choses tellement improbables qu'on n'aurait pas imaginé qu'elles arrivent. Il faut aussi savoir les accepter.
- Speaker #1
Lâcher le contrôle, c'est-à-dire tu poses l'intention mais après le comment ça arrive, et c'est ça qui est magique, sinon si on avait déjà tout tracé, ce serait un petit peu ennuyeux je pense.
- Speaker #0
Tu parles de ton travail qui consiste aussi beaucoup à lier l'oncleux, comme je disais, le corps, la notion du corps, du mouvement, etc. À quel moment on se coupe de son corps en fait ?
- Speaker #1
À quel moment on se coupe de son corps ? On se coupe de son corps quand on écoute les voix qui ne sont pas les nôtres. Les « il faut » , les « je dois » , les « ce serait bien » , les « c'est pas un métier la danse » , « mais toi t'es plutôt une littéraire, t'es pas scientifique » , des choses comme ça. Je donne des exemples de manière globale. On se coupe de son corps quand on ne l'écoute pas, quand on ne prend pas le temps, parce que ça demande de l'espace aussi. Moi, j'ai beaucoup espacé dans mon planning des moments où j'écoute juste ça. Parce qu'il y a du bruit en permanence. Et donc, on se coupe de son corps quand on arrête de s'entraîner à l'écouter. Parce qu'en fait, en vrai, tu le sais autant que moi, tu es sophrologue, donc on peut tous écouter notre corps. Les sophrologues sont les pédagogues de l'existence des écailles et ses dos, donc on peut l'apprendre, mais par contre, ça demande que tu donnes du temps. Et donc, si tu n'as pas de temps, pas d'espace, tu peux t'éloigner. Et c'est des va-et-vient. Et en même temps, nos corps nous rappellent. parfois violemment quand on ne l'écoute pas.
- Speaker #0
Et cette notion de temps, elle est importante surtout dans nos sociétés actuellement, où on ne s'offre plus trop de temps en fait. C'est une course sans cesse.
- Speaker #1
Ça demande une décision, effectivement. Ça demande de remettre de l'espace et en même temps, ça ne demande pas beaucoup de temps. Il y a aussi cette croyance qu'il faudrait beaucoup de plages horaires très longues. Évidemment, dans une vie, tu es maman tout comme moi, on n'a pas forcément la possibilité de ménager du temps. Mais déjà, si pendant trois minutes par jour, tu te dis « je m'extrais du monde » , moi j'adore faire ça, je dis « j'entre dans mes coulisses » , tu vois. Et j'adore, par exemple, faire ce geste en conscience de mettre mon portable en mode avion. Comme avant cette interview, je me suis rendue complètement indisponible, si ce n'est à toi. Et ça, c'est magique ! Donc on peut faire pareil avec son corps, trois minutes par jour. En vrai, on peut le faire. Mais par contre, ce qui va être le plus compliqué, c'est de trouver les moyens habiles qui vont nous rappeler qu'on doit le faire.
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Ce qu'on oublie.
- Speaker #0
Et oui. se mettre des post-it partout,
- Speaker #1
des petits rappels des trucs comme ça,
- Speaker #0
il y a plein de stratégies donc là on parlait du corps et on parle aussi du mouvement beaucoup dans ta pratique, dans ce que tu dans ce que tu partages et c'est un peu la même idée, comment on se rend compte qu'on est figé, qu'on n'est plus en mouvement justement,
- Speaker #1
et qu'est-ce que ça peut apporter de retrouver du mouvement dans sa vie tu le sens quand il y a de l'immobilité déjà dans le corps, quand il y a de l'immobilité dans ta vie, que les mêmes choses se répètent Ça aussi, quand tu sens que c'est tout le temps la même histoire qui revient, pour moi, ça, c'est un mécanisme figé. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'espace pour qu'autre chose arrive. En bonne sophrologue que je suis, moi, j'aime bien dire que le mieux, c'est de partir du corps. Parce que même si tu as compris, même si tu as une analyse, moi, j'ai pas mal de gens qui viennent me voir qui ont vraiment une analyse très fine, très méta de tout ce qui leur arrive, les mécanismes et tout. Mais si tu ne fais pas descendre ça dans ton corps, ça ne sert à rien. Tu peux rester au même état très longtemps. Donc ce serait déjà de commencer à le bouger tout doucement depuis l'intérieur. Si tu vois qu'un truc se répète tout le temps, essaie de voir comment ça pourrait être différent. Qu'est-ce qui serait le premier pas ? Tu vois, j'aime bien cette image du petit caillou que tu mets dans l'engrenage. Ça tourne toujours comme ça. Et à un moment, tu dis stop. Je mets un petit caillou et je vois ce qui se passe. Donc moi, je pense que c'est les contractions, les tensions de notre corps aussi qui nous le rappellent. Si on est un peu attentif à ça, on va vite le sentir.
- Speaker #0
Toi, tu as eu des moments où tu t'es rendu compte de ça et qui t'ont fait justement changer de... de rythme, de vie ?
- Speaker #1
J'en ai eu et j'en ai régulièrement. En fait, la vie est un mouvement permanent. Donc, il y a des choses que je faisais il y a trois ans que je ne fais plus. Oui, souvent, ça va avec la joie. Moi, c'est vraiment une émotion, une énergie même, la vitalité qui va avec, qui est souvent un bon indicateur pour moi. C'est quand je n'ai plus de plaisir dans ce que je fais ou que je sens que le plaisir est en train de s'éteindre, je sais qu'il faut que j'agisse et que je fasse différemment. de me remettre du jus, ça c'est important. Donc ça m'arrive très régulièrement. Il y a eu évidemment des moments, comme quand j'ai arrêté mon doctorat, où là je broyais du noir, j'avais des tensions, mon corps avait vraiment des symptômes somatiques importants. Mais parfois, maintenant, je ne vais pas jusque là en fait. C'est-à-dire qu'il y a les petits prémices, les petits murmures, vu que je suis habituée à écouter, j'entends plus les murmures que quand ça gueule. Mais régulièrement, ça vient me rechercher, c'est normal.
- Speaker #0
C'est joli, ça n'entend plus les murmures de l'écrit. C'est un peu ça la clé quand même.
- Speaker #1
C'est comme si on aiguise notre acoustique au corps. C'est exactement pareil, j'entends plus et j'entends plus loin.
- Speaker #0
Alors donc, danser sa vie, c'est quoi ? Et surtout, explique-nous comment c'est rentré de toi dans ta vie aussi, ce concept et cette méthode que tu développes.
- Speaker #1
Alors danser sa vie, c'est une marque, c'est une méthode et je dirais même c'est un écosystème. Comment c'est venu ? Alors c'est le nom de mon TEDx que j'ai donné en 2019 et ce jour-là il y a eu quand même, il y a un avant et un après clairement. Parce que le TEDx c'est aussi aller allumer des lumières en face et partir d'une fêlure. Et j'avais très peu exploré mes fêlures, maintenant je suis une pro de la vulnérabilité et du travail de l'ombre. Ça m'excite beaucoup parce que je trouve que là-dedans il y a des choses incroyables. Donc pourquoi c'est venu ? Parce que justement en début d'interview... tu as parlé de toutes ces casquettes, tous ces slashes en fait, donc effectivement sophrologue, coach, autrice, journaliste maman, amie, enfin moi j'en ai plein comme tout le monde et j'en avais marre en fait qu'on me réduise parce que je ne me suis jamais reconnue dans seulement l'une d'entre elles c'est à dire bien sûr que je suis une sophrologue très chevronnée mais pas que ça il y a une façon de faire la sophrologie qui est différente de toi, ta façon de faire, et c'est normal, on est singulier. Et je me suis dit, en fait, moi j'ai plus d'ambition que ça, j'ai déjà l'ambition que tout ça devienne clair pour moi et pour l'extérieur. Donc une expression, ça facilite tout. C'est comme dire artiste, j'ai mis longtemps aussi à dire, parce que je crois que je suis vraiment une artiste de la sophrologie, une artiste de la vie, une artiste du mouvement. Et c'est surtout que j'ambitionne quand même un grand mouvement. Pour moi, c'est ça qui m'anime, je suis très très utopiste comme femme. J'aime beaucoup la liberté, j'aime redonner la liberté aux gens. Donc je me suis dit, pour ça, il faut que ce soit plus large que moi, plus large que des pratiques. Et donc ça devient un écosystème. Donc c'est venu comme ça. Et danser sa vie, c'est une expression que j'aime beaucoup. C'est aussi une expression qui est très collée à Isadora Duncan, qui est la pionnière de la danse libre, qui est une figure d'inspiration énorme pour moi. Et je trouvais que ça rendait bien. Alors parfois, les gens ont peur parce qu'ils disent que c'est de la danse. Mais danser sa vie, c'est remettre du mouvement dans ta vie, où que ce soit. Donc ce n'est pas forcément la danse. C'est le mouvement dans ta vie pour que tu chemines vers tes rêves, tes passions, parce que je trouve qu'on a beaucoup trop d'interdits et qu'on est notre plus grand verrou quand même.
- Speaker #0
Bien sûr. Et donc danser sa vie, toi, tu le concrétises par des accompagnements, des conférences, du partage aussi à un public qui normalement ne t'attend pas, comme les jeunes aussi, où tu vas aller proposer des ateliers, des cours.
- Speaker #1
Alors, Danser sa vie, pour moi, c'est vraiment, ça traverse toutes les formes de ma vie. Donc en fait, pour moi, être sophrologue, c'est aussi dans un spectacle. Donc dans Danser sa vie, tu as le spectacle, tu as les conférences, les accompagnements, effectivement. Je suis très aussi touchée par le champ social. Moi, j'ai quand même une expérience en Seine-Saint-Denis avec un public issu de la diversité. Ça me semble important. Le pour tous est très important pour moi. Partout, tout le temps et pour tous. Et je le fais aussi dans les slow visits au musée, parce que j'aime apporter la trop prodigie et la méditation partout. Donc en fait, je n'ai plus de sujet de me dire à quel moment je fais les choses, danser sa vie traverse toutes mes expériences. Et c'est surtout une expérience incarnée. Je crois qu'en fait, je suis une professionnelle très, très incarnée. Donc je ne suis pas différente là, quand je parle avec toi, quand je vais faire animer un atelier champ social, que quand je suis sur scène et quand je suis maman et avec mes amis. C'est toutes mes parts, toutes mes parts sont traversées par ça. Et c'est dur de savoir ce qui se passe exactement avec les gens quand c'est ça, mais je me suis rendue compte aussi avec le TEDx, et toi tu as fait aussi un TEDx, donc tu connais cette expérience, que la plus grande source d'inspiration pour les gens, c'était d'incarner ce que je faisais. C'est-à-dire que le fait de me voir oser monter sur scène, danser, chanter à 44 ans passés, même si je l'ai fait avant, évidemment, ça ne tombe pas comme ça, mais c'est un message d'incarnation et de transmission extrêmement puissant en fait. Et donc je me dis, mon taf, c'est d'incarner ce que je suis. Avec beaucoup d'authenticité, beaucoup d'honnêteté, beaucoup d'allumement. Donc ça demande quand même beaucoup de travail intérieur. Je suis vraiment tout le temps en train de plonger. Et qu'après, c'est ça que je restitue au monde. Et que ça, ça donne envie d'oser à plein de gens. J'avais complètement sous-estimé ça.
- Speaker #0
Oui, ça me parle totalement. Parce qu'effectivement, quand j'ai dû préparer Stedix, le premier réflexe, c'était d'acheter des tonnes de livres. En me disant qu'est-ce que je vais transmettre comme info qui ne vient pas de moi en fait, histoire de me cacher.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et jusqu'au moment où on m'a dit mais on veut de toi. Et là c'est vrai que c'est un vrai travail, c'est pour ça que c'est un travail qui est autre que de se dire que je fais une conférence, renommée, etc. Je donne vraiment de moi quoi. Qu'est-ce que j'ai envie de transmettre.
- Speaker #1
Et puis c'est ton énergie, et comme tu le dis, il faut arrêter de se cacher derrière des outils. Ah oui,
- Speaker #0
moi aussi. Je me suis vraiment cachée. Mais c'est un peu mon réflexe à chaque fois.
- Speaker #1
Parce que t'es quand même à poil. Ça demande un dépouillement. Ça demande d'aller bosser dans les ombres. D'accepter de voir tes parts vulnérables. Ça demande pas mal de courage ce travail-là. Mais c'est ça que je livre. Et donc, je pense que ça, ça touche les gens.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure d'artiste. Et que tu as eu du mal à un moment de t'attribuer. cette nomination, ce nom. Qu'est-ce qu'il y a de si particulier ou singulier avec l'artiste ? Et d'ailleurs, tu les accompagnes. Donc c'est intéressant aussi cette question dans les deux sens.
- Speaker #1
Longtemps, j'ai accompagné des artistes. Donc j'ai travaillé avec, ce que je disais en rigolant, des vrais artistes. Avec Caroline Carlson, qui est une grande chorégraphe pendant très longtemps. Enfin, j'ai beaucoup de respect pour ce milieu. Donc ça a été compliqué pour moi d'accepter cette part-là, de le dire. Et c'est très récent que j'arrive à le dire. Parce que j'ai une vénération pour ce travail, c'est une posture. Quel est le sens de ta question ? Excuse-moi, je suis partie sur autre chose.
- Speaker #0
Les artistes, tu as tribé ce nom. Justement, pourquoi c'était difficile ? Tu viens de l'évoquer, mais à quel moment tu t'es dit, ok, je me donne ce nom d'artiste ? Et puis tu les accompagnes maintenant, les artistes. Qu'est-ce qu'ils ont de particulier ?
- Speaker #1
J'ai accepté de me le dire au moment où j'ai eu des questions. où on me demandait pourquoi ça marche avec vous. Par exemple, dans les slow visits, on me disait pourquoi ça marche avec vous, pourquoi les ateliers avec les gamins de collège marchent avec vous. Et donc, moi je dis que c'est la sophrologie et la méditation, mais en fait non. C'est avec vous ce qui est important dans la question. Oui, voilà, c'est ça. Mais ce n'était pas tellement moi, Gaëlle, c'est qu'en fait c'est ma vision, c'est-à-dire que j'ai une vision très performative des choses. C'est-à-dire que ce n'est pas que c'est un spectacle, mais c'est quand même à chaque fois que tu ailles dans un collège avec des gamins, il y a toi, il y a eux, il y a la sophrologie, il y a ce qui se passe, il y a ce qu'on appelle le phénomène. Le phénomène, c'est très, très spectacle. En fait, c'est très ici et maintenant. Et dans les slow visits, c'était pareil. J'avais aussi l'œuvre d'art qu'on est en train de contempler, le public et la transmission. Et j'ai toujours une grande notion de cette tridimensionnalité parce que moi, j'ai évolué avec des artistes. De la même façon, j'ai une rigueur de travail qui est vraiment celle des artistes. Parce que s'il y a bien quelque chose qui les caractérise, c'est quand même le fait de jamais lâcher. Et aussi, je pense, et ça, c'est pas toujours été très confortable. Je suis assez visionnaire sur mes projets parce que je suis sensible, comme tous les visionnaires, que j'ai un peu des fois un temps d'avance qui est vraiment parfois pas confortable du tout, ce qui est aussi le propre de l'artiste. Donc c'est pour ça que j'ai à de nombreuses reprises ouvert la voie sans m'en rendre compte à des chemins qui n'étaient pas encore tracés et c'est pas confortable. Mais l'artiste, c'est ça, l'artiste, il fait d'autres réalités, il fait rêver le monde autrement. Et donc je pense qu'en ça, je suis artiste, effectivement. Et la différence, le public spécifique, c'est... Oui, c'est un milieu à part entière, c'est-à-dire que c'est un milieu hors des codes quand même. Il n'y a pas une organisation comme on peut avoir dans une entreprise. C'est beaucoup lié à l'énergie, c'est beaucoup lié à la créativité, donc aux humains en question. Et c'est lié au fait de ne jamais lâcher. Il y a une détermination dans ce milieu qu'on retrouve dans le milieu sportif aussi. Et une rigueur de travail dans le but d'offrir au monde, dans le but de toucher le sensible de l'être. Et donc ça, moi, je me reconnais vraiment bien là-dedans.
- Speaker #0
Tu parlais aussi, je voyais dans les interviews, beaucoup de la petite voix qui a peut-être guidé à un certain moment. Est-ce que tu nommes intuition ? Est-ce que c'est différent ? Qu'est-ce que c'est ? Et comment nous, on peut aussi soit l'écouter, soit la découvrir aussi ?
- Speaker #1
Oui, petite voix, c'est intuition. C'est vrai que je suis quelqu'un d'assez connecté, enfin connecté au sens où j'accepte qu'on ne sait pas tout et qu'il y a plus grand que moi. Je nomme pas forcément ça Dieu ou autre ou la source, mais ça appartient à chacun. Et c'est surtout que j'ai une obéissance à cette petite voix, mais qui des fois me challenge fort. Je te donne un exemple. Le spectacle, tu m'aurais dit deux mois avant, tu vas faire un seul en scène, j'aurais rigolé. Ça n'a jamais été mon objectif d'être seule en scène. Ce n'est pas quelque chose que je faisais. Mais un jour, je me souviens très bien, j'étais dans ma cuisine en train de faire la vaisselle, parce que ça arrive aussi dans le quotidien, des choses comme ça. Et là, je me suis dit, c'est le moment, il faut y aller. Et j'ai une obéissance à ça, c'est-à-dire que quand ma petite voix se manifeste, je dis d'accord. Des fois,
- Speaker #0
je me dis que ce n'est pas du tout ce que j'avais imaginé,
- Speaker #1
ce n'est pas le bon moment, parce que le spectacle, tu vois, comme ça, ce n'était pas vraiment ce que j'avais prévu. Mais j'ai foi qu'elle dit juste et donc ensuite, je dis, j'obéis et je saute. Et je fais très souvent ça. Donc, ça vient me stretcher très fort quand même.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que tu n'es pas forcément à ta peur ?
- Speaker #1
Alors après, elle se pointe. Tu vois, la peur, pour les livres, à chaque fois, j'ai peur, en fait. Mais je la traverse, la peur. Par contre, je suis quelqu'un qui regarde et qui y va, quoi. Donc, je me fous quand même bien la trouille. Ça fait sûr. Monter sur scène, toute seule, devant 300 personnes, t'as la trouille, quand même. T'as bien la trouille. Et en même temps, je suis tellement motivée par le fait de me dire, mais ça va œuvrer pour des gens, parce que je suis tout le temps là-dessus. C'est pour les gens. En fait, une histoire, on s'en tape. C'est ça. Le spectacle, c'était ça, c'est de se dire en fait, tu assistes. Tu vois, c'est autre chose, ça parle d'une passion contrariée. Effectivement, le spectacle est des passions contrariées en général et nous sommes nombreux à avoir des passions contrariées et du chemin qui m'a permis de faire la boucle pour tout ça. Et je trouve qu'en fait, c'est pas seulement je le dis et on se dit ouais, mais bon, Gaëlle, c'est Gaëlle. Non, non, t'assistes à ça. Tu es témoin de ça. Donc, tu ne peux plus réfuter que c'est possible. Tu vois, il y a vraiment un truc de l'expérience. C'est très sophro, ça.
- Speaker #0
Ouais, tout à fait.
- Speaker #1
L'expérience, pour moi, c'est ce qui compte. C'est-à-dire que tu peux te raconter beaucoup d'histoires, et je m'en raconte beaucoup avec mon mental, mais quand tu plonges dans l'expérience et qu'il se passe autre chose, c'est ça qui va faire foi. Donc moi, je tente énormément de trucs. Donc je me plante, forcément.
- Speaker #0
Moi, je me dis aussi parfois que je ne fais pas attention plus que ça aux portes qui se sont fermées ou au non. C'est-à-dire qu'elles impactent ce qu'elles doivent impacter, mais elles ne sont pas non plus un marqueur que je traîne. Ce qui permet d'ouvrir d'autres portes. En fait, je pense qu'il faut être détaché des... des vents ou des noms qu'on se prend, sinon tu n'en ouvres plus. Oui, c'est un travail aussi parce que ça te touche.
- Speaker #1
C'est le nom, c'est le regard des autres. Moi, j'ai une grande blessure, c'est le rejet. Ma blessure fondatrice, c'est le rejet. Donc, t'imagines bien qu'avant de monter sur scène, j'ai dû travailler ça parce que c'est très confrontant. C'est-à-dire partir du principe qu'il y a des gens qui me détestent et que c'est OK. Moi, j'étais très longtemps la good girl. People pleaser, comme on dit. Et ça, en fait, ce n'est pas possible. Si tu veux monter, changer un petit peu de normes, ouvrir et rayonner plus large, tu dois travailler ça. Parce que rayonner, ça n'apporte pas que du bien-être. Il faut du courage. Parce que tu t'exposes. Tu le sais, tu es autrice. Il y a sans doute plein de choses que tu avais pu expérimenter. Quand tu poses l'écriture d'un livre, mais dans une famille, ce n'est pas du tout anodin. C'est la femme qui prend la parole, qui dit des choses. Alors même si ce n'est pas forcément des livres, des manifestes, tu vois. Donc la femme qui monte sur scène, qui arrive en pin-up, qui explique le trajet de dépouillement que ça demande, tu crées des gens qui vont être extrêmement, et c'est la majorité heureusement, inspirés. Et puis il faut que tu te prennes aussi les portes. Tu vas te prendre des portes, c'est sûr. Et ça, ce n'est pas facile. Ce n'est jamais facile. Je ne crois pas. Et moi qui accompagne beaucoup les artistes, notamment sur les... La critique, le regard de l'autre. Je crois que tu n'es jamais immunisé de ça, même si tu as l'habitude. Parce qu'on ne s'habitue jamais vraiment à ça.
- Speaker #0
Il y a un truc aussi de notre société, de plus en plus, c'est les ghostés, ne pas avoir de réponse. Moi, ça, je trouve ça.
- Speaker #1
C'est dur.
- Speaker #0
Ah ouais, les non-réponses, là, c'est un gros sujet.
- Speaker #1
Les non-réponses, c'est même de... d'éditeur. Oui, oui. Moi,
- Speaker #0
j'ai des personnes qui parfaite disent oui et puis plus rien, plus de réponses.
- Speaker #1
Mais tu sais, moi, je me suis rendue compte que ça partait de ma posture intérieure, ça. Parce que, tu sais, mon film préféré, c'est Dirty Dancing. Et on dit, on laisse pas bébé dans un coin. En fait, j'ai l'impression que ce film, il contient plein d'enseignements. Un jour, il y a un truc là-dessus.
- Speaker #0
Et moi aussi, je suis là.
- Speaker #1
Donc, on laisse pas bébé dans un coin. Et à un moment donné, je me suis retrouvée avec ce que tu disais. Tu vois, les noms, les noms de fous dans une salle d'attente, il n'était pas assez. On me dit, pas assez, t'as pas assez de livres. Putain, j'en ai six, les gars, quoi. t'es pas assez connue t'es pas assez pas assez et à un moment j'ai dit en fait fuck parce qu'il y a un peu un côté rebelle chez moi je vais pas attendre qu'on me donne ma place je vais la faire et quand j'ai fait ce switch alors c'est du travail intérieur et je le fais pas toute seule en fait je suis quand même toujours accompagnée ça faut le dire aussi aux sophrologues soyez accompagnée pour faire monter votre carrière sinon ça ne marche pas et au moment où moi je me suis dit mais en fait t'es assez et tu as ta place quand j'ai changé ça en moi bizarrement, les choses ont changé dans le regard des autres. Donc en fait, c'est vraiment et ça, ça va chercher la question des limites. Je ne mettais pas tellement de limites. Moi, je suis hyper généreuse. Tu vois, Gaëlle, ça veut dire générosité. Moi, je donne. Et je continuerai à le faire. Donner avant de recevoir, c'est mon mantra et je continuerai à faire comme ça. Mais il faut savoir aussi qu'il y a des personnes qui peuvent en profiter. Donc là, tu dois mettre des limites. Et ça, j'ai beaucoup de mal à le faire. Ça m'a... Ça me fait pas gentil, tu vois. Mais justement, je ne suis pas une good girl, donc tout va bien.
- Speaker #0
Gaëlle, j'ai quelques questions signatures du podcast. Déjà, agir, pour toi, ça signifie quoi ?
- Speaker #1
Agir, c'est poser des actions concrètes dans la matière, de façon alignée, et c'est incarner, c'est avoir une vie incarnée. Donc, être profondément qui l'on est dans toutes les sphères de sa vie. Pour moi, c'est ça, agir. Posez des actions concrètes en lien avec ton incarnation et ton alignement.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une personne qui t'a inspirée ou qui t'inspire justement par son action ou ses actions ?
- Speaker #1
Il y en a plein. Il y en a plein chez les femmes artistes. De plus en plus d'ailleurs, j'écoute les témoignages. Isadora Duncan, dans ce livre dont je parlais, qui a quand même été contre les conventions, qui a libéré le corps, qui a osé à une époque où vraiment c'était compliqué de le faire. Anaïs Nin et son journal, je suis quand même très inspirée de ces figures de femmes. En fait, j'ai... plus d'inspiration dans les figures de femmes parce que je trouve que c'est plus difficile encore pour une femme de prendre sa place. Et ça, je le vis moi aussi. On part avec un petit handicap quand même, il faut savoir.
- Speaker #0
C'est pour ça que j'aime donner un temps d'espace d'expression féminin qui en déplaise à certains.
- Speaker #1
C'est bien, ça fait de la place. On ne lève pas trop le game, encore les femmes, il faut qu'on soit plus du game.
- Speaker #0
Il faut qu'on en dise, parce que j'entends des réflexions assez... Bref, je digresse. Est-ce que tu as eu à un moment, peut-être un livre... Tu viens d'en parler d'ailleurs, c'est peut-être ça ta réponse, un film, un livre, un moment de vie qui a fait une bascule vers l'action ?
- Speaker #1
Il y en a eu plein. Il y en a eu plein. des inspirations, moi je relis souvent Le Petit Prince déjà, ça c'est quand même un livre Les Lettres à un jeune poète aussi j'aime beaucoup cet ouvrage là et L'éloge de la simplicité de Dominique Leroux comme ça je donne quelque chose qui est un petit peu aussi à côté parce que j'ai beaucoup simplifié de choses en fait dans ma vie en vrai, pour faire de la place je pense que quand tu simplifies et que tu fais de l'espace ne serait-ce que quand tu... Euh.
- Speaker #0
Donne tes objets, ça peut être un...
- Speaker #1
Je fais de la place pour accueillir autre chose. Et j'aime bien cette simplicité de se rappeler qu'en fait, ce qui compte, c'est ce que tu vas créer comme empreinte et que tous ces objets, toutes ces choses matérielles, c'est parce qu'on en mène, on est quand même tout seul. On arrive seul et on repart seul, en fait. Ça, j'ai eu du mal aussi à capter le sens de cette phrase, mais on est là pour faire son chemin. Et donc, ça demande de faire de la place à ce qui est essentiel pour nous. Et ça, je suis quand même très vigilante à... à mon écosystème autour, aux gens que je fréquente, aux livres que je lis, à ce que je mets dans mes oreilles. C'est pour ça que je ne regarde pas la chaîne en continu. Les infos, je me tiens au courant, mais vraiment de manière très limitée. Sinon, je ne peux pas œuvrer dans la vie. Je suis trop sensible à tout ça. Et donc, moi, mon travail, je pense que c'est de semer de la joie dans l'esprit des gens. Donc, pour ça, et de l'inspiration, il faut que je me protège. La simplicité, ça a été une vraie découverte aussi.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. J'ai une dernière question. Est-ce qu'il y a un domaine d'action qu'on n'a pas encore abordé dans notre échange ou tu aimerais avoir plus d'action ? Toi, tu aimerais agir ou voir la société agir pour ce domaine ?
- Speaker #1
Quand tu me parles de ça, je pense à deux, mais qui sont très liés. La cause des femmes et ça avec le seul en scène, le fait... dans le développement personnel. Ce n'est pas une digression, on disait tout à l'heure digression, mais en fait, on pourrait faire vraiment un sujet là-dessus. Domaine qui est quand même fréquenté 99% par des femmes, occupé surtout par des hommes. Donc ça, ça m'a beaucoup la place des personnes qui entrent dans le game. Parlons de confiance, prenons notre place. On n'ose pas encore assez en tant que femmes, du coup. Si on n'ose pas, d'autres prennent la place. Et pour moi, c'est un sujet connexe à la violence qui est faite aux enfants, dans les familles. Je suis très touchée par ça. parce que j'ai accompagné beaucoup en tant que sophrologue de cas de violences intrafamiliales, d'incestes, etc. Les violences exprètes, je suis très sensible sur le sujet. Et pour moi, la façon dont on traite les enfants, c'est la façon dont on traite les femmes. C'est très lié. Donc, ces deux terrains-là, danser sa vie, ce serait aussi ça. Pour moi, le but, c'est pouvoir œuvrer, pouvoir, moi, déployer mon activité, ce qui va me permettre de contribuer beaucoup plus largement au monde, notamment dans ces domaines-là.
- Speaker #0
Très bien. On va se terminer sur sa belle pensée. Merci beaucoup Gaëlle pour tout ce que tu nous as livré dans cet échange. Il y a plein de choses, je pense qu'il faudra réécouter l'épisode plusieurs fois pour ancrer des phrases, des mots qui font qu'on avance aussi dans la vie. Et merci du coup de nous en avoir livré là pendant cet échange.
- Speaker #1
Merci à toi et merci de vrai parce que j'aime bien le souligner quand même faire un podcast. Je sais à quel point ça demande de l'énergie, du temps. Moi il y a des podcasts qui ont changé ma vie. vraiment, des écoutes de personnes qui ont changé ma vie, donc si on peut semer des graines c'est super donc merci à toi, et à chaque question, tu vois moi aussi ça me permet d'avoir un éclairage différent sur ma pratique donc c'est une vraie co-construction, donc merci à toi aussi, pour cette expérience très bientôt j'espère que cet épisode vous a plu merci d'avoir pris le temps de l'écouter,
- Speaker #0
et n'hésitez pas si vous avez aimé, à le partager à le commenter, à faire vivre la communauté Elzagis Je vous retrouve très vite pour un nouvel épisode. Et n'oubliez pas que des lives sont aussi disponibles sur mon compte Instagram emily.b.sophrologue et que vous pouvez aussi retrouver toutes les informations de l'épisode sur le site du podcast www.elsagis.com. A très bientôt !