- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast de Daphné et Fatou, tu écoutes « Elles disent » .
- Speaker #1
Elles disent quoi ? Tout, rien, mais surtout l'essentiel pour avancer, grandir et se trouver en toute sincérité. Coucou les filles, coucou Fatou, coucou Daphné, comment tu vas ? Ça va et toi ? Très bien, ça va bien, ce sont les vacances donc ça ne peut qu'aller.
- Speaker #0
C'est clair, moi j'essaie d'en profiter même si j'ai pas pris beaucoup de jours mais ça fait du bien d'avoir le temps pour faire les choses tranquillement. Et justement, aujourd'hui pour ce premier épisode du mois de mars, moi qui est consacrée à la femme et aux problématiques, que la femme noire en particulier peut rencontrer. Donc aujourd'hui, on va poser une question qui me fait beaucoup m'interroger dans ma trentaine, parce que je ne trouve pas forcément ça normal que je sois autant fatiguée physiquement, mais aussi mentalement. Et je vois qu'autour de moi aussi, beaucoup de femmes ressentent cette même fatigue. C'est une fatigue qui est liée aux exigences du quotidien, mais aussi de... de la santé et aux exigences de la société en général. Donc aujourd'hui, je pose la question, est-ce que la femme noire, nouvelle génération, doit être condamnée à être fatiguée ? En fait, quand je parle de fatigue, je ne parle pas de la fatigue d'une mauvaise nuit, je parle de cette fatigue chronique, un peu silencieuse, celle qui s'installe même quand tout va bien. Parce qu'en fait, sur le papier, c'est vrai que j'ai tout. Je pense que beaucoup de mes amis ont tout pour être heureuse. On a des diplômes, des opportunités, des ambitions. On peut voyager, on entreprend, on investit. Mais en réalité, si je suis vraiment honnête, en fait, aujourd'hui, je suis quand même assez fatiguée. Je pense que beaucoup de femmes aujourd'hui sont fatiguées. On est fatigué de performer, fatigué d'être forte. Fatiguée d'être indépendante, fatiguée de devoir prouver. Et en fait, on nous a souvent dit qu'on pouvait tout avoir, mais en fait, on ne nous a pas dit quel était le prix de tout avoir. Fatou, est-ce que toi, tu te sens fatiguée aussi ?
- Speaker #1
Écoute, je me suis sentie fatiguée, tu vois, et je crois que j'ai mis du temps à l'admettre. Parce que cette période où je me suis sentie fatiguée, on va dire que j'étais jeune, j'avais deux enfants rapprochés, je travaillais, j'étais hyper dynamique, j'étais partout en même temps. Et dans ma tête, j'étais une femme forte, donc en fait, je n'avais pas à me plaindre, tu vois. Et comme tu disais, tu vois, je n'étais pas malheureuse parce que j'avais tout, j'avais un mari, j'avais des enfants. J'avais un foyer, j'aimais ma vie, mais j'étais dans une tension permanente où il fallait toujours que j'anticipe, j'organise, je planifie. Et il y a un jour où je me suis dit, en fait non, ça ne peut pas durer comme ça, je ne peux pas être comme ça et être fatiguée tout le temps alors que tout ce que j'ai va. Et c'est là où je me suis dit, mon rôle de mère, je ne peux pas le mettre en pause parce que j'ai mes enfants et qu'ils ont besoin de moi. Et c'est à ce moment-là où j'ai décidé de mettre ma carrière en pause. Alors, elle n'a pas vraiment été en pause, mais tu vois, j'ai décidé de me mettre à 75%. C'est une vraie chance.
- Speaker #0
Pouvoir se le permettre, c'est top.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Donc voilà, à ce moment-là, j'étais vraiment fatiguée. Mon travail m'a permis de... Et donc, dans l'éducation nationale, ce qui est chouette, c'est que tu peux te prendre un temps partiel de droit quand tu as des enfants de moins de 12 ans. J'ai saisi l'occasion et je me suis mise à 75%. J'avais tous mes vendredis jusqu'à ce que ma fille ait 4 ans. C'est vrai que j'avais ce vendredi qui me permettait soit d'avancer sur des tâches ménagères et du coup le samedi et le dimanche c'est vraiment un vrai temps de week-end. Soit aussi c'était un temps qui me permettait de me retrouver juste moi-même, boire un café, traîner. Je n'avais pas d'injonction mais c'était ce jour-là qui m'a permis d'être moins fatiguée. Voilà, aujourd'hui, je me sens beaucoup moins fatiguée parce que d'une part, mes enfants, ils ont grandi. Mais aussi parce que j'habite à Abidjan. Donc, qui dit Abidjan, dit que j'ai de l'aide à la maison. Et ça, clairement, ça change tout.
- Speaker #0
Ça, c'est clair. Ça change tout. Ça change tout.
- Speaker #1
Donc, je crois qu'on n'est pas condamné à être fatigué. Je pense qu'il y a des moments de notre vie, bien sûr, où on l'est plus, selon peut-être le travail qu'on fait, selon si on a des enfants en bas âge ou pas. Et il y a des moments où on l'est moins. Et aujourd'hui, je peux dire que je suis beaucoup plus fatiguée. beaucoup moins fatiguée qu'avant. Tu m'avais posé cette question, si tu m'avais posé cette question en 2019, je t'aurais dit oui, je suis exténuée.
- Speaker #0
J'ai l'impression que nos vies se sont inversées, parce que c'est pareil, en sortant du Congo, tu as toute ta logistique. Je me souviens, mon deuxième, quand il est né, en plus, j'ai refusé de rentrer en France pour accoucher, je voulais accoucher au Congo. Et donc, j'ai accouché, je suis sortie de l'hôpital peut-être 24 heures après mon accouchement, et d'avoir tout... toute l'aide que t'as, quoi. Le chauffeur, la nounou, le ménage, ça changeait tout. Et c'est vrai que maintenant que je suis en France avec les garçons, pou, voilà, franchement, c'est physique, quoi. C'est vraiment sport. Et le pire, c'est que parfois, on n'a même pas le droit de dire qu'on se sent fatigué. La phrase de ma mère, la phrase préférée de ma mère, à chaque fois que je me plains un petit peu, c'est « Mais comment je faisais, moi ? » C'est vrai que, bon, elle, tu vois, c'est une mère célibataire en France avec deux enfants. Vraiment, on n'a que 18 mois de différence. Donc, aujourd'hui, quand je vois mon quotidien, je me demande vraiment tous les jours comment elle a fait. Mais je ne suis pas forcément d'accord avec le fait que je n'aurais pas le droit de me plaindre. Je n'aurais pas le droit de me plaindre, soi-disant, parce que je suis diplômée, je travaille, je suis indépendante. Je fais partie un petit peu de cette génération de femmes... africaines qui réussissent dans leur vie quand même mais il n'empêche qu'intérieurement j'ai quand même l'impression de courir tout le temps en fait dans notre génération et plus particulièrement dans notre communauté je pense que en fait beaucoup de femmes ne portent pas seulement leur ambition personnelle tu vois, elles portent des fois le sacrifice des parents qui ont fait qu'elles puissent avoir les diplômes et la vie qu'elles ont aujourd'hui mais aussi les attentes communautaires, parce que t'as beau être, je sais pas moi, cadre ou DG d'une société, il n'empêche qu'on va forcément attendre de toi que tu continues à jouer ton bon rôle de femme à la maison, quoi, de mère, de tout ça. Et puis en plus, c'est quand même rare d'avoir l'image d'une femme noire. qui se laisseraient aller. Je ne sais pas si tu as déjà eu ce genre d'image autour de toi, mais ce que je remarque, c'est que les femmes noires que je vois autour de moi, c'est toujours l'image de la femme forte, la femme noire forte. Et en fait, je trouve que nous, en tant que femmes noires, on ne peut pas juste réussir, on doit exceller dans tout ce qu'on entreprend. Et c'est une pression que moi, personnellement, je ressens. Je ne sais pas si toi, tu ressens cette même pression.
- Speaker #1
Ah, mais clairement, et d'ailleurs, quand t'as dit pour ta maman, j'ai revu la mienne, me regarder, tu vois, limite avec incompréhension, quand, tu vois, j'osais à peine lui dire, là, maman, je suis fatiguée, je suis épuisée. En gros, voilà, elle me dit, mais en fait, t'as même pas le droit de dire ça, parce que, d'une, ton mari t'aide, de deux, t'as un lave-vaisselle, de trois, à l'époque, quand je travaillais pas le vendredi, tu travaillais pas le vendredi. Donc en fait, à quel moment tu me dis ça ? Et en fait, du coup, tu te sens cool. coupable de dire, ah mince, ok, j'ai pas le droit de dire que je suis fatiguée parce que j'ai ceci, j'ai cela et tout. Mais en fait, je pense que nos mères, elles avaient une pression immense, en fait, tu vois. Mais elles, elles vivaient entourées. Je sais pas comment dire. Elles avaient toujours une sœur, une tante, une copine. Et la charge, elle était peut-être lourde pour elles. Elle l'était. Enfin, vraiment, je remets pas du tout ça en question. Mais elles étaient partagées, tu vois. Nous, nous... on vit quand même dans des maisons, dans des appartements fermés et on gère, tu vois, nos enfants, nos carrières, nos émotions un peu seules. Voilà, on n'est pas dans une communauté et ce n'est pas que notre fatigue n'est pas plus grande, c'est qu'elle est différente en fait, tu vois. La leur, elle est peut-être plus physique, collective, etc. Mais la nôtre, je trouve qu'elle est, voilà, c'est une physique, pardon, c'est une fatigue qui est plutôt mentale et surtout, elle est silencieuse. Tu vois, on garde ça un peu pour nous. Bon, là, on en parle toutes les deux, etc. Mais je trouve qu'avant, ce n'était pas du tout la même chose. Et c'est peut-être pour ça que, en tout cas, nos mères, nos tantes, nos grand-mères, elles ont du mal à voir ça, en fait. Tu vois, il y a à le comprendre.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et c'est vrai que moi, depuis qu'on est revenu en France, donc ça fait deux ans maintenant qu'on s'est réinstallé pour des raisons professionnelles en France, il y a aussi cette pression de l'image, pas l'image vis-à-vis de tout le monde, mais vis-à-vis de, tu vois, par exemple... Quand tu déposes tes enfants à l'école, moi, je vais mettre la pression pour que les enfants, il faut qu'ils se soient carrés, il faut que le goûter, ce soit le bon goûter. Il faut que, tu vois, que quand j'arrive au travail, il faut que tu sois tiré à quatre épingles, que tu montres que tu gères, que ta vie, tu la gères. Et quand tu es dans un environnement où, en fait, tu sais qu'il y a des a priori, tu vois, en tant que, enfin, en tout cas, peut-être que les gens vont dire que non, mais c'est la paranoïa que l'on a. mais je pense quand même qu'en tant que Noir quand t'arrives dans un endroit, j'ai l'impression quand même qu'il y a un a priori. Tu pars quand même, je trouve, avec peut-être deux points en moins. Et donc, de ce fait, en tout cas, c'est quelque chose que j'ai interrogé, mais de ce fait, c'est important pour moi de surperformer, tu vois, de montrer que... Enfin, pas montrer, mais en tout cas, c'est vrai que si, en fait, je veux représenter une femme noire qui ne répond pas à ses stéréotypes, et donc, de ce fait, je vais être bien plus... carré vis-à-vis de mes enfants, m'assurer qu'ils disent bonjour, qu'ils soient propres, qu'à l'école, ça se passe bien.
- Speaker #1
Qu'ils ne soient pas négligés.
- Speaker #0
Au travail, c'est pareil. Je vais peut-être vouloir en faire plus que les autres. Et en fait, quand tu es une femme noire dans un environnement qui est majoritairement blanc ou élitiste, j'ai l'impression que tu ne peux pas te permettre la médiocrité. Tu dois être deux fois plus préparé, deux fois plus professionnel et deux fois plus irréprochable. Et pour moi, c'est vraiment une tension permanente. Je me doute que tout le monde ne ressent pas ça. Il y a plein de gens qui disent « moi, je n'en ai rien à faire » . Et c'est top. Mais moi, personnellement, c'est quelque chose que je ressens et c'est quelque chose qui m'épuise. En fait, ce n'est pas vraiment le travail en soi, mais c'est la vigilance constante. c'est pas être je vais faire en sorte de ne pas être celle qui s'énerve ou qui va être vu comme étant agressive, je ne vais pas vouloir en faire trop, ou être quelqu'un qui se la raconte. En fait, c'est toute une société dans laquelle on vit qui fait que tu es toujours obligé d'être en représentation.
- Speaker #1
Oui, tu es toujours dans le contrôle.
- Speaker #0
Voilà, toujours en contrôle. Et en plus de cette représentation, de ton attitude, de ton comportement, de comment tu gères ta vie. À cette pression de performance, on ajoute la pression esthétique. Tu vois, aujourd'hui, il faut, au-delà d'avoir ta vie carré et bien comme il faut, aujourd'hui, il y a aussi des attentes esthétiques qui peuvent être portées sur soi. C'est qu'il faut être soigné, il faut être stylé. Il faut être fit, il faut être, tu vois, représenter quelque chose de frais, de... Tu vois, être... C'est vraiment, genre, on te tire de tous les côtés, quoi, tu vois. Et puis, pour les femmes noires, je vais parler du sujet qui fâche, nos cheveux, notre peau. Tu vois, porter ses cheveux naturels, c'est un choix que moi, je respecte. Il n'y a pas de souci, tu vois. Après, moi, personnellement, je sais que je porte... Je peux porter mes cheveux naturels comme j'ai aucun, enfin voilà, j'aime beaucoup porter des perruques, j'aime beaucoup porter des tissages. Et en fait, t'as l'impression que si tu portes des tissages ou si tu les lisses, ben en fait, on va te dire oui, mais voilà, t'es complexée, tu as une vision, enfin en gros, tu veux ressembler à une blanche. Si tu les laisses naturelles, moi je sais que, enfin tu vois, t'arrives à un mariage avec tes cheveux naturels, je sais que tu vas avoir des remarques, donc là, pourquoi t'as pas été chez le coiffeur ? mais t'es pas coiffée, alors que c'est seulement tes cheveux et qu'ils sont coiffés, mais en fait aux yeux de tout le monde en fait avoir ses cheveux naturels c'est pas être vraiment coiffée donc tu vois et des fois je vais me demander mais est-ce que je me prépare pour moi-même ou est-ce que je me prépare par rapport au regard que je sais qu'on va porter sur moi est-ce que tu vois ce que je veux dire Fatou ?
- Speaker #1
Ouais, non, franchement, je vois très bien ce que tu peux dire. Et pendant que tu parlais, du coup, je me demandais moi-même, tu vois, est-ce que je faisais ça pour moi ou est-ce que je fais pour les autres ? Moi, c'est vrai que je suis quelqu'un qui aime beaucoup m'apprêter, tu vois. Même après mes accouchements, je prenais le temps de me coiffer, mon brushing, il était on fleek, enfin...
- Speaker #0
Pareil.
- Speaker #1
Tu vois, il était vraiment, voilà. Et je le faisais pas parce qu'on me l'imposait, mais parce que ça me permettait de me sentir moi. Je me souviens, quand les enfants étaient bébés, je prenais quand même toujours 10-15 minutes pour me maquiller, même légèrement. Et ça me faisait du bien de me dire « Ok, je suis là, je suis encore une femme. » Mais là, je me pose la question, même si je te le dis que je le faisais pour moi, est-ce que je le faisais vraiment pour moi ou est-ce que je le faisais pour ne pas qu'on me dise « Ah ouais, elle a l'air négligée celle-là, elle n'a pas bonne mine. » Et puis, tu peux aussi le faire par peur parce que... On n'oublie pas, voilà, quand tu restes à la maison, tu peux être en mode, voilà, bonnet sur la tête, foulard en mode jogging, mais ton mari, il sort aussi, tu vois. Donc, tu peux aussi avoir cette peur que ton mari, il va voir ailleurs parce que, voilà, quand il rentre à la maison, ce qu'il voit, ce n'est pas... Ce n'est pas Jojo. Donc... Alors,
- Speaker #0
une question. Est-ce que c'est une peur ? Est-ce que c'est une peur qui est liée à ton partenaire vraiment ? Ou est-ce que c'est une peur que t'es... En fait... que tes parents ou les expériences des autres ont porté sur... Tu vois ce que je veux dire ? Des fois, tu te mets une pression, mais tu ne sais pas si cette pression s'est faite parce que ça n'a rien à voir avec ton partenaire. Ce n'est même pas ton mari qui t'a fait sentir que lui, dès qu'il sort, il a les yeux qui traînent. Mais c'est juste que... En tout cas, moi, c'est ce qu'on m'a inculqué. C'est qu'il faut rester fraîche parce que tu ne sais jamais ton mari... C'est d'abord garder ton mari, etc.
- Speaker #1
En fait, c'est tes propres insécurités. tes propres insécurités ou même celles des autres qui rejaillissent sur toi. Peut-être des fois, les autres ont ces insécurités-là et te les transmettent et tu te dis, ah ouais, il faut que je sois fraîche pour mon homme. Alors qu'en vrai, ça se trouve que lui, il s'en fout. Mais du coup, ça participe à la fatigue. Ça veut dire qu'il faut qu'on soit toujours dans le contrôle sur tout. Sur ce qu'on va dire, comment on va être. comment on va se présenter. Et tu vois, tout à l'heure, tu disais que ce soit quand tu emmènes tes enfants à l'école, mais du coup, ça va être et à l'extérieur et à l'intérieur parce que là, tu es dans ton foyer, tu es chez toi et même chez toi, il faut que tu sois bien. Donc, ça veut dire que tu dois toujours maintenir un niveau. C'est ce qui contribue à la fatigue.
- Speaker #0
Oui, et je pense vraiment que cette pression, c'est vraiment propre à la femme. C'est-à-dire que je n'ai pas l'impression que les hommes, on leur met une pression sur... attention, grossis pas trop, sinon ta femme va te quitter. On ne leur met pas ce genre de truc. Et moi, je me souviens, les premières injections que j'avais de ma mère, par exemple, c'était typiquement du style une femme, ça ne reste pas au lit jusqu'à 11h. Comment tu vas faire dans ton foyer ? Il faut que tu saches cuisiner, il faut que tu saches ci, il faut que tu saches ça. Et en fait, c'est resté. Même si on a beau penser que maintenant on est dans des coupes modernes, nos maris, tu vois, ils aident, etc. Il n'empêche que ces injonctions-là, sont restés, tu vois. Et je trouve que le plus violent, c'est que tu dois rester fraîche sans que ça paraisse difficile, en fait. Ou trop travailler. C'est comme si, en fait, tu devais avoir l'apparence de quelqu'un qui n'a pas d'enfant, de quelqu'un qui n'a pas de... Tu vois, de... de travail, qui n'a pas... En fait, tu dois être fraîche, peu importe qu'elles sont... À quel prix ? À quel prix tu t'es... Donc, à l'été, le prix pour que tu sois fraîche, peu importe, il faut que tu sois fraîche, en fait. Tu n'as pas d'excuses. Et ça, c'est quelque chose que je trouve quand même extrêmement violent. Et il y a un espace où cette fatigue, elle devient très concrète, c'est le couple. Parce qu'en fait, dans le discours public, on parle beaucoup d'indépendance, de carrière, de réussite. Mais une fois la porte de la maison fermée, comme tu disais tout à l'heure, une fois que tu es dans ton foyer, les dynamiques, elles changent. Et dans beaucoup de couples noirs, mais surtout issus de culture africaine ou afro-caribéenne, il y a une tension qui est silencieuse, c'est que, OK, la femme moderne, elle travaille, elle gagne son argent, elle est diplômée, mais elle reste très souvent responsable du foyer. Toi, comment elle se partage la responsabilité du foyer chez toi, Fatou ?
- Speaker #1
En fait, c'est vrai que, tu vois, avec mon mari, on ne s'est jamais assis pour se dire, vas-y, on va faire un tableau des tâches, toi, tu fais ci, moi, je fais ça. Ça s'est fait vraiment de manière très naturelle. Et voilà, donc, voilà, moi, mon conjoint, il a pris vraiment les choses en main. Tu vois, il fait, par exemple, le linge, les courses, la vaisselle. Et je pense que ça vient du fait et qu'il y habitait seul, mais aussi le fait que, tu vois, il a vu sa mère aussi tout porter. chez lui quand il était enfant et ado. Et je pense qu'il ne voulait pas reproduire ça. Maintenant, tu vois, ce n'est pas du 50-50 mathématiques. Ce n'est pas « je fais la moitié de ça, moi je fais la moitié de ça » . C'est vraiment un équilibre. Moi, tu vois, je fais l'anticipation, l'organisation, des vacances, des choses du quotidien et tout. Et lui, il est plus dans le concret, l'administratif. Donc, on ne fait pas les mêmes choses au même moment, mais on porte ensemble le foyer. Et vraiment, ça se passe… Ça se passe bien, donc bien sûr, ça participe au fait que ma fatigue est allégée.
- Speaker #0
Oui, nous, c'est un peu pareil. On n'a pas de règles établies, tu fais ci, tu fais ça. Mais en fait, c'est en fonction du temps qu'on a. Si tu es là et qu'il y a ça à faire, tu le fais. Tu ne vas pas dire non, ce n'est pas mon tour, j'attends qu'il le fasse. Au même titre que si moi, je ne suis pas là, je sais qu'il est capable de tout gérer dans la maison. Donc, sur ce partage de responsabilité, c'est vrai que... Je pense que j'ai de la chance d'avoir un mari qui n'est pas astreint aux stéréotypes de genre « oui, t'es la femme, donc tu dois tout faire » , tu vois. Mais il n'empêche que, tu vois, si on devait recevoir du monde à la maison, ben, bizarrement, enfin, c'est pas bizarrement, mais tu sens que c'est moi qu'on attend en tournant, quoi, tu vois. Que si la maison, tu vois, même si la maison, elle est en désordre. et que j'étais même pas là pendant toute la semaine et que le désordre, en fait, c'est divin qui l'a laissé, enfin, mon mari qui l'a laissé, pardon, en fait, on regarderait pas mon mari. On dirait, mais Daphné, c'est pas tenir une maison.
- Speaker #1
C'est clair. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Si, tu vois, et c'est pareil même à l'école. Si, par exemple, il y a un pique-nique pour l'école et que mon mari le sait, qu'il fait pas le pique-nique pour les enfants, eh ben, je sais qu'on dira, ah, mais la maman de Lilian, elle a pas pensé au goûter. Alors que, tu vois, on est un couple.
- Speaker #1
D'ailleurs, je vais t'interrompre parce que j'ai une anecdote là-dessus, tu vois, et ça rejoint exactement ce que tu dis. Donc, je disais, en tant qu'enseignante et ancienne directrice, moi, ça, je l'ai vu à plusieurs reprises où, comme tu disais, un pique-nique oublié, etc., tu vois, on va appeler, mais on appelle la maman. Pourtant, sur l'affiche de l'enfant, il y a les deux, tu vois. Et c'est même quelque chose, on en a parlé en conseil. de maître et tout, un enfant il se blesse, un enfant il est malade, l'enfant il est là, personne n'est venu récupérer l'enfant, c'est toujours la maman qu'on appelle. Et bien moi il y a une fois où je me suis dit maintenant j'appelle que le papa, tu vois. Pour voir ce que le papa va me dire. Et bien alors des fois, souvent, le papa il répond pas. Donc du coup, t'es obligé d'appeler le deuxième numéro et c'est la maman et là elle répond, tu vois. Il y a des fois où le papa, il va dire, ah d'accord, je vois avec mon épouse ou la maman. Et franchement, voilà. Et des fois, mais c'est rare, où ah d'accord, j'arrive, ou ah d'accord, je m'en occupe. Tu vois, c'est vraiment dans cet ordre-là. Soit ça ne répond pas et on est obligé d'appeler la maman, soit le papa lui-même, il dit, ah ben, je vais appeler la maman. Tu vois, et donc du coup, ben voilà, c'est juste lui qui l'appelle, mais en fait, on aurait pu l'appeler. Et dans de rares cas, cas, le papa, il va dire je m'en occupe, j'arrive, désolé.
- Speaker #0
Mais pour autant, ça ne veut pas dire qu'au sein de ses foyers, c'est déséquilibré. Ça ne veut pas dire qu'au sein de ses foyers, ça veut dire que la mère, elle gère tout, tu vois. Mais c'est implicite. En réalité, c'est quand même toi qui gères ou en tout cas qui supervise la plupart du temps les courses, l'organisation, les rendez-vous, en fait la logistique familiale, quoi. Et puis tes enfants, moi les miens, je sais que... tu vois, leur émotion, quand il y a quelque chose qui ne va pas ou ils ont quelque chose à dire, ils vont d'abord chercher leur maman. J'ai quand même l'impression que c'est d'abord maman, maman qu'on va attendre et c'est là que je leur dis et moi, ma réponse, c'est, mais tu as un père aussi. Et là, ils disent, bon, mon papa. Mais sinon, même quand vous travaillez tous les deux, même quand tu contribues autant financièrement, il y a cette idée que la maison reste ton territoire moral. Et... Et en fait, c'est là qu'on touche quelque chose de sensible, parce qu'en fait, la femme noire de notre génération, elle est prise entre deux injections contradictoires. En fait, être indépendante, donc financièrement et au travail, etc., mais rester traditionnelle. Donc, le mari doit rester l'homme du foyer, le chef de famille. Il faut être ambitieuse, mais il ne faut pas dépasser son homme, parce que c'est vrai que ce n'est pas hyper bien vu. Quand toi, je ne sais pas moi, tu as beaucoup de responsabilités et que ton mari, il a juste un poste d'employé, tu vois. Ce n'est pas quelque chose qui est bien vu dans notre communauté. Il faut aussi contribuer financièrement, mais garder la responsabilité domestique. En fait, c'est une double journée, c'est une double pression. Et moi, ma question, c'est... Est-ce qu'on veut vraiment tout ça, en fait ? Ou est-ce qu'en fait, on a peur de ne pas être assez si on renonce à certaines choses ? On a remplacé la pression patriarcale d'hier, donc la pression de nos pères, par une pression d'auto-performance aujourd'hui. On doit guérir nos traumas, en même temps être émotionnellement intelligente, faire du sport, méditer, investir, voyager, construire un couple stable, entreprendre, et tout ça, en fait, avant 30 ans. C'est beau, tu vois, c'est tout un programme, mais moi je pose la question, on respire quand en fait ? Et puis surtout, c'est à quel prix en fait ? Parce que finalement, moi personnellement, le prix que toutes ces injonctions et toutes ces pressions que je me mets, elles peuvent avoir pour moi, c'est une anxiété permanente, c'est une comparaison constante, c'est vraiment un truc. que je fais, en plus avec les réseaux, ça n'aide vraiment pas. Tu vois, tu as des nanas, elles sont pêches, elles ont un mari qui, financièrement, elles sont bien, les enfants sont clean, tu as l'impression que tout leur réussit. Et l'autre prix qu'il peut y avoir aussi, c'est le burn-out précoce et l'oubli de soi. Et j'avais pas l'impression d'autant le vivre en étant au Congo, tu vois. Mais depuis que je suis arrivée en France, c'est vrai que Ouais, je ressens quand même une pression mentale assez forte, tu vois. On veut tout avoir. Et moi, je me demande, si au final, on se perd en chemin, est-ce qu'on a vraiment gagné, en fait ? Peut-être que la vraie modernité, en fait, c'est pas de tout porter, c'est de choisir consciemment. C'est choisir ce qu'on accepte de sacrifier, choisir ce qui est essentiel, en fait, choisir son rythme. et accepter que ralentir, ce ne soit pas forcément un échec. Et moi, maintenant, aujourd'hui, je vois vraiment le fait de pouvoir ralentir comme toi, tu as pu le faire à temps partiel. Ce n'est même pas un échec, c'est un luxe. Moi, je trouve que c'est un luxe. Aujourd'hui, au vu des projets qu'on a, nous, à la maison, je ne pense pas que je peux me permettre de dire, écoute, soit j'arrête de travailler ou j'arrête à temps partiel. Mais j'avoue que j'aspire à ça. J'aspire à ce qu'on arrive à une situation telle où mon mari peut me dire, écoute Daphné, tu vois, notre budget, il est à l'équilibre. Ça y est, on est arrivé à un stade où c'est comme tu veux. Si tu veux continuer, continue. Mais si tu veux faire une pause, c'est OK parce qu'on ne va pas du tout être déstabilisé. Et en fait, accepter que... Donc, accepter de ralentir et de se faire, de se reposer, en fait, ce n'est pas de la paresse. Moi, c'est vrai que pendant très longtemps, si je restais toute une matinée oisive ou une après-midi chez moi à rien faire, je me sentais coupable. Je me sentais coupable. J'ai l'impression que ma mère, elle me regardait par une caméra et qu'elle me disait
- Speaker #1
« Lève-toi ! »
- Speaker #0
Et qu'en fait, quand tu dis non à un projet, non à un truc, c'est manquer d'ambition. Et peut-être qu'en réalité, la vraie révolution pour notre génération, ce n'est pas prouver qu'on peut tout faire, mais c'est oser dire que je n'ai pas envie de tout faire. Ça ne me dit rien, en fait. Et je trouve que cette nouvelle génération, en tout cas dans le cadre du travail, elle réussit bien à dire que mon travail, ce ne sera pas toute ma vie. Et en fait, si c'est l'heure de partir, je pars. Et ça, je trouve ça... Je trouve que c'est une belle façon de voir les choses et de remettre l'essentiel au cœur de sa vie. Fatou, qu'est-ce que tu dirais à une jeune femme qui ressent une angoisse face à cette pression de la société ?
- Speaker #1
Comme j'aime bien employer cette expression, je crois qu'il y a des saisons. C'est vraiment un mot que j'aime bien parce qu'il y a des périodes dans notre vie où on veut être une femme forte, capable de tout gérer. et moi je pense en tout cas que ça m'est arrivé et la vie te rattrape et comme tu l'as dit elle t'oblige des fois à ralentir par exemple là aujourd'hui je sais que je suis dans une autre saison où j'ai ce temps, où je suis franchement pisse, pas fatiguée mais demain si je rentre en France et que j'ai plus l'aide que j'ai à la maison je vais devoir me réajuster donc en fait tu vois tu passes ton temps à te réajuster en fonction de l'environnement en fonction de d'où t'es de ce que tu vis etc mais je pense qu'il faut parfois aussi s'asseoir et se demander est-ce que ma vie elle me ressemble tu vois, par rapport à la question que tu m'as posée, c'est voilà est-ce que ma vie elle me ressemble, est-ce que je joue un rôle pour correspondre à une image ou est-ce que ça me ressemble vraiment et j'aimerais dire aussi qu'il n'y a pas un modèle unique peut-être qu'une femme elle peut être heureuse en portant tout tu vois moi je pense que clairement ma mère
- Speaker #0
ça l'a rendu profondément heureuse de tout porter à la maison, de porter son foyer, de tout faire, et tant mieux. Tu vois, je pense qu'il y a des femmes qui font ça en portant, en faisant tout, mais si intérieurement, le fait de faire tout ça, ça te brûle, t'es pas bien, eh bien, je pense qu'il faut oser dire stop. Tu vois, il faut oser dire stop, oser ralentir, parce qu'il n'y a personne qui va venir à ta place te ajuster.
- Speaker #1
Il y a des femmes à qui ça correspond ?
- Speaker #0
Il y a des femmes à qui ça correspond de tout porter, de tout faire à la maison. Et c'est OK pour elles et c'est leur vie. Mais si toi, c'est ton cas et que ça te brûle à l'intérieur et que tu n'en peux plus, je pense qu'il faut oser dire stop. Il faut oser, comme tu l'as dit, ralentir. Parce qu'en fait, il n'y a personne qui va venir et le faire à ta place. Il n'y a personne qui va venir ajuster ta vie à ta place. Il n'y a que toi qui sais. ce qui est bon pour ta vie et ce qui ne l'est pas en fait. Et c'est pour ça que je dis que chaque vie, chaque femme est unique. Tu vois, on a un seuil de, je ne sais pas si ça se dit, de fatigabilité unique en fait. Tu vois, peut-être toi, je dis n'importe quoi, mais peut-être que toi, tu vas travailler toute une journée, tu vas rentrer, tu vas faire ton ménage, ton repas, plein de trucs. Et là, tu vas être fatiguée. Mais il y en a peut-être pour d'autres, elles vont juste rentrer faire le repas et ça va être leur seuil en fait. Voilà, rien ne sert à comparer, c'est nous-mêmes qui savons ce qui est bon pour nous. Et c'est pour ça qu'il faut des fois s'arrêter et se dire, ok, là j'en peux plus. Et même s'il y a deux, trois ans, tu étais capable de faire tout ce que tu faisais, mais qu'aujourd'hui tu ne peux plus, il faut se l'avouer en fait. Parce qu'on change, on s'adapte, on vieillit aussi, tu vois. Oui, moi aussi.
- Speaker #1
Je ne dis pas ça.
- Speaker #0
Non, mais parce qu'il y a des choses qu'on acceptait de faire avant et qu'on pouvait faire avant. qu'on ne peut plus faire aujourd'hui aussi. Et peut-être aussi, il y a des choses qu'on faisait moins avant et qu'on peut plus le faire maintenant parce qu'on a des habitudes, on s'organise aussi mieux. Je vais donner un exemple tout bête, mais par exemple, faire des valises pour aller en vacances. Moi, ça, c'est un truc qui m'insupporte. J'aime partir en vacances, mais faire les valises, voilà. Et il n'y a que moi qui le fais parce que mon conjoint, il va peut-être le faire, mais il va le faire mal, il va oublier quelque chose et tout. Avant, c'est quelque chose qui me fatiguait profondément. Il fallait peut-être que je le fasse en plusieurs jours, etc. Mais à force, j'ai acquis une certaine expertise là-dedans. Et donc, ça me fatigue moins. Et pourtant, j'ai vieilli, j'ai plus un enfant, mais j'en ai deux. Mais de le faire à force, à force, à force, ça me fatigue moins. Parce que j'ai des petits…
- Speaker #1
Tu as des automatismes.
- Speaker #0
Des automatismes, exactement. Donc, je pense qu'il y a des choses qui vont plus nous fatiguer avec l'âge. Et d'autres, au contraire, ah ben mince, ça finalement, je le fais de manière naturelle et c'est plus automatisé. Donc voilà à peu près ce que je dirais. Et quoi ? Il faut s'ajuster, il faut faire avec son temps et ne pas se comparer en fait.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et moi, je vais rebondir aussi pour dire qu'il faut aussi ne pas hésiter à prendre de l'aide. Même pour celles qui sont en France, tu vois, qui vont se dire, ah oui, moi, j'ai pas mal de logistique, moi, je ne me cache pas. J'ai une femme de ménage et j'ai une nounou le mercredi après-midi. Et en fait, il ne faut pas hésiter. Tu sais, souvent, en tout cas, pour moi, au départ, avoir une femme de ménage, je vais dire que t'es hyper riche. Alors que tu vois, en fait, en France, il y a quand même des leviers qui font qu'avec le crédit d'impôt, avec le CMG, en fait, tu as plein de leviers qui peuvent t'aider à ne serait-ce que deux heures, trois heures. avoir de l'aide dans ton quotidien et ça je pense qu'il ne faut pas hésiter à en prendre, il ne faut pas se sentir coupable et puis peu importe ce que je demande des autres et puis en fait vous n'êtes pas obligé de dire à votre famille que vous avez une femme de ménage qui passe, moi je ne suis pas sûre que ma famille soit au courant que j'ai une femme de ménage qui passe deux fois dans la semaine tu vois et t'ont taillé ou pas ? ou en tout cas on te regarde genre ah ouais t'as une femme de ménage comme si c'était, et c'est pas si inaccessible que ça, quand tu calcules les impôts que tu payes et le crédit d'impôt que tu as derrière finalement c'est pas mal d'avoir quelqu'un ne serait-ce que 2-3 heures dans la semaine donc demandez de l'aide aussi demandez de l'aide c'est vrai qu'on n'a pas le village que nos parents pouvaient avoir mais je pense que si vous trouvez une bonne amie de confiance qui de temps en temps peut garder les enfants et au même titre vous pouvez garder ces enfants de temps en temps je trouve qu'il faut s'organiser il faut recréer un sentiment de communauté et il faut se renseigner sur tous les leviers possibles pour que vous puissiez un petit peu vous décharger. Donc voilà, l'objectif de cette année, c'est se mettre un peu moins la pression, réajuster ce qu'on est capable de faire et ce qu'on n'a pas forcément envie de faire ou on n'a pas l'énergie pour le faire, et bien c'est OK. c'est ok, on ne se culpabilise pas. Soit on trouve un autre moyen de le faire qui peut nous faciliter la tâche, soit on délègue, soit on ne le fait pas. Et en fait, c'est votre vie. Peu importe le jugement des uns et des autres, c'est votre vie, on ne vit qu'une seule fois. Donc autant vivre en étant heureux et aligné avec ses choix. Voilà, voilà. En tout cas, merci Fatou pour cet échange. Premier épisode, je pense qu'on aurait pu faire un épisode même de... qui fasse même le double de cette durée parce que c'est vraiment un sujet qui est riche c'est vrai c'est toujours un plaisir d'échanger avec toi merci à toi c'était super intéressant comme d'habitude on se dit à la semaine prochaine merci beaucoup,
- Speaker #0
à bientôt merci à toi si cette vidéo t'a plu,
- Speaker #1
abonne-toi sur ta plateforme d'écoute à nous mettre 5 étoiles et à nous suivre sur Instagram sur le compte Merci. L10.podcast pour continuer la conversation. Les liens sont en description.