- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Elle en Bretagne, je suis Marie-Cécile, sa fondatrice, et dans ce podcast, mon souhait est de donner la parole aux femmes. Aujourd'hui, je reçois une femme qui casse les codes, qui grame sur les toits et qui gère son entreprise avec passion. Marie-Pierre Marie est couvreuse en Ile-et-Vilaine et à 34 ans, elle incarne une énergie rare entre métier de rêve, vie de famille et engagement pour la place des femmes dans le bâtiment. Marie-Pierre, bienvenue dans le podcast Elle en Bretagne. Donc tu es couvreuse, c'est-à-dire tu interviens sur les toitures, gestionnaire de ton entreprise, mère de famille et même animatrice de ta profession. Alors, on va parler de tout ça. Déjà, bienvenue et ravie de faire cet épisode avec toi. Merci de m'accueillir. Tu dis que la charpente et couverture, c'est le métier de tes rêves. Comment cette passion est-elle née ?
- Speaker #1
Sous cette forme-là, elle a pris un peu de temps. J'ai toujours aimé faire des choses de mes mains, faire du bricolage. Quand j'ai découvert ce métier, la charpente, c'était par le biais de mon frère, qui est devenu charpentier, qui ramenait des petites maquettes à la maison, qui faisait rêver. Il y a plein de possibilités quand on voit une petite maquette comme ça. J'ai découvert ce métier après en visitant les ateliers chez les Compagnons du Devoir.
- Speaker #0
D'accord. Et ça, à peu près, on était en 2007. Oui, c'est ça. Et donc, tu as cherché à découvrir la profession, voir et faire une formation.
- Speaker #1
Oui, effectivement. J'étais déjà chez les compagnons en tant que boulanger, en tant que boulangère même. Et j'ai déclaré une allergie à la farine très violente et très subite. Et les compagnons voulaient m'accompagner dans la reconversion, puisque à ce moment-là, on parle de reconversion, mais c'était plutôt de trouver quelque chose qui m'appelait. J'ai dit tout de suite, c'est parfait, je vais appeler toutes les entreprises de couverture charpente. Déjà, j'ai fait un premier obstacle, c'est que j'ai eu que des refus. Mais en plus de ça, une fois que le prévôt, qui était responsable de la maison, a pris ça, il m'a dit « Oulala, tu sais, cette corporation n'est pas encore vraiment ouverte, en tout cas sur la région où j'étais, aux femmes. » Alors du coup, j'ai continué à visiter les ateliers et on m'a dirigée plutôt vers les métiers de tapissier-garnisseur, qui était un métier, je ne dirais pas en voie de disparition, mais qui peinait à recruter. Et il s'est trouvé que c'est un métier qui, en tout cas, était préservé, voire sauvé par la féminisation. L'année où j'ai fait mon CAP, où j'étais apprentie, on n'était que des filles. Il n'y avait pas un seul garçon dans la section de métier.
- Speaker #0
D'accord, en effet. Donc là, hyper féminisé, contrairement à l'autre activité qui ne l'est pas du tout.
- Speaker #1
Non, non, non. Comme quoi,
- Speaker #0
on a des activités, des cursus très genrés.
- Speaker #1
Là, je me rappellerais toujours la tête de l'ancien qui venait nous dispenser la formation, nous donner son savoir. Quand il a ouvert la porte, il a cru qu'il s'était trompé de salle. Et en fait, non, non, il était au bon endroit.
- Speaker #0
Alors, si je comprends bien, tu as commencé par le métier de boulangère. Tu en as parlé tout de suite. Alors, explique-nous un petit peu. Petite, tu étais attirée par les métiers manuels. Oui. Et ton cursus, justement, jusqu'à boulangère, alors ?
- Speaker #1
Eh bien, j'ai fait un collège classique franco-allemand. J'ai été au lycée en seconde, où je ne me suis vraiment pas sentie bien. je pense que déjà crise d'adolescence power et j'ai eu des complications on va dire, j'ai eu un rapport à la nourriture très compliqué et je trouvais que rien n'avait vraiment de sens j'ai toujours été très active et là j'ai eu un creux de vague et je sentais que je m'accrochais à des choses très manuelles comme de la peinture j'ai eu du mal à être scolarisée sur l'année donc mes parents m'ont inscrite dans une association de peinture paysanne avec Merci. que le troisième âge. Donc voilà, j'ai fait du bricolage, un peu de menuiserie. Enfin voilà, j'ai touché à tout, du collage, enfin bref. C'est là où j'ai dit à mes parents, en fait, pour sauver ma peau, entre guillemets, c'est ce qu'il me faut. Il faut que je puisse faire quelque chose de mes mains. Et mon frère était déjà chez les compagnons et je savais aussi que ce passage devait partir par le voyage. J'avais besoin de quitter le nid et de découvrir d'autres choses. Et c'est vraiment cette proposition-là, quand j'ai découvert la Maison des Compagnons, il y avait une discipline, mais il y avait aussi ce côté famille, ce côté entraide et de pouvoir apprendre tous les métiers. Et j'avoue que quand on aime toucher à tout et découvrir tout ça, pour moi, une Maison des Compagnons, c'était une boîte de Pandore. Il y avait tellement de choses à pouvoir apprendre, en fait. Et c'est vrai que le choix était un peu difficile. La boulangerie, ça s'est posé un peu comme ça. je ne saurais pas dire Je me rappelle très bien avoir dit à mon père, c'est chouette, vraiment, ça me fait plaisir d'apprendre à faire du pain, mais je n'en ferai pas mon métier. Mais je voulais aller au bout parce que je voulais aller au bout du truc. Et puis, en fait, j'ai été rattrapée par un peu cette allergie, mais vraiment, asthme, ne plus pouvoir respirer. Je pense que mon corps m'a aidée à dire, bon, c'est bon, en un an, tu sais faire du pain, maintenant, tu passes à autre chose. Et puis, ta psy-garnisseur, c'est pareil, c'est un métier où j'ai eu beaucoup de passion. J'ai tout de suite acheté plein de livres. pour reconnaître les styles de fauteuil. J'avais appris à faire des drapés, des rideaux de théâtre et compagnie. J'ai mis beaucoup de passion. Mais quand on allait sur chantier, parce que le tapissier va aussi parfois sur chantier pour mettre des stores extérieurs et ce genre de choses, là, je me suis rendue compte que c'était aussi de pouvoir travailler dehors, d'être dans tout cet espace et de construire quelque chose de plus conséquent. Parce que le fauteuil, ça reste quelque chose de petit. Je trouvais ça fantastique. Et là, je me suis dit, en fait, c'est là, c'est sur ça qu'il faut que j'aille. Oui, il y a eu ce refus des compagnons, mais en fait, je suis un peu têtu. Et donc, quand j'ai rencontré Mathieu, lui, il était déjà couvreur. J'étais fourrée à l'atelier tout le temps, à regarder, à les aider à voliger, à tailler de l'ardoise, enfin bref, à plier du zinc. Je trouvais ça fantastique. Il m'a aidée, en fait. Il m'a laissé traîner ses cours, il m'a laissé regarder. Et puis là, j'ai remis la même passion que j'avais déjà. Le déclic avait vraiment été quand on a déménagé en Bretagne. Là, j'ai vraiment pu me dire, on fait un reset et je fais vraiment ce que j'ai envie de faire. Et au final, j'étais encore, j'étais très jeune, j'avais 21 ans et j'avais déjà une sacrée expérience dans mon sac à dos. Mais je me suis dit, allez go, on redémarre à zéro. Je n'ai rien dit à personne. Je n'ai pas demandé l'autorisation à mes parents puisque j'avais déjà fait ma vie. Donc voilà, je leur ai annoncé avec une photo sur le toit. Coucou papa, coucou maman, ça y est, c'est bon, je fais ça maintenant.
- Speaker #0
En effet, c'était une belle façon de déclarer cette nouvelle activité.
- Speaker #1
C'est difficile à synthétiser ou à expliquer parce qu'en fait, c'est des rencontres, c'est des gens passionnés toujours par leur métier, c'est une chance. Et puis, à ce moment-là, on était en Alsace et l'artisanat a une place tellement importante encore là-bas et dans d'autres régions, bien sûr, mais en Alsace, chaque artisan... je trouve, porte ce truc. Ils parlent d'un métier, c'est tellement beau que je pense que c'est ce qui a compliqué les choses pour choisir, c'est qu'en fait, ils sont tous passionnés. J'ai pu rencontrer un ébéniste qui faisait des décors pour un magasin Hermès. Je suis partie là, je me suis dit, je veux faire ébéniste, c'est fantastique. Bon, après, je dis non, en fait, c'est pas du tout, c'est beaucoup trop minutieux pour moi, je voudrais pas faire ça, mais voilà, c'est des rencontres.
- Speaker #0
Et quand tu dis c'est des rencontres, tu en as parlé, tu parlais de voyage. Je sais qu'avec les compagnons, justement, on peut tourner comme ça, aller à la rencontre d'autres artisans.
- Speaker #1
C'est ça. Alors moi, je dépendais de la maison de Strasbourg à ce moment-là. J'allais en stage à Pont-de-Velle. Je suis allée en stage aussi à côté de la région parisienne. Et tout ça à 16 ans, quoi. Quand je suis partie, j'avais 16 ans. Donc on se dit, c'est quand même assez fou. Aujourd'hui, je suis mère d'une fille qui a 13 ans. Je me dis, si dans trois ans, elle me fait ça. Je l'encouragerai bien sûr, mais je sais que j'aurai beaucoup de mal. Donc voilà, on va à la rencontre déjà par le voyage, mais du coup, on rencontre aussi d'autres techniques, puisque la France a cette richesse de techniques par région, qui fait que si on reste juste dans sa région à apprendre une technique, par exemple en couverture, si on reste qu'en Bretagne, on ne maîtrisera jamais la tuile aussi bien que par le voyage. Et ça, on a continué après avec Mathieu. Quand j'ai quitté les Compagnons, j'ai gardé ce truc de voyager, d'aller dans d'autres pays, découvrir et tout ça. Et donc, on s'est fait notre petit tour d'Europe tout seul.
- Speaker #0
Donc, on a bien compris que Mathieu est ton conjoint.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, vous avez fait un tour d'Europe ensemble dans le cadre de cette activité de couvreur.
- Speaker #1
Pas vraiment. En fait, on a voulu voyager tout en gardant notre travail respectif. Mais on s'est vite rendu compte que quand on voyageait, On finissait le nez en l'air à regarder les toitures, à prendre des photos, à documenter. Du coup, on a continué comme ça. Et puis, quand c'était possible, on rencontrait des gens sur place. Mais globalement, c'est plutôt en France qu'on a appris vraiment le cœur du métier.
- Speaker #0
Et donc, tu l'as dit avec Mathieu, tu t'es formée avec ton beau-père aussi, puisque c'était une entreprise familiale. Et tu as appris le métier comme ça sur le terrain. Donc, sur les chantiers. Tu interviens parfois aussi seule, mais avec d'autres corps de métier. Comment ça se passe ? C'est plutôt rare, parce qu'en fait, le couvreur est assez indépendant,
- Speaker #1
sauf sur du neuf. Mais en rénovation, on croise assez rarement. Ça m'arrive que les gens soient surpris. On ne nous attend pas vraiment là. Mais ça se passe toujours bien. Je n'ai pas de remarques. Ce n'est plus un sujet.
- Speaker #0
Oui, sans doute. Ce qui est très bien, d'ailleurs. Par contre, en effet, le client… Oui,
- Speaker #1
le client…
- Speaker #0
Est-ce que tu as des anecdotes ?
- Speaker #1
Oui, oui. En fait, la question qu'on me pose encore hyper souvent, c'est « mais vous allez monter ? » Je fais toujours cette petite blague de « non, non, je vais réparer d'ici » . Puis là, d'accord, après, il se rend compte que c'est absurde. Mais non, les clients, il n'y a pas de « passer la surprise » . « Passer la surprise » , non. D'ailleurs, j'ai fait un chantier où Mathieu passait de temps en temps et je me rendais compte que le client était bien plus prévenant quand il n'était pas là. Il m'apportait un café, un verre d'eau, est-ce que tout va bien ? Alors, quand Mathieu était là, il ne s'en préoccupait pas du tout. et je trouve ça quand même sympa.
- Speaker #0
Et tu as aussi investi dans des outils. Comme j'ai lu, des monts de charge, un treuil, qui finalement, ça a changé ton activité.
- Speaker #1
Oui, alors le métier de couvreur reste un métier physique et très dur. On ne va pas tergiverser avec tous les électroportatifs qu'on peut avoir et tout le matériel de levage. Il y a un moment donné, il y aura quand même une charge physique à déplacer. Rien que de la palette aux monts de charge, par exemple, ça se compte en tonnes, une toiture en ardoise. Donc, on déplace en une journée beaucoup. Mais par contre, d'avoir de l'électroportatif plus léger avec un mont de charge, un treuil et compagnie, c'est des investissements qui, quand on améliore pour soi, on améliore pour toute l'entreprise. Et je pense que réduire la taille des sacs de ciment et compagnie, ça a fait du bien à toute la profession à chaque fois.
- Speaker #0
On est bien d'accord en termes de confort pour toi, évidemment, mais également pour ton conjoint.
- Speaker #1
Pour tout le monde, c'est ça.
- Speaker #0
Et la sécurité aussi.
- Speaker #1
Ah oui, oui. Moi, j'aime bien découvrir des nouveaux trucs. Et là, par exemple, on a changé nos crayons de bois. On est passé sur des crayons où on change les mines, mais le truc est en métal. Pareil, on utilise plus de cutter, on utilise des espèces de petits ciseaux à bois suédois et qui se rangent comme un petit couteau. Et c'est des petites choses, en fait, que moi, je cherche à améliorer mon confort au quotidien. Et à chaque fois, j'en achète un en double et je vois bien. À chaque fois, il me fait la blague, il fait « Ah, on a une responsable des achats vraiment cool » .
- Speaker #0
et quand on monte sur les toits Marie, il ne faut pas avoir le vertige aussi non,
- Speaker #1
alors je l'ai un tout petit peu en fait je me suis rendue compte qu'avec des lunettes ça va beaucoup mieux déjà, Mathieu m'a je dirais désensibilisé à ça avant même de m'apprendre le métier par l'escalade on a fait beaucoup de voies en pleine nature en Alsace et donc j'ai fait de l'escalade jusqu'à vraiment passer cette appréhension de la hauteur quoi. Je pense que la hauteur, ça s'appréhende. Je pense que tous les apprentis, la première fois qu'ils montent sur un échafaudage, ont les genoux qui claquent. Il y a donc ça, mais aussi on peut avoir un petit problème de perception lié à la vue. Et ça se résout par des lunettes. Aujourd'hui, la hauteur, je ne l'appréhende plus du tout. C'est rentré dans les habitudes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors que je pensais que... Quand on a fait le vertige, c'était à vie. Alors, j'avais un vertige pas non plus paralysant. À un moment donné, si je voulais faire ce que je voulais, il fallait que je passe outre ça. J'aime toujours pas tant ça l'escalade, mais aller sur une toiture, c'est OK.
- Speaker #0
Sinon, de toute façon, ce serait compliqué d'exercer.
- Speaker #1
Mais j'ai déjà vu des clients qui voulaient absolument monter sur l'échafaudage, voir ce qu'on faisait et tout ça. Donc, on les accompagnait. Être réellement paralysé pour redescendre. Je pense qu'il y a des gens pour qui, effectivement, Ça peut venir. pas le faire du tout. Mais je pense qu'il y a des gens qui se disent « j'ai le vertige, c'est pas du tout fait pour moi et pourtant ça me plairait bien » . Ça mérite d'être appréhendé, d'être accompagné sur justement de l'escalade, monter progressivement. Oui, un chantier où on est à 13 mètres à l'égout au niveau de l'échafaudage, ça reste toujours plus impressionnant qu'un pavillon classique. Mais je pense qu'il faut se faire accompagner sur ce genre de choses.
- Speaker #0
Oui, et puis tu en es un bel exemple finalement. Tu es aussi vice-responsable de la commission départementale des femmes de l'artisanat. Donc tu es engagée aussi sur cet aspect de féminisation ?
- Speaker #1
Oui, ça c'est une commission qui est au sein d'un syndicat, la CAPEB, un syndicat d'artisans. La mission de cette commission, c'était de regrouper les femmes qui étaient présentes dans l'artisanat. À l'époque, ça s'appelait Commission départementale des femmes d'artisans. Le D'était de trop. Elle était de trop avec les changements sociétaux, la féminisation des métiers. C'est un exemple parmi tant d'autres où il fallait pouvoir nous accueillir aussi au sein de ces commissions. Et puis, il y a de plus en plus de femmes de, je n'aime pas ce terme, mais de femmes de, qui ne se sentaient plus femmes de. Elles étaient OK avec ça quand elles ont pris leur fonction. Et en fait, ce qu'on appelait avant la femme du boulanger, la femme du menuisier, la femme de, aujourd'hui, c'est professionnalisé, a passé des diplômes. Elles sont devenues gestionnaires d'entreprises artisanales, responsables d'entreprises artisanales. C'est des diplômes qui existent. Et quand elles ont passé ces diplômes, ça leur a permis de se sentir plus légitimes dans leurs fonctions. On n'a pas changé le job qu'elles faisaient, c'est exactement le même. C'est juste qu'on leur a mis un diplôme dessus. On les a aidées à se professionnaliser et tout ça. Et donc, ce nom ne correspondait plus à ce qu'on voulait aujourd'hui entendre. Et d'ailleurs, au sein de ces commissions, souvent les femmes, quand elles arrivent, elles disent « je suis dans l'entreprise de mon mari » . Et en fait, en discutant avec elles, parfois elles ont des parts dans cette société et compagnie. Et je dis « mais en fait, à partir du moment où vous avez des parts, vous êtes associées. Donc, soyez fiers de cet espace dont vous êtes propriétaire aussi » . Si aujourd'hui, ces conjointes arrêtaient... leur job, ils seraient obligés d'embaucher quelqu'un pour le faire. Donc, pourquoi quelqu'un de l'extérieur serait plus légitime qu'elle-même ? Voilà, donc ça, c'est un des combats qu'on porte au sein de ces commissions. Très important aussi. Très important aussi d'accompagner les femmes à se sentir plus légitimes dans ce qu'elles font, mais aussi à pouvoir se regrouper et parler. On a toutes les mêmes problématiques de femmes dans l'artisanat. Il y a de l'habillement, mais il y a aussi le statut, la préservation des statuts, ou réinterroger les statuts, puisque justement là, ça fait cinq ans qu'on est sur la refonte des statuts de conjoints collaborateurs. Qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qui n'allait pas avec le précédent statut ? Comment on peut le réinterroger, l'améliorer, plutôt que de complètement en supprimer ? Donc ça, c'est des grands sujets. On ne fait pas que de se retrouver. On entendait souvent aussi des réunions de super-roires. Oui, s'ils veulent. Il n'y a pas de souci. Ils peuvent penser ce qu'ils veulent. Pendant ce temps, on agit, on se concerte. qu'on trouve des solutions.
- Speaker #0
Vous avancez.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Donc, visiblement, autant pour ce statut, en effet, de femme 2, qui aujourd'hui est un véritable métier et plutôt associé. Et puis aussi sur l'aspect de féminisation, mais de ce métier manuel, d'artisan. Ça en fait partie aussi dans cette commission ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement. Aujourd'hui, on a de plus en plus de femmes artisanes qui en rejoignent la commission, justement parce que... Le nom était un frein. Moi, la première, quand j'ai entendu le nom de la commission, j'ai dit, ok, c'est cool, mais moi, je ne suis pas femme de... Enfin, je ne me considère pas comme femme de... Quand on a créé l'entreprise, on s'est associés, enfin, on est associés, on l'a créée à deux. Enfin, on a chacun fait autant d'efforts l'un que l'autre pour qu'elle soit comme elle est aujourd'hui. Je ne pouvais pas entendre ça. Donc, quand je voyais le nom de la commission, quand ils m'ont annoncé qu'elle avait changé de nom, enfin, changé de nom, qu'on avait enlevé cette apostrophe qui fait tout, Je dis, c'est cool, OK, voilà. Et on est de plus en plus à l'avoir rejoint comme ça.
- Speaker #0
Très bien. Et donc là, on déconstruit un petit peu aussi les stéréotypes. Et l'idée, c'est de susciter des vocations. Comment vous faites justement pour inciter, faire connaître ces métiers aux jeunes filles ?
- Speaker #1
En se montrant.
- Speaker #0
C'est bête, mais en fait,
- Speaker #1
à partir du moment où on se montre, alors avec la CAPEB, on intervient dans les écoles pour présenter les métiers. il y avait eu un partenariat avec l'emploi également et tout ça. À partir du moment où on croise une femme dans un métier d'homme, on ne se dit pas, ah ben je vais faire ça forcément. Mais en fait, ça rentre dans le champ des possibles. Ça agrandit la liste de ce qu'on pourrait faire. On se met soi-même rapidement quand même des barrières mentales. Et quand on voit quelqu'un faire quelque chose, avoir de la passion pour ça et pouvoir le réaliser, on pense souvent aussi, oui, mais avec les enfants, comment on va faire, machin, machin. Et en fait, moi, je me suis rendue très vite compte des questions qui arrivaient par mon compte Instagram qui tournaient autour de ça justement, de la fatigue, de la maternité, de tout ça. Et je ne voulais pas trop montrer au départ, je montrais vraiment juste mes photos de chantier, je ne partageais pas trop ma vie personnelle, enfin je partage ma vie personnelle mais ça reste je montre ce que j'ai envie de montrer. Je reçois des échanges vraiment riches là-dessus où les femmes me disent « Ah ouais d'accord, c'est possible » . On n'est pas obligé en fait de faire, aujourd'hui, quand on a des jeunes enfants, on n'est pas obligé de faire 70h semaine juste parce qu'on est artisan. On peut décider de travailler 30 heures semaine. OK, on va gagner beaucoup moins. Les premières années ont été vraiment très dures. Mais en fait, il y a des choix qui se font. Et tant qu'ils sont assumés, ils sont faisables. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Et puis, dans d'autres métiers aussi. Quelqu'un qui est commerçant, c'est aussi du 70 heures semaine.
- Speaker #1
Complètement. Et on se dit que c'est incompatible. Ben non, c'est juste qu'il y a des choix qui vont faire qu'effectivement, ça va être plus difficile. Et c'est vrai que ce genre de choix, les hommes ne se les posent pas. Donc au sein de ces commissions ou des associations et compagnie, où on regroupe les femmes de l'artisanat, c'est des questions qu'on va aborder. On se pose souvent la question de savoir est-ce qu'aujourd'hui, il y a encore le besoin de regrouper entre femmes et tout ça, si vraiment on veut s'intégrer. Bah oui, justement, parce que toutes ces questions-là, elles n'intéressent pas vraiment les hommes, il faut le dire. Et de pouvoir se retrouver entre femmes... conseillé de se dire comment on a réussi pour les plus anciennes à gérer les maternités, à gérer l'habillement sur chantier, à gérer l'absence de sanitaire et ce genre de choses. Ça fait que les plus jeunes qui sont en apprentissage et tout ça, elles ne sont pas découragées. Elles se disent, en fait, il existe des solutions, c'est juste l'entreprise où je suis qui ne les a pas encore et on va les accompagner dans ce sens-là. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Et puis pour les jeunes femmes qui ne veulent pas être artisanes, on peut aussi être salariée dans ces métiers.
- Speaker #1
Complètement. Et puis... Il y a des entreprises aussi qui, par exemple, sont passées à la semaine de 4 jours parce que leurs salariés hommes avaient envie de pouvoir profiter de leur vendredi après-midi, aller chercher les enfants à l'école. Je discutais avec un électricien qui me disait, moi, j'ai deux gars, ils sont moins de 10, mais sur moins de 10, deux gars ont leur mercredi après-midi. Donc, en fait, ils sont passés à un 80%. C'est aussi possible. En fait, du coup, ça réinterroge toute la filière. Et ça, moi,
- Speaker #0
j'aime bien. Tout à fait, tout à fait. Puis on voit que ça évolue.
- Speaker #1
Oui. Non, il y a des gros changements. Ça prend parfois du temps, mais il y a des choses qui vont d'un coup. Plus vite, on ne sait pas pourquoi, mais c'est chouette.
- Speaker #0
Et tu le sens, justement, une évolution des mentalités sur les plus jeunes hommes qui rentrent dans la profession ?
- Speaker #1
Oui, parce que je vois en formation, justement, quand on intervient ou qu'on participe à des formations, le fait qu'au début, on prenait pour la formatrice. Ma première qualif à Miant, quand je suis arrivée, il m'a dit pour la médecine du travail, c'est là-bas, madame. Et je dis non, je viens pour la formation à Miant. liant. En fait, il était hyper surpris, mais hyper content. Il me dit, vous êtes la première et tout. Alors, il me l'a répété quatre fois. Je fais, c'est formidable. Et en fait, il me dit, c'est fou parce qu'il dit, je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas eu de femme avant. En plus, c'était sur un chef opérateur. Et après, j'ai passé l'opérateur aussi. C'est chef opérateur, opérateur, ça allait ensemble à l'époque. Il me disait, on les accompagne pour remplir les papiers du bureau, pour faire les dossiers et tout ça. Mais jamais pour s'équiper sur le terrain. D'ailleurs, ils avaient des combis jetables qui ne s'étaient pas du tout adaptés à ma morphologie, à ma taille, enfin la compagnie. Et du coup, ça a permis de réinterroger, de chercher une nouvelle marque et proposer des choses qui étaient adaptées à moi.
- Speaker #0
Ça fait évoluer l'ensemble de l'activité, mais aussi tout ce qui entoure cette activité. Donc, c'est intéressant. Et aujourd'hui, vous êtes combien de couvreuses puisqu'on féministe également l'appellation ?
- Speaker #1
En France ? Oui. au dernier chiffre, on n'est arrivé même pas à 1%.
- Speaker #0
Ah là là !
- Speaker #1
En fait, on a 12% dans le bâtiment, 12% de femmes. Ce chiffre, il est très clair, c'est vraiment dans les entreprises artisanales, les grosses entreprises, mais du bâtiment. Sur les 12%, les revendeurs de matériaux et tout ça ne rentrent pas en compte dans ce chiffre. Je le précise parce qu'il a été repris et ça ne rentre pas en compte dans le calcul. Il y a 3% de femmes Merci. 2,96%. Je pense qu'on arrive, allez, on va se dire qu'à d'autres fins d'année, on arrive aux 3%. 3% sont sur le chantier. Dans le gros œuvre, on est moins de 1%.
- Speaker #0
Il y a encore, même si ça évolue, il y a encore le fait de susciter les vocations et puis de continuer à aménager aussi ces métiers.
- Speaker #1
Par contre, du coup, comme on est très peu, les gens s'imaginent qu'on se connaît toutes. Ça, c'est quand même... Tu le dois la connaître. Non, pas forcément.
- Speaker #0
Et donc, tu en parlais tout à l'heure sur Instagram. Donc, tu partages du coup ton quotidien. On l'a bien compris. C'est aussi cette liberté qu'on a sur Instagram. C'est ce qu'on publie, ce qu'on veut. Il s'appelle le couvraire est une gonzesse.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Parle-nous un petit peu de ce compte. Tu l'as créé il y a longtemps. Et comment tu communiques dessus, justement ?
- Speaker #1
Oui, je l'ai créé. Je ne me rappelle plus exactement la date, je pourrais vérifier, mais ça fait un moment. Au début, je partageais nos réalisations, nos chantiers, plutôt mes réalisations, parce qu'on tombe vite dans le femme 2 justement. et ça, j'en pouvais plus. Je crois que c'était un client de trop qui a dû me dire votre mari, ce qui peut passer quand il a le temps ou ce genre de choses. Et en fait, à ce moment-là, je me dis, punaise, mais je donne tellement... temps dans cette entreprise qui est la nôtre, je vais tellement sur chantier et tout ça, et je me dis ils ont beau me voir sur leur toit, ça reste considéré comme un coup de main, quoi. Ça pêchait au niveau moral, enfin ça pèse, je me dis à quel moment on va pouvoir être reconnus pour ce qu'on fait, et donc je partageais juste mes réalisations et tout ça, et puis j'ai eu plus en plus de couvreurs qui venaient sur mon compte, avec qui j'échangeais, et voilà. C'est là où vraiment je me suis sentie plus légitime parce que Merci. ce que je faisais, c'était apprécié et encouragé. Et je n'ai pas montré Mathieu tout de suite au début. Je l'ai montré progressivement. Voilà. Mais quand les gens avaient déjà compris que c'était mon job là et que ce n'était pas le sien. C'est son job aussi puisqu'il est coureur aussi, mais je ne montrais pas ce qu'il réalisait lui.
- Speaker #0
C'était tes réalisations, toi qui en avais la responsabilité, qui les as faites. C'est ça. Ça te revient finalement.
- Speaker #1
Et quand Mathieu réalise quelque chose, je précise que c'est sa réalisation.
- Speaker #0
Et quel retour tu as ? Il fonctionne bien le compte ?
- Speaker #1
Le compte fonctionne bien. Je suis assez surprise. J'ai beaucoup d'interactions. Je trouve que c'est chouette. Le nombre d'abonnés évolue doucement. Mais là, je vérifiais hier, je suis à 70 000 vues en un mois. Je trouve ça énorme. Et j'ai des gens qui parfois... passe et qui dit bravo, qui m'envoie un message en me disant je suis maman d'une jeune fille qui s'interroge pour être d'un... tel métier ou tel métier, qu'est-ce que vous en pensez ? Et je redirige vers d'autres. J'ai parfois des demandes de chantier improbables à droite, à gauche, un peu partout en France. Donc là, je les redonne à d'autres collègues que je connais qui sont ailleurs. Moi, il me fait du bien ce compte. C'est une porte que j'ouvre sur ce que peut être le quotidien d'une couvreuse. Ce n'est pas toujours tout rose, mais j'essaie de partager le plus réellement possible ce qui se passe. se passe vraiment dans la vie d'un artisan aussi.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et puis, en effet, si tu es sollicité par des mamans ou par d'autres femmes qui sont intéressées, c'est une bonne vitrine finalement pour ces femmes.
- Speaker #1
Oui, oui. J'ai des conjointes aussi qui travaillent avec leur mari depuis un certain nombre d'années et qui me disent « j'ai jamais osé aller avec lui sur chantier, pourtant je pense que ça me plairait » . Alors déjà, travailler en couple, ce n'est pas toujours évident, il faut se le dire. Chez nous, ça marche bien parce qu'on s'entend mieux sur chantier qu'à la maison. mais je trouve que c'est chouette si ça donne envie à ces femmes de se dire pourquoi j'irais pas au chantier moi aussi et puis de tenter l'aventure.
- Speaker #0
Eh bien bravo pour cette visibilité que tu donnes au métier Merci. Alors à côté vous êtes du coup tu l'as dit parents de deux enfants il y a toute cette vie domestique la gestion de l'entreprise, vos chantiers, voilà c'est toute une organisation j'imagine mais comme pour d'autres c'est pas forcément un sujet
- Speaker #1
Non je dis que c'est un joyeux bazar parce qu'on fait comme tout parent, c'est-à-dire ce qu'on peut, comme on peut, au moment où on le peut. J'arrive mieux à m'organiser aujourd'hui que quand ils étaient plus petits. J'ai les mêmes problématiques que tout le monde. J'ai un baquet de linge qui déborde, j'ai un frigo qui se vide plus vite, qui ne se remplit. La seule chose, c'est que je dois vraiment noter sur mon planning quand faire les courses parce que sinon, je n'ai pas le temps. Parfois, je bloque un créneau rendez-vous pour faire les courses. parce que sinon, je sais que ça va être galère.
- Speaker #0
Compliquer le soin. Et c'est deux garçons ou tu as des filles ?
- Speaker #1
Non, j'ai une fille, c'est l'aînée, et un garçon.
- Speaker #0
Alors, ta fille ?
- Speaker #1
Elle m'a toujours connue couvreuse, ma fille. Elle était toute petite quand on a monté l'entreprise et j'étais enceinte de notre second quand on a monté l'entreprise. Elle le vit très bien dans le sens où elle est très... C'est la première défenseuse de la cause, je pense. Dans le sens où, par exemple, au collège, ils avaient une fuite de toiture. Et donc, elle dit, mes parents, ils sont couvreurs. Si vous voulez, je vous laisse une carte. Et il dit, oui, laisse-moi une carte de l'entreprise de ton papa. Et alors là, elle est revenue assez remontée. Et puis, je lui dis, qu'est-ce que tu lui as dit ? Je lui ai dit que c'était aussi celle de ma maman, que ma maman était couvreuse et tout ça. Donc, je trouvais ça trop drôle.
- Speaker #0
Oui, ça fait plaisir. Et est-ce que tu aurais un dernier mot pour les femmes qui essaient à se lancer dans le bâtiment ?
- Speaker #1
Qu'il faut oser. et Il faut lever ses propres barrières. Il n'y a personne qui va venir chercher. Si vous vous dites, j'aimerais faire ça, mais bon, maintenant, c'est peut-être trop tard ou ce genre de choses. Il n'y a personne qui va venir vous chercher, qui va vous prendre la main, qui va vous dire non, non, mais viens, il est encore temps. Il n'y a que vous qui pouvez le faire. Il faut se faire confiance aussi. Il faut y aller. Il y a un moment donné où, justement, il sera trop tard et c'est con quand même de vivre avec des regrets. qu'on pourrait vivre tellement de trucs cools en osant y aller.
- Speaker #0
Surtout qu'aujourd'hui, c'est possible.
- Speaker #1
Surtout qu'aujourd'hui, c'est possible. Il y a tellement de structures d'entreprises. Justement, dans des toutes petites entreprises artisanales, il n'y a parfois pas la structure qui peut accueillir correctement une personne. Par exemple, avec certains handicaps, il y a des métiers qui sont possibles. Il faut juste trouver la structure qui peut vous accueillir. comme vous êtes. Je pense à un menuisier là où ils ont adapté son poste de travail et compagnie. Dans une toute petite entreprise, ce n'était pas possible. Pas parce qu'on ne voulait pas, parce que ça représentait un coût d'un investissement trop important qu'ils ne pouvaient pas assumer. Mais dans une grande entreprise, c'était possible. Donc, pareil, il y a des petites entreprises qui disent, on ne peut pas vous accueillir parce qu'on n'a pas de cabine sur chantier. Moi, personnellement, j'utilise une tempe de douche Keshua. et des toilettes sèches, et ça fait le job. Je pense qu'à un moment donné, il y a des solutions, il en existe pour chaque problématique. Il ne faut pas s'en faire toute une montagne. Je suis plutôt team verre à moitié plein qu'à moitié vide. Pour moi, un problème, ça reste un problème s'il n'a pas de solution, ce qui n'arrive jamais.
- Speaker #0
Tout à fait, il y a toujours une solution à un problème, c'est clair, c'est aussi ma philosophie. Et donc, tu disais, en effet, pour se changer et pour les sanitaires, tu viens avec ta tente. C'est ça,
- Speaker #1
une petite tente qu'on a investie il y a deux ou trois ans. parce que justement, on a de moins en moins accès aux sanitaires chez les clients. Ça, c'est une résultante Covid. Les gens nous laissaient facilement une clé pour entrer et utiliser les sanitaires, ce qui n'est plus trop le cas aujourd'hui. Donc, on a investi là-dedans. Je ne sais pas, c'est une centaine d'euros d'investissement pour un confort et au final, qui est pour tous. Toute entreprise, j'ai vu en Charpentier qui a fait exactement la même chose pour son équipe de garçons. Il n'a pas de fille, mais c'est... l'inconfort de tout le monde.
- Speaker #0
Ça fait vraiment évoluer l'activité, mais pas que pour les femmes, mais pour tout le monde.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Que ce soit en confort et en sécurité. C'est ça. Et je lisais aussi, Marie, que c'était aussi une façon pour des entreprises qui n'avaient pas forcément féminisé, ils venaient parce que c'est aussi une façon de répondre à la pénurie de main-d'oeuvre dans beaucoup de domaines.
- Speaker #1
Complètement. Typiquement, tapisser-garnisseur est un métier, je pense, qui aujourd'hui existe encore parce qu'à un moment donné, il l'a accepté. J'aime bien le terme « accepter » parce que vraiment, je vois encore la tête de l'ancien un peu contrit. Il peut se dire « mince, bon, j'ai pas le choix, il n'y a que des filles dans la formation » . Qui a sa préservation grâce à sa féminisation. En couverture, on est quand même sur une pénurie de main-d'œuvre. Et donc, féminiser déjà les annonces quand on fait une recherche. Recherche apprentie, couvreur-couvreuse, charpentier-charpentière. Ça incite en fait aux femmes. à se lancer sur ces métiers-là, aux entreprises, à pouvoir embaucher plus facilement aussi. Ouvrir les métiers, c'est jamais un risque. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Et c'est vrai à l'inverse. C'est-à-dire des métiers qui, aujourd'hui, sont très féminins, peuvent être tout à fait également ouverts aux hommes.
- Speaker #1
Mais ça se passe plus facilement dans ce sens-là. C'est drôle, on voit les métiers, les instituteurs, les institutrices. Bon, instituteurs, ça a beaucoup été des hommes, et puis c'est passé aux femmes, et puis il y a eu moins d'hommes, maintenant il y en a de nouveau un petit peu. peu, mais les infirmières, les métiers du care, c'est ça. Il y a plein de métiers qui étaient vraiment typiquement masculins qui sont devenus typiquement féminins et qui rebassent par bascule, mais on retrouve une parité. Sincèrement, je pense qu'on n'y arrivera pas dans le bâtiment. Ou alors,
- Speaker #0
il va falloir beaucoup de temps.
- Speaker #1
Voilà. Et en fait, c'est OK aussi parce qu'on cherche des gens dans ces métiers-là, des gens passionnés. Souvent, l'argument qui est mis en avant, c'est qu'on gagne très bien notre vie et compagnie. C'est vrai que les métiers du bâtiment, les grilles de salaire aujourd'hui sont très importantes. Ça reste des métiers qui sont très durs. Mais si on n'est pas passionné, on va le subir, vraiment, le métier. Parce que quand il fait moins 1, moins 10, c'est pareil. On ne s'arrête pas de travailler quand il pleut. En été, on adapte... les horaires en période de canicule, mais quand il n'y a pas canicule, il fait quand même très chaud et on doit y aller. C'est des métiers qui vont s'ouvrir progressivement, mais il faut que vraiment ça soit par passion, qu'on y aille.
- Speaker #0
Mais finalement, c'est un peu tous les métiers.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Tous les métiers, si on veut bien le vivre, il faut y mettre de la passion, du cœur, mais il faut aussi aimer. Ça correspond à ses aptitudes et à ses compétences.
- Speaker #1
Et puis qu'on laisse les jeunes y aller aussi. Aussi, c'est vrai. C'est quelque chose qu'il n'a toujours. pas changer. Quand j'entends encore cet argument aujourd'hui, je me dis, mais on y était déjà il y a 20 ans. Quand il a fallu convaincre pour qu'on nous laisse partir en filière professionnelle, ça, je ne comprends pas comment l'éducation nationale ne se saisit pas du sujet.
- Speaker #0
Petit message à l'éducation nationale et aux enseignants. Je vais terminer par ma question de clôture. Est-ce que tu as un coup de gueule ou un coup de cœur à nous partager ?
- Speaker #1
Un coup de cœur ? Pour les entreprises qui accompagnent justement la féminisation des métiers, je pense aux entreprises qui font des vêtements de travail adaptés aux femmes. Il y a quelques années, je galérais, j'avais que des pantalons qui m'allaient au niveau du tour de taille, mais pas du tout la longueur des pieds, des cuisses, ça n'avait pas de sens. Et je pense notamment à la marque Projob qui nous équipe. c'est bête mais en fait déjà de pouvoir intervenir sur chantier et de ressembler à quelque chose, un vrai professionnel, pas quelqu'un qui est déguisé. Moi, j'avais l'impression d'être déguisée en couvreur, ça ne m'allait pas. Aujourd'hui, je suis habillée vraiment de manière professionnelle, technique. Je peux ranger tous mes crayons dans mes poches comme sur un pantalon d'homme, féminine aussi. Et ça, pendant longtemps, ça a pêché. Alors, il y en a qui vont dire qu'on n'a pas besoin d'être féminine sur chantier. En fait, sur chantier, on a à être comme on a envie d'être. Et si ça passe par conserver notre féminité, on a le droit aussi. Et voilà, ça, c'est vraiment une évolution qui... pour moi, a été vraiment très importante dans les métiers du bâtiment, c'est l'accompagnement, l'habillement, les EPI adaptés à notre taille.
- Speaker #0
À notre morphologie, finalement.
- Speaker #1
Exactement. Et ça, ça n'existait pas il y a quelques années. Les pays nordiques nous ont fait beaucoup de bien. La Suède et la Norvège ont vraiment des marques top. En tout cas, moi, je suis accompagnée par Projob et je les remercie parce que c'est vraiment un game changer.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, merci beaucoup, Marie. Merci pour ce partenariat. tâches d'énergie et de passion. Tu prouves que les métiers du bâtiment sont aussi faits pour les femmes et que la détermination paye toujours. On te souhaite de continuer à grimper sur les toits comme dans tes projets. Chers auditeurs et auditrices, j'espère que comme moi vous avez adoré l'épisode. N'hésitez pas à mettre 5 étoiles, à vous abonner et à me faire part de vos commentaires. A bientôt pour un prochain épisode et qu'est-ce que ça vaut ? Au revoir !