Speaker #0Jusqu'où es-tu prête à t'abandonner pour garder un lien ? Le week-end dernier, cette question s'est invitée à table entre amis et elle a provoqué un silence assez spectaculaire. Aujourd'hui, on va parler de ces liens qu'on arrose jusqu'à devenir nous-mêmes une terre brûlée. C'est d'actualité avec la sécheresse qui sévit en ce moment en Europe. Et de ce qui peut recommencer à pousser quand on cesse enfin de s'oublier. Il y a des blessures qui ne se voient pas. Des blessures qui laissent le corps en alerte et le cœur en exil. Mais tu n'es pas faite pour rester en survie. Tu n'es pas faite pour t'oublier. Tu es faite pour retrouver ton centre, te sentir en sécurité à l'intérieur de toi et te réapproprier pleinement ta puissance féminine. Dans Elles et la Lune, c'est ce chemin qu'on emprunte. Je suis à nous. Rejoins le cercle des femmes qui reprennent leur pouvoir. Le week-end dernier, j'étais à table avec des amis. Tu sais, ces repas où on commence à parler de la météo, des vacances, du prix de l'immobilier, et où, sans comprendre comment, on finit par assister à une séance de thérapie collective entre le plat et le dessert. Une des convives racontait que certains membres de sa famille lui demandaient régulièrement de l'argent. Elle en avait assez, elle se sentait utilisée, elle trouvait injuste qu'on profite toujours de sa générosité. Alors moi, bah... spontanément, je vais parler des limites. Alors évidemment, pas d'envoyer toute la famille sur une île déserte sans wifi, mais simplement de dire, là, j'en peux plus. Ou simplement, je ne veux plus. Mais, j'ai pas eu le temps de terminer ma phrase, qu'elle a élevé la voix, elle m'a coupé la parole, qu'elle m'a répondu que ce qu'elle voulait, elle, c'était d'éviter les conflits. Parce que, le plus important, c'est de garder le lien. Cette phrase, elle est restée dans ma tête. Le plus important, c'est de garder le lien. Même si ce lien te coûte de l'argent, même si il te coûte ton énergie, même s'il t'oblige à ravaler ce que tu penses, même si ce lien n'existe plus qu'à la condition que tu dises toujours oui. Et là, je me suis demandé, combien de fois est-ce qu'on appelle préserver le lien ce qui consiste en réalité... à nous abandonner pour que l'autre reste. Aïe, aïe, aïe. Là, ça fait remonter des choses. Alors cette histoire, elle aurait pu s'arrêter là. Une femme généreuse entourée de personnes qui profitent d'elle. La pauvre victime d'un côté, les méchants profiteurs de l'autre. Parce que cette femme demandait, elle aussi, beaucoup aux autres. De l'écoute, de l'attention, des conseils, des réponses. Ce genre de personnes, elles défendent leurs problèmes, mais... comme s'il s'agissait du dernier héritage familial. Mais je crois que ce n'est pas ça qui m'a le plus interpellée dans cette histoire. Ce qui m'interpelle avec ce genre de personnes, c'est qu'elles se plaignent que les autres viennent prendre leur énergie, leur argent, leur temps, leur gentillesse. On va parler du mot gentillesse. Mais en fait, elles viennent puiser dans l'énergie des autres. Évidemment pas en demandant de l'argent. mais avec des plaintes, des urgences, des problèmes toujours sans issue. Et puis, c'est surtout épuisant parce que ces femmes vont te poser des questions, elles aimeraient que tu les aides, mais elles n'ont aucune intention de faire quoi que ce soit. C'est un peu comme si elles payaient une sorte de loyer émotionnel pour que certaines personnes restent près d'elles. Elles demandent à leur entourage de payer ce même loyer en attention. Je ne raconte pas cette histoire. pour juger ces femmes. Enfin, je vais être honnête, sur le moment, ça m'agace. Franchement, ça m'agace parce que je vois tellement le schéma et ça ne t'apporte rien. Au contraire. Cette scène, elle m'a vraiment permis de voir quelque chose qu'on oublie souvent. La dépendance affective, ce n'est pas toujours une personne douce, silencieuse, entièrement dévouée aux autres. Elle peut vraiment prendre plusieurs visages. Elle peut être celle qui donne tout pour empêcher les autres de partir. Et ça, c'est une des faces sombres de l'archétype de la mère. Tu as certainement déjà entendu ou déjà vu ces mères qui empêchent leurs enfants de tout, ou leurs conjoints, ou leurs maris. C'est vraiment un « va pas là-bas, fais pas ci » , elles sont totalement dans l'autoritarisme, elles empêchent leurs enfants... De sortir, de voir du monde, de jouer avec un râteau parce que ça peut être dangereux, de monter sur un mur parce que ça peut être dangereux. Donc ce sont les femmes. qui veulent se rendre indispensables. Ou alors, elles vont faire des bons petits plats. « Ok, qu'est-ce que tu veux manger aujourd'hui ? » Alors, je te fais, même si ça me prend toute la journée, pour faire la meilleure du monde. Ça peut être une mère, son fils lui demande simplement un conseil par rapport à une petite amie. Elle va lui dire que, de toute façon, cette jeune femme n'est pas faite pour lui. Elle va lui trouver tous les défauts. Donc ça, c'est vraiment de la manipulation pour empêcher les autres de partir. Mais, elle peut aussi être celle qui retient les autres grâce à ses malheurs, ses urgences. et ses problèmes éternellement insolubles. Ça peut être la maladie, ça peut être des douleurs, ça peut être tout ce genre de petites choses où toi tu te dis « je ne peux pas la laisser dans cet état-là » . Et dans les deux cas, le lien, ce n'est pas un lien qui circule, l'énergie ne circule pas librement. C'est un lien en acier, en acier trempé, dont tu as énormément de mal à te défaire. Et ce lien, il est vraiment maintenu sous perfusion. Tu vois ? Il y en a une... des deux qui dit « je vais tout donner pour que tu restes » et puis l'autre qui dit « je vais avoir constamment besoin de toi pour que tu ne puisses pas partir » . On connaît ce genre de personnes, des jeunes hommes ou des jeunes femmes qui, même adultes, n'arrivent pas à quitter leur maman au point de ne plus avoir de vie de couple ou de ne plus avoir de vie sociale. Et ça, c'est exactement ce genre de lien, de dépendance affective que ces femmes créent. Alors, on peut, nous-mêmes, bien sûr, on est toutes sujettes à ça. On peut alterner entre les deux, sans même nous en rendre compte. On peut être celle qui porte tout le monde dans notre famille, dans le monde. Et puis, on peut aussi, dans un deuxième temps, appeler une amie et déposer sur elle trois tonnes de désespoir, sans lui demander si elle a encore de la place dans la boîte. Tu vois le genre. Parce qu'on a toutes besoin d'être écoutées. Heureusement. Mais demander du soutien, c'est pas la même chose que transformer quelqu'un en station de service émotionnel ouverte 24h sur 24. Et cette scène, elle m'est revenue quelques jours plus tard, en regardant autour de moi. La terre, la nature, elle est sèche en ce moment. Pas sèche façon, tu sais, publicité d'été avec un chapeau de paille et puis une citronnade au bord de la piscine. Elle est sèche, l'herbe, elle ressemble à un vieux balai tout sec. Les fleurs, elles baissent la tête quand elles ne sont pas déjà toutes séchées. La terre, elle se fend. Toute la nature me dit, toute la terre entière me dit, désolé, je n'ai plus rien à donner. Débrouillez vos semblances. Et chaque jour, en regardant par la fenêtre ou bien quand je vais me promener, je pense à nous, à toutes ces femmes qui continuent à donner, alors qu'à l'intérieur, elles n'ont plus une seule goutte d'énergie, de vie. Toutes ces femmes qui continuent à travailler. à organiser, à écouter, à répondre aux messages, à soutenir leurs proches. Et surtout à anticiper les besoins de chacun. Parce que ça c'est aussi un paramètre qui est non seulement épuisant mais totalement inutile. Parce qu'on ne peut pas connaître les besoins des autres. Alors ces femmes de l'extérieur, elles ont l'air super solides. De l'intérieur, elles sont à deux remarques déplacées de partir de rue seules dans une forêt avec un chien. et un panneau ne pas déranger. Et quand on leur demande, mais toi, qu'est-ce que tu veux ? Elles répondent, moi ça m'est égal. Non, mais tout va bien quoi. Et si elles répondent ça, c'est pas parce que tout leur convient, c'est parce qu'elles savent plus. Elles connaissent la manière dont chacun aime son café, elles connaissent les rendez-vous, les médicaments, les anniversaires, les susceptibilités, les aliments que Jean-Michel ne digère plus depuis 2017. Mais leurs propres besoins, ils ont disparu. Elles ne les reconnaissent plus. Pendant longtemps, j'ai cru que c'était ça, être forte. Continuer, comprendre, pardonner, encaisser. Et toujours trouver une explication au comportement de l'autre. Alors ça, c'est un grand truc du développement personnel. Ne juge pas, il a certainement vécu... Enfin, comment dire ? C'est même plus du développement personnel, c'est la société actuelle. Les méchants... ceux qui tuent, qui font du mal, qui violent, certainement qu'ils ont vécu quelque chose de terrible dans leur passé. Ouais, mais en attendant, l'autre est mort ou morte, torturé, violenté, déboussolé psychologiquement. Oui, mais l'autre, il n'a pas fait exprès. C'est ça que je ne supporte pas avec la société actuelle. C'est cette manière de toujours chercher des explications dans le comportement de l'autre. Quelqu'un te fait mal, il te fait mal, point. Franchement, qu'est-ce que tu en as à faire ? de savoir ce qui s'est passé dans la vie de cette personne pour qu'elle te fasse autant de mal aujourd'hui. Franchement, si tu veux reprendre ton souffle, tu t'en tapes. C'est par toi de ces personnes-là. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, comme je le disais, on cherche toujours des explications. Parce qu'on aime bien aussi convaincre. On aimerait pouvoir montrer à l'autre tout ce qui fait de mal, qui nous fait mal, qui nous blesse. Et puis, à ces personnes-là, évidemment, généralement c'est un conjoint, ou un ami, ou quelqu'un de la famille, quelqu'un de proche. Mais généralement à ces personnes-là, le but, quand on leur explique combien ils nous font mal, C'est qu'on a tant qui nous disent « Ah, ma pauvre chérie, je suis désolée, je n'ai pas vu que je te fais autant de mal. » Mais généralement, ce qu'on a en réponse, c'est « Ouais, ben j'y peux rien si tu prends les choses comme ça. Ouais, mais j'y peux rien, moi, si tu penses comme ça. Ouais, mais ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. D'abord, de toute façon, tu es toujours comme ça, tu es hypersensible, tu ne comprends rien à ce qu'on te dit, tu prends toujours les choses mal. » Et tu peux toujours essayer de reformuler tes besoins de toutes les manières possibles, avec douceur, avec patience, tu peux donner des exemples. concrète. Tu peux même faire un dessin si tu veux. Mais à l'intérieur de toi, souvent, ce que tu dis, sûrement que j'ai pas trouvé les bons mots. Maintenant, c'est de ma faute. Qu'est-ce que j'ai fait ? Alors là, c'est quand tu bascules en période de l'enchantresse, en général. Quand tu commences à culpabiliser puis à ressasser. Aujourd'hui, ce que je sais, c'est que lorsque t'en es à ta 47e reformulation, le problème, c'est pas ton vocabulaire. L'autre, il a compris. Il n'a simplement pas envie de tenir compte de ce que tu racontes, de ce que tu ressens. Alors oui, cette vérité, elle pique. Mais parfois, une vérité qui pique, je t'assure qu'elle fait moins de dégâts qu'un espoir qui te vide pendant des années. Parce que si tu gardes cet espoir, tu vas toujours continuer à donner. Tu t'adaptes, tu te montres plus compréhensible, t'évites de faire des histoires. Tu prononces toujours cette petite phrase magique. « Non, c'est pas grave. » Et tu la répètes. tellement souvent que même ton système nerveux commence à lever les yeux au ciel. Parce que lui, il sait que c'est grave. Il sait que t'es épuisé. Il sait que t'es en colère. Il sait qu'il y a quelque chose en toi qui hurle depuis longtemps pendant que ta bouche elle répond poliment. Non, non, tout va bien. Mais ça va pas, chère magicienne. T'es devenu le service après-vente émotionnel de tout ton entourage. Assistance technique, dépannage d'urgence, permanence téléphonique le dimanche soir. Et personne ne se demande si le service après-midi a mangé, dormi ou respiré depuis mardi. Le pire, c'est que toi, tu ne te le demandes plus non plus. Ces jours-ci, on traverse l'énergie de la pleine nuit. Dans le cycle, elle correspond à l'archétype de la mère. Et quand je parle de la mère, je ne parle pas uniquement de maternité. Évidemment, vous commencez à me connaître. La mère, c'est la partie de nous qui nourrit la vie. qui nourrit un enfant bien sûr, mais aussi une relation, une amitié, un projet, une entreprise, une idée, un rêve. Ma mère, elle soutient, elle rassemble, elle protège, elle fait grandir ce qu'elle aime. Alors c'est une énergie qui est magnifique. Et on adore être dans cette énergie-là parce qu'on est des reines de la communication. On aime être entouré, on aime rassembler, on aime faire des super repas pour toute la famille, pour tous les amis. Vraiment, c'est une énergie qui est magnifique. Mais son nombre apparaît quand elle croit qu'elle doit devenir indispensable pour conserver sa place. Alors là, attention. Parce qu'à ce moment-là, elle ne donne plus uniquement parce qu'elle en a envie. Elle donne pour ne pas décevoir, pour éviter un conflit, pour empêcher quelqu'un de partir. Et le problème, c'est qu'elle va continuer d'arroser le lien jusqu'à sa dernière goutte. Même quand elle est seule à tenir l'arrosoir. Même quand de l'autre côté, rien ne pousse plus depuis des années. Tu vois le genre. À part, évidemment, ça va peut-être lui rapporter un truc, c'est une nouvelle déception tous les 15 jours. Et encore, tous les 15 jours, je suis large. Alors, c'est là que j'aimerais te dire vraiment quelque chose d'important. Tu n'as pas trop aimé. Ça, c'est un truc qu'on dit, c'est les femmes qui aiment trop. Encore une fois, je le dis souvent dans les épisodes, mais c'est un non-sens. Je pense qu'on ne peut pas évaluer le verbe aimer. Mais tu as peut-être appris à t'abandonner. pour ne pas risquer d'être abandonné. Et ce n'est pas du tout la même chose. Ton cerveau, il ne s'est pas réveillé en matin en disant « Quelle merveilleuse journée pour m'oublier complètement ! » Sinon, ça serait un peu... Ça serait vachement pratique, en fait. Ton cerveau, il utilise une stratégie qu'il connaît. Il a appris que conserver le lien, c'était essentiel. Alors, il surveille, il analyse les silences, les changements de ton, les messages plus courts que d'habitude. Tiens, si tu écoutes Drama FM... Ma nouvelle radio sur Facebook et Instagram et sur YouTube, je te donne chaque jour, non chaque jour, tous les deux jours, un petit message. Tu sais, ce genre de message que ton cerveau est en vente. Évidemment, quand tu as un message qui est plus court que d'habitude, ça c'était l'épisode d'hier, le 30 juillet, les messages, tout d'un coup tu reçois un message qui est plus court que d'habitude. Le fameux OK avec un point. Aïe ! OK avec un point, ça peut déclencher une enquête digne des services secrets. Et je te le dis, sérieusement, pourquoi ce point ? Il n'en met jamais ? Est-ce qu'il est fâché ? Est-ce que j'ai dit quelque chose ? Est-ce qu'il veut partir ? Ton cerveau a déjà organisé la rupture, le déménagement, il partage la machine à raquettes. Pendant ce temps, l'autre était simplement en train de sortir les poubelles, ou il était simplement au téléphone, ou il était simplement occupé, ou il n'avait simplement pas envie de répondre parce qu'il était dans ses cogitations personnelles. Mais toi, pour éviter que quelque chose arrive, tu vas t'adapter à ce hockey, point. Tu vas devenir plus douce, plus patiente, plus facile à vivre, moins exigeante, moins bruyante, moins toi. En fait, tu deviens très facile à aimer. Et encore, parce que là on ne parle plus d'amour. Mais surtout, ça va devenir terriblement difficile de te retrouver. Et oui, certaines personnes profitent réellement de ça. Il faut le dire clairement. Toutes les histoires ne sont pas de simples malentendus entre deux blessés qui auraient seulement besoin de respirer ensemble au clair de lune. Il faut arrêter. Vraiment. Certaines personnes sont là pour prendre ton temps, ton argent, ton énergie et ta confiance. Et en plus ta disponibilité. Elles viennent d'abord boire un verre à ta source. Et puis ensuite elles comprennent que tu poses rarement des limites, voire jamais. Alors du coup qu'est-ce qu'elles font ? Elles reviennent avec des bidons, une citerne, et le permis de construire pour une piscine olympique. Alors tu peux avoir été manipulé, humilié, utilisé, vidé, mais tu n'as pas choisi ce que l'autre t'a fait. Ça, c'est son propre choix. Quand tu es maltraité, quand tu es malmené, ce n'est pas toi qui as choisi ça. Et ça, c'est ce qu'on entend souvent avec les psys. Ils te font revivre tout le temps, tout le temps, tout le temps la recette. Jusqu'au moment où tu culpabilises parce qu'en fait, tu ne sors jamais de ce mécanisme. Et c'est terrible. Et il y a vraiment cette vérité-là, il faut l'entendre. Non. tu n'as pas choisi ce que l'autre t'a fait. Un homme qui te maltraite, qui te malmène, un homme qui ne t'aime pas, qui t'humilie, c'est pas toi qui l'as choisi cet homme-là. Toi, ce que t'avais choisi, c'est ce que t'as cru voir en lui. C'est ce que t'as pensé pouvoir soigner en lui. Mais en aucun cas, t'as choisi la maltraitance ou les méchancetés. En aucun cas. Jamais. Comprendre tes propres mécanismes Ça ne s'agit jamais d'excuser les siens. Encore une fois, tu n'es pas responsable de ses actes. Et là, on parle de tous les proches, que ce soit famille, que ce soit ex, que ce soit conjoint, que ce soit ami, patron, d'accord ? Alors, sans parler d'amour, on a rarement de l'amour pour son patron, mais on peut avoir de la compassion pour un patron qui est autoritaire, qui... qui se plaint beaucoup, qui se plaint toujours des chiffres, qui se plaint toujours qu'il n'obtient pas ce qu'il veut, etc. Quand on est hypersensible comme ça, et quand on est dans cette dépendance affective, c'est aussi par rapport au domaine professionnel. Donc son patron n'est pas content, il te houspille, il se plaint. Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas faire des heures sup, ou tu ne vas pas t'arrêter. Et en plus, tu vas le plaindre, alors que tu n'es pas responsable de son entreprise. S'il fait des pertes, ce n'est pas à cause de toi, c'est parce qu'il gère mal son entreprise. Si on n'arrive pas à répondre assez vite aux clients, ce n'est pas de ta faute, c'est parce qu'il n'a pas engagé assez de monde. Ça se met dans un peu tout le domaine, que ce soit privé, professionnel, tu peux mettre ce schéma-là partout. Par contre, aujourd'hui, tu peux regarder ce qui t'a maintenu si longtemps loin de toi. Et encore une fois, ce n'est pas pour t'accuser, c'est vraiment pour que tu reprennes le contrôle sur ta vie et sur... ton pouvoir féminin. T'as déjà tellement pratiqué l'autocritique que tu peux vraiment participer aux jeux d'implication de la critique. Là, c'est bon, t'es sûr de gagner. Mais l'histoire du week-end m'a aussi montré l'autre côté. Quand on a été longtemps vidé, on peut essayer de retenir les autres en leur demandant de nous remplir. Encore et encore. On raconte nos problèmes, on demande un conseil, on rejette chaque possibilité. Évidemment, parce que si on accepte et qu'on résout le problème, on n'a plus d'impact. C'est ce qu'on croit, c'est ce que notre mental nous fait croire, ce que notre cerveau nous fait croire. Et puis on raconte à nouveau notre problème la semaine suivante. On ne cherche plus vraiment une porte. On cherche quelqu'un qui reste assis avec nous dans la pièce fermée, et surtout bien fermée. Et là encore, je ne te parle pas d'un moment difficile. On a tous traversé des périodes où on avait besoin qu'une amie ou quelqu'un nous écoute raconter 15 fois de la même histoire. Ça, c'est humain, et c'est sain, à condition de raconter ton histoire à la bonne personne, encore une fois, une personne de confiance. Moi, je te parle de ce moment où la plainte devient humaine. maison et on demande aux autres de venir y vivre avec nous. Puis, on se met en colère quand ils osent ouvrir les volets. On a besoin de soutien, mais sans rendre l'autre responsable de nous sauver et c'est souvent ce qui casse les couples. C'est quand tu projettes ton bonheur sur l'autre. L'autre, il peut pas te rendre heureuse. Ça, il faut oublier. J'attends un homme qui me rend heureuse. Oublie ! Il peut pas savoir ! Et il a suffisamment peut-être de difficultés à se rendre lui-même heureux. La seule personne qui peut te rendre heureuse, c'est toi. On peut demander des conseils. On n'est pas obligé de les suivre, bien entendu. Mais si aucune réponse ne convient jamais, la question n'est peut-être plus « Pourquoi ? » Personne ne peut m'aider. Elle devient peut-être « Qu'est-ce que je refuse de perdre si mon problème disparaît ? » Et ça, c'est le bénéfice secondaire. C'est quelque chose qu'on utilise beaucoup en coaching ou en hypnose. Si tu as fait ce genre de thérapie, bien que je n'aime pas appeler ça des thérapies, parce que pour moi, thérapie, c'est trop médical. Mais bon, bref, si tu as déjà testé l'hypnose ou le coaching, certainement qu'à un moment donné, ton coach t'a demandé « Et qu'est-ce qui se passe si ton problème disparaît ? » Tu n'aurais plus d'attention ? Une excuse pour ne pas choisir, justement ? Est-ce que tu perdrais ? ton identité, la certitude que les autres resteront occupés à prendre soin de moi. Et ça, je pense que là, on touche souvent le fond du problème. Alors oui, c'est une question qui est super inconfortable. Mais les questions inconfortables, elles ont parfois l'élégance de nous rendre notre liberté. N'oublie pas ça. Quand on traverse une peur, en général, ce qu'on découvre derrière est magnifique. Et cette manière de nous abandonner ne concerne pas seulement nos relations. On peut... nous abandonner dans notre famille, encore une fois, dans notre travail, dans nos amitiés. Même dans une entreprise qu'on a créée pour être libre. C'est exactement ce qui m'est arrivé avec elles et la même. Pendant presque trois ans, j'ai cherché la bonne méthode, la bonne stratégie, le bon tunnel de vente, le bon calendrier éditorial. J'ai suivi des personnes qui semblaient savoir exactement ce qu'il fallait faire. Alors j'ai essayé d'être plus régulière, plus carrée, très stratégique, conforme. Oh là là, j'ai créé des plans. Et puis des plans pour suivre les plans. Et puis certainement un plan pour comprendre pourquoi je n'arrivais pas à suivre les deux premiers, parce que, ben oui, je suis une femme, je suis multipotentielle, je suis hypersensible. Donc, pour moi, tu m'expliques un truc, c'est bien, je vais prendre exactement ce qui me convient dans ce que tu m'expliques. Dans une formation, la même chose. Une fois que j'ai fait le tour, que j'ai pris tout ce que j'avais à prendre, les blablas, ben ça ne m'intéresse plus. Et pendant longtemps... j'ai culpabilisé ou on m'a culpabilisé avec ça, en me disant « tu ne vas jamais au bout, tu ne vas jamais au bout des choses, tu ne peux pas avancer comme ça, il faut suivre la structure à la lettre, il faut être structuré et tout » . Et moi, je me perdais là-dedans, c'était horrible, horrible. J'avais tout mon être qui hurlait, qui avait envie de partir en courant. C'est ce que j'ai souvent fait d'ailleurs. Le nombre de jobs que j'ai laissé tomber, le nombre de déménagements que j'ai faits, et puis voilà, tout. Toute ma vie, ça a été ça, en fait. Quand tu essaies de me mettre dans une cage ou dans un moule, mais je pète un câble. Bref, j'ai rien contre la stratégie. Elle est utile. Mais j'ai tellement essayé de faire entrer elles-elles-mêmes dans des méthodes carrées, que peu à peu, je me suis éloignée de ma propre voix. Mais personne ne l'avait volée. J'avais simplement cessé de l'écouter. Et ça, si tu me suis depuis plusieurs années, je sais que c'est le cas pour pas mal d'entre vous, eh bien... Vous avez dû vous rendre compte. On ne peut pas me faire taire. Ça c'est... Alors oui, tu vas avoir le fameux gag que les hommes disent. Pourquoi est-ce qu'on a inventé le taire des hommes ? Parce qu'on ne peut pas faire taire des femmes. Mais oui, mais quelque part. Tu sais, tous ces proverbes, il y a une réalité qui est derrière. Parce que les femmes, elles ont une voix, une voix puissante. On a une voix puissante. On a des choses à dire. On a un éclairage des situations et une vision de la vie qui est... totalement différente de celle des hommes. Et on nous a fait taire. Je vais te revenir encore une fois sur la chasse aux sorcières, mais c'est exactement ça. On a fait taire les femmes parce qu'on avait peur. de leur puissance. On mettait les enfants au monde, non seulement avec notre corps, mais c'était les femmes qui aidaient les autres femmes à mettre les enfants au monde. On apportait une lumière, on guérissait, on soignait. Et aujourd'hui, il faut qu'on reprenne ce pouvoir parce que la Terre en a besoin, le monde en a besoin. En fait, à la base, j'avais fondé mon entreprise pour qu'elle me ressemble. Et puis, j'ai essayé de la faire fonctionner comme si j'étais un homme de 35 ans en costume bleu marine. persuadé que le cycle féminin était un problème de batterie. Oui, les énergies féminines, tu sais. Je donnais à mon énergie des méthodes qui étouffaient exactement ce que je voulais transmettre. Ma créativité, mon intuition, mon humour, bon ça, je l'ai jamais trop perdu, mon feu, et surtout ma manière de parler aux femmes. Mon envie de créer un univers vivant, mystérieux et profond, tu sais. Moi, j'adore les jeux vidéo. Mais les jeux vidéo style Lara Croft. où tu as des belles femmes, où ça bouge, où elles sont actives, où elles sont intelligentes, qui changent le monde. Alors, tu peux me dire, parfois, ça peut être complètement perché. J'assume totalement mon côté sorcière et je l'adore. Mais en fait, j'attendais qu'une stratégie extérieure me donne la permission d'être pleinement moi-même, en demandant à des hommes ou à certaines femmes qui étaient dans l'énergie masculine. Mais visiblement, c'était pas du tout ça, en fait. Alors j'ai arrêté d'attendre. D'ailleurs, j'écoute beaucoup Je suis Stéphanie Mettet, Les Savoirs Révolutionnaires. Elle a un podcast génial, elle a des formations que j'adore. Et puis, justement, j'ai recommencé à écouter ce qui voulait naître. Au début, il n'y a pas eu un immense feu d'artifice, seulement une petite braise, une idée, puis une autre, l'envie de jouer à nouveau, l'envie de créer le manoir Elles et la Lune. qui est bientôt sur mon site internet. Je suis en train de modifier tout mon site internet pour pouvoir de nouveau utiliser cette voix. Donc j'ai créé le manoir Elles et la Lune. Là, je suis en train de finir la page. Donc je vais bientôt la faire apparaître, je pense, cette semaine. J'ai donné une voix, une radio, légèrement sorcière, Drama FM. Et je vais parler des cycles autrement qu'avec une voix douce devant une bougie beige. Parce que je t'assure que j'en peux plus. Je n'en... peu plus de toutes ces publications toutes douces, toutes mielleuses sur les énergies. La lune en ce moment, elle te dit ça. Et puis les astres, ils te disent ça. Et puis tout le monde te dit toujours plein de choses. Alors installe-toi dans ton fauteuil, allume ta bougie, médite. Mais j'en peux plus, je te promets. Là j'ai le feu, j'ai l'impression que c'est comme peut-être que c'est l'énergie de ce moment. C'est d'ailleurs l'énergie en ce moment. C'est le feu. Le feu ravage la planète, en tout cas l'Europe. Le feu brûle la Terre. Mais c'est un petit peu comme si un volcan était entré en éruption et avait brûlé tout ce qui n'était plus utile. Et aujourd'hui, je reconstruis Elsa la lune autour de ce que je suis incapable de taire. Et c'est là que l'image de la Terre brûlée a changé justement. Je croyais qu'elle me parlait seulement d'épuisement. Mais elle me parlait aussi de recoponcement. Parce qu'une terre brûlée n'est pas forcément morte. Elle se met au repos, elle cesse de produire. Elle protège ce qui reste vivant sous la surface. Attention, ici je ne parle évidemment pas des humains, des animaux, de la flore, de tout ce qui est mort et tout ce qui est perdu. Attention, qu'on soit bien clair. Je te parle vraiment d'une terre brûlée. Tu sais ? Comme on voit, j'aime beaucoup les Canaries. Je vais très souvent là-bas. D'ailleurs, je vais y retourner dans deux semaines. Donc, c'est un endroit que j'adore. Mais c'est très, très volcanique. Et il y a quelques années, je crois que c'était la première fois que j'allais à Grand Canaria, je suis allée en haut, tout en haut. Parce qu'il y a une montagne qui est assez haute, où il y a d'ailleurs de la neige l'hiver. Et il y a eu des incendies là-haut. Alors certains sont criminels, en Espagne c'est assez courant, en Espagne en tout cas c'est ce que je sais, certainement que ça se fait aussi ailleurs, où des promoteurs immobiliers mettent le feu à des hectares entiers de forêts pour pouvoir ensuite acheter le terrain à bon marché et le revendre beaucoup plus cher. Ça c'est encore une horreur que l'être humain est capable de produire. Mais par contre, on revient à la montagne des Canaries, c'était tout brûlé. Il y a eu des incendies énormes. Et on voit l'herbe et les arbres qui repoussent. Donc c'est assez étrange, ce terrain volcanique qui est tout noir, tout brûlé, et qui a des pousses vertes. Donc c'est cette image-là dont je parle. Quand je dis qu'elle se met au repos, elle ne se met pas forcément au repos, elle a été brûlée. mais elle protège ce qui reste vivant sous la surface. Et quand l'eau revient, quelque chose recommence à pousser. Pas forcément à l'endroit prévu, pas forcément la jolie fleur qui était choisie, qui était là avant. Parfois, c'est juste une petite pousse sauvage qui apparaît au milieu de nulle part. Elle dit « Coucou, je ne faisais pas partie du plan, mais me voici. » Et c'est peut-être ça, revenir à soi. C'est pas essayer de refleurir exactement comme avant, mais c'est laisser pousser ce qui est encore vivant. Alors si ton cœur ressemble aujourd'hui à une terre brûlée, ne lui demande pas immédiatement de produire une nouvelle vie merveilleuse. Ne lui impose pas un nouveau chantier de développement personnel avec 12 modules, 27 exercices et un certificat imprimant. Non, franchement pas. Commence par regarder où part ton eau, où part ton énergie. Qu'est-ce que tu continues d'arroser alors que rien ne revient vers toi ? Où est-ce que tu donnes ? Parce que tu as envie ? Et où est-ce que tu donnes parce que tu redoutes ce qui arrivera si tu arrêtes ? Parce que les gens deviennent très méchants. Quand tu as été une source inépuisable pour eux, et que tu arrêtes, que tu fermes le robinet, ils deviennent très méchants. Et à ce moment-là, tu les repères, ces gens-là. Tu te dis ok, c'est aussi quelque chose que tu peux tester avec certaines personnes. Un jour, tu leur dis simplement non, et tu regardes ce qui se passe. Tu prends du recul par rapport à la situation. Tu dis ok, maintenant je lui ai dit non, on va voir, est-ce qu'il me rappelle ? Est-ce qu'il ne me rappelle pas ? Est-ce qu'il se fâche ? Est-ce qu'il va commencer à m'insulter ? Est-ce qu'il va me dire que j'ai encore mes ragnagnas ? Regarde ce qui se passe. Et regarde aussi qui vient régulièrement puiser à ta source. Et auprès de qui est-ce que toi tu vas chercher l'énergie, que tu ne t'accordes plus à toi-même. Peut-être que tu as besoin de repos, peut-être que tu as besoin de rire, de créer, de dire non. Peut-être que tu as simplement besoin que quelqu'un s'occupe de toi, sans que tu sois obligé de fournir le mode d'emploi, le planning, les coordonnées GPS et les trois rappels automatiques. Et lorsque cette petite voix surgira pour te dire « attention, tu deviens égoïste » , ah oui, ça aussi, c'est un terme, qu'est-ce que t'es égoïste ? Eh bien, tu pourras lui répondre « merci Gertrude, mais prendre une douche avant d'arroser toute la planète n'est pas encore un crime contre l'humanité. Poser une limite ne transforme pas ton cœur en désert. » Tu peux être généreuse sans devenir une ressource en libre-service, vraiment. Tu peux soutenir quelqu'un sans porter sa vie à sa place. Et n'attends pas non plus que les autres portent ta vie à ta place. Tu peux comprendre ses blessures sans accepter qu'ils t'en impliquent de nouvelles. Tu peux aussi écouter une personne que tu aimes sans devenir responsable de son bonheur. Et ça vraiment, c'est ta double sens. J'avais une cliente qui avait beaucoup souffert. Son ex-mari l'avait laissée dans des dettes épouvantables, elle l'avait maltraitée pendant des années. Le truc, j'ai envie de dire, malheureusement banal. Et elle me disait, à chaque fois qu'il m'appelle, chaque fois que je vois son nom sur le téléphone, je ne peux pas m'empêcher de répondre. Et puis à chaque fois, je me fais avoir. J'ai dit, mais alors, à la place de son nom. mets quelque chose qui te fait peur, que tu comprennes que c'est mauvais pour toi. Le diable en personne, ou je ne sais pas, le pompeur d'énergie, je ne sais pas. Mets un truc qui te parle à toi, un mot à la place du nom de cette personne sur ton téléphone, dans les contacts. Tu remplaces par quelque chose qui te met une alarme dans la tête. Fais en sorte que quand tu réponds, tu vois ce nom qui s'affiche. Et tu dis, attention, toi tu ne vas pas m'avoir aujourd'hui. Revenir à toi peut commencer beaucoup plus simplement. Tu t'arrêtes quelques instants, te demander comment toi tu vas, avant de te demander ce que les autres attendent de toi. Tu peux te poser une question, de quoi ai-je besoin aujourd'hui ? Et c'est exactement pour ça que j'ai créé la boussole du matin. Parce que c'est souvent au réveil que notre mental, il est déjà loin lui, en fait. Puis nous, on est encore en train de dormir. Parce que ça donne que tu ouvres un oeil et ton cerveau, il a déjà relu les messages. Rejouer les conversations d'hier, préparer la liste des choses à faire, organiser trois catastrophes avant jeudi. Pendant que nous, on essaye péniblement d'émerger. Peut-être après avoir cherché le sommeil pendant des heures. La boussole du matin, c'est juste quelques minutes pour revenir vers toi avant que le monde ne t'attrape en fait. Pour que tu puisses respirer, donc simplement ressentir, te rendre compte, oui, je suis là, j'existe, et je suis la personne la plus importante de ma vie. La boussole, elle permet de choisir comment tu veux entrer dans ta journée en fait. Elle va t'aider à ne plus te perdre avant même d'avoir commencé la journée. Je vais te mettre le lien dans la description de cet épisode de toute façon. Le week-end dernier, autour de cette table, une femme disait que le plus important était de garder le lien. Moi je crois que le plus important c'est de regarder quel lien on essaye de garder. Un lien dans lequel tu peux parler, choisir, refuser et rester pleinement toi ? Ou un lien qui ne tient que parce que tu paies constamment le prix de ta présence ? Un lien vivant respire. Il supporte un désaccord, une limite, un non. Il permet à chacun d'exister sans venir guider l'autre jusqu'à la dernière minute. Et encore une fois, tu n'as pas trop aimé. Tu as peut-être simplement oublié que cet amour devait aussi revenir vers toi. Ton corps n'est pas condamné à rester interbrouillé. Mais cette fois, quand il recommencera à fleurir, ne donne pas toutes les fleurs aux autres. Souviens-toi que ce jardin est le tien. Surtout le tien. Je te souhaite une très belle journée, une très belle soirée ou une très belle nuit, selon le moment où tu m'écoutes. Et surtout, avant de prendre ta place dans le monde, reviens à toi.