Speaker #0Hello, je suis ravie de te retrouver pour ce nouvel épisode d'émancipation féminine. Aujourd'hui, on va voir pourquoi toi, tu sais que tu fais tout bien et pourquoi ça ne suffit jamais. Parce que c'est vraiment une phrase que j'entends tellement de fois. C'est la phrase de « je fais tout ce qu'il faut, je suis sérieuse, je suis nana impliquée, je respecte les règles, je suis professionnelle, je travaille » . Et pourtant, il y a toujours un oui mais. Il y a comme un décalage en fait. Oui mais tu pourrais avoir plus d'impact. Oui mais tu aurais dû faire ceci. Oui mais tu pourrais être plus stratégique. Le oui mais silencieux. Celui de oui, tu fais tout bien, mais la promotion n'est pas pour toi. Donc à force, toi tu te demandes mais c'est quoi mon problème exactement ? Et je vais te dire un truc vraiment inconfortable. Si tu fais tout bien et que ça ne suffit jamais, c'est vraiment pas une question de qualité. Par contre, c'est une question de règle du jeu. Je vais prendre mon exemple de mon retour de congé maternité. Donc quand je suis revenue de congé maternité, à peu près cinq mois après, lors d'un point tout semblement bonnement banal, on me dit que... je fais tout bien, que je remonte tout, que je suis une bonne salariée, que on n'a rien à me reprocher dans les process, mais qu'il faut que moi, je trouve une solution à mes non-résultats. Je remets le contexte dans ta tête, je reviens de congé maternité, il y a eu les vacances d'été, ça fait que 5 mois que j'ai repris, j'ai repris à 80%, et le secteur est en crise. Le secteur dans lequel je travaillais de l'immobilier était en crise et donc il y avait des résultats en baisse de partout et chez tout le monde, dont chez mes homologues aussi, qui travaillaient avec moi, d'accord ? Moi, je me souviens très bien de cette sensation, en fait, que ça m'a fait une sidération. Quand mon manager m'a dit ça, ça a fait comme, tu sais, genre, t'es tout gelé, t'es tout gelé à l'intérieur. J'ai pas eu de larmes, j'ai pas eu de colère qui était en train de monter, j'avais envie de lui péter à la gueule, tu vois, c'est pas du tout, genre il y a eu comme un choc, un arrêt à l'intérieur. Et pourtant, à l'extérieur, moi j'étais calme, j'étais calme, j'étais professionnelle, j'étais polie, j'étais même souriante. Et je lui ai même dit, écoute, je vais taire le prénom du manager en question, mais si tu dois me licencier, fais-le, je comprends, c'est ton job. Moi, je n'ai pas de solution, en fait. Lui, qu'est-ce qu'il me répond ? C'est, en fait, c'est vraiment agréable de travailler avec toi. J'admire ta maturité. Est-ce que tu imagines le paradoxe ? On était en train de me dire, sans me le dire, qu'on voulait me dégager. Moi, je comprenais très bien la situation, avec mon empathie, avec tout le contexte professionnel. Et le paradoxe, c'est qu'on a admiré ma capacité. à encaisser la putain d'injustice que j'étais en train de vivre. Et cette scène, cet exemple, elle existe partout en fait. Le nombre de fois qu'on me raconte des choses comme toi, moi j'ai envie de te dire, mais c'est quoi ta version à toi ? C'est quoi ? On te confie régulièrement des dossiers en urgence, genre le dossier à 17-18 heures, parce que toi tu sais gérer la pression ? Quel est, à toi, ce que tu vis. Peut-être qu'on te demande d'expliquer pour la troisième fois une décision que quelqu'un d'autre a prise pour toi, pour ton service, pour tes clients, si t'es entrepreneuse. Peut-être qu'on te met en binôme avec un, une collègue qui est moins rigoureuse pour l'aider à monter en compétence. Et celle-là, elle est vraiment agaçante parce que tu sais très bien que c'est toi qui vas faire le job et que vous allez récolter. Les lauriers à deux, voir si c'est un homologue masculin, ils veulent récorder les lauriers tout seuls. On te dit, on compte sur toi pour apaiser le conflit dans les équipes. Ou alors c'est peut-être tes clients qui te demandent toujours de travailler en urgence à la dernière minute. Toi, tu fais quoi ? Toi, tu fais tout bien. Tu gères, tu absorbes, tu ajustes. Je le sais que tu fais tout bien. Et il y a vraiment... Une différence à entendre entre qu'est-ce qui relève de tes compétences et qu'est-ce qui relève de toutes tes adaptations. La compétence et ton talent. L'adaptation, c'est ce que tu fais pour survivre au cadre dans lequel tu évolues. Et souvent, on confond les deux. Est-ce que parfois, tu relis trois fois ton email ou ta newsletter avant d'appuyer sur « Envoyer » ? Parce que si tu es… Ce n'est pas parce que tu es perfectionniste, c'est parce que tu sais qu'une erreur sera plus remarquée venant de toi. Peut-être que tu arrives aussi en réunion avec des chiffres en béton, non pas parce que tu adores argumenter sur ça, mais parce que tu as appris que ta légitimité dépend de la preuve que tu vas apporter. Peut-être que tu prépares tes interventions à l'avance, que tu anticipes toutes les objections, que tu ajustes le ton, la façon dont tu parles. Et pendant ce temps-là, la plupart des hommes, ils improvisent. Et c'est quand même perçu comme en étant confiant. Tout ça, ce n'est pas imaginaire, c'est une réelle asymétrie. On nous a appris, nous, à être méritantes, à faire nos preuves, à ne pas déranger, à maintenir le lien. Et ces compétences-là, je te le redis comme je te le disais dans l'autre épisode, celui de la semaine dernière, elles sont précieuses. Mais le monde du travail, il valorise quoi ? Que tu sois en salariat ou en entrepreneuriat, qu'est-ce qui est valorisé ? C'est la prise de place, la visibilité, la disponibilité continue, la linéarité des performances. Ces normes-là, elles ont toutes été construites historiquement autour du modèle masculin du travail. Pourquoi ? Parce que le modèle masculin du travail a toujours bénéficié du travail non rémunéré et invisible des femmes. Donc les hommes ont toujours été disponibles, non interrompus, c'est pas eux qui portent les enfants, peu impactés par la charge domestique, puisque à l'époque et même encore aujourd'hui, ce sont beaucoup leurs femmes, même leurs femmes qui travaillent à l'extérieur, dans un travail rémunéré, qui s'occupent de la charge domestique et des enfants. Ça veut pas dire que les hommes sont le problème, c'est pas ça du tout. Ça veut juste dire que les règles n'ont pas été pensées à partir de nos réalités à nous de femmes. Donc, on s'adapte, on fait comme on peut. Et le pire, c'est que toi, plus tu fais bien, plus ça devient normal pour ceux qui sont tes employeurs et tes clients. Au début, en gros, elle est géniale, on peut compter sur elle, mais quelques mois, quelques années plus tard, c'est attendu, c'est un fait. Delphine, elle travaille comme ça et on ne le remet pas en question. Par contre, le jour où Delphine dit non, Delphine, c'est moi, mais c'est pour prendre l'exemple. Donc si toi un jour tu dis non, là on le remarque et on le remarque et on va te le faire remarquer. C'est comme ça que la spirale elle se met en place. Parce que toi tu fais tout bien, donc tu donnes plus, toujours plus. Tu gères tout, donc on te responsabilise encore plus. Tu encaisses, donc on te teste encore plus. Et le jour où tu fatigues... Là, c'est toi qui te demandes mais qu'est-ce qui cloche chez moi ? Moi, ce que je n'ai pas vu tout de suite, c'est que ma sidération, à l'époque, ce n'était pas une faiblesse. C'était un sacré signal. Parce que mon corps, il s'est figé. Il a perçu, lui, une injustice qui ne peut ni attaquer ni fuir. Parce que le lien hiérarchique fait que. Donc, je me suis adaptée. Sauf que quand tu t'adaptes trop longtemps, il n'y a pas de problème. La plupart du temps, tu restes performante. Pendant un long moment, tu restes performante. Mais à l'intérieur, ça commence à partir en cacahuètes, à un peu se dissocier. Ce n'est pas vraiment le bon mot, mais tu te détaches un peu de toi-même. Et là, insidieusement, moi c'est ce que j'ai vécu, je raconte ça dans d'autres épisodes, c'est le burning. Le burning... C'est pas le burn-out, c'est pas quelque chose de spectaculaire, de dramatique, c'est juste qu'à l'intérieur ça fait comme une érosion lente, tu vois. Et moi je veux pas du tout que ça vous arrive, c'est pour ça, vraiment, que j'insiste. Tout ça ce n'est pas tes compétences, c'est vraiment des stratégies d'adaptation. Donc ça m'agace quand je vois mais tu devrais devenir la meilleure version de toi-même, tu devrais avoir... plus confiance, blablabla, c'est des fausses questions tout ça en fait. Moi j'ai vraiment envie qu'on se pose les vraies questions, tu vois, les vraies bonnes questions à mon sens, mais pour accompagner le client là-dessus, je sais que ce sont les bonnes questions. C'est pas comment je peux devenir meilleure, c'est pas comment je peux avoir plus confiance en moi, comment je peux devenir cette femme badass, c'est des illusions qu'on nous envoie et après vous avez des putains de déceptions parce que c'est pas maintenable en fait dans le système. La vraie question c'est à quoi je suis en train de m'adapter. A quel prix je reste solide ? A quel prix je fais que tout est toujours bien et que je suis toujours en apparence que tout va bien ? C'est ça, c'est à quel prix ? Je suis en train de... je reste admirable pour les autres et je suis en train de m'adapter. Et dans la masterclass du 5 mars, donc qui arrive dans deux petits jours, c'est exactement ça qu'on va poser. On va décoder les règles implicites, les mécanismes... d'hyperadaptation, les endroits où tu crois que le problème, il est en toi, alors qu'il est dans le cadre. On va voir comment commencer un petit peu à bouger là-dedans. Pas en se forçant, pas en pétant un câble, mais juste en comprenant. Parce que comprendre, ça change déjà la posture. Et la posture, ça change les règles du jeu. Donc si dans cet épisode tu t'es dit, oh pétard, c'est exactement moi, je vois exactement de quoi tu me parles Delphine, alors viens, c'est une vraie invitation. Jeudi 5 mars et dans deux jours, viens à la masterclass, c'est gratuit, on va mettre de la clarté là où toi tu mets encore de l'effort. Le lien, je te le mets dans la description et cette fois tu n'auras pas à porter toute seule, on va décoder tout ça. ensemble. Je te dis à dans deux jours !