- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici,
- Speaker #1
on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que toise. À bientôt !
- Speaker #0
Allez Angélique, bienvenue dans le podcast Émancipation Féminine, je suis ravie de te recevoir aujourd'hui. Est-ce que tu peux, s'il te plaît, te présenter idéalement, pas forcément avec ton job, même si tu pourras en parler juste après, qui es-tu aujourd'hui et comment tu as envie de te présenter ?
- Speaker #1
Eh bien, bonjour Delphine, bonjour à tous les auditeurs et auditrices de ce podcast. Je suis ravie que tu m'accueilles ici aujourd'hui, de partager cet instant avec toi et avec toutes tes auditrices qui sont riches d'écoute et de sens. Qui je suis ? Eh bien, je suis Angélique. Je suis une personne solaire, rayonnante, qui fait les choses avec cœur et passion, qui adore tout ce qu'elle fait et quand ça ne l'anime pas, elle ne le fait pas, ou alors très mal, ou en soufflant, en râlant, et ça ne marche pas. Moi, mon secret, mon driver, c'est le plaisir, la joie, le kiff. pour pouvoir justement amener vraiment de la lumière et faire en sorte que les choses fonctionnent et qu'on ait... Enfin, tout doit être... Pour moi, tout se fait dans la joie et le plaisir. Il y a toujours un secret pour reconnecter même une tâche très cool de tâche ménagère. Il y a toujours un plaisir à déceler avec ça et c'est pour ça que je le fais.
- Speaker #0
J'adore. Trop belle présentation. Je crois que tu es l'une des premières invitées peut-être ou la deuxième qui ne bug pas avec... cette question et qui arrive à se définir limpidement sans parler encore de son job. Félicitations. En fait, c'est un challenge à chaque fois que je vous fais cette question et j'adore. J'adore. C'est quoi pour toi ? Oui, prends, prends. Et je confirme parce que nous, vous êtes en audio mais moi, je vends Angélique au moment où je l'interview. On est sur Zoom et tu es très solaire, effectivement. Je le confirme. C'est quoi pour toi aujourd'hui travailler et comment ça a évolué dans ta vie et du coup tu peux nous raconter ton parcours ?
- Speaker #1
Pour moi, travailler ça doit toujours être un kiff. Je me suis toujours dit depuis que je suis petite, pour moi le travail on doit forcément faire ce qui nous fait plaisir, sinon on n'ira jamais travailler. Parce que j'ai vu mes parents dans le métro, boulot de d'autres, ils avaient le rythme de chaque semaine, les mêmes horaires. Les week-ends étaient libres, les jours fériés n'étaient pas travaillés parce que mon père était ingénieur et maman était assistante de direction, les deux dans la même boîte. Mais par contre, on ne parlait pas de boulot à la maison et quand on en parlait, on n'en parlait pas bien. Moi, ce que j'en ressentais, il n'y avait pas de plaisir, c'était chiant, les collègues étaient cons, que l'autre il avait fait ci, et qu'en gros, je me disais comment on peut chaque matin faire la même chose, déjà qu'il est chiant d'avoir fait le même risque, de rien avoir qui change et d'être aussi triste, de dire qu'est-ce qui fait que. Moi, j'avais tout de suite senti l'ambivalence dire mais non quoi. Et donc, c'est pour ça que je suis partie tout de suite dans une voie nature, d'être dehors, de profiter de la vie, de devoir s'adapter aux conditions météo. Un jour, il fait beau, un jour, il fait moins beau, un jour, il fait froid, un jour, ceci, cela. Et j'ai fait des études agricoles parce que j'étais passionnée par le cheval. Et donc, pour travailler en équitation, il faut des études de base agricole qui permettent de comprendre la nature, le vivant, dans quoi on s'intègre, dans quoi on interagit avec le cheval. Et mon travail au début, ça a toujours… L'anecdote, c'est que je n'étais pas encore diplômée. Bac agricole que j'étais déjà embauchée dans les premières cabanes perchées de Saint-Denis-Marne. C'était les premières d'Ile-de-France. On était pionniers à l'époque dans ce secteur-là. Et en fait, moi, j'y allais toujours avec le kiff. Le fait d'être en nature, etc., j'étais encore connectée. Et j'apprenais par l'expérience. Et même si je me suis fait embaucher dans plusieurs haras, dans plusieurs écuries, j'avais toujours besoin de savoir pourquoi j'y allais. On sait que dans les écuries, on ne travaille pas pour le salaire. Ça, c'est bien connu. c'est ce qui fait qu'aujourd'hui je n'y suis plus Parce que le salaire, en fait, il n'y a pas d'évolution possible. Ou alors, c'est vraiment inégal. Et qu'en fait, moi, dans mon travail, dès lors où je n'ai plus jamais ressenti la joie, dès lors où je n'étais pas considérée, dès lors où je n'étais pas... On ne prenait pas soin de moi, que je n'étais qu'un détail, qu'un pion sur les chiquiers, que je sois là ou pas là, ça ne change rien, que je n'étais pas reconnue pour ce que j'apportais à ma plus-value. En fait, là, on éteignait ma lumière, la flamme était étante et c'était très simple, c'était en fait, va, va te faire. Donc, j'ai eu beaucoup d'endroits comme ça où, en fait, au début, j'arrive super contente, je suis accueillie, salvée, etc. Des fois, je me suis grillée voulant en faire trop avec les injonctions qu'il y a de se dépasser, d'être l'employé parfait, l'employé modèle, pour ne pas qu'on me reproche, que travailler dur pour réussir, travailler dur pour faire ça, pas travailler dur juste pour te cramer et qu'en fait, d'ailleurs, tu n'as pas plus réussi que ça, en fait. J'ai travaillé dur, mais je n'ai pas plus. J'ai eu six salles dans les bois que je m'étais donnée au début. Donc franchement, tu avais dit que vous réussissiez. Oui, oui.
- Speaker #0
Et que pour moi... Oui, oui.
- Speaker #1
Ah mais oui, mais surtout que j'ai commencé à le péter. Dès lors, j'ai commencé à travailler sur moi parce que je suis devenue entrepreneur et que ça a nécessité une introspection. C'était indispensable. Mais pour moi, travailler même aujourd'hui, et j'ai encore du mal, c'est vraiment d'y aller avec plaisir, avec kiff. sortir des injonctions, travailler de telle heure à telle heure, de tel jour à tel jour. Si un jeudi, je ne me sens pas bien ou qu'il fait beau et que je dois être derrière mon bureau pour te donner des photos, mais que j'ai du temps, je vais traiter mes photos le lendemain, je vais aller prendre l'air, faire un call, réfléchir à un autre truc, faire une stratégie en pleine nature, parce que j'ai la forêt de Fontainebleau qui est à deux pas de la maison. Je veux cette liberté d'adapter mon rythme par rapport à la météo, à mon rythme personnel à moi. On est toutes les deux une femme, on sait très bien qu'une fois par mois, c'est un peu plus dur que les autres jours. surtout que moi j'ai eu des périodes où dans ma vie où un jour par mois, c'était couché, à plus pouvoir respirer, au point d'avoir besoin de trois effets ralliants. Et je travaillais aux écuries à cette époque-là. Donc franchement, c'était très, très dur. Et je me suis dit, je ne peux plus me plier comme ça pour des salaires de merde, parce que les écuries, on les paye au SMIC, et rarement plus par rapport à l'effort qu'on fait. Je me suis dit, je ne peux plus faire ça. Et surtout, je ne me sentais pas épanouie. Et j'en avais marre de dépendre de quelqu'un pour ma rémunération, mon cadre de vie, etc. Donc pour moi, travailler aujourd'hui, qui nous fait vibrer, qui nous fait kiffer, dans lequel on se sent utile, dans lequel on apporte des choses au jour, dans lequel on les soutient. Et parce qu'on les soutient et qu'ils le reconnaissent, on a aussi soutenu la puissance du collectif, en fait. Peu importe ce qu'on fait, peu importe le média qu'on a, salarié, entrepreneur, un mix des deux, retraité, complètement. Pour moi, le travail, c'est pas quelque chose... Pourtant, la définition du dictionnaire est très mauvaise. Le travail, c'est quelque chose qui est noté comme... de rébarbatif, de négatif, avec une mauvaise... Tu vois, quelque chose de malsain, quelque chose de pas bien, d'inconfortable. Pour moi, le travail doit être confortable. Et si jamais il y a des managers qui écoutent, pour moi, le rôle du manager, c'est de faire en sorte que le travail pour son équipe soit le plus agréable possible et qu'il corresponde aux exigences, aux attentes, à la vision du travail de chacun. Et de faire corréler tout ça, tu vois. Le travail n'a pas à être une sinecure. Le travail n'a pas à être quelque chose de pénible. Il y a des choses, il y a des jours, c'est plus difficile que d'autres. on ne va pas se mentir. Mais pour moi, le travail, c'est vraiment... On passe les deux tiers de notre vie à travailler. On passe les trois quarts de notre vie à travailler. On ne peut pas se détruire dans un poste qui ne nous nourrit pas, même en tant que financier, mais ne nourrit pas l'être, qui on est, de à quoi on sert, quel est notre but, qu'est-ce qu'on veut servir. C'est quoi notre vision ? Est-ce qu'on est en corrélation avec la vision de l'entreprise ? Le grand objectif, le grand rêve, à quoi on sert, qu'est-ce qu'on nourrit ? Toutes ces choses-là. On ne peut pas aller travailler cinq jours, six jours par semaine. 8h par jour, 10h par jour pour quelque chose qui ne nous habite pas, qui ne nous anime pas, dans lequel on s'emmerde, on se fait chier. On s'éteint, en fait. On se brûle et après, on se dit, oui, les gens sont... Oui, mais parce qu'on ne fait pas des choses qui nous animent.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est méga important de le nommer, de le souligner et je trouve dans ton parcours que c'est hyper riche, finalement, que tes parents se soient permis de se faire chier et de s'emmerder et de ne pas... peut-être pas s'autoriser ou de ne pas pouvoir. Ça, on ne sait rien. Et ce n'est pas grave parce qu'il y a aussi des gens qui ne pourront jamais se poser ces questions aussi. Malheureusement, en fait, parce qu'en fonction de où on vient, de qui on est, dans quelle tranche, malheureusement, c'est le système capitaliste qui nous fait avoir ce rapport-là au travail, qui nous use et qui nous détruit au-delà du système patriarcal. Les deux couplés, c'est vraiment l'enfer sur Terre. C'est ce que vivent beaucoup de gens. et nous quand on a la chance comme toi Angélique de pouvoir se poser les questions mais toi tu as eu un cadeau vraiment de tes parents et la perspicacité aussi de te dire ça ne m'inspire pas du tout et je ne vais pas aller là-dedans ça veut dire que tu as été autorisé implicitement et explicitement aussi par tes parents de pouvoir arborer ta propre voix et ça c'est énorme c'est un vrai cadeau qui m'en vient
- Speaker #1
En fait, ils nous ont payé pour l'étude agricole, spécifique pour ça, parce que le cheval était ma passion, que l'école, c'est pas que je brillais pas, mais vraiment, c'est quelque chose qui était très difficile pour moi, les interactions sociales à cette époque-là. Et qu'en fait, ils ont bien compris que même moi, en termes de résultats scolaires et de gravir des échelons, c'était pas au début ce que j'ambitionnais, alors qu'aujourd'hui, c'est totalement différent. Parce qu'aujourd'hui, on me met dans une boîte, je vois très bien quelle va être la direction, comment je vais travailler ça. Tu vois, à ma époque, me voir dans un bureau, être dépendante des interactions sociales et des gens avec qui tu devais bosser par obligation. Je ne me voyais pas être dans une grosse entreprise, alors qu'aujourd'hui, limite, je serais prête à y aller. Je vois le challenge, parce que je suis une autre femme maintenant, et vraiment parce que je suis parée pour communiquer et avoir les bons mots et les bons trucs. Mais oui, mes parents, leur sacrifice nous sert à moi et ma sœur. Parce que tu vois, aujourd'hui, je suis entrepreneur, j'ai entamé une restructuration très forte. Il me met un petit peu en péril financièrement. et même si j'avais prévu mes arrières mais les bas de l'aile ne sont pas toujours ils vont à fond à un moment donné et je sais que mes parents sont d'une très grande aide ils sont ravis de me faire et tous les sacrifices qu'ils ont connus durant leur vie active de salarié même les sacrifices qu'on a du coup nous aussi connus en étant leurs enfants aujourd'hui ils servent à quelque chose ils nous permettent en tout cas moi et ma soeur de réaliser nos rêves si un jour on est dans la merde on sait qu'on a le soutien financier des parents en plus d'avoir le soutien émotionnel et moral
- Speaker #0
Ce qui est énorme. Quand tu as en plus les trois, c'est vraiment le cadeau du siècle. Parce que parfois, on n'a pas besoin de finances, mais effectivement, on peut être dans une famille qui ne comprend pas le choix qu'on a pris de devenir entrepreneuse et qui peuvent même venir mettre à mal là-dessus. Et comme tu dis, c'est important aussi. Souvent, quand on est entrepreneuse, on n'a pas les mêmes accès aux droits. en fonction du statut qu'on a, comme des salariés, en fait, à avoir certaines aides. Et c'est un peu, sauf qui peut, et pour moi, toute seule, quoi. Donc, ça, c'est vraiment énorme. Du coup, dans ton parcours, si je reprends, donc, tu as cette prise de conscience enfant, tu fais ton bac agricole, tu commences à travailler, du coup, dans DAA et en même temps sur des cabanes insolites. Qu'est-ce qui se passe ? À quel moment tu te dis, OK, je quitte les écuries ? Qu'est-ce qui se passe ? On ne sait toujours pas de ton métier, Angélique, aujourd'hui. Moi,
- Speaker #1
ça va venir. Soyez patient. On vous le dira à la fin de l'épisode. Si vous êtes bien écoutés, on vous le dira à la fin. Mais en fait, ce qui se passe, c'est que j'ai fait plusieurs écuries et qu'en fait, il s'est passé un jour dans ma vie, parce que le cheval, c'est une passion. J'ai aussi été propriétaire d'une jument. J'ai toujours connu tous les animaux. Et en fait, il y a eu un jour où, dans le milieu du cheval, je travaillais en tant que pâle freinière. Alors, s'il y a des palfreniers qui écoutent dans ton audimat, ils ne seront absolument pas étonnés de ce que je vais dire. Je travaillais de 7h à 19h, 6 jours semaine. Et en fait, j'ai été déclarée au SMIC 35h. Alors, dans le cheval, c'est souvent. Mais en fait, tu as un remerciement qui va avec. Tu as une enveloppe sous le bureau, tu as des avantages. On te paye ton essence, ça passe en frais de la boîte. Il y a des avantages comme ça qui ne sont pas clairement... dit sur un contrat, des fois oui, la majorité oui, quand tu as un logement, une pension pour ton cheval, etc. Il y a d'autres gestes comme ça qui sont hélas, tout là, rien. Et pourtant, je bossais très bien, j'étais devenue ultra fit parce que se faire de 7h à 19h, marcher 50 000 pas par jour, etc. Et en fait, quand un jour la patronne m'a dit que ça n'allait toujours pas, que j'en faisais pas assez, alors que j'étais déjà à fond, que là, en plus que je travaille les chevaux, les machins, quel se rôle, c'était juste d'accueillir les clients et de faire en sorte que là, La relation se passe bien, qu'elle ne devait pas travailler les chevaux. Alors certes, elle était déjà au-delà de l'âge de la retraite. On avait peut-être 50 ans d'écart, c'est facile. Elle était un peu vieux jeu, même s'il était très moderne pour son âge. Et là, je me suis... Et en fait, devant elle, je n'ai rien réussi à dire. Tellement je me suis sentie flouée, trahie, pas comprise, pas reconnue. Je l'ai regardée dans son bureau. Et il y a juste des larmes. Mais alors, des larmes. Mais alors. mais des larmes chaudes qui ont coulé que je ne pouvais même pas retenir pourquoi tu pleures ? Je veux dire, mais t'es conne ou tu le fais exprès ? Et ce jour-là, en fait, je me suis dit, OK, tout est fini. Et en fait, là, j'avais le droit de... En fait, c'était un CDD. Et en fait, les deux derniers mois, les deux derniers mois, en fait, du coup, je n'arrivais plus à l'heure. Et il y a plein de choses que j'ai laissé tomber. Je n'arrivais même plus à me lever le matin. Et là, je savais très bien que là, c'était un coup de hache sur un chêne, tu vois. C'était douloureux. Et à ce jour-là, je n'ai plus pu voir une fourche, un box, un truc de cheval en dehors de ma jument mais je pouvais plus du tout voir ça pendant mes deux ans. Et du coup, j'étais tellement fâchée que comme j'avais fait de l'hébergement par récurrence, comme ça, un mois sur deux, deux mois sur trois, etc. Je me suis dit, très bien, c'est une voie que, sans avoir de diplôme, j'ai expérimenté, que je connais, que je maîtrise, donc je vais aller bosser à l'hôtellerie. Et donc, du coup, j'ai déménagé sur un coup de tête. J'ai répondu à une annonce. J'avais une pote qui était à deux pas de la ville. J'ai répondu à une annonce. J'ai été embauchée. alors que je n'ai aucun diplôme qui correspond à ce qu'ils exigeaient. Mais la présentation, tout fait que ça passait. Ils m'ont formée à leur hôtel et pendant deux ans, j'ai gravillé des choses comme ça. Pour l'époque, ce que j'imaginais, une très bonne situation, mais bon, il y avait plein de choses qui étaient tout à fait déséquilibrées et malsaines, mais qui m'ont aussi construite. Tout était construit à la fois. Et deux ans plus tard, en parallèle, j'ai appris ce que c'était de l'amitié. J'ai aussi appris ce que c'était... En apprenant l'amitié, j'ai perdu les amis parce que ce n'était pas des amis. On a gagné d'autres. Et en fait, ma patronne de l'époque sur les cabanes m'a rappelé parce qu'il y avait besoin de moi pour des raisons très précises. Et même si j'avais la bonne situation, le bon salaire, les trucs pouvaient aller, j'ai dit oui direct. Ça hurlait, tu vois. Le sentiment en soi qu'on n'a rien à faire là où on est et que là où on est appelé, que ça hurle en toi, que oui, mais vas-y, que ça t'anime. Tu fais yes, trop cool, trop bien, je vais y aller et tout. Et moi, c'était oui direct. Et l'anecdote, tu vois, c'est que ce jour-là, Cette semaine-là, quand elle m'a annoncé ça, qu'il fallait que je réfléchisse parce que c'est pas le même salaire, machin et tout, et tout allait mieux dans mon entreprise là où j'étais en hôtellerie, parce que j'ai une patronne qui était un peu spéciale. Et cette semaine-là, je ne sais pas pourquoi, j'ai fait un truc que d'ordinaire, je le fais comme d'hab. Et là... La patronne a refait son truc d'il y a quelques semaines, quelques mois avant, où il ne fallait pas que je le fasse, que je n'étais qu'une soumère, c'est n'importe quoi, puis c'est l'hurlet dans l'hôtel comme ça. Enfin, une folle. Et je me suis fait défoncer. Et d'habitude, j'aurais été paniquée, stressée, en train de ne pas savoir quoi faire, de répondre tout apeurée. Là, pour la première fois de ma vie, je l'ai regardée, ça me passait, mais alors au-dessus, en train de l'arrêter, en train de me dire, Si tu savais, ma grande, si tu savais. que je te prépare ma démission, je n'ai rien à carrer, ce que tu me dis, et ça, ça donne une puissance, il faut savoir où est-ce qu'on va, comment on le fait, ça fait un socle, ça fait un ancrage très puissant qui te permet justement de faire front envers des choses qui ne te respectent pas, qui ne te nourrissent pas, qui ne te nourrissent plus, qui ne te respectent plus, tu avais peut-être conscience que tu étais dans le déni, tu n'étais peut-être pas consciente mais que du coup, tu découvres avec ça, tu vois, et du coup, je suis revenue au cabane et en fait, j'ai un coup de cabane, un coup encore un peu de cheval parce que j'ai besoin des fois de reprendre repartir un peu dans le mi-temps des caisses parce que des fois, c'est ce que je sais faire de mieux. J'ai eu besoin de rentrer de l'argent pour des raisons un peu personnelles parce qu'entendant, je me suis lancée à mon compte comme entrepreneur. Quand les cabanes ont fermé, c'était un choix décidé de mes patrons après un peu plus de 10 ans d'exploitation, 12 ans. C'était un choix pour eux de fermer l'activité, de déménager ailleurs pour des raisons familiales et qu'en fait, j'ai vu la liberté que j'avais à cette patronne-là. Je veux dire, je pouvais, en gros, Tant que le job était fait, je pouvais faire tout ce que je voulais. Ils savaient très bien que c'était freelance,
- Speaker #0
en fait, pour eux. C'est ça ?
- Speaker #1
Moi, j'étais salariée, en fait, et on faisait de la modulation d'heures. OK. Ils ne sont pas là. Je faisais des semaines à 60 heures. Mais je sais que l'hiver, au mois de décembre et janvier, quand les cabanes étaient fermées, moi, j'étais payée à mon salaire normal. Mais en gros, j'étais en vacances parce qu'on tenait un tableau pour être OK avec les horaires que j'ai faits. Et si j'avais fait des interventions de risque, Parce qu'il y a eu deux fois, on a dû faire appel aux pompiers. Et donc ça, en fait, on s'est... On m'a fait un arrangement qui a été très bien fait. Mais ce que je veux dire, c'est parce que j'étais sur place, que j'ai filé un coup de main, que ma personnalité était reconnue, ma plus-value était reconnue et qu'ils m'ont souvent dit « Sans toi, on n'en serait pas là. Sans toi, on ne ferait pas ces chiffres-là. Sans toi, on ne ferait pas ça. » Et en fait, dans les quatre dernières années, c'est presque moi qui étais une entreprise parce qu'en dehors des impôts et de la compta, j'avais tout le reste. c'est-à-dire je faisais l'accueil client, la gestion des ménages et cabanes, la réalisation. les bons cadeaux, la réservation, les paiements, etc. En gros, ma patronne avait un pilier sur lequel je... Et tant que le boulot était fait, je pouvais faire ce que je voulais. C'est-à-dire que je n'avais pas une restriction d'horaire de faire tant d'heures par jour et tant de présence sur place. C'est-à-dire que si le client était accueilli à l'heure, à l'heure convenue, que le ménage a été fait, que la cabane était propre, que c'était rangé, c'était nickel. Et qu'en gros, moi, je m'arrangeais pour organiser mes journées, pour que les petites journées, que si jamais je loupe le réveil, que je suis fatiguée le matin, je n'ai pas trop à me lever trop tôt, que je peux faire les trucs à la dernière minute. que de faire face à chaque imprévu. Et puis que si les clients sont... Je n'ai pas de clients entre 14h et 16h qui arrivent tous à 17h, j'allais faire ma vie, j'allais monter à cheval, j'allais faire mes cours, j'allais voir mes parents, j'allais voir une copine, tu vois. Je n'étais pas sur place d'entreprise. Et si les gens arrivent à 14h, je dis, je regrette, mais c'est moi qui vous accueille, vous m'avez annoncé 17h, donc j'essaie de revenir avant, mais aussi, on revenait à 17h, mais je ne suis pas présente, en fait. Je vous ai donné rendez-vous à 17h. et ma patronne était tout à fait au quête que je procède comme ça on n'a jamais eu de conflit soit sur ce plan là Donc, j'étais libre et quand l'entreprise s'est terminée, je me dis que je ne peux pas retourner dans un cadre salarié où on m'impose d'être là de 7 heures à 8 heures. Je n'ai pas de modulation. Il y a des fois, je suis tombée malade dans mon entreprise. En fait, elle m'a dit repose-toi. Je sais très bien que le jour où j'aurai besoin que je sois malade, tu viendras me remplacer. Donc, en fait, il n'y a pas besoin de bâcher le médecin, de malade, machin. Elle me dit qu'on se goupille entre nous. On sait qu'on est bonne pour ça et qu'on se soutient d'une autre. Je sais très bien que tu les rattraperas tes horaires. Donc, repose-toi, je suis là, je peux m'en charger, je fais. Et qu'en fait, c'est pour ça que je savais très bien qu'en repartant dans le salariat, ça n'allait pas le faire du tout. J'avais goûté, tu vois, quand tu as goûté cette liberté-là, t'organiser avec ton propre rythme, de faire ce qui te plaît, ce qui t'anime, ce pour quoi on te reconnaît, en fait, tu ne peux pas retourner dans un salariat, un carcan, tu vois. Et donc, c'est là que je me suis fait comme photographe, parce que j'étais photographe amateur, mais que ça fonctionnait déjà. Et que c'était quelque chose qui me passionnait, que je voulais développer ma propre activité. Je suis lancée depuis 2019. Et là, en 2025, il y a un an, j'entamais une énorme structuration, une énorme introspection qui, aujourd'hui, fait que je fais des déclarations de chiffre d'affaires qui correspondent à mes premières années ou presque. Mais je sais pourquoi je le fais. Et là, quand on a rejeté cet épisode, il y a déjà du rebond qui est en train de se faire par rapport à tout le travail que j'ai mené de travail hivernal. Donc voilà, moi, je suis photographe et je suis photographe spécifique aujourd'hui. Pour tout ce qui est, pour tous les hébergeurs, tous les autres passionnés qui gèrent des hôtels, des gîtes, des chambres d'eau, des cabanes perchées. Et je les accompagne en fait à transformer leur communication. Je les accompagne de A à Z grâce à un reportage photo, mais aussi un accompagnement complet pour savoir. Quelles photos on fait ? Comment on les fait ? Comment on s'en sert ? Où est-ce qu'on la met ? Qu'est-ce qu'elle véhicule comme message ? Qu'est-ce qu'elle va servir à attirer pour en fait générer des réservations si possible en direct ? Mais en plus des réservations automatiques qui correspondent pleinement à l'univers, à l'âme de l'hébergement, à tout ce que ça reflète, tout ce qu'on veut incarner dans cet hébergement.
- Speaker #0
J'adore, mais quel parcours ! Waouh, c'est incroyable ! Moi, ce qui m'est venu en écoutant ton parcours, c'est plusieurs mots. J'ai eu cette sensation-là, et tu me corriges, ce ne sont pas du tout ces mots qui correspondent pour toi à ton parcours, mais comme une espèce d'énorme perte de sens, à un moment donné, avec ta première patronne, c'est complètement, comme tu dis, what the fuck ? Et ce que tu as vécu, c'était comme un traumatisme, ce figement, je me mets qu'à pleurer, il y a une perte de sens totale, alors que je me donne à 10 000. la nana elle est lunaire d'une autre époque, bien vrai qu'elle soit d'une autre époque mais quand même c'est à dire que je perds du sens et en plus je ne suis pas reconnue à ma juste valeur je trouve très beau le rebond de te dire c'est pas grave je vais dans l'autre chose et à ce moment là moi ce que je note et qui devait t'animer et ce qui est bien normal c'est d'être enfin payée à ma juste valeur donc tu déménages tout ça et re à nouveau c'est marrant parce que ce sont des femmes sur qui tu tombes des femmes patronnes et qui rejouent un espèce de schéma pour te dire peut-être qu'il faudrait te barrer de là quoi et encore à nouveau une forme de perte de sens ou de tiens reconnexion en fait ah ouais c'est vrai ça fait peut-être deux ans que je suis en train de bosser pour de l'argent parce que j'en avais besoin et certainement que ta confiance s'est aussi reconstruite comme ça jusqu'à être solide et dire ok ma cocotte c'est bon cette histoire je la connais déjà je l'ai déjà vécue et je vais aller bosser pour ce qui m'anime en fait Merci. Et c'est génial de tomber sur une troisième patronne quand même. C'est incroyable. Tu n'as pas eu des hommes ou quoi ? C'est intéressant que je trouve que ce soit des femmes, ce miroir des femmes. Peut-être qu'il y avait des hommes avec elle aussi, qui manageraient dans l'ombre, j'en sais rien. Et cette dernière patronne qui finalement te reconnaît, t'as juste valeur. Toi, tu as toujours procédé de la même façon. C'est-à-dire, je suis capable de bosser beaucoup, je suis capable de gérer ta boîte comme si c'était la mienne. Et au final, tu avais besoin de cette rencontre-là pour pouvoir te mettre ensuite à ton compte. C'est pour ça que je me suis posé la question, est-ce que tu étais freelance ? Parce que ce que tu décrivais, je me suis dit, dans ma tête, quand tu me disais non, j'étais salade, je me suis dit, il y a des boulots salariés qui existent comme ça, perso, je ne les ai pas connus. Je me suis dit, c'est génial. Donc, moi, j'ai eu ces mots-là, confiance et sens. Un coup, je perds sens, du coup, ça détruit ma confiance. Et je reconstruis tout ça à travers autre chose. Je ne sais pas si c'est ça qui est juste pour toi, mais ça a résonné comme ça. Certainement que ça parle de moi aussi.
- Speaker #1
Merci pour le partage. Parce que tu vois, moi, je ne le percevais pas comme ça. Donc, je pense qu'aussi, de partager son parcours peut évoquer des choses. C'est des gens que nous-mêmes, on n'a pas conscience. Ça les fait miroir. Confiance. En fait, on ne croirait pas comme ça. Je ne sais pas ce que ça évoque, mais en vrai, je n'ai pas confiance en moi. J'ai mes estimes de moi. Je travaille sur ça depuis un peu plus de 2-3 ans. Pendant un temps, c'était très lourd et très long et très difficile pour moi, tous ces écarts-là. Et maintenant que tu le dis, oui, toutes mes patronnes ont été des femmes, majoritairement, accompagnées souvent de leur mari ou des fois pas de leur mari, qui était pour ce mot-là, mais qui avait un rapport là-dedans. Et il y a juste eu, là en date, j'ai travaillé pendant, donc post-Covid, donc avant Covid 2020, trois ans, trois ans et demi dans une écurie parce que j'ai eu besoin, j'étais à mi-temps, mon entreprise photographe la première année n'a pas donné les résultats que j'espérais, mais c'était encore même pire que ce que j'aurais pu imaginer dans le cas du pire. Et je me suis dit, pour sécuriser, parce qu'à l'époque, j'avais une maison en projet, un achat, financer les travaux, des machins. C'était tellement inquiétant et tellement pas rassurant pour le rapport à l'argent. Du coup, ça m'a fait aussi beaucoup travailler mon rapport à l'argent parce que mon conjoint de l'époque avait aussi beaucoup de freins avec ça. Et qu'en fait, je suis repartie pour la sécurité, qui n'en a pas été une, dans le salariat à mi-temps. Parce que je me suis dit, qu'est-ce que je sais faire de mieux qui va me prendre le moins d'énergie, le moins me faire chier ? à mettre de la cervelle là-dedans pour arrêter de m'inquiéter, pour avoir de l'énergie focus pour ma boîte. Et bien, ce que j'ai fait de mieux, c'est le cheval, pas le freinière. Allez, paf, on y retourne, on signe un coup. J'ai trouvé une écurie pas trop chiante. Je l'ai trouvée parce que j'avais le verre de bureau. Dans une écurie, c'est extrêmement rare. Les hors-sup étaient payés. Dans une écurie, c'est extrêmement rare. Et puis, payé en tant qu'hors-sup, ce n'est pas de la magouille. C'était ultra carré et tout. J'ai fait, mais c'est dingue, quoi. Smec horaire à mi-temps, on sait que ce n'est pas fou, ça ne paye que le Et du coup, à la fin, j'ai vu que ça me coûtait en énergie, mais que ça ne me rapportait pas grand-chose et que j'étais hors statu quo depuis trois ans. Même si pendant le Covid, ça m'a bien aidée. Je remercie l'opportunité de m'avoir... Si j'ai signé, quoi, trois mois avant le Covid. Mais voilà, par contre, c'était un patron homme. Et lui, je n'avais jamais fait affaire à sa femme, qui n'était rien d'avantage dans l'entreprise. Et ça s'est aussi très, très bien passé. Il n'y a pas eu de souci, tu vois. mais c'est vrai que la majorité de mes patrons étaient des femmes. Et ce que tu viens d'évoquer, confiance et sens, moi, j'ai besoin de sens dans ma vie pour me réaliser. Et pour être... un bon soldat, un bon salarié dans lequel on croit et en qui on veut investir, j'ai besoin que la vision de l'entreprise avec laquelle je signe fait sens pour moi. Donc ça, pour les cabanes, ça faisait sens parce que c'était absolument génial, je m'y reconnaissais, j'ai appris plus tard que j'avais des liens de famille avec le lieu en tant que tel et les histoires de famille, etc. Donc ça a fait encore plus de sens pour moi, qui est aussi lié au cheval, plein de choses de ouf. Et je suis certaine qu'il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous, il n'y a que des rencontres qui nous permettent de révéler qui on est vraiment. et qu'aussi ce lieu moi j'y croyais pleinement parce que je m'y retrouvais dedans ça correspondait à tout enfin le lieu était magique je le ressentais et par mon ma reconnaissance et ma gratitude de travailler dans cet endroit là et que je le connaissais par coeur et que je m'y intéressais sincèrement bah les clients en fait ils vivaient le lieu au travers moi au travers déjà de mon accueil ils étaient immergés ce qui fait que je rayonnais avec ça tu vois le côté de rayonner est déjà là et du coup ils étaient totalement partout dans l'aventure et je changeais la qualité de leur séjour on savait très bien sans vous l'inventer que quand c'était moi qui faisais les accueils, les séjours étaient différents que lorsque c'était mes patrons ou un de nos salariés qui venait là juste pour bosser, parce qu'ils faisaient ça de manière comment dire, pas bureaucratique, mais basique, tu vois, je veux dire, le truc où il faut le faire sans âme. Voilà, sans âme. Et en fait, ça faisait la différence. Et j'ai remarqué que partout où je vais, dès lors qu'il y a des choses qui m'animent, qui me parlent, dans lesquelles je sens que ça fait sens pour moi, ou en tout cas ma contribution peut faire sens pour les autres, je kiffe y aller et c'est là que tout le monde prend du plaisir parce que Merci. Comme on kiffe, on travaille. Mais comme on kiffe, c'est un plaisir. Et comme le plaisir est là, tout le monde rayonne et le projet prend sens.
- Speaker #0
Complètement. Mais c'est tellement important tout ce que tu dis. C'est tellement important. Et encore plus, je crois, quand on choisit d'être entrepreneuse, je trouve que c'est génial que tu aies pu expérimenter ça avant. C'était pendant, en parallèle finalement de ta boîte. C'est vraiment génial parce que... Ça te permet de te dire, OK, quand il y a quelque chose qui m'arrive comme ça, voilà les résultats possibles, sans que tu aies en pleine responsabilité. Bon, si ça ne marche pas, ce n'est quand même pas ma boîte. Je trouve ça hyper intéressant dans un parcours entrepreneurial. Mais c'est vrai, c'est un peu genre, vas-y, teste. De toute façon, les risques financiers ne sont pas pour toi, Angélique. Et je trouve que c'est génial parce que ça te permet, toi, d'identifier tout de suite tes forces, en fait. Moi, je sais que quand je rayonne, tu dis des mots très forts. Quand je rayonne, quand je ressens de la magie, en fait, il se passe autre chose, même si ce n'est pas ma boîte. Donc, je m'imagine bien que pour lancer ta boîte et pour faire des choix, c'est quand même quelque chose d'hyper précieux.
- Speaker #1
Complètement. Sachant que dans ma boîte, la magie, elle n'a pas souvent été là, elle n'a pas toujours été là et qu'aujourd'hui, le fait d'avoir un structuré, ça laisse de la place et je commence à comprendre la magie du truc. Et je suis en train de me dire qu'en fait, ce que je pensais percevoir comme magique n'était aujourd'hui, à l'heure actuelle, avec le recul que j'ai, n'était juste qu'une étincelle. C'est un truc de fou, en fait. Des fois, on croit pas. Et au niveau du cheval, tu vois, je veux dire, dans ma boîte, tu vois, j'ai acté une restructuration, il y a un an, je la commençais. Et en fait, il y a un an, je commençais à comprendre, mais avec douleur et avec pénibilité et avec... C'était dur, vraiment, c'était dur que le cheval, c'était en gros un secteur dans lequel j'étais allée par passion parce qu'une copine me l'avait transmise, mais c'était pas moi, c'était pas... mon héritage, ce n'était pas ce pourquoi j'étais venue sur Terre, sans vouloir avoir un discours perché, après on adhère, on n'adhère pas, mais moi aujourd'hui j'ai tellement fait un peu de travail, un peu d'introspection, qu'à force je commence à comprendre certaines choses, et qu'avec l'orcule je me dis en fait, le cheval se l'est parce qu'une copine était passionnée, que j'ai voulu faire comme elle, que ça m'a parlé, et que le cheval, oui je sais connecter avec le cheval, mais en vrai ce n'était pas ce pourquoi j'étais venue me réaliser ici, en fait. Et quand l'année dernière, je commençais à comprendre que le cheval, en fait, c'était... ça a été une partie de ma vie, mais qu'elle ne me nourrissait plus, qu'elle ne m'habitait plus et qu'elle ne me servirait plus parce que la vision que j'avais pour ma vie à venir et tout ce que j'envisageais, le cheval et le secteur comment il est aujourd'hui ne pouvaient pas me servir par rapport à mes ambitions.
- Speaker #0
Et quand c'est comme ça, c'est différent. Parce que rien ne change, ça rien ne change. Et on ne peut pas vouloir refaire tous les jours la même chose. C'est différent en fait. Ça faisait cinq ans que je m'exprimais, ça faisait cinq ans que chaque hiver j'étais claquée, cinq ans que j'avais de la pénibilité et tout. Je me suis dit... Et en fait, acter de quitter le cheval, mais de vraiment dire on arrête ça, on arrête cette connerie-là, c'était fermer la porte à 30 ans de passion, 15 ans de vie professionnelle. l'hôme et l'investissement des parents, pourquoi mes parents, ils ont sué leur fonds au sang et haut pour nous payer les études. Moi, j'étais en plus en lycée agricole privée, avec d'aller-retour en TGV tous les 15 jours. Donc, tu vois, je me dis...
- Speaker #1
Un gros investissement, quoi.
- Speaker #0
Je me dis, merde, tu vois, et je m'ai discuté avec mes parents, donc ils ne m'en veulent pas parce qu'ils veulent que je sois heureuse. C'est un peu dommage de ne pas utiliser ce que j'ai appris, mais en même temps, j'ai appris des choses dans mes diplômes qui me servent encore aujourd'hui, tu vois.
- Speaker #1
je l'ai quand même utilisé parce que quand on a tu as passé 15 ans dedans. En fait, je trouve quand même que tes choix, en tout cas, moi, après, je ne te connais pas intimement comme tes parents, effectivement, mais c'est quand même des choix qui ont l'air raisonnés. C'est-à-dire, j'ai monté une entreprise et je teste le projet pendant 5 ans. C'est-à-dire que 5 ans, ce n'est pas rien. Ce n'est pas juste, OK, j'ai testé 5 mois, ça ne marche pas comme je veux, donc je change d'idée. Moi, pareil, ma première boîte, je l'ai testée pendant quasiment 3 ans avant de prendre la... douloureuse décision de la fermer, mais parce que j'avais besoin de revenir avec ce qui est là aujourd'hui. Ça fait 15 jours que j'ai ouvert une boîte officiellement, quoi qu'elle ait créé matériellement, ça fait que 15 jours. Ça fait que 4 mois que j'ai repris la parole dessus. Et en fait, je n'ai pas le même feu. Je comprends tellement ces parcours similaires, mais différents dans les thématiques. Je comprends tellement. Et nos parents, ils voudront toujours le meilleur pour nous. tu as quand même testé, 15 ans de vie salariale, 5 ans de boîte, ce n'est pas rien, ça paraît en tout cas comme des décisions vraiment mûrement réfléchies, et j'imagine que ça doit être aussi une forme de deuil, même pour toi-même, de dire ok, je referme la pensée, et il faut une grande audace et vérité de soi, et de clairvoyance sur soi, d'oser se dire j'arrête de me cacher derrière ça, et je vais ce pourquoi ça m'attire. C'est-à-dire que je recommence quasi à zéro. C'est badass. C'est culotté, c'est badass. On s'autorise que peu ça, nous, les femmes. Les mecs ont le droit de faire ça. En entrepreneuriat, en salariat, mais nous, très peu. Non, mais c'est vrai.
- Speaker #0
Merci pour tes mots parce qu'ils sont très puissants. Je ne prenais pas conscience de tout ça vu l'extérieur. Merci parce que ça me fait voir la chose d'un aspect totalement différent. Donc, merci. Et en effet, oui, tu l'as très bien dit. Et je l'ai aussi utilisé, ce mot-là. L'hiver dernier, j'étais vraiment en deuil. Même si tout allait bien, mais au fond de moi, j'étais en vrai deuil de fermer cette porte-là. Il faut imaginer, ce n'est pas la porte de ton bureau que tu fermes à clé, c'est la grosse porte de grange bien lourde, en bois, qui est ouverte depuis 30 ans avec des gonds rouillés que tu n'arrives pas à fermer, etc. Ça a été vraiment ultra pénible et difficile pour moi, mais je sais pourquoi je l'ai fait. J'ai mis du temps avant de le comprendre et aujourd'hui, je commence à pleinement comprendre que j'ai totalement raison. même si dans le processus, tu es en train d'en chier, tu ne sais pas pourquoi tu le fais, etc., reconnecte-toi toujours à la raison originelle qui t'a fait prendre cette décision. Le grand rêve, la grande ambition, la grande vision, le truc intrinsèque qui pourra arriver d'ici 3, 5, 10, 15 ans. Et qu'en fait, c'est ce qui m'a permis un peu de me raccrocher à ça parce que depuis un an, j'ai vraiment eu une période de doute très, très puissante, de ne pas trop savoir quelle direction je faisais, etc. Mais aujourd'hui, j'ai pu… grâce à ce choix comprendre que j'ai réussi à faire la différence entre une obstination vaine et une persévérance saine et ça tu vois mais c'est tellement important c'est tellement important la différence c'est énorme mais on ne peut pas l'apercevoir quand tu as la tête dans le guidon il y a deux ans tu m'aurais dit tu es en train de t'obstiner de manière vaine je t'aurais dit mais n'importe quoi tu ne peux pas le savoir Et c'est une fois que tu prends conscience que le rythme de vie que tu as ne te correspond pas, que ça ne correspond pas à ce que tu voulais ambitionner, que le rythme de vie que tu veux atteindre, tu ne peux pas l'avoir avec le rythme de vie que tu as aujourd'hui. Mais que le secteur que tu sers et comment tu le sers ne peut pas coller par rapport à ce que tu as besoin d'avoir pour avoir ton ambition de vie, en fait. Donc, tu vois très bien qu'il y a un fossé entre les deux, que tu es en train de te casser la gueule dedans. En fait, à un moment donné, le fossé va y rester, puis on va mettre une planche au-dessus, et puis je serai dans mon cercueil et je la finis ma vie. En fait, non. On va faire ça différemment. Et l'obstination vaine et la persévérance saine, on ne peut pas le savoir dès lors qu'on ne va pas un petit peu regarder qu'est-ce qui nous... d'accepter d'aller regarder vraiment la situation telle qu'elle est, prendre du recul et de voir la corrélation entre nous. actuellement comment on fait qu'est ce qu'on fait qui on sert et notre objectif qui est ce qu'on veut servir comment se peut servir et qu'est ce qu'ils ont on a besoin de ça et le truc à terme il ya des fois entre les deux il peut avoir un pont qui peut se créer créer quelque chose et là on a un business il ya des fois ça marche pas il ya un fossé et soit on reste dedans et on s'enterre et fini c'est terminé salut au revoir soit on choisit de dire en fait je suis pas fait pour être dans un fossé donc je vais me casser de là et puis du coup bah c'est de se dire ce secteur là ce milieu là cet endroit là comment c'est fait ne peut pas être en relation avec mes ambitions. Donc moi, je choisis. Qu'est-ce que je choisis de servir ? Le milieu ou mes ambitions ? Ils ne sont pas faits pour être ensemble. Il faut faire un choix. Pendant un temps, j'ai servi le milieu parce qu'il m'animait. J'ai compris que mes ambitions étaient beaucoup plus importantes que le milieu. J'avais déjà mis plus de 15 ans de ma vie à me sacrifier pour lui sans avoir un retour qui était légitime selon moi. J'ai fait donc il est temps. Il est temps, meuf, de voir la fraude au dos. Comment faire autrement ? Mais c'est quelque chose que je reconnais à toutes les auditrices qui sont peut-être dans cette passe-là, qui ne savent pas trop, etc. Ce n'est pas parce qu'on dit faites un choix, assumez, prenez votre vie en main, prenez une direction qui vous convient, etc. Ce n'est pas parce qu'on le dit que ça ne sous-entend jamais que ça va être facile. Ça va nécessiter forcément des passages, des transformations, des choses inconfortables. Mais après, c'est là aussi que quand c'est inconfortable et qu'on ne sait pas trop où est-ce qu'on est, mais qu'on sait très bien vers où on va, c'est là que ça se joue et c'est là que ça peut être cet élément-là. Mais oui, il y a des choses à transmuter. Il y a des mieux à faire, il y a des choses à queuter, parce que les personnes qu'on a aujourd'hui, construisent celles qu'on sera demain, mais on ne construit rien si on n'accepte pas d'aménager un peu les fondations et de regarder qu'est-ce qui nous sert, qu'est-ce qui nous dessert, qu'est-ce qui nous freine. Il faut rester humble face à ça et accepter d'aller regarder en soi toutes ces choses qu'on n'imagine pas, mais qui en fait des fois nous desservent plus qu'elles ne nous servent, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer.
- Speaker #1
Ah mais complètement, alors là je suis prête, je suis une convaincue, clairement, mais c'est... tellement important de l'entendre dans la bouche d'autres personnes, d'autres parcours comme toi parce que il y a le travail qu'on fait sur son entreprise, il y a le travail qu'on fait dans son entreprise et il y a le travail qu'on fait sur soi en tant qu'entrepreneuse et ce sont trois choses distinctes en fait et il y en a qui accompagnent les trois, il y en a qui n'accompagnent qu'un seul et en fait c'est aussi de prendre cet espace, ce temps de tiens, je me remets à la juste présence par rapport à mon business là je Je... Je vais tête baissée. Comme tu dis, je trouve ça très beau. J'ai servi une industrie. On ne peut pas l'appeler comme ça. J'ai servi une industrie pendant 15 ans. À quel moment j'ai le retour des choses ? 15 ans, ce n'est pas rien. Même si c'était un an, deux ans. Quand c'est un an, parfois, il faut peut-être se laisser une année de plus. Essayer de vivre les choses. Parce qu'un an, c'est à la fois long, mais c'est à la fois très court. Mais effectivement, si on sait que là, on ne s'en tait pour rien, et on s'enferme dans quelque chose, c'est sain et c'est porteur de se dire, et c'est le rôle d'une entrepreneuse, ce qu'on ne nous apprend pas, nous les femmes, à dire, je décide, j'ai le pouvoir de décider et de passer à autre chose. Et comme tu dis, loin s'en faut que ça va être quelque chose de facile. Rien que la prise de décision est ardue, est difficile, parce que ça nous fait nous regarder droit dans les yeux, dans un miroir. Et les émotions que ça génère, bien souvent... se les autorise pas à les vivre ou on ne nous les autorise pas à les vivre et surtout on nous apprend pas ça nous les femmes en général soit on vient d'un monde salarié soit on vient d'un monde déjà d'entrepreneuse mais on nous apprend pas à gérer tout ça et
- Speaker #0
rajoute à ça hyper méga important et rajoute à ça tu vois des étapes de vie personnelles quand tu construis quelque chose, arrêtes quelque chose quand tu prends la décision de construire, d'arrêter, de plein de choses comme ça. Parce qu'en fait, dans tout ce revirement-là, moi, je sors, ça fait maintenant il y a deux ans, mais en fait, il y a deux ans, j'étais en pleine tempête personnelle avec des choses que j'ai choisies. C'était mon travail. J'ai été initiatrice de la tempête. C'est limite, tu es sur ton bateau, tu es sur la mer qui est assez calme, un peu agitée, la vie, quoi, tu vois. Tu fais, waouh, là-bas, il y a un putain de nuage noir. Ils vont lire dans le chien. Allez, hop, cap dessus, tu vois. j'ai un peu fait ça mais j'adore
- Speaker #1
J'y vais go !
- Speaker #0
C'est grave en fait, parce que je me dis, putain, ça se trouve derrière, il y a un putain d'arc-en-ciel, je vais aller voir l'arc-en-ciel, tu vois. Et si tu veux voir l'arc-en-ciel, tu dois passer par la tempête, tu dois voir la flotte, le machin. C'est comme quand on dit, tout le monde va aller au paradis, mais personne ne veut mourir en fait. On veut quoi ? On veut le paradis. Ou avec la peur de mourir, en fait, on voudrait, mais on n'y va pas, donc on reste dans une vie, mais on ne vit pas, tu vois. Il y a deux ans, j'ai entamé un chemin personnel qui m'a dénudée. Pour être honnête, ça m'a dénudée complète. Et ça a été salvateur, même si... Et je suis reconnaissante de cette période-là. En fait, en vrai, je suis même aussi tombée malade, en vrai. Mais ça m'a totalement servi à renaître avec une personne qui je suis. Et forcément... Comme tu disais, il y a dans son entreprise, sur son entreprise et soi-même. L'entité en tant que telle, elle-même. Et si l'entité en tant que soi-même ne fonctionne pas, le reste ne pourrait pas forcément fonctionner. L'entreprise pourrait être un pilier. Exactement. L'entreprise pourrait être un pilier, mais si soi-même on ne va pas, il y a un jour, ça s'effondrera. Et il y a un jour où l'entreprise ne peut plus porter parce que tu deviens trop lourd, tu as trop de poids en toi et qu'en fait, ça devient un salvateur. Alors, comme tu choisis de travailler sur toi et que tu te dénudes, que tu enlèves les couches, que tu te transformes. Là, ton entreprise va devenir un pilier parce que c'est à quoi tu vas te raccrocher pour tenir. Moi, c'est ce qui m'a fait tenir, en fait. C'est un peu ça. Mais il y a des moments où, justement, ton entreprise n'ira pas bien pour des raisons factorielles internes ou externes, que ce soit la conjoncture, que ce soit soi-même, que ce soit le marché, le secteur, le lieu, les offres, tous ces trucs-là. Mais dans ces périodes de crise, si toi, tu vas bien, si toi, tu es en train de renaître ou que tu es né et que tu vas bien, du coup, ton entreprise pourra s'appuyer sur toi parce que tu auras des facultés. pour la faire tenir durant cette période de tempête et la faire pérenniser. Et c'est ces tempêtes-là, l'une ou l'autre, l'une ou l'autre. Mais rajoute, en fait, tu vois, à ces phases de décision, ces moments où on est un peu en train de douter, qu'on ne sait pas trop ce qu'on va faire, etc., des événements personnels qui viennent clairement te remuer et vraiment te redéfinir vraiment qui tu es, quel choix tu fais, quelle décision tu prends, pourquoi, quand, comment, toutes ces questions. Des fois, vas-y, fais chier, mais en fait, il y a des fois, oui, posons-nous ces questions parce que faisons un temps d'arrêt. Posons-nous ces questions parce que c'est là qu'on peut prendre conscience de plein de choses qu'on n'avait pas conscience avant.
- Speaker #1
Ah mais complètement, complètement. Et c'est nécessaire et c'est vital et pour nous et pour notre entreprise en fait. Clairement, j'aime bien que tu dises ça parce que moi je travaille beaucoup avec les archétypes. Donc j'aime bien que tu utilises le terme de pilier. Et c'est vrai qu'on n'en parle pas assez souvent. En tout cas, dans ce podcast, on n'en parle peut-être pas assez souvent, mais effectivement, ce que nous bâtissons dans nos entreprises peut être aussi nos piliers. Mais la porteuse de projet, la créatrice de l'entreprise, l'entrepreneuse, la chef d'entreprise, parce que des fois, on a tellement de mal à mettre ce mot, on reste et on demeure chef d'entreprise. Si elle, elle ne va pas bien, l'entreprise ne peut pas tout, puisque tout part de nous, même si on avait des salariés, de toute façon, même si tu as des salariés. Il faut à un moment donné que tu puisses les manager. Il faut à un moment donné que tu puisses réinjecter de la vision. Et comme tu dis, de la joie, du plaisir, quand on arrive à s'auto-transmettre ça, ça passe aussi. Les gens le sentent. Peu importe le sujet avec lequel on travaille, si on sent la passion, si on sent la luminosité, la lumière qu'on a envie d'y mettre. Malgré les tempêtes, on arrive à le voir, ce putain d'arc-en-ciel, même quand c'est tout gris. Parce qu'on arrive à se raccrocher aussi des choses qui sont extérieures à nous. Quand on a conscience de soi et quand on a conscience de son marché, déjà, on peut bifurquer beaucoup plus vite et se dire, mais ça ne m'appartient pas. Alors, qu'est-ce que je fais ? Quelle est la créativité que je vais mettre pour réadapter ce qui est en train de se passer et qui n'est pas de mon fait ? Mais il y a toujours quelque chose de mon fait que je peux mettre en place, en fait. C'est génial.
- Speaker #0
Pour que l'entreprise puisse te soutenir au moment où tu es dans la merde personnellement, Aujourd'hui, je prends conscience qu'il est vital d'avoir mis en place des fondations. Et moi, en fait, pour être honnête, dans tout ce que j'avais construit dans ma vie, que ce soit mon ancienne relation de couple, mes anciennes, mon ancienne vie à moi et même mon entreprise, en fait, dans tous les cas, j'avais bâti une cabane de jardin. Je ne me sentais pas autorisée à avoir un vrai château, tu vois, et avoir le vrai truc ultra solide qui nous fait kiffer de ouf. Et dans tous les cas, comme je ne m'autorisais pas, que j'avais une médecine de moi, que je n'avais pas confiance en ce que je pouvais faire et ce que je savais faire, partout jusqu'ici, j'avais construit des cabanes de jardin. Et cet épisode personnel, en fait, j'ai choisi moi-même de faire effondrer la cabane de jardin pour remettre des fondations très solides dans ma vie, construire un château, un temple, tout ce que tu veux. Et en fait, le fait d'avoir fait ça de manière personnelle, par la suite, a fait que je suis en train de me prendre conscience au moment où je t'en parle, en fait, m'a fait prendre conscience que dans ma boîte, c'était pareil. Je ne pouvais plus tenir le rythme que j'avais. C'est là que j'ai compris que c'est pareil. J'avais construit une cabane de jardin, plein de petits trucs de merde. C'est pareil, j'ai fait OK, très bien. La cabane de jardin numéro 2, on l'écroule. Là, j'ai repris des fondations. Vraiment, j'ai eu pendant deux ans l'image que quand tu es dans les fondations, tu creuses déjà. On sait creuser, tu creuses à la pelle, c'est intense. Surtout qu'au moment où il pleut, tu as les pieds dans la merde. Tu es dans la boue, tu glisses, ça te saoule et ça te fait chier.
- Speaker #1
C'est ce que tu avais dit.
- Speaker #0
Putain, mais franchement...
- Speaker #1
Tu sais pas, tu déterres des trucs que tu t'attends pas, quoi. Tu te dis, mais merde, j'ai creusé. Il y a des questions qui te pètent à la gueule, il y a des rats creusés.
- Speaker #0
En fait, ce travail-là, il est chiant, on en chie, je suis honnête, on en chie, mais de mettre ces fondations-là permet par la suite de pouvoir avoir des bases solides. et de construire un temple, et que si un jour le temple, tu l'as fait en briques blanches, que tu ne veux plus, que tu voudrais faire des briques rouges, tu peux tout à fait changer ton temple, faire la façade, redémolir une partie et en mettre une autre, mais tu auras toujours des fondations qui auront été là parce que tu en auras chié pendant un temps. Donc il y a des moments, je n'ai pas envie de vous dire, c'est les meufs qui écoutaient là, je n'ai pas envie de vous dire c'est normal que tu en chies, va en chier, continue, etc. Non, non, non, non. Mais en fait, il y a un moment où tu as certains choix qui vont à un moment donné te mettre les pieds dans la boue sous la flotte et que tu en auras ras le bol et c'est tout à fait normal. Et c'est pour ça que j'invite toujours à se reconnecter à pourquoi on le fait. Il y a eu des moments où j'avais des pieds à la bouche, je n'avais pas de quoi en faire. Et heureusement que j'ai eu des amis qui m'ont soutenu, j'ai eu des soutiens sur Instagram, j'ai eu plein de choses comme ça, des belles rencontres qui sont chacun venu distiller un petit peu le coup de pelle, le coup de pioche, le parapluie que tu avais besoin au moment où tu étais dans la merde dans tes fondations. Ils ne sont pas venus bosser les fondations pour moi, mais ils sont venus apporter un soutien qui a été à chaque fois salvateur et bénéfique et qui est en fait mon cas mais aujourd'hui je suis en train de me rendre compte que les fondations Je ne pense pas en être sortie. Je suis encore en train de les construire, mais la trame, la majeure est faite. Et ce n'est pas le fait d'en chier qui est important, parce qu'il y a des fois, on n'en chie pas pour les bonnes raisons. Mais vraiment, il y a des moments quand on prend la route, et derrière, on en chie de se reconnecter à pourquoi, en fait, on fait ça. Si le pourquoi et la grande étape, la finalité nous connectent, oui, on sortira des fondations. Si on le fait pour une raison qui est extérieure à nous, pour plaire à quelqu'un, pour plaire à la société, pour... je ne sais pas, plein de choses, mais qui ne viennent pas de l'intérieur.
- Speaker #1
Elle prend un ange en fonction patriarcale.
- Speaker #0
Mais on n'a pas forcément conscience, le fait de jouer les injonctions sociétales, patriarcales, patrimoniales, ces choses héritées, des fois, qu'on a pu dire. Voilà. Clairement. Il faut le savoir, en fait. Mais dès lors, on sait quand on est connecté, à partir de quoi ça part. Donc, voilà, je voulais éviter que les auditrices ou auditeurs… s'imaginent que c'est normal d'en chier.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est important, c'est d'arriver à un moment donné, de se poser quand on est en train d'en chier et de se dire, est-ce que c'est justifié dans le parcours que j'en sois là ? On peut en témoigner toutes les deux, c'est-à-dire à un moment donné, non, ce n'est pas justifié, donc j'arrête, j'abandonne, je passe à autre chose. C'est ça qui est intéressant pour moi aussi de mener ces interviews, c'est de savoir distinguer qu'est-ce qui est bon Là où est-ce que c'est bon et bénéfique d'en chier et là où ce n'est pas bénéfique d'en chier, c'est s'autoriser aussi à dire là, ce n'est pas normal, ce n'est pas sain, ça fait trop longtemps, ça ne bouge pas, ça ne va pas vers la vision que je veux amener dans l'entreprise. Next, en fait. C'est next.
- Speaker #0
Quand on est entrepreneur, quand tu passes un hiver à te dire... Parce que moi, en fait, mon métier de photographe était saisonnier. Je veux dire, soit j'avais les hivers où je n'avais pas de fréquent, j'avais rien, c'était un peu mort, Mars et fin juin, septembre et novembre, ça avait un coup de rush, etc. Avec aussi toutes les cibles que je voulais servir, il pouvait y avoir du monde en juillet, etc. Mais en fait, si, OK, le premier hiver peut être difficile parce que c'est la première année, c'est le temps de se mettre, on va s'organiser, on va réaffiner. Mais si au bout de trois ans, quatre ans, tu réaffines tout le temps, tu réajustes tout le temps, tu fais mieux tout le temps, tu réitères tout le temps, et qu'en fait, finalement, chaque hiver, tu as une merde financière. que le mois de mars tu n'arrives pas à payer tes fournisseurs tu dis attendez est-ce que le mois de mars va revenir que tu es inquiète etc que tu repars pour une saison et tu dis mais en fait en fait c'est pas possible que ça tienne enfin c'est pas ce que je voulais que ça tienne tout le temps comme ça en fait c'était pas le but qu'est-ce qui fait que j'ai pas l'air l'hiver c'est pour ça pour ça pour ça qu'est-ce qui fait que c'est calme et que là c'est le rush parce que c'est pour ça et que je prends trop de temps et machin. quand tu commences à te poser les bonnes questions, tu vois, en fait, dans notre vie qu'on sait que ça cloche, aller regarder. si tu te poses la question d'aller regarder... vraiment ouvertement de pourquoi je suis comme ça et du coup chaque hiver j'étais stressée j'étais malade parce qu'avec le stress ça engage la maladie j'avais des réactions d'eczéma je devais faire plein de trucs et je dis je peux pas passer chaque hiver comme ça c'est juste pas possible chaque mois de novembre quand la saison commençait à s'arrêter je commençais à m'inquiéter à stresser deux mois plus tard l'eczéma était en pleine crise jusqu'au mois de mars mon corps mon grand signal tu vois il y a forcément des choses dans notre vie, quand elles se répètent, c'est des trucs qui clochent. C'est qu'il y a un truc à aller voir et quelque chose dont on n'a pas conscience qui merde, en fait. Et donc, c'est ce que j'ai fait. Le chemin est beau, mais voilà, il faut accepter d'aller faire un peu de la transpection, d'aller regarder tout ce qu'on pensait très bien ou bien construit, qui en fait, c'est du fait du travail.
- Speaker #1
C'est trop bien. Merci de repréciser et de nommer les choses telles qu'elles sont. C'est vachement important. Je vais te poser une dernière question, parce que c'est déjà très, très riche comme échange. S'il y avait une chose que tu aurais aimé entendre plus tôt, tu dirais quoi à une femme qui se sent comme toi, mais comme la toi, il y a une autre époque ? Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ?
- Speaker #0
C'est très bateau, mais j'ai envie de dire croisie. Mais croisie uniquement si c'est quelque chose qui vient de toi et qui t'éveille, qui t'anime. Parce que, tu vois, quand je me regarde et que je me serais vue il y a cinq ans en train de me dire, prends ton projet, vas-y, lance ton truc. En fait, aujourd'hui, je ne serais pas à l'heure où on enregistre ce podcast-là parce que je sais qu'aujourd'hui, il sera diffusé. J'aurai sûrement des changements dans ma vie. Et même moi, quand je vais me réécouter, je me dirais, alors, entre-temps quand même, quoi. Mais là, au jour où on enregistre, il s'est passé quelque chose que depuis un an que j'ai refait, refondu mes fondations d'entreprise, choisi ma seule cible des hébergeurs, retravaillé là-dessus et vraiment avoir une année. pénible mais essentiel, je n'aurais jamais pu aujourd'hui faire tout ce chemin-là et prendre conscience que les hébergeurs, c'était le milieu que vous voulez servir, sur lequel j'étais amenée depuis le début, que l'univers m'avait amenée là-dedans, mais je n'avais pas vu plein de choses comme ça, sans être passée par ces 5, 6, 7, 8, 10, 15 années où j'en ai chié dans le cheval, etc. En fait, je n'aurais pas pu avoir ces prises de conscience-là sans les étapes par lesquelles je suis passée avant. Donc en fait, j'ai envie de dire à la personne qui seraient dans mon cas ou que j'étais avant, etc. Crois-y, mais surtout, regarde toujours quel est ton objectif final, quelle est ton ambition, qu'est-ce que tu désires atteindre, qu'est-ce que tu rêves de réaliser, quel est ton objectif final à long terme que tu veux ressentir en ayant ça et voir si aujourd'hui, tu as une passerelle possible, même à long terme, avec plusieurs passerelles jusque-là, ou s'il y a un moment donné, tu vas avoir un putain de fossé et une rivière et tu vas te casser la gueule dedans. Après, c'est peut-être ton chemin de te casser la gueule dans la rivière. Si c'est ce qui est nécessaire, eh bien oui, casse-toi la gueule dans la rivière. Parce que je sais très bien que quand tu vas être dans la rivière tumultueuse, pleine de bouillons, debout, etc., que tu vas en chier, c'est par cette expérience-là de croire en toi et en tes capacités de t'en sortir que ça va te faire renaître et comprendre que tout ce que tu viens de traverser, ça ne valait pas le coup et qu'aujourd'hui, tu mérites mieux. Parce que se mettre toujours des passerelles, des petits ponts, des trucs sympas, il y en a pour qui ça marche très bien, mais il y en a pour qui ils ont besoin d'aller expérimenter un peu le dur moi je suis un peu la personne, un peu la tête brûlée comme ça Si tu lui dis que la plaque est léchouée, ne mets pas la main dessus, oui, bon, ok, c'est cool. Deux secondes après, je fous la main dessus, ah putain, c'est chaud. Là, je vais comprendre que je ne mets pas la main dessus et pourquoi je ne mets pas la main dessus. Il y a des personnes comme ça qui ont besoin de ça. Donc, ces personnes-là, vas-y, fais, expérimente, parce que il n'y a que par l'expérience qu'on découvre qui on est, qu'est-ce qu'on fait, pourquoi on le fait, qu'est-ce qu'on fait, comment, enfin, toutes ces questions-là, parce que poser des stratégies, des grandes idées... Mais sur le papier qui on est, comment on se voit, comment on se rêve, ouais, c'est cool. Mais voilà, même on peut faire des corrélations business et relationnelles. Par exemple, dans mes relations personnelles, je sais très bien que j'ai amené un travail très important sur moi ces dernières années, je sais très bien que j'ai changé. Mais entre ce qui se passe dans ma tête et ce que mon corps évoque encore, et ce qui se passe quand je suis confrontée à une relation, en fait, oui, je sais que j'ai changé, mais j'ai encore du mal à l'incarner. J'ai encore du mal à le mettre en place dans mon langage corporel, dans ma manière. d'aide, de vivre, de réagir. C'est pareil en tant qu'entrepreneur. On peut avoir la meilleure vision, la meilleure stratégie marquée sur des papiers, des bullet points, tout ce que tu veux, des notions, tout ce que tu veux. Ne l'incarne pas. En fait, de toute façon, la vie, l'univers va te demander de l'incarner. Si tu dis que tu es bienveillante, authentique, les mots revus, dès lors que tu te définis par des mots, l'univers va venir. Ok, tu penses comme ça ? Je vais te mettre à l'épreuve, voir si tu es vraiment comme ça. Quand on fait une prière au Seigneur, demander « Seigneur, je voudrais être plus courageuse, je voudrais être plus assertive, je voudrais être plus... » Tu crois vraiment que le Seigneur, il va t'amener du courage sur un plateau ? Il va t'amener l'expérience qui va te foutre une putain de claque, mais qui va te rendre courageuse. À toi de savoir si tu veux l'être et que tu veux traverser, transcender cette expérience-là et en tirer les bénéfices, ou de dire « Ah non, non, moi, c'est pas ça que j'ai demandé. Alors attends, je vais me retirer, je vais me reculer et je vais redemander une prière différemment. » Ben non, en fait. tu l'as eu servi sur un plateau en fait donc va en fait affronte ton risque assume qui tu es assume ce que tu fais et traverse la tempête le radeau on en a tous un il est tout un peu différent il y en a qui sont en bois il y en a qui sont en plastique il y en a qui sont aménagés c'est un petit un petit un petit comment on dit un petit bidon là et on est tous dans nos tempêtes en fait et des fois on se raccroche les bateaux les uns aux autres pour se soutenir et dans les tempêtes de toute façon c'est là que tu te révoles le meilleur de toi-même donc en fait oui la personne que maintenant d'avoir dit tout ça quand je me vois Moi, il y a cinq ans, une personne qui est en pleine tempête ou qui ne sait pas qu'elle va en affronter une, j'ai envie de dire que les tempêtes nettoient, les tempêtes révèlent, et les tempêtes sont nécessaires pour apprécier le ciel bleu, l'arc-en-ciel. C'est dur de dire, je le sais.
- Speaker #1
Le cadeau est toujours plus loin, de toute façon.
- Speaker #0
Je sais très bien que c'est super dur à entendre dire « attends, la meuf, elle est gentille, c'est parce que je traverse, moi aussi je suis en train d'en chier » . Ouais, en fait, on a tous un combat en nous, on a tous en train d'en chier sur une période. On va tous avoir d'autres périodes où on va en chier, on ne sait pas ce qui nous attend, on ne sait pas de quoi l'avenir est fait. Donc, vivons la vie avec joie, faisons ce qui nous anime, faisons ce qui nous fait sens, dans lequel on se sent attiré, réuni, tu vois, des choses qui incarnent nos valeurs. Et incarnons nos valeurs, et on passera les tempêtes avec moins de... à trop de mer, en tout cas le moins possible, par rapport à d'autres moments dans la vie, on pourrait avoir des tempêtes. Et les tempêtes sont là pour nous révéler. On n'est pas venus là juste pour kiffer, le kiff aussi, mais en fait, même dans les tempêtes, on peut kiffer. Et en fait, voilà, sans tempête, on n'apprécierait pas le calme. Sans le soleil, sans la pluie, on n'apprécierait pas le soleil d'aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est exactement ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Sans l'hiver, on se pèle le temps l'été, ou inversement pour celles qui n'aiment pas la chaleur. On a besoin de cette ambivalence. On a besoin de voir des moments qui nous transcendent, des moments qui nous confondent, des moments qui nous mettent à l'épreuve. pour savourer le chemin parcouru, pour avoir la reconnaissance d'avoir transmuté ça et de se sentir qu'on grandit, qu'on devient plus assertif, plus calme, plus organisé, meilleur comme ci, moins comme ça. On a besoin de ces périodes-là pour l'effet miroir, pour comprendre un peu d'où est-ce qu'on vient, où est-ce qu'on va, et toutes les expériences qui nous nourrissent, qui nous font grandir.
- Speaker #1
Et puis la vie n'est pas linéaire, la nature, si on revient... souvent quand même à la nature. On est des individus au sein d'une planète et cette planète est composée de nature, d'éléments. Il y a le feu, l'air, l'eau. Ce n'est pas rien, en fait. Mais en fait, on a une partie intégrante. Aujourd'hui, peut-être qu'on est un peu trop en ligne, un peu trop passé dehors, pour celles et ceux qui ne passent pas trop de temps dehors. Mais en fait, quand tu te balades, ne serait-ce que ça. durant les multiples saisons, tu la vois bien que la nature, elle s'adapte, elle se réinvente et elle évolue sans cesse. Si on a envie de te retrouver, Angélique, comment on peut te retrouver ?
- Speaker #0
On nous retrouve sur Instagram et sur LinkedIn. Sur Instagram, à Leregardangélique, avec un underscore entre chaque mot, et sur LinkedIn, au nom d'Angélique Gauthier, Leregardangélique. J'ai eu une période très active sur LinkedIn et je me suis calmée, mais peut-être que entre le jour où on a enregistré cet épisode et le jour où... il sortira j'aurais peut-être j'espère repris une activité plus rectiligne sur LinkedIn parce que c'est un réseau social que j'affectionne mais on peut pas être partout et puis sinon sur mon site internet leregalangelique.fr pour en découvrir plus sur qu'est-ce que je fais, qui est-ce que je sers et avec plaisir pour connecter, échanger, discuter si l'épisode a en tout cas permis à certaines personnes de comprendre certaines choses ou de se sentir soutenue ou avec des questions etc ... J'en parle avec quiconque veut. On me retrouve sur mes réseaux sociaux et j'en discute avec grand plaisir.
- Speaker #1
Trop, trop bien. Je mettrai tous les liens en dessous de l'épisode. Comme ça, vous n'aurez qu'à cliquer pour retrouver et échanger avec Angélique. Merci beaucoup, Angélique.
- Speaker #0
Merci à toi, Delphine, pour ton accueil sur ton podcast que, jusqu'ici, j'ai découvert grâce à cet appel sur la petite plateforme dont on t'aira le nom. Mais en tout cas, merci pour ton accueil, ton écoute bienveillante et le fait de m'autoriser à partager ces moments-là. Et j'espère vraiment que ce parcours Merci. pour aider d'autres auditeurs, auditrices à pouvoir façonner le leur et suivre le chemin qui est aussi le leur et qui crée leur chemin.
- Speaker #1
Voilà, trop bien. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu.