Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que Toz va dire tout haut. Hello, je suis ravie de te retrouver pour ce nouvel épisode d'émancipation féminine. Aujourd'hui, j'ai envie de te poser une question importante. C'est une question qui peut éclairer vraiment énormément de choses dans ta vie pro. Cette question, c'est quelle est ta stratégie d'adaptation au travail ? Tu sais, c'est cette stratégie un peu automatique, inconsciente, que ton corps connaît par cœur. Parce que si tu es une femme qui travaille, je te garantis que tu en as une. On en a toutes. Tu vas me dire, ok, mais Delphine, c'est quoi une stratégie d'adaptation ? Ben, c'est la manière... dont tu as appris à éviter le rejet, rester crédible, ne pas être étiqueté comme difficile, continuer d'avancer dans un système qui ne distribue pas la sécurité de manière égale, et le plus fou, c'est souvent que ces stratégies deviennent tellement normales qu'on pense que c'est ça notre personnalité. On pense qu'on est comme ça au travail. Je te donne un exemple. Imagine, tu es en réunion. Ça t'est déjà arrivé d'avoir des idées en réunion. Tu trouves la bonne idée, tu sais qu'elle pourrait aider le collectif. Mais ton cerveau, il commence un peu à scanner là en mode automatique. L'air de rien, ton cerveau, il dit, est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce qu'on va me couper la parole ? Est-ce que je vais paraître trop sûre de moi ? Donc, qu'est-ce que tu fais toi ? Avant même de prendre la parole, tu vas arrondir, tu vas ajuster, tu vas presque minimiser. Et le temps que ton cerveau fasse ça, quelqu'un parle avant toi. Et certainement que plus tard dans la journée, voire dans la soirée, après écoute, je te dis, il faut que j'apprenne à avoir plus confiance en moi, peut-être. Peut-être que c'est ça. Peut-être que ton corps a appris qu'à aller frontalement... Ça pouvait te coûter cher. C'est ça, une stratégie. Et nous, les femmes, on apprend ces stratégies très tôt. À l'école, dans la famille, dans les groupes, dans les groupes d'amitié, dans les groupes sociaux. On apprend. On nous apprend quoi ? Implicitement et explicitement, on nous apprend à être appliquée, à être sage, à être sérieuse. à ne pas déranger, à aider. Et puis, on grandit et on arrive dans le monde du travail avec ces compétences qui sont incroyables. Attention. Sauf que là, les règles sont différentes. Parce que dans le boulot, qui historiquement a été construit par les hommes pour les hommes, qu'est-ce qu'on valorise au travail ? On valorise le fait de se rendre visible, donc la visibilité. La capacité à se mettre en avant, la certitude, voire la confiance affichée, le réseau, le temps disponible pour cultiver son réseau et son image, etc. Et tout le monde, clairement, n'a pas le même accès à ces ressources. Pourquoi ? Parce que ces ressources, ça demande du temps. Et le temps est politique. La disponibilité est politique. La socialisation... et politique. Donc évidemment, on développe des tactiques. Et certaines, elles deviennent irréprochables. Je te donne un autre exemple. Tu as relu ton mail trois fois. Ton dossier est blindé, tu as anticipé un max. Bref, comme ça, toi, tu sais qu'il n'y a rien qui pourra t'être reproché. Donc, tu as la sensation que ça te protège. Mais en vrai, qu'est-ce qui se passe ? Pour ton système nerveux, la pression... Elle ne redescend jamais. Il y a aussi, par exemple, des femmes qui deviennent un peu expertes en scannant la pièce, j'appelle ça. Tu vois, c'est-à-dire qu'elles arrivent dans un endroit, elles repèrent, c'est très automatique. Elles repèrent déjà, elles savent déjà. C'est quoi le ton qui est employé dans la conversation ? Qui est-ce qui a l'air de décider autour de la table ? Qui est-ce qui est susceptible ? Donc en fait, quand tu es une femme qui... scanne comme ça les lieux, l'ambiance, les émotions, tout ce qui est du non-dit quand même, tu navigues magnifiquement bien. Mais cette vigilance-là aussi, elle est permanente. Et donc, cette permanence-là, cette vigilance permanente est épuisante. Il y a d'autres femmes, par exemple, qui portent tout sur leurs épaules. Par exemple, tu as une collègue qui est débordée. tu vas l'aider. Il y a un projet qui part en cacahuète, tu le récupères. Il y a une tension qui monte, tu calmes le jeu, tu apaises. C'est-à-dire que sans toi là, dans l'équipe, dans l'open space peut-être même, ça tiendrait moins bien en fait. Tout ça, ça peut être adaptable aussi au côté perso. Mais ce rôle-là d'être celle qui porte tout, c'est vite invisible. Tu vois, c'est ce que je te disais dans un autre podcast, ça devient... attendue, normale. Tu as aussi toutes ces femmes qui voient toutes les incohérences, les injustices, les absurdités. C'est-à-dire qu'elles comprennent tout ce qui se passe, mais elles ont la sensation qu'elles ne peuvent pas agir totalement. Et ça, c'est encore une note fatigue, mais qui est très particulière. Donc tu vois à travers ces exemples que toutes ces stratégies sont intelligentes. Parce que Elles te permettent ou elles t'ont permis de rester dans le jeu, tu vois, dans ce jeu de pouvoir quelque part au travail. Elles ont été utiles, vraiment, elles sont vraiment utiles. Des fois, on peut les cumuler aussi. Mais il arrive forcément un moment où cette question, elle apparaît, c'est à quel prix c'est utile tout ça ? À quel prix sur ton énergie, sur ton sommeil ? Sur ta joie de vivre, ton enthousiasme ? À quel prix sur la sensation d'être vraiment toi ? De t'autoriser à être qui tu es, à te montrer tel que tu es ? Et c'est souvent à partir de ce constat-là, de cette question-là, que naît la confusion. Parce que tu continues à réussir professionnellement, mais tu sens que tu es de plus en plus éloigné de toi. de celle que tu voudrais être, de celle que tu voudrais montrer. Tu n'es plus vraiment aligné. Et il y a aussi quelque chose qui est vachement dur avec toutes ces stratégies d'adaptation, c'est que souvent au début, c'est vachement valorisé. C'est-à-dire qu'au travail, on te complimente, on te trouve formidable, et puis avec le temps, le mois, les mois, les années, ça devient la norme. C'est-à-dire qu'on attend de toi que tu sois comme ça. Et le jour où tu n'es plus, attention. Donc toi, pourquoi ? Retrouver ce type de reconnaissance, tu augmentes encore l'effort. C'est comme une spirale. Donc toi, tu es là avec tes doutes, tu fais énormément d'efforts, tu commences à fatiguer, à te perdre, à ne plus te sentir toi-même. Pour autant que tu peux être tout à fait toujours bien dans ton travail. Parfois, c'est parce que tu n'es plus aligné avec la tâche que tu fais. Parfois, tu es bien avec la mission de ton travail. Mais tu as la sensation que l'environnement, je ne parle pas d'environnement toxique, mais il ne te reconnaît plus, c'est-à-dire que tu es acquise un petit peu. Donc toi, tu te dis quoi ? Tu te dis, parce que tu vois sur les réseaux, dans les magazines ou dans les discussions avec d'autres personnes, qu'est-ce qu'on dit aux femmes ? On dit qu'il faut oser, qu'il faut travailler la confiance en toi. Mais en réalité, ton estime, ton incertivité, qu'est-ce que je sais ? Mais en réalité, le problème, il est plus profond. Parce que tu es entre ce qu'on t'a appris à être en tant que sujet féminin, en tant que femme dans la société, donc à être serviable, à s'occuper de tout le monde, à être gentille, à être discrète, d'accord ? Ce qu'on disait auparavant. Donc tu es prise entre ça, on t'a appris à être comme ça. Est-ce que le système du travail récompense réellement ? Évidemment qu'à l'intérieur, ça ne peut être qu'une tension, mais... énorme. Et ton corps, lui, qu'est-ce qu'il fait pendant ce temps ? Il te parle. Il te dit que ton aralbole, tu as la perte de sens, que tu es fatigué, que ton hypersensibilité s'accentue. Tout ça, ce sont des indicateurs. Et encore une fois, ici, je ne parle pas de personnes qui pourraient être en début de burning, en début de burnout. Pas du tout. Je ne parle pas de ça. Je parle que... On a encore envie d'aller au travail, mais il y a ce ras-le-bol qui diffume. Pourquoi je fais tout ça si je ne suis pas reconnue en fait ? Ce n'est pas une fatigue qui te cloue dans ton lit, chez toi. Ce n'est pas des crises d'angoisse avant d'aller au travail. Pas du tout, on n'est pas là-dedans. Mais tout ça... Ce démarrage de perte de sens, peut-être ce ras-le-bol, peut-être cette fatigue qui démarre, ou le fait que tu deviennes hypersensible sur tous ces sujets, ce sont des bons indicateurs. Dans le sens que tu peux arriver à ce tournant où tu vas avoir un tournant à un moment donné. Et ce tournant, c'est lequel ? C'est quand une femme comprend, ça, ce n'est pas mon caractère. Ça, c'est une stratégie apprise. À partir de là, quelque chose se rouvre à l'intérieur. Parce que ce qui est appris, d'accord, c'est pas quelque chose d'inné, ça a été appris, ben ça peut évoluer, ça peut se transformer. Mais je sais que voir ça seul, ce qu'on fait, c'est compliqué. Parce que ben toi, t'es dedans, t'es habitué, ça te paraît normal, c'est compliqué de se dire ça, ça fait partie intégrante de mon caractère, ou ça, c'est une adaptation. Souvent, on a besoin d'un miroir, d'un cadre, de repères pour comprendre précisément notre fonctionnement. C'est exactement pour ça que j'ai créé la masterclass qui arrive très prochainement. On va prendre un temps pendant une heure pour t'aider à identifier les grandes stratégies d'adaptation professionnelle. Comment elles se construisent, pourquoi elles sont si puissantes et comment commencer. à retrouver de la liberté sans brutaliser ton système nerveux. Ça, c'est très important. Parce que personne ne change en se criant dessus ni en s'auto-affirmant que demain je m'affirme, demain je prends la parole. Non, ça ne marche pas comme ça. Comprendre ton mode de survie, le voir clairement, lui redonner du sens, ça, c'est le début d'un déplacement profond. Si tu t'es reconnu aujourd'hui, Alors, la suite va vraiment t'intéresser. Je mets toutes les informations pour rejoindre et commencer à s'inscrire à la masterclass qui aura lieu le jeudi 5 mars à midi et quart. Ça sera sur Zoom. Il faut s'inscrire. Il y aura un replay. Mais l'idéal, c'est quand même de venir en live parce que le replay aura une courte durée. Je mets tout ça dans les liens de l'épisode. Je te souhaite une très belle journée, une très belle soirée, selon l'heure à laquelle tu écoutes. Et je te dis à la semaine prochaine. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.