- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici,
- Speaker #1
on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses. Pas à dire tout haut.
- Speaker #0
Hello Juliette, je suis ravie de te recevoir dans le podcast Émancipation Féminine. Est-ce que tu peux te présenter, s'il te plaît, idéalement, sans d'abord nous dire ce que tu fais, et qui tu es toi en tant qu'humaine, Juliette ?
- Speaker #1
Ok, salut Delphine, et bonjour à toutes celles qui écoutent ce podcast. Donc moi je m'appelle Juliette, oui, et... Il y a mon chat. Tiens. Idée de présentation. J'ai un chat qui s'appelle Ubu. Qui m'embête toujours quand je fais des podcasts. Alors, qui je suis sinon ? Moi, je vis à Lille. J'habite à Lille. Je suis une fille qui aime bien plaisanter. Qui est toujours assez de bonne humeur. Assez joviale. Qui aime bien faire des petits jeux de mots. Des choses comme ça. Peut-être que vous aurez l'honneur d'en avoir dans cet épisode. J'aime bien chanter, j'aime bien danser, je suis assez créative comme fille. Je dis toujours que j'aurais pu être à Disney Channel ou un truc comme ça. C'est genre que je pourrais faire des codes musicals. Je pense que si je n'avais pas fait ce que je faisais là, peut-être que ça aurait été une vocation. Forcément, mon boulot, ça me prend beaucoup de ma personnalité, de qui je suis maintenant. On va en parler.
- Speaker #0
Trop bien, merci. Tu peux lâcher et nous dire ce que tu fais. Parce que j'aime bien dans ce style de questions, je la pose à toutes mes invitées, en général vous buguez un petit peu, vous dites « ah merde, j'avais pas prévu ça » . Ouais,
- Speaker #1
c'est ça. Parce qu'après tu te dis « bon, après c'est un peu disparate et tout ce qu'on veut dire » . Oui, par exemple, je suis féministe aussi, j'aurais pu le dire, même si ça rejoint aussi ce que je fais, puisque moi je suis thérapeute féministe, j'ai fondé The Last Kish, Donc, il m'ont... mon activité à date. Ça va être depuis un petit moment maintenant, depuis quelques années que j'ai créé The Last Kish. D'abord en communauté, puis ensuite c'était mon activité. Et The Last Kish, pourquoi je l'ai appelé comme ça ? C'est parce qu'en fait, en gros, avec The Last Kish, j'aide les femmes à ne plus être prises pour des kish par la culture des régimes.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Oui, toujours, ça fait son petit effet, The Last Kish. Et donc, j'aide individuellement et en groupe les femmes à se libérer des injonctions. sociétal, patriarcal, notamment sur le rapport à l'alimentation, sur le rapport au corps, le rapport à soi aussi, bien évidemment. Je suis vraiment spécialisée sur ces questions-là, rapport au corps, rapport à l'alimentation, même si je peux toucher aussi à l'estime de soi, la confiance en soi, etc. Principalement, c'est vraiment mes deux sujets. Je milite pas mal contre la culture des régimes et la grosse phobie aussi.
- Speaker #0
J'adore. Trop bien. Et tu sais que moi, dans ma tête, je n'avais pas fait de recherche spécifique sur le nom de ton activité et je n'avais pas du tout imaginé que ça voulait dire ça. Moi, dans ma tête, c'était en gros tu vas te lâcher la grappe avec... Vas-y, tu peux la bouffer ta quiche parce que j'avais conscience que tu es la culture de la diète, tu vois. Mais je trouve que c'est génial. Ça fait son petit effet, je confirme. C'est génial.
- Speaker #1
Oui, ça fait toujours un peu de curiosité. Tu vois, par rapport à ce nom, après c'est bien, je peux dérouler facilement. Mais c'est vrai que ça aurait pu, ce truc.
- Speaker #0
Ça aurait pu aussi.
- Speaker #1
La quiche, c'est bon. La dernière quiche sur laquelle tu vas te prendre la tête, peut-être.
- Speaker #0
J'avais imaginé exactement ça, que vas-y, à part ça, maintenant, on s'en fout pour faire ta quiche. C'était énorme. Justement, ça me fait la transition parfaite. Quand on parle de culture des régimes, on parle de quoi en réalité, Juliette ?
- Speaker #1
La culture des régimes, c'est assez large, mais c'est un système de croyance dans lequel la minceur est vue comme idéale et comme vertu. C'est-à-dire, en gros, dans notre société, on valorise énormément la minceur et surtout, on la lie à une vertu morale. C'est-à-dire que souvent, mince, c'est bien et grosse, ce n'est pas bien. Donc souvent, la culture des régimes est très liée à la grossophobie, même si c'est plus large encore, la culture des régimes. parce qu'il n'y a pas que ça, il n'y a pas que le focus sur la minceur, il y a aussi le focus sur... le contrôle de l'alimentation, un peu comme si c'était une vertu, de contrôler son alimentation, de manger le moins possible, etc. Et aussi, il y a toute une culture, quand on parle de culture des régimes, c'est vraiment la culture des restrictions. C'est régime au sens large, pas juste le régime restrictif vraiment drastique, mais c'est aussi les rééquilibrages alimentaires, c'est toutes les... Toutes les pratiques qui visent à contrôler son alimentation, à réduire souvent, pour être plus mince. Il y a quand même ce penchant-là. Après, il y a eu ces derniers temps l'argument santé qui est revenu un petit peu sur la table, d'un point de vue culture des régimes. On se dit, moi je fais un régime pour ma santé, ou je perds du poids, mais c'est pour ma santé, ce n'est pas pour l'esthétisme, etc. Mais souvent, la santé, comme c'est dans un prisme grossophobe, c'est toujours la santé via la minceur, notamment. Et si je peux définir un petit peu la grossophobie ?
- Speaker #0
Oui, je veux bien. Moi qui suis ronde après grossesse et qui n'arrive pas à perdre du poids, je veux bien, s'il te plaît, parce que moi je me sens obèse et je sais que je ne le suis pas. Je sais que c'est l'image de la société et de celle que j'étais avant. J'étais très fit, très musclée et très dans le contrôle de mon alimentation. Je ne l'avais jamais déposée, je vous le dépose. Je veux bien que tu définisses la grossophobie. Qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
La grossophobie, c'est la discrimination. des corps gros dans la société. Il y a la grosse phobie systémique, c'est la discrimination des personnes grosses. Même dans l'espace public, par exemple, je parle du mobilier urbain, ce genre de choses, les places dans l'avion, c'est de la grosse phobie.
- Speaker #0
Tu vois, bien sûr.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Après, il y a eu forcément tout le langage. Quand je disais que la minceur, souvent c'est bien, être gros, ce n'est pas bien, on analyse ça beaucoup. Il y a vraiment la discrimination des personnes grosses qui sont harcelées, insultées au quotidien. Et puis, bien sûr, il y a la grosse phobie qu'on appelle internalisée, c'est-à-dire notre peur de grossir, typiquement, quand on a peur de prendre du poids ou quand on a pris du poids et que ça nous emmerde pas mal, ce genre de choses. Ben voilà.
- Speaker #0
Et t'en rentres !
- Speaker #1
C'est normal, si on s'en concerne, c'est logique, ça a tendu. J'aime bien dire ça a tendu, parce que c'est vraiment la société qui est comme ça. Et surtout, quand on est une femme, on se prend la culture des régimes et la grosse phobie en pleine face. On est conditionnés... qui plus est à rechercher la minceur quand on est une femme, à s'estimer par notre apparence, etc. Donc le lien aussi est vite fait avec le féminisme et donc en quoi la lutte contre l'action des régimes est un enjeu féministe par rapport à tout ça.
- Speaker #0
Ah, j'adore. On va dérouler ça, justement. Il y a plein de choses. Oui, il y a tellement de trucs à dire. Et j'enchaîne avec ma question, sinon je sais que je vais digresser, mais c'est génial que tu le définisses comme ça. Effectivement, la grossophobie... internalisé, je pense qu'on n'en parle pas assez. Je ne sais pas si les hommes sont concernés, je ne sais pas si c'est mixte, c'est juste pour réserver aux femmes, mais je pense qu'en vrai, ils doivent l'être aussi. C'est le culte de vouloir toujours avoir des muscles, être le plus fort, machin, je pense que ça doit peut-être rentrer dans quelque chose comme ça. Mais moi, j'avais cette question à te poser, à qui profite le fait que les femmes passent autant de temps à surveiller leur corps ?
- Speaker #1
Moi, je dirais qu'il y a deux grandes logiques à ça. Déjà, il y en a une première, c'est une logique capitaliste. Parce que forcément, la culture des régimes, c'est un marché. Ça brasse des milliards. On peut parler de milliards, même dans le monde. C'est un peu partout, notamment en Occident aussi. C'est déjà un marché. C'est pour ça qu'il y a une logique capitaliste. Si les femmes continuent à faire des régimes, à dépenser des sous dans des crèmes anti-cellulite, etc. Enfin, tout ça, on peut vite imaginer les compléments alimentaires pour faire du poids, les tédétox, Tout ça, ça représente quand même beaucoup d'argent. Donc, il y a vraiment cette logique-là capitaliste. Et ensuite, bien sûr, il y a une logique patriarcale et assez symbolique qui est que quand une femme est au régime, déjà, elle pense beaucoup à son alimentation et à son corps. De base, elle pense déjà beaucoup à ça sans être au régime, forcément. Mais encore plus quand on est au régime, parce que c'est un symptôme de la restriction en plus, le fait qu'on pense beaucoup à son alimentation. Et donc penser à son alimentation, penser à son corps, penser à son poids, ça fait qu'on ne va pas forcément utiliser notre énergie si on en a encore pour défendre sa place dans la société, pour aller chercher la promotion au boulot, pour aller donner son avis, aller s'investir aussi dans des projets, etc. On va rester un peu... On va se rétrécir. C'est vraiment ce truc-là de se rétrécir. Voilà, et puis il y a une citation que j'aime bien, notamment, donc il y a Mona Chollet dans Beauté fatale, donc c'est un livre que je me demande souvent, elle parle de ça, cette alienation au final de la beauté féminine, notamment de la minceur, et souvent il y a une citation qu'elle cite dans ce livre-là et qui appartient à Naomi Wolf qui est une féministe, et qui dit souvent qu'en fait les régimes c'est plus une question d'obéissance au final, c'est pas une question de beauté, c'est d'obéissance féminine en fait, et que les régimes c'est le premier sédatif politique. qui est utilisé par le patriarcat. C'est vraiment ça, c'est nos dates, littéralement. Donc voilà, tout ça.
- Speaker #0
J'adore. Et en fait, toi, tu as voulu... Alors, c'est une question que je n'avais pas préparée, mais qui me vient. Comment tu en es arrivée à là, en fait, de ce positionnement-là ? C'est-à-dire que c'est parce que tu étais féministe et que tu as lu des choses. Comment tu es devenue à te spécialiser là-dedans ? Et avant que tu répondes à la question, ça me faisait penser aussi à qui profite tout ça aussi. Et je pense que sans en vouloir aux hommes, mais ça leur profite aussi. Parce que tu disais, quand on fait ça, on ne peut pas se mettre dans un projet et tout, mais on ne peut pas revendiquer nos droits aussi, au final. Et sur les enjeux d'égalité, c'est énorme. Et moi, je ne sais plus dans quel livre j'avais lu ça, mais je sais que cette réflexion-là, elle me percute encore plus en ce moment, parce que mon poids, il n'est pas revenu à ce que j'aurais aimé qu'il soit, c'est-à-dire à comme il était avant. Because, grossesse tardive, l'âge, tout ça, tout ça quoi. Mais du coup, c'est vrai, cette question d'apprendre à détester son corps aussi, elle me vient, et le fait qu'on reste moins forte. Et pas forcément qu'on est forte dans le sens où on est grosse donc on prend de l'espace, mais aussi le fait que la culture des régimes n'encourage pas forcément les femmes à faire de la muscu ou à prendre vraiment de la force physique et d'être vraiment en capacité peut-être de se défendre, ne serait-ce que dans la rue. parce qu'on perd du temps à se préoccuper de notre beauté extérieure en fait. Pour être validée par les hommes. Oui, carrément. Ah ouais,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, c'est pour la validation masculine, ultimement. Puis pareil, oui, même quand tu vas faire de la muscu quand t'es une femme, tu faudras pas que t'es malveillée. Et non plus, parce que tu vois... Sinon tu ressembles à un mec.
- Speaker #0
Non mais c'est vrai, il y a beaucoup de meufs qui font des crossfit ou quoi, qui le déposent ça. qui disent qu'en fait, on a beaucoup de remarques parce que parfois elles dépassent les hommes, certains hommes aussi, et ça ne va pas trop. Je ne sais pas si c'est de l'ego ou en gros nous remet souvent à cette place de femme, si tu es une femme, tu dois être comme ça et pas autrement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Oui, c'est des standards de beauté qui sont très liés aussi à la culture des régimes.
- Speaker #0
Ce n'est pas très arcal aussi.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Comment tu en es arrivée là ? à traiter spécifiquement ce sujet si t'as envie d'échanger là-dessus moi tout part d'un cheminement personnel en fait déjà petite,
- Speaker #1
j'ai toujours vu ma mère au régime compter ses calories, faire wet watchers etc, donc j'ai vraiment grandi déjà avec cette idée là qu'une femme ça doit se peser régulièrement ça doit faire gaffe à manger le moins possible etc et ensuite je trouve que insidieusement les standards de beauté Tchiii ! ont été une prison un peu pour moi pendant longtemps. Notamment la minceur. Je me souviens, je voyais Britney Spears à la télé, elle avait un ventre plat. Je me disais, il faut être comme ça, etc. Même la beauté, en général, je dis toujours que j'étais obsédée par la beauté. Après, ça a été théorisé par des féministes. On appelle ça une sorte de narcissisme féminin qu'on a. C'est-à-dire qu'on est très préoccupés par notre apparence. Moi, je l'étais beaucoup. Je suis moins là, je veux dire, maintenant. Mais surtout, je n'avais pas déconstruit tout ça. bref mais Du coup, c'était la minceur, la beauté, déjà, c'était des sujets pour moi, mon corps, un peu comment j'étais vue, notamment par les garçons, les hommes aussi, après, etc. Vraiment, ça a été assez important pour moi, à la base. Et après, moi, par rapport à mon alimentation, j'ai eu de la chance pendant une bonne partie de ma vie, j'ai pas eu trop de problèmes par rapport à ça, même en voyant ma mère au régime. Mais c'est plus tard, parce que moi, je suis diplômée de Sciences Po Lille, à la base. Et j'ai fait deux ans en Angleterre parce que j'ai un double diplôme. J'ai un diplôme anglais aussi. Bref, mais du coup, j'étais en Angleterre. Et notamment la deuxième année, j'étais assez stressée d'être loin de ma famille, etc. Je me sentais vachement isolée. Et en fait, la nourriture, ça a été un moyen de contrôler mon anxiété. Souvent, quand on a de l'anxiété, on cherche quelque chose pour... Un truc qu'on peut déverser, un peu nos angoisses. Un truc qu'on peut contrôler. Et donc, ça a été la nourriture pour moi. J'ai pas mal contrôlé ma nourriture à ce moment-là. Et mon corps aussi, pas mal, parce que je m'étais mis un peu au fitness. Je me suis fait avoir aussi par la sphère du fitness, qui est très liée à la culture des régimes, forcément. Dans le marché de la culture des régimes, le fitness est dedans aussi.
- Speaker #0
J'ai été addict pendant longtemps, je comprends.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. En fait, je ne dis pas que maintenant, je fais encore un peu de musculation, de renforcement musculaire, mais ce n'est pas du tout la même optique qu'avant. Avant, c'était vraiment dans un but déjà esthétique.
- Speaker #0
Et surtout si tu voulais dessiner ton corps, ouais, j'étais exactement là-dedans aussi. Et ça va jamais parce que c'est jamais le résultat que tu veux atteindre. Et du coup, bah oui, tu dois contrôler tes prods, tes machins, ouais, je comprends.
- Speaker #1
Ouais, j'étais vraiment matrixée par tout ça. Et donc, moi, j'estime que, à cette période-là, j'ai eu une alimentation troublée, en fait, qui est avant un TCA pur et dur. Et on n'en parle pas assez de l'alimentation troublée, qui est hyper commune, en fait, malheureusement. Seulement quand on est une femme, parce que, bah, c'est QFD, ce que j'ai dit tout à l'heure. On revient toujours à ça. Et donc, ouais, j'ai eu cette période-là. Et j'ai perdu pas mal de poids, notamment, à cette époque. Je me souviens que ma mère s'était inquiétée. Et en fait, ma mère, c'est bizarre, c'est qu'elle est dans la culture des régimes encore. Enfin, elle est dans les régimes, mais maintenant, elle compte encore ses calories, tout ça. C'est quand même compliqué pour elle de se défaire de tout ça. Ouais. Mais déjà, voilà, elle m'avait un peu tiré la sonnette d'alarme à l'époque-là, quand j'avais perdu du poids. Donc après, j'avais vu mon poids et j'étais vraiment choquée de voir à quel point j'étais descendue. J'avais l'impression d'avoir trahi mon corps, tout ça. Vraiment, c'était une période assez compliquée. Et donc après, en fait, ce qui m'a aidée vraiment à sortir de ça, c'est notamment l'alimentation intuitive. Parce que je lisais pas mal de livres sur ça, sur le comportement alimentaire, etc. Je captais que j'avais un problème par rapport à ça, donc du coup je me renseignais pas mal. Et je suis tombée sur l'alimentation intuitive. Donc l'alimentation intuitive, en gros, ce que c'est, c'est une thérapie qui a été développée par deux diététiciennes américaines, Evelyn Tribble et Elise Resch. Et elles ont créé l'alimentation intuitive parce qu'elles se sont aperçues que, ben voilà, elles faisaient la diététique classique, un peu avec des régimes, des soins de maigrissement, tout ça. En fait, elles se sont rendues compte que c'était pas du tout... niveau santé, ça n'aidait pas du tout la santé de leurs patientes, parce qu'ils carvenaient avec des troubles du comportement alimentaire, carvenaient avec des députations, un pot qui faisait de l'yeu-yeu, enfin voilà. Du coup, elles ont carrément changé d'approche, et donc elles ont développé l'alimentation intuitive en se basant sur des recherches, notamment sur la neurosciences, etc., sur l'interoception, on appelle ça aussi, c'est la conscience des signaux. Parce qu'en gros, l'alimentation intuitive aussi, le but c'est vraiment que tu aies un comportement alimentaire serein, et que tu puisses... t'écouter manger selon ta faim, selon ton rassasiement, et puis surtout que tu te détaches un peu de la culture des régimes, des injonctions, que tu vois ton corps plus d'un point de vue bienveillant, avec vraiment un tout autre prisme que la culture des régimes. C'est vraiment aux antipodes de la culture des régimes. Donc voilà, moi j'ai découvert ça et ça m'a vraiment aidée d'un point de vue personnel. Et puis en même temps, moi j'étais déjà quand même assez féministe, mine de rien. Et donc j'avais lu aussi Mona Chollet, Beauté fatale, parce que je parle souvent de ce bouquin, mais lui aussi ça a été une révélation aussi parce qu'elle fait vraiment le lien avec la date culture et le féminisme, avec le patriarcat. Et du coup moi je me suis dit mais en fait c'est vrai, c'est trop vrai, pour moi c'est une évidence et donc de plus en plus je me suis un peu radicalisée sur tout ça. Et notamment j'ai créé The Last Kitsch qui était à la base un conte où je voulais juste, entre guillemets, parler de ça, de dénoncer la culture des régimes, etc. Et en fait, j'ai créé mon podcast « Récède ton assiette » . Et après, je me suis formée à l'alimentation intuitive auprès d'Evelyne Tribol et Elisrech. Je suis venue à la source. Et après, j'étais formée. Donc, j'ai fait des accompagnements. J'ai tenté comme ça. Et puis après, plusieurs années plus tard, c'est ma vocation encore et toujours.
- Speaker #0
J'adore. C'est énorme comme parcours. Tu es la deuxième cette semaine que j'interview. Une autre nana que j'ai interviewée, peut-être que tu la connais, c'est Estelle Cozy de Matrimoine Féministe. Elle, elle est toujours en activité salariée, mais comme quoi, je trouve que parfois d'une passion, soit on peut le transformer en activité, soit on peut aussi très bien s'exprimer et sur les réseaux et dans notre vie, sur nos passions comme ça. Et je trouve ça très beau. En fait, moi, ce n'est pas mon expérience. Les réseaux sont venus à moi parce que j'ai créé une activité. Et je trouve que quand vous, vous étiez déjà sur les réseaux et que vous transformez des choses comme ça, ça me fait un petit quelque chose. Je me dis que c'est trop... Ça doit être trop fou, en fait, de dire « Attends, je suis partie d'une idée. » Et au final, toi, tu y travailles aujourd'hui avec. Je trouve quand même, même en termes de communauté, ça doit être super fédérateur.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'il y a des gens qui me suivent depuis des années.
- Speaker #0
Je l'imagine. et sur tout le progrès c'est génial quoi du coup trop bien d'avoir partagé ton parcours merci beaucoup et ça me renvoie du coup à cette question qu'est-ce que la culture pour toi des régimes elle apprend aux petites filles très concrètement comme tu as parlé, je ne savais pas que tu allais parler de cette expérience avec Tamako mais la question était déjà là peut-être tu peux toi témoigner mais tu l'as déjà fait mais qu'est-ce que tu penses que ça fait aux gamines de voir tout le temps les femmes se préoccuper de leur poids, cette culture-là et nos adultes ?
- Speaker #1
Moi je dirais que ça apprend aux petites filles déjà au fait que comme je disais tout à l'heure une femme doit être la plus mince possible et doit dédier beaucoup de temps à... chercher ça en fait à faire cette poursuite cela je trouve c'est quand même un message fort et de manière moi j'ai beaucoup de clientes qui ont évolué aussi qui ont grandi avec cette idée là cette idée de faire attention à son alimentation tu vois et puis quand tu es une femme en plus quand tu es une petite fille du coup on te mets déjà en te conditionne déjà parce que ton appétit c'est un problème il faut que tu le contrôles tu maîtrises ton alimentation tu vois tu peux pas manger trop Tu vois, même comparé à des garçons, tu vois très bien, des petits, tu vois le double standard. Tu vois que les garçons, bah vas-y, ils se resserrent très bien, très bien, allez, vas-y, t'es fort, voilà, tu vas manger, etc. Alors qu'une femme, pas du tout. Une fille, non, une fille qui va se resservir, c'est, attends, t'es sûre ? Ou non, c'est bon, t'as déjà eu assez à manger. Déjà, il y a un double standard d'un point de vue alimentation entre les garçons et les filles. Et oui, après, moi, je pense beaucoup, ouais, le contrôle du corps, quoi, littéralement. Et donc, mine de rien, on vient toujours à... Tu vois, quand je disais qu'on apprend à se rétrécir, il y a vraiment ce truc-là, quoi. Dès le plus jeune âge, et même dans notre conditionnement féminin, j'en ai au plus large, quoi. Je veux dire, sur ce truc d'être sage, d'être gentil, d'être, tu vois, d'être à ta place, quoi. Faut pas faire trop de vagues, faut pas trop... Voilà, tes émotions, faut un peu les masquer, ce genre de choses. Et ça se voit aussi dans notre rapport à l'alimentation et notre rapport au corps, en fait. On reste encore dans cette même logique-là de... Voilà, rétrécis-toi et prends pas de...
- Speaker #0
place du tout quoi mais ça me ça m'envoie une image peut-être qu'à aucun rapport mais moi je le vois comme ça tu sais donc d'un bébé donc le bébé qui est grandi qui va avoir deux ans prochainement et en fait je le vois déjà à la crèche des comportements c'est un truc de fou moi j'ai deux garçons donc j'ai un ado qui a 15 ans et j'ai un petit bébé Et moi, mes enfants, je ne me suis jamais trop fâchée. J'ai toujours foutu en jogging longtemps parce que mon grand, il est vachement hypersensible. Il est toujours les jeans. Il ne supportait pas les jolis pantalons enfant. Donc, il n'y a que maintenant. Ça ne fait même pas un an qu'il porte des jeans. Parce qu'il a 15 ans, il a envie de se fringuer, il a envie de plaire aux nanas. Donc, ça change. Mais littéralement, il n'a pas porté pendant 13 ou voire 13 ans et demi que des jogging. Il n'avait que ça dans son armoire. Et on mettait le petit jean et la petite chemise à Noël, quoi, en gros, tu vois, ou un baptême, un mariage. Et là, avec mon bébé, donc il y a deux ans, j'ai changé de crèche, mais je le vois quand même. C'est-à-dire qu'en gros, quand tu amènes ton enfant en garde comme ça, collective, souvent, ce qu'ils te conseillent, c'est « mais foutez les en jogging » . C'est comme si vous alliez faire du sport, parce que de toute façon, ils vont bouger, ils vont rouler, ils vont grimper au toboggan, on va faire des modules de motricité et tout. Mais le nombre de petites filles, de bébés, je parle. on est en train de parler de bébés, donc d'enfants qui vont de 2 mois à 3 ans, qui sont déjà avec les collants, les petites portes courtes. Et ça me choque à chaque fois, je me dis, mais si j'avais une fille, est-ce que je l'aurais habillée comme une poupée comme ça ? Ou est-ce que j'aurais juste foutu en jogging la pauvre gosse ? C'est-à-dire que souvent, dans les réunions comme ça, collectives en crèche, alors pas à la crèche où c'était plus dans l'autre, où elles étaient obligées de rappeler aux parents qu'en fait, un jogging, c'est vachement suffisant, quoi. Et de garder tout ça pour le dimanche. Et je me dis, mais comment ça se fait qu'on nous conditionne comme ça des bébés ? C'est-à-dire que des bébés, on t'empêche, quand tu es une meuf, tes parents inconsciemment. Et la société, parce que c'est la société qui te dit, moi, le nombre de copines qui me disent, on a eu des garçons, mais c'est chiant pour les habiller et tout. En vrai, c'est vrai qu'il y a vachement moins de choix. C'est une réalité dans les magasins. C'est un peu toujours la même chose. Mais je me dis, est-ce qu'on est vraiment obligés de mettre des collants à nos bébés, des mini-shorts et des mini-jupes, en fait ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui. Et pour moi, qui suis ? Et souvent on me dit dans ma famille, t'es matrixée par le patriarcat et tout. Non, c'est qu'en fait, vous ne voyez pas. Mais ça conditionne énormément, tu vois. Mais oui. Donc voilà, ça me faisait faire ce... Exactement. Et en fait, c'est de se dire, dès là, on t'empêche déjà parce que tu disais rétrécir. Et ça m'a vraiment fait penser à ces bébés. Je me disais, mais c'est trop ça. En fait, on rétrécit déjà dès tout petite à la liberté de mouvement et de s'expandre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Oui, oui. Tu ne peux pas s'habiller pratique. Une fille, ça doit être jolie, ça doit être coquet. Même quand les petites filles, typiquement, tu disais que c'était des poupées, c'est vrai. Il y a toujours ce truc de... Alors qu'un garçon, c'est bon, ce n'est pas très grave pour un look.
- Speaker #0
Mais tu peux trop bien fringuer des petits gars et tu peux trop bien fringuer les petites filles. Je ne sais pas, moi, j'ai déjà fringué, mais pour un mariage, mon bébé avec un petit nœud pape, ça fait son effet, c'est sûr. Ça fait la place. Je ne vais pas l'habiller comme ça à la crèche. Pourquoi tu mettrais des robes à paillettes et à volant à ta gamine qui est censée aller jouer au toboggan et faire du vélo ? Ça ne fonctionne pas. Ça me fait penser à ça. Quel lien tu vois, toi, entre le contrôle alimentaire et la suradaptation au travail ? Est-ce que tu arrives à faire un lien sur ça ?
- Speaker #1
Moi, je dirais le lien qu'on peut faire... Tu me diras si tu es d'accord. Moi, je trouve qu'il y a un peu ce truc de discipline, un petit peu. Tu vois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je vois vraiment ce truc de... Parce qu'au final, même le rapport alimentation, rapport au corps, c'est un rapport qui est très ancré dans la discipline. En fait, quand tu suis lecture dirigée, il met notre positionnement, il est dans la discipline. Du coup, je trouve que la suradaptation, il y a aussi pas mal de ça. Tu vois, un peu ce côté aussi... En fait, tout faire pour les autres. Enfin, pour... Tu vois, par rapport à... Voilà, même... Soit même leurs besoins, ou même comment ils nous perçoivent. Et je trouve que notre rapport alimentation, notre rapport au corps, c'est beaucoup ça, quoi. C'est beaucoup ce qu'on fait. C'est beaucoup ce que tu vois. Le regard des autres, qu'est-ce qu'ils vont dire de moi, si je prends du poids, tout ça. Même, qu'est-ce qu'ils vont dire de moi si je mange comme ça. Moi, je trouve que c'est vachement lié. Surtout l'alimentation, même dans le milieu professionnel. Moi, j'ai été salariée aussi avant.
- Speaker #0
Moi aussi, longtemps.
- Speaker #1
La culture du régime au travail, c'est un délire aussi. Et tu sens que les femmes, c'est limite un rituel de parler de ça. Il y a beaucoup de choses, je pense.
- Speaker #0
Mais c'est trop ça. C'est vrai que... Ouais, j'aime bien cette histoire d'obéissance, en fait. C'est qu'on t'apprend tellement à adapter des restrictions qu'au final, si au travail, on te demande de faire la même chose, ça va un peu de soi. Ouais, t'es pas possible. Exactement, je cherchais le mot. Merci beaucoup. T'es exactement... T'es déjà préparée à être docile et nous, en tant que meuf, genrée en tout cas... six genres, si on se reconnaît vraiment à son genre. On nous prépare vraiment dès la très petite enfance à être dans cette obéissance-là.
- Speaker #1
Ah oui, carrément.
- Speaker #0
Et la culture des régimes au boulot, je revois tellement de trucs. Pourtant, moi, j'ai été dans des boulots beaucoup masculins. Sur la plus grande partie de mon salariat, j'ai passé plus de dix ans dans des univers hyper masculins. Mais j'étais une meuf qui était très fit. très mince voire maigre donc le fait que je mangeais beaucoup à la table des hommes ça les choquait pas parce que j'avais le bon poids j'étais la meuf en talons en tailleur en talons le fait que je rigolais fort et que j'adoptais un peu une culture masculine mais que je mangeais comme eux, que je trinquais facile comme eux c'était pas forcément une midinette en fait j'étais le joker j'avais la carte joker ouais quand même pas Bia ! Je n'ai pas trop la pique-mille, mais j'étais dans un univers masculin, donc j'ai adapté des codes hyper masculins. Mais il y a eu d'autres moments où je n'étais pas dans ces jobs-là, et j'étais dans un univers ultra féminin aussi. Et en fait, ce n'est que ça. C'est limite qu'est-ce qu'elle mange, elle, pourquoi elle mange. C'est limite, si on ne lâche pas, c'est forcément que tu grossisses si tu manges ça à midi et que tu n'es pas en train de t'assécher avec ta salade. Je trouve que les femmes sont vachement regardantes là-dedans. C'est telle, oui. C'est un truc de fou quoi. Et arrive le printemps, tout le monde est à la diète quoi. Arrive janvier, déjà tu passes la galette des rois. Et il faut voir comment on se fait matraquer parce que... Moi, quand j'étais ado, donc je pense que je suis plus âgée que toi, légèrement plus âgée, même bien je pense. Moi j'ai grandi plutôt dans les années 90, donc ado début années 2000 quoi. Et tu sais, il y avait encore les magazines style Jeune et Jolie. Oui, bien sûr. Voilà, je ne sais pas. Donc, comme je ne sais pas quel âge tu as, du coup, mais j'étais vachement dans cette culture de… C'était clair, dès que le printemps arrivait, c'était la diète, les maillots de bain, qu'est-ce qu'il faut faire pour avoir… Ah oui. Une belle cet été à la plage. Et voilà,
- Speaker #1
les quiz pour savoir comment… Par rapport aux garçons, je trouvais aussi pas mal. En fait, quand tu vois ce genre de magazine.
- Speaker #0
Oh, mais oui, c'était tellement... On était omnibulés par le mec de tes rêves, le machin. Ouais, voilà.
- Speaker #1
Comment faire qu'il tombe amoureux de toi, machin, tout le temps. Enfin, c'était que ça.
- Speaker #0
C'était trop ça. Mais c'était que ça, en fait. Je pense pas que les mecs avaient des magazines de ce type. Comment draguer une meuf.
- Speaker #1
Ils faisaient des magazines sur des jeux vidéo. Et nous, on avait sur... Comment faire pour que le mec de tes rêves te remarque au collège,
- Speaker #0
machin. C'était trop ça. Et t'avais les pages mode. Et les sections recettes, je ne sais pas quoi. C'est fou de se remettre à cet âge avec une lecture féministe du truc. De se dire, mais attends, on nous a matrixé à ce point-là. C'est un truc de fou, quoi.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Un truc de dingue. Est-ce que toi, tu observes, dans les profils de femmes, en fait, est-ce que tu penses qu'il y a un corollaire entre la femme qui est la bonne élève sur le plan alimentaire et la nana qui est la bonne élève ? Côté pro, du coup. Ah ouais, carrément. Oui, oui. C'est la chose qu'on me disait avec la dose.
- Speaker #1
Ça rejoint un peu la question. Ouais,
- Speaker #0
ouais. Puis, tu sais, en fait, moi, je sais pas si c'est une populaire opinion que j'ai, je pense. Donc, une opinion un peu impopulaire. Mais moi, je dis que les TCA, ils sont vraiment créés par la société. Genre, c'est la société patriarcale qui nous conditionne à développer les TCA. Parce qu'en fait, quand tu regardes les TCA, donc les TCA, c'est les trucs du comportement alimentaire que tu développes très vite quand tu... C'est vrai que sur des régimes, tu fais un régime, tu tombes vite dans les TCA. Franchement, les régimes, c'est la première cause de TCA. Bref, mais quand tu regardes le terrain de quelqu'un qui a des TCA, c'est souvent ça, souvent la bonne élève, perfectionniste, exigeante par rapport à elle-même. C'est pour ça que je dis que le terrain des TCA, c'est conditionnement genre et féminin. Typiquement, c'est QFD, c'est la société qui crée les TCA pour moi, qui vraiment fait ce truc-là. Et je trouve que, pareil, au travail, en fait, on a le même conditionnement un peu de, voilà, prends pas trop de place, tu vois, ce truc d'ossilité, très bon élève, ouais, bon élève, genre, ouais, hyper, tu vois, dans la perfection aussi, qui veut bien faire, toujours, etc. Bah ça, c'est, tu vois, c'est vraiment un comportement qui est très lié au TCA et du coup aux candidates qui vont faire des régimes, quoi, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Du coup, j'étais en train de me dire dans ma tête, est-ce qu'il y a un trouble du comportement du travail qui existe ? J'étais en train de faire un délire. Je me dis, il y a des TSA, mais peut-être que ça crée des TCT. Je suis en train de faire un lien. Mais oui, je pense que le lien, il est clair et net. En fait, c'est vrai que la bonne élève au travail, c'est exactement ce que tu as dit. C'est la nana qui va être perfectionniste, qui va tout faire bien, qui va toujours être là pour le collectif. Et c'est jamais elle qui va monter dans l'équipe, en fait. Parce qu'en gros, elle fait tellement trop bien son travail que si on l'enlève de là aussi, on est un peu dans la merde. Et comme c'est une bonne élève, elle va comprendre que c'est pas elle et c'est son collègue, souvent masculin, qui va monter et pas elle et qui en foutra parfois moins. Parfois, ils sont à égalité, mais parfois, ils en foutent vraiment moins. Et c'est celle qui ne va pas vouloir déranger, qui rentre vraiment dans l'archétype. De tout ce que le patriarcat veut pour une meuf, c'est vraiment ça. Et c'est pour ça que je me demandais, tiens, est-ce qu'il y a ce lien de cause à effet ? Et c'est vrai que je n'avais pas vu que la nana qui pouvait avoir le bon comportement alimentaire, en fait, elle pouvait être sujette au TCA. Et c'est logique, en fait, ce lien-là. C'est logique.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est des critères qui te font tomber facilement dedans.
- Speaker #1
Comment on sait si on a un TCA ? Je ne me suis jamais posé la question. Je ne pense pas avoir été concernée.
- Speaker #0
En fait, déjà, les TCA, ce sont des pathologies qui sont dans le DSM-5. C'est un peu le manuel des maladies mentales. En gros, pour regarder l'anorexie, l'hyperphagie, etc., il y a des critères diagnostiques.
- Speaker #1
Pour moi, c'était ça. Pour moi, dans les TCA, c'était anorexique, anorexique boulimique, et ou boulimique.
- Speaker #0
après il y a un peu des TCA atypiques aussi où tu peux avoir des combos entre les TCA il y a même l'orthorexie qui n'est pas techniquement un TCA mais qui s'en rapproche l'orthorexie c'est l'obsession de manger sain ça relève un peu du TCA parce que tu es un alimentaire troublé à la recherche de manger sain tu regardes beaucoup les étiquettes c'est très symptomatique de la société tu es mangé clean tout ça c'est dans le contrôle Après il y a un prélude au TSA qui est l'alimentation troublée. Et ça je trouve qu'on en parle pas assez parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont plus concernés par ça.
- Speaker #1
Je n'ai jamais entendu parler de ça. C'est toi qui l'amène là, l'alimentation troublée.
- Speaker #0
En gros l'alimentation troublée c'est quand tu penses beaucoup à ton alimentation, que tu commences un peu à mettre du contrôle. Il y a quelque chose qui est pas... En fait il y a souffrance tu vois. Sans forcément aller chercher les TCR, mais déjà, il y a de la souffrance, il y a de la culpabilisation, il y a de la honte par rapport à l'alimentation. Déjà, on entre un peu dans l'alimentation troublée. Déjà, tu commences à te restreindre ou à catégoriser les aliments, un peu comme la lecture des régimes nous apprend à faire. Les aliments bons, les mauvais.
- Speaker #1
Exactement, ça, c'est trop gras, j'y trouve pas. Ça, c'est, je sais pas, les histoires de glucides, de machins. Je ne vais pas en manger, c'est ça qui va me faire grossir. On est un peu là-dedans, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Ouais, c'est pour ça que c'est un stade un peu préliminaire au TCA, tu vois. Et souvent, ouais, moi je dis toujours, quand il y a souffrance par rapport à ces sujets-là, il faut s'en inquiéter, quoi. Je veux dire, si l'alimentation prend trop de place dans ta tête, tu sens que c'est un sujet pour toi, même ton corps, ton poids, tout ça. Si c'est une obsession, en fait, de plus en plus, il y a quelque chose à faire, quoi. Il y a quelque chose à revoir, quoi.
- Speaker #1
Le nombre de meufs, dont moi, qui se disent « mais ouais, grave ! » Tu vois ? Tu te dis « ouais, il y a peut-être quelque chose à faire » . Mais c'est vrai que je pense que ça prend de l'espace, parce qu'on nous renvoie tout le temps à ça aussi. Des fois, je me dis « mais en fait, si j'étais dans une culture... » Après, je ne sais pas, moi, je ne connais principalement que la culture occidentale. Et quand je vois la culture asiatique, ils sont quand même globalement... maigres aussi.
- Speaker #0
Ils sont excédés aussi par le poids.
- Speaker #1
Je crois qu'ils le sont encore plus que nous. Ah ouais,
- Speaker #0
les Coréens, les... Oui, oui, bien d'abord. Oui, oui, les Japonais, beaucoup.
- Speaker #1
J'ai l'impression que vraiment, et leurs hommes et leurs femmes sont assez frêles, mais ça dit tout d'une dictature aussi politique.
- Speaker #0
Ah oui, le lien, tu peux le faire. Ouais,
- Speaker #1
c'est le QFD que tu disais depuis tout à l'heure, tu vois. Mais c'est vrai que le nombre de personnes, moi j'avais jamais entendu de ça, d'avoir une alimentation troublée, mais quand je pense rien à toutes mes potes et tout, voire même des mecs qui sont dans la culture du sport, ils ont une alimentation troublée alors, in fine.
- Speaker #0
Ah oui, beaucoup.
- Speaker #1
Ils sont candidats aussi en fait, et on parle jamais chez la première personne. Après, je suis pas à fond alimentation, nourriture, je sais pas forcément des comptes ou des podcasts sur ça. Mais tu es pour moi la première personne dont j'entends parler ce terme. Et je trouve que ça mérite effectivement d'ouvrir le sujet et les consciences des gens. De se dire, ah oui, peut-être que je suis là-dedans. Ok, je ne suis pas. Parce que ne pas se dire qu'on est en TCA, on est nombreuses et nombreuses. Dire, mais moi, je ne fais pas ça. Donc en fait, on pense qu'on n'a pas de problème avec notre alimentation. Alors qu'en fait, elle est troublée.
- Speaker #0
Oui, exactement. Oui, c'est ça. Pour ça, moi, j'aime bien parler de ça aussi. Parce que je me dis, oui, un peu que tu ne te reconnais pas en TCA. ou même... Pour toi, ça fait trop... En plus, il y a des gros clichés sur les TCA. Ah,
- Speaker #1
mais grave.
- Speaker #0
Tu penses que quelqu'un d'anorexique, c'est quelqu'un qui est très mec, une fille assez jeune qui est très mec, alors que tu peux être anorexique et être gros. Par exemple, ça, on ne le sait jamais.
- Speaker #1
C'est vrai, on n'en pense pas. Boulimique, tu as ceux qui se font vomir et ceux qui ne se font pas vomir. Dans notre imaginaire pop culture, on nous a mis que la fille boulimique était forcément grosse et qu'elle se faisait vomir, alors que... j'en ai croisé, qui était maigre et que jamais t'aurais cru qu'elle se faisait vomir en réalité. Mais que quand on te l'annonce, tu te dis putain mais meuf, j'aurais jamais cru quoi. Et c'est vrai qu'on a des stéréotypes sur ces troubles du comportement alimentaire, mais qui sont liés à la pop culture, je suppose.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Mais du coup, c'est sous-diagnostiqué dans tous les cas.
- Speaker #1
Automatiquement. Pour toi, qu'est-ce qui se passe quand une femme elle arrête de se discipliner dans sa alimentation ? Qu'est-ce qui bouge ? ailleurs, ils vont s'habiller.
- Speaker #0
Ah, pas mal de choses.
- Speaker #1
Ça les accompagne.
- Speaker #0
Je prends l'exemple de mes clientes. Souvent, elles arrivent plus à poser leurs limites. Elles ne s'habillent pas. Ouais, tiens. Déjà, elles priorisent plus leurs besoins qu'avant, je trouve. Donc, elles s'écoutent plus. Elles mènent, même des émotions, elles sont plus en contact avec elles, sans forcément avec la nourriture, etc. Et donc, elles arrivent aussi plus à poser leurs limites par rapport aux autres, à ne pas prioriser toujours les autres aussi, même par rapport à l'alimentation. C'est de penser à soi et de dire « j'ai faim, je mange, etc. » Mais ouais, poser leurs limites dans plein de domaines, mais ça peut être aussi dans le travail. Tu gagnes aussi en confiance en toi, je trouve, quand tu travailles ces sujets-là. Parce que tu apprends à t'estimer autrement. que par ton apparence. Et tu vois, tu déconstruis pas mal de choses par rapport aux liens minceur est égal valeur, etc. En fait, ta valeur n'est plus corrélée forcément à ton apparence. Du coup, tu gagnes en confiance en toi. Parce qu'elle dépend plus des autres. Elle dépend de toi-même, la valeur que tu te donnes. Du coup, il y a un peu ce truc que je trouve que c'est un processus d'empouvoirment d'empowerment un petit peu parce que au final, c'est ça, tu gagnes en pouvoir personnel. tu t'estimes mieux et du coup il y a plein de choses qui bougent dans ta famille aussi. Moi j'ai beaucoup de clientes qui revoient quand même pas mal de choses dans leur couple ou même leur famille.
- Speaker #1
Mais tu m'étonnes parce que le nombre de meufs qui font la cuisine pour tout le monde quand elle est son régime, comme moi j'ai vu ma mère faire ça, clairement elle a été très peu au régime dans sa vie, mais à un moment donné elle avait arrêté de fumer pour prendre l'exemple personnel, donc elle avait beaucoup grossi et c'est une personne qui est de petite taille. Et je sais que pendant longtemps, elle était au régime, mais elle se prenait la tête. C'est-à-dire qu'on était grands, on aurait pu faire notre bouffe tout seul. Franchement, moi, j'étais presque à l'âge adulte, j'étais en fin d'adolescence. Elle cuisinait pour eux. À l'époque, elle était mariée, non pas avec mon père, avec mon beau-père, mais elle faisait à manger pour lui d'une certaine façon. Moi, j'étais la chiese qui n'aimait jamais rien. Et elle se faisait son truc pour elle. Aujourd'hui, je me dis, mon Dieu, maman, comment tu as pu faire ça ? Ma mère... À chaque fois, la pauvre, elle prend cher pour son grade. Mais je l'adore, maman. Je sais que tu écoutes parfois ce podcast. Mais c'est quelqu'un qui reconnaît vachement et qui a su beaucoup faire des pas de côté et se mettre un peu en macro et se dire, ouais, c'est vrai, pourquoi j'ai fait ça ? j'aime beaucoup parce qu'à son âge elle va faire 72 ans et en fait elle déconstruit énormément de choses forcément avec sa fille qui baigne dans le féminisme et qui travaille si ma mère déconstruit pas et je trouve ça beau à son âge, dernièrement elle m'a dit c'est elle qui m'offre un bouquin féministe que j'avais demandé pour mon anniversaire elle me dit tu pourras me le prêter et j'ai trouvé ça, j'ai fait oh mais non énorme, je me suis dit carrément pour le coup je me dis mais carrément ouvre toi à ça et je me dis que le nombre de femmes pour venir à des clients qui doivent se prendre la tête à la maison et où comme tu dis qu'ils se repositionnent en fait parce que c'est peut-être quid de ton mec qui le nombre de gars on n'a rien à foutre leurs parents ce mais qu'ils veulent des nanas mince ou un oui à ça aussi autour moi j'en ai eu énormément En fait, ils sont aussi larges dans la famille. famille, amis et potes de connaître comme ça, tu te dis mais... Et moi souvent ça me fait ça, je sais pas si toi ça... Moi la pensée féministe m'a beaucoup fait ça, je me dis à quel point on nous a conditionnés à accepter des mecs mais...
- Speaker #0
Ah ouais,
- Speaker #1
genre médiocables ? Non mais même rien que physiquement en fait, tu vois des fois de dire en fait l'essentiel c'est que tu es un homme quoi. Et en fait quand tu déconstruis ça, moi des fois je repense à... des trucs de quand j'étais jeune. Tu te dis, mais en fait, pourquoi j'étais sortie avec ce mec ? Mais c'est juste pour dire que tu étais avec un mec.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Imagine-nous à quel point ce sont nos matrix. Et eux, le patriarcat, dans un autre sens, c'est à quel point la femme doit ressembler à ça, sinon ce n'est pas la bonne femme.
- Speaker #0
Ouais, moi j'ai déjà eu ce genre de... Des clientes, des compagnons, qui n'acceptent pas que tu pèses le poids que tu es censée peser. Par exemple, ça les dérange que tu grossisses. qui font des remarques ou des trucs ouais à la limite du chantage déguisé un petit peu en disant bah tiens c'est évolué trop enfin tu vois c'est horrible mais c'est la réalité malheureusement mais oui c'est tu vois c'est clair qu'il y a des choses qui mangent des côtés là mais
- Speaker #1
j'imagine que dans le sujet de l'alimentation ça doit être ça doit être trop fou quoi tout ce que tu dois avoir de transformation chez tes clientes ça doit être quelque chose trop beau merci Et j'aime beaucoup le fait qu'elle repose des limites. Et c'est tellement logique, en fait. Une fois que tu le dis, c'est logique que ça déplace les limites sur les choses et que tu vas pouvoir les donner à quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Alors, bon, c'est la question qui pique un peu parce que je sais que maintenant, je sais que tu es formée à ça. Mais l'alimentation intuitive, pour toi, c'est quoi ? Je sais que tu vas répondre certainement ça, mais c'est l'outil d'émancipation au nouveau marché du bien-être. Je ne sais pas depuis quand ça existe. Exactement.
- Speaker #0
L'alimentation intuitive, ça existe depuis 1995.
- Speaker #1
Ok, ouais, c'est récent, en fait. C'est récent. C'est hyper récent.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est hyper récent. Et c'est cool, c'est qu'il y a toujours de plus en plus d'études qui montrent les bienfaits sur la santé et tout ça. Donc, c'est top. Alors, du coup, pour répondre à ta question, forcément, je dirais que c'est un outil d'évidence. Je suis pas sûre, forcément. Après, je comprends la question. D'ailleurs, je crois que j'avais fait un épisode sur ça, sur mon podcast. Genre, est-ce que c'est une mode ? Est-ce que c'est une tendance ? Tu vois, voilà. Et... Et je pense qu'en fait, le problème, c'est que l'actualité des régimes, elle s'est un peu emparée de l'alimentation intuitive aussi. Tu vois, c'est ce qu'on dit souvent, tu vois, avec le capitalisme, on dit, ou même pas très rare cas, tu vois, c'est que ça divière bien ses oppositions, tu vois. Il y a un peu ce truc-là avec l'actualité des régimes et l'alimentation intuitive, c'est que l'alimentation intuitive est une opposition à l'actualité des régimes. L'actualité des régimes, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle reprend des éléments de langage de l'alimentation intuitive, mais ça reste des régimes derrière, tu vois. Typiquement, il y a beaucoup de... Maintenant, tu vas prendre des marques comme What's Watchers. Déjà, maintenant, ils ne s'appellent même plus comme ça. Tu vois, déjà, ils... Oui, oui, ça peut être WW. Je veux un peu en mode... Ah, oui. Voilà,
- Speaker #1
tu veux dire, c'est plus quoi ?
- Speaker #0
C'est le virage bien-être, santé, nanana. Donc déjà, voilà. Mais ils prennent aussi des fois des éléments de langage de l'alimentation intuitive en disant qu'ils vont, voilà, s'écouter, tout ça, alors que pas du tout, parce que ça reste encore des restrictions, tu vois.
- Speaker #1
Et tu peux encore peser, ouais.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu vois, ou même dire... « Ah bah voilà, mais maintenant, on ne fait plus de régime, mais bon, enfin, tu sais, c'est genre, on ne fait plus de régime, mais, trois petits points, tu vois, il y a toujours des trucs, ça reste toujours encore sur le poids, tout ça. » Enfin, en fait, tu dis « Bah non, c'est encore la culture des régimes. » Enfin, on est vraiment prises pour des quiches jusqu'au bout, même dans ça. Et oui, Evelyne Tribol, du coup, la fournitrice d'alimentation intuitive, donc je l'ai invitée sur mon podcast, et je lui avais posé cette question-là justement en disant « Bah, je trouve pas que la culture des régimes, elle reprend pas mal des éléments de langage et tout, et est-ce que c'est frustrant ? » Elle disait « Oui, mais en fait, c'est hyper frustrant parce qu'il y a beaucoup de gens, du coup, ils ont des idées reçues sur l'alimentation intuitive, comme si c'était un nouveau régime ou une nouvelle méthode pour perdre du poids, alors que pas du tout. Mais comme c'est repris comme ça, il va y avoir un magazine féminin qui a fait un article sur l'alimentation intuitive en parlant comme ça, la nouvelle méthode pour maigrir. » Non, non, c'est pas pour ça l'alimentation intuitive, c'est l'inverse en fait.
- Speaker #1
C'est pour te foutre la paix, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Mais en fait, ils cooptent le langage, donc c'est compliqué. Donc après, du coup, ça devient un marché, mais un marché, tu vois, c'est un détournement en fait du truc premier, quoi. Alors qu'en vrai, quand t'es vraiment formée alimentation intuitive, d'ailleurs, faut le dire aussi que les fondatrices, quand tu, admettons, je sais pas, demain, je dis que je fais alimentation intuitive et je perds du poids, etc., bah, elles te virent en fait, elles t'enlèvent de la liste des gens, tu vois, c'est genre, bah non. t'as plus le droit d'utiliser l'alimentation nutritive si t'es liée à la... Ouais, parce que bah non en fait c'est pas ça tu vois, et...
- Speaker #1
J'adore la déontologie comme ça et l'éthique J'adore !
- Speaker #0
Bah ouais ouais, mais c'est sérieux il y a pas...
- Speaker #1
Les meubles là ! C'est fou parce que tu vois c'est...
- Speaker #0
Malheureusement quoi, et voilà c'est encore une nouvelle manière de... d'avoir des gens, tu vois, pareil, même, en plus, elle le disait aussi, le Vendree Ball, c'est que l'acteur des régimes aussi reprend le langage militant contre la grossophobie, tu vois, en disant, ah bah non, être gros, c'est vrai, ok, mais tu vois, ils vont beaucoup stigmatiser l'obésité, puis ils vont dire, non, non, mais non, on n'est pas contre les gros, c'est juste quand t'es malade, entre guillemets, que t'es obèse, enfin, alors que, tu vois, ils vont toujours trouver un moyen de reprendre un peu... C'est le même langage, mais avec des déguisements. Donc, ce n'est pas cool.
- Speaker #1
Ça me fait faire le parallèle au boulot. En gros, c'est comme on fait des ateliers bien-être pour ne pas regarder le fait que ta boîte est en train de couler et que tes salariés sont burn-out. Mais comme dans ta RSE, tu as fait trois ateliers bien-être, tu penses que tu as sauvé le truc de ta boîte. C'est l'arbre qui cache la forêt. C'est vrai que ça c'est chiant qu'ils reprennent une culture de langage pour les ramener à leur culture en eux. En fait, ce qui est dingue, c'est le capitalisme qui est comme ça. On est toutes les deux convaincues, c'est-à-dire qu'au lieu d'aller à la source du problème, qui est la boule de merde de l'industrialisation, le fait que nous, actuellement, notre pays, même si on reste un pays riche, il y a beaucoup de gens qui crèvent de faim alors qu'ils bossent et qui ont parfois deux, trois jobs. et que donc forcément ils vont aller là où c'est moins cher. Qu'est-ce qui reste le moins cher et le plus accessible encore ? C'est la bouffe industrialisée, en fait c'est le serpent qui se met en la queue. Et après comme tu tombes malade parce que les cancers, les TCA, ou que tu n'es pas bien mentalement parce que de ne pas bouffer la bonne alimentation, parce que tu n'as pas les moyens de bouffer peut-être mieux, c'est un continuum de violence en fait. Et au lieu d'aller... à la source, parce que comme ça rapporte du fric, désolé, vous êtes sur un podcast militant, vous le savez, on enfonce le clou.
- Speaker #0
Il y a que maintenant qu'il se réveille.
- Speaker #1
Il y a quand même plus de 60 épisodes, là, les gars, je pense qu'il ne se réveille pas maintenant. C'était une façon humoristique de reposer le cadre. Mais ouais, en fait, moi, c'est ça qui me rend dingue, c'est de dire, en vrai, si nos sociétés, on le sait pourquoi, c'est pour garder du pouvoir, c'est pour ça que je trouve que ton sujet, il est vachement important. à quel point tout ça, ça nous retire du pouvoir personnel et on donne encore et encore au capitalisme et au patriarcat. C'est un truc de fou. Pour toi, est-ce que sortir de la culture des régimes, peu importe le genre, mais bon, je pense quand même aux meufs, est-ce que ça peut créer des tensions dans l'entourage, voire au travail, mais surtout l'entourage ?
- Speaker #0
Oui, mais tu vois, même dans la famille, tu vois, du coup... Quand je disais poser ses limites, c'est aussi de dire, par exemple, à sa famille, je veux plus que tu commentes mon corps ou mon alimentation. Ouais. Tu vois, combien de fois... Moi, je sais combien de clientes me disent ça. Elles vont dans leur famille, elles prennent des remarques sur leur corps. Ouais, t'es maigrie, t'as grossi, t'as... Donc, du coup, des fois, quand tu te dis, ben non, mais moi, je veux plus qu'on me commente mon corps, je suis pas un objet à commenter, ça, déjà, ça peut créer des frictions, tu vois. Ou même si, d'un coup... En plus, c'est vrai que quand tu sors de l'acteur des régimes... C'est un peu comme... C'est aussi un engagement féminisme, mine de rien, parce qu'il y a aussi ce truc-là de tu vas être en décalage beaucoup avec les gens autour de toi.
- Speaker #1
Oh yes ! On le sait ! Dès que tu s'engages dans un... De toute façon, dès que tu mets d'autres lunettes, tu te dis mais comment j'ai fait pour vivre dans un monde avec des œillères comme ça ?
- Speaker #0
Voilà, quand t'as la lunette culture des régimes, tu la vois partout, et tu vois à quel point les gens sont matrixés par ça. Quand je dis ça, c'est sans jugement, parce que la société, elle est comme ça. Mais du coup, toi, c'est vrai qu'il y a des choses que tu as peut-être... pas... Enfin, tu vois, il y a des pratiques un peu de date culture que tu vas peut-être plus faire, ou même un langage que tu vas plus avoir. Donc, du coup, tu peux être en décalage. Typiquement, au travail, je sais pas, les gens, ils vont manger des viennoiseries, et je sais pas, quelqu'un t'en propose, et toi, tu te dis, bah non, j'ai pas très faim, tu vois. La personne, elle te dit, ah mais attends... La personne, en fait, elle a l'air en chair.
- Speaker #1
Ouais. Ouais, c'est genre, mais non, ouais. Mais pas besoin d'avoir faim pour en manger, quoi. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça, parce qu'elle est toute au régime, et tu te dis, ben non, je peux au régime. Ouais. Ah ouais, bien sûr, enfin tu vois, y a ce truc-là un peu, genre, pour qui tu te prends, quoi, tu vois. Ou même, je sais pas, toi, tu vas peut-être avoir un message un peu subversif, parce que quelqu'un va être au régime, toi, tu vas peut-être un peu faire de la prévention, et puis du coup, la personne, elle va pas être contente. Enfin, tu vois, il y a un peu ce truc-là, toi, t'es dans une autre matrice, vraiment, littéralement, et du coup, bah, en fait, ouais, les gens, il y a des gens, alors, il y a des gens pour qui ils vont être, je pense, un peu intéressés par tout ça, et du coup, si t'es dedans, peut-être que tu appriches un peu la bonne parole, et ils vont être assez intéressés par ça, pardon. s'intéresser par ça. Par contre, il y a des gens, peut-être, pour qui ça va être... Tu vois, tu leur projettes quand même leur propre rapport à l'alimentation, leur propre rapport au corps, tu vois. Ils vont pas forcément aimer, quoi. Donc, il faut s'attendre aussi à ça, quoi. Tu vois, ou même... Il y a des choses que tu vas plus tolérer d'entendre aussi, tu vois. Des remarques grossophobes. Tu vas t'élever contre ça, tu vas dire, bah non, c'est pas ok. Et puis, en fait, les gens vont dire, un peu plus rigolé, si... Enfin, c'est des trucs... Voilà, genre, cause de l'ambiance, quoi. C'est pareil !
- Speaker #1
Tu vois, c'est bien, ça me fait du bien. Après, on avait l'étiquette féministe toutes les deux, donc ça ne m'étonnait pas. On baignait déjà dans cette culture-là de t'es la moins... t'es devenue beaucoup moins drôle depuis que t'es devenue fétiche. On a toujours entendu. En fait, en plus, c'est même pas depuis qu'on est devenues, c'est à partir du moment, les meufs, où vous vous affirmez que vous devenez moins drôle auprès de ceux et celles, parce que ça peut arriver aussi avec même des copines, ou votre sœur, ou votre mère, votre tante, peu importe, quelqu'un dans la famille aussi. parce que vous êtes moins contrôlable et c'est ce que chacune dans nos métiers au final on fait et moi c'est pour ça que j'adore la pensée féministe et je trouve que c'est hyper intelligent que tu les amener là dedans aussi parce que au 2 on aurait pu très bien dire mais je fais l'alimentation intuitive point et j'explique les bienfaits mais là le fait que tu la relis c'est un problème systémique et que le fait que tu vas mettre en lumière je trouve ça vraiment brillant et je pense que les hommes et les femmes ont vraiment tout intérêt tout comme moi je le fais mais dans À mon niveau, c'est sur qu'est-ce qui se passe au travail vraiment. Et je trouve qu'au plus, on sera nombreux et nombreuses à éclairer sur ces sujets avec cet espoir fou de réveiller des consciences collectives. En tout cas, moi, c'est pour ça que je le fais aussi. En plus, il y aura des gens qui seront au fait des règles du jeu implicite du patriarcat et du capitalisme. Au mieux, c'est des gens qui peuvent s'élever et faire quelque chose collectivement de peut-être plus puissant que ce qu'on vit à l'heure actuelle. c'est étonnant on est deux du coup pour rester dans cette image collective si on arrêtait collectivement de discipliner nos corps qu'est-ce que ça changerait politiquement parce qu'à le fond on est un peu là si on voit les
- Speaker #0
choses bah oui moi je dirais déjà tu reprends le pouvoir un peu ton pouvoir personnel un peu même sur ton corps tout ça enfin tu... Ouais je dirais que... En fait ouais il y a plein de choses en soi mais... Ouais déjà donc d'un point de vue personnel je trouve que voilà il y a ce côté là. Après d'un point de vue collectif je dirais c'est que bah en fait si tu travailles ton rapport alimentation, que tu penses plus au temps, que c'est plus des sujets, tout ça, déjà tu gagnes en espace mental, tu gagnes en énergie, tu gagnes en... Il y a des choses où tu postes tes limites etc. Et donc même collectivement ça peut être aussi... Enfin comme je disais tout à l'heure avec les projets... même de s'engager sans forcément être militant, mais s'engager dans des projets, s'engager dans des initiatives, avoir des initiatives. Moi, je trouve déjà rien que ça. C'est beaucoup.
- Speaker #1
C'est énorme. Nous, on dit ça. C'était fun fact, je me suis engagée. Oui, c'est ça. Ça va vous prendre l'espace mental et du temps aussi. On en a conscience.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Oui, oui. Puis tu vois, c'est vraiment... En fait, quand tu... comprends l'agenda patriarcal derrière l'action des régimes, en fait, le côté de sous-nourrir, le côté de penser qu'à ça tout le temps, après tu comprends que si tu te libères de tout ça, bah en fait tu joues plus leur jeu, et du coup t'as cette énergie à revendre, tu reprends ce pouvoir, tu peux plus poser tes limites, je sais pas ce qu'on a dit, et tu vois, par rapport même à ton sujet, je sais que attends, c'était quoi déjà ? Oui, c'est que, en fait, j'ai pas lu tout le bouquin, mais il y a un livre de Trissière RC, je sais pas si tu connais, c'est Rest is Resistance. Et en gros, elle parle du repos comme acte de résistance. Et elle parle du fait du burn-out, etc. Puis elle dit, si notre société capitaliste, elle pousse aussi au burn-out, mine de rien, et elle s'en tape, c'est aussi parce que quelqu'un qui est en burn-out, ou quelqu'un qui est surchargé émotionnellement, cognitivement, que ce soit son travail ou même autre. C'est vrai qu'on a une société, même la surcharge dans les réseaux, la surcharge cognitive, que ça... ça apporte, etc.
- Speaker #1
Les réseaux sociaux,
- Speaker #0
tu voulais dire. Oui, les réseaux sociaux, oui. Oui, les réseaux sociaux, tu as cette surcharge-là, etc. mine de rien, tout ça, ça nous rend tellement... En fait, il n'y a pas une seule info qui va rentrer. C'est comme si tu ne peux plus, le vase est plein. Ça, c'est typiquement quand on est dans un burnout ou dans une situation comme ça, un peu compliquée par rapport à tout ça. En fait, c'est aussi comme si on a privé des moyens d'imaginer d'autres possibles, de créer d'autres... Du coup, ça empêche de créer des alternatives au capitalisme et autres. Le système, tu vois. Tu es tellement dedans. Tu ne peux plus. Et c'est là où je trouve que si on fait le parallèle avec le rapport alimentation, si ce n'est plus des sujets pour toi et que tu gagnes en énergie et en charge mentale, tu peux arriver aussi à enfin peut-être participer à ces nouveaux imaginaires.
- Speaker #1
Je suis trop d'accord. Ça me fait penser déjà à l'actualité actuelle, c'est-à-dire que même si tu n'allumes pas ta télé, moi je le vois parce que j'ai eu mes réseaux sociaux très tard. À part LinkedIn que j'avais à l'époque pour mes employeurs, mais je ne postais pas, je ne faisais rien, c'était juste vraiment des contacts que j'avais dans le réel et que je rapatriais dans le virtuel. Mais par exemple, moi j'ai débarqué sur Instagram en décembre 2019 au moment où j'ai été certifiée en tant que sophrologue. à l'époque et je connaissais rien je savais pas comment ça marchait, j'avais pas eu de Facebook jeune, j'avais eu un compte mais j'y allais jamais, ça ne m'intéressait pas mes potes je disais oui mais on te voit jamais j'ai pas le time quand j'avais 20 ans mais j'en avais vraiment rien à foutre des réseaux c'était pas mon truc donc j'y suis arrivée vachement tard en fait j'avais 35 ans donc c'était quand même tard c'est un ovni, la meuf elle débarque elle a 35 ans, elle a jamais eu de réseau et en fait je vois l'addiction que ça a créé Tu vois, le fait de... J'ai eu plusieurs comptes, là, typiquement, c'est mon troisième compte. Mais du coup, tu y vas, tu veux tester, tu veux avoir ce shoot d'adrénaline, de dopamine, tu veux avoir des likes, tu essaies quand même de faire des choses, mais tu reçois aussi ce que tu disais, énormément d'informations. Donc, ça te sature le cerveau. Moi, qui suis vachement sensible quand même aux sons, aux lumières, donc, tu arrives, en début d'après-midi, tu es là, donc tu peux moins bien travailler, même quand tu es un D. Ça te fait une forme de, je trouve, en tout cas pour moi, dans mon expérience, de léthargie. C'est un truc de ouf. Et après, moi, je les ai repris il n'y a vraiment pas longtemps, mes réseaux sociaux, en recréant un compte et en me disant « de toute façon, je verrai » . Et je trouve que l'actualité mondiale politique actuelle crée vachement ça. Je pense surtout aux États-Unis, le fait que Trump change tout le temps d'attaque. Du coup, les médias, par exemple, ne savent plus quoi couvrir. Donc toi, tu reçois, mais putain, les femmes, elles ont perdu le droit de vote. Il a viré les migrants. Maintenant, c'est les LGBT. Il est en train de faire ci, il est en train de faire ça. Il a dit, c'est, oh putain, notre, il a fait un salut nazi. Oh putain, il se passe ça. Donc déjà, tu t'occupes moins de la politique de ton pays parce que tu es absorbée par les États-Unis pour ça. Mais regarde ce qui se passe dans ton pays. Et tu le vois quand... Moi je vais en manif aussi et tu le vois qu'il y en a de moins en moins. Je peux comparer clairement les manifs qui sont le même type de manif, c'est-à-dire les manifs nous toutes, LGBT ou contre la guerre, pour la paix. En grosso modo, c'est les seuls manifs dans lesquels je vais. J'avais l'impression, en tout cas du haut de mes 20 ans, qu'on était vachement nombreux et nombreuses. Même sujet 20 ans après. Après, il y a eu pas mal d'années, parce que j'ai fait mes enfants, ma carrière, je n'y allais plus, je ne méditais plus. Donc, je peux comprendre que d'autres de la même âge que moi ont peut-être fait pareil. Et aujourd'hui, quand je l'y vais, je vois des jeunes et je me dis, mais ils sont où les gens de mon âge qui militaient il y a 20 ans ?
- Speaker #0
Je les vois plus en manif. Typiquement, le 8 mars, c'est pas une manif. Il va pas se passer quelque chose de grave. Tu peux y aller avec tes gosses, s'ils sont un peu grands, qu'ils savent marcher. Il va rien se passer de dramatique. C'est tellement encadré. Peut-être pas des trucs pour... Contre la guerre, des choses comme ça. Je peux comprendre, parce que c'est là où il y a plus de débordement. Mais des grosses manifs encadrées comme ça. Je me dis, en fait, je crois que la télé de merde, la télé poubelle et les réseaux sociaux... Ça me fait, moi, et peut-être que je me trompe, me dire qu'ils ont gagné du terrain, en fait. Ils nous ont écarté des enjeux sociaux et sociétaux, et du coup, on s'en préoccupe moins, en fait. Là, derrière nos écrans, et... Je sais pas. Ouais, en fait,
- Speaker #1
je sais pas. Non, non, je comprends ce que tu veux dire. En vrai, il y a aussi une nouvelle forme de militantisme sur les réseaux, tu vois, et maintenant, il y a plein de gens qui sont... qui viennent plus militants grâce à ça aussi. Donc, tu vois, mais... Et oui, mais après, moi, je pense que c'est vraiment voulu. Même Trump, c'était une volonté aussi, tu vois, de faire en sorte que les gens soient sidérés à chaque fois. Après, on devient blasé. C'est un peu comme les Epstein-Files, des trucs comme ça, tu vois. On te refout tout là dans la tronche, puis après, vas-y, démène-toi avec ça. Et puis, après, limite, tu deviens blasé de lire ça, et en même temps, ça te révole. Enfin, c'est très bizarre.
- Speaker #0
C'est exhaustif, je crois.
- Speaker #1
Ouais, tu vois. Ouais, c'est ça. Après, ça s'est daté. je le trouve et oui je pense que c'est vachement lié ce côté on prend des robots qui contrôlent et puis limite on peut te dire c'est un peu le lavage de cerveau mais tu vois c'est bien c'est normal c'est la société d'aujourd'hui je trouve que ça a cet effet là effectivement j'ai
- Speaker #0
une dernière question pour toi quelle phrase sur le corps des femmes devrait disparaître et laquelle devrait être entendue partout
- Speaker #1
Oui. Oui. moi il y a une expression j'en ai même fait un épisode de podcast avant qu'elle me soule cette expression c'est elle se laisse aller oh putain ouais d'accord tu vois même nous on me laisse aller quand tu vois une femme elle se laisse aller enfin moi ça me révole cette phrase que je trouve qu'elle est horrible je suis en train d'en faire un épisode je voulais le pourquoi du comment c'est une phrase qui est assez Merci. Moi qui m'énerve un peu plus, pas mal.
- Speaker #0
Donc cette phrase pour toi devait disparaître.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Pourquoi elle devrait disparaître ?
- Speaker #1
Bah, en fait, tu vois, ce que j'aime pas avec le décès allé, déjà, il y a beaucoup de jugement, et ça correspond beaucoup à la logique de surveillance des femmes, tu vois, aussi. Parce qu'en fait, on dit même qu'on voit une femme, en fait, entre femmes, tu vois. On dirait, ah, ma chien, t'as vu, elle est allée, tu vois. Et en fait, toi, c'est... Il y a un peu ce truc comme si ton corps au naturel n'était pas bon. Et du coup, il faut que tu fasses des efforts, de faire attention. Et puis, si tu faillis à ce devoir-là, tu es sanctionné par la société et les gens. C'est aussi ça que je n'aime pas. Il y a beaucoup de symbolique derrière ce truc-là. Ça peut paraître anodin, mais en vrai, non. Ça, il faut éduquer.
- Speaker #0
On éduque plus cette phrase. Et là, ça devrait être entendu partout.
- Speaker #1
Moi, il y a un mantra que j'aime bien, je trouve, en plus, qui se retient facilement. C'est « Ton corps est un instrument, pas un ornement » .
- Speaker #0
Très beau. Je ne connaissais pas.
- Speaker #1
Je trouve que c'est un mantra de rapport au corps qui est pas mal de se redire ça. Parce qu'au final, notre corps, c'est ça, c'est un vaisseau. Il est dans notre équipe. Il est toujours dans notre équipe. Il l'est toujours. Et qu'en fait, on nous a appris aussi à le voir comme... Tu vois, comme un ornement, quelque chose qui doit... plaire aux gens, qui doit plaire à la société alors que non, en fait, un corps n'est pas fait pour plaire, en fait, à qui que ce soit. C'est un corps.
- Speaker #0
Un véhicule terrestre.
- Speaker #1
C'est un moyen d'intermédiation avec le monde. Moi, je dis ça aussi, tu vois. C'est notre moyen d'intermédiation, tu vois. Après, c'est tout. Mais c'est tout ce qu'on a mis derrière, en fait, qu'à déconstruire et à revoir. Mais en soi, voilà. Après, il y a beaucoup de choses.
- Speaker #0
C'est bien. Ça clôt sur bien notre épisode. Où est-ce qu'on peut te retrouver, Juliette ?
- Speaker #1
Ben pas mal sur Instagram quand même, TheLasquiche. Voilà c'est historique mon compte. Et après bien sûr j'ai un site internet, TheLasquiche.fr. Vous pouvez retrouver, donc il y a mon blog, j'ai ma newsletter aussi, j'ai une newsletter féministe Le Boudoir. J'ai un podcast, Reset ton assiette bien sûr. Donc t'as à écouter sur toutes les plateformes. Sur Youtube maintenant, je fais des épisodes filmés maintenant donc voilà, des petites nouveautés. Et puis après, ouais non c'est déjà pas mal je pense.
- Speaker #0
Ouais, c'est déjà pas mal. Est-ce que s'il y a un lien que tu préfères que je mette, ce sera lequel ?
- Speaker #1
Ah, je pense mon site skish.fr, il y a tout.
- Speaker #0
Allez, ça marche, comme ça c'est plus simple. Ouais. Trop bien. Merci beaucoup Juliette, j'étais ravie de te recevoir.
- Speaker #1
Merci beaucoup Delphine, c'était cool. Merci.
- Speaker #0
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.