- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici,
- Speaker #1
on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et... De ce que tu oses pas dire tout haut.
- Speaker #0
Bienvenue Amélie dans Émancipation Féminine, je suis ravie de te recevoir. Est-ce que tu peux, s'il te plaît, idéalement te présenter, nous dire qui tu es, sans nous dire ce que tu fais ?
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Amélie, j'ai plus de 40 ans, j'ai 3 enfants, 2 ados et... Un dernier de 5 ans, je suis dans le sud de la Drôme et je passe mon temps à gérer mes deux entreprises.
- Speaker #0
Oh bien, bravo ! Et en dehors de tes entreprises et de tes enfants, qui es-tu, Amélie ? Je t'embête !
- Speaker #1
C'est une très bonne question qu'on a parfois tendance à oublier quand on est maman, justement. J'aime tout ce qui est créatif, loisirs créatifs, j'adore coudre, quand j'ai besoin d'un truc j'aime me le faire.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
J'aime bidouiller, tout ce qui est technique aussi, c'est des choses qui me plaisent beaucoup.
- Speaker #0
Trop bien, une créative, une débrouillarde. Trop chouette. C'est quoi pour toi travailler et comment ça a évolué dans ta vie ?
- Speaker #1
Alors je fais des ateliers de langue des signes pour les bébés et du coup, travailler en langue des signes, c'est comme ça. C'est les deux points, l'un sur l'autre. Et ça a cette notion un peu de dureté qui me parlait jusqu'à là, jusqu'à il n'y a pas très longtemps, où pour moi c'était quelque chose qui devait être fait dans l'effort de dur. Et aujourd'hui je suis un peu en train de pivoter. et parce que c'est vrai que c'est compliqué de définir ce travail parce que des fois je me dis ben j'ai pas l'impression de travailler parce qu'aujourd'hui je fais des choses qui me plaisent c'est quand même quelque chose qui rémunère qui
- Speaker #0
rapporte de l'argent donc du coup peut-être travailler ce serait ça le fait que ça rapporte du fric j'adore du coup que fais-tu dans la vie Amélie pour qu'on comprenne qu'on est affilée. Qu'est-ce qu'elle veut dire, la madame ? Très mystérieuse.
- Speaker #1
Alors, j'ai une activité où je suis gestionnaire d'une micro-crèche qui a ouvert en septembre dernier que j'ai construite de zéro. Une construction de bâtiment à recruter les équipes, à monter les projets, etc. Et j'ai une micro-entreprise où je fais de la formation professionnelle pour les accompagnantes en périnatalité. Donc ça, depuis déjà plusieurs années. Et je suis aussi accompagnante périnate pour aider les familles et les soutenir dans leur rôle de parent.
- Speaker #0
Trop bien. Trop important d'avoir des amis de vie dans sa vie. Vraiment, c'est trop bien. Comment ? Comment tu as eu l'idée, ça m'intrigue avant de repartir peut-être dans ton passé, d'avant, comment tu as eu l'idée, l'énergie pour construire, d'où c'était venu de construire une micro-crèche ? Parce que c'est pas genre, tu as vu un local qui était vide, quoi, tu vois là tu me dis, j'ai construit de zéro, et le projet, et le bâtiment, c'est pour avoir travaillé dans l'immobilier, je sais que les chantiers c'est lourd, quoi, c'est déjà un projet en soi, là ça fait comme un deux en un. Pour moi, quand tu me dis des choses comme ça, je me dis, OK, il y a eu la gestion physique et il y a eu la gestion de mettre des gens dans ce lieu physique. C'est un double voire triple travail.
- Speaker #1
Ouais, alors pour le côté bâti, je crois que je suis une bâtisseuse dans l'âme. J'ai construit, on a fait de l'autoconstruction sur notre première maison avec le père de mes enfants. Après, on s'est séparés. Du coup, je me suis retrouvée maman solo et j'ai rebâti une maison toute seule. Pas toute seule, c'est pas moi qui fais la maçonnerie. Je me suis relancée dans un projet de construction en étant maman solo. Donc finalement, repartir dans un projet de construction, ça me faisait moins peur déjà. Et après, la thématique de la micro-crèche, parce que j'accompagnais déjà les familles avant et j'avais envie d'aller plus loin dans mon accompagnement que simplement les aider sur des ateliers ponctuels. J'avais vraiment envie d'ouvrir un lieu dédié aux enfants et aux familles dans la globalité. Et donc, du coup, le projet de la micro-crèche est ressorti comme ça. C'est un projet qui date de 2020 dans ma tête. Quand tu as fait le maturel. Un salarié. Et donc, du coup, j'en ai un peu chié avant d'arriver à Bourg-Gerlacrèche. On a eu pas mal de projets qui ont capoté, des déceptions. Il fallait repartir à chaque fois. Et du coup, on a trouvé un terrain. Et j'ai dessiné les plans. Je me suis occupée du permis de construire. Cette partie technique que j'aimais faire et que j'avais déjà fait. Donc, je partais pas de zéro non plus.
- Speaker #0
Trop bien. Quand tu disais que tu étais salariée, tu étais salariée dans une crèche ou dans une micro-crèche ?
- Speaker #1
Alors, pas du tout.
- Speaker #0
Pas du tout, d'accord. Voilà, c'est pour ça que je me suis dit, mais j'avais raté cette étape de amie.
- Speaker #1
Pas du tout de diplôme dans la petite enfance. Moi, je suis vraiment d'un milieu technique. J'ai fait un DUT mesures physiques. On était 10 filles sur une promo de sang. J'ai bossé dans le nucléaire où il n'y avait que des mecs. Le job d'avant. J'avais même pas de vestiaire pour me changer. Je me changeais du milieu des garçons. Donc j'ai toujours été dans un environnement plutôt masculin avant de me reconvertir du coup dans la petite enfance où je bosse qu'avec des filles.
- Speaker #0
Des femmes ! C'est incroyable ce switch. Comment t'en es venue de passer de ce milieu masculin ? T'étais déjà maman quand t'as voulu te reconvertir ?
- Speaker #1
Le déclic s'est fait à la naissance de mon premier qui a 15 ans cette année. Je suis tombée dans le maternage à ce moment-là. Je me suis formée, je suis devenue monitrice de portage et du coup, c'est parti de là. Après, j'avais toujours ce désir et cette envie de transmettre et de former. Quand j'étais petite, je voulais être maîtresse.
- Speaker #0
J'adore, j'explique cela.
- Speaker #1
Donc du coup, finalement, j'ai gardé un peu ce côté formation et transmettre. Mais après, je suis partie sur ce domaine-là, de la parentalité, de la petite enfance.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un moment dans ta vie pro, dans celle d'avant, je veux dire, avant que tu fasses le maternage, tout ça ? Ok, j'entends que, et on le sait, la maternité, ça nous chamboule dans notre identité de femme. Je ne sais pas si les hommes, j'ai pas l'impression, en tout cas pour en parler avec mon mari et le papa de mon pro, j'ai pas eu l'impression qu'ils ont vécu des chamboulements comme nous. Donc en dehors quand même de ça, est-ce qu'il y a eu dans ta vie pro à un moment donné quelque chose qui clochait ? Ça peut être un inconfort, un malaise ou c'était quand même une forme de violence pour moi quand tu me dis. En fait, je n'avais pas de vestiaire, je me disais mais what the fuck ? Aucun moment, même s'il n'y avait qu'une seule nana dans l'équipe, c'est-à-dire qu'elle n'a... pas de vestiaire à elle, c'est quand même étrange, tu vois. Qu'est-ce qui a fait que... Est-ce qu'il y a eu une expérience comme ça ?
- Speaker #1
Après mon bac, du coup, je suis partie dans des études où il y avait déjà pas beaucoup de gonzesses. Donc, il fallait déjà faire un peu sa place au milieu des mecs et un peu s'affirmer. Alors, souvent, même... Je me qualifie un peu de garçon manqué parce que j'ai du répondant et je ne suis pas trop dans la douteur. Donc, j'ai un peu été étiquetée. Et donc, du coup, finalement, de se retrouver dans un environnement masculin, je me suis dit, en fait, c'est peut-être mon truc. Je suis un bonhomme.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
En fait, je pense que j'ai eu toutes ces croyances-là qui se sont mises là. Et du coup, après, c'est pas mal quand j'ai trouvé ce job où il n'y avait que des mecs. En fait, j'avais un job qui me plaisait carrément parce que, après, je rentrais, je sentais l'huile. Je faisais des essais sur une plateforme d'essais, donc avec des vérins hydrauliques, des réglages avec la clé. Tu vois, vraiment, le bleu de travail, les chaussures de sécu, le vrai truc. Et après, je me changeais dans la douche. J'étais la première à y aller. C'était aussi cool de se dire, je suis la seule fille. C'était aussi un peu de fierté. De se dire, je suis la gonzesse de l'équipe. Ça donne quand même une place privilégiée.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Sans dire que je me suis fait bichonner par les garçons. Pas du tout. Quand il faut que tu serres la clé là et que t'as pas assez de force avec tes bras, bah en fait le gars il a pas envie de venir t'aider toutes les fois donc en fait il m'avait filé un tube pour que je me fasse une rallonge et tu sais avec les... J'arrivais à serrer parce que j'avais les outils pour me démerder toute seule et puis j'avais pas envie d'être à leur demander des trucs quoi. Mais ça te donne quand même cette petite place de plus et... Et après, ça a lancé le truc. Il y a une autre fille qui est arrivée. Et puis, on nous a fait investir jusqu'à quand j'ai démissionné. J'ai quitté la région où j'étais pour le boulot de mon mec. Et après, j'ai retrouvé un autre boulot sur la centrale nucléaire à Tricastin. Où, dans une branche de technique, forcément, il y a beaucoup plus de mecs. Là, j'étais en prestat. Donc, c'était beaucoup moins confortable d'être une gonzesse en prestation de service.
- Speaker #0
Oui, tu n'étais pas salariée.
- Speaker #1
Du coup, j'étais la gonzesse au service des mecs. J'ai vraiment ressenti ça. J'ai un client, je lui donnais un compte rendu d'inter, il tapotait sur ses genoux comme ça, et il vient me montrer le rapport.
- Speaker #0
La violence sexiste et l'agression.
- Speaker #1
Il y avait déjà cette barrière de « t'es prestataire de service, donc tu bosses pour moi » . Et en plus... t'es une gonzesse, donc tu bosses encore plus pour moi. Des fois, c'était un peu flippant. Quand le mec dit « Ferme la porte, on va regarder ça. »
- Speaker #0
C'est carrément... À la limite, je ne vais pas dire de l'agression sexuelle parce que s'il ne s'est rien passé, mais psychiquement, ça s'apparente quand même. Il peut y avoir la peur et l'appréhension, comme tu dis, c'est clair qu'elle y est.
- Speaker #1
C'est pas tranquille, quoi. Ouais, donc du coup, j'ai passé quand même quelques années dans cet environnement-là, pas très cool, pas très valorisant. Et du coup, je me suis barrée, quoi. À un moment, il fallait que je fasse autre chose de ma vie que d'être au service.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. Tu as quand même un peu répondu, mais si on peut aller en profondeur sur ça, genre avec la clé et tout, j'imagine bien la scène que tu as trouvé. trouver des éléments d'adaptation, tu vois. Mais si tu as d'autres exemples dans ce parcours-là hyper masculin, comment tu t'es adaptée, voire suradaptée pour correspondre, même si tu avais cette place, je l'entends très bien, de nana privilégiée, mais là tu étais quand même dans un boulot technique, physique. Et qu'est-ce que ça t'a coûté à toi, en réalité, tu vois, en charge mentale, en fatigue, peut-être, je sais pas, en... une perte d'identité, ça peut être plein de choses sur ce que ça t'a coûté. Ça peut être de l'estime de soi, des relations, ça peut être plein de choses.
- Speaker #1
Je pense que ça a mis ma part de féminité encore plus de côté, parce que tu ne peux pas aller au boulot en tenue un peu plus sympa, parce que tu as tenue de boulot. C'était pas au boulot, mais quand on a fait notre première maison, l'oncle de mon mari, il est électricien, il nous a aidés sur l'électricité. Et il m'a dit, non mais tu vas... Faut pas que tu nous aides, tu vas te casser un ongle. Il y a un moment, il m'a sorti une phrase comme ça, mais il m'a pris pour qui, lui ? Tu vois, et presque, c'était vexant de me dire... En fait, je suis capable de le faire, c'est pas parce que je suis une fille que je peux pas aller tirer des câbles électriques. Voilà, tu vois. Mais effectivement, cette balance entre être dans un environnement masculin et arriver à trouver ta part de féminité au milieu, c'était un peu compliqué.
- Speaker #0
J'aime beaucoup l'histoire de l'oncle, le stéréotype de genre qui est complètement sexiste et lunaire. On a tous un oncle comme ça dans notre famille ou celle de notre conjoint. Des fois, ça peut être notre père, notre frère, si on en a aussi, qui réagissent comme ça. C'est un truc de nénette, de gonzesse. Comme on dit souvent, tu vois. Mais ouais, j'imagine bien. Et côté adaptation au boulot, dans les vestiaires, j'imagine, se contorsionner quand même dans une douche, pouvoir se changer, c'est quand même pas très pratique. Est-ce qu'au-delà de ta féminité, ça m'intéresse de me dire, mais mentalement, c'était confort parce que peut-être que tu as eu, voilà, par tes études, tout ça, l'habitude d'être plus au contact. des garçons, des hommes, mais moi, pour avoir été dans un milieu hyper masculin, je me suis rendue compte, mais vachement plus tard, quand j'en suis sortie, de me dire... Des fois, j'ai rigolé à des blagues de potes, mais même qui étaient sur moi. Je me disais que c'était grave sexy, grave discriminant. C'est vrai que quand on est dans le milieu, on a besoin d'être approuvé par ces hommes-là parce qu'on marche un peu sur leur plate-bande. Eux, c'est l'impression qu'ils en ont. Il faut jouer encore plus des coudes pour se faire une place. Moi, je sais qu'il y a eu des fois, mais vraiment longtemps après, je me disais que c'était violent et je ne l'avais pas vu. et des fois il se passe des années comme ça comment j'ai dû me contorsionner pour rester là et pour pouvoir être acceptée en fait ouais t'en es à faire des blagues lourdes de mecs pour qu'ils rigolent de tes blagues et être intégrés au groupe après
- Speaker #1
effectivement quand je sortais de ma douche les mecs ils étaient partout en slip et tu vois en train de se changer Merci. j'attendais pas que tout le monde soit changé pour me changer, j'y allais, je rentrais, je me changeais, je partais. Donc effectivement, il n'y avait pas du tout de barrière d'intimité entre... Je pense que ça ne les dérangeait pas non plus en soi, mais... Ouais, tu te rends compte, tu fais des trucs, en fait, quand tu y réfléchis, c'est hallucinant, quoi.
- Speaker #0
Ouais, c'est lunaire,
- Speaker #1
quand même. Et après, ouais, c'est toi qui fais des blagues, c'est toi... On dirait que t'as l'esprit mal tourné.
- Speaker #0
Dans un temps de fréquentation de mecs, il y a des restes. La misogynie, il y a des temps. De base, même si on reste avec des mecs, on est à toutes et tous. Même les femmes, on a du patriarcat intégré, internalisé. On a du sexisme à l'intérieur de nous. Tout ça, c'est intériorisé. On l'a tous. Après, on a plus ou moins conscience qu'on l'a ou qu'on ne l'a pas. Et effectivement, notre environnement accentue ou pas ces effets-là. Mais ouais, je comprends bien que 20 ans dans un milieu comme ça, il y a des restes, quoi. Robert, sors de ce corps ! Qu'est-ce que t'as compris, toi ? Avec le recul comme ça sur l'univers du travail, sur peut-être le système aussi de notre société, sur toi. Qu'est-ce que ça t'a appris, tout ça, cette expérience ?
- Speaker #1
Il y a eu beaucoup des switchs parce qu'il y a eu du coup un moment de ma vie où c'était il fallait qu'on fasse avec mon mari la même somme sur notre compte commun parce qu'il fallait qu'on soit à égalité. J'avais besoin qu'on soit à égalité. Et aujourd'hui, on n'est plus du tout dans ce schéma parce que c'est lui qui porte beaucoup la famille pour que moi, je puisse faire ce que j'ai envie de faire. Il m'a soutenue quand j'ai démissionné et que j'en pouvais plus, sans savoir trop où j'allais aller.
- Speaker #0
Mais ça, tu ne nous as pas raconté, on va y revenir après.
- Speaker #1
La crèche, elle a ouvert il n'y a pas longtemps, donc elle n'est pas encore à son rythme de croisière. Donc c'est sûr que moi, je ne rapporte pas grand-chose. Et on a plus cet équilibre de, on met chacun sur le compte commun. Et ça ne me dérange pas, ce qui me dérangeait il y a dix ans en arrière. Il y a eu cette évolution, en fait, de me dire, notre mamie, elle s'organise différemment que ce qu'elle s'organisait avant. Elle a trouvé un équilibre autre.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as compris sur toi, sur le système, sur le taf ? Que ce n'était pas si important peut-être que d'être 100%, en tout cas, égalité, que des fois, certains projets nécessitent qu'on mette un peu moins que l'autre, voire carrément moins que l'autre, voire pas mettre du tout. Et c'est vrai que dans... dans une construction, je sais pas si c'est là où tu veux en venir, mais quand on est très affirmé, même si on se définit en tant que féminisme, et quand on tient à notre indépendance, je sais pas comment tu l'as vécu au départ, mais s'il y a des temps que tu pouvais pas le faire et qu'aujourd'hui tu peux le faire, c'est qu'il y a eu forcément un énorme switch en toi, en fait.
- Speaker #1
Ouais, oui, après il y a eu une histoire de vie qui a fait que tout a changé. Et qu'aujourd'hui, j'arrive à faire sans cet équilibre financier parce que l'équilibre se crée autrement. Et moi, je m'épanouis dans ce que je fais, mais je m'occupe des enfants. Après, on est très dans le cliché de la famille d'avant où la femme est au foyer.
- Speaker #0
La famille nucléaire.
- Speaker #1
Et la bouffe, et le mec va travailler. Des fois, je me dis, on est dans le même chez vous que les années 60.
- Speaker #0
Prêt au conscient, merde !
- Speaker #1
Mais c'est un choix ! Alors qu'à l'époque, les femmes, elles n'avaient pas ce choix. Et certes, je suis à la maison, mais je travaille.
- Speaker #0
J'adore ça. Oui, tu travailles, tu as le droit d'être rémunéré.
- Speaker #1
Du coup, on a trouvé notre équilibre comme ça. Je ne voyais quasiment pas mes enfants. Il y avait quelqu'un qui venait le matin à la maison, qui les réveillait, qui les faisait déjeuner, qui les amenait à l'école parce qu'il fallait que j'aille au boulot. Aujourd'hui, je peux amener mon petit tous les matins à l'école en vélo. Je peux aller le chercher tous les soirs en vélo. Les activités du mercredi, je suis là pour les grands. Du coup, c'est un autre équilibre de vie qui s'est construit. Et même si aujourd'hui, financièrement, je ne mets pas la même part, du coup, ça se retrouve autrement et c'est vraiment un équilibre et c'est un choix de famille. C'est un peu à l'autre fois, je regardais les femmes d'artisans qui pleuraient, qui disaient « je me suis séparée de mon mari, pendant des années j'ai travaillé pour lui et je n'ai rien aujourd'hui » . Oui, c'est bien dommage, mais en même temps, à un moment, c'est un choix que tu as fait dans ta famille de pouvoir… assumer tout ça, des fois je me dis alors certes le travail de la femme il est pas reconnu financièrement et du coup après tu te retrouves peut-être sans merde alors après j'ai pris aussi la confiance parce que c'est ma maison tu vois alors attendez,
- Speaker #0
que je vous dise la vérité en réalité je suis blindée de tines mais je le dis pas à mon mari oui parce qu'en vrai on a Mon patrimoine.
- Speaker #1
J'ai mon son fric et j'ai permis pour moi.
- Speaker #0
Attends. C'est une belle philosophie de vie aussi.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai que d'être chez moi, c'est aussi très rassurant. Parce que, voilà, si demain il se passe quelque chose, j'ai cette sécurité aussi là, que j'avais pas avant.
- Speaker #0
Oui, dans tous les cas, Mouah ! Quand on a la chance de pouvoir être propriétaire, et s'il y a un pépin, un humain, on peut revendre le ou les biens et recréer du cash. En fait, ça, c'est une réalité. Mais effectivement, tout le monde ne le peut pas en fonction des parcours de vie et de là où on part. C'est forcément que je vais rebondir sur l'histoire des artisans. Je ne peux pas te laisser dire ça dans mon podcast d'émancipation féminine. Parce qu'il y a le choix que vous faites en tant que famille. éclairé sur ces sujets là et parce que la petite histoire mais je sais pas si tu as envie de la raconter ou pas parce qu'elle est assez atypique votre histoire de famille je sais pas si ça c'est quelque chose que tu auras envie de partager ou pas voilà tu nous diras mais pour rebondir sur l'histoire de la dame artisan le nombre de femmes qui n'ont jamais eu le choix et où parce qu'elle ne pouvait pas travailler et qui en fait effectivement le bonhomme se barre et en fait elle a jamais cotisé à rien et tu as une retraite de merde et tu n'as rien et il part avec la maison et tout ça et toi tu as consacré ta vie en fait à le soutenir et tout le travail n'était pas rémunéré ce n'est pas la même chose que de te dire je constitue un patrimoine à mon nom aussi avec mon mari et mon mari mais quand même plus d'argent sur le compte commun deux histoires différentes hein je suis obligée de vous mettre mettre des pendules à l'heure. Parce que la prévention,
- Speaker #1
c'est un choix de famille.
- Speaker #0
Exactement, et ce n'est pas la même chose. C'est un choix de vie de famille après des années où tu as aussi cotisé pour déjà ta propre retraite et tu as bâti quelque chose qui va finir par te rémunérer à sa juste valeur. C'est juste que c'est les démarrages de cette activité-là. Donc, c'est normal. Je suis curieuse, tu as dit deux choses. Un, quand je n'en pouvais plus à mon boulot, que j'ai dû me barrer. Donc, qu'est-ce qui s'est passé dans le dit boulot ? Et deux, si tu veux nous raconter la tipi de ta famille, que moi je trouve que c'est une jolie histoire.
- Speaker #1
Alors, du coup j'étais en prestat depuis 10 ans, alors si je remonte en arrière, en fait j'avais un super boulot dans la région où on était, mais sauf que mon mec il faisait beaucoup de déplacements, donc il a trouvé un poste fixe là où on est aujourd'hui, et donc du coup j'ai démissionné du poste que j'avais, et j'ai pris un boulot sur le site nucléaire à Tricastin en prestation pour pouvoir partir avec lui. Donc déjà, j'ai quitté un boulot que j'aimais beaucoup pour un boulot un peu moins valorisant. Mais ici, il n'y a pas non plus 50 000 boîtes. Donc du coup, je suis restée 10 ans en prestat. Et au bout de 10 ans où je ne voyais plus mes enfants parce que j'avais les deux, où c'était compliqué, du coup, j'en ai eu marre. J'ai dit, je n'en peux plus. Et donc, il m'a dit... fais ce que tu veux, si ça, ça ne te convient pas, fais quelque chose qui te plaît. Donc, j'ai démissionné sans savoir ce que je voulais faire. Et j'ai pris quasi une année pour faire le point sur ce que je voulais faire, pour me former. Du coup, il m'a permis de le faire. Et du coup, pourquoi ça a mis tant de temps ? C'est là où arrive la petite histoire de la famille. Du coup, quand ma fille a eu un an et demi, et mon enfant avait trois ans et demi, comme beaucoup de familles, ça crée quelques petites tensions, les enfants. Et nous, on n'a pas réussi à surmonter les nuits blanches et tout ça. Donc, on s'est séparés. C'est là où je suis partie construire ma maison toute seule. Du coup, j'étais salariée à ce moment-là, donc c'est vrai que j'avais aussi ce confort-là. Et puis, trois ans plus tard, on s'est rapprochés, on a commencé à se revoir, à déjeuner ensemble, et puis de fil en aiguille, il a aménagé chez moi.
- Speaker #0
Tu t'es séparée du papa de tes enfants et tu t'es re-recomposée avec le papa de tes enfants. Ça c'est tellement... Moi,
- Speaker #1
tu vas se marier au temps d'un troisième enfant, c'est ça.
- Speaker #0
J'adore. Et vous êtes mariées au temps d'un troisième enfant. C'est tellement atypique, j'adore. En général, quand on dit famille recomposée, on recompose avec une personne différente. Mais c'est beau, c'est vachement beau.
- Speaker #1
Alors, c'est la même personne, mais on a tous les deux évolué pendant ces trois années où on était trois ensemble, en fait. Donc du coup, c'est la version 2.0 de chacun. qui est un peu différente de la première version. Et c'est du coup, dans cette deuxième union, qui m'a aidée à quitter mon job salariée pour pouvoir faire quelque chose qui me plaisait.
- Speaker #0
C'est trop bien. Oui, parce que tu as dit au tout début de l'épisode que quand tu as eu ton premier, tout ce qui était autour du maternage, le portage, tu t'étais déjà formée en fait. Donc, c'était quand même déjà présent, mais ce n'était pas une activité... c'était pas ton activité principale du tout en fait donc c'est bien ça remet la temporalité quoi j'avais créé une assaude pour mouvoir le maternage avec des ateliers ce week-end mercredi donc
- Speaker #1
du coup c'était un c'était là mais c'était vraiment un assaut avant vraiment switcher en entreprise c'est trop bien c'est un parcours génial j'adore
- Speaker #0
Amélie, qu'est-ce que tu as envie de cultiver pour la suite pour toi ? Tu l'as un peu dit au début de l'épisode, que tu voyais le travail différemment aujourd'hui. Oui,
- Speaker #1
c'est sur un équilibre de vie qui est vraiment chouette. Aujourd'hui, c'est mon mec qui entreprend. Du coup, lui aussi, il crée sa boîte. C'est chouette aussi de voir que, je ne vais pas dire que j'ai impulsé le truc, mais que lui aussi va pouvoir se détacher de son boulot salarié qui le pèse au bout de plusieurs années, et pour qu'il fasse aussi ce qu'il a envie. Et puis, on a transmis aussi ça à nos enfants. Mon fils, il a 15 ans, il n'attend qu'une chose, c'est d'avoir 18 ans et d'éclairer sa boîte. Et du coup, j'ai vraiment envie de continuer de transmettre ça à mes enfants. Cette notion de travail qui ne soit pas liée à l'effort, mais au plaisir. Parce que mon mec, il est salarié, il dit dans trois ans, je prends ma retraite de salariat. Après, tu vas quand même travailler. Mais en fait, c'est différent. Cette nuance-là, elle est chouette à capter. Et donc du coup, continuer de faire ce que j'aime, d'accompagner des femmes qui ont envie aussi de créer leur entreprise en périnate et de les accompagner là-dedans. De passer du temps avec mes enfants.
- Speaker #0
Je crois que ça, c'est la ressource la plus... Quand on est riche de son temps, et vraiment dans une société capitaliste, c'est compliqué d'être riche de son temps. Parce que parfois même les personnes super riches ne sont pas riches de leur temps pour autant. Mais ça oui, je crois que nos enfants, quand on leur consacre assez de temps, quand on peut, effectivement c'est quelque chose, je pense qu'ils ne le voient pas tout de suite, mais quand ils seront grands, voire adultes, voire parents, si c'est leur choix, ils diront « Ok, j'ai bénéficié aussi de tout ça » . en plus ou sans rajout du financier mais c'est déjà une ressource je trouve extraordinaire donc c'est trop chouette que tu puisses leur offrir ça et t'offrir ça avec eux parce que ça grandit trop vite, t'en as trois avec des âges différents donc on sait à quel point ça va hyper vite franchement donc trop bien ça trop trop bien et je trouve que ouais tu es... C'est mignon parce que tu as dit, je ne vais pas oser dire que j'ai impulsé ça, mais peut-être que si, tu l'as impulsé et que tu as été source d'inspiration pour lui. Donc, tu peux t'autoriser à le dire. On est trop humbles des fois, nous les femmes, et ce n'est pas toujours les hommes qui nous inspirent. Et je trouve ça trop chouette que ton fils dise, moi j'ai des projets, j'en suis là aujourd'hui, et j'ai une seule hâte, c'est d'avoir la majorité pour ouvrir ma boîte, simplement. C'est trop bien parce que ça fait aussi qu'on peut montrer à ses enfants que le travail, ce n'est pas forcément que le sacrifice et de se faire chier dans un CDI. Et on peut être hyper heureux dans un CDI et hyper malheureux dans son entrepreneuriat. J'aime toujours le rappeler parce que l'entrepreneuriat, ce n'est pas une sinecure. C'est pour ça que c'est mignon que tu dises à ton mari « ouais, mais tu vas quand même bosser » . C'est vrai que parfois, souvent... Même s'il y a des trucs chiants qu'on n'aime pas trop faire dans notre entreprenariat, ce n'est pas la même chose quand le projet te tient à cœur et où tu sais qu'il va avoir énormément d'impact en fonction de ce qu'on fait comme projet. Il n'y a pas la même énergie, motivation qui arrive là. C'est très vrai. Encore une dernière petite question, Amélie. S'il y avait une chose que tu aurais aimé entendre plus tôt, tu dirais quoi à une femme qui se sent comme toi, mais comme la toi d'il y a quelques années ?
- Speaker #1
Je lui dirais qu'elle a toutes les forces en elle pour y arriver sans personne d'autre. Que tout est possible si tu y crois en fait. Des fois on dit ah oui si tu donnes les moyens. Mais surtout c'est si tu y crois. Moi à chaque fois que je dis j'ai construit ma maison toute seule. On me dit oh là là mais moi je pourrais ou pas. Bah en fait si tu pourrais. Si t'impulses le truc. tu pourrais certainement y arriver parce qu'on a des ressources cachées, qu'on nous a recouvertes parce que ça gênait. Et donc du coup, c'est ça que je dirais.
- Speaker #0
De croire en ton projet, de croire en toi.
- Speaker #1
Oui, de croire en soi et en ses ressources et en sa capacité, en sa force.
- Speaker #0
C'est trop chouette. Merci beaucoup Amélie. Où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #1
Tu peux te retrouver sur mon compte Instagram et puis après, c'est pas mal, j'ai un site internet aussi où je mets pas mal de ressources. Vas-y,
- Speaker #0
mais donne-nous le nom de ce site internet et de cet Instagram, même si je remettrai le lien dans l'épisode, mais il y a des personnes qui sont auditives et qui enregistrent dans leur tête, c'est-à-dire, ok, je vais aller vite trouver son compte.
- Speaker #1
sesamely.fr sesamely c'est s-e-s-a-m-e-l-y comme la graine de sésame que l'on sème pour faire grandir les projets ah c'est pour ça qu'elle s'appelle comme ça ta boîte je n'avais jamais capté non trop beau c'est le sésame de la graine que l'on plante et le ély pour le et les autres parce que bah seul c'est pas rigolo et donc c'est vraiment l'ouverture aux autres donc c'est pour ça qu'elle s'appelle comme ça et
- Speaker #0
sur Instagram c'est pareil trop bien merci beaucoup Amélie
- Speaker #1
Merci à toi pour ton invitation. Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu.