- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens. et de ce que tose pas dire tout haut bienvenue romain je suis ravi de te recevoir dans émancipation féminine est ce que tu peux te présenter un petit peu s'il te plaît ben
- Speaker #1
je m'appelle romain j'ai 15 ans je suis en seconde et j'aime bien lire regarder des séries et jouer jeux vidéo.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce que tu peux me dire comment c'était pour toi le collège, l'école jusqu'à aujourd'hui ?
- Speaker #1
C'est-à-dire comment c'était ?
- Speaker #0
Comment ça s'est passé en tant que mec en fait, toi ? Comment ta scolarité s'est passée ? C'est surtout la sociabilisation avec les camarades, les amis, tout ça. Comment tu as trouvé que c'était cette expérience humaine ?
- Speaker #1
Ça s'est passé relativement bien. Il n'y a pas eu vraiment de mauvais moments, donc normal, j'ai envie de te dire.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu t'es senti plutôt toujours à l'aise avec les garçons ou avec les filles ? Et pourquoi dans tes amitiés ?
- Speaker #1
Moi, je suis plus à l'aise avec les filles dans les amitiés. Alors pourquoi ? Ça, je ne saurais pas trop le dire. Peut-être, je ne sais pas, il y a plus de... Il y avait peut-être plus une aura de gentillesse, de bienveillance chez les filles plutôt que chez les garçons.
- Speaker #0
Tu as ressenti ça quand tu étais enfant ? Ou tu étais quand même dans des amitiés mixtes ?
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
Oui quoi ?
- Speaker #1
Ben oui, j'ai ressenti ça.
- Speaker #0
Ah oui, pardon. Alors, on se fait un fou rire parce que Romain est mon enfant. et que c'est la première fois que nous faisons une vision ensemble, puisque nous ne sommes pas au même endroit à ce moment précis. Donc ça nous fait faire des petites blagues. Moi de ce que je me souviens aussi enfant, c'est que pendant... jusqu'en on va dire aux primaires, tu avais quand même, oui, beaucoup de copines, mais tu avais aussi quand même pas mal de copains pour avoir organisé tous tes anniversaires, organisatrice officielle. Et je me dis... C'est vrai que j'avais la curiosité aussi, et puis pour les jeunes filles et les jeunes hommes qui pourraient nous écouter aussi, de qu'est-ce qui a fait qu'après, c'est vrai que ça s'est plus dirigé vers les filles. C'était ça, c'est à sentir qu'il y avait à l'entrée du collège, est-ce qu'il y avait une différence de bienveillance, ce que tu as nommé de bienveillance, de sympathie, d'empathie, ou est-ce que c'était aussi des histoires de centres d'intérêt peut-être ?
- Speaker #1
Non, je pense que c'était toujours cette idée qu'il y ait plus de bienveillance du côté féminin.
- Speaker #0
Ouais, ça veut dire quoi pour toi ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, les garçons sont plus... un sentiment de malaise, ils ont un comportement un peu de bonhommes qui prennent toute la place.
- Speaker #0
Si, Jeanne, tu as déjà ressenti ça, c'est un truc de fou quand même, hyper intéressant. Merci, du coup, ça me fait une enquête aussi personnelle. Est-ce que tu trouves justement... Ça nous fait la transition parfaite. Est-ce que tu trouves qu'il y a une différence, toi, entre les groupes de filles et les groupes de garçons, voire peut-être quand vous êtes en groupe mixte, avec une vraie mixité, c'est-à-dire pas un seul gars ? Et qu'est-ce que tu remarques, toi ? Qu'est-ce que tu as observé ?
- Speaker #1
Quand je suis avec les filles, dans mon groupe d'amis de base, on parle plus de choses, enfin, de ce qui nous arrive. de ce qu'on voit de célébrités, on parle de musique Alors que, en fait, je reste pratiquement jamais avec les garçons, sauf quand je n'ai pas le choix, genre en sport ou quoi. Mais chez les garçons, c'est pas pareil. Il y a plus un sentiment où ils veulent garder leur virilité. Et parler que de sujets genre le foot, des trucs comme ça, des trucs qui sont dans la vie de tous les jours plus considérés comme des activités masculines.
- Speaker #0
Ouais, c'est fou que si jeune, ce soit comme ça. C'est-à-dire que toi, tu le vois quand, même si tu ne restes pas très longtemps avec eux, mais tu as déjà fait des sorties scolaires et des voyages scolaires. Donc, par définition, tu es dans une chambre de garçon. Et tu vois bien que les discussions, en gros, moi ce que j'interprète dans mon langage d'adulte, c'est avec les filles on peut parler de tous les sujets dont notre intériorité, c'est-à-dire un peu les émotions, les sentiments, des réflexions un peu plus poussées sur comment on pense, alors que les garçons vont rester beaucoup sur les apparences et les sujets type sport, oui, masculin, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai bien compris. Ok, trop bien. Ça, t'es quand même un garçon sensible. Je le sais parce que je suis ta maman. Est-ce que selon toi, un garçon sensible, il peut être moqué et comment ça se passe ?
- Speaker #1
Dans le lycée, du coup, je suis... Il n'y a pas vraiment d'idée comme ça, mais je pense que dans la vie de tous les jours... Si par exemple on n'est pas dans un contexte du lycée, que je suis dehors, dans la rue ou droit un part, n'importe où, il y a plus de tendance à moquerie si on ne connaît pas directement les gens. Moi par exemple, les garçons qui sont dans ma classe, je serais bien qu'ils ne se moqueront pas forcément. des trucs dans ce genre. Mais si je croise d'autres gens dans le lycée qui ne sont pas dans ma classe, j'aurais plus tendance à me méfier aux premières apparences, à l'impression qu'ils donnent. Oui,
- Speaker #0
c'est-à-dire que tu veux dire que les gens qui ne te connaissent pas, donc qui n'ont pas accès à ta pensée, à tes émotions, à tes réflexions, à ton humour, tout ce qui te caractérise en tant qu'être humain, Tu veux dire que, est-ce que j'ai bien compris que c'est ça ? Sur la simple base d'une façon d'être ou d'une façon de se comporter, qui relève plus de la sensibilité, tu penses qu'il serait plus à même de te moquer, quoi ? Oui. C'est ça ? J'ai bien compris ? Ou parce que soit tu restes avec des filles ou des choses comme ça ? Oui. Ok. Est-ce que toi, il y a des comportements de garçons, de mecs ? que tu ne comprends absolument pas ?
- Speaker #1
C'est, je dirais, la tendance qu'il y a beaucoup de garçons qui pensent qu'être nonchalant, c'est cool. Il y en a beaucoup dans le lycée qui jouent les nonchalants, alors qu'en réalité, ils ne sont pas tant nonchalants que ça. Mais oui, ça, j'avoue, je ne comprends pas trop.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui...
- Speaker #1
font pour se donner un air nonchalant comme tu dis c'est quoi leur attitude en fait ben ils se baladent les mains dans les poches il se regarde mal ils font ils répondent aux profs et tout fin ils essayent de se démarquer des autres par
- Speaker #0
la nonchalance c'est une forme peut-être que je traduis trop vite tu peux me dire si c'est pas du tout là ce que tu penses que c'est une forme Un peu d'apparat de type, un garçon ça doit être comme ça et si je suis comme ça, ça veut dire que j'en impose un peu quelque part. Tu penses qu'ils le font pour ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une part de ça, mais il y a une part aussi de... Ils pensent que ça va impressionner les filles, ça va donner envie aux filles de venir leur parler. de commencer à avoir une histoire entre eux, alors qu'en fait, en vrai, quand je parle à toutes les filles que je connais, que je suis un minimum proche, elles détestent tout ça, en fait.
- Speaker #0
Et du coup, eux, dans leur représentation, ce qui est très... normée dans la société, même les adultes ont ça en réalité. Les hommes font beaucoup ça, c'est des trucs un peu archaïques. Je trouve que c'est hyper intéressant que tu arrives à observer ça. On n'a jamais parlé de trucs comme ça, c'est fou qu'on en parle autour d'un podcast alors que tu es mon enfant. Mais hyper intéressant. Et du coup, eux dans leur représentation, ils se disent qu'en gros être un gars, un mec super pour être bien vu, pouvoir se rechercher avec des filles, C'est de se comporter comme ça alors que les filles, pour échanger avec elles et voir les garçons avec lesquels elles relationnent, détestent ça. C'est fou qu'il y ait une différence comme ça et qu'ils ne se parlent pas entre eux pour être à la juste dose. C'est incroyable quand même ces histoires que ça perdure comme ça. C'était pareil à mon époque. C'est un truc de fou quand même. Non mais c'est fou, la dégénération. Il y a un truc à faire. Par contre, on a dû éduquer, hein ? Non, je plaisante. Quand t'es avec des filles, du coup, tu me fais des transitions parfaites, en fait. Est-ce que toi, je vais comparer nos deux époques, est-ce que toi, à ton époque, donc on est en 2026, parce que peut-être que cet épisode va durer des millénaires, je ne le trouve jamais, tu vois des grosses différences ? Moi, par exemple, à mon époque, les garçons... La plupart des garçons qui traînaient avec nous, qui restaient avec nous, c'était pour sortir avec nous, pour avoir une relation amoureuse avec nous et devenir petits copains, petites copines d'eux. Et on avait un peu moins de potes avec qui on pouvait se confier. Il y avait toujours un peu comme toi, le confident, le meilleur ami, qui n'était pas forcément attitré petit ami, tu vois. Est-ce que vous, c'est beaucoup comme ça ? Ou est-ce que les garçons et les filles, de nos jours, en 2026, ils s'assoient et ils discutent de plein de sujets entre eux ?
- Speaker #1
Non, ils sont toujours séparés, filles-garçons, beaucoup. Ils s'entendent bien, ils peuvent s'entendre en tant qu'amis, mais ils n'iraient pas traîner tous les jours dans le même groupe de potes pour... sans avoir à la finalité l'objectif de finir en couple.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
C'est très rare.
- Speaker #0
Oui, hyper rare. Truc de fou. Rien n'a changé. C'est terriblement déprimant ce qu'on est en train de dire. Et du coup, mon autre question, c'était, est-ce que quand tu es avec des filles, elles te racontent des choses que les garçons, donc du coup leurs petits copains, ne voient même pas ? Tu vois, chez elles ? des choses qui peuvent être importantes pour elle et que le petit ami ou le frère ou le père, peu importe, mais sans entraillère de secret bien sûr, mais qui en fait ne se rendent pas compte qu'elles sont en train de vivre des choses comme ça ?
- Speaker #1
Par exemple, sans entrer dans les détails, il y a des choses que parfois, pas pour leurs petits copains précisément, mais pour tous les garçons en général, des choses que les filles elles aiment pas ou que pour elles c'est un peu limite limite les red flag et ben en fait souvent les garçons ils ont du mal à accepter qu'il ya que ce parfois ce qu'ils font baissé mal vu par leurs petites copines il pense que ben par exemple je te dis n'importe quoi Par exemple, il parle encore avec son ex. Parfois, il y a des filles qui trouveront ça un peu bizarre, ce qui est normal. Mais pour les garçons, il n'y a pas photo, c'est eux qui ont raison. Ce n'est pas possible que quelqu'un puisse penser autrement. Et voilà, c'est ça.
- Speaker #0
D'autres choses qui te viennent comme ça, par exemple, c'est quoi les red flags pour les filles aujourd'hui ? De se dire, le mec, il fait ça ou il dit ça ou il a tel comportement. En fait, non, je ne vais pas sortir avec un gars comme ça. Ça serait quoi des types d'exemples ?
- Speaker #1
Par exemple, surtout au niveau caractère, au niveau de la relation en elle-même, par exemple, ce qui ressort beaucoup, c'est... qui a un comportement un peu limite, enfin... un comportement... par exemple il fait des blagues sexistes, enfin c'est normal tu vois, des trucs... qui, pour la société, c'était normal il y a des dizaines d'années, mais qui maintenant, heureusement, ça commence à être problématique. Mais il y a encore beaucoup de gens qui trouvent ça normal tous les jours de lâcher des blagues racistes, sexistes, et de dire « Ah, mais c'était une blague » .
- Speaker #0
Oui, c'est fou. C'est fou. Enfin, c'est fou et ce n'est pas fou, parce que ça vient vraiment du milieu dans lequel tu es. évolue aussi mais c'est fou et en même temps c'est génial que à vos âges en fait ça commence à devenir problématique là où nous à nos âges on n'osait pas dire que c'était problématique tu vois je trouve que c'est bien mais c'est vrai que ça avance trop peu quoi ouais je vois bien et c'est bien que ça devient des gros red flag pour les filles et pour les jeunes hommes aussi de toute façon Est-ce que tu trouves que les filles de ton âge portent déjà plus de choses que les garçons de ton âge ? Alors ça peut être aussi à la maison ou au lycée, qu'elles ont peut-être plus de responsabilités ou pas, qu'on leur en demande plus ?
- Speaker #1
Je pense que oui, qu'on leur en demande plus, surtout au niveau de la tenue, du maquillage, de bien se faire voir en fait. alors que ben euh Par exemple, si il y a un jour, elle vient et elle n'a pas fait trop d'efforts sur sa tenue et elle n'est pas trop maquillée, on ne va pas venir peut-être lui dire qu'elle n'est pas belle. Alors qu'un type qui vient tous les jours en jogging suite, on ne va rien lui dire. On va dire oui, ça va, c'est normal et tout, il fait ce qu'il veut. alors que s'il y en a une qui vient en jogging suite par exemple, on va dire mais qu'est-ce qu'elle fait celle-là, elle ne sait pas s'habiller ou quoi tu vois.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est les filles qui critiquent d'autres filles ou est-ce que c'est les garçons qui critiquent les filles ou avec ces égalités peut-être ? Quand il y a ce genre de choses, parce que je trouve ça trop triste en fait, à 15 ans déjà, tu as le droit de venir en jogging et pas maquiller,
- Speaker #1
tu vois. Oui, je dirais qu'il y a quelques années en arrière, genre il y a peut-être 3-4 ans, C'est plus les filles qui reprochent aux filles ça, mais maintenant c'est l'inverse. C'est plus les garçons qui reprochent ça aux filles.
- Speaker #0
Ah donc tu les entends dans la classe ou dans la cour critiquer des filles qui ne se seraient pas pomponnées quoi.
- Speaker #1
Ça arrive oui.
- Speaker #0
Ça arrive de dingue ça. Et est-ce que les profs et ou les parents… en fonction de ton entourage, tu ne peux pas tout savoir, mais c'est ton expérience à toi qu'on relate, mais est-ce que tu penses qu'on en demande aussi trop aux filles, que ce soit dans le comportement ou dans d'autres responsabilités qu'aux garçons, ou pas du tout, où ça s'équilibre ?
- Speaker #1
Que les profs ou les adultes en demandent plus aux filles qu'aux garçons, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, en termes de responsabilité, de maturité.
- Speaker #1
Moi, j'ai... Dans mon entourage, je n'ai pas forcément l'impression, ou peut-être que là tout de suite, je n'ai pas d'exemple en tête, mais au niveau des adultes vers les enfants, c'est relativement égal.
- Speaker #0
Oui, équilibré. Ok, c'est bien ça. Tu l'as dit, tu l'as quand même répondu tout à l'heure, mais est-ce que tu vois déjà du sexisme à vos âges ? Tu l'as quand même dit avec la blague. Et qu'est-ce qu'il y a comme autre exemple que tu as pu voir passer cette année ou les années d'avant qui se rapportent au sexisme entre les garçons et les filles ? Le sexisme, ça peut être aussi des filles qui demandent des choses à des garçons et où les garçons ?
- Speaker #1
Je ne sais pas pourquoi, mais dans la classe, il y a eu un moment dans l'année, vers le début de l'année, il y a eu une sorte de guerre, une petite guerre entre les filles et les garçons au sein même de la classe.
- Speaker #0
De ta classe, ok.
- Speaker #1
Pourquoi ? Pourquoi ? Je crois que c'était une histoire vraiment toute bête, que ça partait juste du fait que dans les groupes WhatsApp, il y avait le groupe de la classe, juste il y avait il y avait juste genre tout 4-5 personnes qui avaient le truc d'admin là. Et en gros, les garçons disaient « Oui, mais pourquoi les 5 admins, c'est que des filles ? » Bon, j'ai envie de te dire qu'on s'en fout. Mais non, ils ont continué à engrainer. En fait, c'est ça la partie. Les gars, ils ont créé un groupe où il n'y avait que les garçons de la classe dedans. Et enfin, c'était n'importe quoi. Et sur ce groupe, parfois, ça parle mal des filles qu'il y a dedans. Genre, ah ouais, celle-là, c'est une lèche-cul. Celle-là...
- Speaker #0
Dans le groupe des garçons ? Oui. Unique en réserve aux garçons ?
- Speaker #1
Mais par exemple, il y en a une qui fait dans la classe des arts martiaux, judo, karaté et tout. Du coup, elle sait plutôt bien se battre. Et par exemple, une fois, elle a dit de toute façon, t'as qu'à venir te battre, je vais te montrer qui je suis. Et lui il a dit non mais n'importe quoi, tu crois vraiment que tu vas pouvoir me battre en mode t'es une fille, t'as aucune chance contre moi quoi. Alors qu'en vrai c'est lui qui s'est dépensé quoi.
- Speaker #0
C'est fou ces réflexes archaïques. Et du coup les garçons s'amusent à critiquer les filles sur la façon d'être et tout, c'est complètement sexiste et arriéré. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu vois à la cantine ou dans la cour ? cours, dans les sorties scolaires ?
- Speaker #2
Pas spécialement, je crois.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez des interventions qui vous parlent de ça, depuis le collège ou le lycée ? Non. C'est ça qui est faux. Pour le moment, on n'a pas les moyens pour... Alors que plus on vous alerte tôt, mieux c'est, quoi. Vous n'avez pas de groupe de discussion ou d'intervenant ? qualifiés qui viennent parler de ces sujets là avec vous ?
- Speaker #1
Non mais des fois il y a, ça arrive qu'il y a une prof, je vais pas la citer du coup, quand on est en cours, parfois il y a, je crois qu'on était en, c'était un jour, il y a un garçon qui avait dit quelque chose. Et la prof lui a répondu « Oui, de toute façon, on en demandera toujours plus aux filles. » Et donc la prof est partie pendant cinq minutes à expliquer que les femmes dans la société, c'était inférieur aux hommes et qu'il fallait se battre contre ça. Et du coup, il y a une forme de prise de parole. Mais ce n'est pas officiel,
- Speaker #0
ce n'est pas prévu. Ce n'est pas tout le lycée qui en a bénéficié. Ce n'est pas un sujet récurrent où on vous sensibilise, même depuis le collège. C'est quand même fou, alors que vous êtes les générations en devenir. C'est quand même fou.
- Speaker #1
C'est vrai que ça arrive souvent. Maintenant, dans cette année particulièrement, Le sujet de l'égalité homme-femme est beaucoup revenu de la bouche des profs, de deux profs, pas d'aucune maintenant, je viens d'y penser, de deux profs, qui régulièrement, par exemple, j'allais dire la matière, mais c'est pas grave, on s'en fiche, quand on étudie par exemple un texte en français, et qu'il parle de... par exemple c'est un homme qui l'a écrit... Et on voit bien l'image de la femme à l'époque. La prof nous dit que c'est triste. On voit toujours que ça n'a presque pas changé. On dirait de façade comme ça que ça a changé, mais qu'en fait, il n'y a pas grand-chose qui a bougé par rapport à avant. À part que, justement... Les femmes ont commencé à se battre contre ça, à le montrer et de plus se cacher.
- Speaker #0
C'est trop intéressant quand même, et c'est fou que les profs ne soient pas formés à ça. Est-ce que tu penses que ces deux professeurs, donc ce sont deux femmes, c'est ça ? Tu penses qu'elles le font dans le cadre de la matière, même si tu n'as pas vraiment la réponse ? Ou est-ce que tu penses que c'est parce qu'elles, c'est un sujet qui leur tient à cœur ? Ou c'est parce que ça va bien avec la matière, style, si elles faisaient de... des sciences économiques, même si je sais que c'est un prof masculin en vrai. Mais est-ce que c'est parce que c'est des profs d'histoire géo, comme tu dis, et ou français, quoi, français comme tu as dit, ou peut-être histoire géo ? Est-ce que c'est lié à la matière, tu penses ? Ou est-ce que c'est plutôt par conviction personnelle qu'elles font ça ?
- Speaker #1
Je pense que c'est plutôt par conviction personnelle, parce que la deuxième matière, c'est la physique chimie, donc ça n'avait vraiment rien à voir avec le français, l'histoire géo, les SES. Il peut y avoir un sujet, un moment dans le cours qui amène à parler de ça, mais en physique chimie, non. Et du coup, c'est la prof qui a ses convictions. et qui, parfois, quand elle voit qu'il se passe des trucs, ou quand elle entend des remarques, elle tient quand même à faire passer le message qu'il y a des fois, ce n'est pas qu'une blague ou des trucs dans le genre.
- Speaker #0
Ça, c'est bien. Oui, c'est vrai. Ce qui est fou, c'est qu'on est quand même sur l'année, alors peut-être que ça ne te dira pas, mais peut-être que oui, sur l'année de la loi Rixin. Donc, sur un niveau seconde, c'est des choses qui auraient pu ou être dues aborder. Surtout, tu vois, je pense en SES, le fait que c'est quand même les années où on parle de transparence salariale et d'égalité au niveau financier des hommes et des femmes grâce à cette loi. C'est fou, comme quoi, à l'Éducation nationale, il y a encore un leurre là-dedans. Est-ce que les adultes, on comprend vraiment les ados d'aujourd'hui ?
- Speaker #2
C'est-à-dire les comprendre ?
- Speaker #0
Même si je suis ta maman, tu peux y aller. Les comprendre. C'est-à-dire que tu vois, moi je trouve que les générations changent, qu'il y a plein de choses. J'ai été militante, moi, à ton âge, tu vois, tu le sais, c'est des choses que tu sais. J'étais déjà dans la rue à manifester, historiquement, pour tous les droits des étudiants, les avancées, toutes les réglementations qu'il y avait à mon époque autour des réformes du lycée, tout ça. Donc moi j'ai fait ça et très jeune après je militais pour la cause LGBT parce que j'avais des amis dedans. Mais il y a quand même, ça se transforme tu vois, des fois je vois bien dans les discussions qu'on a ou des fois ça me fait marrer de me dire quand tu m'as déjà fait des remarques, de me dire « ah mais ça on dirait que t'es homophobe » ou alors que je ne me pense pas à l'être du tout et que j'ai milité pour cette cause et donc je me prends des claques, je me dis « oh mon Dieu, est-ce que j'ai vieilli ? Qu'est-ce que j'ai pas vu ? » Est-ce qu'il y a un angle que je ne vois pas ? Parce que tout se transforme, tout va très vite. Vous avez accès à des informations que nous, on n'avait pas. Du coup, je me pose vraiment la question, est-ce que nous, les adultes d'aujourd'hui, on comprend ? Pourtant, on est quand même une génération qui avons fait avancer pas mal de sujets. On n'est pas nés avec la technologie, mais elle est arrivée. On était quand même relativement jeunes, dont les réseaux sociaux. Facebook est arrivé, j'avais 18 ans, moi à peine. Donc, j'étais quand même jeune. Mais on n'est pas nés avec tout ça. Je ne parle pas forcément que des réseaux sociaux, toi tu y as à peine accès depuis quelques semaines, et pas à tous en plus. Mais est-ce que nous, dans nos postures d'adultes, on arrive à vous comprendre, vous les ados d'aujourd'hui, avec toute la complexité du monde d'aujourd'hui et tout l'accès à l'information que vous aviez, et que nous on n'a pas, ça va très vite, j'ai l'impression que chez vous des fois c'est dur de vous suivre, en tant que parents, nous aussi, de dire « oh, ils connaissent des choses que même pas moi je suis au courant » .
- Speaker #1
Ça dépend des gens, je pense. Ça dépend de la mentalité des gens. J'ai des amis, tu les reconnaîtras, mais il y a des parents qui sont vraiment bloqués en 1950. Il y a des parents avec une très bonne mentalité, comme toi par exemple, qui comprennent plus aujourd'hui parce que... Ils ont à peu près les mêmes combats, ils ont cette idée de... Il faut changer quelque chose, comme je pense la plupart des ados d'aujourd'hui. Ils savent qu'il y a quelque chose à changer. Les parents qui sont toujours bloqués dans le passé, par exemple, je te dis n'importe quoi, ah non mais moi, ma fille, elle embrasse pas une autre fille, tu vois. Ou alors, non mais moi, je ne sais pas, ma fille, elle ne fréquente pas des étrangers, tu vois. Il y a des parents comme ça qui ne comprennent pas que le monde, il n'est plus comme avant, qu'il y a eu des progressions et que leurs enfants, ils peuvent avoir des idées bien différentes et bien meilleures que leurs propres idées.
- Speaker #0
Oui, surtout s'ils sont homophobes et racistes, tout à fait, je suis d'accord. Et est-ce que tu le vois aussi, par exemple, dans les orientations scolaires ou ça ? parents qui comprennent le choix où les enfants se conforment encore ? On a été en plein dans le sujet dernièrement des orientations et des choix de spécialités. Est-ce que la majorité des parents sont plutôt à « tu feras ceci ou cela ma fille » ? Ou est-ce qu'ils laissent plus de choix à leurs enfants de vraiment prendre en main leur avenir aussi scolaire ?
- Speaker #1
Je pense que sur ce point-là, maintenant, les parents, ils laissent choisir. Je ne crois pas trop qu'il y ait vraiment de parents qui aient forcé des gens que je connais à prendre une voie en particulier parce que c'est la meilleure ou c'est ce qu'on faisait ou c'est ce qui paye le mieux. Contrairement à, vas-y, c'est ce que tu aimes ou ce que tu as envie de faire. Enfin, voilà quoi.
- Speaker #0
Parce que moi c'est vrai que dans mes époques j'avais encore beaucoup de parents, ça n'a pas été le cas pour mes parents, mais j'avais beaucoup de parents qui forçaient sur les choix d'orientation, c'est comme ça, c'est pas autrement. D'ailleurs, ils ont fait des adultes qui se sont soit en mal-être, soit qui ont dû au bout de cinq ou six ans d'études, une fille née, qu'ils avaient soit leur diplôme de droit ou de médecine, leur dire un gros fuck et en fait c'est pas du tout ça que je voulais faire, je voulais être bergère quoi. de time quoi mais bref et mais pour ce que tu as dit ça me touche beaucoup le fait que les enfants se sentent pas libre de dire ben je relationne même si c'est que amicalement avec une personne étrangère ou alors je relationne amoureusement avec une personne du même sexe je trouve ça trop triste en 2026 que comme tu dis les parents sont bloqués en 1950 dans leur tête et C'est comment du coup pour ces amis-là qui ne peuvent pas parler de ça librement à table, c'est qu'ils ont essayé d'en parler et ça a été rejeté ou ils n'ont carrément même pas osé parler parce qu'ils savaient que ça ne serait pas admis en fait ?
- Speaker #1
Je sais qu'une personne n'a pas osé trop en parler à sa famille, à part à son père qui l'a trouvé de lui-même je crois. Mais sinon, quand elle est à table et qu'elle entend des commentaires racistes, homophobes, anti-écolos, il y avait aussi, je crois, elle n'ose pas se confier, elle n'ose pas avouer la réalité. Et elle m'a dit, mais en fait, si je leur dis, je pars de la maison.
- Speaker #0
Elle pense qu'il va y avoir du rejet. Elle pense que c'est ça. C'est vrai que c'est triste parce que ça fait un sentiment de solitude quand même. Bon, ça sert à ça aussi les groupes d'amis.
- Speaker #1
Oui, et du coup, à l'inverse, elle se confie à nous, elle en parle avec nous.
- Speaker #0
Oui, c'est bien aussi. C'est un relais quand même. Alors là, il faut être 100% honnête. Est-ce que le fait d'avoir une mère féministe... ça change quelque chose pour toi ?
- Speaker #1
C'est-à-dire ça change quelque chose ?
- Speaker #0
Ben... Ah mais je peux pas traduire, sinon ça t'oriente dans la réponse. Qu'est-ce que ça fait d'avoir une mère féministe ? J'oriente ma question.
- Speaker #1
Ben, je pense que ça change... Je pense que de base, les idées des gens, des jeunes ados de nos jours, ça provient beaucoup... de soit dans la plupart des cas ça provient de l'éducation des parents qui sont soit féministes qui soutiennent les causes les groupes en minorité ou alors ça vient d'un modèle d'une célébrité de qui on peut s'inspirer, avoir les mêmes combats parce que justement Il n'y a pas ce fait d'avoir le même combat que ses parents et du coup de se dire « mais est-ce que du coup ce n'est pas normal ? » Ou il y a des gens qui pensent comme moi ?
- Speaker #0
Et ça change quoi du coup par rapport à d'autres enfants ? Il n'y aurait pas des parents qui mettent des combats, que ce soit dans les minorités, le féminisme, ça peut être l'écologie ou d'autres choses, ça change quoi ?
- Speaker #1
Par exemple, dans le cas du féminisme, On se rend plus vite compte de ce qui est limite, de ce qu'il ne faut pas dire, de ce qu'il faut combattre, les points qui paraissent petits, mais qu'en fait, si on enlève ça, ça reste une progression. Il y a beaucoup de gens, par exemple, que je vois dire, mais sincèrement, par exemple... Sincèrement, aller manifester et chanter dans la rue, ça ne change rien. Ou par exemple, de toute façon, même si les filles s'habillent de manière en short et en crop top, pas parce qu'il fait chaud ou juste parce qu'elles ont envie de s'habiller comme ça. Non, elles veulent juste m'attirer en fait. C'est ça la... Ça, c'est la pensée des gens. Et du coup, ça change... Oula, ça change...
- Speaker #0
J'avais perdu le téléphone.
- Speaker #1
Moi, j'ai plus beaucoup un comportement féministe dans la vie de tous les jours. Et parfois, je fais remarquer des choses que mes amis disent. Non, mais Romain, on s'en fout. fou, c'est nul ça comme combat, alors que c'est important.
- Speaker #0
Comme quoi par exemple ? Tiens, ça m'intrigue.
- Speaker #1
Je pense que même en général, quand je fais remarquer à des gens que ce qu'ils disent c'est misogyne, ou alors c'est raciste, ou alors c'est homophobe, des gens, certaines personnes de mon entourage très proches, des amis me disent oh là là non mais franchement on peut on peut plus rire ou c'était une blague ou voilà rien dire le vieux trois la roger de 70 valais quoi je
- Speaker #0
reconnais plus ma france quoi ouais truc de fou quoi mais comme quoi c'est beaucoup dans l'éducation quoi ouais Ça va, je pensais que tu allais me dire que c'est chiant d'avoir une mère féministe, parce que je suis obligée de faire mon lit, ranger ma chambre, débarrasser, mettre le couvert, parfois cuisiner. Elle me saoule celle-là. C'est quoi justement pour toi le féminisme aujourd'hui ? C'est quoi le combat encore ? Ça représente quoi le mot féminisme ? Mais vraiment pour toi, pas une idée que tu aurais lue ou entendue de moi, c'est quoi derrière ce mot pour toi ?
- Speaker #1
Le féminisme c'est... combattre majoritairement pour la cause féminine la place de la femme dans la société mais en même temps on voit partout on voit sur les réseaux on voit dans les manifestations dans les articles dans les livres que le féminisme ça soutient tout ça soutient l'écologie Ça soutient la cause antiraciste, la cause LGBT, toutes les minorités qui... Enfin voilà quoi, c'est tout, il n'y a pas de suite.
- Speaker #0
Tu dis dans les manifs, et je préfère préciser parce que les gens pourraient se dire mais qu'est-ce qu'il en sait, il a 15 ans dans les manifs, ça fait deux ans que je retourne en manif. J'attendais que tu sois grand pour pouvoir le faire. La première, on avait fait à Aix, c'était plus petit. Et la deuxième qu'on a fait cette année à Marseille. Comment tu l'as vécu, ça, le fait d'être en manif, là où tellement de gens disent que ça ne sert à rien ? Pour toi, tu penses que ça sert à quoi, un, les manifs, et deux, comment tu les as vécues, ces expériences-là ?
- Speaker #1
Les manifs, pour moi, c'est important parce que ça permet de montrer l'ampleur. des dégâts et donc l'ampleur des dégâts est à peu près égale au nombre de gens mobilisés et ça permet vraiment de voir qu'il y a tout un énorme des dizaines, des centaines de milliers de personnes qui sont réunies pour une seule cause et qu'au bout d'un moment, on se rendra bien compte que s'il y a autant de personnes, c'est que... Il y a peut-être vraiment un problème, en fait. C'est quoi la deuxième ?
- Speaker #0
Comment tu les as vécues, ces manifs, toi, ton expérience ?
- Speaker #1
C'était bien.
- Speaker #0
14 ans et 15 ans, du coup. C'est bien, c'est tout. Je vais t'en mettre un, ça va bien. C'était bien.
- Speaker #1
Par exemple, dans les manifs qu'on a faits, enfin la manif qu'on a faits, l'idée principale c'était pour le féminisme, mais sur le chemin…
- Speaker #0
Pour la lutte contre le droit… Attends, je rectifie. Désolée, je te coupe la parole. Je rectifie, on a fait deux fois la manif du 8 mars, l'année dernière et cette année. Donc la manif du 8 mars, c'est la journée de lutte internationale pour le droit des femmes.
- Speaker #1
Oui, donc on voyait bien que l'idée principale de la manifestation, c'était le féminisme, justement, pour les droits des femmes, mais sur le chemin, on a croisé… plusieurs combats, par exemple, pour les conflits tout autour du monde en ce moment, même des causes anti-violence policière, par exemple. Et même sur le chemin, il y avait énormément de pancartes pour la cause LGBT, et voilà.
- Speaker #0
Et du coup, tu as ressenti quoi ? Toi, en manif, ça t'a fait quoi de participer à ça ?
- Speaker #1
C'était bien d'apporter sa voix, de montrer que nous aussi, on n'est pas d'accord avec la tendance, la tournure que prend le monde en général.
- Speaker #0
Yes, et moi j'adorais partager ça avec toi. J'aurais jamais cru qu'un jour, quand j'étais plus jeune, quand j'étais très très petite, jamais je me serais dit je retournerais en manif avec mes enfants. Mais c'est vrai que plus tu grandis, parce que toutes les premières choses que je fais, t'es mon aîné, donc toutes les premières fois, je l'ai fait avec toi aussi. Et plus je me dis que... Je savais qu'il y avait plein de parents qui allaient en manif, et parfois on peut être un peu soi-même peureuse, même si on a eu l'expérience. Moi, j'avais eu l'expérience des manifs il y a beaucoup d'années, j'y allais plus depuis pas mal d'années. Et de se dire, c'est comme un peu ce que je disais à papa, la manif la plus sécure au monde, actuellement, c'est quand même bien celle du 8 mars, de partout dans le monde, c'est celle qui est la plus sécurisée, parce que c'est des manifs officielles, et que tu ne risques pas grand-chose, après on n'est jamais sûr de rien. Mais je trouvais que c'était hyper fort aussi pour moi, en tant que maman, de partager ça avec toi, et de voir que tu prenais du plaisir. Comme moi j'ai pu vivre aussi, c'était peut-être un transfert tu vois. Mais je me rappelle moi mes premières manifs c'était plutôt avec mes copines, je disais pas papi et mamie. Je sais pas si je faisais tout en cachette en fait, ce qui aurait pu être dangereux en plus parce qu'ils me pensaient un endroit j'étais un autre. Et je me dis que partager ça et du fait qu'en plus bah vous êtes deux garçons, mes enfants, je trouve que c'est encore une plus grande responsabilité que de vous faire participer à ça. Et je suis d'accord avec toi que c'est un endroit où on peut entendre notre voix. Et je trouve que quand on est enfant, ado, on n'a pas trop d'espace dans l'espace public pour faire entendre sa voix, en fait. C'est pour ça aussi que je t'amène, tu vois. C'est pas que d'un point de vue... C'est pour que tu te rendes compte de l'ampleur des choses, certes, mais aussi pour que tu puisses sentir qu'on peut avoir un espace public pour faire ce genre de choses, pour exprimer son ressenti. Dernière question pour toi, Romain. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu aurais envie de dire à un jeune homme ou à une jeune fille de ton âge ? Qu'est-ce que tu as envie de leur faire passer comme message ?
- Speaker #1
Vraiment réaliser que tous les problèmes qu'on dit, que le racisme, l'homophobie, la misogynie, tout ce qu'on pense, si au premier abord, qui a disparu, en réalité, ça n'a jamais disparu. C'est encore présent aujourd'hui et presque, je dirais, c'est encore presque plus présent aujourd'hui que, bon, pas par rapport au siècle d'avant, mais que par rapport à il y a dix ans, je pense qu'il y a plus de misogynie, d'homophobie, de racisme, de tout ça, qu'il y a dix ans, les gens, j'ai l'impression, commencent à se repermettre d'avoir des propos problématiques.
- Speaker #0
Tu penses que c'est dû à quoi ? que les gens se repermettent ça ? C'est à cause de quoi ? Ou grâce à quoi ?
- Speaker #1
Je pense que... Alors, ironiquement, je pense que je vais dire que c'est à cause des réseaux sociaux.
- Speaker #0
Oui, mais c'est pas forcément que... Pourquoi tu dis ironiquement ?
- Speaker #1
De quoi ?
- Speaker #0
Pourquoi tu dis que c'est ironique ?
- Speaker #1
Bah parce que il n'y a pas longtemps je les ai demandés mais du coup je sais...
- Speaker #0
T'as peur du coup que maman s'anxiète ?
- Speaker #1
À quoi je me confronte ? Mais en fait quand on est sur les réseaux sociaux, il n'y a pas de limite, il n'y a pas vraiment de limite à ce qu'on peut voir et ce qu'on peut entendre. Et en fait, le fait qu'on regarde, on finit par croire, par avoir des convictions qu'on n'aurait pas spécialement eues si on n'était pas allé regarder ce que les gens disent, ce que les gens pensent.
- Speaker #0
Toi, comme réseau social, les trois cartes sont interdites. On en a que ces qu'à un qu'on ne va pas dire, pour protéger son identité. Mais le plus safe de tous, on va dire, enfin. s'il y en a un qui pourrait être considéré comme safe. Est-ce que toi, tu es déjà tombé sur des contenus problématiques, sachant que ça doit faire trois semaines que tu dois avoir accès à un mois au tuto plus ? Pas forcément que toi, tu es recherché, mais que du coup, dans ton feed, est-ce qu'il y a des choses que tu t'aurais dit, oula, je ne serais jamais allé voir un contenu pareil ?
- Speaker #1
Je ne crois pas spécialement. Il y a beau... Il y a beaucoup de gens qui rencontrent... En fait, si, j'ai dû forcément voir passer au moins un extrait, une vidéo de sujets, par exemple masculinistes, racistes ou quoi. Mais j'ai direct vu que ça ne m'intéressait pas. Enfin, j'ai passé quoi. Alors que les gens qui regardent plus longtemps... le contenu, du coup ça va leur en proposer encore plus. Et s'ils ne s'arrêtent pas et qu'ils ne veulent pas regarder ça, même peut-être sans en avoir l'intention au début, ils vont se faire manipuler par l'algorithme et avoir des idées misogynes. et autres idées mauvaises dans le genre.
- Speaker #0
Je comprends ce que tu veux dire, mais ça veut dire que certainement que les parents, avant de donner les réseaux sociaux, n'ont peut-être pas pris le temps d'éduquer ou d'expliquer comment éduquer un algorithme, là où nous, c'est vrai qu'on ne voulait pas te les donner, enfin surtout moi, et que tu as négocié avec papa et maman pour les avoir, et que d'une voix commune, on n'a autorisé qu'un seul. Mais c'est vrai que... Toi, tu sais de ce que je viens de comprendre, mais peut-être que tu le redis du coup, désolé. Mais comme ça, les gens s'éduqueront aussi. Effectivement, soit tu ne t'arrêtes pas sur le contenu, soit tu notifies au contenu que ça ne t'intéresse pas avec les trois petits points en disant ça ne m'intéresse pas pour éduquer ton algorithme et ne pas te trouver pour des contenus problématiques. Même moi, sur mon compte professionnel, en tant que compte... féministe, donc qui est affiché féministe, même moi je tombe sur des idées masculinistes et ou d'extrême droite par moment dans mon algorithme. Donc c'est pour dire la puissance des trucs qui reviennent sans cesse parce que ça fait beaucoup de vues en fait. Ok.
- Speaker #1
Mais il y a quand même même des contenus qui font réaliser que peut-être On est tombé dans ça que notre algorithme, il est plus axé dans un sens, par exemple, dans un sens masculiniste que dans le sens inverse, féministe du coup. Et il y a vraiment des gens qui te le font réaliser. Par exemple, la dernière fois, je suis tombé sur le principe, c'était, il y avait un monsieur qui avait fait deux vidéos, c'était quasiment les mêmes sur son compte. Il y a la première, c'était les hommes doivent être plus payés que les femmes. Et la deuxième, c'était les femmes doivent être plus payées que les hommes. Et donc, au début des deux vidéos, ils disaient soit les hommes doivent être plus payés que les femmes, soit les femmes doivent être plus payées que les hommes. Et après, ils disaient, selon la vidéo sur laquelle tu es tombé en premier des deux, ça en dit long sur toi et ton algorithme.
- Speaker #0
Et tu étais tombé sur laquelle des deux ?
- Speaker #1
Moi, je suis tombé sur les femmes plus que les hommes en premier. Mais du coup, il y a quand même des...
- Speaker #0
Sachant que toi, tu as un contenu ado, donc c'est censé, soi-disant, d'après les plateformes, te protéger.
- Speaker #1
Et donc, je disais que ça montre quand même qu'il y a des gens qui essayent de combattre ça, qui essayent de combattre l'algorithme et de faire réaliser aux gens que l'algorithme, il a vraiment un impact sur ce qu'on pense et dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Oui, concrètement, c'est clair. Ça fait partie des choses dans lesquelles je... partage à mon travail mais tu vois après on est à la fin de cette interview et là je te remercie pour ton temps et ton parole de donner ça aussi c'est quand même précieux et du coup ça me ramène à quelques mois en arrière où tu avais participé tu m'avais demandé depuis déjà quelques temps de participer à une fresque de l'équité et que je sais que tu avais apprécié quand on avait fait ça en décembre tu étais venu participer à une de mes fresques et et tu m'avais dit le soir même et même le lendemain, quand même, ça serait cool que... Pourquoi tu ne viens pas faire ça dans mon lycée et tout ? Après la conversation que j'ai eue, je comprends. Parce qu'en fait, c'est vrai qu'il y a encore trop de manques. Si on n'a pas ça à la maison, c'est de la responsabilité des parents. Mais parfois, comme tu le disais, on peut être une ado, un ado, et penser différemment de nos parents. Si on n'a pas des intervenants extérieurs, vu que l'éducation nationale ne s'empare pas du sujet, en fait, ça ne participe pas à éduquer, à ouvrir. et à rendre une société plus juste s'il n'y a pas non plus des intervenants extérieurs. Et maintenant, je comprends mieux encore, tu vois, de me dire, ah ouais, en fait, on en a encore là, même chez les jeunes. Alors que pourtant, en tout cas, les amis que tu fréquentes et qu'on peut recevoir à la maison, et même toi, moi, souvent, je me dis, pétard, la jeunesse d'aujourd'hui, elle est encore mieux que celle que j'ai vécue, mais in fine, tu vois, après une conversation encore plus profonde, parce que principalement, nous, on parle de choses... On se sait, en fait, on parle des mêmes sujets. Mais tu vois, j'avais peut-être pas assez élargi avec toi et de me dire, ah ouais, en fait, dans la masse des ados, genre, au lité, puisque t'as en plus ces collèges-lycées, ben en fait, ça change pas tant que ça. Je le sais par les chiffres avec lesquels je travaille, mais pas forcément par rapport direct comme ça, quoi. Donc, hyper intéressant. Merci beaucoup, Romain.
- Speaker #1
De rien. Ouh là, de rien.
- Speaker #0
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu.