- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici,
- Speaker #1
on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut.
- Speaker #0
Bienvenue Pascal, je suis ravie de te recevoir dans Emancipation Féminine. Avant qu'on procède à nos questions, est-ce que tu peux te présenter sans parler de ton métier s'il te plaît ?
- Speaker #1
Ok, bonjour Delphine et merci pour ton invitation et bonjour à toutes et à tous qui nous écoutent. Alors moi je suis Pascal, Pascal Van Horn, j'ai 46 ans et j'habite à Lille. et je suis papa de jumeaux, Zoé et Hugo, qui ont 9 ans et demi maintenant.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce que tu as des passions dans la vie, Pascal ?
- Speaker #1
Ça, ça a toujours été… J'ai toujours trouvé que c'était une question hyper compliquée. En fait, désolée. Mais là, tu l'as compris, quand tu prépares… Moi, j'ai fait une école de commerce. Quand tu prépares les concours d'école de commerce, il y a toujours ce truc-là. Et ma réponse à l'époque, déjà, j'avais 20 ans, je disais un peu pareil, ma passion, c'est les gens. Ah, j'adore. Mais c'est vrai. Voilà.
- Speaker #0
La passion, c'est les gens. Trop bien. Quand on te demande ce que tu fais dans la vie, tu réponds quoi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je galère bien parce que je fais plein de choses. Donc, je galère bien à répondre à cette question. Aujourd'hui, ça fait 10 ans que je suis indépendant puisqu'en fait, j'ai changé de vie quelques mois avant la naissance de mes enfants. J'étais d'abord cadre sub dans un grand cabinet d'avocats d'affaires. Et effectivement, j'ai décidé avant leur naissance de changer de vie parce que je voulais avoir plus de temps. parce que je travaillais beaucoup, et puis plus de 100 dans ce que je faisais. Donc ça fait 10 ans, mais en disant que c'est un long chemin, on sait, quand on est comme ça, une aventure entrepreneuriale, ça bouge. Et donc aujourd'hui, qu'est-ce que je fais ? J'ai la plus grosse partie de mon activité qui tourne autour de l'égalité, et plus spécifiquement de quatre piliers, la paternité, la parentalité en entreprise, l'équilibre de vie, l'égalité entre les femmes et les hommes, et la santé mentale, et notamment la santé mentale des hommes. C'est un vrai sujet taillou. Et donc, j'aborde ces sujets en tant que conférencier. Donc, j'anime beaucoup, beaucoup de conférences en entreprise et en organisation, mais principalement en entreprise. Je suis animateur d'ateliers, de formations, de la fresque de l'équité. Donc, ça, c'est une première partie de mon activité. Je suis aussi intervenant en école supérieure, où j'anime notamment des différents séminaires. Et j'ai gardé une petite activité de consultant en communication et en management stratégique.
- Speaker #0
Yes, trop bien. Et quand intervient, c'est petit. question qui me vient du coup en t'écoutant. Quand tu interviens en école, tu interviens sur ces sujets-là ou c'est plus des sujets côté consultant, management ?
- Speaker #1
C'est un peu tout. J'interviens à la fois sur des sujets d'égalité, de QVCT, qualité de vie et condition du temps au travail, d'entreprenariat, de prise de parole en public aussi. J'amène des séminaires de concours d'éloquence de prise de parole en public et de communication aussi.
- Speaker #0
Trop intéressant, parce que je me disais, tiens, en école, mais qu'est-ce que tu fais en école ?
- Speaker #1
Et c'est chouette, je le fais moins parce que c'est assez chronophage, mais je l'ai fait pendant 6 ans, beaucoup, et je trouvais que c'était hyper intéressant, parce que, on va dire, ma démarche à la base, c'était déjà le besoin de transmission, qui est hyper important pour moi, et c'était aussi de rester connecté avec leur génération. En gros, je connaissais les petits, je connaissais des gens autour de mon âge, ou plus vieux, ou un peu plus jeunes que moi, autour de 30 ans, mais j'avais pas... plus du tout de contact avec la génération des 20 ans. Moi, j'interviens surtout sur des Master 1, Master 2, et je trouvais que ça manquait, parce que déjà, c'est les citoyens, les consommateurs, les collaborateurs d'aujourd'hui et demain. Et donc, du coup, je voulais rester en contact avec cette génération pour continuer de sentir un peu le monde, même si le monde, avec un certain biais, parce que c'est des étudiants d'école supérieure, mais une partie du monde en fait.
- Speaker #0
Je trouve ça hyper important ce que tu dis. Parce que des fois on peut vite se déconnecter, tu vois, surtout dans des milieux engagés tels que les nôtres, dans nos activités, même si on est indé, on appartient aussi à des collectifs, et où peut-être qu'il y a une part en nous de militantisme, et parfois on peut se décorréler comme ça, et quand il y a trop d'entre-soi, soit on peut aller trop loin dans des sujets où le public n'est pas encore prêt, ou alors on peut se décorréler de « tiens, mais qu'est-ce qui se passe pour eux en réalité aujourd'hui ? » Il peut y avoir un biais générationnel qui se met. Je trouve ça hyper intéressant.
- Speaker #1
C'est juste. Et puis après, moi, c'est aussi mon besoin fondamental. Je suis quelqu'un qui monte vite. J'ai besoin d'avoir des activités différentes, avec des gens différents, des publics différents. Tu vois, par exemple, tous les ans, depuis 3-4 ans, je travaille avec une asso où je raccompagne pendant 3 jours. J'écris un séminaire qui s'appelle « Se trouver soi pour trouver sa voix » . Donc, un truc très développement personnel. et c'est des adultes mais de 18 à 60 ans dont la majorité issus de quartiers prioritaires et qui en fait ont un programme d'accompagnement gratis de 6 mois d'entrepreneuriat et moi je fais le runboarding donc les 3 premiers jours pour créer une cohésion de groupe et une confiance et en l'autre et en soi et c'est des publics complètement différents et moi j'ai vraiment besoin de ça d'avoir des gens avec des histoires différentes des vécus différents parce que je trouve que ça me nourrit et je trouve que c'est passionnant Parce que les gens c'est ma passion !
- Speaker #0
J'adore ! Voilà, la boucle est bouclée, merci du podcast ! Non, je rigole ! Mais ouais, c'est important parce que c'est la réalité du monde aussi, donc je trouve hyper chouette. À quel moment les sujets d'équité ou de féminisme ont commencé à te questionner ?
- Speaker #1
Alors moi d'ailleurs je suis issu d'une famille où le sujet n'existe pas parce qu'en fait il est complètement ancré. En fait, mon grand-père, il était finalement assez féministe, je pense, puisqu'il a vraiment éduqué ma mère et ma tante, il a eu deux filles, comme vraiment comme des femmes fortes. En mode, vous devez toujours être, évidemment, vous trouver un mari ou une femme, bref, voilà, mais vous construisez vos vies. Mais vous devez pouvoir compter sur vous-même, vous devez réussir professionnellement, mais en tout cas, mais pas réussir dans le sens réussir, mais dans le sens d'être indépendante. ça, ça fait vraiment partie, moi, déjà de... de mon environnement de base et donc où ça n'a pas vraiment été des questions. Moi, effectivement, j'ai vraiment des femmes assez de force autour de moi. Après, j'y ai été confronté finalement beaucoup plus quand j'ai été salarié pendant 13 ans, dans un univers quand même assez masculin, même si un univers où il y a eu beaucoup de féminisation de la profession, mais sur les hauts postes où c'était clairement... quasiment, pas uniquement, mais quasiment grosse majorité des hommes. J'ai aussi vu des femmes qui osaient beaucoup moins. Et puis, j'ai entendu beaucoup de remarques assez sexistes lors de différentes réunions. Et donc là, ça a commencé à m'enviter un peu moins. Et puis après, il y a eu le dernier point déclencheur qui a été clairement à la naissance de mes jumeaux puisque j'ai eu une fille et un garçon. Et ça a été clairement le déclencheur de m'interroger sur alors quel père j'ai envie d'être. ça a été la réponse à ma question sur ma vie professionnelle mais dans quel monde j'ai envie qu'il évolue et effectivement il y avait cette notion d'égalité et effectivement avec la prise de conscience le monde n'est pas comme ça et donc qu'est-ce que je peux faire avec mes petits bras pas musclés pour essayer de contribuer à quitter un monde peut-être un peu plus juste de maintenant justement
- Speaker #0
le fait cette particularité tu vois t'as dit j'ai eu des jumeaux mais donc c'est du coup une fille et un garçon donc c'est un peu atypique parce que souvent c'est des jumeaux garçons et ou des jumelles ça t'a questionné ça d'avoir tout d'un coup à la fois un garçon et une fille en même temps ou pas c'est vraiment une question personne tu t'es pas obligé de dire ça non non pas du tout c'est la curiosité je me dis est-ce que ça a changé ouais c'était ton...
- Speaker #1
bah tu m'étonnes le choix du roi tout d'un coup quoi elle dit donne quoi c'est fait quoi donc non non en termes d'éducation ça devait être un chalet Alors oui, mais si tu ne le vois pas à la naissance, tu le vois après, que tous les jumeaux qui sont, ça reste deux individus et deux individualités complètement distincts. Ils sont effectivement extrêmement différents dans leur personnalité et c'est hyper intéressant, mais challengeant aussi, on ne va pas se mentir, en termes d'éducation, parce que ce qui fonctionne pour l'un ne fonctionne pas forcément pour l'autre, et effectivement, d'essayer de les éduquer. avec des principes d'égalité, il y a ce en quoi tu crois et puis il y a l'environnement dans lequel ils évoluent et donc du coup, ce qui est ramené de l'extérieur. Et donc, c'est un challenge, c'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Ça va grandir aussi, je pense, humainement. Nos enfants nous élèvent. Ça, c'est ma croyance et ma vision de la parentalité. Mais clairement, moi, j'ai deux garçons avec 13 ans d'écart chez les deux, donc un tout petit de 2 ans et un de 15 ans. Et c'est quelque chose aussi. Quand ils n'évoluent pas dans les mêmes univers, clairement.
- Speaker #1
Mais je suis aidé quand même par l'univers, parce que tu vois, la semaine... On en reparlera peut-être, mais effectivement, nous, ces décisions ne sont pas beaucoup à la maison. donc ils sont assez... assez avancé sur ces sujets. Mais je suis quand même bien aidé parce que la semaine dernière, ils ont tiré au sort des sujets pour leur exposé qu'ils doivent faire pour le mois de juin, qui sont des exposés qu'ils doivent faire seuls. Et c'est sur des personnalités célèbres et historiques, on va dire. Et ma fille a tiré au sort Gandhi. OK, mais mon fils a tiré au sort, et vraiment, le hasard, Hollande de Gouges. Donc quand même la figure féministe absolue, entre guillemets. Et j'ai trouvé ça incroyable. Même quand ça ne vient pas de moi, finalement.
- Speaker #0
L'univers l'a bien fait, c'est clair.
- Speaker #1
C'est très drôle.
- Speaker #0
C'est trop marrant, c'est clair.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
Tu vois, puisque tu interviens beaucoup dans le monde du travail, dans le monde du travail, qu'est-ce qu'on attend encore des hommes aujourd'hui, selon toi ? Qu'est-ce que tu observes ?
- Speaker #1
La même chose qu'il y a, je pense, il y a 5 ans, 10 ans, 30 ans, 50 ans, 100 ans, j'ai envie de dire. 70 balais, ouais. Je pense qu'il n'y a pas grand-chose qui a bougé. C'est un système qui est très lourd et qui met beaucoup de... de temps effectivement à bouger. Donc, je pense que ce qu'on attend des hommes, c'est quoi ? C'est toujours du surinvestissement professionnel, c'est du présentéisme, c'est une approche assez carriériste, c'est ce que j'appelle un concours de quéquettes quand même. Pardon pour la petite vulgarité. Non, non, tu peux y aller. Et c'est toujours un culte de la performance, voire de la surperformance. C'est un modèle… managerial qui existe depuis très longtemps et qui évolue peu, voire pas.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Mais peu, on va dire pour la thérèse.
- Speaker #0
C'est clair. Pourquoi il n'évolue pas pour toi ?
- Speaker #1
Oui, il évolue quand même, mais très lentement parce qu'il y a un poids de la société qui est hyper fort. On est quand même dans une société, dans une éducation très patriarcale et l'entreprise a encore plus de mal à… La société bouge, mais la société… Il y a la société, puis il y a les organisations, elles font partie de la société, mais elle a encore plus de temps à bouger parce qu'il y a des référentiels qui sont très ancrés, parce qu'il y a des stéréotypes qui sont très ancrés, parce qu'il y a un poids vraiment qui est très très fort et que pour le coup, on parlait tout à l'heure de le fait que les femmes osent, mais finalement, il s'agit aussi pour les hommes d'oser, mais d'oser jouer un rôle différent. et ça... Et ça, ce n'est pas si facile que ça. Ce n'est pas si évident que ça. Et ils ne se l'autorisent que trop peu.
- Speaker #0
Tu penses qu'ils ne se l'autorisent que trop peu de la peur du regard du groupe, du groupe social, de la peur du rejet, peut-être c'est un peu tout ça, ou parce qu'on ne leur apprend pas ?
- Speaker #1
C'est complètement multifactoriel. C'est effectivement le... Encore une fois, le poids sociétal, donc le groupe, qui fait qu'il y a des codes et que... C'est l'exemple de... Ça se joue dès la cour de récré, où tu n'as pas envie de jouer au foot, même si tu es un petit garçon, tu vas te forcer à jouer au foot parce que c'est l'appartenance sociétale, c'est grégaire. C'est un groupe, donc on doit se conforter à ce qu'attend le groupe. Et puis, effectivement, il y a un sujet d'éducation. Alors, on peut imaginer que dans la nouvelle génération, ça soit différent. Je dis... on pourrait au conditionnel, parce que quand on voit la nouvelle génération, ceux qu'on voit en temps, et en tout cas une partie, et on voit, ce n'est pas l'essor, l'exclusion du masculinisme, on voit bien qu'effectivement, finalement, cette génération dont on a tant parlé, en disant, pour eux, l'égalité, ce ne sera pas un sujet, on voit que si, pour certains, ça en est, ou en tout cas, ils ont une autre vision de l'égalité. Et en fait, ce courant masculiniste, il le montre bien. ce côté très de tradition finalement. Et en fait, moi, on est quand même dans un monde qui est hyper anxiogène aujourd'hui. Moi, je pense qu'il faut faire en sorte d'essayer de comprendre et de ne pas juger. Parce que quand on juge, on stigmatise. Et finalement, quand on stigmatise, on encourage les gens encore plus, finalement, à se conforter dans leurs excès. Donc, je pense que je ne suis pas sûr que ce soit la bonne approche. Ce qui est intéressant, c'est peut-être d'essayer de comprendre. Et on est dans une société qui est hyper anxiogène. Et finalement, quand on a peur, Alors, il y a des peurs réelles, il y a des peurs qui sont infondées, qui sont encouragées, avec des courants politiques qui souffrent sous les braises, etc. Mais en fait, quand on a peur, on fait quoi ? On se replie sur soi et on se replie sur ce qu'on connaît. Et ce qu'on connaît, c'est quoi ? C'est la tradition et c'est cette culture patriarcale qui existe depuis des siècles et des siècles. Et en fait, c'est un mécanisme assez simple, c'est juste que c'est plus facile. Ça demande un effort de changer, ça demande un effort de comprendre qu'on peut faire différemment, ça demande un effort d'intellectualiser, puis après de se mettre en mouvement, le tout, plutôt dans la joie. Tout ça, ça demande beaucoup. Et quand on est dans un monde qui, encore une fois, qui est anxiogène et qui demande déjà beaucoup d'efforts du quotidien, demander un effort de changement, d'évolution, ça peut être pour certaines personnes compliqué. Et donc du coup, la facilité, c'est on va vers ce qu'on ne connaît pas.
- Speaker #0
Et on retourne à des temps très anciens. Comme on disait, c'est multifactoriel et on ne peut pas ignorer la systémie dans tout ça. Et par systémie, j'entends au-delà de nos éducations, de nos familles, il y a le monde dans lequel on évolue, il y a la société dans laquelle on évolue. Et de fait, il y a la politique dans laquelle notre pays s'inscrit aussi, qui encourage ou qui désencourage. les gens à progresser en ce sens clairement tout à l'heure tu disais que tu as longtemps été salariée, du coup ça m'amène à cette question quand tu étais salariée tu t'es rendu compte dans tes déclencheurs que ah ouais mais là il y a des paroles un peu sexistes, là je me rends compte qu'en fait au plus on monte dans la hiérarchie, au moins je vois de femmes, au moins elles osent mais est-ce qu'il y a une situation précise où toi tu t'es dit bah en fait là je prends la pleine mesure que ce que vivent les femmes, c'est ultra violent par rapport à mon expérience de mec dans une situation de travail ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il faut faire attention parce que déjà, je ne suis pas une femme. Et donc, du coup, je pense que je ne pourrai jamais comprendre pleinement ce que vit ou ce que ressent une femme. Donc, je pense qu'il faut déjà avoir une distance par rapport à ça. On peut essayer effectivement d'appréhender, d'observer, mais dans sa chair. on ne peut pas, jamais je ne le comprendrai mais parce que jamais je sentirai des regards déplacés sur moi ou des regards en plus, parce que jamais on me sifflera dans la rue, parce que jamais je n'aurai pas accès à quelque chose parce que je suis un homme mais parce que jamais aussi je pourrai donner la vie, mais parce que jamais j'aurai mes règles, parce que jamais j'aurai la ménopause bref, la liste est longue qui fait qu'on ne peut pas, je pense vraiment pleinement comprendre et que même en étant Un homme à l'aide du féminisme, je pense qu'il faut rester humble par rapport à ça. Je pense qu'on peut observer, mais comprendre pleinement, je n'en suis pas si sûr que ça. Ce que j'observe, moi, c'est qu'effectivement, je vois des femmes qui doutent beaucoup plus que des hommes, y compris ma fille, par exemple. Et effectivement, on le disait, des jumeaux, ils ont le même âge, mais des personnalités différentes. Et effectivement, il y a plus de doutes, il y a moins d'audace, pour prendre un terme que l'on connaît bien, l'audace. je parlais des regards tout à l'heure je l'observe entre mon coureur qui est le train que je prends pour rentrer chez moi il y a une espèce de grande rue avec beaucoup de passages et j'observe je vois les groupes de mecs quand il y a une fille qui avance et je vois ce qu'ils se disent entre eux parce que je marche derrière eux et je vois ce qu'ils se disent quand ils la croisent et je vois ce qu'ils disent Merci. tant après à soi dépassé. Donc voilà, et alors moi, je suis quelqu'un qui a énormément d'empathie, donc je me mets à sa place, je me dis, waouh, waouh, c'est dur. Je vois des étudiants, j'entends plutôt des étudiantes, dans mes étudiantes, qui me racontent qu'elles ne sortent plus le soir. Voilà, tu as 20 ans, 22 ans, 25 ans, ce n'est pas le moment où tu t'amuses, c'est le moment, il n'y a pas la responsabilité justement d'enfant. Si c'est léger, tu t'amuses. Et en fait, ça me terrorise de me dire qu'elles n'osent pas sortir, elles restent enfermées chez elles parce qu'elles ont peur de se faire agresser, elles ont peur, ce qu'elle explique, de se faire filmer quand elles sont en boîte ou dans un bar et qu'elles font un peu les foufous. Mais parce que, heureusement, tu sors, tu fais les foufous et qu'elles ne veulent pas. Et donc, elles se mettent des mains sur le visage pour se cacher, des trucs un peu barges.
- Speaker #0
Quand on n'a pas des questions dans notre génération. Clairement pas.
- Speaker #1
Tellement pas. Bien sûr. je vois des femmes qui sont cadres sup et effectivement qui me parlent de leur charge mentale qui explose des femmes qui moi j'ai plusieurs mamans solo autour de moi et pour moi c'est des héroïnes du quotidien je les trouve absolument incroyables et encore plus quand elles sont indépendantes en plus donc là c'est double peine double charge Je vois plus de femmes qui doutent, je le disais. J'ai fait un TEDx il y a 4 ans, peut-être 5 ans déjà, sur la paternité, et on a une journée de répétition. Et en fait, dans cette journée de répétition, on était 12 speakers, et je vois sur les 12, il n'y a que 2 femmes. Du coup, moi j'attends la pause, et à la pause, je vais voir l'équipe d'organisation, avec qui j'entends très bien, c'est quoi ce bordel ? Vous savez dans quelle époque on est ? Je fais un petit sketch, quoi. Et ils me disent, mais Pascal... On a eu 100, au total, on va t'expliquer, on a eu au total 100 dossiers. 100 dossiers, donc soit des gens qu'on avait cherchés, soit des gens qui nous ont contactés. Sur les 100 dossiers, on a reçu 4 femmes.
- Speaker #0
4 femmes.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, ils ont fait le choix, en plus l'équipe était majoritairement féminine, d'appliquer un quota et donc du coup d'en prendre 50% sur les 4 dossiers. Mais voilà. Et donc ça, et quand, voilà, le principe des FEDX, voilà, conférence un peu inspirante, tu parles d'un truc que t'as dit, puis après tu tires le fil pour rien. faire une espèce de leçon. Évidemment que les femmes, elles en ont plein. Évidemment que les femmes, elles ont plein de choses incroyables à raconter. Pour autant, elles se disent, non, je n'y vais pas, je ne monte pas sur scène. Il y a des cas où on ne leur laisse pas la place, c'est certain, mais il y a aussi des cas où c'est elles qui n'osent pas prendre la place. Je ne sais pas si je peux les comprendre, les femmes, en tout cas, ce que j'observe, effectivement, il n'est pas juste, tout simplement.
- Speaker #0
Tu crois, qu'est-ce qui amène ça selon toi ? Tu vois, sans qu'on parle dans des réflexions, c'est facile à dire quand ça fait 10 ans que là-dedans, on est forcément influencé par nos lectures et tout ça, mais qu'est-ce qui favorise cela selon toi ? Qu'est-ce que les hommes pourraient faire ? Est-ce qu'il y a quelque chose que les hommes pourraient faire ? Est-ce que c'est qu'une histoire de société ? Est-ce que c'est qu'une histoire dosée ? Je fais exprès de simplifier, parce que la question est plus délicate que ça.
- Speaker #1
bien sûr non non d'ailleurs quand on parle de oser moi j'ai un vrai sujet avec ça j'ai beaucoup de mal j'ai beaucoup beaucoup de mal avec ce truc qui est devenu très marketing je trouve à mon sens ça n'engage que moi où on dit aux femmes oser oser oser je trouve qu'en fait c'est encore une fois c'est une injonction c'est encore une fois leur faire porter la responsabilité sur les épaules c'est une bonne façon de les faire s'épuiser et puis et puis en fait les femmes ok elles osent elles osent elles osent mais si en face Merci. les choses elles ne bougent pas et qu'elles se confondent toujours à un mur, en fait elles vont juste s'épuiser on n'aura pas dans 5 ans, dans 10 ans, on aura fait 30 ans, on aura failli 30 ans, on aura fait 30 ans de marche en arrière parce qu'elle n'est pas mon dernier moment, je me suis épuisé pendant 10 pays à oser, donc là maintenant non non j'arrête donc moi je contente de ce truc là toujours en me disant oui les femmes doivent oser, c'est vrai mais les hommes doivent oser les hommes doivent oser laisser leur place au boulot et les hommes doivent oser prendre la place à la maison Voilà, et donc en fait, ce n'est pas tout de dire, voilà, vous ne pouvez pas me doser, c'est encore une fois, c'est chacun. Moi, je crois beaucoup à la notion de co-responsabilité, donc il y a la notion de la société, effectivement, mais il y a la notion de chaque femme et de chaque homme. Et donc, j'en viens à ta question de ce que les hommes, effectivement, peuvent faire. Ils peuvent faire plein de choses, ils peuvent faire plein de choses. Ils peuvent, déjà, comprendre le sujet, encore une fois, parce qu'on n'est pas des femmes, mais essayer de comprendre ce qui se joue, comprendre ce qu'elles vivent. Encore une fois, c'est 50% de la population, 50-50. Donc, c'est un peu intéressant quand même de comprendre comment fonctionne l'automatique de la population, je trouve, quand même, déjà en termes d'intérêt. Alors, moi, je ne suis pas très à l'aise avec l'idée de déconstruction. Ce n'est pas un mot que j'aime trop, trop. À la limite, je préférais parler de reconstruction. On doit garder la syntaxe. On ne se déconstruit pas, ce n'est pas vrai, on est ce qu'on est avec notre poids, avec notre éducation, avec l'éducation de la société, avec l'éducation de nos parents, avec l'environnement dans lequel on évolue, professionnel, mais même lié à l'école et tout ça. Par contre, tout ça, ce n'est pas des fatalités. Donc en fait, on peut se reconstruire différemment et faire bouger un peu les choses et comprendre que femmes comme hommes, on est blindés de stéréotypes. et qu'il s'agit de les voir pour les comprendre et pour peut-être parfois s'en défaire. On est blindé. En fait, je crois que le vrai sujet, c'est un sujet de liberté. C'est de quoi j'ai envie vraiment d'être. Et tu vois, le TEDx que j'ai fait, c'est sur la paternité. Il s'appelait « Oser être le papa que vous rêvez vraiment d'être pour être libre » . Et en fait, je crois que c'est vraiment ça le sujet. Je ne vais pas l'accomplir ce moment-là parce que moi, la liberté, c'est vraiment ma valeur première Tu vois, moi je dis toujours, en fait, le sujet, c'est pas qu'une femme, elle doit forcément être une girl boss, parce qu'elle était aussi beaucoup un truc très marketing. Bah non, si elle n'en a pas envie, elle n'en a pas envie. Le vrai sujet, c'est qu'elle doit avoir la liberté d'être hyper engagée dans sa carrière si elle en a envie, mais d'être aussi hyper engagée dans sa vie familiale si elle en a envie. Mais c'est la même chose pour les hommes. Un homme, aujourd'hui, il est surinvesti dans la vie professionnelle, mais il doit se dire qu'il doit avoir la liberté de faire ses vrais choix. Et c'est quoi son vrai choix ? C'est à ce moment-là, il a envie d'être un papa hyper engagé. S'il se trouve, il n'a pas envie d'être surinvesti professionnellement par un an. Quand je parle de paternité, ce que je dis, c'est qu'il n'y a pas un modèle de papa. Il n'existe pas de papa modèle ni de modèle de papa. C'est à chacun de créer son propre référentiel. L'époque, oui, elle n'est pas simple. Mais en même temps, on est dans une époque où tout bouge. Je trouve que la richesse de cette époque… c'est que justement, on peut se réinventer, se reconstruire en fonction de ses vraies aspirations. Et voilà, je pense que les hommes, ils doivent oser faire cet examen de conscience, mais pas pour se culpabiliser, pas pour s'autoflageler, moi ça ne sert pas à grand-chose, mais pour avoir un examen de conscience pour dire, ok, qui je suis, qui j'ai envie d'être, il y a une différence, c'est une dichotomie, qu'est-ce que je peux faire ? changer, qu'est-ce que je peux ajuster pour me faire différemment. Et là, effectivement, on va parler stéréotypes, on va parler de croyances, on va parler aussi de santé mentale, clairement, santé mentale des hommes, gros, gros sujet, énorme tabou. Moi, je partage toujours un chiffre quand je parle de sujet parce que je le trouve très fort, c'est 70% des suicides en France sont des hommes, mais 70% de la patientèle des psys sont des femmes. Et donc, ça dit quoi ? Ça dit que la souffrance mentale, évidemment, n'est pas genrée, par contre, sa reconnaissance et son désir d'accompagnement le sont particulièrement. et qu'effectivement, un homme éduqué à base de « c'est fort » , un homme de « ça pleure pas » , un homme « ça gère ses émotions » , justement, ce n'est pas ça la vraie vie, parce qu'une émotion, c'est un messager qui nous dit des choses sur nos besoins, satisfaits ou insatisfaits, et ça, c'est juste un truc d'humain, ce n'est pas un truc de femme ou d'homme, c'est juste un truc d'humain. Et donc les hommes, ils ont besoin de se connecter à leurs émotions, besoin de prendre soin de leur santé mentale pour eux, mais évidemment, du coup, pour leur environnement. Je pense qu'on a besoin de rôle modèle masculin, d'homme moderne. qu'on a assez peu on a besoin aussi d'hommes déconstruits ou reconstruits dans la pop culture moi je rêve qu'on ait des films des séries avec des hommes qui ne soient pas des caricatures des politiques aussi qui ne soient pas dans ces caricatures là je pourrais continuer encore et encore mais j'ai déjà donné quelques pistes
- Speaker #0
Oui, ce qui rejoignit ma question, mais comme ça si tu veux en donner encore, selon toi pourquoi ils résistent autant ? Tu viens de donner une énorme partie de la réponse, tu as fait une réponse un deux en un, mais qu'est-ce qui les empêche vraiment de faire ça ? Parce qu'en vrai, personne ne les empêche d'aller prendre un rendez-vous chez le psy, ils ne sont même pas obligés de le dire qu'ils y vont.
- Speaker #1
C'est une vraie construction.
- Speaker #0
Oui, c'est une vraie construction sociale en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est une vraie construction sociétale. Et du coup, il y a peu de temps, je parlais avec un mec de la petite quarantaine qui se faisait plein de questions. En plus, il parcourait avec sa compagne difficile pour avoir un enfant. Donc, il le faisait beaucoup. Et du coup, il se faisait accompagner par un psy parce que vraiment, ça allait pas bien. Et il me disait qu'il avait été très mal mané par tout son entourage à partir du moment où il a dit. On s'est vraiment foutu de lui parce qu'il allait voir un psy. c'est un truc de meuf mais c'est une réalité c'est une vraie réalité et donc du coup autocensure et donc du coup j'y vais pas il a fait la démarche j'y vais mais voilà un autre gage je pense à quelqu'un qui du coup avec sa femme ils ont deux enfants en bas âge et il m'expliquait qu'il trouvait ça insupportable que sa femme prenne la pilule avec les risques que ça avait et que la charge Merci. contraceptive, soit repose sur les épaules de sa femme, et donc du coup il avait décidé de faire une vasectomie. J'ai dit putain, hyper intéressant tout ça, il a 35 ans, hyper intéressant, trop cool, voilà, il t'en a parlé autour de toi, et il me dit ouais, j'en ai parlé autour de ma bande de potes, et il y a eu vraiment les deux réactions, il y a les réactions de waouh, t'as le courage de faire, ça m'inspire, je vais me poser des questions, et l'extrême inverse de putain mec, qu'est-ce que tu fais, tu te coupes ta paire de couilles, pas ? c'est ouf qu'il pense ça et de façon extrêmement violente et en fait lui il était convaincu de son choix et par amour pour sa femme c'était pour ça donc ça ne l'a pas rendu en question mais il me dit ça m'a déstabilisé et je lui ai dit de quoi tu aurais besoin pour que ça ne soit plus un sujet ça m'intéressait de savoir et il me dit mais en fait j'aimerais qu'on en parle plus parce que si on en parlait plus dans la société que si on normalisait la vasectomie comme on a normalisé la pilule Merci. qui n'est pas normal en soi, mais on l'a normalisé depuis 50 ans, si on normalisait qu'il y avait une autre solution qui était la vasectomie, en fait, il n'y aurait plus ça. Donc, je pense qu'effectivement, on est encore une fois dans une société où les codes sont hyper ancrés. Ils sont très ancrés, mais très fortement. Et qu'il s'agit justement de les réinventer, de les refaire bouger pour que ça inspire, pour que ça autorise. c'est pas inspiré c'est pour que ça autorise quand je parle d'autoriser tu vois j'avais interviewé il y a quelques années Pierre je peux en parler librement parce que il en a parlé et je l'avais interviewé et ça a été partagé Pierre-Edouard Bâtard qui était le PDG du Crédit Mutuel à l'époque En fait, il avait pris un congé paternité de 4 mois.
- Speaker #0
En fait, son histoire, elle est géniale. En fait, il voit un enfant. Son épouse a une grosse, grosse carrière, gros, gros poste chez EDF. Et elle lui dit, t'es gentille, je sais très bien comment ça va se passer. C'est moi qui vais en bâtir tout ça. Non, non, non. Et puis, négociation dans le couple. Et puis, il arrive à un deal. Il dit, si, je prendrais mon congé paternité. Et donc, il a pris quatre mois de congé paternité, donc au-delà du légal. Et il s'était engagé, tout PDG qu'il était, à... deux jours par semaine à quitter le taf à 16h30 pour aller récupérer leur fille à la crèche ok il me raconte tout ça il communique un peu dessus donc ça c'est assez cool et ce qui m'intéressait c'est de dire c'était de je m'interrogeais sur ça va être quoi les effets et donc un an après je leur rappelle pour leur dire est-ce que tu as observé est-ce qu'il y a des choses qui ont bougé au sein de de mon environnement professionnel parce que je parlais de son cas ok c'est cool mais concrètement et il dit ça a tout changé Ça a tout changé, c'est-à-dire qu'il y avait 100% de prise de congé paternité chez ces collaborateurs masculins, et il y en avait plein qui se permettaient de partir à 16h30, alors qu'avant, pour aller récupérer leurs enfants, on sortait scolaire, alors avant, tout ne faisait pas. Et donc je pense qu'en fait, c'est ça aussi, c'est qu'on a besoin de créer des nouveaux narratifs, des nouvelles histoires qui disent que c'est possible, c'est cool, ça donne envie, go on y va tous ensemble.
- Speaker #1
Mais carrément, mais t'imagines pour ces salariés en fait l'impact que ça a, parce que la fonction en plus, déjà même si ça avait été un homme classique, juste salarié, ça aurait eu un impact, mais là l'impact il est encore plus puissant parce que le mec est PDG en fait. Ils se sont dit, si à ce niveau-là de responsabilité, je peux m'autoriser, je peux avoir la liberté de choisir, alors forcément que toutes les parties prenantes en dessous de lui, niveau organigramme… 100%, c'est énorme, il n'y a jamais 100% de prise de conscience. C'est fou quand même. La paternité, même dans les meilleures boîtes, en fait, c'est hyper rare qu'on le sait, toi et moi, sur les chiffres. C'est hyper rare. Ou alors avec des trucs alambiqués de, en fait, tu as droit à un mois, mais tu vas prendre 15 jours par-ci, 15 jours par-là, ou une semaine par-là. Des trucs, c'est what the fuck, tu n'es pas dans ta paternité, ce n'est pas des vacances, mon gars, tu vois. Mais j'ai tellement entendu de trucs, moi, dans les milieux où j'étais avant. Hyper inspirant. hyper inspirant, mais c'est vrai qu'on manque cruellement à la fois pour les femmes de rôles modèles qui puissent surinvestir dans des sphères politiques, économiques, de business vraiment qui investissent dans la société, à qui on laisse vraiment les mains aux commandes et à l'inverse une prise de rôle modèle dans, c'est ce que tu disais tout à l'heure, très joliment en fait. laissons la place aux... Viens, on inverse un peu la tendance, en fait. Laissons la place aux femmes qui ont envie d'investir la sphère publique et professionnelle, et laissons aux hommes la sphère un peu privée aussi, parce qu'en vrai, nombre d'hommes qui en auraient bien envie et qui...
- Speaker #0
Mais il y en a plein,
- Speaker #1
j'en connais plein. J'en ai plein autour de moi, quoi. Mais en fait, ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas.
- Speaker #0
Ils ne s'autorisent pas. Alors, on pourrait dire qu'ils manquent de courage et tout ça, tout ça. Et c'est vrai, c'est vrai. Parce qu'on dit, encore une fois, aux femmes d'oser d'avoir de l'audace, mais il faut que les hommes aient l'audace et le courage aussi. Mais c'est un sujet que j'aime bien voir, c'est que justement sur le sujet de l'égalité, je suis sûr qu'il faut faire attention, enfin moi mon parti pris, c'est surtout pas d'opposer les femmes et les hommes, et en fait c'est de regarder l'effet miroir qui existe sur plein de sujets entre les deux. Tout à l'heure je parlais par exemple de la santé mentale des hommes, où il y avait une invisibilisation totale, mais en fait l'effet miroir c'est qu'il y a une invisibilisation de la santé physique des femmes. parce que la femme a la couche, parce que la femme a la serrée qui peut être douloureuse, parce que la femme a les ménopause, et en fait ça on invisibilise complètement. On sait que les labos pharmaceutiques consacrent 4 fois plus de budget aux troubles érectiles qui concernent 17% des 50% de la population, versus la ménopause qui concerne 50%. Donc toutes les femmes, c'est juste dingo. Donc, il y a effectivement cette... Je trouve que c'est intéressant de regarder l'égalité, non pas sur le prisme du fight, mais plutôt de l'effet miroir en des hommes. Mais en fait, le manque d'égalité, il impacte évidemment bien plus les femmes, comme une mesure, et voilà. Mais pour autant, il ne s'agit pas, je pense, de hiérarchiser, parce que je ne suis pas sûr que ce soit fissant que ça, mais plutôt de se dire, en fait, ça impacte aussi les hommes, sur aussi d'autres aspects.
- Speaker #1
Ah, mais complètement. Tu prêches une convaincue. Pour toi, c'est quoi, concrètement, un homme allié ?
- Speaker #0
comment on devient un homme allié alors déjà c'est un homme qui s'intéresse au sujet encore une fois, on est en 2026 c'est assez facile aujourd'hui par lui-même, on est d'accord Pascal par lui-même mais effectivement aujourd'hui il y a plein de ressources des livres, des podcasts il y a tellement de ressources donc ça c'est le premier point Merci, merci. Mais exactement. Donc, de s'intéresser au sujet pour comprendre. Toi et moi, on a mis notamment des fresques de l'équité. Quand il y a des hommes autour de la table, à chaque fois, ils en ressortent en disant « Je suis venu parce que je connais un peu le sujet que je m'intéresse. Non, mais là, je me suis pris la claque de l'année. C'est bien loin de ce que j'imaginais. » Donc, voilà, s'intéresser au sujet parce que pour agir, il faut déjà comprendre où on en est. Être un homme à l'aise du féminisme, c'est un homme qui prend sa part dans sa parentalité. Tout le monde n'est pas parent et il n'y a aucune injonction à être parent. Mais quand il y a une structure familiale, classique, hétérosexuel, femme-homme, du coup classique parce que la majoritaire, ça je voulais pas dire classique, mais la majoritaire femme-homme, être un homme à l'infini, c'est un homme qui prend sa part de responsabilité, qui prend sa part d'aider à deux dans la majorité des cas, dans l'élève à deux. Et l'idée c'est de sortir le père de son rôle d'exécutant. C'est pas qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, mais c'est penser à aider. Quand on sait que 83% des rendez-vous chez la pédiatre sur Doctolib sont pris par les mamans, non, rendez-vous, ce n'est pas bien compliqué à prendre. Donc, prendre sa part et parfois même se battre, parce que typiquement, j'ai des parents qui m'ont raconté que même quand à l'école, ils ne mettent que contacter d'abord le papa, ils appellent d'abord la maman. Et donc, ce n'est pas lâché aussi. Encore une fois, il y a tout un système à faire évoluer. Un homme à l'idée du féminisme, de l'égalité, c'est un homme qui est connecté à ses émotions, on en a parlé tout à l'heure, qui n'en a pas peur, qui les accueille, qui les comprend. Ce n'est pas un signe de faiblesse, c'est exactement l'inverse. Encore une fois, une émotion, c'est un messager qui nous dit quelque chose sur nos besoins, satisfaits ou insatisfaits, si on schématise un petit peu le sujet. C'est génial de savoir ce dont on a besoin ou ce dont on n'a pas besoin. Ce n'est pas un truc horrible, c'est trop cool. C'est hyper utile, ça fait trop du bien. C'est trop chouette déjà pour soi et puis après, par ricochet, pour son environnement. Et puis, se connecter à ses émotions et puis effectivement, oser aller demander de l'aide et se faire accompagner par un psy ou un thérapeute ou un coach quand on en a besoin. Moi, c'est ce que je dis toujours, oser demander de l'aide, ce n'est pas un signe de faiblesse. c'est d'être hyper courageux il faut être hyper courageux pour dire ça va pas j'y arrive pas tout seul j'ai besoin de quelqu'un d'extérieur donc je trouve qu'il faut être putain de courageux pour faire ça femme comme homme donc voilà et ça je pense qu'il y a un vrai truc à lever et pour le coup à chaque fois que moi j'ai échangé avec des hommes qui ne sont pas accompagnés par des psys ils ont clairement un rapport à l'égalité qui est complètement complètement différent clairement je ne dis pas que c'est la clé mais c'est une clé fondamentale Qu'est-ce qu'on pourrait dire d'autre ? Un homme qui est calé du féminisme, c'est un homme qui ose reprendre des propos sexistes, qu'il entend, des remarques sexistes. Il y a plein d'hommes qui n'osent pas, mais parce qu'ils n'osent pas, parce que sinon c'est la honte dans le groupe. Encore une fois, le côté, le poids grégaire, ce qui est la honte, c'est de ne pas reprendre. C'est de laisser une minorité se faire... bouffée par une meute. Donc, c'est justement l'inverse. La honte, elle doit, encore une fois, changer de temps. L'expression, on la connaît, mais voilà. C'est un homme qui n'a pas peur de perdre du pouvoir ou sa place, mais au contraire, qui est OK pour prendre sa juste place et qui est OK pour partager la place. Il y a de la place pour tout le monde et qui aussi va se dire comment je pourrais imaginer ma place, finalement, au-delà de la place qu'on m'a donnée sociétalement depuis des secteurs. Voilà ce que pourrait être un portrait robot d'un homme allié du féminisme, je trouve.
- Speaker #1
Je plus sois, je plus sois. Et je sais que nombre de femmes, tu vois, pourront parler énormément autour de moi. Surtout, tout ce que tu dis est très juste, mais dans les sphères privées, intimes, amicales ou familiales, on parle beaucoup, et effectivement, la place des émotions pour les hommes et tout ça, plus que de place de pouvoir, encore, ça dépend comment on se montre, nos amitiés et nos familles. Mais nombre de femmes autour de moi qui me disent, mais en plus, c'est vachement sexy. En fait, un mec est capable déjà de savoir gérer ses émotions parce qu'il sait gérer les émotions des autres aussi par ricochet. D'autant plus quand tu es parent, ça te renvoie moins cette incapacité à dire, de te figer, de dire je ne comprends pas ce que mon gamin ou ma gamine veut. Parce qu'il y a une part émotionnelle qui est énorme chez nos enfants et des gens qui défendent. d'autres personnes, comme tu dis, on est la moitié de la population, et en plus on est un peu plus nombreuses que vous, en réalité. En réalité, il est là le truc aberrant pour nous, les femmes, si on parle mondialement, mais après toutes les structures de chaque pays ne sont pas équivalentes et équitables, on n'est pas tous au même degré d'analyse politique et de démocratie surtout. Et en plus de ça, pour revenir à ça, Toutes les femmes autour de moi, et je pense autour de toi si tu poses la question, on trouve ça vachement plus agréable, plus sympathique et beaucoup plus charmant. Un homme, je sais que tu n'aimes pas le terme, mais alors reconstruit, j'ai envie de dire. Un homme moderne pour nous, c'est ça, un homme moderne. Et ce n'est pas l'homme qui est… Alors toi, tu as eu la chance d'avoir un grand-père assez moderne, mais peut-être que nous, on est de la même génération, on a eu des grands-pères un peu très patriarcaux. Tu vois, des grands-pères voire des pères, et ce n'est pas de ça qu'on recherche du tout. tellement vrai ce que tu dis. J'espère que tous les hommes qui vont écouter se disent que ce n'est pas si compliqué.
- Speaker #0
Moi, j'adore pleurer. C'est trop ma passion.
- Speaker #1
C'est une régulation émotionnelle. Moi qui fais beaucoup de régulation émotionnelle avec les gens, il y a 10 000 façons de faire de la régulation émotionnelle. La plus naturelle pour l'être humain, c'est de pleurer, de pleurer, de rire. C'est une des plus grandes régulations émotionnelles au monde.
- Speaker #0
C'est hyper libératoire. C'est hyper puissant. C'est hyper puissant. Et puis, peut-être un homme à l'île du féminisme, ça m'y fait penser, c'est aussi quelqu'un qui a un peu plus d'humilité. Je pense qu'il y a de ça aussi. Mais ça va avec le côté un homme, c'est fort, un homme, ça c'est tout. En fait, non. Nous sommes des êtres humains. Et par définition, nous sommes des êtres humains imparfaits. Voilà. Et c'est juste... normal d'être imparfait, ça serait tellement chiant que j'estime en plus qu'on est imparfait, mais juste dans les temps, ça n'est pas possible. Je peux donner un pour parler de moi, mais la semaine d'hier, j'ai contacté une hypnothérapeute, une thérapeute pour mon fils, car à 9 ans et demi, il a encore un peu de mal avec la gestion de ses émotions et la frustration, on va dire, et donc on a fait ce qu'on a pu pour l'accompagner, et on trouve qu'à 9 ans et demi, il a beaucoup évolué, mais que ce n'est pas encore ça. Et qu'en plus, on sent que ça gère une frustration chez lui parce qu'on sent qu'il essaye, qu'il n'y arrive pas toujours. Donc, on dit, on ne sait pas l'accompagner. On va faire appel à quelqu'un dans ses métiers. Et du coup, j'ai échangé avec elle tout à l'heure au téléphone et elle m'a expliqué comment elle avait fait ses premiers rendez-vous. Puis après, le deuxième, qu'elle allait revenir vers nous parce qu'en fait, elle dit, il y a lui, mais il y a forcément une dynamique relationnelle qui s'est mise en place et des mécanismes et machin. En fait, hyper normal. Et moi, je suis hyper serein par rapport à ça. Et je suis hyper serein de me remettre en question. Et je suis hyper serein de me dire, effectivement, peut-être qu'il y a des choses que je ne fais pas bien. Et ça ne fait pas de moi un mauvais homme. Ça ne fait pas de moi un mauvais père. C'est génial, je vais apprendre. C'est génial. Je vais apprendre à faire du père à un homme.
- Speaker #1
C'est ça, un être humain parfait, comme tu as dit. Et on est des parents forcément imparfaits,
- Speaker #0
mais complètement. Je pense qu'accepter aussi, ça part de vulnérabilité. Mais là, c'est pas... Enfin, de vulnérabilité, effectivement. Et d'humilité, je parlais de vulnérabilité aussi. c'est encore un autre sujet, mais d'humilité. Mais pareil, on est dans un monde qui ne valorise pas ça. Typiquement, on est aujourd'hui dans un monde qui est un peu disparu, c'est revenu, où on valorise plutôt, je ne veux pas faire de politique, mais on valorise des Trump, on valorise des Elon Musk, qui sont tous, sauf l'humilité, qui sont vraiment dans le combat de quéquettes. Pardon, moi, j'ai quitté le collège il y a 40 ans, donc en fait, ça ne m'intéresse plus de faire ça. Tout va bien. Non, il y a des choses qui ne vont pas bien. Non, ça ne va pas bien.
- Speaker #1
Justement, tout va pas bien,
- Speaker #0
non ? Non, mais en tout cas, le sujet n'est pas là-dessus. Donc, je ne sais pas, voilà. Donc, ouais, l'humanité aussi, je pense que ça fait largement partie. Effectivement, parce que ça doit être un homme allié.
- Speaker #1
Complètement, complètement. On aurait tellement à dire sur ce sujet, mais on n'aurait plus le temps. Dernière question pour toi. Qu'est-ce que tu aimerais justement transmettre aux garçons ? Ça peut être le tien, comme tous les garçons, mais les jeunes hommes qui croissent ta route, professionnellement ou personnellement, et donc forcément aux hommes qui nous écoutent. Qu'est-ce que tu aimerais leur dire ?
- Speaker #0
Je vais être en point. Je vais redire le premier qui me semble essentiel, de se connecter à ses émotions et de prendre soin de sa santé mentale parce que je pense que ça, c'est vraiment un essentiel. Deuxième point, dire que le combat, puisque c'est un combat à malheureux endroits pour l'égalité, il passe par vous, les hommes, vous, les garçons, les jeunes garçons, vous, les hommes, quel que soit l'âge, que oui, les femmes, elles ont absolument besoin que les femmes ont les mêmes droits que les hommes, mais qu'aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et que du coup, nous, en tant qu'hommes, qui avons plus de droits que les femmes, on se doit d'avoir une attention particulière parce qu'on est des privilégiés. Et donc, du coup, on se doit d'avoir cette politique, ce n'est pas de rattrapage, mais de faire en sorte que cette vraie équité de droits, égalité de droits, cette équité d'égalité de droits existe vraiment, Et pour conclure, ce que j'aime bien dire, c'est que... être un homme à l'illégalité c'est pas perdre du pouvoir, c'est juste l'inverse c'est retrouver du pouvoir sur sa propre vie et que ça c'est incroyable parce qu'il nous dit puisqu'à preuve du contraire, on n'en a qu'une. Donc autant faire en sorte qu'elles soient lumineuses et qu'elles soient incroyables et pour soi et pour les autres, et surtout qu'elles soient à nous. Je défends beaucoup cette idée d'être des actrices et des acteurs de nos vies, et je pense qu'aujourd'hui, les hommes ne sont pas pleinement des acteurs de leur vie, et donc ne croyons pas qu'être un homme, je vais la répéter parce qu'elle est importante pour moi, mais ne croyons pas qu'être un homme à l'idée du féminisme ou de l'égalité, c'est perdre du pouvoir, au contraire, c'est retrouver du pouvoir sur sa vie.
- Speaker #1
Ah, magnifique ! Merci Pascal.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire. Et surtout, secoue les règles du jeu.