Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que does. Pas à dire tout haut ! Hello, je suis ravie de te retrouver dans ce nouvel épisode d'émancipation féminine. Avant d'attaquer sur le sujet du jour, j'avais envie de te faire une petite rétrospective. La semaine dernière a eu lieu mon atelier de prospection pour entrepreneuses. Je l'ai animé jeudi dernier et j'ai vraiment... Adoré, ça s'est super bien passé, à part quelques soucis techniques au démarrage, mais au moins ça m'apprendra à vous partager les outils en amont. Mais c'était vraiment génial et bon, comme la suite logique et comme je l'ai annoncé aux entrepreneurs qui étaient présentes à l'atelier, la suite logique, une fois qu'on a fait notre prospection et que nos prospects nous ont dit oui, il faut bien vendre à ces prospects. Donc... J'ai commencé à préparer ce nouvel atelier et je ne voulais pas le préparer sans vous. C'est pour ça qu'avant de le construire, je voulais vérifier mon intuition. Et j'ai donc posé sur Instagram, c'était vendredi, j'ai posé une question. Quelle était la chose la plus difficile pour toi quand il s'agit de vendre ? Donc c'était vraiment à destination des entrepreneurs. Et les réponses ont été assez claires. et ce qui est ressorti. C'est annoncer son prix, relancer et répondre à une personne qui vous dit, qui te dit je vais réfléchir. Honnêtement, les réponses ne m'ont pas vraiment surprise puisque, comme tu le sais, peut-être que tu me découvres avec cet épisode, mais moi j'ai travaillé pendant plus de dix ans dans des métiers où il fallait convaincre, négocier, défendre des projets et parler argent. Du coup, moi je prospectais beaucoup. Vraiment, c'était 80% de mon métier. Mais une fois que les prospects m'avaient dit oui pour vendre, moi, j'achetais des choses chez eux. Donc, j'achetais auprès de particuliers et de professionnels, mais je devais vendre ces projets à des institutionnels. Je négociais des budgets et je portais des dossiers aussi en interne puisqu'il fallait vendre le projet budgétisé en interne. Voilà, petite parenthèse terminée. C'est pour ça qu'aujourd'hui avec Madame Flow Coaching, je continue à parler d'argent différemment, mais j'en parle toujours. Et ce qui me frappe quand on parle d'argent, c'est que ces difficultés, ça ne concerne pas uniquement les entrepreneurs. Parce qu'au fond, annoncer son prix quand on est entrepreneur et négocier son salaire, quand on est salarié, en fait ça raconte souvent la même chose. Donc aujourd'hui, j'ai envie qu'on... parle de ça, pourquoi tant de femmes ont du mal à parler d'argent ? Et j'ai envie de te faire une petite confidence que j'ai faite aux quatre entrepreneuses qui étaient avec moi lors de l'atelier prospection, parce que souvent j'entends les entrepreneuses dire qu'elles ont du mal à annoncer leur prix, à relancer, à répondre à une objection. Et moi, quand j'entends ça, je sais très bien que derrière, c'est... pas un problème de... Souvent, on va te dire il te manque de la technique de vente, il te manque de la persuasion, mais alors pas du tout. Moi, ce que ça répond en mon fort intérieur, c'est vraiment genre mais bienvenue au club, meuf. J'ai vraiment envie de dédramatiser ça avec vous parce que malgré que j'ai été dans ces métiers pendant plus de 10 ans où il fallait convaincre, négocier, défendre des budgets, moi aussi, j'ai dû apprendre. J'ai dû... apprendre à vendre en tant qu'entrepreneuse parce que c'est pas la même chose. Parler d'argent pour soi, c'est pas tout à fait la même chose que parler d'argent pour un projet, pour une entreprise ou pour une institution qu'on représente. Quand on parle d'argent pour soi, pour sa propre boîte, il y a autre chose qui se joue. En réalité, très vite, qu'est-ce qui se mélange ? L'argent, ça se mélange à notre valeur. Ça se mélange à la valeur que l'on croit avoir sur soi, à la légitimité, à l'image que l'on a de soi. Et c'est ça qui est intéressant. Parce que vraiment, si le problème, il était juste technique, il te suffirait quoi ? D'apprendre un script. Or, ce n'est pas juste avec un script qu'on observe qu'il y a des changements. Et des femmes capables de négocier un budget de... plusieurs milliers d'euros pour leur entreprise n'osent parfois même pas demander une augmentation. Des femmes qui obtiennent des résultats exceptionnels attendent parfois des années avant d'augmenter leur prix. Alors c'est quoi qui se joue vraiment là-dedans ? Une fois n'est pas coutume, je pense qu'une partie de la réponse se trouve vraiment dans notre socialisation. Et très tôt, beaucoup de femmes apprennent à être appréciées, à être accommodante, à être discrète, à ne pas trop prendre de place, à surtout ne pas paraître méga ambitieuse, donc pas trop ambitieuse, à surtout ne pas être considérée comme vénale, obsédée par l'argent, ne parler que d'argent. Et puis un jour, on te demande de vendre, de négocier, de défendre ta rémunération, de parler d'argent avec une assurance comme si tu avais parlé d'argent toute ta vie. Ben forcément, Il y a un fossé et il y a du frottement à l'intérieur. Ça dérange, ça nous dérange. Parce que ces deux apprentissages ne vont pas toujours dans le même sens. Et là, j'ai vraiment envie qu'on fasse une distinction importante. Déjà, un, je ne suis pas en train de dire que toutes les femmes vivent la même chose. Et de deux, je ne suis pas en train de dire que toutes les femmes... ont du mal à parler d'argent. Ce que je dis, c'est simplement que nous évoluons dans une société où le rapport des femmes à l'argent, au pouvoir et à l'autonomie n'est absolument pas neutre. Quand tu rajoutes cela, l'origine sociale, la couleur de peau, l'orientation sexuelle, le handicap ou d'autres formes de discrimination, le sujet, il devient encore beaucoup plus complexe. C'est pour ça aussi que j'aime regarder ces questions avec une grille de lecture en tant que féministe intersectionnelle. Cette grille de lecture, ça va permettre de sortir du fameux « tu manques juste de confiance » qui, clairement, c'est tellement un raccourci. Mais franchement, je trouve cette explication tellement courte et réductrice. Parce que souvent, ça va te ramener au manque de confiance en toi. Et ça, ça m'agace un petit peu beaucoup. Vous le savez, si vous êtes là depuis un moment. Parfois, c'est juste une histoire de normes sociales. En fait, beaucoup. D'accord ? C'est une histoire d'éducation. C'est une histoire de pouvoir. Et parfois, c'est un mélange de tout ça. Donc, si je reprends les résultats de mon sondage, les trois réponses qui sont revenues le plus souvent... La première, c'était annoncer son prix. Annoncer son prix qui arrivait dans le sondage à 47% de vote. Donc vraiment, cette histoire d'annoncer son prix, je crois que c'est vraiment un révélateur. C'est très révélateur parce que dans ma carrière, j'en ai vu des hommes défendre des projets à plusieurs centaines de milliers d'euros. Des femmes aussi, dont moi. À faire cela, j'ai vu des femmes gérer des équipes, des budgets, des clients difficiles. Et pourtant, certaines qui se retrouvent encore à hésiter à dire, mon accompagnement aujourd'hui coûte 1200 euros ou, si t'es salarié, je souhaite avoir une augmentation. Et ça, ça n'a rien à voir avec la compétence, vraiment. Tout est une histoire de valeur. Tant que l'argent concerne le projet d'une entreprise ou d'un client, ça va. Dès qu'il nous concerne nous, Il y a l'affect et notre émotionnel qui rentrent dans la conversation. Le deuxième item qui est revenu, c'était relancer après un échange. Il était arrivé à 41% dans les sondages. Et là, j'ai envie d'être un petit peu provocatrice. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui confondent clairement relancer et déranger. On en a parlé, c'est tout à fait l'atelier prospection. J'en ai parlé aussi. C'est la même chose. Dans la vente, on va avoir besoin de relancer. Dans la prospection, avant qu'on se dise oui, tu vas avoir besoin de relancer. D'accord ? Une relance professionnelle, je vais dire un truc tout bête, mais c'est juste une relance professionnelle. Par exemple, quand un homme va relancer un devis, on dit « super, il est impliqué dans son job » . Et quand certaines femmes relancent, elles ont parfois, souvent, très souvent, presque tout le temps, l'impression d'être insistantes. Et ça, ça mérite qu'on s'interroge et qu'on l'interroge ensemble. durant cet atelier. Et enfin, le troisième élément qui est arrivé, c'était le fameux, comment je rebondis au fameux, si ton prospect te dit, super, je vais réfléchir. Donc ça, c'est arrivé. J'avais demandé, qu'est-ce qui te ferait gagner le plus de temps ? Et à 38%, vous souhaitiez avoir une réponse à je vais réfléchir. Qu'est-ce que je réponds quand mon prospect me dit ça ? Cette phrase, c'est vrai qu'elle peut être assez fascinante parce que souvent, elle est interprétée comme un rejet. Alors qu'en réalité, elle veut simplement dire une chose, la personne va vraiment réfléchir. Parfois, ça peut être pour beauté en touche. Vraiment, 90% du temps, c'est vraiment que la personne a besoin d'y réfléchir ou d'aller en reparler avec des personnes en interne, si elle n'est pas toute seule à décider. Et quand notre légitimité, elle est un peu fragile, on a envie de remplir immédiatement ce blanc-là de « ok, je vais réfléchir » . Donc vous avez envie de vous justifier, dans votre tête, vous commencez à vous prendre la tête, « peut-être que je me suis mal exprimée, peut-être que mon prix est trop cher, peut-être qu'elle ne voit pas la valeur » , alors qu'en réalité, tu n'en sais juste rien. La personne t'a dit qu'elle allait réfléchir. Donc à cette question que je pose, qui n'est pas vraiment une question en fait, c'est « pourquoi tant de femmes ont du mal à… » parler d'argent. En tout cas, le titre de l'épisode, c'est vraiment pas fait comme une question. Je viens t'expliquer le pourquoi, plutôt. Mais vraiment, il n'y a pas de réponse unique et je n'aimerais pas te faire croire qu'il y a une réponse unique. Mais je crois que lorsque des milliers de femmes rencontrent les mêmes difficultés au même endroit, annoncer un prix, demander une augmentation, relancer, négocier, il faut arrêter de regarder Merci. uniquement les individus. Il faut aussi regarder le système dans lequel nous avons grandi. Et la bonne nouvelle, c'est que tout ce qui a été appris peut être désappris. Parler d'argent, ça s'apprend. Négocier, ça s'apprend. Relancer, ça s'apprend. Annoncer un tarif, ça s'apprend aussi. Et plus on pratique, moins ces conversations prennent de place dans notre tête et moins elles nous angoissent. On va travailler quoi dans cet atelier ? Cet atelier qui va s'appeler Vendre sans te justifier. On va y travailler ensemble les sujets qui sont arrivés en tête, à savoir comment j'annonce mon prix, comment je réponds à un prospect qui me dit je vais réfléchir et comment je relance sans avoir l'impression de déranger. Et pour les salariés qui m'écoutent, Vous inquiétez pas, je prépare aussi un atelier qui sera autour de la négociation salariale et qui sera pour cet été tout début juillet exactement. Parce qu'au fond, que l'on vende une offre ou que l'on négocie son salaire, la question reste souvent la même. Comment parle-t-on d'argent sans s'excuser d'exister ? Si tu es entrepreneuse et que tu veux vendre sans te justifier, viens rejoindre nous. Je te mets dans le descriptif de l'épisode le lien pour t'inscrire. à l'atelier qui aura lieu donc le jeudi 25 juin à 12h30 sur Zoom et il y aura un replay pour les inscrites et je les laisse toujours à prix tout doux, 29 euros pour apprendre à vendre sans te justifier. Merci pour ton écoute et je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment refaire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi je reste là, je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.