- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut. Bienvenue Aurélie dans Emancipation Féminine, je suis ravie de te recevoir, je suis même très en joie de te recevoir. Est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît, sans parler de ton métier ?
- Speaker #1
Alors déjà, ravie d'être là Delphine, donc moi je suis Aurélie Narsilo, donc j'entreprends depuis l'île de la Réunion, je suis avant tout une femme, une maman, une aidante et une personne qui est passionnée par les relations humaines. Donc, je suis sur La Réunion qui est à 10 000 kilomètres de la métropole et j'adore connecter avec les gens du monde entier pour traiter deux thématiques dont on va parler aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des passions dans la vie Aurélie ?
- Speaker #1
Oui, alors déjà j'adore le cinéma, j'adore le cinéma en tous les cas, les films qui relatent des faits de l'histoire. J'aime beaucoup aussi les récits autobiographiques. Ma toute première passion, c'est la lecture, depuis toute jeune. Et j'aime aussi beaucoup le sport de pleine nature. Donc, trouver des manières d'allier sortie en plein air et dépenses physiques, j'aime beaucoup.
- Speaker #0
J'adore, tu vois, comme ça, j'en apprends un peu plus sur toi aujourd'hui. Est-ce que tu peux maintenant nous dire ce que tu fais dans ta vie pro, Aurélie ? Et comment t'en es arrivée là ?
- Speaker #1
Baste sujet. Donc, je suis consultante sur la thématique de la vente alignée. Et j'ai choisi de m'adresser aux femmes qui entreprennent dans le domaine du service et qui sont en phase de développement d'activité. C'est-à-dire, pas qui initient un projet ou qui sont en hypercroissance, mais vraiment celles dont on parle pas forcément tout le temps. C'est-à-dire qui ont déjà commencé à faire grandir leur activité. mais qui rencontrent tout simplement des blocages, des freins vis-à-vis de tout ce qui les amène à se mettre en lumière et à valoriser et vendre leurs services. Donc, j'ai choisi de mettre mes recherches, mon parcours, mes expériences de vie et mes expériences professionnelles au service de ces femmes, justement, qui en ont marre de faire face à des méthodes de vente qui ne leur correspondent pas et de m'appuyer vraiment sur des choses, soit que j'ai testées, soit sur des recherches auxquelles j'ai participé qui ont fait leur preuve et qui permettent aux femmes déjà de se remettre au centre dans la croissance de leur activité, de pouvoir adapter un rythme, des méthodes qui puissent leur permettre de garder leur valeur et leur identité. Ça, c'est hyper important. Et de mener des actions qui leur permettent de ne pas s'épuiser inutilement. Donc, je parle beaucoup de santé mentale. de rythme féminin, ce sont des sujets qui me tiennent à cœur, parce que quand on est une femme, on a tout un écosystème dont on doit tenir compte, tout simplement pour préserver notre santé.
- Speaker #0
Je connais un petit peu ton parcours, donc tu nous parles de recherche, il y aura peut-être des auditrices ou des auditeurs qui ne te connaissent pas encore et qui vont te découvrir avec cet épisode. Qu'est-ce que tu entends par recherche ? Ça veut dire quoi Aurélie ? Parce que là, tu me dis que tu accompagnes des entrepreneuses. que tu es calibrée dans les systèmes de vente, que tu as une grande expérience pro, mais tu as parlé de recherche. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Speaker #1
Oui. Donc Aurélie, avant toute chose, je suis la fille de parents qui sont d'origine ultramarine et afro-descendant. Donc un papa de Martinique, une maman de Réunion, des aïeux qui sont de Madagascar, Réunion et d'Ethiopie. Donc un grand brassage culturel. Donc depuis toute jeune, j'ai exprimé mon souhait de vouloir m'épanouir dans des métiers où il y avait très peu de femmes, voire pas du tout à l'époque. Donc j'ai exprimé auprès de mes parents l'envie de faire du journalisme d'investigation en voyant des émissions de personnes qui interrogeaient les femmes sur leur parcours de vie. Ça m'a passionnée depuis toute jeune. Et la réponse que j'ai entendue, c'était « Attention » . Il y a très peu de femmes comme toi dans ce milieu-là. Tu ne trouveras pas forcément d'issue dans ce milieu-là. Donc ça, ça a été un premier déclic. Pourquoi ? Parce que je me suis posé la question, comment est-ce qu'en étant petite, on peut d'ores et déjà nous fermer des portes en tant que jeune fille ? Et en fait, j'ai été l'enfant qui a posé des questions tout le temps, à tout le monde, tout le temps.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Donc, pourquoi il n'y a pas de femmes à la télé ? Pourquoi il n'y a pas de femmes dans les livres ? Pourquoi quand j'apprends l'histoire, il n'y a pas de femmes ? Pourquoi quand je regarde les pilotes d'avion, les gens qui réalisent des grandes... Pourquoi je ne trouve pas de femmes ? Et ça a été quelque chose qui m'a interpellée dans un premier temps. Et j'ai cette chance d'avoir eu la transmission de cette passion des livres du côté paternel. Et tout simplement, je me suis plongée dans les bouquins pour aller chercher des femmes qui avaient réalisé de grandes choses. Et c'est là où j'ai découvert déjà des valeurs que j'ai commencé à comprendre. J'ai aussi compris l'importance de choisir ta direction en fonction de ce que tu entends et ce que tu as envie d'accomplir pour toi. Et ça a été ma ligne directrice autant dans mon enfance que dans mes études. C'est-à-dire que je suis issue d'une famille de fonctionnaires. Il y a zéro entrepreneur autour de moi. Et j'ai choisi de me spécialiser sur la thématique sociologique des inégalités femmes-hommes parce que c'était une question à laquelle je n'avais pas de réponse. Donc ça, ça a été tout mon parcours entre mes 19 ans et mes 25 ans. Un parcours qui m'a emmenée loin parce que je me suis passionnée pour un pays qui était en reconstruction à l'époque, après l'apartheid, qui est l'Afrique du Sud, où j'ai lu énormément de livres dessus. Et quand le pays a été libéré et que le gouvernement de Mandela a recherché des personnes qui étaient chercheurs, chercheuses sur la thématique des inégalités, sur ma vingtaine, j'ai postulé à cette mission et je suis restée trois ans là-bas, dans un pays qui m'a transformé mon regard sur l'intégration des femmes dans le milieu professionnel ou entrepreneurial, justement en cherchant des solutions. aux inégalités qui étaient présentes à l'époque dans le pays. Donc, j'ai d'abord été chercheuse. J'ai échangé avec énormément de femmes qui repartaient de zéro, qui entendaient un discours qui est élévateur, donc avec des moyens, des personnes, un gouvernement qui mettait en place des choses pour permettre aux femmes soit de s'intégrer dans le salariat ou dans l'entrepreneuriat. Moi, je faisais partie de la délégation Gender Equality. Equity Unit dans le domaine de l'entrepreneuriat féminin. Et c'est là où j'ai vu des femmes qui exprimaient des projets. Et là, tout le monde met en place des choses avec des phrases comme « tu es capable » , « dis-moi ce dont tu as besoin » , « comment je peux t'aider » , l'envers du décor par rapport à tout ce que j'avais connu avant. Donc, je suis rentrée après sur mon île à La Réunion. pour être aux côtés de mes parents, car comme je l'ai dit, je suis une grande sœur et mon frère est porteur d'autisme. À l'époque, son état de santé nécessitait de la présence. Et sur mon île, qui est un petit caillou dans l'océan Indien, les missions de recherche d'une telle envergure n'existaient pas. Et la meilleure manière de pouvoir soutenir ma famille à l'époque et de générer des revenus de façon… Quand on a la vingtaine, c'est un… Il y a des domaines qui recrutent beaucoup plus facilement. Je me suis intéressée à la vente et notamment, je me suis intéressée au domaine des entreprises que j'avais côtoyé des entrepreneuses, des porteuses de projets pendant trois ans. Et je me suis dit, non seulement j'ai envie de travailler pour des entreprises, mais en plus, j'ai compris comment prendre sa place dans un domaine où on ne nous attend pas forcément.
- Speaker #0
J'adore quel parcours ! Il y a tellement de questions qui me viennent et qu'il faut que je reste focus.
- Speaker #1
Je t'écoute !
- Speaker #0
Allez, on est parti ! Déjà, même si je sais que nous on en a déjà parlé en aparté, mais je trouve que c'est hyper intéressant si tu as envie bien sûr d'échanger. Comment se passe un petit peu ce départ pour toi ? Parce qu'en fait ce que tu nommes c'est que tu es très jeune, même pour ses parents ça devait être compliqué de se dire attends Je suis en train de laisser ma fille qui est jeune chercheuse partir à l'autre bout de la planète sur un pays ok qui vient d'être libéré sous Mandela, mais qui est en reconstruction totale, où elle peut être heurtée par multiples choses, dont un pays en reconstruction, c'est aussi des ruines physiques, mais des ruines humaines, des personnes qui peuvent porter vraiment les stigmates de la guerre. Comment ça s'est passé même pour toi, ça, que de se dire ? Pour connaître la Réunion, parce que tu le sais, mon mari est réunionnais. Comme tu dis, c'est un joli petit caillou, mais qui a ses particularités. Faire famille a beaucoup de sens. En tout cas, c'est ce que je vis à travers ma belle famille. Je me dis, mais ça devait être tellement peut-être nourrissant pour toi, mais en même temps, est-ce qu'il n'y avait pas de la peur ? Comment ça s'est passé, ce départ-là, si tu as envie ?
- Speaker #1
Alors, oui, avec plaisir. Alors, je vais donner… C'est important de préciser que mon papa a été de la police, du domaine de la sécurité. Donc, c'est vrai que ça a été une décision importante en tant que parent de me laisser partir. Donc, j'ai souvenir d'une phrase qui m'a répété souvent, c'est « tant que ça aide des gens, fonce » . Et ça, il me l'a répété de très, très nombreuses fois. C'est qu'à cette époque-là, il y avait beaucoup de personnes qui étaient engagées à soutenir ce pays pour se reconstruire. Mais savoir si la reconstruction allait fonctionner, on n'avait pas la réponse à l'époque. Mais non. Clairement. Je me suis beaucoup informée sur là où j'allais être logée. Donc, c'est vrai que je suis arrivée dans un endroit logement étudiant avec des gardes à l'entrée, un couvre-feu à respecter pour ne pas rester dehors parce que de mon métissage, ma couleur de peau et en tant que femme, à l'époque, la criminalité était à son point culminant. Après, je te dirais que ce qui m'a moins... nourri de l'intérieur, c'est de trouver des réponses à mes questions que j'avais depuis des années. C'est, je ne comprends pas qu'il y ait des femmes qui y soient parvenues dans certains endroits du monde et je ne vois pas pourquoi moi ou d'autres femmes on reste bloquées par la croyance qu'on n'a pas les compétences ou qu'on n'a pas notre place dans un certain endroit. Et ça, vraiment, j'avais besoin d'avoir cette réponse. Donc, ce qui m'a vraiment poussée à y aller, c'est d'entendre un homme dire à la télé « On va construire la nation arc-en-ciel. » Et en fait, une nation qui permette de représenter toutes les cultures, mais surtout qui impose la reconstruction sur la base de l'égalité des genres. Et ça, comme je ne l'avais jamais connu, je ne l'avais jamais vu, autour de moi, j'ai toujours entendu des phrases pour m'indiquer que ce n'est pas trop. trop bon de parler de son ambition, de parler d'argent, de parler de grands projets. Et en fait, j'avais envie de connaître un autre écosystème, juste déjà pour apprendre des autres, tu vois. Et puis pour comprendre comment les gens réfléchissent à la thématique de l'égalité. Et je me suis intéressée au domaine de l'entrepreneuriat, tout simplement parce que j'avais des idées dans la tête. Et côtoyer des femmes qui ont des idées et qui font émerger des projets, ça te permet de trouver des pairs avec les mêmes questionnements que toi. Et surtout qu'elles repartaient de zéro. Alors là,
- Speaker #0
de zéro, zéro, ça c'est le cas de le dire. Et puis c'est pas un abus de langage, clairement.
- Speaker #1
C'est ça. Donc déjà, en arrivant là-bas, ce qui m'a frappée visuellement, et ruine comme tu disais, moi je suis passée à côté de quartiers clairement... Quand tu t'endors le soir, tu te dis la gratitude, je sais ce que c'est. Parce que tu sais à quel point aujourd'hui avoir un toit sur sa tête, ne pas craindre la guerre, ne pas craindre un conflit. Quand on voit ce qui se passe à côté, clairement, on comprend la gratitude et la résilience quand on voit ça. Une vision de mon arrivée là-bas, c'est devant l'endroit où j'étais, et vite. Trois jeunes filles, il y avait un terre-plein. Trois jeunes filles avec un panneau en carton, looking for husband. Et ça, ça m'a marquée pendant longtemps parce qu'elles avaient la même tranche d'âge que moi. Et c'est là où je me suis dit, en fait, s'il y a un moyen de comprendre comment on peut changer ça, en fait, je veux en être, tu vois, sans avoir les réponses de ce que ça allait donner. Par contre, je voulais comprendre. tout ce qui était mis en place de la part de professionnels, entreprises privées, institutionnels. Et moi, ce qui m'a frappée, c'est surtout un discours qui allait dans le même sens. C'est-à-dire que c'était des gens qui, pendant des années, s'étaient opposés pour des problématiques raciales et pour permettre aux pays de se reconstruire, qui avaient l'obligation, la nécessité de se concerter ensemble. Donc, j'ai entendu des personnes parler de ce qui s'est passé pendant le conflit, de... comment est-ce qu'on peut faire pour soigner le trauma ? Parce qu'on se reconstruit sur des fondations qui ont marqué les mémoires. Et moi, ce qui m'a vraiment frappée, c'est des femmes qui me disaient, enfin là-bas, on parlait tous en african ou en anglais, et en fait, elles me disaient, mais en fait, on n'a pas le choix. que de se reconstruire. En fait, on n'a pas le choix que de faire en sorte que ça marche parce que clairement, il faut se reconstruire, tu vois. Et donc, l'élan intérieur, il ne tenait pas compte de je suis capable, je ne suis pas capable, est-ce que je suis compétente, je ne suis pas compétente. En fait, j'ai entendu des femmes demander de l'aide, demander conseil, des gens qui allaient chercher des ressources pour les aider. Et moi, ça m'a passionnée. Ce que je me suis dit, c'est là-dedans que j'ai envie d'évoluer. Et je pense que tout ce que j'ai appris là-bas, me sert encore aujourd'hui dans l'application de ma compétence, clairement.
- Speaker #0
Inténiablement. J'en suis persuadée aussi parce que ça doit être tellement transformateur. Merci, vraiment merci pour ce partage. Du coup, on revient quelques années après à la réunion, à la vente. Tu as appris sur le tas, toi, la vente ? Comment ça s'est passé déjà, ça ?
- Speaker #1
J'adore cette question. Oui, j'ai appris sur le tas. que le... Ce qui m'a motivée à aller taper aux portes, c'est vraiment pourquoi je le faisais. À l'époque, j'avais 22 ans, je rentrais de trois années de recherche avec cette envie de soutenir mes parents, tout simplement parce qu'à l'époque, l'autisme n'était pas aussi reconnu qu'aujourd'hui, avec parfois des frais de soins qui étaient exorbitants et la difficulté de faire garder un enfant porteur de handicap. Donc, moi, ma priorité, c'était déjà de me bouger pour soutenir les miens. Je voulais aussi comprendre qu'est-ce qui se joue quand on va se mettre en avant à 22 ans. Parce que clairement, à 22 ans, soit on te dit que tu es trop jeune, tu n'as pas fait d'école de commerce, etc. Et au final, quand tu incarnes ce que tu as envie d'apporter à la boîte, On te donne une chance. Je n'ai jamais eu de personne qui m'a fermé une porte méchamment en me disant « tu n'as pas ta place » . Par contre, les gens, je les ai fait beaucoup rire par mon bas goût. Parce que c'est vrai que quand moi, je ne trouvais pas l'entrée principale, je passais par les issues de secours. Ça me tord. Mais clairement, en fait, j'avais tellement… Il y a eu même des périodes où j'ai fait deux petits boulots en même temps, trois petits boulots en même temps, parce que je continuais à étudier en parallèle. avec un laboratoire à La Réunion sur les inégalités, mais pas de la même ampleur qu'en Afrique du Sud. Et c'est vrai que j'avais tellement cette envie de connecter aux autres que quand on me demandait de valoriser un service, à partir du moment où ça fitait avec mes valeurs, que je me rendais compte que le service apportait des choses aux gens, j'ai kiffé vendre, et encore aujourd'hui, parce que je rends service. Je me suis aussi retrouvée dans des situations où je n'avais pas ma langue dans ma poche, parce que c'est ce que j'ai appris pendant mes recherches, c'est qu'en fait, l'alignement, c'est aussi de savoir dire non quand ce n'est pas OK avec tes valeurs. Et c'est arrivé de temps en temps, dans la manière de parler aux équipes en réunion, où clairement, on ne parle que chiffres, atteinte de résultats, mais limite, il n'y a pas un bonjour, il n'y a pas un comment ça va, ou est-ce que tu as compris de quoi on parle. En fait, moi, ce n'était pas OK. Quand tu as été dans un univers où, clairement, on écoute des gens pendant trois ans pour recueillir leurs besoins, j'ai tout de suite été sensibilisée à la problématique de l'épuisement professionnel. Parce que je suis arrivée dans des boîtes où tout le monde ne comprenait pas que je kiffais la vente. Et j'avais plein de collègues, notamment des collègues féminines, qui étaient vraiment épuisées. Et j'échangeais beaucoup avec mes pères. féminine et en fait, souvent, quand je parlais aux managers ou à mes directeurs, je leur disais mais en fait, elles ne partent pas parce qu'elles ne sont pas compétentes ou parce qu'elles ne savent pas faire. C'est parce qu'à un instant T, quelque chose a été flou pour elles. Elles ont posé la question une fois, trois fois, cinq fois et elles n'ont pas eu de réponse. Donc, à un moment donné, c'est soit tu t'épuises au point d'arriver à un burn-out, ce qui malheureusement arrive encore aujourd'hui, ou soit tu... Dans la façon de manager les gens, tu intègres tes équipes à l'élan marketing, messages, etc. Et les résultats sont complètement transformés, tu vois. Donc, ça n'a pas été simple au début parce que j'étais jeune et qu'il fallait prendre sa place, clairement. Ça, c'est ce qui définit mes débuts en vente. Et après, prendre sa place, ça demande aussi à être OK avec le fait de… Tu arrives dans une entreprise où tu sens que ça ne fit pas avec tes valeurs. Être OK avec le fait de dire OK, je me suis trompée. J'avais une image de l'extérieur de ce que ça pouvait apporter. Finalement, ça ne fit pas avec mes valeurs. Je ne reste pas et c'est OK. J'apprends en fait. Je n'ai pas fait une erreur qui va chambouler toute ma vie. Et ça, ça a été un très, très gros signal sur qu'est-ce qui peut permettre une performance qui respecte ton identité, tes valeurs, tout en générant du résultat, tu vois, mais sans t'oublier dans le fait d'apporter des résultats à une entreprise.
- Speaker #0
Qu'est-ce que justement de tout ça, qu'est-ce que la vente t'a appris sur les rapports de pouvoir, justement, c'est ce que tu es en train de parler, parce qu'il y a des choses que tu dis, en tout cas, moi, je décode un rapport de pouvoir. Parce que quand, consciemment ou inconsciemment, un manager ou des équipes ne répondent pas à des collaborateurs, collaboratrices, c'est peut-être très inconscient, mais il y a une forme de pouvoir. Donc, qu'est-ce que tu as appris sur la confiance, la légitimité ? Qu'est-ce que ça t'a appris de découvrir la vente comme ça ?
- Speaker #1
La vente m'a appris beaucoup de choses. Et je pense que ça fait partie vraiment d'une compétence où, quand on l'accueille, et qu'on ne la repousse pas, ça décuple le champ des possibles, mais que ce soit dans l'aspect personnel que dans l'aspect professionnel. La vente m'a appris à ne pas attendre la validation extérieure. Ça m'a appris à… En fait, historiquement parlant, pour nous les femmes, on n'a pas été autorisées à se réunir ensemble au départ. On n'a pas été autorisés à ce que nos talents soient mis en lumière. Donc, culturellement, ce n'est pas habituel de voir des femmes prendre la parole en donnant leur avis, leur opinion, proposer des choses, etc. Donc, en fait, quand j'ai vu que ça dérangeait, répéter le message ou répéter le message, en fait, créer sa propre place. Quand je te dis ne pas attendre de validation extérieure, c'est asseoir ta légitimité partout. toi-même en fait et surtout ne pas attendre que quelqu'un te dise ce que tu fais c'est bien mais croire avec certitude si ton approche, tu sens que ton angle peut aider des gens le défendre coûte que coûte en fait parce que je dirais que ce qu'on a tendance en tant que femme et ça je l'ai vu avec toutes les personnes que j'ai côtoyées dans ce domaine là c'est de croire que son avis n'est pas important Que son opinion, elle est inférieure à nos pères masculins parce qu'ils ont appris la vente d'une autre façon. Ça, c'est quelque chose que j'ai souvent entendu. Sauf qu'avec notre sensibilité, notre sens de l'écoute, on est complémentaire. On n'est pas opposé. Et ça aussi, c'est important. Quand je parle de ce que m'a apporté la vente en regard à mes recherches sur les inégalités, c'est qu'en fait une approche qui prévaut mieux que l'autre, c'est qu'en fait, chaque genre a ses forces humaines qui, conjointement, ensemble, peuvent apporter des discussions de vente qui sont authentiques, qui sont sincères. Mettre ses émotions, sa singularité au service de ses échanges commerciaux, c'est OK. C'est OK d'échanger avec quelqu'un, d'avoir des échanges puissants avec une personne qui veut acheter un service. Et d'être en empathie, d'être en écoute, de chercher à comprendre, c'est OK, en fait. C'est OK. Et c'est là où, clairement, mon regard s'est très, très vite opposé à tout ce qui est pushy, agressif, manipulation, influence négative. Parce que, clairement...
- Speaker #0
Appuyer sur les pains faibles, sur les douleurs des gens. Complètement. Ouais, complètement. Complètement. Et ça,
- Speaker #1
je l'ai vu autant auprès de femmes. auprès desquels j'ai travaillé qu'auprès d'hommes qui, à l'époque, se faisaient critiquer de par leur émotionnalité, leur vulnérabilité, alors qu'en fait, c'était leur plus grande force. Et on ne comprenait pas pourquoi les profils les plus sincères, authentiques dans leur conversation commerciale, c'est ceux qui clôturaient leur vente le mieux. Et ça, ça dérangeait beaucoup. Sauf que... les personnes qui viennent acheter un service ou un produit, elles viennent surtout s'intéresser à la personne qui vient incarner ce produit-là. Donc, soit c'est le fondateur ou la fondatrice, soit c'est l'intermédiaire qui parle du produit ou du service. Donc, on incarne des valeurs, on incarne une façon de faire, une façon de voir les choses. Et c'est ça que la personne, elle vient chercher. Elle ne vient pas chercher une fonctionnalité unique, non. La façon dont tu vas décrire cette fonctionnalité va faire que je vais avoir envie de te suivre ou pas, tu vois. Ce que la vente m'a aussi appris, et ça je pense que c'est l'apprentissage le plus puissant que je répète assez souvent, c'est que je ne me vends pas moi-même.
- Speaker #0
Merci de le dire.
- Speaker #1
Je ne suis pas le tarif, en fait.
- Speaker #0
Ni le produit, ni le service.
- Speaker #1
Voilà. Quand une personne te dit le produit est défectueux, je ne le prends pas comme une attaque personnelle. Et ça, ça traite notamment du rapport qu'on a au refus, au non, à l'hésitation d'une personne, à la communication non-verbale qui est un silence. Tout ce qui met en inconfort parce qu'on pense que ça nous impacte nous-mêmes, ça n'a rien à voir. Ça n'a strictement rien à voir. C'est que souvent, il y a un point qui a été incompris. Il y a une zone de flou où peut-être que dans la présentation qu'on a faite de son service ou de son produit, la personne n'a pas encore bien cerné comment est-ce qu'on va pouvoir l'aider. Et c'est OK de ne pas comprendre en fait. Ce n'est pas un problème en soi. et souvent, j'ai vu... dans le rapport à la vente, en tant que femme, culturellement, de façon sociétale aussi, on nous a appris à être généreuse, à dire oui à tout. Il y a des choses sur lesquelles on a été habitués et que la vente, le fait de se mettre en avant, vient confronter. Je te donne un exemple très concret, ça fait souvent rire les gens quand j'en parle. Quand on est une jeune fille, C'est la phrase que j'ai eue quand je suis partie en Afrique du Sud. Fais attention, surtout évite de parler aux inconnus. Ça, c'est la phrase qu'on entend pendant des années. Et quand on lance un projet, la première chose qu'on te dit, c'est va prospecter.
- Speaker #0
Va parler aux inconnus et là, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
C'est ça. Tout comme évite de te mettre trop en avant. Ça, je l'ai entendu à l'école maintes et maintes fois. Eh bien, aujourd'hui, rends-toi visible. Et en fait, il y a plein de... Il y a plein de dichotomies comme ça qui font que les femmes avec lesquelles j'ai échangé, que ce soit quand j'étais salariée ou aujourd'hui entrepreneuse, en fait, elles sont vraiment en conflit intérieur permanent. On me dit de me rendre visible, mais on m'a appris à ne pas le faire. On me dit d'aller prospecter de nouvelles personnes, mais on m'a toujours dit de ne pas parler aux inconnus. On me dit, sois authentique, sincère, parle avec ta singularité, sauf qu'on m'a toujours appris à cacher mes émotions. Et c'est là où, dans ce que m'a apporté la vente, c'est oui, j'ai vu des approches, mais je me suis aussi intéressée à la connaissance de soi, à l'intelligence émotionnelle. Tu vois, ça, ce sont des choses sur lesquelles je me suis formée, ce qui fait que je converse avec les gens quand j'échange avec eux, mais on n'est pas en mode interrogatoire où limite tu complètes un quiz. pour échanger avec une personne qui vient s'informer sur un produit et un service.
- Speaker #0
Je suis tout à fait d'accord et je souris beaucoup parce que ça me renvoie, moi, à mes premières années où j'ai un parcours un peu atypique aussi. Et quand je suis arrivée, alors moi, c'était plutôt de l'achat que de la vente, mais ça ressemble à beaucoup de prospections où j'allais acheter des terrains. Donc, je devais... Le vendre d'un côté à une mairie, l'acheter de l'autre et le vendre en interne dans ma boîte. Tu vois, c'était des histoires tripartites. Et ce que tu as dit, c'est très vrai parce que moi, les premières fois, pourtant on m'avait un petit peu formée sur le terrain, mais c'est le principe. Clairement, pour aller dégommer, dégoter ton terrain, pas dégommer, non. Va sur le terrain et va faire ton porte-à-porte. Le nombre de fois, je crois que si mes anciens patrons m'écoutent, ils apprendront ça. Je parle de quelque chose qui a plus de 15 ans maintenant. Le nombre de fois. où je suis restée les premières fois dans ma voiture, à hésiter à aller sonner ou à taper à une porte, je me disais, je ne peux pas faire ça, en fait. mais ça va être compliqué et si la personne est méchante et je me faisais tout un pataquès là où au bout d'une demi heure tu finis par sonner en fait c'est une mamie ou un papy hyper gentil qui te sert à boire et tu commences à parler de rien et qu'en fait tous les choses se font naturellement c'est vrai que oui c'était pas un interrogateur c'était juste de faire connaissance d'expliquer d'expliquer la boîte d'où je venais de comment ils avaient eu leur temps donc ça me fait beaucoup sourire parce que j'avais vraiment cette dichotomie de me dire oh Mais comment je vais poursuivre ? C'est ça, j'étais quand même un peu plus âgée que toi, j'avais la trentaine, mais c'est vrai qu'on a ce conflit. C'est pour ça que je souris. Je trouve que tout ce que tu dis, c'est très vrai. Moi, j'associe beaucoup aussi, tu l'as dit tout à l'heure, parfois pour les personnes, c'est flou, et ça peut venir aussi de nous, mais un problème de communication, on peut croire, surtout si c'est en tant qu'entrepreneuse, notre service ou notre produit, on le connaît par cœur. Il y a peut-être un manque de clarté qui fait que la personne ne va pas acheter, il y a peut-être un manque de moyens, il y a peut-être un besoin qu'on n'a pas bien découvert dans la conversation. Mais moi, je crois beaucoup à ça. Je pense que les gens ont besoin de se sentir beaucoup en sécurité, en confiance avec nous pour adhérer aux produits ou aux services aussi. Et j'ai l'impression que c'est aussi ce que tu dis quelque part, que ces conversations humaines et ne pas faire d'interrogatoire, c'est aussi mettre la personne en face en sécurité et d'être nous-mêmes authentique et de se dire, parfois, on n'est pas la bonne personne aussi en tant qu'entrepreneur, entrepreneuse. Et c'est à nous d'avoir cette responsabilité-là de dire… Moi, je le dis souvent, le nombre de personnes que j'ai redirigées vers des pairs, qu'ils soient masculins et ou féminins, parce que j'étais… Au fond, moi, je savais que je n'étais pas la bonne personne et que je pense que quand respecter ses valeurs j'aime beaucoup qu'ils utilisent la vente alignée forcément on fera pas du mal et de la merde avec les gens puisqu'on sera capable et intègre de dire attends bah moi Delphine je préfère te renvoyer vers Aurélie c'est plus son champ de compétences que moi j'ai plutôt travailler l'émotionnel avec toi où elle va te décortiquer tout un process quoi donc oui je pense que si les gens ont peur parfois d'acheter ou même quand ils sont à la place de vendeur de dire non en fait c'est ce que tu nous relâches tu vois
- Speaker #1
Tu as parlé de la peur de déranger sur ton expérience vécue. Ça, c'est quelque chose d'extrêmement présent. Et je dis souvent, c'est important de ne pas mettre de charge mentale sur les choses dont on n'est pas maître. On n'est pas maître de l'humeur que va avoir une personne quand on va se présenter à elle. On ne sait pas ce qui s'est passé dans son quotidien. On ne sait pas comment a débuté sa journée. On ne connaît pas son sac à dos. Les gens, quand ils nous rencontrent, ils ont leur vécu. Et ça, c'est important d'en tenir compte. Je le répète souvent aux personnes autour de moi. Peut-être que si elle n'a pas répondu ou s'il n'a pas répondu, ça peut être un oubli. Ça peut être un imprévu. Ça peut malheureusement être une urgence. Et si on est honnête envers soi, ça nous est tous arrivé. de manquer un rendez-vous. Ça nous est tous arrivé d'avoir un impondérable qui fait qu'on a annulé un rendez-vous de quelle corde que ce soit. Et en fait, toujours se dire que dans le domaine de la vente, on est humain face à humain. Donc, tu parlais tout à l'heure de papi, mamie. Ben voilà, ce sont des gens avec un grand âge, avec tout ce qu'implique un grand âge, qui sont plus fatigués que toi et moi. qui ont besoin de leur temps de repos. Donc, peut-être qu'au moment où tu vas toquer à leur porte, c'est peut-être normal qu'ils ne te répondent pas tout de suite. Il y a ça. Et tu as dit autre chose et que je soutiens totalement, c'est le pouvoir de la recommandation. C'est d'avoir l'humilité de dire, je ne sais pas, je n'ai pas la réponse. Par contre, je connais quelqu'un qui peut t'aider. Et ça, c'est hyper important parce que déjà, tout se sait. toi et moi on travaille aussi beaucoup en asynchrone et même si internet est très vaste tout le monde se connait et c'est important quand on connait nos pairs que ce soit masculin ou féminin de dire écoute j'ai pas cette approche par contre un tel ou une telle a cette approche va la contacter de ma part je la préviens ça c'est super important et la vente m'a ouvert des portes que jamais mais vraiment jamais J'aurais imaginé pouvoir ouvrir, tu vois, au moment où je t'en parle, je regarde beaucoup le chemin parcouru parce que parler de mon parcours, ça m'amène à me retourner sur le chemin parcouru. Et en fait, j'ai souvenir de situations où j'ai défendu bec et ongle des choses, que c'est la vente qui m'a appris cette confiance, cette posture-là. au-delà des valeurs que je défends, le fait de créer ta place et de te détacher du regard extérieur. Mais quand tu as quelque chose à défendre, tu es inarrêtable, en fait. Tu te fais confiance et puis ça te donne aussi envie. Enfin, moi, mon envie. J'avais le choix de garder tout ça pour moi, clairement, que ce soit mes recherches, tout ça. Et c'est vrai que je me suis dit, mais si ça m'a permis d'aider des personnes dans mon contexte professionnel, pourquoi pas ? pourquoi pas en faire quelque chose de plus grand et de parler de cette approche autour de moi. Et c'est comme ça que j'ai pu faire évoluer l'approche et aujourd'hui accompagner des entrepreneuses.
- Speaker #0
J'adore. Justement, toi qui les accompagnes et qui globalement accompagne des femmes, même si je sais qu'il y a des hommes qui t'accompagnent aussi dans ton parcours, mais qu'est-ce que selon toi, les femmes, d'après toute ton expérience pro et de vie, ce que les femmes projettent sur l'argent ? le fait de vendre ou de négocier, même si tu l'as dit en filigrane, j'ai beaucoup aimé que tu dises, parfois on projette que le rejet ça va être pour nous et ça n'a rien à voir avec nous et peut-être qu'il y a plein d'autres choses qu'en fait les femmes, spécifiquement les femmes, projettent sur le fait de négocier, de vendre et l'argent, ce rapport à l'argent Oui,
- Speaker #1
déjà il y a le fait que l'argent a très longtemps été décrit sale, enfin mauvais donc Donc... Avec une longue période dont les femmes en ont été privées, parce qu'avant qu'elles puissent retirer de l'argent avec leur propre carte bancaire, il a fallu quelques lois avant que ça passe. Et c'est vrai que déjà, il y a ce sentiment de légitimité à en gagner qui parfois prend du temps, tu vois, à s'autoriser intérieurement à se dire « moi aussi, je peux gagner beaucoup, moi aussi, je peux construire des grandes choses » . Surtout si on a grandi dans un espace où on n'a pas de rôle modèle. C'est-à-dire que je rencontre beaucoup d'entrepreneuses où elles ont grandi dans des sphères où il y a l'homme au foyer, il y a beaucoup de patriarcat, mais ça, c'était vraiment culturel. C'est-à-dire qu'elles l'ont vu partout, que ce soit à l'école, à la maison, autour d'elles. Et donc, le fait de verbaliser déjà une grande vision de grandes ambitions, Déjà... Je sais que quand on parle de vision, certaines me disent « mais Aurélie, c'est trop grand. Je n'ose pas te le dire parce que c'est trop grand. » Donc, il y a l'autorisation intérieure. Il y a aussi poser des chiffres qu'on se sent capable d'atteindre parce que spontanément, en tant que femme, on va penser aux compétences qu'on ne maîtrise pas. On ne va pas se dire « je peux peut-être demander à des gens qui l'ont fait avant moi » . qui vont m'expliquer comment est-ce qu'elles ont fait. Et du coup, moi, je vais appliquer ces méthodes. Je vais voir si ça fit avec ce que j'ai envie de construire. Et moi, ce qui m'a aidée à chaque fois que je n'ai pas compris quelque chose, comme je te disais, j'ai été l'enfant qui posait des questions. Aujourd'hui encore, je suis celle qui pose des questions. Quand il y a une notion que je ne comprends pas ou qu'il y a une approche qui m'interpelle ou que j'ai envie d'en savoir plus, j'ai le réflexe d'aller envoyer un message à la personne ou un vocal. une petite vidéo en disant « Coucou, moi c'est Aurélie de La Réunion, j'ai vu que tu parlais de telle chose. Dernièrement, j'ai échangé avec quelqu'un qui parlait de l'alignement dans les équipes commerciales et on a eu un échange passionnant là-dessus, où c'est une personne qui parle d'intelligence émotionnelle dans ses réunions d'équipe et je trouvais ça génial. En fait, je lui ai écrit en disant « J'aimerais en savoir plus. » Et c'est comme ça que j'ai eu l'idée de faire appel à des experts. en émotionnalité, qui sont intervenues auprès des entrepreneuses que j'accompagne, parce que je me suis dit, mais oui, tout ce qui se joue à l'intérieur quand on vend, la voix qui ne sort plus, le cœur qui bat la chamade, les mains qui tremblent, la peau moite et tout. Et en fait, poser des questions, déjà, ça sort le questionnement dans ta tête de se dire, OK, je vais dire à la personne, je ne sais pas, je ne comprends pas, explique-moi. Et j'ai... forcément quelqu'un, Delphine, autour de nous, qui l'a fait avant nous. C'est obligé. Et d'autant que je suis sur un petit caillou dans l'océan Indien, autant te dire que je l'ai souvent fait parce que l'information, je ne l'avais pas sur mon île. Ce qui se joue aussi au niveau de l'argent, c'est les paliers de croissance. Les premiers paliers, quand ce sont des montants, on va dire... commun qu'on a souvent entendu du 1500, 2000, 3000, 3500, 4000, ça reste acceptable et accueilli. Mais dès lors qu'arrive une phase de transition où... on se rend compte qu'on commence à générer de l'activité, que potentiellement l'activité va grandir, les chiffres vont grossir. Ça amène des nouvelles perspectives qui, là encore, font intervenir ce truc de « est-ce que je m'autorise à réussir à cette échelle-là ? » Et je suis contente parce qu'aujourd'hui, je vois beaucoup d'entrepreneuses qui en parlent ouvertement de ce qu'elles gagnent, de ce qu'elles génèrent, parce que... On ne nous a pas appris à déléguer des responsabilités. Et clairement, la problématique de la délégation, c'est un vrai sujet en tant que femme entrepreneuse, parce qu'on nous a toujours appris à tout driver, tout diriger, sauf que ce n'est pas OK de tout porter seul, en fait. Ce n'est pas OK. Sur le long terme, si tu as envie de passer du temps de qualité avec les tiens, de réaliser des projets persos, clairement, il faut te libérer du temps. Ça demande de te dire, je m'autorise à gagner plus, à m'entourer de plus de personnes, à lâcher certaines choses pour kiffer ma life. Et ça, c'est un enjeu aussi. Donc voilà ce que j'ai pu voir au niveau de l'argent. Au niveau de la vente, ça va toujours être la même question. Qu'est-ce qui se joue en toi en tant que femme, le fait de dire que tu as des talents ? Je sais faire ça, je suis bonne là-dedans, j'excelle là-dedans. Parce que là encore, il peut y avoir cette petite voix qui me quittait pour...
- Speaker #0
Pour dire ça.
- Speaker #1
Je suis sûre que si j'avais pas fait ce travail-là et qu'aujourd'hui tu m'appelles pour me dire « Viens parler de ventes alignées sur émancipation féminine » , sans ce travail-là, en n'ayant pas des exemples autour de moi, peut-être que j'aurais eu cette petite voix de me dire mais... Mais en fait, t'es qui pour parler de... Et aujourd'hui, je me pose même pas la question parce que je me dis que chacune d'entre nous, on a une graine à l'intérieur qu'en la partageant au plus largement de personnes, on peut impacter beaucoup plus de femmes et pas que des femmes d'ailleurs, parce qu'il y a des hommes aussi qui me contactent. On peut montrer que c'est OK de vendre en restant toi-même, en posant les choses à ton rythme. en respectant tes valeurs sans mettre une carapace en essayant de ressembler à ton voisin. Et tu peux performer, tu peux faire grandir ta boîte sans être une vendeuse de tapis ou ressembler à quelqu'un que tu n'as pas envie de ressembler.
- Speaker #0
Non, mais clairement. Et sur le fait de négocier, il y a un poil différent qui fait partie du processus de vente mais qui n'arrive pas tout le temps parce qu'on ne négocie pas tout le temps. mais Qu'est-ce que tu vois comme particularité chez les femmes ? Ça leur fait quoi, ça ?
- Speaker #1
Ça leur demande d'accepter le fait de se dire « J'ai de la valeur et je mérite plus. Je mérite plus grand. Je mérite une meilleure rémunération, d'augmenter les tarifs de mes prestations. Si la transformation de mes… Moi, quand je vois des coachs qui viennent me voir et qui me disent « J'ai mon agenda de 2027 qui… » qui commencent à se remplir parce qu'elles ne font que à l'heure, Et en fait, ce qui joue, c'est qu'en augmentant tes tarifs, tu ferais peut-être moins d'heures en apportant les mêmes transformations. Mais par contre, peut-être que tu récupérerais un tout petit peu plus de temps pour toi. Et ça ne change en rien du fait que ce que tu apportes, c'est de la transformation, c'est de l'impact. Et le fait de négocier, ça... Ça te demande de dire ce que je fais, c'est du bon job, c'est du bon boulot, j'ai un talent, je sais faire. Et ça, ça vient encore aborder le fait de, ce que je te disais tout à l'heure, oser mettre en lumière le fait que tu sais faire des choses, tu vois ?
- Speaker #0
Et oser le dire publiquement, mais tout à fait. C'est tellement ça. Pardon, je t'ai coupé la parole.
- Speaker #1
Je t'en prie. Ça fait partie de... Clairement, ça fait partie de mon histoire récentes, parce que il m'a fallu des années avant de comprendre que je ne parlais pas que de vente, Delphine. C'est autour de moi. Ce sont des femmes que j'avais côtoyées pendant plusieurs années, des clientes pour qui j'ai travaillé, que je salue au passage, parce que clairement elles m'ont retourné la tête dans ces échanges, où elles m'ont dit il serait temps que tu oses prendre la parole sur ce que tu... partage comme conseil et ça m'a pris du temps en est le final ça m'a pris du temps parce que j'avais tellement l'habitude de En fait, tu me poses une question, je te réponds, tu me poses une question, je te réponds. Je faisais ça le week-end, ça m'arrivait. Moi, quand il y avait une femme qui me disait « j'ai tel enjeu pour valoriser ce que je sais faire, tu n'as pas un truc à me partager » , je me souviens d'avoir participé à je ne sais combien de brainstorming d'amis qui lançaient des programmes, qui lançaient des masterminds. Et j'étais là de tous les brainstormings à donner des idées. Et à un moment donné, tout le monde me disait « mais pourquoi tu es là tout le temps pour mettre en lumière ce qu'on sait ? » faire, sauf que toi, tu restes dans l'ombre en fait. Donc, il y a eu un truc qui n'allait pas. Et ça m'a, clairement, ça m'a mis face au fait de me sentir légitime de le faire, tu vois. Donc, ce que je te dis, je l'ai vécu. Je l'ai vécu dans mes tripes. Et ce qui a été Game Changer, c'est de discuter, déjà d'en parler avec les miens, parce que mes parents, comme je te l'ai dit, ils ne sont pas entrepreneurs. Quand les gens entendent entreprendre, ils entendent prise de risque, ils entendent insécurité. Je suis une mère de famille, je suis une aidante. Et forcément, le regard de tes proches, ils ont peur, ils doutent du projet parce qu'ils ne savent pas comment tu peux gagner de l'argent en accompagnant les gens. Et en fait, là où je me suis rendue compte que c'était OK, c'est qu'en fait, à l'intérieur, je savais pertinemment. que j'avais aidé des gens, qu'on me l'avait dit, qu'on m'avait retourné des expériences sur lesquelles j'avais contribué à quelque chose. Et en fait, je me suis dit, tu as le choix. C'est soit tu continues à rester dans l'ombre et tu continues à vendre pour d'autres. Et si tu es OK avec ça, continue comme ça. Mais j'ai pensé, Afrique du Sud, un pacte. J'ai pensé message. Je me suis dit, tiens, Si le fait de prendre la parole, ça peut me permettre de sensibiliser peut-être des jeunes entrepreneuses, des entrepreneuses en devenir, des femmes qui sont à un palier de croissance, qui sont en train de se dire « mais je ne suis pas légitime pour y aller » , moi j'ai envie de te dire Delphine, mais je vais vous dire à quel point vous êtes légitime. Et c'est OK de ne pas aimer vendre à l'encontre de tes valeurs. C'est OK de vouloir te positionner ton organisation perso au centre.
- Speaker #0
Mais bien sûr, merci.
- Speaker #1
C'est ok d'avoir, tu vois, d'avoir... J'ai passé un moment, il n'y a pas très longtemps, enfin, ça m'arrive assez souvent, de prendre de la hauteur sur certains moments du quotidien et de me dire, c'est moi qui l'ai choisi, ce moment. C'est moi qui l'ai décidé, tu vois. J'ai appris à ne pas être à disposition, mais à être disponible. Et ce n'est pas la même chose, tu vois. Ah non,
- Speaker #0
mais c'est clair. Je te fais une aparté comme ça, si tu veux donner un exemple. Et je trouve que c'est vachement puissant ce que tu dis, parce que les femmes ont appris à être à disposition tout le temps. Et dans ce que tu nommes, il y a aussi beaucoup de travail du care qui fait que prendre soin, accompagner, tu disais ce mot-là, j'accompagne des gens, comment je pourrais être rémunérée ? C'était la vision de ton entourage. Oui, parce qu'en fait, on a appris aux femmes à accompagner, à prendre soin, à réguler des émotions gratuitement. C'est le système patriarcal qui veut ça. C'est pour faire la boucle. Et tu disais que tu voulais donner un exemple par rapport à ce que tu as dit.
- Speaker #1
J'ai un exemple flagrant, c'est ton agenda. La façon dont tu orchestres ton agenda. Aujourd'hui, j'ai des personnes qui me disent, mais on a vu qu'il y avait tel après-midi, tu n'ouvrais pas de créneau. En fait, il y a des temps stratégiques, soit pour moi-même, pour ma famille, pour prendre soin de mon frère, être présente auprès de mes parents, c'est des non négociables en fait. La question, elle ne se pose même pas. Et ça, j'ai aucun problème aujourd'hui à dire que si tu as décidé, et ça, j'en connais beaucoup, que le mercredi, c'est ton jour avec tes loulous, que tu emmènes au parc et que ça te permet de te ressourcer, c'est ça qui te réénergise pour aller accompagner tes clients le jeudi, mais vas-y. Si tu as décidé que pendant la période de vacances scolaires, tu as décidé de poser une organisation qui fait que pendant une semaine, deux semaines, tu es avec les tiens et que tu es OK avec ça, et ça, j'échange avec beaucoup d'entrepreneurs sur ce sujet-là, c'est OK, en fait. C'est à partir du moment où tu culpabilises qu'il y a un problème. Tu vois ? C'est au moment où tu dis, je suis désolée, mais là, je suis en week-end. Mais pourquoi tu es désolée ? Merci. parce que alors la magie qu'on a quand on entreprend Delphine c'est que on parle j'aime beaucoup parler de qu'est-ce que tu mets derrière le mot liberté Tu as des gens qui kiffent avoir leur agenda blindé. Moi, j'en connais. Ils adorent être dans un truc hyper rush. Quand tu n'es pas au boulot, tu es au sport. Quand tu n'es pas au sport, tu es avec un tel. Il y en a qui adorent ça. C'est leur façon d'être. C'est ce qui les nourrit. Je sais que ce qui me permet de prendre de la hauteur et de nourrir ce que j'apporte aux entrepreneuses, j'aime avoir ce temps de créativité où je m'abreuve de tout ce que je peux trouver dans les livres. Je suis chercheuse dans l'âme, donc j'aime aller regarder les recherches qui se sont faites dans d'autres endroits du monde sur la thématique de l'alignement en vente, parce que ça m'aide à venir nourrir ce que j'apporte aux gens. Et clairement, tu m'enlèves ça, tu me mets dans une espèce de roue où je suis constamment en mode délivrer, Déjà, c'est épuisant en termes de rythme, mais en fait, chacune sait, en tant que femme, tu sais les moments où tu es au plus… Tu disais le mot badass tout à l'heure. Tu sais le moment où tu es au top de ta forme. Il y en a qui sont du matin, il y en a qui sont du soir. Moi, je sais que de par mon organisation, je suis extrêmement productive en fin de journée quand tout le monde est couché. C'est le moment où c'est posé, c'est calme. Le matin où tu prépares l'enfant pour aller à l'école ou j'attends l'infirmière qui vient prendre en charge mon proche. Je suis en... en alerte parce que je sais que je peux être interrompue, tu vois. Mais c'est souvent, je dis aux entrepreneuses qui me parlent de leur organisation, quand tu me dis que le matin, tu as à cœur d'être avec les tiens, de poser ton petit déj avec les tiens, en fait, pourquoi tu fais la morning routine ? Si la morning routine n'est pas corrélée à ce que tu as posé pour toi, tu peux avoir une evening routine ou une midday routine. enfin il n'y a pas de... de loi de loi voilà et j'ai eu cette chance de croiser sur mon parcours et je pense que tu sais l'alignement ça te permet de regarde aussi notre rencontre c'est clair plus j'ai plus j'ai fait des choix et encore aujourd'hui je m'en rends compte plus les personnes qui viennent à moi soit sont des personnes avec lesquelles j'ai toujours rêvé de collaborer soit c'est des clientes avec lesquelles j'ai toujours rêvé d'accompagner ou Des fois, il y a des gens qui m'écrivent quand j'y repense. Il y a cinq, six ans, il y en a une à laquelle je pense spontanément. J'écoutais tout ce qu'elle partageait sur la productivité, le rythme personnel, etc. Et un jour, elle m'écrit pour me dire, si tu as besoin d'une mentor, franchement, je serais ravie de pouvoir t'accompagner. Et en fait, elle ne savait pas, mais cinq ans, six ans avant, je suivais déjà ce qu'elle partageait. Et le fait d'être alignée, ça te permet de… Je ne sais pas si tu connais le bouquin… Boundaries Boss. C'est un livre sur Terry Cole, c'est une entrepreneuse américaine qui parle dans son bouquin de l'art de savoir poser ses propres limites. Donc, tu me parlais de négociation, elle en parle dans son bouquin. C'est que même dans une phase de négociation, avant ton entretien de négo, tu dois écrire quelque part ton cadre à toi. C'est quoi le « ok, ça peut passer » . ou le non négociable, ça c'est de l'inacceptable, tu vois. Et par exemple, un des non négociables, j'ai un rythme qui est posé parce que je suis aidante et je sais qu'à certains moments, à un jour précis du mois, il y a un soin où je veux être présente parce que c'est quelque chose d'hyper, avoir des soins sur le long terme, que ce soit pour l'autisme ou pour des pathologies qui durent très longtemps. Ça occasionne de la douleur, parfois des émotions, etc. Et c'est un moment que je ne souhaite pas manquer, ne serait-ce que pour tenir la main, pour dire des mots de soutien. Et je connais le jour, je connais l'heure. Et je sais que pendant ce moment-là, mon téléphone, il est sur silence. Tu ne peux pas me joindre, tu ne peux pas m'appeler. Mais c'est OK, je suis OK avec ça. Tu peux venir me proposer le plus grand projet du monde, je vais te dire, on se rappelle dans une heure. C'est OK, tu vois. Et ça, c'est... Le fait de savoir, en tant que femme, être OK avec le fait de poser tes limites, déjà, ça fluidifie ta sphère perso. Ah oui, clairement. Tu sais, j'échange avec des amies entrepreneuses en ce moment. En ce moment, il y a beaucoup de périodes de vacances scolaires en métropole ou à la Réunion. Et j'en ai certaines qui prennent une partie avec monsieur et les enfants, une partie pour elles-mêmes. Et en fait, je rigole parce que je me dis, mais c'est génial.
- Speaker #0
Mais oui, mais oui.
- Speaker #1
C'est génial de... poser ce temps-là parce que tu te donnes la valeur qui... que tu as de droits, en fait, de faits. Et ça, ce n'est pas quelque chose que tu as à défendre, c'est quelque chose que tu poses. C'est tel jour, c'est ma journée. Je m'occupe de moi et c'est ma journée. Et je trouve que, notamment dans le domaine de la vente, de la négo, c'est quelque chose qui est super important, notamment quand tu signes des contrats avec des prestats, des associés, des personnes qui rejoignent ton projet. Parce que si tu commences à t'oublier là-dedans, ça peut vite partir dans des sphères qui te mènent à l'épuisement ou au désalignement de ce que ton projet voulait atteindre à la base.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et même, j'ai envie de te dire, même si tu es solopronèse, parce que parfois, tu peux être ta pire boss du monde à ne pas aller… C'est de la régulation émotionnelle et c'est de la régulation physique aussi, en fait, de s'octroyer. Et j'aime beaucoup que tu dises ça. moi Typiquement, dans mon agenda, les mardis, après-midi, sauf exception, parfois j'accepte de travailler et je vais faire garder mon fils en crèche parce qu'il n'y avait pas d'autres dates et c'est OK. Mais en gros, les mardis et jeudis après-midi, je ne travaille pas. Là, cette semaine, typiquement, vendredi, je ne travaille pas. J'ai travaillé hier après-midi et vendredi, je suis avec mes amis. C'est toute la journée, il y a tout qui saute, même les petites vidéos codev récurrentes entre collègues. on n'hésite pas à se dire, bah non, en fait, on le fait sauter parce qu'il y a autre chose dans la vie privée de l'une ou de l'autre. Et c'est OK, tu vois, d'accepter ça, quoi. Donc, je suis très en accord avec ce que tu dis. C'est important que les femmes prennent la mesure de ça et les hommes aussi peuvent se perdre là-dedans. Mais ils ont quand même des réflexes où... Alors, c'est peut-être plutôt dans le côté salariat, mais quand même entre entrepreneurs aussi de... on se fait un déj de travail, mais derrière, je dis n'importe quoi, on se fait un tennis, on se fait un foot. Là où nous, souvent, on se dit, ah, ok, on a fait un déj de travail amical entre entrepreneurs, et puis l'après-midi, j'enchaîne, on va moins se dire, on finit au spa, tu vois. C'est un peu moins récurrent, alors que ces messieurs le font beaucoup, de se dire, ok, on travaille peut-être le matin, mais après, on déjeune, et après, on fait une activité. En tout cas, moi, je l'entends beaucoup autour de moi, des entrepreneurs qu'il y a autour de moi. Et l'après-midi, on est off, même si on est ensemble.
- Speaker #1
Je vois ce que tu me partages là, ça me fait écho au fait de célébrer ces accomplissements en tant que femme. Parce que dans ce que j'ai mis en place au sein de la communauté La Boussole, tout le monde me demande « mais pourquoi tu fais un café vidéo le vendredi ? » Et je leur dis « parce que c'est très simple, souvent en tant que femme, on termine nos semaines en se disant « j'ai pas fait ci, j'ai pas fait ça, j'ai pas terminé ci » . Je suis en retard sur ça. Et en fait, j'appelle ça le syndrome du verre à moitié plein. C'est qu'en fait, ta coupe, elle n'est jamais… Même si tu as fini ta tout doux, il y a toujours… Je parle de temps fragmenté. C'est-à-dire que quand tu ne penses pas à ce qui reste au boulot, tu penses à ce qui reste à la maison, tu penses à ce qui reste pour les enfants, pour monsieur, pour les aïeux. Et ça ne s'arrête jamais. Et en fait, le vendredi… Je leur dis, vous savez quoi ? On va poser notre semaine, on va partager nos wins, mais aussi on va partager ce que ça nous a appris sur nous-mêmes. Souvent, j'entends en tout début de prise de parole, j'ai pas fait ci, j'ai pas fait ça. Et puis au final, je me rends compte que ça m'a appris la patience, ça m'a appris à mieux structurer. En fait, il y a toujours un apprentissage que ta tout doux soit faite ou pas faite. D'ailleurs, même le mot « tout doux » , c'est toi qui choisis ta tout doux. Tu peux mettre trois choses, tu peux mettre 100 choses, ça reste une tout doux. La tout doux n'est pas quelque chose de mauvais en soi, c'est juste ce que tu vas imbriquer dedans, le lien que tu as avec ta tout doux qui fait que. Et tu as soulevé quelque chose tout à l'heure, Delphine. Ce qu'on a tendance à oublier, c'est qu'en tant que femme, on n'est pas un cas isolé. Moi, ce que tout ce parcours m'a appris, c'est à ne pas avancer seule, à... oser solliciter des personnes qui ont fait avant soi comment t'as fait et c'est aussi m'en servir dans ce que je fais aujourd'hui quand j'entends un sujet qu'une entrepreneuse me partage dont je n'ai pas toutes les réponses, j'ai aucun problème à dire comme tu disais si bien tout à l'heure je vais contacter Delphine je vais contacter un tel parce que je sais que sur tel sujet elle va pouvoir t'apporter une expertise qui est complémentaire à la mienne ou qui est nouvelle mais Merci. C'est important que je fasse intervenir Delphine parce qu'elle va pouvoir t'apporter l'angle dont tu as besoin à l'instant T. Et plus on va se réunir ensemble...
- Speaker #0
Plus on va s'écouter les unes les autres, plus on va casser cette idée reçue de les femmes se crêpent le chignon, s'opposent entre elles, se critiquent entre elles. Et être performante, c'est aussi t'appuyer sur des paires en partageant tes enjeux parce qu'elles connaissent les mêmes réalités que toi et avancer ensemble, partager nos résultats ensemble. C'est super important de se dire les choses parce que si on reste isolé dans notre coin, c'est pour ça qu'aujourd'hui, tu as des entrepreneuses qui malheureusement… font une pause qu'elles n'ont pas choisie ou abandonnent un projet parce qu'elles ont pensé qu'elles n'étaient pas légitime d'y arriver.
- Speaker #1
C'est ça ou qu'elles n'ont pas osé demander de l'aide et ou qu'elles n'ont pas trouvé l'aide mais je suis trop d'accord avec toi et ça me fait penser que tout ce que tu dis là, tout ce que tu nommes, les hommes le font en fait. Mais oui. Les hommes font tout ça.
- Speaker #0
Ça choque personne d'entendre monsieur dire je vais faire mon padel vendredi après la vidéo des potes quoi. Et oui, c'est OK que tu te fasses un café, un spa, ce que tu veux. Moi, je sais que si à un moment donné, je sens que l'énergie, elle est basse, parce que pour moi, il n'y a pas de sujet tabou. On est des femmes, on a des hormones, on a des périodes. Quand je sens que l'énergie n'est pas là, j'ose dire l'énergie, elle est basse. Je vais repousser un rendez-vous parce que je sais que je ne vais pas transmettre l'énergie que j'ai envie de transmettre à la personne. Et tout le monde sait qu'en tant que femme, on n'a pas un rythme comme un jeune homme de 20 ans qui n'a pas la maternité, les cycles hormonaux, toutes les pathologies féminines qui peuvent se présenter quand on est une femme. Ça, c'est important aussi de se dire, tenez en compte. Tenez en compte parce qu'une personne qui te dit qu'elle n'est pas en forme parce qu'elle a son cycle qui est douloureux ou elle a de l'endo. ou elle a une maternité qui est difficile, ce n'est pas une femme qui manque de compétences, c'est une femme, un point, c'est tout. Et ça n'enlève rien à sa compétence de performer, c'est juste que sa nature même fait qu'elle n'a pas les mêmes pics d'énergie qu'un homme, et plus on va le reconnaître et en parler sans en faire un sujet tabou, plus justement on peut compléter nos forces masculines et féminines pour construire une performance qui respecte l'humain.
- Speaker #1
Mais complètement, sachant que dans tout ce que tu dis, c'est vraiment méga important. Moi, je souris parce que ça me fait penser à tous ces ateliers que j'ai faits depuis septembre, tu vois. Que c'était autant sur la santé des femmes ou autant sur les frais invisibles à l'entrepreneuriat. On dit des choses pas de la même façon, mais elles veulent dire la même chose, tu vois. de bien comprendre les systèmes dans lesquels on évolue, de bien comprendre nos spécificités, de comment récupérer en énergie et oser faire des pauses. C'est vraiment des ateliers concrets que j'ai fait en présentiel cette année et qui ont semé des graines et apporté beaucoup et ça me tenait vraiment à cœur de le faire. Et je n'arrêterai pas de les faire d'ailleurs. Les hommes sont linéaires et le travail et donc tous les systèmes de vente que l'on connaît, tout ce qui est… Ça ne veut pas dire que c'est mauvais en soi. qu'on ne peut pas lire et qu'on ne peut pas s'inspirer en tant que femme. Mais oui, ça me fait penser à la toit, jeune femme, petite fille qui disait « mais pourquoi ce n'est pas écrit par une femme ? » Parce qu'on ne peut pas s'identifier à des choses qui ne sont pas faites sur, quand on dit énergie, ce n'est pas Yin-Yang, c'est vraiment de l'énergie disponible à l'intérieur de notre corps en fonction de notre cycle. C'est une réalité. On ne peut pas performer. Moi, je l'ai vu longtemps dans l'entreprise, j'étais longtemps dans des milieux ultra masculins. Ben ouais, en fait, je suis cyclique, c'est comme ça que moi je suis arrivée à la sophrologie, que ça m'a apporté beaucoup en termes de récupération, de focus, c'était comme de la préparation mentale en fait pour moi, et où mes patrons me disaient « putain, il y a un truc qui a changé là, depuis quelques mois chez toi » . Ben oui, parce qu'en fait j'arrivais aussi à me mettre en posture méta, à préparer mes négociations d'une certaine façon, qui respectait ce que tu es en train de dire, cette énergie, ce cycle féminin, et en fait Je trouve encore, pourtant on est en 2026, qu'on n'en parle pas encore assez en fait. Et on essaye de comparer ou d'opposer hommes et femmes, mais il n'y a pas à s'opposer. C'est complémentaire et c'est différent par nature, parce que par nature on est cyclique. Et je trouve ça très beau que tu fasses vraiment ce travail avec des entrepreneuses, avec ce palier un peu intermédiaire, parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui s'occupent de celles qui sont porteuses de projets, ou qui sont vraiment en démarrage, ou alors on s'occupe sur celles qui font déjà énormément du volume, mais quid de celles où on est entre deux et où je me considère encore dedans, tu vois, complètement. Merci vraiment de porter ces sujets et de parler de tout ça. Qu'est-ce que... Je pense qu'on est bavardes quand même. Qu'est-ce que toi, tu as rencontré comme résistance quand toi, tu as pris plus de place publiquement ? Est-ce que tu en as rencontré des résistances ? Ouh là !
- Speaker #0
Alors, des haters. La toute première fois où j'ai parlé de l'impact de la surperformance sur la santé mentale des femmes, j'ai eu une vague de critiques. vraiment une... grosse vague de critiques. D'ailleurs, j'avais pris la parole plusieurs mois après parce qu'elle m'avait bien... En fait, les gens qui critiquent savent là où pointer du doigt pour que ça affecte. Et c'est vrai que j'avais lu des phrases comme « Regardez-la, elle est sous les cocotiers, elle paye moins d'impôts. » En fait, c'est mon île, donc je ne peux pas inventer le paysage. Je vis sur mon île et mon environnement est comme ça. Je sais que j'ai eu aussi beaucoup de mots pas très sympas sur le handicap, l'autisme, vraiment pas cool. Ou retourne à tes casseroles, si t'es maman, qu'est-ce que tu fais en consulting ? Pourquoi tu ne prépares pas tes... Et après, tu vois, aujourd'hui, quand j'y repense et je remercie vraiment... Tu vois, mon premier réflexe quand j'ai vécu ça, j'avais fermé mon compte Insta. parce que c'était vraiment virulent et clairement, quand on touche au tien, on devient des fauves. Clairement, moi, je suis contre l'injustice et surtout le mépris de la différence. Et étant aidante, je sais que c'est important pour moi de respecter la différence des autres, notamment les personnes qui n'ont pas les mêmes attraits que toi et moi. L'autisme n'est pas un mal, c'est juste une différence. Et si vous saviez ce que les autistes savent faire, je pense que vous seriez surpris. Parce qu'on a des exemples type de parcours incroyables. Et donc déjà, il y a eu la critique où le fait de parler ouvertement de vente et de l'impact de méthodes ultra agressives, ça n'a pas plu tout simplement parce qu'il y a des personnes qui se faisaient beaucoup d'argent avec ces méthodes-là. Je n'étais pas en train de dire, comme tu dis tout à l'heure, c'est mal, c'est moins bien. C'est juste que par rapport à notre rythme de femme, notre organisation de femme, il y a des choses que j'ai vues sur le terrain qui ne sont pas OK. Et ça, ça a été la première chose. La deuxième, on m'a quand même pointé mes origines. Parce que quand tu vis sur une île, on se demande si tes diplômes ne sont pas cocotiers. C'est des idées reçues, si tu veux. C'est des idées reçues qui... En fait, ce qui a fait ma force, c'est que j'ai été éduquée dans une famille qui m'a appris la tolérance. En fait, il y a un dicton sur mon île, ça s'appelle la feuille songe. Tu sais, quand il y a une goutte d'eau qui coule sur une feuille de songe, ça coule et ça passe. Et en fait, j'accueillais les émotions qui arrivaient quand je lisais ces propos. Et en fait, je me disais, les personnes, elles ne s'adressent pas à toi, en fait. elles s'adressent à quelque chose, soit qu'elles n'ont pas compris, dont elles n'ont pas fait l'expérience. Et pour elles, cette méthode, ce n'était pas OK, en fait. Donc, il y a eu ça. Il y a eu aussi, forcément, quand tu as un entourage qui n'est pas dans le domaine entrepreneurial. J'ai commencé très sérieusement depuis quelques… Là, ça va faire la troisième année, à prendre la parole dans des sphères où, clairement, on ne m'attendait pas. dans des sphères de dirigeants, dans des rencontres entrepreneuriales où il n'y avait que des hommes qui prenaient le micro et on était peut-être une à deux filles à prendre le micro sur nos expertises. Et c'est vrai qu'à un moment donné, je me suis dit, Delphine, en fait, clairement, si on ne se prend pas la parole sur nos talents respectifs et sur ce qu'on a envie de changer, qui va le faire ? Personne. Personne. Ce que j'ai rencontré aussi, c'est beaucoup de questionnements de jeunes filles. Alors aujourd'hui, c'est devenu aussi une des causes que je défends. Je prends beaucoup la parole dans des sphères de jeunes étudiantes qui vont entreprendre et qui ont besoin d'entendre des mots de personnes qui ont fait avant elles. Parce qu'il faut dire la vérité. Ce n'est pas un parcours lisse. On ne va pas t'accueillir en mode… Abras-moi. projet, il est génial, vas-y, je prends le chéquier, je signe. Pas du tout. Et j'ai appris à accepter le fait que ça arrivera souvent que je sois avec très peu de consoeurs à prendre la parole et il faudra être OK avec ça. Et ça m'arrive encore aujourd'hui. Je te dis ça, ça m'arrive très, très, très, très souvent où on me propose de venir sur des événements, etc. Et je me rends compte qu'on est une, deux femmes. Des fois, mon acolyte a décliné à la dernière minute. Et en fait, tu as toujours cette petite voix en disant tiens, tu es encore en mode solo. Et en fait, je me dis, tu sais quoi ? S'il y a une personne dans la place, que ce soit... une femme, un homme, un couple qui m'écoute, qui soit parent d'une jeune fille ou qui est une personne dans son entourage qui entreprend et qui est une femme, si elle, elle m'écoute, en fait, go, vas-y. Et ça fait écho à ce que mon paternel m'avait dit quand j'étais petite, si ça peut aider des gens, fonce, ça ne m'a jamais lâchée de le finir.
- Speaker #1
Mais il t'a donné beaucoup de force en fait en te disant ça, parce qu'en plus de par son métier, il aurait pu, même si tu l'aurais fait quand même, mais je pense qu'il est Il était intelligent, de toute façon même si je l'interdis, elle ira quand même. Et c'était mieux de partir avec des conseils, mais j'imagine aussi sa peur et des choses qu'il a pu s'imaginer, étant du domaine de la sécurité, de se dire, je sais à peu près ce que ma fille potentiellement va vivre et à quel point ça peut être choquant, traumatisant et inquiétant pour des parents en fait. Parce que c'est quand même hyper loin. Et je pense qu'il t'a donné un bon mantra, de se dire, si tu es défonce, c'est un très joli mantra.
- Speaker #0
Ce que je pense qui a joué, c'est moins leur... Parce que ma maman a été dans le soin pendant plus de 40 ans, en plus dans des services de pathologie féminine, donc autant te dire que elle a côtoyé beaucoup de femmes. Je pense que on a souvent eu cette croyance que dès qu'on devient maman, on ne peut pas avoir la même ambition qu'une... En fait, tout est question de choix. C'est que tu as le droit d'avoir envie d'être mère, tout comme tu as le droit de ne pas avoir envie d'être mère. Tu as le droit d'avoir envie de te marier comme tu as le droit de ne pas avoir envie de te marier. C'est toujours une question de choix, tu vois. Et j'ai eu ce choix à plusieurs reprises d'apprendre des choses et de le garder pour moi. Et quand je te parlais du déclic que j'ai eu avec le défi qu'on m'avait lancé il y a deux ans et demi de prendre la parole sur ce sujet, J'avais ce choix, Delphine, de me dire, je mets toutes mes recherches dans un classeur et je le garde pour moi et je partirai avec. Mais en fait, quand j'ai vu ce que ça pouvait occasionner comme prise de conscience, comme échange passionnant comme celui que j'ai avec toi aujourd'hui, je suis tellement contente d'avoir fait ce choix. Et je pense qu'il y aura plein de tables ou de lieux de prise de parole. où je ne serai pas forcément toujours, je ne vais pas te dire pas la bienvenue, mais où on n'aura pas forcément eu écho de l'alignement en vente. Mais j'ai tellement d'exemples autour de moi. J'ai eu cette chance de travailler aux côtés de plusieurs entrepreneuses qui ont monté des empires en prônant l'alignement dans leur business, sans se cramer au passage. Je sais que ça fonctionne. J'ai vu des exemples autour de moi de personnes qui l'ont fait avant moi. Et en fait, si je peux transmettre cette vision-là de « tu as le droit d'être une femme, d'avoir ta vie de famille, d'avoir tes tendres peaux, d'avoir ta singularité que tu mets en avant sans avoir honte de la montrer » , c'est OK de pouvoir performer comme ça sans te sentir coupable de le faire. Je continuerai à passer ce message, tu vois, que ce soit dans la boussole ou dans toutes les sphères où on me permettra d'en parler.
- Speaker #1
Complètement. Et du coup, ça rejoint ma dernière question justement. C'est comment, pas comment, parce que c'est tout l'objet de son travail, donc si vous voulez savoir comment rester alignée et être performante, peut-être rejoigner à minima les comptes d'Aurélie et peut-être son accompagnement, mais la question c'était quand même ça, comment on reste au final alignée en tant que femme, tout en étant très performante. Comment on reste avec toutes ces qualités humaines-là ?
- Speaker #0
Tu m'en as déjà parlé, tu me les as partagées. On en a parlé tout à l'heure de c'est quoi ton cadre de valeur en fait ? C'est quoi tes noms négociables ? Parce que si je te dis que chaque semaine, il y a plusieurs opportunités qui se présentent. À 80%, je dis non à ce qu'on me propose. Parce qu'en fait, j'ai un cadre. quand je prends la... Le fait de prendre la parole sur un espace tel qu'un podcast comme le tien, je sais qu'il y a des gens qui nous écoutent. Et la parole a de l'impact. Donc, c'est important aussi de m'assurer que, quand j'interviens sur un podcast, nos valeurs, elles fitent, que l'impact qu'on veut créer, toi et moi, il fit aussi, tu vois. Donc, ce que je dis souvent à des entrepreneuses qui m'approchent et qui me disent qu'elles sont dans le flou, c'est souvent, souviens-toi de la dernière fois où tu as senti que tu t'éloignais de ton cadre, et elles le savent.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est clair. Tout le temps.
- Speaker #0
Quand je pose la question, à quel moment tu as senti que tu perdais ton cap, tu perdais ta direction, ça va être une décision qu'elles ont prise à contre-cœur, un oui qu'elles ont dit à un client, où tous les signaux leur montraient qu'elles n'avaient pas envie de bosser avec, une collaboration qu'elles ont acceptée, où tous les voyants étaient au rouge pour se lancer dedans. Et à chaque fois que tu te poses en te disant, c'est quand la dernière fois où tu as vu que tu ne t'es pas écouté, et ça souvent la réponse elle arrive tout de suite. parfois ça date des cinq dernières minutes tu vois où tu as accepté le énième call où tu savais que ton énergie n'était pas là mais par peur du manque ou de rentrer chez toi en te disant j'ai pas coché la case x nombre de call tu
- Speaker #1
vas prendre ce call tu vois ça on dirait que ça te parle ah ben complètement parce que je l'ai vécu aussi même en tant qu'entreprise entrepreneurs qui redémarrent ces derniers mois. Et des fois, tu te dis, mais pourquoi en fait ? C'était juste, il fallait juste fermer l'ordi et faire autre chose, quoi. Aller faire une balade, aller dormir. Ça me fait rire.
- Speaker #0
Donc, rester alignée, c'est déjà identifier à quel moment tu sors de ton cadre. Ça, c'est le plus simple parce que ça nous a marqués émotionnellement et ça laisse des traces. Là où c'est plus, ça a un plus fort enjeu, c'est, parle-moi de la dernière fois où tu t'es lancée dans quelque chose ou intérieurement, tu savais que peu importe les défis que tu allais rencontrer pour ce projet, que tu allais tout mettre en place pour faire en sorte que ça fonctionne. Et souvent, quand on repense à quelque chose qu'on a accompli avec la certitude intérieure qu'on était légitime d'y arriver, ça nous rappelle nos valeurs, ça nous rappelle qui on est. Et je te donne un exemple. J'ai une entrepreneuse que j'affectionne beaucoup qui m'a dit, la dernière fois que j'ai été alignée, c'est quand j'ai parlé de ma pathologie en faisant du stand-up. Et donc, en fait, j'adore faire rire les gens. Et en fait, tu voyais au niveau de son visage, de son expression corporelle. Et elle me disait, en fait, quand je suis en call, je suis renfermée. Qui t'a dit que tu n'avais pas le droit de faire rire les gens quand tu es en call ? C'est clair. Mais rigole, montre. Et en fait, elle s'éclate. Elle s'éclate à être elle-même. Et rester alignée, c'est aussi, je pense que tu l'as vécu comme je l'ai vécu. Quand tu sens que tu te lances dans beaucoup de choses et qu'à un moment donné, tu te poses la question de est-ce que ce que je fais, c'est cohérent avec ce que je me suis donné comme ligne directrice, que ce soit pour mon business ou pas. pour ma sphère personnelle, tu vois. Et je te donne un exemple très concret. Tu es sur un projet et tu t'es dit qu'il y avait une date avec les tiens ou tu t'es dit que peu importe quoi qu'il advienne, je serai là. Et bizarrement, tu commences à te rendre compte que tu acceptes des choses qui vont potentiellement te mettre en retard ou occasionner une absence, etc. Mais tu le sais vu que tu prends les décisions. Et en fait, souvent, quand tu te poses et que tu réécris, je dis souvent aux personnes, si vous aimez écrire, écrivez-le. Si vous êtes créatif, faites un scrapbooking, mettez sur un tableau, faites quelque chose qui soit tifant à regarder. Moi, c'est vrai que j'écris beaucoup. Et quand j'ai un questionnement sur un projet qu'on m'a soumis, je note les valeurs du projet, je me renote les miennes et je vois un doute. Quand il y a un doute, pour moi, il n'y a plus de doute. C'est non. Si ça ne fit pas, c'est que c'est non. Parce que je me dis, s'il y a un moment où ça devient complètement désaligné de ce que je veux faire, surtout que quand on prend la parole, ça a de l'impact, clairement, je prends l'exemple de ton podcast, si je me mets à prendre la parole dans des sphères où clairement les valeurs, je ne fit pas avec, je ne vais pas prendre plaisir à partager ce que je fais. Parce que je vais me poser la question de pourquoi est-ce que je prends la parole ici ? C'est quoi le vrai enjeu en fait ? Ça sert qui au final au bout ? Ça c'est super important.
- Speaker #1
Ça sert qui au bout ? C'est très très important ce que tu dis.
- Speaker #0
C'est vrai. Quand on sent que on est toi et moi, on est dans le domaine de l'accompagnement et parfois on a des projets qui nous viennent. On a la certitude que ça va aider des gens. Et on ne comprend pas pourquoi les personnes ne réagissent pas à ce projet. Quand on prend de la hauteur, on se dit, qui dans les gens qu'on veut accompagner, qui nous a dit que ce projet, ils en avaient besoin ? Alors, on rigole comme ça. Souvent, c'est, voilà, ça fait trois semaines que tu es en train de bosser sur une offre où tu es persuadé que ça va aider ta... ta clientèle. Et en fait, des fois, tu te poses une question. Qui m'a dit qu'elle en avait besoin ? Si la réponse, c'est personne, clairement, tu perds du temps. Tu perds du temps. Et ce qui me permet de rester alignée, c'est ma petite routine à moi. Je termine la semaine en notant qu'est-ce que j'ai kiffé cette semaine parce que j'aime choisir mes projets, si tu veux. Et qu'est-ce que... j'ai réalisé qu'ils ne fitaient pas avec ce que j'aime faire ou avec ce que j'ai envie de construire pour les femmes que j'ai envie d'aider ou pour moi-même, tu vois. Quand je sens qu'il y a quelque chose qui m'a challengée de la mauvaise façon, si ça se représente la semaine d'après, je peux être sûre que le non, il n'y a même pas de call, en fait. Je vais décliner parce que je sais que ce n'est pas cohérent avec ce que je suis en train de construire. Et l'erreur, elle est humaine. Ça peut arriver de faire des trucs où tu te rends compte que finalement, j'avais perçu le projet comme ça, amis. Ce n'était pas forcément ce que j'avais visualisé du projet. Mais tu vois, quand il y a des entrepreneuses qui me disent « Ah, je viens de prendre un vrai week-end, je me suis vraiment reposée, j'ai pris de la hauteur » , tu peux être sûre que le lundi, elles arrivent avec le lundi ou le mardi ou le mercredi avec d'autres perspectives sur leur boîte, plus de clarté pour prendre des décisions. Et souvent, s'il y avait dix projets le vendredi, le lundi, tu peux être sûre qu'il en reste un ou deux parce que… Le tri s'est fait en prenant de la hauteur.
- Speaker #1
Dans le repos et en prenant de la hauteur, mais c'est tellement vrai. J'ai juste envie de faire une petite aparté avant que tu laisses la parole pour le dernier mot de la fin. J'étais toute jeune entrepreneur, je te parle de ça, c'était en fin 2019, début 2020. Sur LinkedIn, à l'époque, je ne postais pas beaucoup, mais il y avait une jeune femme qui venait de voir que je venais d'être certifiée en préparation mentale, c'était ça 2020, et qui me propose, qui montait une application, elle était assez connue quand même. Donc, on se fait un call, ça fit bien et tout, et en fait, tout est allé très vite. On fit bien sur le call et elle me propose d'intervenir, de faire des cours de préparation mentale sur son application, mais en gros, ça doit être dans 48 heures. Et en fait, quand j'ai raccroché du col, j'ai senti une espèce de panique de me dire, attends, mais là, tout devient très, très compliqué. Et en fait, le fait de, donc je reviens dessus, tu vois, très rapidement, en disant, mais en fait, ça ne fit pas du tout avec ce que moi, je suis en train de construire. Et là, tout va trop vite. Et en fait, ça me faisait des warnings, déjà, attends, mais la personne, elle est ultra connue. Pourquoi, tu sais, je me sentais un peu comme la roue de secours, ou comme si je ne saurais jamais la vérité. Comme si le projet n'était pas vraiment bien bâti, et de pourquoi on a besoin de moi alors qu'on vient de se rencontrer ? Pourquoi on a besoin de moi aussi vite en fait ? Bon, il s'était avéré qu'à ce moment-là en plus, mon papa rentre en urgence à l'hôpital et que déjà, elle avait du mal à ce que j'essaye de reporter la date. Et au final, j'ai dû lui dire, mon papa vient… on était en plus en période de Covid, donc j'étais hyper inquiète, il venait de rentrer à l'hôpital. Et du coup, je refuse le projet, mais je crois que cette personne m'a délivrée… Je crois que j'ai gardé ce mail tellement il m'a traumatisée. Mais un message d'une violence et d'une haine, je me suis dit, mais en fait, ce n'était pas du tout l'entrepreneuse que j'admirais dans cet univers sportif. En fait, j'étais tellement choquée de me dire, mais comment la personne, elle peut refuser, on se le disait en off tout à l'heure, que c'est normal pour nos clientes ou pour nos camarades d'entrepreneuses, pour nos pères avec qui on peut collaborer parfois sans qu'elles soient nos clientes, et de différer des choses et de prendre en compte leur réalité, en fait. Je me disais, mais c'était tellement violent et j'avais été dans... Ça me faisait raisonner de ça, de dire parfois on accepte des choses hyper vite, alors qu'en fait, on n'a pas eu le recul et cette posture méta, comme tu dis, est-ce que c'est vraiment fit avec moi ? C'est pas parce que le col se passe bien que... Moi, c'est pour ça que je pense que peut-être tu fais pareil, mais moi, je laisse toujours les personnes qui font un appel avec moi. Je dis, mais je vais te faire une proposition, mais tu as un mois, même si tu veux pour y répondre. Je ne suis pas pressée à la seconde. Je préfère que tu mesures. l'ampleur du travail qu'il va y avoir pour toi, de l'implication parce que je ne vais pas tout faire pour toi et que c'est une alliance en fait et qu'elle se précipite et que c'est oui oui oui ben non en fait réfléchis, prends le temps et moi je serai toujours là quoi tu vois donc c'est très très vrai ce que tu dis parfois on est dedans et on n'ose pas s'aligner comme ça ou s'autoriser ou par peur du manque ou par envie de collaborer avec quelqu'un. Et au final, la personne, elle se révèle tout à tout. Pardon, j'ai fait une aparté un peu longue, mais ça arrive.
- Speaker #0
C'est une aparté que je soutiens totalement. Et ce que j'aimerais dire à toutes celles et ceux qui nous écoutent, c'est qu'en tant qu'être humain, vous avez le droit de temps en temps d'avoir besoin d'exprimer un moment de paix. pose, que vous soyez en accompagnement, en mentoring, en coaching ou si vous sentez à un instant T que vous avez besoin de 2, 3 jours une semaine de prise de hauteur que vous avez besoin de le verbaliser parce que vous sentez que vous ne pouvez pas appliquer les choses, mais en fait il faut le dire parce que clairement de l'autre prisme on ne peut pas le deviner et moi je suis toujours sidérée quand j'entends des femmes qui me disent j'ai jamais osé mettre ma visio parce que j'allaites mon enfant ou j'ai mes enfants qui passent derrière Mais en fait, assumons qui nous sommes, comment nous menons nos vies. Si on travaille en asynchrone et qu'il y a de la vie derrière soi, soit on organise nos temps d'interaction sur des temps plus calmes ou sinon on prévient simplement la personne. Mais il n'y a pas à avoir honte de ce qu'on est et de ce qu'on a envie de créer pour soi. Moi, je dis souvent aux gens, ça vous arrivera parfois de voir un grand gaillard d'un mètre 90 passer derrière moi. Ça m'arrive d'avoir mon frère à mes côtés parce qu'il en a besoin et parce que ça permet d'avoir une présence à ses côtés. Donc, je préviens les gens, je le leur dis, mais c'est du non négociable. Ce que je te disais tout à l'heure, je sais que ça ne va en aucun cas interférer sur la qualité de ce que je vais donner. Par contre, si c'est une nécessité pour que mon proche aille bien, il sera à mes côtés. Ça, c'est acté, tu vois. Donc, je soutiens totalement ce que tu me dis. J'ai à cœur que tout ce qu'on a transmis aujourd'hui, toutes les deux, Delphine, ça puisse permettre à des entrepreneuses qui sont en questionnement sur leur légitimité à performer dans leur boîte et à grandir en restant elles-mêmes, qu'elles aient compris que oui, clairement, c'est le cas. Et que si elles ont besoin d'aide auprès de toi, auprès de moi, auprès de nos consoeurs, qu'elles n'hésitent vraiment pas à ne pas rester isolées, ne pas rester seules et à oser... avancer, accompagner, soit par des pairs ou par une personne, mais en tous les cas, qu'elles osent verbaliser leurs défis pour ne pas avancer seules, justement, et pouvoir échanger avec des personnes qui comprennent leur réalité.
- Speaker #1
Super message. Où est-ce qu'on peut te retrouver, Aurélie, si les pairs ont envie de te rejoindre ? Où est-ce qu'elles peuvent te retrouver ?
- Speaker #0
Écoute, c'est très simple. Sur LinkedIn, je réponds à chaque message qu'on me transmet. Je sais que... prochainement fin juin au moment où sortira le podcast il y aura très certainement une intervention live aussi que j'aurai donc envoyez moi un message sur LinkedIn et puis je serai ravie de pouvoir échanger avec tous ceux et celles qui me contacteront mais merci pour cet échange je le souhaite vraiment sensibilise les gens sur le fait que l'alignement en vente c'est quelque chose qui est ok et qui permet d'avancer sereinement pour faire grandir sa boîte merci beaucoup Aurélie je mettrai le lien
- Speaker #1
en dessous de l'épisode. Merci à toi.
- Speaker #0
Merci Delphine.
- Speaker #1
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout... Ce coup les règles du jeu