Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut. Hello, je suis ravie de te recevoir dans ce nouvel épisode d'émancipation féminine. J'espère que tu ne croules pas sous la chaleur parce que ici, dans le sud-est de la France, en Provence très précisément, chez nous, ça n'a pas baissé encore. Donc selon la région et ou le pays duquel tu m'écoutes, j'espère que tu as bien que tu arrives à garder la tête froide et aujourd'hui, nous allons parler, je vous avais promis mes chers salariés, que nous allions parler spécifiquement de vous et on parle de salaire aujourd'hui. On ne va pas juste parler de comment demander une augmentation parce que si tu débarques, tu vas apprendre à me connaître et si tu es déjà ici. depuis quelques temps, tu sais que moi j'aime bien aborder les choses de manière un peu plus structurelle, systémique. Donc on va parler de pourquoi certaines personnes négocient mieux que d'autres, alors qu'elles travaillent autant, voire plus, que celles qui arrivent à négocier. Et surtout, on va parler de pourquoi ce n'est pas seulement une question de confiance, d'estime, d'audace, car dans la plupart des cas, ce sont des erreurs. très simples, mais qui, cumulées, peuvent représenter des milliers d'euros sur une carrière. J'avais envie de faire un petit point quand même de cadre slash cadre juridique, en tout cas français actuel. Une augmentation de salaire, ça ne se décide pas uniquement dans une discussion entre deux personnes. Ça, il faut bien le comprendre et je pense qu'à moins que tu sois nouvellement salarié ou que tu es très jeune travailleuse, voire travailleur, en réalité, une augmentation de salaire, ça s'inscrit dans un cadre qui est beaucoup plus large. Il y a tout d'abord la politique salariale de l'entreprise à prendre en compte. Il y a les arbitrages budgétaires qui se décident en fonction des entreprises une à deux fois par an. Parfois, il y a aussi des accords collectifs qui sont pris dans les entreprises et il y a des règles surtout très implicites d'équité en interne. Et ce cadre-là, c'est justement en général le cadre que la plupart des salariés ne voient pas ou oublient dans le temps. On est parti donc pour nos trois erreurs. L'erreur numéro une. Celle que j'ai vue pendant des années lorsque j'étais moi-même salariée, celle que moi je n'ai pas trop joué à ce jeu-là. J'ai été salariée pendant un peu plus de 15 ans avec grosses augmentations de postes et ou de salaires. Et en général quand il y avait une augmentation de postes, il y avait le salaire qu'elle est avec, mais ça ne m'a jamais empêchée de négocier régulièrement, si ce n'est quasiment tous les ans. de revoir à la hausse mes salaires. Donc, moi, ce que j'ai vu chez beaucoup de camarades lorsque j'étais salariée, c'était d'attendre ce fameux moment officiel. C'est de croire que la négo commence et s'arrête à l'entretien annuel. En réalité, dans beaucoup d'entreprises, pour ne pas dire toutes, je ne peux pas affirmer toutes parce que je ne les ai pas toutes faites, mais les enveloppes d'augmentation sont définies en amont. de ton entretien annuel. D'accord ? C'est-à-dire qu'au moment où toi, tu penses que tu vas aller négocier, les arbitrages, ils sont déjà faits. D'accord ? Ça, il faut vraiment le comprendre. Les arbitrages sont déjà en cours avant même les entretiens individuels. Et en général, l'entretien sert souvent à formaliser, en réalité, des décisions qui sont déjà orientées. Donc, attendre ce moment-là pour... Ouvrir le sujet, ça arrivait après une partie de la décision qui a été faite sans toi autour de la table. Donc, la négociation. ne commence pas du tout à ce rendez-vous. La négociation, elle commence quand ton travail devient visible. Et ça, c'est ton job de le rendre visible. Tes responsabilités évoluent. En général, ça va de soi. Et surtout quand ton manager commence à te positionner dans une certaine catégorie de valeurs internes. Donc, le bon moment, ça ne peut pas être juste l'entretien annuel. Ce n'est pas une date fixe dans l'agenda. C'est vraiment une... construction dans le temps. L'erreur numéro 2, c'est croire que ton travail suffit à être reconnu. Donc en fait, c'est penser que la qualité de travail que tu produis mécaniquement a une reconnaissance salariale. Sauf que dans la réalité des organisations, le travail est fragmenté, l'impact est interprété et pas du tout directement observé. Très peu, en tout cas, parce que ton manager a lui-même du travail à faire. Il ne passe pas son temps à repérer si le travail est fait de X ou Y manière. Il interprète le résultat de son travail. Et la décision salariale dépend d'une comparaison interne constante, malheureusement. Ce qui est évalué, ce n'est pas seulement ce que tu fais. Ce qui est évalué, c'est ton alignement avec les priorités de la boîte du moment. D'accord ? Ta construction qui est visible aux enjeux de l'entreprise et la manière dont on travaille en fait impacte et comparable à d'autres postes similaires. Concrètement, ça veut dire que ce n'est pas faire le beaucoup qui compte. Et malheureusement, les personnes qui font beaucoup, beaucoup, beaucoup dans les entreprises en général et la plupart du temps, vraiment, c'est celles qui sont le moins payées parce qu'elles pensent que faire beaucoup... C'est ça qui va rendre la décision définitive vers l'augmentation salariale. Par contre, rendre ton impact visible, rendre tes résultats visibles dans un système de décision, c'est ça qui compte. D'accord ? Sinon, ton travail, il existe, mais il n'est pas valorisé à la hauteur de ce qu'il devrait. La troisième erreur, c'est d'improviser sa négociation. Il y a beaucoup de personnes, en fait, qui arrivent avec une impression de mérite. Je mérite d'avoir une augmentation de salaire. Peu ou pas de chiffres clairs, en réalité, et l'idée qu'elles vont voir comment la discussion se passe. Non, quand tu arrives pour voir comment la discussion se passe, la discussion a lieu sans toi, en réalité. Une négociation salariale en entreprise, ce n'est pas une conversation qui est informelle, d'accord ? C'est un exercice d'arbitrage. C'est basé sur le budget disponible, la cohérence en interne entre les postes équivalents et des critères implicites d'équité. Donc si toi t'arrives sans préparation, tu rentres dans un cadre structuré, voire hyper structuré, sans avoir tes propres repères à l'intérieur de ce cadre. Ce n'est pas juste se motiver à aller demander ou se dire, allez, je prends mon courage à demain, aujourd'hui je me motive, j'ose dire à mon manager que c'est très bien, déjà, si tu as cette impulsion-là. Moi, ce que j'ai envie de te dire, c'est juste construis vraiment un montant qui est cible pour toi, d'accord, avec un maximum et un minimum, en deçà duquel ce n'est pas une négociation, des arguments qui sont factuels et des scénarios de réponse. Parce que ton manager, lui, il sait. ce qui se passe en interne. Il est au courant du back-office, en fait. Si je te prends un exemple. Par exemple, toi, tu aimerais avoir une augmentation de 200 euros net par mois. D'accord ? Qui peut être une super bonne augmentation. Si tu fais, on va dire que tu avais payé sur 12 mois. Si tu fais donc ces 200 euros que tu multiplies par 12 mois, ça te fait une augmentation de 2400 euros par an. Sur 5 ans, ça te fait 12 000 euros. Ça, c'est sans compter les progressions de carrière et les évolutions de poste. Donc, le coût de la non-négociation n'est pas visible au moment où il se produit, mais il est très réel sur une trajectoire professionnelle. Qu'est-ce que je suis en train de te dire là ? C'est que si, en fait, tu attends désespérément qu'on te promeut un poste sans aller négocier des tranches comme ça, qui peuvent être... Pour toi, 2400 euros par an, ça peut être, je ne sais pas, des vacances, ça peut être des équipements que tu vas mettre dans la maison, ça peut être, je ne sais pas, payer tel ou tel sport ou école ou stage pour tes enfants. Et sur 5 ans, ça veut dire que tu te couches sur une somme de 12 000 euros. 12 000 euros, tu peux faire des choses en 5 ans, même s'il n'y a pas eu. de changement de poste. Ce que je te propose maintenant, vraiment, je te propose un point de départ qui est vraiment hyper simple. Ouvre un document, prends une page libre, fais comme tu veux et liste vraiment quels ont été tes résultats concrets de cette année. Voir si tu n'as jamais fait ce genre d'exercice et que ça fait plusieurs années que tu es dans l'entreprise, tu peux repartir depuis le moment où tu es arrivé. Sinon déjà si tu fais, tu as eu quoi comme résultat cette année ? On est à mi-année, quels sont tes résultats ? Les responsabilités que tu assumes aujourd'hui et genre pas que ce qui est intitulé dans ton poste parce que tu peux te baser de ta fiche de poste et de voir mais c'est quoi mes missions et mes responsabilités réelles aujourd'hui. Parce que dans le management français et pas que français mais on adore te donner une fiche de poste et on adore te faire sortir de ce cadre. sans te rémunérer pour cela. Parce qu'on compte surtout pour nous, les femmes, on compte sur notre servéabilité, on compte sur notre empathie naturelle, on compte sur le fait qu'on nous apprend à prendre soin des gens, mais tout ça, ça a un coût. Parce que les responsabilités que tu assumes et qui ne sont pas valorisées dans ton salaire, en fait, si tu ne les faisais pas, ton patron, ton organisation devrait embaucher quelqu'un pour le faire. Donc note tout ce que tu assumes. aujourd'hui et pas que l'intitulé de ton poste et pas que la fiche descriptive du poste. Les problèmes que tu as résolus dernièrement pour l'entreprise et ou si tu ne résous pas de problèmes, peut-être que tu as fait économiser, je pense à tous les postes de type, pour avoir été déjà dans ce genre de poste, tout ce qui est assistante de direction, assistante administrative, parfois on croit qu'on ne résout pas des problèmes. Or, vous résolvez des problèmes d'agenda, d'organisation toute la journée. Et souvent, vous êtes les postes qui font économiser le plus d'argent en entreprise. Et quels sont donc les impacts observables de ton travail ? Est-ce que j'ai fait gagner de l'argent ? Est-ce que j'en ai fait économiser ? Qu'est-ce que j'améliore dans l'entreprise ? Ça peut être du climat de l'entreprise. Il faut que ce soit quand même des résultats observables et tangibles. Et ici, l'objectif, c'est de rendre visible ce qui, aujourd'hui... pour ton organisation, slash ton patron, slash ton manager, et reste implicite. D'accord ? En résumé, la plupart des personnes ne perdent pas leur négociation au moment de la discussion. Elles la perdent en amont, parce que les discussions se font en amont. La manière dont tu anticipes le système, dans lequel ton salaire est décidé. Et ça, quand tu te mets à réfléchir à ça, ça change tout. Parce que ça veut dire que ce n'est pas juste une histoire déjà individuelle, personnelle, ni une fatalité. C'est une stratégie qui se construit. Et c'est exactement ce que je vais t'aider à faire dans un atelier stratégique que j'anime le mercredi 8 juillet de 12h30 à 14h. Pendant 1h30, on va construire le bon timing, ton timing de négociation, tes arguments, ton montant cible et ton plan d'action concret. Les places, elles sont limitées à 12 personnes. Il y a un replay si tu ne peux pas être là en live. Et le lien est dans la description de cet épisode. À très vite ! Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.