- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut. Bienvenue Gervaise dans Émancipation Féminine, je suis ravie de te recevoir. Est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît sans nous dire ce que tu fais ? Tu peux te présenter à travers tes passions, ce que tu aimes mais pas ton métier.
- Speaker #1
Très bien, merci Bellefine pour ton accueil, ravie de rejoindre ce podcast. Donc mon prénom c'est Gervaise, un prénom pas courant que je suis fière de porter, on n'est pas nombreuses. Et donc, c'est aussi une marque de fabrique ? Gervais, Gervais-Pinçon, moi j'ai passé la cinquantaine. Je suis une mère de famille, l'heureuse mère de famille de trois enfants, 13, 17 et 20. Ils sont bien dans leur basket, donc c'est ma première satisfaction. J'habite en Ile-de-France et je suis née en Ile-de-France. Et j'avoue, j'ai un peu voyagé, mais je suis revenue habiter. à peu près à 500 mètres de là où je suis née.
- Speaker #0
Voilà, donc moi,
- Speaker #1
j'aime bien mon quartier. C'est vrai que la première couronne de Paris, c'est peut-être pas rêvé, mais en tout cas, c'est chez moi et j'aime bien y être.
- Speaker #0
J'adore. Est-ce que tu as des passions ?
- Speaker #1
Et dans les passions, moi, je cours beaucoup. J'ai toujours été assez sportive. Et la course, c'est un bon fil rouge qu'on peut maintenir, à part dans certains cas, les grossesses, évidemment. pas besoin d'être super performante, on n'a pas besoin d'être accompagnée, on est assez libre quand on court, voilà, il faut mettre un peu de moyens dans une bonne paire de chaussures et le reste suit, voilà. Et puis, maintenant, tu peux courir en ville, c'est comme ça que j'ai commencé, en bois, en montagne, voilà, et la course après a pris beaucoup d'ampleur, c'est une bonne chose, voilà. Donc moi, c'est ça que j'aime beaucoup, le sport et la course. course à pied en particulier.
- Speaker #0
J'adore. On apprend à te découvrir autrement. Qu'est-ce que tu fais dans la vie, Gervaise ? Dis-nous tout.
- Speaker #1
Donc là, c'est le moment de mon métier.
- Speaker #0
C'est le moment de vérité.
- Speaker #1
Moi, mon métier, c'est la direction financière à temps partagé. Typiquement, j'interviens sur des structures qui n'ont pas le volume d'affaires suffisant pour recruter quelqu'un à temps plein. mais qu'on ait au moins des sujets en direction financière, sur la mise en place de systèmes d'information décisionnelle, sur la construction de projections, de business plans, sur la recherche de financement, comment tu mets du carburant dans le moteur pour que ta structure puisse avancer, puisque la trésor, c'est quand même le support le maire de la guerre, en complément de plein d'autres choses, mais la trésor est clé. Et de manière générale, j'anime toute la sphère des... financeurs, investisseurs, experts, comptables, juridiques et fiscaux, aux côtés de la direction de l'entreprise. Et ça, j'opère ça sur des structures qui font jusqu'à 20-30 millions d'euros de chiffre d'affaires. Après, souvent, c'est staffé et j'interviens différemment.
- Speaker #0
C'est un métier pour avoir eu des DAF en interne, sur les grosses boîtes où avant je travaillais. C'est un métier qui, historiquement, est quand même assez masculin. Comment je t'ai retrouvée là ?
- Speaker #1
C'est historiquement ambivalent parce que les directions sont souvent masculines. En effet, les directeurs financiers, tout le top management de la direction financière. Mais par contre, quand tu descends hiérarchiquement dans les équipes, c'est souvent des comptables femmes, comptables générales, clients, banques, fournisseurs. Le contrôle de gestion, c'est mixte. Mais c'est vrai que c'est... Ce schéma-là, qui tend à bouger, comme partout ailleurs, mais la direction financière de top management, c'est plutôt un homme. Et je me suis retrouvée là parce qu'à l'issue de mes études, je suis rentrée en cabinet d'audit chez Arthur Andersen à l'époque, EY maintenant, où ils embauchaient des bataillons de promo. On devait être 15 ou 20, je pense, de mon école quand on est rentré là. Et il faudrait vérifier, mais je pense que c'était mixte. Peu leur apportait, en fait. Et je pense que les cohortes, les schools, ça s'appelait, les bataillons avec lesquels on rentrait étaient mixtes. Et donc après, tout le monde essaime dans les directions financières. Moi, c'est comme ça que je me suis retrouvée là. Puis après, tu tires les fils et tu fais ton chemin. Mais néanmoins, je te rejoins sur les grosses structures que j'ai faites. Les directions financières au top, elles sont souvent tenues par des hommes.
- Speaker #0
Oui, clairement. Aujourd'hui, si je fais une papote aujourd'hui, c'est pour parler d'un sujet assez spécifique, mais c'était important qu'on comprenne dans quel cadre ça s'inscrit. On va parler de l'entrepreneuriat des femmes et donc de l'argent des femmes. Pour toi, créer son entreprise, est-ce que ça libère vraiment les femmes au fond ?
- Speaker #1
Elle est double, je ferai une réponse double. Ça les libère dans le sens de la prise en charge d'un projet qui leur est propre. Elles passent du temps, de l'énergie, de l'argent sur un projet qui leur est propre, qui leur appartient et ça les libère en ce sens en fait. Elles n'opèrent pas pour quelqu'un d'autre, elles opèrent pour elles-mêmes et pour mener leur projet à bien. Pour autant, elles ne sont pas libérées de leur rôle de femme et de ce que la société attend d'elles, même si en effet les lignes changent. Je pense à la charge familiale, à la charge sociétale, domestique. Même si les temps changent, en effet, ça fait cette double casquette qu'elles doivent porter. C'est vrai aussi quand tu es salarié. tu as aussi un travail et un rôle professionnel et un rôle à la maison. Tu as à la fois un rôle professionnel et un rôle personnel. C'est vrai aussi quand tu es salarié. Mais au sens de l'entreprenariat, ça les libère dans le sens où elles mènent leurs propres projets pour elles-mêmes, avec leurs propres objectifs et pas pour le compte de quelqu'un d'autre. Pas pour le compte de la famille d'un point de vue personnel, pas pour le compte de l'employeur. dans le cadre d'un salariat.
- Speaker #0
Et est-ce que, on va l'aborder, mais est-ce que financièrement, ça nous libère toujours ? C'est une vaste question.
- Speaker #1
Oui, c'est une vaste question. Il faut arriver à transformer ton projet en un véritable objet économique, en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Comprendre que faire de l'argent, c'est pas mal. Et heureusement qu'il y a de l'argent dans les circuits. Et donc, il faut. Voilà, il ne faut pas s'excuser de vouloir faire de l'argent, de vouloir faire son propre argent, que le projet qu'on porte se transforme en objet économique et qui génère de l'argent qui sert notre intérêt en tant que personne, en tant que femme. Mais ça, c'est un vaste sujet, l'argent, dans le modèle entrepreneurial.
- Speaker #0
C'est clair, surtout en fonction de… On va le voir, on a plein de questions à se suer, mais pour pas te frair, mais je pense qu'en fonction des métiers qu'on fait, on le voit beaucoup chez les femmes, la question de la rémunération et de comment on atteint son point viable économique, il est tellement différent, je trouve, des hommes. Mais justement. À quel moment pour toi, une entreprise, elle tourne en apparence, mais elle ne fait pas vraiment vivre sa fondatrice ? de ton expérience.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on est souvent très contentes, et toi et moi aussi, on le sait, de réussir sur les premiers marqueurs de la réussite, sur des marques d'intérêt, sur une communauté, sur un post LinkedIn qui réussit bien, et puis un deuxième et un troisième. Ça, c'est des premiers marqueurs de la réussite, des marques d'intention, des prospects qui te demandent Merci. plus d'informations sur ton projet, sur prendre la parole dans des événements. Ça, c'est des marqueurs, c'est des premiers marqueurs de réussite. C'est intéressant, évidemment, on ne peut pas s'en passer. Et puis, l'un appelle l'autre. Mais ce qui marque vraiment la réussite, en fait, à mon sens, c'est que la fondatrice se rémunère, en fait. Souvent, cette comparaison avec les signaux d'urgence quand tu prends l'avion, on t'explique quoi faire en cas d'amérissage, en cas d'urgence, etc. Et on te dit, et c'est un peu contre-intuitif, de te mettre d'abord le masque à oxygène sur toi avant de le poser sur les autres. Dans les interventions que je fais, dans les formations ou les ateliers que je fais, je prends souvent cette comparaison. Si tu t'épuises, si tu ne gagnes pas ta vie, tu ne pourras pas mener ton projet à bien, tu ne pourras pas recruter, tu ne pourras pas avoir d'impact, tu ne pourras pas poursuivre ton projet et ton activité. C'est clair. À un moment donné, il faut mettre le masque à oxygène sur soi d'abord pour pouvoir impacter le reste du monde. Donc, les premiers marqueurs de réussite, c'est excellent, évidemment. Les communautés, les post-linkings, les invitations, les mentions dans des news ou quoi. Après, il ne faut pas perdre de vue que ce qui te permet de durer, c'est que ton entreprise gagne de l'argent et que toi-même, tu te rémunères. C'est le premier intérêt de ta société.
- Speaker #0
C'est clair. Et c'est vrai que ça, cette apparence en tout, aujourd'hui, je suis trop en accord avec ce que tu dis de toute façon. Mais c'est vrai que beaucoup de femmes, dont moi, ça m'arrive aussi encore parfois, même si j'ai la réalité de la trésor quand même toutes les semaines. C'est quelque chose qu'avant, j'ignorais dans mon premier entrepreneuriat, là où toutes les semaines, je sais que je vais aller regarder soit en début, soit en fin de semaine. elle en est où cette réseau en fait et on peut vite confondre à l'ère des réseaux sociaux le nombre d'abonnés comme tu disais le nombre de vues, de likes de mentions, d'invitations qui souvent peuvent être gratuites exactement où on nous demande d'intervenir gratuitement surtout beaucoup nous les femmes et en fait aux yeux des autres des uns et des autres on peut se dire ah ben Gervaise elle est en train de réussir de cartonner avec sa boîte
- Speaker #1
mais en réalité peut-être que la trésor est complètement alors que tu te payes à peine ou voire tu ne te payes pas du tout ou même tu ne te payes pas ou tu te payes de manière très irrégulière et ça il ne faut pas perdre de vue qu'il faut se payer en fait c'est ton premier moteur de la réussite le principe de réalité on a tous besoin d'argent pour vivre on ne veut pas tous devenir Amazon ou Google tant mieux j'ai envie de dire mais on a tous besoin de se payer donc ça il ne faut pas le perdre de vue dans les terrains. Mais pour autant, les marqueurs de communautés, de mentions, etc., sont des marqueurs de réussite. Mais ce qui va vraiment faire durer ton entreprise, c'est de se payer, de se rémunérer. On a été surprise, tu vois, sur… Il y a des… Tu sais un réseau qui s'appelle Boost à boîte ?
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Tu vois, qu'il y avait, je ne sais pas, une grosse communauté. Il y en a des réseaux dans mon environnement, là où j'habite. Et on a appris avec super, et j'avais même mis de l'argent, tu vois, personnel dedans, à une somme modeste. On a appris avec super que le réseau s'arrêtait, en fait. Donc, sûrement des problèmes de revenus. J'imagine, je ne suis pas dans les secrets d'Alcove, mais sûrement des problèmes de revenus. Ou alors des sociétés qui marchent bien, tu sais. Soft Kids. C'est une fille de chez Willa qui avait monté ça et tu la voyais partout sur les réseaux et ça devait être un effort gigantesque d'être présent en permanent et tu te rends compte qu'elle a dû fermer sa structure en fait. Donc c'est très ambivalent et c'est pas facile de se payer, c'est pas facile on le sait tous, de générer du revenu est suffisamment pour se payer mais... C'est vraiment ça, c'est vraiment gagner sa vie, ce qui libère la femme.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression, selon ton expérience, que nous les femmes, parfois, on ne s'accroche pas un peu trop à cette visibilité et on en oublie peut-être de se faire payer ou d'augmenter un tarif ? Comment tu observes ça, toi ? Parce que tu fais quand même beaucoup de choses aussi pour les entrepreneurs, pour les créatrices, tu interviens de partout. Tu ne nous as pas dit toutes tes casquettes, d'ailleurs, sur ce sujet. si tu veux faire Une parenthèse pour qu'on sache d'où tu te situes et pourquoi tu nommes tout ça. Comment tu observes ça, toi, chez les femmes ?
- Speaker #1
Moi, je fais un aparté, effectivement. Moi, j'interviens à la fois sur des structures classiques, jusqu'à 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, auprès de la direction de l'entreprise, sur des services et sur la tech. J'ai maintenant une bonne expérience sur la tech. J'interviens aussi dans des incubateurs auxquels je suis très attachée. Oui, là. qui est dédié à l'entrepreneuriat des femmes dans la tech. Les Déterminés, dédié au quartier prioritaire de la ville. Et Inco, dédié au start-up green social, où chez ces incubateurs, je mène des ateliers qui portent sur le business plan et qui ouvrent sur le panorama des financements. Oui, là, l'audience est féminine, mais sur les deux autres, Inco et Les Déterminés, c'est mixte. Et j'interviens aussi au sein de FIPUS, qui est le regroupement des associations de financiers d'entreprise issues des grandes écoles de commerce et d'ingénieurs. Là aussi, c'est assez mixte, je dirais. Sur le fait de flatter, qu'on te sollicite, et qu'on te sollicite pro bono, en fait. C'est ça. C'est-à-dire qu'on te sollicite de manière bénévole. C'est flatteur, en fait. C'est flatteur, on a tous envie de mettre l'heure. voilà on le voit t'as aussi une économie en fait de ce bénévolat voilà je vais tirer parti du savoir-faire des autres je vais tirer parti du réseau des autres alors on est toujours à la limite sur un équilibre fréquent sur un équilibre fragile entre gentil intérêt versus je suis contente de mettre ma pierre à l'édifice versus c'est pas tout ça mais il faut quand même gagner sa vie à la fin donc on est on est toujours à l'équilibre l'objet c'est de savoir mon sens et je le lis sans égoïsme de qui ça sert l'intérêt c'est ça c'est pas grave si c'est pas mon intérêt est-ce que ça sert l'intérêt d'une cause qui me... qui me tient à cœur et dont je pense que c'est vertueux. Mais moi, quand je suis sollicitée, je me pose cette question de qui ça sert en fait. Est-ce que ça sert à mon intérêt ? Alors là, fine. Est-ce que ça sert à l'intérêt d'une cause qui me porte ? Est-ce que ça sert à l'intérêt d'une association qui me porte, indépendamment du retour sur investissement ? Mais en tout cas, en effet… Voilà, mon conseil, c'est d'équilibrer et de se poser cette question-là.
- Speaker #0
Oui, la question, on pourrait même la réduire parce qu'on pourrait avoir hyper vis-à-vis ça en connaissance de cause. Pour avoir déjà planté une boîte il y a quelques années, on arrive toujours à servir les intérêts d'autrui, à se trouver des causes. Moi, c'était parce que les auditeurs et les auditrices y savent parce qu'un coup, c'était le COVID, les pauvres gens, donc je vais faire gratuit, un coup, c'est décib. En fait, je trouve toujours une raison pour ne pas te faire payer. en réalité, mais peut-être qu'on pourrait aussi nommer ça de quel est l'intérêt pour son entreprise de faire ça. Et quand on se détache un petit peu de soi et qu'on met l'identité de son entreprise en avant, parfois, je trouve, en tout cas pour moi, ça marche plutôt bien de se dire quel est l'intérêt pour ma boîte, mon entreprise. Moi, c'est Madame Flo Cochin. Quel est l'intérêt pour Madame Flo Cochin ? Est-ce qu'il y a vraiment un intérêt ? Parce qu'au final, à la fin du mois, j'aurai des charges et si je fais tout grâce, il est où l'intérêt pour ma boîte ? Et comme tu dis, l'intérêt premier d'une boîte, c'est de rémunérer son dirigeant, sa dirigeante.
- Speaker #1
Exactement. Et voilà, il faut arriver aussi à dire non. Moi, tu vois, j'anime la fresque de l'équité et un incubateur m'a demandé de l'animer gratuitement, en fait, pro bono. Alors que le principe même de la fresque, d'ailleurs, c'est de mettre en avant le rôle des femmes, notamment dans un rôle économique. Donc, tu vois, on se tire toute seule une balle dans le pied en acceptant, en fait. Donc, moi, j'ai refusé, en fait. Et puis, la fresque de liquidité, on a aussi nous payé pour appartenir à ce collectif. C'est aussi un revenu dont on tire partie en animant. En fait, on a une posture de professionnel. Complètement. Mais je suis d'accord, il y a Boïa. Et on est peut-être, est-ce que les femmes, peut-être plus, sont friandes d'intervention, de cette reconnaissance, de mention, d'invitation, qui ne sont pas rémunérées. On est peut-être plus friandes de ça. Parce que ça nous sort du syndrome de l'imposteur, parce que ça nous met en avant, parce que c'est une bonne occasion. Mais voilà, toujours garder en tête, comme tu le dis, est-ce que ça sert l'intérêt de mon entreprise ? Parce que le principe de réalité de fin de mois nous rattrape. Il faut se payer et acquitter les charges et pouvoir poursuivre notre projet.
- Speaker #0
Du coup, ça peut faire vachement le lien avec, tu disais que tu travaillais dans... certaines spécialités dans les services et la tech. Si je recoupe un petit peu la question et qu'on l'affine, est-ce que toi, tu trouves que dans ces univers-là, qu'est-ce qui fait que, par exemple, une femme, elle peut beaucoup travailler ? sans réussir à construire une activité qui est vraiment solide. Est-ce que tu observes ça ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Le fait que tu travailles beaucoup, je ne crois pas que ce soit sur ton projet, je ne crois pas que ce soit genré. Tu montes un projet, service, tech. Tech, il y a beaucoup de R&D. Souvent, le temps est long. Il faut beaucoup travailler avant d'avoir un retour parce que tu as toute une phase de test. Le temps est long. Il y a d'autres exemples aussi en service. Donc, beaucoup travaillé, je ne crois pas que ce soit genré, mais sur l'activité solide, tu vois, et là, je raccroche à la partie financement. C'est ça, souvent, tu vois, en tout cas dans la R&D, où il y a beaucoup d'investissements, soit sur la masse salariale, soit sur des POC, des tests, où il y a besoin de financement avant que ce soit ton client qui te finance. Il faut aller chercher du financement chez les tiers, là où ils sont, chez les investisseurs ou chez les dispositifs que porte l'État. Et là, par contre, ça, c'est vraiment très genré. Tu vois, moi, je suis souvent un baromètre qui est monté chaque année par le BCG et Sista. Et c'est les femmes dans la tech, dont les équipes sont 100% féminines, c'est moins, je crois, de 2% des fonds captés, en fait. Tu vois ?
- Speaker #0
C'est malheur.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Moins de 2%.
- Speaker #1
Oui, moins de 2%, tu vois ? Je l'ai encore relu il n'y a pas longtemps, tu vois ?
- Speaker #0
C'est catastrophique.
- Speaker #1
C'est catastrophique, tu vois ? Quand elles sont seules, quand elles sont mixtes, c'est moins violent. Quand les équipes sont mixtes, c'est moins violent, les écarts. Mais quand elles sont seules, c'est moins de 2%, tu vois ?
- Speaker #0
C'est le biais, en fait. C'est le biais.
- Speaker #1
Tu vois, c'est le biais, parce qu'on le disait tout à l'heure, dans le top management de la finance, et c'est vrai aussi dans les fonds d'investissement et chez les décideurs même des fonds publics, de la BPI par exemple, c'est des hommes, voilà, qui écoutent des projets portés par des hommes et qui flèchent des financements sur des projets portés par des hommes. Et moi, je le vois, j'ai beaucoup pitché pour des clients, notamment un dont l'objet, c'était vraiment de la deep tech. Je me suis retrouvée plusieurs fois. Alors, c'était très défense et sécurité, certes. Mais enfin, bon, ce n'est pas parce que c'est défense et sécurité qu'il doit y avoir moins de parité. J'ai pitché devant des assemblées d'hommes, tu vois. Notamment, je me souviens d'une session. On était 22 projets qui avions été retenus pour pitcher sur scène devant des investisseurs, beaucoup de financeurs. 22 projets retenus. On était deux filles, tu vois. mettait en avant un projet qui source des images satellitaires d'observation de la Terre pour détecter des changements au sol, donc très tech. Et l'autre fille, l'autre dame, l'autre femme, elle, elle portait, elle était en train de construire des moteurs pour lanceurs de satellites. Très technique aussi, beaucoup d'ingénierie. Voilà, 22 projets, 20 projets portés par des hommes et 2 projets portés par des femmes. Et l'Assemblée... Donc, des financeurs, soit des financeurs représentant l'État, soit des financeurs de banque, de fonds d'investissement, 80% d'hommes.
- Speaker #0
À hauteur de votre représentativité, en fait. Tu vois,
- Speaker #1
c'est ça, tu vois.
- Speaker #0
Le biais, il est forcément là.
- Speaker #1
Le biais, il est énorme, tu vois. Moi, j'ai pitché devant, alors là, c'était une grosse assemblée, c'était un gros événement, mais sur des petits événements, j'ai régulièrement présenté des projets du client pour aller chercher des fonds. C'était que des hommes. Oui, la BPI, c'était des hommes. J'ai un exemple où c'était des femmes, tu vois. Sinon, c'était des hommes dans les fonds d'investissement, dans les structures de défense. Voilà. Pas méchant, pas moins attentif.
- Speaker #0
Non, mais on sait le biais que ça génère, en fait. Nous, on le sait parce qu'on travaille aussi, comme tu disais, on est toutes et deux fresqueuses. On s'est rencontrés comme ça dans le collectif. Nous sommes même partenaires in crime à la fresque de l'équité.
- Speaker #1
La fresque de l'équité.
- Speaker #0
Et nous, on les voit et on les manipule, ces chiffres. Mais toi, tu les vivais déjà aussi avant, parce que c'est ton métier de base. Est-ce que tu peux nous faire un petit focus sur ça ? Ça représente quoi ? C'est quoi les billets, en fait ? Parce qu'il y a plein de personnes qui vont dire oui, et alors ? En fait, je ne comprends pas où elles veulent en venir.
- Speaker #1
Les biais, c'est ce qui décide qui finance et sur quel projet porte le financement. C'est des décisions portées par des hommes sur des projets portés par des hommes. Donc, c'est une espèce de cercle vicieux, en fait.
- Speaker #0
Vertueux pour eux, vicieux pour nous.
- Speaker #1
C'est ça. Parce que les projets qui seront davantage solides, c'est pas bilatéral. C'est pas parce que tu reçois plus de financement que ton projet va durer plus longtemps. Mais c'est quand même un marqueur très aidant. Oui. sur un temps long, on a besoin d'argent sur nos projets. Donc, le projet qui est financé par des hommes, le projet qui sera financé, il sera plus solide, il durera plus longtemps, il aura plus de visibilité, ce sera un objet économique plus fort qui rémunérera davantage ses fondateurs. Donc, tu es dans un cercle permanent, tu reçois ton projet, il est plus solide. que tu es un homme, tu es plus visible. Et du coup, la proportion est carrément défavorable aux femmes, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui ne comprennent pas, mais en fait, souvent, dans le biais de représentativité qui est en train de se jouer, c'est-à-dire qu'on accorde par défaut, presque inconsciemment, les financeurs accordent moins aux femmes parce qu'ils vont les trouver moins structurés, le projet est moins solide, alors que...
- Speaker #1
C'est moins ambitieux, surtout. Je l'ai entendu, tu vois, votre projet, il n'est pas assez ambitieux. Alors, la barrière de l'ambition, tu vois, la perspective de l'ambition...
- Speaker #0
C'est tellement relatif.
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait relatif, tu vois. Et de ce fait, tu vois, alors, c'est toujours la question de l'œuf et de la poule, mais il n'y a que 10% des startups qui sont formées par des équipes purement 100% féminines, en fait.
- Speaker #0
Pourquoi, selon toi ? Est-ce qu'elles s'empêchent d'eux ou elles savent qu'à la fin, ça sera trop difficile et elles renoncent d'emblée ? Peut-être qu'on ne peut pas répondre aussi bien. Oui,
- Speaker #1
je pense qu'il y a une part où tu vois, est-ce qu'il y a une part de syndrome de l'aposteur ? Tu vois, la tech, il y a beaucoup d'ingénierie. Là, je parle pour le sujet de la tech, tu vois, beaucoup d'ingénierie, beaucoup… Et puis, c'est depuis le début, en fait. Il y a moins de filles, de jeunes filles dans les filières scientifiques. Il y a moins de jeunes filles à l'issue des écoles d'ingénieurs. De ce fait, il y a moins d'équipes qui sont 100% féminines. Et en plus, dans ces équipes qui sont 100% féminines, seuls 2% sont financées. Donc, c'est plus dur de durer, c'est plus dur de se rémunérer. Est-ce qu'il n'y a pas un moment où tu jettes l'éponge ? Ou en tout cas, sans financement, le temps est plus long. l'ambition est forcément un peu réduite.
- Speaker #0
Autant d'efforts si tu as moins de chance au départ, clairement.
- Speaker #1
Ces chiffres, ils ont tendance plutôt… Le baromètre est fait chaque année et les chiffres s'améliorent. La représentativité des femmes dans l'écosystème de la tech augmente. les chiffres sont moins sévères sur les taux de financement des équipes 100% féminines. Pour autant, c'est très inégalitaire, en fait.
- Speaker #0
Pour autant, il n'y a que 2% qui sont financés, donc des 98% restants, ce sont des hommes.
- Speaker #1
Exactement, voilà.
- Speaker #0
Déjà que c'est dur l'entrepreneuriat, alors.
- Speaker #1
C'est ça. Et seules, tu vois, les femmes fondatrices, quand elles sont déjà 2%, ce n'est pas beaucoup à capter des fonds, elles captent des montants plus petits que des hommes. Les montants levés par des hommes, par des équipes 100% hommes et des équipes 100% femmes, c'est quatre fois moins élevé quand tu es une femme. Tu en as moins et c'est moins élevé, tu vois.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
Tu vois ? Donc, c'est une espèce de cercle vicieux, en fait. Et alors que c'est justement dans cet accès au financement que tu peux permettre à ton projet d'avoir plus d'ambition, de te rémunérer, évidemment, de durer plus longtemps, de répondre à ce principe de réalité qu'à la fin du mois. Il faut se payer et il faut payer son associé. Donc ça, c'est vraiment une difficulté, tu vois. De manière générale, c'est difficile d'aller chercher du financement. Ça l'est d'autant plus quand tu es une équipe 100% féminine.
- Speaker #0
un peu moins quand tu es une équipe mixte et encore moins quand tu es une équipe 100% masculine les choses bougent tellement lentement les choses bougent tu vois il y a des fonds d'investissement qui se mettent sur le sujet il y a Sistaphone, il y a ce baromètre qui est fait chaque année, il y a des incubateurs moi j'interviens donc chez Willa qui pousse, qui insère, qui fait la promotion des femmes dans l'économie en général et dans la tech en particulier. Mais ce sujet-là, il est majeur parce que ça parle d'ambition solide, ça parle de rémunération et ça parle de l'économie, même de la femme en fait. Comment tu te rémunères et comment tu durs.
- Speaker #1
Quand il faut parler d'argent, pitcher ou aller chercher un financement, justement. Comment la socialisation des femmes se voit encore concrètement ? Qu'est-ce que tu observes, toi ? que tu es d'un côté et de l'autre. Tu as pu être celle qui pitche pour des clients, mais tu peux peut-être aussi faire partie d'un jury potentiellement, ou en tout cas, tu es là au prémice.
- Speaker #0
Comment tu prends ta place ?
- Speaker #1
En fait, c'est la socialisation des femmes, de comment on a été socialisé, comment on a été éduqué. Est-ce que ça se voit encore quand elles vont chercher un financement, ou quand elles vont pitcher, ou quand elles entreprennent les femmes ? Est-ce que ça se ressent encore, cette socialisation-là, historique, on va dire, des femmes ?
- Speaker #0
Oui, tu vois, ça se voit déjà dans le nombre qui pitche. Je reprends mon exemple. 22 projets, 2 femmes, 20 hommes. Et ce n'est pas tech ou pas tech, toutes les deux. On portait des sujets très tech. Donc, l'objet social de ce qu'on portait était le même que celui de nos homologues, les 20 autres projets portés. Donc, elle se voit là-dedans, en fait. Elle se voit aussi, en effet, c'est moins vrai, tu vois. Moi, ça fait dix ans presque que j'interviens chez Ouila. Et je trouve que les projets sont plus complexes, sont plus ambitieux. Au début, il y avait plus de micro-entreprises, tu vois.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Ce qui donne un peu l'impression de tenter ta chance.
- Speaker #1
Je voulais dire que les femmes, du coup, elles se lançaient plus en micro. C'est ça. Que tu observais il y a dix ans.
- Speaker #0
Tu vois. Alors, je n'ai pas fait une analyse là-dessus. Oui. Mais, tu vois. Et là, je trouve qu'il y a des sujets plus ambitieux, moins de micro-entreprises. Et que ce soit le statut juridique que tu prends, indépendamment de la micro-entreprise, SAS, SARL, ce que tu veux, ça dit, voilà, mon projet maintenant, c'est ça, en fait. Donc. Ça, je trouve que ça a changé dans un sens favorable, en fait.
- Speaker #1
Oui, très vrai. D'ailleurs, pas que dans la tech.
- Speaker #0
Pas que dans la tech, tu vois. Mais c'est vrai. Il y a des incubateurs, des fonds qui mettent en place des stratégies pour embarquer les femmes, tu vois. En effet, mais j'ai toujours... Dans les ateliers que je mène, c'est flagrant et c'est 100% de femmes. Donc, c'est un bon laboratoire d'analyse. Tu vois, tu as le sentiment un peu de dire non, mais attends, moi, les chiffres, ce n'est pas pour moi. Attends, moi, je ne sais pas faire ça. Ah ben, c'est mon mari, c'est mon conjoint qui m'a fait mon business plan. Tu vois, et mon propos, c'est de leur dire attends, on a tous été à l'école. On a tous été à l'école, on s'est tous posé les quatre additions. Et ton objet, ce n'est pas tant la difficulté de poser la donnée, c'est de te projeter dans ton projet. Quelles sont tes perspectives ? Quelle est ton ambition ? Où tu vas ? Avec qui ? Qui tu veux embarquer dans ton projet ? Et ça, je veux dire, homme, femme, tout le monde peut le faire. Et il y a forcément une asymétrie d'informations. que tu sois un homme ou une femme, c'est toujours toi qui portera mieux le projet que le voisin, en fait.
- Speaker #1
Ça, c'est clair.
- Speaker #0
Et sur la partie finance, en tout cas sur la partie BP, on a tout été à l'école. Multiplication, addition, soustraction, division, on sait tout faire ça. Donc, mon objet, c'est de les rassurer là-dedans. Mais je vois encore, en effet, les chiffres, ce n'est pas pour moi. Oh là là, c'est compliqué, moi c'est mon mari qui me fait ça, voilà. Donc on voit encore un écart entre économie, argent et projet porté par une femme. Voilà, mais j'ai envie de croire que t'es dans le bon sens, parce qu'il y a des Willa, parce qu'il y a des Sistaphone, parce qu'il y a plus, en tout cas, je pense, de sociétés qui se créent maintenant, qui ne s'en est créée. Enfin, il faudra regarder, mais en tout cas, j'ai envie de croire que ça va quand même dans le bon sens.
- Speaker #1
Oui, et justement, la question que je voulais te poser tout à l'heure, c'était, est-ce qu'il y a plus ou moins de femmes ? On connaît la réponse. Une question-réponse, on va dire, mais à propos de financement, en fait. Le nombre de femmes qui osent aller demander du financement, justement, quand elles créent une entreprise, une entreprise, peu importe le statut, versus des hommes, enfin, peu importe le statut, non, parce que souvent, le statut... Comme tu disais, si tu restes en micro, certainement que ça t'influence à ne pas demander d'argent.
- Speaker #0
Exactement. Et puis, il y a même des dispositifs qui excluent les micro-entreprises.
- Speaker #1
Ah ben voilà, tu vois, je ne savais même pas.
- Speaker #0
C'est réglé.
- Speaker #1
Voilà. Donc, en fait, Quid, on est une femme, on est créatrice de projet. Peut-être qu'on n'est même pas dans la tech parce que je n'ai pas beaucoup de femmes, je crois, dans la tech. Je dois m'écouter, mais tant mieux, ça va les faire venir. J'écoute mon podcast. Quid, en fait, je suis en train de créer ma boîte. Où est-ce que je vais chercher du financement ? Pourquoi c'est si opaque comme ça pour les femmes, en fait ?
- Speaker #0
Alors, où aller chercher du financement ? Au même endroit que là où les hommes vont chercher du financement. Les dispositifs de l'État, portés par la BPI, les régions ou les dispositifs connexes, les réseaux entreprendres, les France Initiatives, France Active, ADI, tous ces dispositifs-là. Et puis après, tu as tous les fonds d'investissement et les fonds d'investissement. Il y en a beaucoup, il faut chercher celui qui correspond à ton projet, auquel ton projet répond. Il faut être en capacité de parler la même langue que le financeur. S'il parle impact, parle impact. S'il parle innovation, parle innovation. S'il parle entreprise familiale, parle entreprise familiale. Voilà, et tous, t'es pas force, t'es pas éligible à tous les investissements. Ils ont tous des tests d'investissement. Il faut comprendre celles que le fonds d'investissement porte. La deuxième question, c'est est-ce que je vais pouvoir, lui a besoin, est-ce que mon projet répond aux besoins du fonds d'investissement auquel je voudrais m'adresser ? Et ça, ce n'est pas genré en fait. L'information, elle est disponible sur les sites internet, dans les salons, dans tous les événements. Il faut être en capacité d'aller un peu serrer des mains, se faire connaître et puis de s'autoriser à aller. chercher du financement, même si fonds d'investissement, au début, on regarde ça avec des yeux ronds.
- Speaker #1
C'est ça, on peut se dire, mais mon projet, il n'a pas… On parlait d'ambition tout à l'heure, il n'a pas une si grande ambition au point d'aller chercher un fonds d'investissement. À quel moment tu peux te poser ça comme question en tant qu'entrepreneur ?
- Speaker #0
Après, tu vois, le fonds d'investissement, c'est aussi au-delà des montants, ça dit aussi, je vais faire rentrer quelqu'un dans mon projet. Je fais rentrer au capital, c'est particulier. Je fais rentrer quelqu'un dans la maison et je laisse une partie de la décision à la main de quelqu'un d'autre. Il faut qu'il y ait un fit, ce n'est pas que des histoires d'argent. Il faut vraiment être aligné sur où tu veux aller, comment tu veux y aller, à quelle échéance. Mais en tout cas, ce truc-là, il n'est pas genré. Ce choix-là, il n'est pas genré. Mais tu vois, ce que je vois, par exemple... moi, dans des dispositifs, c'est que les femmes, elles pensent assez rapidement à des prêts d'honneur qui sont des montants plus modestes qui te débloquent des projets.
- Speaker #1
Merci, l'a dit.
- Speaker #0
Voilà, l'a dit. Merci à eux. Merci à tous d'exister parce que ça débloque des projets. Et ça permet à des établissements bancaires de se dire que d'autres, qu'eux-mêmes, ils sont allés en avance de phase. porteur de projet et accompagné. Et donc, au-delà d'un point de vue de montant et de données financières, ça crédibilise ton propos, ça crédibilise ta personne, ça crédibilise l'ambition. Est-ce que l'obtention ou la demande de prêts d'honneur est genrée ? Est-ce qu'il y a plus de femmes qui demandent un prêt d'honneur par rapport à des hommes ? Parce que les prêts d'honneur, les montants sont intéressants mais sont plus modestes que d'autres dispositifs.
- Speaker #1
Tout à fait. Tout à fait. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Pas pour elle, je ne sais pas.
- Speaker #1
Je ne crois pas parce que c'est assez mix, elle a dit, parce qu'en fait, moi, mon coworking, il est vraiment à dos. Oui, à coller. Je vois la salle d'attente, en fait, selon où je suis positionnée dans le coworking. Et en fait, il y a autant d'hommes que de femmes qui rentrent.
- Speaker #0
Ils demandent, oui.
- Speaker #1
Après, mon espace de coworking est réservé aux femmes entrepreneurs parce que c'est comme ça que ça fonctionne. Ah oui, c'est ça l'objet ? Oui. Oui, l'objet, c'est d'après leur enquête à eux, justement, c'était une enquête à D. Eux, ils financent en fait les personnes qui n'ont pas accès aux projets. Les projets, parce que ce n'est pas forcément que c'est les personnes, mais c'est aussi les projets qui n'auraient pas accès tout de suite à un crédit bancaire. Donc, des projets peut-être plus petits, moins ambitieux que sais-je, ou plus, je ne sais pas, qui font un peu plus… peur à des banquiers quand tu as des prestats de service en fonction de ce que tu fais on est de tout il y a des traiteurs il y a des couturières il y a vraiment de tout en termes de financement c'est très varié mais c'est vrai que je vois passer autant d'hommes si ce n'est plus d'hommes que de femmes ça dépend des moments en fait qui font des rendez-vous pour des prêts et eux en fait ils ont créé cet espace de coworking qui est l'unique Merci. pour le moment projet à Aix-en-Provence. C'est un projet pilote, en fait, et qui pourrait tendre à des ouvertures sur plein d'autres agences, ça dit, sur le territoire national. Et en fait, ce qu'ils avaient remarqué, c'est qu'une fois que les financements étaient là, celle qui était encore, qui est restée le plus dans la précarité dans l'entreprenariat, par manque de réseau, par manque d'accessibilité au lieu, c'était les femmes. C'est pour ça qu'ils ont créé ça, en fait.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Donc peut-être que ça complète un peu la réponse. C'est ce que j'en sais de pourquoi le passage des entrepreneurs à ex existe. C'est d'après une enquête nationale de la DIC qui fait qu'on finance autant d'hommes que de femmes, ou quasi à part égale. Et au final, celles qui galèrent encore dans leurs projets pour trouver des endroits où elles peuvent se poser et développer correctement leurs projets, ce sont les femmes.
- Speaker #0
C'est les femmes. Tu sais, ça rebondit sur ce livre de Virginia Woolf, Une chambre à soi. Elle dit que tu as besoin d'un endroit et de 500 dollars, je crois, pour mener tes projets, en effet. Donc là, elle répond, un endroit et un peu d'argent.
- Speaker #1
Mais c'est vraiment très ça, en fait. Tout à fait. Parce que, en tout cas, nous, sur le projet pilote qui en passe depuis deux ans, L'endroit est assez exceptionnel, c'est-à-dire que tu as un espace de co-working, tu as un espace où tu peux passer des appels, tu as un bureau que tu peux privatiser.
- Speaker #0
Ah oui, excellent.
- Speaker #1
Et donc, on fait des roulements, on s'inscrit dessus sans frais supplémentaires et tu as un espace pour déjeuner, mais qui est en commun avec l'agence ADI et tu as un espace de réunion qu'on peut privatiser et où on peut se faire payer aussi, en fait.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
oui. Donc, c'est assez exceptionnel. Ah oui,
- Speaker #0
c'est super.
- Speaker #1
il y a encore une salle qui tourne avant c'était un atelier de photographe en ce moment ce sont des couturières qui l'ont, il y a un local qui peut tourner en fonction des besoins des activités de chacune pour avoir été dans d'autres espaces de coworking c'est assez exceptionnel que tu n'aies pas de frais supplémentaires pour pouvoir privatiser des choses ça pour ça ça c'est bien mais effectivement la dépose de dossiers n'est pas genrée
- Speaker #0
Oui, heureusement que ce n'est pas genré d'ailleurs, mais il faudrait savoir, est-ce que sur les autres dispositifs, il y a plus d'hommes que de femmes, ou alors est-ce que les femmes s'arrêtent davantage ? Ça, je pense qu'il faudrait l'étudier, mais c'est vraiment une vue de l'esprit, mon avis personnel. Est-ce que les femmes s'arrêtent davantage auprès d'honneurs ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Au premier emprunt bancaire, elles s'arrêtent là, tu vois. Les chiffres sont là, puisque seuls 2% des femmes... menées par des... Seuls 2% des projets menés 100% par des femmes sont financés par des fonds d'investissement.
- Speaker #1
Ça pourrait répondre, au-delà du biais, ça pourrait peut-être répondre aussi à la question.
- Speaker #0
C'est ça, qui reste en suspens. Super,
- Speaker #1
on n'y répondra pas, là. Pour toi, à quoi ça ressemble une entreprise qui soutient vraiment la vie de la femme qui l'a créée ?
- Speaker #0
La première chose, c'est se rémunérer.
- Speaker #1
On est bien d'accord. On vous le dit, on l'a encore une fois. C'est le cas de la journée.
- Speaker #0
C'est un peu surligné, tu vois. Tu montes un projet qui est un projet économique ou alors tu montes complètement autre chose.
- Speaker #1
Tu montes une association.
- Speaker #0
Tu montes une association. Moi, je connais quelqu'un, tu vois, qui est très lié à l'ASE, à l'Aide sociale à l'enfance, qui, en complément de son entreprise, monte des projets en soutien à l'Aide sociale à l'enfance sur le biais de son réseau, etc. Mais c'est autre chose, en fait. Et là, elle cherche des financements pour emmener les enfants. Mais ce n'est pas un objet économique qui va la rémunérer, en fait. Et la première chose... c'est de se rémunérer, en fait. Et de se rémunérer, alors dans le bon sens, c'est le principe de la réalité. Au début, tu te rémunères peu et puis finalement, ça augmente. Mais l'objet, ce n'est pas de s'excuser, de demander pardon. L'objet, c'est de se payer réellement à nouveau, pouvoir durer et à titre personnel et pour son entreprise, en fait.
- Speaker #1
Combien de temps il faut ? à peu près un peu tous secteurs confondus selon ton expérience, combien de temps il faut pour se rémunérer sur une création d'entreprise ?
- Speaker #0
C'est très variable, je dirais. Sur de la R&D, ça peut être plus long. Sur de la prestation intellectuelle, comme je fais moi, c'est vrai que c'est assez rapide. Ou en tout cas, c'est directement lié à ton volume de clients. En tout cas, plus directement lié que d'autres secteurs à ton volume de clients, je ne peux pas répondre à cette question. C'est vraiment très variable.
- Speaker #1
J'espère bien que tu es allée dire ça. Je ne peux pas répondre à cette question. C'est vrai que c'est compliqué. Ce n'est pas une question de piège, mais combien de temps une entrepreneuse peut quand même se dire ? C'est encore plus vicieux, j'ai l'impression, quand tu es en micro. Parce que quand tu es en entreprise, tu as quand même un expert comptable ou une experte comptable qui, toutes les années, va faire un bilan avec toi et tu vas à minima discuter avec quelqu'un de tes chiffres. Oui, moi, je suis plutôt partie en 16U pour me dire au moins à minima, chaque année, j'ai un point de... J'ai bien aimé, tu disais ça, le principe de réalité, en fait. À un moment donné, on sort un peu de... Mais oui, mais j'ai des gens, j'ai une communauté. Oui, mais en fait, la réalité, c'est l'argent. Oui, tout à fait. C'est l'argent. Donc en fait... Et quand tu es en micro, tu peux vite te perdre dans ce principe de réalité parce qu'en fait, oui, tu fais ton bilan toi, mais personne ne va vérifier que tu as fait vraiment ton bilan toi.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Au bout de combien de temps tu sais quoi de toi en tant que DAF ou experte financière ? Au bout de combien de temps tu dis à une entrepreneuse « Bon, là, ça pue, quoi. » Tu vois, il faut faire un truc,
- Speaker #0
quoi. Tu vois, tout c'est très lié à ton patrimoine, à la manière dont tu vis, à ton épargne. Il peut aussi tirer sur son épargne. Mais 6, 8, 12 mois sans rémunération, ça me paraît long. Et puis, tu sais, il y a aussi ce principe de réalité qu'il faut se verser 7 000, je crois, euros par an, parce que c'est aussi ça l'objet, pour cossuer la case des droits à la retraite.
- Speaker #1
C'est 7 000 ? Je ne savais pas. 7 000, je crois,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Ah oui, 7000 euros par an pour débloquer des droits à la retraite en tant qu'indépendant. Touché en salaire.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Attention, on ne parle pas de chiffre d'affaires.
- Speaker #0
Non, on ne parle pas de chiffre d'affaires. De se rémunérer, tu vois.
- Speaker #1
De se rémunérer. Je ne savais absolument pas.
- Speaker #0
Je crois bien que c'est ça le montant, tu vois. Donc l'objet, c'est aussi ça. Tu ne peux pas, parce que c'est aussi, tu prépares aussi demain. Je n'ai pas envie de vieillir avant l'âge. de vieillir avant l'heure, mais néanmoins, c'est aussi... On est assez seul, quand on est entrepreneur, je ne te l'apprends pas, il n'y a pas de droit au chômage. Le choix de notre société, le choix du statut juridique va impacter la manière dont on pourra activer des droits à la retraite. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles il faut ne compter que sur soi-même ou sur sa propre projection. Organiser sa vie en fondant. En tout cas, en fonction de cette réalité de « je suis entrepreneur » , et la retraite en fait partie, les droits à la retraite. Et donc, il faut être attentif à ça. Ce n'est pas seulement aujourd'hui combien je me rémunère, c'est est-ce que le montant de ma rémunération cette année va me permettre d'activer des droits à la retraite et de me rémunérer plus tard, en fait.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Donc, ça, il faut être attentif à ça. Alors, ça doit être particulier quand tu es en période de chômage, en période de materne. Enfin, il doit y avoir des cas particuliers.
- Speaker #1
Oui, parce que quand tu es en période de chômage, c'est le chômage qui participe,
- Speaker #0
qui cotise pour toi.
- Speaker #1
Mais bon, aujourd'hui, le chômage en France, en tout cas, on enregistre, on est en juillet 2026, c'est 18 mois. Je ne sais même plus si c'est encore 18 mois.
- Speaker #0
Oui, ça c'est…
- Speaker #1
Peut-être que c'est 15, je ne sais plus. mais en tout cas moi je suis arrivée l'année dernière c'est 18 et c'est 18 mois parfois t'as pas le temps de développer une entreprise en 18 mois principe de réalité aussi quand tu pars de zéro 18 mois c'est court en fait quand tu pars de zéro en créa et que t'es solo preneuse c'est pas évident Donc, ouais. C'est pour avoir un peu tes tips sur quoi être attentive. Qu'est-ce que tu conseillerais à une femme ? Qu'est-ce que tu conseillerais à une femme qui veut obtenir des financements ou à une femme qui entreprend ? Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ?
- Speaker #0
Si la chose financière est loin de toi, se former, c'est ton projet. Il faut que tu sois en capacité de parler de quelques données financières qui sont accessibles à nouveau. On a tout été à l'école. perspective, un peu de chiffre d'affaires, quelle rémunération, quelle masse salariale, connaître un peu des éléments de marge, de résultat, faire la différence entre trois, quatre agrégats qui sont accessibles. Maintenant, on a l'IA, mais enfin, même sur n'importe quelle donnée gouvernementale, tu trouves cette info, sur des formations de premier accès. Donc, se former à ça, première chose, pour être crédible et parler la même chose, pour comprendre son propre business, première chose. Cette information, elle te sert déjà à toi. Et si on va chercher du financement, faire un bon tour des dispositifs qui existent, établissements bancaires, évidemment, tous les dispositifs de l'État, les réseaux connexes qu'on a listés. Et puis, combiner les dispositifs et aller chercher l'investissement privé, des business angels ou des fonds d'investissement. Et pour ça, il y a des structures d'accompagnement qui existent, si on ne se sent pas d'y aller seul. Et ça, c'est vrai, ce n'est pas genré. Mais pour une femme, en tout cas, il y a des dispositifs et des structures d'accompagnement dédiées aux femmes. qui accompagnent là-dessus. C'est Willa, c'est Sista. Moi, je connais celle-ci, mais il y en a sûrement d'autres. T'as les réseaux dédiés aux femmes, aux Women First. Il y en a plusieurs. En tout cas, deux choses, je dirais. Principe de réalité, savoir parler de ces données, parler la même langue qu'un financeur, sans être spécialiste, mais en tout cas, servir son intérêt en parlant la même langue. Et la deuxième chose, ériver ton projet en objet économique pour qu'à un temps donné, un temps pas trop long idéalement, et après les chances de temps à aller chez toi, que ça puisse générer du résultat et de fait te payer toi en tant que personne, parce que c'est ça qui va te permettre de durer en tant que personne, dans ta sphère personnelle, et de mener ton projet à terme dans la partie professionnelle.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Si on a envie de te retrouver quelque part, Gervais, où est-ce qu'on peut te retrouver ? Est-ce que tu as des réseaux ?
- Speaker #0
On peut me retrouver sur LinkedIn avec plaisir. Je réponds aux messages avec grand plaisir. On peut me retrouver sur mon site internet beemycfo.com B-E-E-M-Y-C-F-O.com où il y a une partie contact et je réponds également avec plaisir. Ou simplement par e-mail gervais.pinson at beemycfo.com
- Speaker #1
On mettra les liens dans l'épisode. Merci beaucoup, Gervais.
- Speaker #0
Merci, Daphine.
- Speaker #1
Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout... Ce coup les règles du jeu