- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut. Bienvenue Lorraine, je suis ravie de te recevoir dans Émancipation féminine. Est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît, sans nous dire ce que tu fais ? Tu peux te présenter à travers tes passions ou d'autres choses. C'est la question challengeante.
- Speaker #1
Alors, déjà merci de m'accueillir sur ton podcast. Je m'appelle Lorraine, j'ai 32 ans, je suis maman de deux enfants que j'ai eus assez jeunes.
- Speaker #0
et voilà je suis je sais plus tu m'as déjà challengée là désolée j'aime bien cette question, c'est vrai que je l'envoie pas parce que j'aime bien qu'on la prépare pas trop mais qu'est-ce que t'aimes dans la vie ? moi pour te suivre depuis un moment je sais que t'as plein de passion dans la vie en dehors de ce que tu fais je pense que tu pourrais dire plein de choses.
- Speaker #1
Oui, j'aime la mer, j'aime voyager, j'aime bouger, j'aime rencontrer du monde, discuter avec les gens. Voilà, ça, c'est vraiment des choses que j'aime.
- Speaker #0
Oh bien, voilà, comme ça, ça nous en dit un peu plus sur toi. Et est-ce que tu peux maintenant te présenter qu'est-ce que tu fais dans ton travail ?
- Speaker #1
Alors, oui. Je suis, depuis quelques années maintenant, je suis massothérapeute. Je me suis d'abord formée au drainage lymphatique, qui est un massage assez classique dans le bien-être. Mais j'ai, au fil des années, développé un massage qui va plutôt viser à libérer l'émotionnel, tout ce qui va s'inscrire dans le corps. Donc on va plutôt être sur de la libération émotionnelle par le massage.
- Speaker #0
Oui. Tout à fait. Je suis cliente chez toi, donc je confirme.
- Speaker #1
Non, t'en refuses.
- Speaker #0
Depuis, oui, presque le début, je crois.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Et ça libère à fond, clairement. Si on revient quelques années en arrière, qui étais-tu ? Et qui était la Lorraine de 20 ans ? Parce que tu as dit que tu étais maman assez jeune.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Etais-tu à quoi ressemblait ta vie ?
- Speaker #1
Eh bien, à 20 ans, c'était une période assez charnière de ma vie, parce que c'est une... une année où j'ai fait des choix qui ont fait basculer ma vie. À 20 ans, j'ai commencé à travailler pour mon père dans l'entreprise familiale qu'il a créée quand je suis née. Et à 20 ans, c'est aussi l'année où j'ai rencontré le père de mes enfants et où je me suis mise en couple avec lui. Donc ça a été vraiment deux choix qui ont vraiment façonné ma vie. et qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Donc, à 20 ans, je rentrais dans l'entreprise de mon père. C'était un peu tout ce que j'avais été conditionné à faire, parce que moi, il m'a toujours répété que j'allais travailler avec lui, que j'allais reprendre ses entreprises. Et c'est l'année où on a concrétisé ça. Ça n'a pas été... Ça n'a pas été évident, mais j'avais fait ce choix-là à 20 ans. Et j'ai aussi rencontré le père de mes enfants, qui avait une dizaine d'années plus que moi, qui, lui, avait l'envie de se poser, d'avoir une vie de famille. Il finissait ses études, donc pour lui, c'était le moment de se poser.
- Speaker #0
J'adore. Du coup, qu'est-ce que tu faisais dans ce quotidien-là ? C'est-à-dire, tu travaillais pour ton papa ? C'était quoi ? quoi ? À quel poste ? Qu'est-ce que tu faisais ?
- Speaker #1
Alors, quand j'ai commencé, en fait, moi, il m'avait proposé, j'avais fait une petite pause dans mes études à ce moment-là. Il m'avait proposé de reprendre mes études. Donc, j'ai fait un BTS avec lui, mon apprentissage. Donc, j'étais plutôt à la partie commerciale de l'entreprise et à la gestion, la comptabilité, tout ce qui était facture de vie. Mon père avait une société dans le bâtiment, dans la rénovation et construction. J'étais à ce poste-là, j'ai appris beaucoup les premières années, même si j'ai toujours baigné dans ce monde-là. C'était plutôt des années d'apprentissage au début, en tout cas.
- Speaker #0
J'ai vraiment l'opposé de tout ce que tu fais aujourd'hui. C'est toujours intéressant, les trajectoires.
- Speaker #1
Très masculin. Bon, j'avais la chance quand même d'être la fille de mon père parce que ce n'est pas un milieu facile quand on est une femme. Oui,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #1
Toujours pas d'ailleurs, je crois. Non. Mais voilà, oui, c'était... À l'époque, j'étais plutôt heureuse de ce choix.
- Speaker #0
Et du coup, con. Comment ça s'est passé, la suite ? Tu travailles pour ton papa, tu as repris tes études, tu as rencontré le papa de tes enfants à ce moment-là aussi. Comment ça s'est dessiné, la suite ?
- Speaker #1
En fait, j'ai l'impression d'avoir un peu vécu la vie d'une personne de 10 ans de plus. J'ai commencé ce boulot, j'avais quand même pas mal de responsabilités, puisque quand on travaille en famille, c'est quand même... On donne beaucoup. Et j'ai rencontré le père de mes enfants avec qui c'est allé assez vite. On s'est assez vite installés ensemble. Donc, on a trouvé un appartement dans lequel on a resté quand même 8 ans. Moi, je vivais déjà seule. J'avais quitté le domicile de mes parents à 17 ans. Donc, j'avais déjà mon appartement. Mais c'était la première fois que je vivais avec quelqu'un. Et en fait, rapidement, je suis tombée enceinte de mon fils. D'accord. Un peu avant, j'ai... Je suis tombée enceinte de mon premier. Et là, du coup, le père de mes enfants finit ses études. Et pendant un moment, on a eu à peu près le même niveau de vie, le même salaire. Et quand j'ai eu mon fils, lui, il a eu l'opportunité de monter en grade, de prendre plus de responsabilités, donc d'augmenter forcément son niveau de vie. Et moi, en étant enceinte, avec un bébé à la maison... Il ne voulait pas forcément qu'on le fasse tout de suite garder en crèche. Donc, ça a été assez naturel que je reste à la maison et que je mette un peu ma vie professionnelle en pause. C'était aussi le modèle que j'avais dans ma famille. Mes parents ont vécu comme ça pendant très longtemps. Donc, à ce moment-là, c'est comme ça que ça s'est passé.
- Speaker #0
C'est ce qui te semblait le plus naturel parce que c'est ce qui avait été connu pour toi aussi. Oui,
- Speaker #1
c'était un geste familial.
- Speaker #0
Oui, complètement. Du coup, l'arrivée de ce bébé, j'imagine, aussi jeune, ça doit chambouler, aussi jeune dans la relation et aussi jeune en âge pour toi. Qu'est-ce que ça a transformé pour toi ? Qu'est-ce que ça t'a apporté, éveillé ? Peut-être des choses qui ont été compliquées, je ne sais pas. C'est vrai que c'est rare.
- Speaker #1
C'était... Alors... J'ai vécu une super grossesse, j'étais hyper à l'aise avec le fait de devenir maman. Alors j'ai un petit frère qui a 10 ans de moins que moi, donc il n'avait que 21 ans, donc c'était assez proche pour moi de m'occuper d'un bébé. Je n'ai pas eu de grosses difficultés, c'était en plus un bébé incroyablement facile. Donc c'était vraiment que du bonheur pour les premiers moments. J'ai eu un super accouchement. mon postpartum, évidemment... J'ai traversé quand même quelques variations émotionnelles, comme beaucoup de mamans. Mais j'étais assez épanouie sur les premiers mois. En fait, je pense aussi que quand on est jeune, on se pose moins de questions. Donc j'ai eu cette chance en tout cas de ne pas trop m'en être posée. Et ça a été assez simple jusqu'à ce que le père de mes enfants prenne ce job-là. où forcément, alors à l'époque, ça a été un reproche de ma part, mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas du tout. Mais lui, il s'est senti peut-être très investi de sa mission de père de famille et de responsable dans son nouveau travail. Et il a énormément donné dans ce travail. Et à ce moment-là, moi, je me suis sentie délaissée. Je me suis sentie un peu... utile que pour m'occuper du petit et de m'occuper de la maison. Et ça a été, je pense, un conflit entre ma vie et ce que voulait vraiment mon âme. Et ça a été, à ce moment-là, assez compliqué.
- Speaker #0
Comment tu as pris conscience de ça ? Par exemple ? Je ne voulais pas t'influencer. Comment t'en as pris conscience ?
- Speaker #1
J'en ai pris conscience parce que j'ai aussi, à ce moment-là, mes parents ne se n'allaient pas trop entre eux. C'est la période où ils ont divorcé. Et je me suis rendu compte qu'en fait, je reproduisais un peu ce que vivait ma mère, qui s'est toujours sentie très délaissée, pas prise en compte, utile que pour les tâches ménagères et qui n'avait pas forcément son mot à dire puisque celui qui... Le pays, c'est celui qui décide, en fait. Moi, c'était un peu comme ça que j'ai été éduquée. C'était ce qui arrivait, moi, dans mon couple. Et ça a été compliqué à accepter pour moi. Donc on s'est séparés en même temps que mes parents ont divorcé. Donc à ce moment-là, j'ai repris le travail chez mon père aussi. La séparation a été affreuse parce que moi, j'avais quand même un petit de deux ans. Lui qui ne m'avait pas montré qu'il était très disponible. avec son travail. Donc, je me disais, comment est-ce que... Là, il rentre à 21h tous les soirs. Comment est-ce que ça va être possible qu'il puisse aller chercher notre fils à la crèche à 17h ? Enfin, pour moi, ça me semblait irréel. Du coup, j'ai demandé la garde, ce qu'il n'a pas du tout accepté. Lui, il voulait tout de suite une garde alternée. On s'est un peu battus. J'ai gagné en première instance. Puis, il a fait appel. Il a gagné. Et là, j'ai vécu la dépression. qui me guettaient depuis un petit moment, parce que j'avais pas non plus... En fait, à ce moment-là, j'avais le choix de construire ma vie ou de repartir dans le schéma qui est connu, qui est confortable matériellement, financièrement, mais inconfortable pour... pour mon âme, mais je n'avais pas assez de ressources à 25 ans pour choisir de construire quelque chose. Et voilà, j'ai retravaillé pour mon père, avec qui j'ai oublié quand même d'en parler. Ça a toujours été quand même un peu compliqué parce que c'était le patriarche de la famille, donc c'était le patron, il avait quand même cette autorité sur moi. Et quand j'étais adolescente, c'était très conflictuel entre nous. Et pareil à l'âge adulte, au final, il n'y avait pas beaucoup de place à ce que je pouvais penser ou vouloir ou dire. Et en fait, je me suis retrouvée à nouveau dans ce schéma, donc dans mon couple et dans ma relation avec mon père, où je me sentais vachement emprisonnée.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
En plus, il y avait le Covid, donc c'était pas évident.
- Speaker #0
Oui, double peine. Triple peine, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
C'est, on va dire, la première partie de ma vie d'adulte.
- Speaker #0
Oui, mais c'est vachement, déjà, hyper généreux de nous livrer ça, parce que c'est ultra intime et il faut vachement de vulnérabilité pour le déposer, clairement. Et je pense que ça peut amener aussi beaucoup de ressources à beaucoup de femmes de se dire, en fait, peut-être que je suis pas... pas seul à vivre ça aussi moi du coup ce que je comprends c'est que donc tu retournes travailler ton papa tu es retourné avec le papa de ton fils aussi à ce moment là du coup ça m'amène cette question de à quel moment tu te rends compte donc il ya le coville tout ça donc vu que tu travailles avec ton papa est ce que tu as l'impression quand même de dépendre financièrement d'un homme ou des hommes puisque sont des hommes de ta famille hyper proche c'est ça qui est ultra intéressant à regarder, c'est que tu ne travailles pas pour n'importe qui, tu travailles pour ton papa. Comment tu as vécu ça ?
- Speaker #1
J'ai toujours été consciente que je dépendais d'un homme. J'ai toujours été consciente que je dépendais de mon père, de toute façon, puisque finalement, toute source financière qui arrivait sur mon compte en banque ou dans ma poche venait de mon père, de toute façon. C'était mon employeur, ça a été mon père, donc il a subvenu à mes besoins comme un père, mais aussi comme un employeur. Donc ça, j'en ai toujours eu conscience. Mais c'est vrai qu'à cette période-là, en 2020, j'étais très fragile émotionnellement. Ça a été, je pense, très, très difficile d'admettre que je n'avais pas le choix à ce moment-là. d'être dépendante de ces deux personnes, en tout cas pour vivre. Et c'est à cette période-là aussi que je me suis un peu tournée vers d'autres choses parce que forcément, comme j'étais fragile, j'ai été à ce moment-là aidée d'antidépresseurs, j'ai fait des thérapies, j'ai eu des thérapeutes. Mais aussi, je me suis renseignée, j'essaie d'en savoir un peu plus. Sur mon chemin de vie, j'ai appris que j'étais en numérologie en chiffre 8. Et le chiffre 8, c'est le symbole du pouvoir personnel, de l'autonomie, de l'argent. Et moi, je n'étais pas du tout, je ne possédais aucun pouvoir personnel en fait. J'étais vraiment dans la dépendance affective et financière à ce moment-là. Et j'ai compris que ma dépression venait de là, qu'il fallait que j'écoute qui j'étais vraiment et que je cesse d'avoir peur de me retrouver sans cette aide déguisée finalement.
- Speaker #0
Du coup, tu t'es tournée vers différents outils alternatifs, comme on dit, de thérapie alternative, complémentaire, autistique, on va mettre plein de mots derrière. Qu'est-ce que tu as appris sur ce chemin-là de toi ? Qu'est-ce que tu as découvert ?
- Speaker #1
Il y a plein de chemins de vie différents. Il y a les bâtisseurs. Il y a neuf chiffres qui ont chacun l'air symbolique. Moi, c'est le chiffre 8. Et il fallait vraiment que je transforme ma vie pour atteindre mon plein potentiel et pour être épanouie. Et à ce moment-là, il s'est passé quelque chose qui a bouleversé ma vie, c'est l'arrivée de ma fille.
- Speaker #0
Oui, donc deuxième enfant,
- Speaker #1
avec le même papa. Voilà, en fait, de toute façon, vous voulez un deuxième enfant. Moi, j'adore la maternité, j'aime être maman. J'étais quand même épanouie dans ce rôle, même si mon fils, qui va fêter ses dix ans dans trois semaines, m'a vu passer par des phases pas toujours évidentes. C'est quand même quelque chose que... que j'aime plus que tout, être avec mes enfants. Même la grossesse, l'accouchement, c'est vraiment des choses que j'ai aimées profondément. Donc j'avais envie de ce deuxième enfant. Et le fait que ce soit une fille, alors j'ai toujours eu peur d'avoir une fille, parce que je pense que ça allait engendrer en moi énormément de changements. Et ça a été le cas, parce que quand je l'ai eue, je me suis dit... Déjà que j'ai hérité, moi, des schémas des femmes de ma famille, je ne peux pas permettre à ce petit bébé qui arrive de vivre les mêmes choses que moi j'ai vécues, que ma mère a vécues, que ma grand-mère a vécues. Ce n'est pas possible. Et elle a tout... Ça allait arriver comme une tornade. Et c'est elle qui a été la vase qui a fait déborder... La goutte qui a fait déborder le vase, pardon. Et qui m'a... qui m'a poussée déjà à chercher plus de douceur dans ma vie, donc à comprendre que je ne pouvais plus exercer dans ce milieu, parce que, mis à part le fait que travailler en famille, c'est difficile, le BTP, c'est un milieu très compliqué, surtout quand on est une femme. Je crois que t'en as... Oui,
- Speaker #0
je venais de là aussi. Tout à fait, c'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est difficile et énormément de stress dans ce secteur. Donc, il fallait que je change. J'ai cherché plusieurs choses. Puis, en fait, c'est arrivé assez intuitivement à moi, le massage, parce que j'ai toujours adoré ça. J'ai toujours adoré me faire masser. J'ai toujours aimé masser. Et à l'époque, c'était très à la mode aussi. Il y a cinq ans, le drainage lymphatique était un essor. Donc, c'est là où j'ai recherché et trouvé cette douceur dans le massage. Et là, il a fallu que je prenne des décisions à nouveau.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ? C'est super intéressant ce switch. Tu te rends compte de tout ça, il y a la naissance de ta fille qui chamboule énormément. Du coup, tu décides de te former au drainage, au massage. Comment tu décides de… comment on passe de « tiens, je fais une formation, c'est une chose, mais je m'installe, je dois annoncer potentiellement à mon père que en fait, je ne vais plus travailler avec parce que ça me coûte sur plein de plans » . comment j'ose me lancer alors que je vais avoir un bébé il y a tout ça on sait ce que c'est le postpartum et peut-être aussi de comment je l'annonce à mon conjoint parce que dès qu'on change quelque chose, que ce soit un emploi ou une façon d'être on sait très bien que les chiquis et de la famille bougent aussi, comment ça s'est passé pour toi ça ?
- Speaker #1
En fait c'est exactement le mot que j'aurais employé, c'est que les chiquis ont bougé et je pense que ça a beaucoup perturbé le père de mes enfants. Bon, ça n'allait pas, on s'est remis ensemble, ça allait pendant quelques mois, jusqu'à ce que je tombe enceinte, puis en fait, ça ne pouvait pas aller, je ne pouvais ni le rendre heureux, ni lui ne pouvait me rendre heureuse, mais ça, c'est ce que je dis aujourd'hui, avec le recul, mais à l'époque, c'était très tendu. Je souffrais quand même de ce manque de liberté. lui travaillait énormément. Et voilà. En fait, sur la fin de notre relation, quand il a vu que j'étais en train de bifurquer... J'ai évolué tout simplement. Ça l'a perturbé. Et on ne se voyait plus. Ils ne rentraient plus après le travail. On ne se parlait plus. Ou alors, on se disputait. Oui, c'était dur quand même. On avait un niveau de vie que moi, je ne pouvais assumer à 50-50. Parce qu'on avait une maison. Je travaillais pour mon père aussi, mais j'étais très mal payée. J'étais payée au minimum. Donc, voilà, je participais, mais pas à la hauteur de 50-50. Donc, forcément, j'étais souvent dans la demande, que ce soit pour faire des courses, que ce soit pour... Voilà, peu importe toutes les dépenses qui incombent aux enfants. Et c'était quelque chose que je ne pouvais plus supporter. Et pareil, du côté de mon père, en fait, c'était compliqué. Il y a un moment où ma fille m'a ouvert les yeux et m'a fait comprendre que les hommes qui m'entouraient, je devais changer ce lien avec les hommes qui étaient dans ma vie.
- Speaker #0
Comment elle t'a fait, si ce n'est pas trop personnelle, comment elle a fait pour te faire rendre compte de ça ? Tu n'es pas obligée de partager.
- Speaker #1
Oui, non, en fait, je réfléchis. Mais tu sais, à ce moment-là, je ne réfléchissais pas beaucoup. J'avais l'impression d'être guidée par quelque chose. Et que si ce n'était pas sur mon chemin, je n'y pensais pas, en fait. Et mon chemin, c'était de trouver cette indépendance et cette liberté. Et de pouvoir montrer à mes enfants, et à moi-même, et à la petite fille que j'étais, et aux femmes de ma lignée, que j'étais capable de me libérer de tout ça. Et je pense que c'est simplement le fait de l'avoir eue qui m'a ouvert les yeux, parce qu'elle, elle avait un an. Elle était toute petite, ok. Elle était toute petite, mais en tout cas, ce que je savais, c'est qu'il fallait qu'elle voit autre chose de sa maman.
- Speaker #0
Oui, c'est plus un ressenti. Oui, c'est quelque chose qu'on ne peut pas exprimer.
- Speaker #1
Après, je l'ai travaillé en thérapie, puisque pour refaire un peu la chronologie, j'ai d'abord annoncé à mon père que je m'étais formée. Je l'ai fait en cachette. J'ai même ouvert mon autre entreprise en cachette, sans rien dire à personne. Je me suis formée et là, j'ai dû dire à mon père que je voulais partir. J'avais plusieurs années d'ancienneté et il m'a dit « si tu veux partir, tu démissionnes » . C'est dur. Et je pense qu'il a fait ça pour que je lui dise « non, je ne peux pas, tant pis, je reste » . En fait, je n'ai même pas réfléchi, j'ai démissionné. Et oui, j'ai démissionné. Et voilà, j'étais lancée. Alors, je n'étais pas encore séparée du père de mes enfants, mais ça s'est produit quelques semaines après. Donc, j'ai décidé de prendre un local, sans cliente. Je n'avais pas de cliente, mais j'ai pris un local. C'est une opportunité, une amie qui libérait un local là où elle bossait. Et elle m'a dit, voilà, prends-le, il est pour toi, lance-toi. Et j'ai été très entourée de femmes à ce moment-là. Beaucoup de femmes sont rentrées dans ma vie et m'ont beaucoup soutenue aussi. Donc, j'ai pris ce local. en avril 2023. Et en mai, le jour de mon anniversaire, le père de mes enfants est parti définitivement de la maison.
- Speaker #0
Ah ouais, attends, ça me fait des frissons parce que moi, je t'ai rencontrée en juillet 2023.
- Speaker #1
Et oui,
- Speaker #0
c'est ça. Waouh, je pensais que tu étais déjà installée depuis plus longtemps. T'es formée depuis toutes ces années. Je vais chialer un coup, je crois. Ça n'arrive jamais, pourtant. Waouh, ok, c'était... tellement frais.
- Speaker #1
Oui, c'était frais. Et en plus, en juillet, c'était chaud. C'était chaud parce que forcément, j'ai démissionné, je n'avais pas de chômage. J'ai démissionné. Je me suis lancée dans ce local. Alors, ce que je peux vous dire, c'est que dès que j'ai posé un pied dans ce local, je me suis dit tu n'as pas le choix. Évidemment que ça m'a traversé l'esprit de me dire je me sépare, donc il faut que j'ai un revenu, il faut que j'élève mes enfants. Et en plus de ça, il y a une autre information qui va rentrer en ligne de compte. Mais il fallait que j'ai un revenu. Et donc, est-ce que je prenais un boulot salarié ? Est-ce que je me lançais ? Pareil, je n'ai pas hésité longtemps. Je me suis dit, j'ai tout fait pour ça, j'ai un local, je suis à côté de la maison, je suis à Aix, une ville qui est quand même intéressante pour travailler. Allez, vas-y. Et au final, premier mois, j'ai doublé le salaire que j'avais chez mon père. J'ai pu souffler. Donc, mois de mai, le père de mes enfants rentrait de moins en moins à la maison. Et puis, le jour de mon anniversaire, il n'est pas rentré. Et le lendemain, pareil, le jour de mon anniversaire, je me suis fait une promesse de ne plus jamais vivre une journée. Mais que ce soit mon anniversaire ou n'importe quel jour de l'année, de ne plus vivre ça, de me dire, attends, j'ai 28 ans. À l'époque, j'avais 27 ou 28, je ne sais plus. Je n'ai plus envie de ça dans ma vie. Ce n'est pas possible, je ne peux pas attendre. quelqu'un qui n'a pas envie de rentrer, ce n'est pas possible. Donc le lendemain, je lui ai dit qu'il valait mieux qu'il parte complètement de la maison. Et je ne pensais pas qu'il allait le faire. Il l'a fait. Quand il a claqué la porte, je me suis dit c'est bon, en fait, ça y est. Je suis libre de travailler comme j'en ai envie et de vivre comme j'en ai envie. Je suis libre de disposer de mon argent comme j'en ai envie. de faire ce que j'ai envie, de m'habiller comme j'en ai envie, de m'acheter ce que j'ai envie. Plus jamais ce qui s'est passé dans ma vie ne se reproduira. C'est une promesse que je me suis faite. Et voilà, aujourd'hui, je ne me suis jamais retournée. Ça n'a pas été facile, mais à ce moment-là, j'ai aussi rencontré ma thérapeute, ma psychologue, qui m'a beaucoup aidée. C'est incroyable puisqu'elle a plein de cordes à son arc et on a beaucoup travaillé en kinésiologie. Et elle m'a vraiment permis de travailler tout ce qui a fait que j'étais dans cette dépendance et cette dépendance qui remonte à des générations en arrière. Voilà un peu le cheminement de comment j'en suis arrivée là aujourd'hui.
- Speaker #0
Le cheminement qui est quand même... Ça ne devait pas être un chemin... Ce qui est fou, c'est que... C'est sûr que les auditrices, les auditeurs, ils ne peuvent pas mesurer. Moi, je t'ai rencontrée tout début juillet 2023. Et ça n'a jamais transpiré que tu pouvais vivre quelque chose comme ça. Parce que ton lieu... Du coup, j'ai connu je crois tous tes lieux, in fine. Oui, les trois. Les trois. Et en fait, pas du tout. C'est vrai que tu as cette façon d'accueillir les gens, les femmes qui viennent à toi. Je ne sais pas, il y a une espèce de... Je ne sais pas, peut-être qu'on le prend pour des perchés, mais il y a un truc vachement énergétique chez toi qui est très apaisant. Et il y avait toute cette douceur, tout cet espace cocooning. Jamais je n'aurais pu imaginer que tu étais en train de vivre des combats comme ça. Du côté perso, donc chapeau pour la posture, madame, déjà. Et du coup, la question qui me vient, c'est quoi a été le plus difficile quand tu as décidé sur tout ce chemin-là ? J'imagine qu'il y en a plusieurs, donc tu peux faire une réponse multiple. Mais c'est quoi a été le plus difficile ou le plus douloureux pour reprendre cette autonomie financière ? Parce qu'on t'écoute, on se dit « oui, ça a l'air facile » , mais non, pas du tout. avec deux enfants en bas âge, avec l'écart de salaire qui est phénoménal. On parle d'un niveau de vie que les gens ne s'imaginent pas. On n'est pas en train de parler de deux ou trois fois le salaire, mais de beaucoup plus en réalité. Et du coup, c'est un écart tellement significatif que, pour moi-même, déjà c'est pareil, je me disais, mais quid de se dire, putain, il va falloir trouver un appart, et quand mon fils était tout petit et que j'étais jeune aussi. à peu près au même âge que toi, j'avais 28 ans et moi j'avais pas le choix j'ai reprené mes études donc je suis partie chez ma maman me dire quid de comment je fais tout ça je sais pas qu'est-ce qui a été le plus difficile dans ce chemin d'autonomie financière le plus difficile ça a été de me débarrasser de cette peur de manquer qui
- Speaker #1
a été présente encore quelques années après ces décisions Puisqu'il y a la décision et après il y a comment j'applique ça dans ma vie. Donc ça prend des années. Donc c'est cette peur du manque, cette peur de ne pas y arriver.
- Speaker #0
Même si je travaille et que j'ai du travail, ça m'arrivait encore il y a quelques mois d'avoir peur de ne pas gagner assez. Et ça, ça a été le plus difficile à surmonter. Le plus difficile aussi, ça a été trouver un appartement quand on est auto-entrepreneur, quand on est une femme avec des enfants. Quand on n'a pas de garant, parce que moi finalement, mon père, quand j'ai démissionné, il ne m'a plus jamais adressé la parole. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles de mon père depuis fin 2022. Je n'ai plus eu aucun contact. Et finalement, mon père aurait pu se porter grand, comme il l'avait toujours fait quand je cherchais des appartements. Donc ma mère, elle, était dans son divorce et s'est retrouvée en situation de précarité. Donc je ne pouvais rien demander à personne en réalité. La seule personne à qui je pouvais demander de l'aide, ça a été le père de mes enfants. Et ça a été fait sous condition que je signe un document m'engageant à ne jamais lui demander de pension alimentaire et m'engageant à ne jamais lui demander autre chose qu'une garde alternée. Et sous ces deux conditions, il s'est mis sur le bail avec moi pour que je puisse avoir un appartement. Et il s'est retiré un mois après que je sois entrée dans les lieux. Donc, c'est possible de faire comme ça. Mais voilà, j'ai été dans une situation de vulnérabilité. Alors, je n'avais pas l'intention de lui demander de pension alimentaire parce que quand il a passé la porte, en fait, quand j'ai décidé de me séparer, parce que moi, je dis toujours que je me suis séparée de mon père et de mon ex, je me suis jurée de ne plus jamais demander un seul euro à qui que ce soit, et encore moins à... à ces deux personnes, donc je n'avais pas l'intention de lui demander de pension. Mais le fait qu'il me fasse signer ce document, je me suis dit, en fait, j'ai fait la bonne décision, déjà, et c'est quand même se retrouver dans une situation de vulnérabilité importante en tant que femme, puisque lui, au final, lui, pendant toutes ces années, moi, je bossais pour mon père, je travaillais de la maison, j'étais là tous les jours à 16h30, j'étais là le mercredi, j'étais là le soir, j'étais là quand les enfants étaient malades, lui, ça lui a permis d'accéder à sa carrière et à prendre en responsabilité et en revenu. Comme la théorie des pots de yaourt. Au final, moi, qu'est-ce que je repars ? On voit une main derrière. Et c'est vrai qu'à 28 ans, je me suis retrouvée comme une jeune fille de 18 ans qui commence sa vie, alors que j'aurais pu aussi investir, que j'aurais pu aussi m'acheter. Je n'avais même pas de voiture. En fait, je me suis retrouvée vraiment... En précarité. En précarité. Mais je ne l'ai pas accepté. Je me suis dit, non, tu ne seras pas dans cette situation. Et ça m'a donné, je pense, un peu d'énergie pour réussir à m'en sortir.
- Speaker #1
Ce n'est pas évident. Du coup, vous êtes en garde alternée, du coup, c'est ça ? Oui. Ah oui, voilà, je n'avais pas compris.
- Speaker #0
En garde alternée. Oui,
- Speaker #1
parce que j'allais dire, sinon, c'est illégal, en fait. Ce n'est pas possible. Mais oui, si vous êtes en garde alternée.
- Speaker #0
En fait, j'aurais pu parce que...
- Speaker #1
Oui, parce que la différence de salaire est tellement énorme que...
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Mais de toute façon, je n'avais pas l'intention de le faire puisque je l'avais fait quand on s'était séparés la première fois et ça avait été une guerre. Une guerre à les mots pour la décrire. Donc, je n'avais vraiment pas du tout l'intention de demander quoi que ce soit. Mais voilà, il faut savoir quand même que j'ai signé un bail avec cette condition. de ne jamais devoir demander d'aide en fait.
- Speaker #1
C'est terrible cette pression parce qu'en plus c'est des enfants qui ont été faits à deux donc là en fait on parle pas de ton confort qu'à toi, on parle d'un confort familial tu vois. C'est terrible en fait. Ouais c'est pas évident, j'imagine bien que ça devait être vachement compliqué quoi aujourd'hui. toutes ces années après, avec le recul. Qu'est-ce que cette indépendance financière, mais pas que, parce que j'entends aussi l'indépendance affective, tu as beaucoup nommé, j'étais dépendante affective. Qu'est-ce que ça a changé dans ta vie de femme, au-delà de l'argent, peut-être dans ta vie de mère, d'amie, d'enfant, de peu importe, ta vie de femme au global ?
- Speaker #0
Ça a beaucoup changé, ça a changé énormément de choses. Déjà, j'ai appris à être avec mes enfants et pas juste à m'occuper d'eux, puisque quand on est dans le dur, quand on est dans le tunnel, souvent comme ça qu'on l'appelle, on n'est pas avec eux en réalité et j'ai appris à être avec eux. à 100%, parce que j'ai la chance de m'accorder aussi du temps seule avec moi-même et j'ai appris à être seule avec moi-même aussi et à trouver du réconfort dans ma propre compagnie. Ça m'a appris à m'aimer parce que quand on est dépendante, au final, on a l'impression que notre valeur est diminuée, en tout cas qu'on est moins prise en compte. Et ça m'a appris à m'aimer plus qu'avant. Ça m'a appris à être une mère pour moi-même aussi, parce qu'on cherche du réconfort et de la sécurité auprès des autres, mais la meilleure sécurité qu'on puisse trouver, c'est en nous, et la liberté. Partie financière, je ne vais pas détailler que c'est hyper agréable de pouvoir... Mais si, tu peux,
- Speaker #1
parce que tu pars de loin. Donc, c'est important de le nommer et qu'on puisse parler de ces choses-là aussi.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir me renvoyer. Je suis heureuse de faire mes courses. En fait, à chaque fois que je fais une dépense qui est nécessaire à la vie de tous les jours, je suis heureuse de pouvoir le faire. et je suis en gratitude pour ce chemin parcouru. Là, cette année, j'ai pu emmener mes enfants en vacances et ça, ça a été pour moi un shift énorme dans ma vie qui m'a libérée justement de cette peur de manquer. J'ai compris à ce moment-là que j'avais tout pour être sécurisée. Puis l'argent, c'est une énergie aussi. Ça aussi, ça a été un apprentissage. En fait, quand on a peur de quelque chose, au final, c'est ce qui finit par arriver. Quand on a peur de manquer, quand on vibre le manque, la vie nous montre qu'on a raison. Et quand on ne craint plus de manquer, quand on est persuadé d'être dans l'abondance, la vie nous montre aussi qu'on a raison. Et d'ailleurs, il y a un truc que tu as dit tout à l'heure en story qui m'a vachement plu, c'est que quand on se met à son compte, on va vraiment aussi challenger certaines parties de nous. Je pense que mon boulot a aussi été une thérapie, parce que comment on réagit quand une cliente annule, quand une cliente vient puis ne vient plus, quand on a des annulations. On peut compter là-dessus, comment on réagit quand on veut vendre notre offre. Tout ça, c'est des choses aussi que je réalise aujourd'hui que j'ai dû travailler. Et être à son compte aussi, c'est une bonne façon de se revaloriser en tant que femme. Complètement.
- Speaker #1
Je crois qu'il n'y a pas un entrepreneur ou une entrepreneuse qui ne me dit pas que le plus grand développement personnel et professionnel que tu vas connaître dans ta vie, C'est le chemin de l'entrepreneuriat parce que ça nous challenge tellement personnellement. Ça dit tellement de nous émotionnellement, psychologiquement. Ça vient révéler des facettes que le salariat ne te fait pas découvrir, même s'il peut y avoir des challenges dans le salariat, et qu'il peut y avoir des très belles progressions. Tout ce que tu viens de déposer là, quand tu dois être toi-même objet, de ta propre rémunération et ça vient activer énormément de choses à l'intérieur. C'est clair que c'est un chemin parfois qui est chaotique.
- Speaker #0
Qui peut être chaotique, qui peut être aussi... Après, j'ai compris un truc, c'est que l'entreprenariat, c'est comme la vie de tous les jours. C'est des vagues. Il y a des moments où ça va, des moments où ça ne va pas. Mais quand ça va prendre le temps pour se reposer, il faut... Et aussi, quand il n'y a pas de chômage, ou d'arrêt maladie, on n'a pas le choix que de réellement prendre soin de soi. C'est quelque chose qu'on ne s'autorise peut-être quand on est salarié ou alors qu'on va faire quand vraiment on arrive en cas de burn-out. Et quand on est à notre compte, alors au début, on a envie de tout donner, d'être à fond. Et puis après, on fait tout ça. On se ramène un peu. J'ai travaillé les dimanches, j'ai travaillé jusqu'à 21h. Et puis à un moment donné, on comprend que... On est bien obligé de prendre soin de nous-mêmes. Et ça aussi, c'est important dans la vie. Il faut s'écouter. Moi, ça m'a aussi... ça m'a aussi apporté ça, cette capacité à m'écouter.
- Speaker #1
C'est pareil en salariat, mais sauf que c'est un petit peu masqué. Tu vois, quid des jours où tu n'as pas beaucoup dormi, tu as eu une nuit pourrie, tu as fait une insomnie. Moi, ça m'est arrivé cette nuit. En fait, ma capacité du jour, tu choisis tes combats. Là où, c'est vrai qu'en salariat, tu vas peut-être faire un peu semblant de bosser, il y aura moins d'impact parce que dans tous les cas, ton patron ne va pas le voir, à la fin du mois, ça va tomber. Sauf qu'en entrepreneuriat... Ça ne marche pas comme ça quand il n'y a pas d'énergie. Il y a tout qui froid souvent à ce moment-là.
- Speaker #0
Non, mais complètement, quand on n'est pas aligné, tout à fait. Et moi, il y a eu une fois au début de ma carrière où j'étais fatiguée, mais je ne m'écoutais pas et j'avais des annulations en rafale et où ça m'impactait émotionnellement, où je me disais, mais pourquoi ? Mais qu'est-ce qui se passe ? Mais aujourd'hui, quand j'ai une annulation, déjà, je me dis que ça fait la place à quelqu'un qui en a plus besoin. Et si vraiment les créneaux ne sont pas remplacés, ça veut dire qu'il faut que je me repose et que j'accepte. Mais ça aussi, c'est un cheminement dans l'entrepreneuriat. C'est thérapeutique.
- Speaker #1
Complètement. Est-ce qu'aujourd'hui... Question qui n'était pas prévue. Est-ce qu'aujourd'hui, tu le vis mieux parce que tu te sens... Est-ce que si tu... Attends, je vais reformer. Est-ce que c'est une histoire vraiment de sécurité intérieure ? Ou est-ce que tu sais que comme ça fait plusieurs années que tu es capable de générer beaucoup d'argent, tu te dis, bon, ok, j'arrive à compenser plus ou moins, mais quid de si tu es au démarrage de ton aventure entrepreneuriale et que ça t'arrive beaucoup ? Parce que, franchement, moi, j'en vois beaucoup et j'ai été dans ce cas-là plein de fois. Tu es en démarrage d'entrepreneuriat, tu veux faire plein de choses et ces fois où les personnes te plantent, où finalement ton offre, elle ne se vend pas. ou que la personne ne revient plus alors qu'elle s'est engagée sur un chemin avec toi. C'est vrai que ça peut énormément nous drainer. Qu'est-ce que tu conseillerais à une entrepreneuse à ce moment-là ? Parce que c'est difficile de se dire, mais en fait, je suis fatiguée. De toute façon, dans tous les cas, aujourd'hui, je n'arrive pas à gagner mon argent. Donc, comment je vais faire ?
- Speaker #0
Je parle avec l'expérience que moi, j'ai eue. Moi, quand j'ai commencé, je sais que c'est rare pour quelqu'un qui commence. d'avoir beaucoup de travail. Moi, ça a été mon cas. Mais parce que mon cœur... En fait, c'était mon cœur qui parlait, pas mon mental. C'était, tu n'as pas le choix que de travailler. De toute façon, tu vas travailler. Tu vas avoir du travail parce qu'il le faut. Et je n'ai pas eu ce truc de me dire, est-ce que je vais avoir du travail ? C'est, j'aurai du travail. Est-ce que je vais avoir des clientes ? Non, c'est certain. que j'ai des clientes. Et j'en avais pas conscience, mais à ce moment-là, aujourd'hui, je le conscientise, mais à l'époque, quand je repense à cette période, j'ai l'impression d'avoir été en pilote automatique et d'avoir foncé sans regarder mes peurs et mes doutes. Après, les doutes sont arrivés, après, les peurs sont arrivées, parce que quand on se retrouve vraiment dans le dur et que... Puis aussi, il y a des relations qui viennent. perturber aussi certaines choses qui viennent faire travailler. Mais en tout cas, ces premiers mois où j'ai commencé, c'est certain que je n'avais aucun doute et aucun questionnement sur le fait que ça allait marcher ou pas.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est quand on le disait aussi, je pense vraiment que quand ça vient du cœur et que tu es alignée avec le projet en question, moi, ça m'est arrivé dans ce nouvel entrepreneuriat-là. Le début a été « je n'ai pas compris » . Parce que je pense que ça venait vraiment du cœur. Là où peut-être actuellement ça se complique parce que c'est la tête qui a pris le dessus et que je me cherche et que j'ai envie de switcher de projet, mais que je ne m'autorise pas encore vraiment à le faire. Donc tu sais, c'est comme si la vie, tu disais, attends, tu as envie de changer de chemin et tu n'oses pas encore le faire. Donc la vie te met un petit peu le mur pour te dire, c'est le temps de changer de chemin, tu vois. Et c'est vrai que je crois fort en ça aussi. Peut-être qu'on nous prendra pour des perchers, mais je pense que quand c'est aligné, le chemin te montre que c'est aligné.
- Speaker #0
Et puis, il faut faire aussi une grande différence entre le fonctionnement d'un homme qui va se lancer et le fonctionnement d'une femme. L'homme va travailler au mental, nous on va travailler à l'intuition, et on a cette capacité justement d'avoir la foi et de pouvoir travailler comme ça. Les hommes sont en général, attention je ne parle pas pour tout le monde, mais ils sont plutôt cartésiens, ils vont parler chiffres, nous on a ce truc d'avoir plus de subtilité en tout cas et d'être plutôt gouverné par notre intuition et nos ressentis. qu'on se centre là-dessus, je pense. Et pas trop repenser chiffres. Tu sais, il y a eu des périodes, j'ai essayé plein de choses, mais à chaque fois que je comptais ce que je gagnais ou que je comptais ce que j'allais gagner, au final, je ne gagnais pas du tout. Je gagnais beaucoup moins que ce qui était prévu. Maintenant, je ne sais pas combien je gagne et je ne sais pas combien je fais de chiffres. Je ne regarde plus. J'agis comme une femme et je me laisse guider par...
- Speaker #1
par mon intuition. J'adore. Moi, j'en suis pas assez au niveau de détachement, je te le dis.
- Speaker #0
Le détachement, c'est ça, le lâcher prise.
- Speaker #1
C'est vrai, mais tu sais, le non-attachement, on dit en bouddhisme, ça me rappelle beaucoup ça. C'est quelques périodes de ma vie où j'étais beaucoup dans la méditation. C'est tellement pas facile, l'impermanence, le non-attachement, c'est des leçons d'humilité et de vie qui ne sont pas si simples à mettre en œuvre. Chapeau bas, madame, pour tout ça. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire à une femme qui pourrait être comme toi il y a quelques années ? Qu'est-ce que tu aimerais dire aux femmes ?
- Speaker #0
Déjà, j'aimerais dire que la vie qu'on a peur de perdre ne vaut rien comparée à celle qu'on peut gagner et qu'on peut se créer. Ce n'est pas facile, c'est vrai, de laisser... de traverser cette peur. Moi, je me suis faite aider. Je suis en thérapie depuis trois ans. Je n'ai pas arrêté. Et j'ai investi aussi de l'argent là-dedans parce que c'est important. Il ne faut pas avoir peur de se faire accompagner. Je n'en serais pas là si je n'avais pas choisi cet accompagnement. Mais on est capable de se transformer. On est capable, si on s'est incarné, de permettre de transformer votre vie. Après, pour une personne qui était exactement dans la même situation que moi, j'aurais tendance aussi à dire de choisir un métier qui a du sens, un métier qui nous aide moins tous les matins. Je n'ai pas l'impression de venir travailler, même si mon travail peut paraître fatigant. Je ne les changerai pour rien au monde. Mais j'ai choisi quelque chose qui me fait du bien. Et je pense que c'est ça la clé aussi. Parce que ce n'est pas non plus évident de trouver un job qui rémunère et en même temps qui épanouit. C'est peut-être même plus compliqué, je pense.
- Speaker #1
Oui, avoir les deux. Parce que moi, j'ai déjà eu des jobs qui me rémunéraient, qui me plaisaient. à un moment donné, mais qui sur le long terme était sans mauvais jeu de mots, mais ultra drainant dans le mauvais sens du terme. Et parfois on peut trouver des passions et elles ne nous rémunèrent pas parce qu'il y a des multiples passions qu'on peut avoir et que parfois il y avait des choix à faire. On a pris l'option A et c'était peut-être l'option B qu'il fallait faire. Mais il faut se laisser le temps de vivre les choses aussi. mais c'est Je crois que c'est l'équation la plus compliquée en entrepreneuriat. C'est faire ce qu'on aime et être rémunéré à la hauteur de ce qu'on aime et de ce qu'on donne.
- Speaker #0
Et ça vient souvent de croyances limitantes dont on a hérité. Et comme quoi, le travail, c'est dur. Gagner sa vie, c'est dur. Parfois même, moi, à titre personnel, je viens de deux familles. Des deux côtés, c'était des ouvriers. Moi, je viens de famille pauvre, d'immigrés. Du côté de mon père italien, communiste, et du côté de ma mère, pieds noirs, mais ouvrier, pas les pieds noirs dont on peut avoir l'image. Mes deux familles étaient dans une grande précarité. Et j'avais aussi cette croyance limitante que gagner sa vie, déjà, du côté de mon père, c'est des mauvaises personnes, ceux qui gagnent de l'argent. puisque c'était le communisme des années 40, 50, ou alors c'était voyou. Donc j'avais aussi ce truc-là, quand j'avais de l'argent, il fallait que je m'en débarrasse. Et des deux côtés, en réalité, j'avais cette croyance que de gagner sa vie, il faut travailler dur. Et le travail est dur, le travail n'est pas agréable, le travail, c'est du labeur. Donc c'est quelque chose dont on... peut se débarrasser, on peut reprogrammer aussi ces choses-là. Il n'y a rien qui est impossible. Ça demande du temps et du travail, mais c'est faisable.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Lorraine. Où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Vous pouvez me retrouver sur Instagram déjà. C'est lm-massothérapeute. Sinon, vous pouvez me retrouver en soins à Aix, deux rues de la Reine Astrid. Et aussi en formation, parce que j'ai depuis un an ouvert mon centre de formation au drainage lymphatique, selon ma méthode. Vous pouvez aussi me retrouver à ce niveau-là, au même endroit.
- Speaker #1
Trop bien. Je mettrai le lien de ton Instagram de partout, de toute façon.
- Speaker #0
Avec plaisir. Merci de m'avoir reçu.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Merci à toi de t'être livrée aussi. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi. Mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.