- Speaker #0
enquête d'accord l'art de communiquer et d'être en lien bonjour les amis Dans le premier épisode, nous avons introduit aux facteurs humains et au CRM le Crew Resource Management dans l'aviation civile. Ce sont des formations destinées à progresser dans l'acceptation et la prise en compte des faiblesses du fonctionnement humain qui impactent nos performances individuelles et collectives. Dans ce premier volet, Guillaume Tiersiot nous a familiarisés avec les systèmes cérébraux, avec les modes mentaux. Nous poursuivons dans ce deuxième épisode l'exploration de soi en reprenant le chapitre des effets du stress sur la performance. Excellente, écoute. Pour en revenir à en parler de la gestion du stress, donc tu as proposer la respiration, tu as parlé de la gestion des modes mentaux et il nous restait les positions de perception et ça ça nous vient de la PNL.
- Speaker #1
Oui tout à fait donc les positions de perception, on va reprendre l'exemple de tout à l'heure de cette personne qui s'est intercalée devant nous en voiture. Une manière de réussir à apporter une réponse appropriée et à rester serein ça va être éventuellement de relativiser la réalité de l'autre parce que moi je je me suis senti agressé, mais peut-être que l'autre a... sa bonne raison de se comporter. Et c'est pas peut-être, en fait. L'autre a sa bonne raison de se comporter comme il s'est comporté. Peut-être qu'il a reçu un coup de fil de la directrice de l'école et il a un enfant qui a eu un accident à l'école et il essaie de s'y rendre le plus rapidement possible. Et à partir du moment où j'envisage ce genre de possibilités, tout de suite, c'est pas que je légitime son comportement, mais j'ai davantage de compréhension pour son comportement et ça me permet, moi, de ne pas avoir la réaction inappropriée.
- Speaker #0
Ça nécessite beaucoup d'exercices, beaucoup de travail sur soi, de défaire un petit peu ses façons d'agir, de désapprendre, d'apprendre de nouveaux fonctionnements. Pas mal de boulot, au fait.
- Speaker #1
C'est pas mal de boulot et c'est un boulot, ça nécessite une implication individuelle. Et on le voit dans les formations, donc on propose une partie de ces outils dans les compagnies aériennes. On parlera des compétences d'équipe dans un prochain épisode, mais les compétences d'équipe, on peut facilement les entraîner. sur des cas concrets qui ont été vécus par un équipage et puis on analyse ensemble, on voit comment ce qui a marché, ce qui n'a pas marché, comment on aurait pu faire, etc. Pour ce qui est des compétences individuelles, la connaissance de soi, ça va nécessiter une implication personnelle. Si je veux apprendre à avoir une meilleure tolérance par rapport au stress, à être mieux capable de gérer mon stress dans une situation, Et bien comme tu l'as dit, il va falloir que je décide trois fois par jour pendant cinq minutes de faire de la cohérence cardiaque. On n'a pas parlé aussi, mais quelque chose qui est très efficace, c'est la méditation, la pleine conscience par rapport à la gestion du stress, par rapport à la gestion de la concentration, etc. Mais de nouveau, c'est une démarche individuelle.
- Speaker #0
Personne ne peut le faire à ta place.
- Speaker #1
Exactement, je vais moi décider d'allouer 20 minutes par jour à ça parce que j'ai décidé que c'était important pour moi.
- Speaker #0
Là, je suis en train de lire quelque chose sur l'anxiété et avec une petite citation que j'ai trouvée extrêmement intéressante. On dit « Nous nous réveillons le matin avec l'idée que nous n'avons pas assez dormi. Nous nous endormons le soir avec l'idée que nous n'avons pas assez accompli pendant la journée. Et une grande partie de ce que nous vivons, Entre les deux est dicté par les sentiments de manque et de pénurie. On s'en rend pas compte, on oublie ça.
- Speaker #1
Il y a une twist. Ouais.
- Speaker #0
C'est ça l'anxiété ?
- Speaker #1
En fait l'anxiété, oui elle est très bien expliquée par cette phrase. Ce n'est pas que ça. Il y a des anxiétés qui sont des syndromes d'anxiété généralisée qui sont liés à des événements traumatisants qui ont été vécus dans l'enfance par exemple, etc. Mais l'anxiété... qui plaint sur la société de manière continue, c'est une anxiété qui est liée au fait que nous sommes très souvent ailleurs que là où nous sommes. C'est-à-dire que nous sommes là où nous sommes, mais notre tête est ailleurs. On parlait tout à l'heure des blessures du passé qui vont conditionner nos craintes pour l'avenir. Et pour ce qui est du présent, la plupart du temps, on a certaines choses qu'on voudrait qui ne sont pas là, et certaines choses dont on ne voudrait pas qui sont là. Et donc on est dans une résistance par rapport au présent, dans des blessures du passé, dans des craintes par rapport à l'avenir, et finalement...
- Speaker #0
Le présent ne le vit pas.
- Speaker #1
Le vrai présent ne le vit pas. Et tout ce processus mental crée une anxiété. Parce qu'avoir peur que quelque chose se passe... Dans l'avenir, c'est complètement futile, parce que l'avenir, il ne s'est pas encore produit. Donc, commencer à réfléchir à la manière dont on va éviter le fait que ce qu'on ne veut pas qu'il se produise, se produise, c'est très énergivore et c'est complètement futile.
- Speaker #0
Oui, mais il y a juste cette différence par rapport à l'anticipation, parce qu'il faut quand même anticiper.
- Speaker #1
L'anticipation, c'est différent. L'anticipation, c'est très utile. Notre système 2 nous y aide. Si toi tu vas endormir un patient, hasard, élevé, tu vas voir avec ton équipe quels sont les risques potentiels et quelles sont les stratégies que vous mettrez en place si effectivement un risque se concrétise, si ça se complique. Donc vous allez anticiper, vous allez évaluer, vous allez envisager ensemble un plan B de manière à ce que ça se passe bien et que l'objectif final qui est que le patient sort de la salle d'op et de l'hôpital en meilleur état qu'il n'y est rentré. soit atteint. Mais si je me dis, demain j'ai une réunion de service, et de nouveau j'ai vu l'heure du jour, de nouveau on va aborder ce sujet, et de nouveau ça va dégénérer, parce que moi ce que je voudrais atteindre c'était l'objectif selon telle idée, et je sais que mon collègue il n'est pas de mon avis, et la dernière fois on s'est engueulé, on s'est quitté, on ne s'est plus parlé depuis lors, et demain on nous demande de réaborder le sujet. Si je me mets dans l'idée que ça va se passer demain comme ça s'est passé la dernière fois, déjà je vais créer ce qu'on appelle une prophétie autoréalisante, c'est-à-dire que je vais mettre dans les meilleures dispositions pour que ça se passe comme ça, et en fait je n'en sais rien. Et si je décide, au-delà de ça, d'appliquer les principes de l'échelle d'évaluation des modes mentaux, et de me dire, eh bien demain je vais faire l'effort de rester à l'écoute et d'essayer de vraiment comprendre son point de vue, parce qu'en fait je me rends compte que je ne le connais pas, parce que je ne l'ai jamais écouté à fond. mais je vais écouter son point de vue, je vais lui reformuler son point de vue, pour l'assurer qu'il m'a bien compris, et je vais ouvrir le canal de communication pour pouvoir moi-même partager les choses. Peut-être qu'on va trouver un accord.
- Speaker #0
Donc j'entends, c'est la différence qu'il y a entre une anticipation et le fait de ruminer et de gérer des émotions, de tourner en rond des émotions négatives, qu'on pourrait au contraire... Encore une fois, anticiper et écrire un scénario différent en y étant complètement actif.
- Speaker #1
La meilleure manière que j'ai trouvé de le formuler, c'est se raconter des histoires. C'est éviter de se raconter des histoires.
- Speaker #0
Ou se raconter des jolis, peut-être.
- Speaker #1
Ça peut être aussi, bien sûr. Mais dans ce cas-là, c'est OK.
- Speaker #0
Vaut mieux qu'elle soit sympa et qu'elle soit constructive.
- Speaker #1
Exactement. Et on en revient à cette tendance qu'on a dans le présent à être en opposition, en... En réaction par rapport à des choses qu'on a et qu'on voudrait ne pas avoir, ou qu'on n'a pas et qu'on voudrait avoir, parce que, en fait, là je vais un peu plus loin, mais une chose qui est fondamentale, c'est que tout dans la vie répond à l'action, pas aux souhaits. Les souhaits, c'est bien joli. Mais par contre, ce n'est pas parce que dans une situation, quelque chose ne nous convient pas qu'il faut juste accepter que ce soit comme ça. Si ça ne nous convient pas et qu'on peut y faire quelque chose, mais à ce moment-là, on peut faire le choix d'y faire quelque chose. Par contre, si on ne peut rien y faire, est-ce que quelqu'un d'autre peut y faire quelque chose ? Est-ce qu'à ce moment-là, je peux faire le choix d'aller voir cette personne pour voir si elle peut y faire quelque chose ? J'entends souvent dans des services, oui, mais ça, ce n'est pas de mon ressort. D'accord, mais il reste de ton ressort d'éventuellement aller trouver la personne. qui peut influencer la situation et lui suggérer ce que toi tu souhaiterais. Oui,
- Speaker #0
j'entends bien. Alors, pour reparler du stress, à un moment donné, tu as beaucoup parlé des hormones qui sont impliquées dans le stress, tu as aussi parlé du stress positif, parce que c'est quand même notre allié. C'est aussi ce qui nous pousse à aller de l'avant, c'est ce qui nous pousse à changer les situations, c'est ce qui nous pousse à agir. Il y a cette notion de psychologie positive, que tu différencies de la pensée positive. C'est un peu aussi ce que tu disais, il y a cette notion d'acceptation, mais il y a aussi le fait d'arrêter d'être perfectionniste.
- Speaker #1
Alors ça c'est un fléau aussi, auxquels sont confrontés une série de personnes, j'en connais, c'est le perfectionnisme. C'est le besoin que tout soit absolument parfait. Alors, il y a l'image sociale qui les pousse à ça, entre autres, pas que, parce que si c'est pas parfait, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? Et en fait, c'est usant, parce que rien n'est jamais parfait. Et donc le perfectionnisme, en fait, c'est la meilleure manière de ne jamais arriver à l'objectif qu'on s'est fixé, parce qu'en fait cet objectif, il est complètement utopique.
- Speaker #0
Il n'est pas possible.
- Speaker #1
Il n'est pas possible. Et donc le fait de pouvoir relativiser, de pouvoir en prendre conscience, et puis de pouvoir juste accepter le fait que les choses sont suffisamment bien pour pouvoir... Passer à la suite suffisamment bien pour pouvoir être présenté, suffisamment bien pour que sais-je, c'est extrêmement libérateur aussi. J'ai évoqué un élément qui est fondamental. Jusque-là, on a évoqué le stress essentiellement comme étant un frein à la performance. Donc les hormones de stress vont avoir un impact sur la disponibilité du système 2 et du système 3. Par contre, ce qui a été découvert depuis quelques années maintenant, c'est que... L'état d'esprit dans lequel on est par rapport au stress va avoir un impact sur la manière dont le stress agit sur nous. C'est-à-dire que si moi, mon idée du stress, c'est de dire « le stress, c'est quelque chose qui m'aide quand, par exemple, je vais donner une conférence, eh bien, je sens un peu cette même sensation physiologique que quand je suis face à une situation qui est vraiment stressante, mais je sais que c'est là pour m'aider. » Et que c'est positif. Ça me galvanise. Eh bien, dans ce cas-là, il y a une hormone supplémentaire qui fait son apparition, le DHEA. Alors, je suis incapable de prononcer le nom en entier, mais le diminutif, c'est le DHEA. Et le DHEA, figure-toi que j'ai découvert que c'est un antagoniste au cortisol. Et donc, en fait, il annule les effets négatifs du stress. Donc, quand on a une vision positive du stress... Quand on pense que c'est bon pour nous, que ça va nous aider, l'effet est positif. En revanche, quand on a une vision négative du stress, quand on pense que c'est mauvais pour notre santé, mauvais pour notre performance, et bien effectivement, on mesure ces effets-là.
- Speaker #0
Donc j'imagine que si c'est un stress subi parce que quelqu'un me presse, quelqu'un me demande de faire des choses et que je ne me sens pas en mesure de pouvoir répondre à ses injonctions, je vais le vivre mal et je peux même le vivre. très mal parce que le stress peut entraîner des effets sur la mortalité carrément, c'est-à-dire que ça réduit l'espérance de vie, ça entraîne des maladies cardiovasculaires, que si ce stress-là, je le prends comme quelque chose qui va m'aider à m'améliorer, à progresser, à mieux présenter ma conférence, à mieux aller jusqu'au bout de ma thèse où je ne sais pas quel... Quel objectif ? Dans ce cas-là, je vais le prendre comme un allié et je vais mieux le vivre. Et au contraire, il n'y aura pas d'effet sur la santé.
- Speaker #1
Il y aura même des effets qui semblent être bénéfiques. Je vais juste corriger un truc que tu as dit et qu'on entend souvent, c'est « quelqu'un me presse » . Personne ne te presse.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est ma perception.
- Speaker #1
Tu ressens. cette pression en fonction du comportement de quelqu'un. On a souvent tendance, et c'est culturel aussi, à... Attribuer aux autres la responsabilité de nos propres émotions. Oh mais lui il m'énerve ! Non c'est pas lui qui m'énerve, c'est moi qui m'énerve, c'est moi qui me mets dans cet état de colère suite à son comportement à lui. Et donc le fait de le reformuler comme ça et de changer de paradigme, ça me permet de reprendre le contrôle de la situation. Parce que tant que j'ai l'impression que les autres sont responsables de mes émotions, je suis une victime. Une fois que j'ai le contrôle de mes émotions et je décide de quoi en faire, et je décide d'accepter son comportement ou pas... mais je suis ok avec ma colère par rapport à son comportement parce que c'est la mienne, à ce moment-là, je reprends le contrôle et je vais pouvoir éventuellement avoir une réponse appropriée plutôt qu'une réaction que je regretterai par la suite.
- Speaker #0
Oui. Alors toujours dans le cadre du stress, tu as proposé différentes choses. La méditation en pleine conscience, mais là, ce sont des recherches et des recherches qui sont sur le sujet dans différents milieux, notamment le milieu médical, où c'est extrêmement maintenant bien. bien connue, on sait qu'il y a une amélioration sur la marge de tolérance au stress. Il n'y a pas de problème là-dessus. Il y a simplement le fait de répéter que ce sont des choses qui ne fonctionnent pas parce qu'on a médité une fois. Il y a besoin d'instaurer un rituel dans sa vie et que ce soit une pratique qui se fait sur le long terme pour que les effets soient... probant et durable. Et tu as parlé...
- Speaker #1
J'ai ajouté, j'ai entendu ça récemment et je trouvais ça très pertinent, parce que j'entends régulièrement mon beau-père qui me dit, moi je ne médite pas parce que j'ai essayé mais ça ne marche pas. Et en fait, il n'y a pas de mauvaise méditation. Ça n'existe pas. C'est juste... une mauvaise compréhension du phénomène, de l'exercice, mais il n'y a pas de mauvaise méditation. Donc chacun, j'invite chacun et chacune, plutôt que de se critiquer par rapport à ce qu'ils pensent et de supposer faire, c'est simplement accepter l'expérience qui s'offre à eux.
- Speaker #0
Parce qu'on s'attend à ce que les pensées s'arrêtent, on peut s'attendre à beaucoup de choses au fait, mais il n'y a pas besoin de tout ça.
- Speaker #1
Il n'y a pas besoin d'attente. En fait, l'idée c'est d'essayer de ne pas avoir d'attente, juste constater ce qui se passe.
- Speaker #0
Oui, il n'y a pas d'objectif particulier à part le fait de prendre dans le temps, d'être dans le moment présent.
- Speaker #1
Dans le moment présent, oui. Et le fait de se dire, « Mais enfin, je n'y arrive pas ! » Ça fait partie de l'exercice. Et de dire, OK, passe au-delà de ça. Continue.
- Speaker #0
Oui. Ce n'est pas facile. Ce n'est pas simple. C'est difficile. C'est un exercice qui... De nouveau,
- Speaker #1
comme tu le dis très bien, c'est une pratique régulière qui fait qu'à un moment donné, ça devient naturel.
- Speaker #0
Exactement. Et après, tu parles de l'imagerie mentale et de la visualisation. Au début, je ne comprenais pas parce que pour moi, c'était un truc de sportif pour arriver à des objectifs. Et je ne voyais pas en quoi l'imagerie mentale pouvait s'appliquer dans le domaine du travail Et après, j'ai compris que c'était en rapport avec la simulation. Tu peux m'expliquer ?
- Speaker #1
C'est en rapport avec la simulation, effectivement, mais pas que. L'idée, c'est que quand on... L'imagerie mentale, c'est le fait de se mettre dans sa bulle et d'imaginer qu'on réalise une action, par exemple, un geste technique, disons, à la fois en s'arrangeant mentalement pour voir ce qu'on verrait, Pour entendre ce qu'on entendrait dans ce genre de situation, éventuellement pour ressentir ce qu'on ressentirait au niveau kinesthésique en fonction des instruments qu'on aurait en main, en fonction de la température de la pièce, d'une soufflerie, etc. Donc se mettre mentalement dans une situation qui ressemble plus à la situation réelle, lorsqu'on réalise mentalement un geste dans ce genre d'exercice, on se rend compte que les mêmes zones cérébrales s'activent que quand on réalise réellement le geste. Et donc, tout à l'heure on a dit que les apprentissages passés par le système 2, à force de répéter, on câble la compétence dans le système 1. Ce qui a été montré c'est que à force de faire de l'imagerie mentale sur un geste un peu compliqué, on va déjà entraîner les zones du cerveau et on va avoir le système 1 qui va se pré-câbler quelque part. Bien sûr, la mise en pratique réelle sera utile pour vraiment avoir la finesse et les subtilités du geste, mais le fait de régulièrement répéter mentalement, et la différence entre juste la visualisation et l'imagerie mentale, c'est qu'en imagerie mentale, j'insiste sur cette nécessité de se plonger dans l'environnement dans lequel on serait. Donc il y a différents sens qui sont impliqués, il y a la visualisation, il y a la vue, il y a l'ouïe, il y a le kinesthésique. Parfois même, on peut avoir l'odeur, l'odorat, parce que dans cet environnement-là, il y a une odeur particulière. Si on est vraiment plongé dedans, une forme d'auto-hypnose, on va avoir tous ces sens qui vont être présents, et c'est un peu comme si on y était. Et c'est un super entraînement, c'est un peu comme un simulateur qu'on a en permanence avec nous. auxquels on peut faire appel pour se préparer à un geste difficile.
- Speaker #0
C'est simplement que je ne comprends pas très bien comment exploiter cet outil quand on ne connaît pas l'endroit où on va aller. Je vais présenter une conférence dans un endroit que je ne connais pas. On m'a souvent dit « tu peux faire des exercices de visualisation avant d'y aller » . Je ne connais pas encore mon public, je ne connais pas la salle, je ne sais pas à quoi ressemble l'endroit. Est-ce que c'est possible quand même d'utiliser la visualisation pour préparer ?
- Speaker #1
Oui, parce que tu vas inventer un lieu, tu vas inventer un public, et tu vas te mettre dans une situation dans laquelle, si ce genre de situation tendance à te stresser, tu vas ressentir ce stress. Même si ce n'est pas le même public que pour ta conférence, et même si ce n'est pas le même lieu. L'intérêt c'est après comment je le gère. Qu'est-ce que je peux... Oh, là je commence à sentir du stress. Comment je le gère ? Quels outils sont à ma disposition ? Et puis après, je revis l'expérience, mentalement, et ah tiens, mais effectivement, en appliquant telle méthode, ça marche. J'arrive plus loin dans l'expérience sans ressentir de stress. Ah, là je commence à ressentir de nouveau, donc comment je le gère ? Et ça permet de se préparer. Donc ça c'est pour une situation que tu vas vivre mais pour laquelle tu n'as pas tous les éléments. Mais c'est aussi par exemple, je vais te donner un exemple en aéronautique, avant un décollage, on fait de l'imagerie mentale pour pas de moteur au décollage. Si on a un moteur qui tombe en panne ou qui prend feu au décollage, pendant la phase où on est encore au sol et en dessous d'une certaine vitesse, on va s'arrêter. Il y a des gestes qui doivent être réalisés, qui sont assez rapides, et bien c'est répété avant chaque vol. Dans une forme d'imagerie mentale, de manière à pouvoir réaliser ses actions correctement, si jamais on est confronté à la situation. Donc le fait de... c'est un peu comme si on le... tu sais, tu essaies quelque chose, tu le rates, tu le refais après, généralement tu réussis. Mais c'est un peu comme... Si tu le faisais une première fois, et puis après, quand tu le fais pour deux, tu réussis.
- Speaker #0
Oui, c'est la règle de Hebb, c'est ça. C'est les 30 fois qui sont nécessaires pour passer du système 1 au système 2 au système 1.
- Speaker #1
Donc ça, c'est quelque chose qu'on entend régulièrement.
- Speaker #0
Moi, il me faut plus que 30, je vous le dis.
- Speaker #1
Une trentaine de répétitions, ce n'est pas quelque chose qui peut être transposé à toutes les compétences, mais on dit généralement qu'à partir d'une trentaine de répétitions, on commence à avoir Une transposition de la compétence du système, ou de l'action du système 2 vers le système 1.
- Speaker #0
Oui. Au piano, je ne pense pas qu'il fasse 30, je ne crois pas que ce soit assez.
- Speaker #1
Non, mais ça dépend de nouveau de la complexité.
- Speaker #0
Très bien, très bien. Tout à l'heure, tu as évoqué quelque chose en parlant de la disponibilité de notre... de notre cerveau et surtout de notre cortex préfrontal. Tu as dit que le stress faisait en sorte qu'on le rendait moins disponible, mais il y avait tellement d'autres choses. Il y a l'éveil, la fatigue, la performance. Et du coup, venant d'un milieu médical et faisant des gardes de nuit, et toi ayant des voyages avec des décalages horaires, Il y a cette notion qui est hyper importante, qui est celle de la fatigue et la performance, l'éveil et la performance. Il me semble que c'est important à expliquer.
- Speaker #1
Alors effectivement, la fatigue c'est un des éléments qui a un impact important sur notre niveau de performance, au travers de la disponibilité du système 2 et du système 3. Il y a différentes études qui ont été menées. Il y en a une qui est célèbre. parce qu'elle, au travers de toute une série de tâches à réaliser, elle mesurait l'équivalence entre une durée d'éveil et un niveau d'alcoolémie, un taux d'alcoolémie.
- Speaker #0
Ça c'est incroyable.
- Speaker #1
Et donc, corrige-moi si je me trompe parce que je vais essayer de le faire de tête, mais 17 heures d'éveil ça correspond à un niveau d'alcoolémie de 0,5% c'est ça ? 0,05. 0,05 pardon. et donc c'est en gros Le taux moyen qu'on atteint quand on a bu trois verres de vin, et donc c'est la limite pour conduire, on en a un peu dépassé. Et 24 heures de veille, c'est ? C'est 0,1. C'est 0,1.
- Speaker #0
C'est deux fois le taux autorisé en Europe.
- Speaker #1
Voilà. Donc on dépasse largement, on a des capacités cognitives et des capacités motrices qui sont très affectées. Et on s'en rend compte.
- Speaker #0
Le nombre d'accidents en sortie de garde sont plus importants. J'imagine que pour les pilotes c'est pareil. Il y a dû y avoir des études qui ont mesuré, je dis les pilotes,
- Speaker #1
mais tout le personnel de la devant. Effectivement, je ne peux pas citer l'événement parce que c'est un événement qui est en train d'être analysé dans une compagnie européenne dont j'ai eu connaissance. Il n'y a pas eu de conséquence, il n'y a pas eu de mort, mais il y a eu une décision très inappropriée qui a été prise par l'équipage et ce qui a contribué à cette décision, c'est l'état de fatigue. A posteriori, c'est toujours facile, mais quand l'équipage a discuté avec les enquêteurs de la raison pour laquelle ils avaient pris la décision, ils ont dit qu'ils étaient incapables de vous l'expliquer parce que ça n'a pas de sens.
- Speaker #0
En plus, la récupération, ça met du temps. Il faut plusieurs nuits pour récupérer la dédate ?
- Speaker #1
Pour récupérer, alors on est tous inégaux par rapport au sommeil. Les notions principales utiles, je vais dire, pour des professionnels qui sont confrontés à soit des horaires irréguliers, soit des décalages horaires. D'une part, c'est le fait qu'on est tous inégaux et on a tout ce qu'on appelle un chronotype. Le chronotype, c'est soit je suis... couche tôt lève tôt, couche tard lève tard, ou plutôt dans la moyenne. Matthew Walker, qui est un spécialiste du sommeil anglais, en distingue cinq. Et donc il est complètement... Quelqu'un qui est d'un chronotype couche tôt lève tôt et qui va à une fête le soir, va se coucher plus tard, et puis va quand même se réveiller tôt le lendemain, va être très affecté par ça, et vice versa. Donc quand on ne respecte pas notre chronotype... ça a un impact. C'est la même chose quand on a une garde qui ne respecte pas le chronotype, ça a un impact.
- Speaker #0
Moi, en tout cas, il y a une expérience dont tu as parlé qui m'a beaucoup marquée. C'est l'expérience du journaliste qui s'est prêté au jeu avec la clinique. du Sommeil de Paris et qui avait passé une bonne nuit de sommeil et qui avait pris la route. Donc il avait 930 km à faire. Il a respecté les heures de conduite avec les pauses qui sont réglementées. Tu te souviens combien de temps il avait dormi ?
- Speaker #1
5 minutes je crois sur le trajet, c'est ça ?
- Speaker #0
Au total, la vitesse moyenne était de 130 km heure. Le conducteur a parcouru 24 km en dormant.
- Speaker #1
Ça fait 12 minutes. 11-12 minutes.
- Speaker #0
Mais c'est une folie !
- Speaker #1
Alors c'est pas des minutes d'affilée, c'est des secondes, c'est à chaque fois des microsommés.
- Speaker #0
Oui, mais ça veut dire qu'il a passé sur le total des kilomètres, 24 kilomètres en dormant. Même en ayant respecté toutes les précautions d'usage, la bonne nuit d'avant, les heures de conduite et les arrêts.
- Speaker #1
Le fait de rester statique, c'est quelque chose qui joue beaucoup aussi. Quand on reste assis pendant longtemps, ce qui est le cas dans une voiture, même en respectant la pause toutes les deux heures, il est préconisé de se déplacer. Et dans un cockpit, en long courrier, parfois on a tendance à rester assis pendant plus longtemps que deux heures, ça peut arriver. Moi aujourd'hui, je me conditionne pour me lever régulièrement quand je le peux, pour justement bouger.
- Speaker #0
Et vous faites des siestes ?
- Speaker #1
Alors on fait des siestes. Ça c'est un élément fondamental aussi. On fait des siestes dans le cockpit pendant des périodes de faible intensité. Jamais tous les deux en un temps, bien sûr. Il y a toujours deux pilotes au cockpit. Et quand il y en a un qui fait une sieste, l'autre veille. Et l'autre est même en contact avec le personnel de cabine, toutes les 20 minutes, de manière à s'assurer que lui ne s'est pas endormi.
- Speaker #0
Ah c'est incroyable.
- Speaker #1
Il y a un process qui se met en place. et l'objectif de faire une sieste, c'est... quand on le peut, de remonter notre niveau d'énergie pour être suffisamment en forme pour les phases dynamiques, les phases qui nécessitent beaucoup d'énergie, comme par exemple une phase d'approché d'atterrissage.
- Speaker #0
Tu connais d'autres domaines où c'est appliqué la sieste ? Parce que j'ai l'impression que c'est un gros mot. En France ?
- Speaker #1
Il y a des entreprises dans lesquelles ils font la promotion de la sieste, c'est-à-dire qu'ils encouragent les collaborateurs à... Une sieste sur commande, ce n'est pas facile. Par contre, parfois, on sent qu'on a un coup de mou. Et ça, c'est le bon moment pour la sieste, parce qu'en fait, on peut trouver facilement un sommeil qui n'a pas besoin de durer très longtemps, mais qui va nous rebooster pour la suite. Et donc, ces entreprises préconisent le fait que, quand on sent qu'on a un coup de mou, on s'isole dans des endroits qui sont prévus pour ça, dans des endroits dans lesquels la lumière est tamisée, et éventuellement, on peut s'allonger. Et l'idée c'est qu'un quart d'heure plus tard on en sort, mais on en sort dynamisé. Dans les cockpits c'est ce qu'on fait à un moment donné, moi ou mon collègue, dire tiens mais comment tu vas, comment tu te sens maintenant parce que je sens que j'ai un petit coup de mou, ok écoute je me sens bien, vas-y fais une sieste. On limite la durée des siestes à 45 minutes, parce qu'on part du principe qu'il faut un bon quart d'heure pour trouver le sommeil éventuellement. Et puis on ne veut pas que le sommeil en lui-même dure trop longtemps parce que sinon on risque de... rentrer dans un sommeil trop profond, et j'aborderai dans un instant l'inertie du sommeil, on veut éviter ça, et donc on va limiter la durée des siestes à 45 minutes. Mais par contre, si mon collègue a fait 45 minutes de sieste, on fait une période de veille à deux pour être sûr que lui soit bien réveillé, et puis moi je vais éventuellement faire une sieste, et sur des vols de nuit qu'on fait à deux, parfois on enchaîne quatre siestes d'affilée, donc deux pour chaque pilote. et l'objectif c'est En fait, faire une sieste dans ce cadre-là, c'est juste être professionnel parce que l'objectif, c'est se mettre dans les meilleures dispositions possibles pour pouvoir répondre à des éventualités lors de phases plus critiques.
- Speaker #0
Tu me vends du rêve, là. C'est-à-dire, déjà, tu as demandé à ton collègue comment il allait. Est-ce que tu vas bien ? Déjà, ça, c'est énorme de se demander comment on va. Ça ne fait pas partie de la culture habituelle. Et l'autre chose qui me vient en tête, du coup, je pensais... aux chauffeurs de car, je ne sais pas s'ils sont formés à ça, s'ils font des rondes habituellement et qu'ils arrivent à prendre en compte justement l'inertie du sommeil.
- Speaker #1
Je ne sais pas s'ils ont... Je ne connais pas leurs règles. Je sais qu'ils ont des règles parce que je sais que sur les trajets de plus de X heures, il y a une couchette, il y a deux chauffeurs, etc. Et c'est un peu comme nous. Sur les vols de plus de 9 heures, en moyenne, 8h30, 9 heures, on sera trois pilotes et donc on fait des... Tour de repos, mais à ce moment-là, on a un pilote qui s'isole dans une couchette. On divise le temps de repos en trois. Ce qui n'empêche pas éventuellement les deux pilotes qui restent au cockpit pendant un tour de repos de faire une sieste. Parce que c'est vraiment... Si le moment est opportun et qu'on sent que c'est le bon moment pour nous, l'idée c'est vraiment de booster son énergie. Et donc l'inertie du sommeil, c'est un phénomène qui est bien connu de tout le monde. Quand on est réveillé au milieu de la nuit par quelque chose d'imprévu, on a oublié de couper son téléphone, quelqu'un qui téléphone à 2h du matin alors qu'on est dans une phase de sommeil profond, on est dans le coltard, on a du mal à se reconnecter à la réalité. et on a du mal à donner des réponses, à comprendre ce qu'il nous dit, etc. Il faut un moment pour qu'on reprenne nos esprits. Quand on est de garde ou quand on est dans un post-repos, dans un avion, et qu'à un moment donné on nous réveille, peut-être qu'on est dans une phase de sommeil profond, on est sujet à cette inertie du sommeil. Et donc l'idée c'est d'en avoir conscience pour ne pas se lancer dans des activités à la fois soit cognitives, soit manuelles, qui peuvent avoir des conséquences. On ne peut pas se lancer là-dedans trop rapidement parce qu'on risque de mal faire les choses. On risque de se tromper, on risque d'avoir des gestes inappropriés.
- Speaker #0
Oui, nous on en est conscients en santé. Alors ça n'a jamais été fait l'objet de quelque chose de concret parce que c'est en disant que je me rends compte que c'est instinctivement qu'on le fait. Quand on a besoin d'avoir toutes ces facultés, en général, et quand on est de garde 24 heures, on sort de son lit et on se déplace. Pour avoir les idées claires, parce qu'il est déjà arrivé d'avoir des réponses par téléphone, quand l'infirmière te chope comme ça à l'appel, que tu puisses donner un avis, et après te dire « mais qu'est-ce que j'ai répondu au fait ? » Je ne me souviens pas très bien de ce que j'ai dit, et tu te lèves et tu vas vérifier au fait tes propos.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
La caféine ?
- Speaker #1
Alors la caféine, je t'avoue que je ne l'ai plus tout à fait en tête, parce que c'est un truc dont je n'ai plus parlé depuis longtemps.
- Speaker #0
Au fait, la caféine, ça marche très bien, mais ça met du temps à marcher. Donc, ça met 20 à 30 minutes à marcher. C'est principalement... Moi, je suis sevrée du café, donc du coup, je...
- Speaker #1
Par contre, il y a un élément qui est intéressant, c'est la notion de pression du sommeil. C'est ça dont je voulais parler tout à l'heure. Oui, dis-moi. Au fur et à mesure de la journée, on a notre corps qui libère de l'adénosine. L'adénosine, c'est une hormone qui, quand il y en a un certain... C'est la pression du sommeil. Donc quand il y en a une certaine dose dans notre physionomie, on sent vraiment cette envie d'aller dormir et ça va nous aider à l'endormissement. Quand on fait une sieste, on réduit un peu la quantité d'adénosine. Donc ça peut avoir un impact négatif sur l'endormissement le soir, parce que la pression du sommeil sera moins forte. Mais par contre, la caféine, elle va se fixer sur les mêmes récepteurs que l'adénosine. Donc elle empêche l'adénosine de faire savoir qu'elle est suffisamment présente. Et donc, la caféine, tant qu'elle est présente, bloque la pression du sommeil, mais une fois que l'effet s'estompe, il y aura encore plus d'adénosine, tous les récepteurs seront disponibles, et là c'est...
- Speaker #0
Et on va sentir le coup de barre encore plus. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Ok, ok. Eh bien, on arrive à la tension.
- Speaker #1
La tension.
- Speaker #0
Tout un sujet, la tension.
- Speaker #1
Alors la tension, c'est... On entend aujourd'hui beaucoup parler de problèmes de... Concentration chez les jeunes, de TDAH, etc. Tout ça est lié à l'attention. Et de nouveau, c'est quelque chose qui s'entraîne. C'est un processus qui nécessite le système 3. Parce qu'en fait, si on se laisse aller à... scanner notre environnement, on a un scanning qui change, nos yeux vont changer de place, ou notre attention va changer de place, de manière spontanée, plus ou moins toutes les 7 secondes. Donc en fait, on est très rarement concentré sur une chose, tant qu'il n'y a pas quelque chose de saillant qui nous attire vers cette chose. Et de nouveau, c'est quelque chose qui était très efficace dans l'évolution de l'espèce, parce que ça nous permettait d'être attentifs à l'environnement et de détecter rapidement s'il y avait une menace. Donc ça a contribué à notre survie. On continue à fonctionner comme ça. Il faut bien avoir conscience que ce cerveau qui nous équipe, ça fait grosso modo 150 000 ans qu'il n'a pas évolué. Homo sapiens. L'environnement a un peu évolué depuis. Et donc, on est un peu victime de nous-mêmes, dans le sens où on a cette machinerie qui est extrêmement efficace pour assurer notre survie dans un environnement dangereux. dans lequel il y a des prédateurs qui nous veulent vraiment du mal, alors qu'aujourd'hui on est dans un environnement qui est complètement différent, mais la machinerie fonctionne toujours de la même manière. Et donc on a toujours cette attention qui a tendance à, toutes les 7 secondes en moyenne, changer d'endroit. Et donc si on veut se concentrer sur quelque chose d'important, il va falloir que notre système 3 inhibe cette tentative permanente de changer de focus.
- Speaker #0
C'est ce qu'on appelle la vigilance ou pas ?
- Speaker #1
La vigilance... C'est cette fonction qu'on a en permanence de scanner notre environnement. Et l'attention dirigée, c'est le choix qu'on va faire à un moment donné de focaliser notre attention, notre concentration sur un élément. C'est utile pour plein de choses, ça a une durée limitée dans le temps. L'attention en moyenne, on parle de 15-20 minutes d'attention soutenue. Après ça, il est impératif de changer d'activité ou de faire une pause parce que... on en a besoin, sinon on ne va pas être capable de maintenir une attention aussi soutenue. Et par contre, il y a des situations dans lesquelles l'attention a un effet négatif sur notre performance. On parle d'hyperfocalisation. Donc on est tellement focalisé sur un élément qu'on perd la notion de l'environnement autour de nous. Et ça nous arrive souvent. Quand on lit un bouquin qui est prenant, quand on regarde une émission de TV, un film qui nous absorbe, quelqu'un vient nous dire que Je ne sais pas moi, le dîner est servi, mais parfois il faut qu'il le dise trois fois avant qu'on l'entende, parce qu'avant on ne l'a pas entendu. On est hyper focalisé, on est dans notre bulle.
- Speaker #0
C'est un peu un état d'hypnose quoi.
- Speaker #1
C'est un état d'hypnose, complètement.
- Speaker #0
C'est l'outil au fait qui est utilisé pour l'hypnose.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et là il y a beaucoup à dire.
- Speaker #1
Et du coup dans un environnement professionnel, quand on est confronté à une situation compliquée, on peut commencer à être dans un état d'hyper focalisation sur le fait de réussir le geste. Il y a un exemple célèbre dans les soins de santé qui a été porté à la connaissance du public par Martin Bromilly. Il a écrit la préface de mon livre. C'est un pilote anglais dont l'épouse devait subir une opération des sinus. Le titre de sa vidéo, d'ailleurs, parce qu'il a partagé l'événement en vidéo, c'est « Just a routine operation » . C'est comme ça qu'on leur avait présenté les choses. C'est une petite opération de routine, vous verrez, ce sera rapide. Et en fait, ils ont eu des difficultés d'intubation. L'anesthésiste et puis le chirurgien qui l'a rejoint et puis un autre anesthésiste étaient tous les trois hyper focalisés sur le fait de réussir cette intubation. Ils ont perdu la notion temporelle. La patiente est restée à un degré de saturation inférieur à 40% pendant deux minutes. Les infirmières qui se rendaient compte qu'il y avait un problème avec les alarmes sonores, etc. ont essayé d'apporter des solutions aux médecins. Elles ont apporté le chariot de trachéo en leur disant ... Elles les ont informées du fait qu'elles contactaient les soins intensifs pour les informer de l'arrivée de la patiente. Et elles n'ont pas réussi à sortir ces médecins de leur état d'hyperfocalisation. Ils étaient complètement pris et ils persévéraient à essayer de réaliser ce geste. Alors que si l'un d'entre eux avait, par exemple, une infirmière, avait pris par la manche un des médecins en disant « Hé ! » en l'appelant par son prénom. regarde la saturation, ça fait deux minutes que vous êtes occupé, il faut que vous passiez à autre chose, elle l'aurait sortie de cette hyperfocalisation.
- Speaker #0
Il aurait essayé de trouver une alternative.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est quelque chose qui arrive régulièrement dans les cockpits aussi. Moi, il m'arrive, si à un moment donné, on est en approche vers l'atterrissage, c'est moi qui pilote, il fait turbulent avec des variations de vitesse qui sont liées au changement de vent. et donc à un moment donné je suis un peu accaparé par cette par la gestion de cette vitesse, je peux perdre la notion de ce qui se passe à l'extérieur. C'est pour ça que mon collègue qui est là à côté de moi, il a pour rôle notamment d'attirer mon attention sur des éléments et de faire en sorte que je ne sois pas hyper focalisé sur une donnée, une variable.
- Speaker #0
Donc au fait, on est passé de l'attention qui est nécessaire à... accomplir des tâches et à nous faire progresser dans nos processus. Celle-là, elle est variable en fonction de la tâche qu'on a à faire. Il y a des tâches qui sont intéressantes et qu'on aime et qu'on va faire de façon... C'est le cas des enfants, on voit bien, il y a des choses qu'ils vont faire, ils vont passer des heures dessus et tu vas leur demander d'aller faire un devoir et ils ne vont pas pouvoir le faire ni s'attarder plus que 10 minutes. Donc on voit bien que... D'ailleurs même dans le TDAH, on parle du système de récompense qui est complètement lié à l'attention. Ça c'est quand tout va bien et quand on arrive à utiliser son attention et ça peut nous mettre dans un état de flot qui est hyper agréable et dans lequel on est extrêmement performant ou on est dans notre zone de génie on va dire. Là, on peut s'accomplir.
- Speaker #1
Et dans lequel on va aussi avoir un phénomène d'hyperfocalisation,
- Speaker #0
quelque part sur la tâche qu'on est en train de faire.
- Speaker #1
Mais c'est positif, ça contribue à la performance.
- Speaker #0
Exactement. D'ailleurs, les enfants, quand ils sont sur un truc qu'ils adorent, tu peux les appeler 10 000 fois pour venir manger, il n'y a personne qui répond.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà. Et c'est pareil dans le cadre du travail, mais il y a... Tu décris les fois qu'on connaît très bien, où on est extrêmement pris par l'enjeu, et à ce moment-là, on pourrait perdre des informations qui peuvent être utiles. Et dans ce cas-là, la connaissance de soi, et puis surtout l'interaction avec le reste de l'équipe est primordiale.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Il a toute sa place.
- Speaker #1
Le reste de l'équipe... Les autres membres de l'équipe ont pour mission de détecter si quelqu'un rentre dans ce processus d'hyperfocalisation pour les en sortir.
- Speaker #0
C'est ça. C'est quoi l'effet d'amorçage ?
- Speaker #1
C'est le fait d'avoir tendance de faire correspondre la réalité à nos attentes. C'est-à-dire que si je m'attends à voir ça, il y a une possibilité que j'ai l'impression qu'effectivement ce que je m'attends à voir est effectivement là, mais ce n'est pas là. Ou ce n'est pas tout à fait conforme à la réalité. Ce phénomène est bien connu en aéronautique. On appelle ça le « wish seeing » . J'ai une telle attente par rapport au fait de voir une information... voir une certaine valeur, que quand je lis la valeur, je lis mon attente et pas ce qui est réellement écrit, qui ne correspond pas à mon attente. Il y a eu des accidents qui ont été liés au fonctionnement du cerveau. Ça fonctionne aussi pour l'ouïe.
- Speaker #0
Oui, justement.
- Speaker #1
Donc je m'attends à ce qu'on me donne ça comme réponse. Typiquement un changement d'altitude. Je sais qu'au départ de Charles de Gaulle, il y a différents paliers. Le deuxième palier, c'est généralement... Le niveau de vol 190, le troisième panier, le niveau de vol 260. Et donc je m'attends à ce que le contrôleur aérien, parce que c'est quasi toujours comme ça, m'autorise, quand je passe avec lui, à monter au niveau 190. Et peut-être que ce jour-là, parce qu'il y a un trafic long fluctuel, il va dire 170. Et je m'attends tellement à ce que ce soit 190 que...
- Speaker #0
Tu n'entends pas ?
- Speaker #1
Je n'entends pas. Et heureusement, on en parlera dans la partie communication. Je vais lui répéter ce que j'ai compris, mais comme ma compréhension, c'est en fait ce que j'ai dans la tête, ce sera mon attente, je vais lui répéter 170, et lui, s'il est attentif, il va corriger. C'est la raison pour laquelle on a cette boucle de communication. Et donc, cette attente peut nous amener à entendre quelque chose qui ne correspond pas à ce qui a été dit.
- Speaker #0
Oui. Tiens, ça me fait penser à un truc qui était en rapport avec les visualisations. C'est que tu dis que regarder n'est pas voir.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
que d'abord au fait notre nos yeux capte l'information c'est à dire voie l'image mais que ce que ça active les zones visuelles que une fois que ce message est passé en préfrontal et que on l'a conscientisé c'est comme ça et que à ce moment là l'image se forme et quand et qu'on voit et c'est pareil pour les oreilles j'imagine on peut entendre oui Et si on n'a pas accroché ça et conscientisé en préfrontal, ça va rester un bruit de fang, quoi.
- Speaker #1
Alors, il semblerait qu'au niveau de Louis, la manière dont nous comprenons les messages que nous entendons, c'est au travers d'une mise en image de ce message. Et donc, si notre sens visuel est trop sollicité au moment où on nous dit quelque chose, et c'est le cas... Dans une hyperfocalisation, on est super concentré sur la télé, on est super concentré sur un bouquin, on est super concentré sur une tâche. Le signal auditif n'arrive même pas au cerveau parce qu'il est bloqué par les aires visuelles qui sont... De nouveau, c'est un modèle. Donc peut-être qu'on se rendra compte que ce n'est pas tout à fait comme ça que ça marche, mais on se rend compte comportementalement que ça correspond à un signal qui n'atteint pas le cerveau quelque part, parce qu'il est bloqué par les ailes visuelles,
- Speaker #0
les aires visuelles. On a tout intérêt à comprendre comment ça fonctionne pour vraiment jouer avec ça et l'utiliser à bon escient. Et du coup, ce cerveau, il nous joue des tours. C'est incroyable. Il peut même construire la réalité.
- Speaker #1
Il ne fait que ça. il ne fait que construire la la réalité. On sait tous que si on est de bonne humeur, il pleut, c'est cool. On est de mauvaise humeur, il pleut, c'est dramatique, j'en ai marre de cette météo. Donc l'état d'esprit dans lequel on est va avoir un impact sur notre réalité. Et notre cerveau nous joue des tours, oui et non. Il y a toute une série de biais cognitifs qu'on abordera plus tard, mais ces biais cognitifs, ils ont une utilité aussi. Et donc... Ce sont des raccourcis qui nous permettent de ne pas devoir tout processer au travers du système 2, parce que le monde serait invivable. Tu t'imagines si on devait passer toutes les informations qui parviennent à notre... tous les photons qui parviennent à notre rétine, toutes les vibrations qui parviennent à nos tympans, au travers du système 2 pour s'en faire une compréhension, on serait incapable de vivre. Ce serait impossible.
- Speaker #0
Pour parler de vision... Au fait, il complète l'image.
- Speaker #1
Alors, effectivement, quand on regarde devant soi, on a l'impression qu'on a une vision périphérique en couleur, même si c'est une couleur qui est moins forte, mais une vision périphérique avec des objets qui sont là, tels qu'ils étaient il y a quelques instants. Pourquoi ? Parce qu'en fait, notre cerveau, les aires visuelles du cerveau, reconstruisent la réalité en permanence. Dans notre champ visuel, il y a des choses qu'on voit. qui en fait ne sont pas perçues par nos yeux, mais qui sont construites par notre cerveau. Si ce processus n'existait pas, étant donné toute la vascularisation des rétines et de l'iris, etc., parce qu'il y a de l'énergie qui arrive là-dedans, il y a des nutriments, il y a du sang qui arrive là, on aurait une image remplie de faisceaux sanguins ou de flous, etc., dans tous les sens, et notre cerveau nous fait une correction pour que l'image qui nous est présentée semble tout à fait nette et propre.
- Speaker #0
Incroyable ! Passionnant, passionnant, passionnant. Alors, on a parlé tellement de l'attention, de comment la développer. Je pense qu'on a à peu près dit quels étaient les points importants qui améliorent cette attention. Moi, j'ai envie de faire un podcast rien que pour ça. Il y a tellement à dire pour nos enfants sur l'attention. C'est un sujet sans fin.
- Speaker #1
Je recommande les travaux de Jean-Philippe Lachaud, qui est un spécialiste français de l'attention, avec des bouquins. qui sont destinés à la fois aux adultes, mais aussi à la fois aux parents, et des supports pour les enfants.
- Speaker #0
Et pour les enfants atteints de troubles de l'attention aussi.
- Speaker #1
Bien sûr, avec des exercices concrets qu'ils peuvent réaliser.
- Speaker #0
Je le note avec grand plaisir. Et donc, j'arrive au dernier... Point, et qui n'est pas des moindres, mais qu'on va peut-être aborder d'abord sur le plan individuel, mais tu vas vite me dire qu'il y a cette dimension individuelle, mais il y a aussi son implication au niveau des compétences sociales. Je parle bien de l'intelligence émotionnelle. Elle a été pour la première fois vulgarisée par Daniel Goleman dans les années 90. Maintenant, on en parle... beaucoup, il y a eu beaucoup de recherches, on commence à mesurer, on parle même de quotient émotionnel. Quelle est sa place en entreprise dans le monde du travail ?
- Speaker #1
Ça devrait être une place importante, mais on doit remonter plus en amont selon moi que le monde de l'entreprise parce que je disais tout à l'heure qu'il y a une quinzaine d'années… j'étais complètement incompétent en ce qui concerne l'intelligence émotionnelle. J'ai découvert ça depuis et je continue à progresser. Je ne suis pas encore complètement compétent. Si je le serai un jour, on ne sait jamais. Mais de nouveau, c'est culturel, c'est lié à notre système éducatif qui évolue. J'ai deux jeunes enfants, je vois que... Il y a une approche d'acceptation et de gestion des émotions qui est différente de ce que moi j'ai pu connaître. Je ne sais pas ce que toi, on te disait, on est de la même génération, qu'est-ce qu'on te disait au niveau des émotions par rapport à toi, fille ? Qu'est-ce que tu devais en faire de tes émotions ?
- Speaker #0
Ah non, mais ça n'a jamais été un sujet.
- Speaker #1
Ça n'a même jamais été un sujet. Jamais,
- Speaker #0
jamais, jamais.
- Speaker #1
Et puis, ne montre pas que tu as peur, ce genre de choses.
- Speaker #0
Oui, oui, voilà. C'est-à-dire, moins on en montre, plus on est fort. Voilà,
- Speaker #1
parce que ce serait faire aveu de faiblesse. Moi, je me souviens, un garçon, ça ne pleure pas. Et donc, à un moment donné, on ne développe pas la compétence parce qu'on nous signifie à moult reprises que... C'est quelque chose dont on ne parle pas. Débrouille-toi avec. Et on se retrouve dans des situations où on est complètement dépassé par une énergie intérieure qu'on n'explique pas et qui nous fait faire des choses dont on n'est pas fier après. Et on ne sait pas d'où ça vient et on ne nous accompagnait pas à l'époque pour comprendre comment gérer ça efficacement. Un exemple que j'aime bien prendre, c'est... Tu descendais à l'époque... Imane, pardon, la... Le dîner est servi. Tu arrives et il y a de la purée, une saucisse, et des choux de Bruxelles. L'horreur ! Des choux de Bruxelles ! Mais ce n'est pas grave parce que dans ta tête, tu sais que les fois précédentes, quand tes parents ont essayé de te faire manger des choux de Bruxelles, tu ne les as pas mangés, ça s'est bien passé. Et puis, tu commences par, comme les enfants font, la saucisse, parce qu'ils préfèrent la saucisse, puis la purée, c'est bon aussi, et il reste les choux de Bruxelles. Et là, tes parents te disent, Imane, aujourd'hui tu vas manger tes choux de Bruxelles. Non. Généralement ils insistent trois fois, ça va passer. Et maintenant aujourd'hui tu vas les manger. Non. Et puis ils insistent, ils insistent, manifestement aujourd'hui ils insistent plus que d'habitude. Et puis tu sens que ça commence à monter, tu sais pas ce que c'est, mais tu sens que ça commence à monter à l'intérieur, et à un moment donné tu attrapes l'assiette, tu la balances au travers de la table, elle atterrit sur le sol de la crème. cuisine les choses bruxelles sont étalées partout et là tu es un peu comme confus tétanisé qu'est ce que j'ai fait là qu'est ce qui s'est passé file dans ta chambre on ne se comporte pas comme ça chez nous etc et on t'accompagne pas pour essayer d'expliquer ce qui s'est passé et le fait que c'est pas grave ça peut arriver et maintenant on va t'expliquer comment le gérer et finalement tu es dans ta chambre toute seule et puis au bout du compte Je sais pas ce qui s'est passé mais ça va mieux, je me sens mieux. Il me semble qu'on m'a dit si tu ne les manges pas, tu n'auras pas de dessert, c'est qu'il doit y avoir un dessert. Et donc tu descends. Tout va bien maintenant, vous m'aviez parlé d'un dessert. C'est catastrophique comme enseignement au niveau émotionnel pour un enfant. Et c'est la même chose pour la joie, pour les émotions joyeuses. Parce que quelques jours plus tard, tu es dans la cuisine, tu entends tes parents. qui sont en train de parler, en train de faire la vaisselle, et puis t'entends parler de cirque, samedi, cirque, samedi, cirque, samedi on va au cirque ! Mais c'est génial, samedi on va au cirque ! Et puis tu vois une cuillère en bois, tu vois une casserole, tu les attrapes, tu commences à faire du tambour, et puis c'est « Oh ! » mais tu vas te calmer tout de suite, on se comporte pas comme ça ici, on s'entend plus parler, allez file dans ta chambre ! Donc quel que soit cet élan, agréable ou désagréable, qui m'envahit, et qui me pousse à faire des choses, à avoir des comportements, C'est malvenu en société. Et donc on en arrive à avoir des adultes qui ont un niveau de compétence émotionnelle qui est très faible. Et c'était mon cas jusqu'à une quinzaine d'années. Et la bonne nouvelle c'est que ça s'apprend. Et la bonne nouvelle c'est qu'une fois qu'on l'apprend et qu'on se l'approprie... Ça facilite énormément les choses de manière générale dans la vie, dans les interactions avec soi-même, dans les interactions avec les autres. C'est comme la gestion des modes mentaux. Moi, ça a été un truc qui m'a aidé dans les interactions avec les autres, mais de manière phénoménale. J'étais en permanence dans la certitude d'avoir raison, l'incapacité d'écouter, etc., et vouloir asséner mes vérités. Mais ça ne marche pas.
- Speaker #0
Moi, j'ai l'image qui me vient en tête, c'est un carrosse avec des chevaux. et quand tu arrives à gérer tes émotions tu arrives à donner la cadence aux chevaux pour que ça se passe bien pour qu'ils aient pas des accélérations et des arrêts et que ce soit fluide et harmonieux et que ça se passe bien et ne pas se laisser entraîner par ses chevaux tout simplement au fait et d'en avoir la gestion et il ya notre propre gestion mais il y a aussi la compétence émotionnelle sociale. Celle-là, on la découvre et j'ai l'impression que tout le développement personnel ou la progression personnelle n'a finalement de sens que quand elle s'emploie, elle se déploie dans un cadre social parce qu'au final on veut ça, on veut vivre en harmonie, on veut que ça se passe bien. En entreprise, on veut performer, on veut que ce soit efficace. Avec nos enfants aussi, on a envie que ça se passe bien, qu'on leur transmette des messages et qu'ils ne soient pas tout le temps en opposition. Donc on a fait un petit peu le tour de toutes les compétences. individuelles. Alors on a essayé de faire au mieux.
- Speaker #1
On a essayé de faire au mieux pour couvrir un maximum de choses.
- Speaker #0
Pour couvrir un maximum de choses et nous voilà des individus qui ont un petit peu travaillé sur eux et qui ont questionné leurs compétences, qui ont un petit peu mesuré leur ego, qui se sont remis en question et nous voilà prêts à aborder le monde de... où il y a d'autres individus qui sont là pour s'articuler, pour travailler ensemble, pour vivre ensemble, tout simplement. On va aller voir ça au prochain épisode, Guillaume, si tu veux bien.
- Speaker #1
Nous allons mieux réussir ensemble.
- Speaker #0
Nous allons mieux réussir ensemble. Merci pour tout, Guillaume.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Mes chers amis, nous terminons ici le deuxième épisode d'Enquête d'accord consacré au livre de Guillaume Tirsio. Je vous retrouverai avec joie au prochain épisode. Il sera question... Toujours en sa compagnie de communication et leadership. J'ai hâte d'y être. A très bientôt !