- Speaker #0
Enquête d'accord, l'art de communiquer est être en lien. Avez-vous l'image de l'enfi rempli d'étudiants devant un enseignant qui délivre son cours ? Oubliez-le. Ici, l'apprentissage par l'erreur commence par le jeu et par la simulation. Je reçois Mohamed Mouhaoui, professeur en anesthésie et réanimation, pour parler de transmission et de compétences humaines. Je reçois à travers lui toute une génération de jeunes médecins marocains. Attention, ici l'enthousiasme est contagieux. Excellente écoute. Bonjour professeur.
- Speaker #1
Bonjour Imane.
- Speaker #0
Professeur Mohamed Mohawi.
- Speaker #1
Merci beaucoup de m'accueillir ici.
- Speaker #0
C'est un plaisir, un plaisir énorme. Merci de prendre le temps de venir jusqu'à Paris pour rencontrer les auditeurs d'Enquête d'accord et me rencontrer, c'est un honneur pour moi. J'ai envie de raconter une histoire et partager cette histoire avec mes auditeurs. Comment un anesthésiste réanimateur urgentiste, on vient à transformer la simulation. en outils de pédagogie et puis en compétition, et finalement en un véritable laboratoire du fonctionnement humain. Votre travail dépasse le geste technique pour toucher à la décision, à la communication, au leadership, à la coordination. Professeur Mohamed Mohawi, médecin anesthésiste, réanimateur, urgentiste, enseignant supérieur à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Et vous exercez au CHU Hypnologe de Casablanca, où vous avez eu la grande gentillesse de m'accueillir il n'y a pas longtemps, cet été. Vous m'avez ouvert les portes du service que vous dirigez, qui est celui du SAMU Urgence et Trauma Center. Il y a une part importante de votre parcours, professeur Mohawi, qui est consacrée à la médecine d'urgence, à la pédagogie médicale et aussi à la simulation en santé. Vous coordonnez quelques DU. Il y a le DU de médecine d'urgence et celui de la simulation en santé et de l'innovation pédagogique. Et vous êtes expert international en simulation en santé et Digital Health Instructor. Vous êtes président de Morococim. Donc, c'est une société marocaine de simulation en santé. C'est LA société. marocaine de simulation en santé, et c'est en ces termes que je vous ai contacté via LinkedIn. Et vous êtes aussi, depuis peut-être moins longtemps, le président de l'Arab Council of Simulation in Healthcare, auteur de plusieurs publications et ouvrages à chaque fois sur la simulation. Ce qui caractérise votre travail professeur et votre parcours, c'est l'utilisation de la simulation, pas seulement comme une façon d'enseigner. les gestes médicaux, mais une façon aussi d'entraîner les compétences humaines nécessaires en situation critique, c'est-à-dire tout ce qui est raisonnement, décision, communication, leadership, coordination d'équipe, gestion du stress, que des mots qui nous intéressent. Et pour parler de vos projets, j'ai envie d'abord de parler de l'homme et de parler principalement de quelque chose qui vous est... particulièrement importante qui est la transmission. Est-ce que vous voulez me parler de la transmission, professeur ?
- Speaker #1
Très bien. Donc, bonjour Imane. Alors déjà, mon tour de te remercier chaleureusement de m'avoir invité ici. Je vais te faire une confidence. Tu m'as encouragé à venir sur Paris. Tu le sais, je viens pour le Congrès européen de médecine d'urgence, l'ESEM. J'avais un petit doute si j'allais le faire à distance ou en présentiel et après... après t'avoir accueilli dans le service des urgences, j'ai vu en toi la personne qui est vraiment humaine. J'ai beaucoup adoré ton discours. Ce qui m'a marqué chez toi, c'est que, voilà, vous savez, le patient est là, mais il y a tout un entourage à côté de lui. Il y a son anxiété, ses attentes, ses doutes, il y a sa famille. Et parfois, nous, on oublie ce chapitre très énorme, très important. de la médecine qui est l'humanisation des soins. Et vraiment, c'est un rire et plaisir que je réponde très chaleureusement ton invitation et sois sûr, Asselin, qu'on va vraiment parler à cœur ouvert. Je vais commencer ton introduction. Merci beaucoup pour ça. Et surtout, tu as fini par cette question sur la transmission. Alors, la transmission, pour élaborer une transmission, il aurait fallu un déclic. Alors, le déclic, c'est très simple. Vous savez, moi, quand j'étais jeune, avant même d'aborder les études médicales, on avait une appréhension du métier des médecins. On disait tous que les médecins sont sans cœur. Les médecins sont... Ce sont des personnes froides. Ils ne pensent qu'à leur médecine, qu'à leur technicité. On intègre les études médicales et je vois tout ce qu'on fait pour les malades, mais ce n'est pas possible. On fait le maximum pour les malades. Et malheureusement, tout ça, ce n'est pas vu de l'extérieur. Ce qui est vu de l'extérieur, encore une fois, ce sont ces médecins techniciens robots. Le grand public, il a une appréhension du métier des médecins. On pense tous, encore une fois, ce ne sont que des médecins. Mais le jour où il y a le concours, par exemple, de l'accès aux facultés de médecine, il y a des rats de marée et des étudiants et des parents et la majorité veulent que l'un de leurs fils ou filles devienne médecin. Donc il y a un problème là. Comment on peut avoir de l'appréhension plus ou moins négative du métier de médecin et en même temps vouloir ses enfants être médecins ? Et je pense que le problème était là. Il y avait un maillon qui manquait. Et ce maillon-là qui manquait, c'est tout ce qui est non technique. On aura beau être de bons médecins techniquement, mais je parle mal aux patients, je n'explique pas bien, je donne peu de temps à sa famille, et ça, ça change. Et c'était ça, le maillon faible de notre métier. Maintenant, ce côté non technique, ok, on a fait le diagnostic. On est bon peut-être en technique, mais on n'est pas trop bon en non technique. On a posé le diagnostic. Maintenant, qu'est-ce qu'il faut ? le remède. Comment enseigner entre autres cet aspect technique à nos futurs médecins ? Et on est tombé sur la réponse il y a quelques années en adoptant ce process pédagogique magique qui était la simulation en santé.
- Speaker #0
Avant de vouloir toucher les patients, vous avez une fibre de connexion déjà transversale et Où ? Tout au début de votre exercice, vous avez tout de suite ressenti le besoin d'enseigner et de transmettre. Ça s'est tout de suite traduit dans votre parcours. Est-ce que vous pouvez me parler de ce côté-là qui est arrivé avant la simulation ?
- Speaker #1
Il est difficile de parler de soi-même, pour ne pas paraître prétentieux, mais le fait de parler en toute franchise. Depuis que j'étais externe, deuxième, troisième année, j'adorais... expliquer les cours à mes collègues, à mes amis. Et j'avais compris que quand j'explique, c'est-à-dire, j'étais en deuxième, troisième année, quand j'expliquais les cours à mes amis, mais qui profitait le plus ? C'est moi-même. Parce que la meilleure façon d'apprendre, c'est d'enseigner aux autres. Et ça, je le dis jusqu'à maintenant à mes étudiants. Je leur dis, écoutez, chers amis, si vous voulez apprendre des choses, faites-les apprendre à d'autres. Vous allez vous-même apprendre.
- Speaker #0
Magnifique ce que vous venez de dire.
- Speaker #1
important, et je le fais jusqu'à maintenant, je le dis même aux jeunes enseignants, plus vous enseignez, plus vous-même vous apprenez. C'est très important. Donc, dans ma tête, il fallait que je fasse l'enseignement. Il n'y avait même pas, je ne vais pas te dire un nom, j'hésitais, non, non, je voulais vraiment être enseignant et professeur de médecine. Et voilà, j'ai suivi un parcours pour ça, j'ai bien bataillé pour ça, mais je pense que j'ai eu, voilà, le métier. ou la carrière que je voulais. Il faut juste savoir que dans la vie, il faut vraiment travailler dur. Je dirais, il n'y a pas beaucoup de chance dans la vie. C'est un plus un est égal à deux. Si vous travaillez dur et vous êtes convaincu par ce que vous voulez faire, vous allez y arriver. Chez nous, au Maroc, la carrière universitaire démarre après la spécialité. C'est-à-dire, vous avez votre diplôme de spécialité et après, vous passez un concours qui s'appelle l'assistanat. Et après quelques années d'assistance, vous êtes agrégé. Et après quelques années d'agrégé, vous êtes professeur d'enseignement. C'est d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui. Alors, moi, je pensais plutôt à un projet qui était déjà innovant dans, je ne sais plus si c'était en 2014, c'était ça.
- Speaker #1
Yves-Marie.
- Speaker #0
Exactement. Et qui existe encore. 14 ans plus tard mais d'où tu as eu ces informations ? parce que je me suis renseignée professeur et puis voilà j'ai envie qu'on parle de ça exactement mais ça c'est l'histoire que j'ai envie de partager est-ce que vous voulez bien nous la partager ?
- Speaker #1
bien sûr c'est mon bébé que je vois grandir Oh là là, quelle question ! Je ne vais pas parler de Pygmalion, je vais essayer de retenir mon émotion. Parce qu'en fait, Pygmalion...
- Speaker #0
Ne la retenez pas, mon professeur, allez-y, on est sur un Québec.
- Speaker #1
Ça me met très cher, je vais te dire. Vous savez, vers les années 2012-2013, nous, on enseignait jusqu'à maintenant l'Université des Réunions de Maroc, souvent en modulaire, c'est des groupes. Moi, en général, ma façon dans l'enseignement, c'est vraiment très interactif. Je suis trop proche des étudiants. Et ça, entre parenthèses, je le dis, ce n'est pas parce que vous êtes trop proche des étudiants qu'ils vont vous manquer de respect. Plus vous êtes proche, plus ils vous respectent. Parce que certains, ils vous disent, non, non, gardons les limites, moi je suis le bon Dieu, le grand Dieu de la médecine. Approchez-vous, ils vous respectent plus. Donc on enseignait, on fait des cas cliniques. Et un de ces jours, une étudiante est venue me voir. Je me rappelle très bien, c'était vers le mois de mars, avril 2014. Monsieur, s'il vous plaît, est-ce que vous pouvez nous faire des cas cliniques sur Facebook ? Je te dis, moi, en 2014, je n'avais ni compte Facebook, ni aucun compte sur le social. Franchement, en 2014, qu'est-ce qu'il me raconte cet étudiant ? C'est de la gaminerie. C'est pour des petits, ça c'est pour des gamins. Impossible que je pense un jour à faire un compte Facebook. Comment ça se fait qu'un prof de médecine fasse un compte Facebook ? Et donc, je crée un compte Facebook. pas avec mon nom.
- Speaker #0
D'où l'histoire de Pygmalion ?
- Speaker #1
Non, je vais y arriver. Je crée un compte. En fait, ma fille aînée s'appelle Lina. Et le compte, je l'ai appelé en arabe Abou Lina, le père de Lina. Comme ça, je me disais même s'ils voient ce compte, ils ne vont pas reconnaître que c'est moi.
- Speaker #0
En camouflage.
- Speaker #1
En camouflage. Donc, je crée mon compte Abou Lina et je crée un premier groupe. sur lequel j'ai mis un premier cas clinique et je ferme mon PC. Pour moi, c'est n'importe quoi. Et le cas clinique, je me rappelle très bien qu'il était la triade létale en cas de traumatologie grave. Je me rappelle très bien ce cas clinique. J'ouvre le PC, je trouve près de 300 commentaires, mais ce n'est pas possible. Et là, je me suis dit, mais peut-être c'est une entrée, une entrée en la matière. J'ai commencé à publier des cas cliniques. Petit à petit, le groupe s'est agrandi. Les gens s'intéressent. Après ça, je commençais à faire des staffs toujours sur Facebook sous forme de campagne chaque semaine. Et sincèrement, c'est-à-dire, en fait, j'ai créé le groupe, mais par la suite, je me suis rendu compte que c'est le groupe qui m'a créé. C'est-à-dire, et qui a fait réussir tout ça, ce sont les étudiants. En tant qu'enseignant, vous aurez beau à imaginer des idées, mais ces étudiants ne sont pas appliqués Merci. s'approprient pas l'idée,
- Speaker #0
ça va pas fonctionner.
- Speaker #1
Et pour l'histoire de Pygmalion, en fait, le groupe s'appelait au départ, formation initiale en urgence pour les étudiants. Et moi, je voyais que mes étudiants, ils étaient vraiment très appliqués, je les encourage, ils deviennent meilleurs. Plus je les encourage, plus ils deviennent meilleurs. Et ça se voyait, ils réussissaient rapidement en internat, ils sont excellents dans leurs cours. Je voyais que c'était vraiment objectivement parlant. Et un de ces jours, j'assiste au congrès de la simulation, c'était à Clermont-Ferrand qui est organisé par Sophracis. Et j'assiste à une conférence qui parlait de l'effet Pygmalion. Je ne sais pas si tu connais l'effet Pygmalion pédagogique.
- Speaker #0
Alors, que veut dire le sens de Pygmalion ? L'effet Pygmalion, oui, j'ai regardé évidemment l'effet Pygmalion. En
- Speaker #1
Pygmalion, tu connais ce qu'il est certainement. C'est ce sculpteur qui détestait toutes les femmes au monde et qui est parti sculpter une femme. Très jolie, il est en bien amoureux de sa statue. Il s'appelle Galatée. Mais comme elle était une statue, il ne pouvait pas se marier à elle. Il est parti insister, insister auprès du dieu de l'amour. Il a mis de l'âme dans la statue. Il est devenu vivant et il s'est marié. Mais les filles pygmalones, c'est quoi ? En fait, quand tu es enseignant, alors entre parenthèses, je peux te, par exemple, prendre une étudiante très moyenne. Mais moi, en tant qu'enseignant, je vais me comporter avec une manne comme si elle était brillante. Je vais faire tout ça. Iman, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va voir mon comportement par rapport à elle. Donc Iman, il va faire quoi ? Il va doubler d'efforts. Et moi, enseignant, quand je vais voir Iman doubler d'efforts, je me dis, ah oui, j'avais raison de croire à Iman. Et ainsi de suite. C'est un cercle vertueux. C'est ce que nous appelons justement effet Pygmalion. Tout ça, je l'ai vu dans cette conférence à Clermont-Ferrand. Et je me suis dit, mais je fais ça sans le savoir.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et du coup, j'ai transformé le groupe Facebook de formation initiale En... pigman c'était en 2018 Et je n'avais plus honte de m'appeler, de cacher mon nom.
- Speaker #0
C'est plus Aboulina.
- Speaker #1
C'est plus Aboulina, malheureusement. Et voilà, c'est devenu mon nom. Après ça, on a créé une plateforme pour les stages virtuels. Et après ça, il va y arriver, peut-être on va en parler tout à l'heure, la compétition de simulation.
- Speaker #0
Oui, alors je me demandais, qu'est-ce qu'on peut apprendre sur Pygmalion ou cette façon de transmettre et cette pédagogie digitale ? qui maintenant fonctionne encore. Oui. Elle est plébiscitée, qui prend vraiment... Elle est toujours sur Facebook ? Oui, oui. C'est via Facebook ou vous avez créé une autre plateforme ? Non,
- Speaker #1
ça s'est transformé. En fait, au départ, on a commencé sur Facebook, sur commentaires. Passé trois ans, vers les 2006-2017, il y avait un de mes étudiants qui a créé un site web dédié pour ça. Oui. Et après, on a créé un site web que pour ça. Les gens se connectaient et on faisait des télé-learnings, mais c'est très interactif. Et qu'est-ce qui va changer vraiment là-dedans, qui va encore faire exploser Pygmalon, entre parenthèses, c'est la COVID. La COVID, elle a fait des désastres, mais moi je dis entre autres. C'est-à-dire, entre parenthèses, merci au COVID, un merci pédagogique. Parce que tout ce qu'on faisait à distance, parce qu'en fait, les gens ne croyaient pas qu'on pouvait enseigner à distance. Mais la COVID l'a prouvé, on était obligés. Et tout ce qui était obligatoire avec la COVID est devenu une opportunité. Donc, après la COVID, il y a des... toute explosion de plateformes, les Teams, les Zoom et tout. Et quand on a, c'est-à-dire quand on a adapté ces plateformes de téléconférence, ça a donné une autre dimension à Pygmalion parce que ça permettait de transmettre les images, de jouer le passant simulé, de partager des moniteurs simulés. Alors là, le rendement pédagogique avec ces outils est incroyable. Et jusqu'à maintenant, je suis incapable d'arrêter Pygmalion parce que sinon, les étudiants vont me tuer.
- Speaker #0
Il y a combien d'étudiants qui sont connectés actuellement ?
- Speaker #1
Alors, sur le groupe maintenant, on est arrivé presque à 30 000 étudiants.
- Speaker #0
Oh, wow.
- Speaker #1
Mais sur chaque stack, alors ceux qui suivent en live, c'est presque 400-500. Mais ceux qui regardent toujours sur YouTube, c'est énorme. Et mes collègues me disent, mais comment tu arrives à être régulier chaque année ? Parce qu'en général, on change peu de choses. Mais je leur dis, mon bonheur, c'est d'être avec les étudiants. Qui a envie que le bonheur cesse ?
- Speaker #0
Personne.
- Speaker #1
Personne.
- Speaker #0
Surtout. Est-ce que vous avez encore des cours magistraux à l'amphi ? Bien sûr. Est-ce que vous pensez que c'est complémentaire et que ça ne transmet pas la même chose ?
- Speaker #1
Très bien. Moi, j'enseigne à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Mais Pigmalion, c'est ouvert pour tous les étudiants. C'est du bénévolat, pur et sain. C'est ouvert pour les étudiants de tout le monde, que ce soit particulièrement francophone, mais ça nous arrive aussi de faire des staffs en anglais. Et moi, je vous dis que tout ce qui est enseignement par simulation, télésimulation, télélanique, il n'y a pas un outil pédagogique meilleur que l'autre. Tout ça, ce sont une chaîne, ils sont complémentaires. À Casablanca, j'enseigne tout ce qui est secourisme et fonction vitale. Et je pense que ça se passe plutôt bien.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que vous pensez sérieusement que ça transformait votre façon d'enseigner ?
- Speaker #1
Comment ? Bien sûr, bien sûr. Alors écoute, quand j'enseigne à l'amphithéâtre, Les étudiants arrivent parce que maintenant, il faut savoir qu'il y a la déserte des amphithéâtres. Les étudiants rentrent de moins en moins à l'amphithéâtre. Pourquoi ? Parce que la formation, elle est disponible. Ça, c'est une remarque globale dans toutes les universités. Dès le début de l'année, l'étudiant a tous les cours. Pourquoi ? Parce que finalement, il va rentrer, il va entendre la même chose. J'ai trois enfants. Lina, elle aussi, elle fait des études médicales, elle est en quatrième année. Le deuxième, Amma, elle est en deuxième année. Et elle rentre à la maison. Alors, vous avez fait quoi au cours ? Parce que je vois leur feedback par rapport au cours. Je me dis, mais papa, mais le prof, il répète tout ce que j'ai sur le drive.
- Speaker #0
Ah oui, c'est ça.
- Speaker #1
En fait, je leur pose des questions, comme ça, j'ai un vécu réel. Moi, je dis ça à mes collègues, ça ne sert à rien, en tant que prof, de venir à l'amphithéâtre et répéter tout ce qui est dans les slides. Ça ne passe pas. Moi, ce que je fais, en général, les étudiants arrivent le premier jour. Je leur dis, alors, écoutez. Vous avez du cours, il est disponible. Les questions de l'examen, ils ne vont pas sortir du cours. Ça veut dire, je ne vais pas dire des choses dans l'amphithéâtre sur lesquelles je vais essayer de vous piéger. Je leur dis, la majorité parmi vous, si ce n'est la totalité, ils vont réussir l'examen. Maintenant, vous voulez rester pour apprendre autre chose. Bienvenue, sinon vous pouvez quitter l'amphithéâtre. Est-ce que personne quitte ?
- Speaker #0
Personne.
- Speaker #1
Parce que pourquoi ? Parce que tu, en fait, tu établis avec eux un contrat moral. Voilà mon engagement. Vous avez votre cours d'emblée, les questions et examens ne sortent pas du cours, mais votre engagement moral à vous, c'est de rester et apprendre des choses. J'ai la fâcheuse habitude dans mes cours de ne mettre aucun diapositif écrit, parce que l'écrit chez eux. Soit je mets des schémas, soit je mets des schémas digitales sur la tablette, soit la majorité c'est des exercices pratiques en plein amphithéâtre. Et je pense que ça se passe plutôt bien.
- Speaker #0
Oui, je n'ai aucun doute pour ça. Et alors, ce changement de paradigme de transmission et de pédagogie, parce qu'on peut l'appeler quand même comme ça, c'était quand même assez... novateur, et ça l'est encore Pygmalion, est arrivé dans votre vie la simulation. C'est quasiment en 2014. Comment est arrivée la simulation dans votre parcours ?
- Speaker #1
J'ai décidé de me faire remonter de l'émotion. Bon, je vais résister. La simulation, c'est très simple. En fait, on dit, nous, on est des homologues, la majorité des personnes croyantes. Il y a des choses qui arrivent et tu sais que c'est le grand Dieu derrière ça. Le destin. Je ne sais pas comment, mais c'est comme ça. En fait, je te disais que j'adorais vraiment transmettre et enseigner. Mais il y avait quelque chose qui manquait, quelque chose innovant qu'il va falloir installer, laquelle je ne sais pas. Alors en 2007-2008, j'étais un jeune assistant. Mon ancien chef, c'est le professeur Lowardy, qui est parti à la retraite après. Il devait présenter une conférence à Granada, c'est une ville espagnole. quelque chose par rapport à l'éducation médicale. Il avait un empêchement, il me dit, est-ce que tu peux partir me remplacer ? Et comment ? Mais bien sûr ! Je n'ai jamais visité Granada, et en plus, présenté dans un congrès un an d'éducation médicale. Donc je pars à Granada en 2007-2008, je fais ma présentation, et c'était dans un centre qui s'appelle le CIMAT. Je fais le tour du centre, et je vois des personnes à travers des vitres opérer. Moi, ça m'intéresse de voir les opérations. J'étais en train de regarder comme ça. J'étais en train de voir, ils opèrent, ils opèrent. C'est passé à la fin. Ils ont enlevé les champs. Et c'était quoi ? Tout ça, c'était simulé. Je te promets que c'était réel. Mais ce n'est pas possible. Mais c'était de la simulation.
- Speaker #0
C'était des mannequins, quoi.
- Speaker #1
Voilà, c'était des mannequins. Une situation purement simulation. Moi, je croyais que c'était réel. Je te parle de ça. 2007-2008. Je te jure, c'est le... goutte de foudre.
- Speaker #0
Absolue. Immédiat. Immédiat.
- Speaker #1
Sans discussion.
- Speaker #0
La révélation.
- Speaker #1
Ah oui, c'est ça. 2009, moi, cette fois-ci, je pars par remplacer le professeur et je lui dis, je veux partir à ce qu'on veut. Une deuxième fois. Je pars là-bas, je passe avec eux quelques jours et on revient, ça c'était en 2009, et en revenant au Maroc, il y avait encore une autre coïncidence, c'est qu'il y avait un projet de coopération franco-marocain sur les SAMU pour installer les CGE. au Maroc. Et parmi les matériels que nous avons eus au SAMU, c'était un maquin de haute fidélité sans ciblé et non commercial, qui respirait, qui toussait, qui avait des constants du vital. Papa, oui, oui, c'est chouette, c'est un joli jouet, on va jouer un peu, j'aime bien qu'on ait un ordinateur, tu vois bien. Et on a commencé à faire quelques séances de simulation déjà en 2009. Mais ce n'était pas professionnel, c'est juste parce que on jouait, entre parenthèses, on jouait. En 2010, encore la coïncidence et le destin des choses, c'est qu'en 2010, le Maroc, il propose le Maroc à travers le ministère de l'Enseignement supérieur. Il débloque un budget énormissime en demandant aux universités de proposer des projets qui vont révolutionner l'enseignement médical. Je dis ça, c'était un 28 décembre, il fallait déposer le projet le 31 décembre.
- Speaker #0
Oh mon Dieu.
- Speaker #1
Le prof se le redit, mon chassé, il me dit, est-ce qu'il y a un projet en tête ? Je lui dis, mais oui, j'ai vu un centre de simulation à Granada. et j'étais sûr qu'il avait l'air de ne pas trop me prendre au sérieux. Oui, s'il propose des projets, on ne perd rien. Et moi, à ce moment-là, j'étais amateur. C'est-à-dire que je ne savais pas trop. Pour moi, dans ma tête, la simulation était égale au matériel. Ce n'est pas de 2009. Donc, je n'avais aucune idée du matériel. Et ce que je fais, je rentre sur un site web, comme je t'avais dit, et je fais... copié-collé au matériel de ce centre de simulation. C'était énorme. Je me dis dans ma tête, même si on me donne ça, on ne va pas me ramener tout ce matériel. Je dépose le projet le 31 décembre. Il y avait 50 projets. Et bon, le projet gagne le premier prix. Sur les 50 projets, il était classé en premier. Et qui dit classé en premier projet, il a été financé de A jusqu'à Z.
- Speaker #0
Oh mon Dieu. Tu as tout eu.
- Speaker #1
J'ai tout eu, des choses inimaginables. Je te parle de 2010, on a eu déjà un macin qui reconnaissait les drogues anesthésiques. Et on existait deux en Afrique. Je ne dis même pas le nombre de matériel que nous avons eu. Peut-être que si je dis ça à quelqu'un, il va me dire, tu as beaucoup de chance là. Non, ce n'était pas une chance. C'est la pire des choses qui m'est arrivée. Pourquoi ? Parce que le matériel est là, mais il n'y a pas qui le forme. Il n'y a pas les ressources humaines. Ça, c'est des erreurs de jeunesse. Parce que c'est la première fois qu'on va commencer la simulation. Je voulais commencer en Maroc en 2010, je croyais que c'était le manque. OK, on a le matériel, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut devenir professionnel. Il faut lire. C'est une discipline à part entière. Ce ne sont pas des maquins. C'est de la pédagogie, de la simulation. Je cherche, je cherche, je cherche. Et je tombe sur un excellent DEU à l'époque, qui est fait à Paris des Quatre, de mon ami François Lecomte, pour qui je serai éternellement à vie reconnaissant. Donc je monte sur Paris l'année 2010-2011. Je fais mon DEU, mon master de simulation. Et là, j'ai compris plein de choses. J'ai compris c'est quoi la vertuosité de la simulation, comment mener une séance de simulation, comment aller les techniques. Franchement, j'ai beaucoup appris. Et mieux encore, en revenant, François Lecomte et Guillaume, des Saracens, encore une fois, ils sont venus gracieusement. Ils nous ont fait une formation de formateur. Encore une fois, mille merci à eux. Et après, on a fait un tout petit pouls de formateurs. C'était le passage de 2011. Voilà, on a le matériel, on a quelques personnes formées. Et qu'est-ce qui allait se passer ? Le doyen va changer et le nouveau doyen, il était anti-simulation. Même un jour, il m'a dit, vous me cassez la tête avec vos poupées. Donc, entre 2012 et 2015, à la faculté, presque aucune activité de simulation. Mais par contre, la petite salle que j'avais dans l'ancien service des urgences, mais on a carburé quand pas possible. Pygmalion arrivait à ce moment-là. Et c'était la pothéose.
- Speaker #0
Et alors, est-ce qu'il y a eu... Pygmalion a participé aussi au développement de la simulation comme pédagogie ?
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Elle faisait partie, au fait, des outils de pédagogie qui étaient utilisés à distance même ?
- Speaker #1
Non. Alors, Pygmalion, ce sont des stages qu'on fait à distance.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce que je fais à mes étudiants ? À la fin de chaque mois de stage, je leur fais un quiz chaque mois. Et je dis, ceux qui ont les meilleures notes dans l'écrit, je les invite à Casablanca pour faire des ateliers présentiels. Et ça me permet aussi de les rencontrer une personne. Parce que tout le temps, je les connais sur l'écran. Mais ces ateliers mensuels en présentiel, je les vois en réel. Mais qu'est-ce qui va se passer en 2014 ? En 2014, il y avait la Coupe du Monde au Brésil. De football.
- Speaker #0
De football, oui. Parce qu'on va parler de beaucoup de coupes.
- Speaker #1
La Coupe du Monde du football. Et ainsi, le Coupe du Monde, le Maroc n'était pas qualifié. On avait une très faible équipe, pas comme maintenant. Et un de mes étudiants, pour te dire toutes les bonnes idées, vient d'où ? Des étudiants. L'idée de Pygmalon, c'est d'un étudiant. L'idée de la Simcap, c'est d'un étudiant. Il vient me dire, monsieur, nous, on participe à le Coupe du Monde, est-ce que vous pouvez nous faire une compétition de simulation ? Why not ? Allez-y, on va le faire. Et on fait ça. Dans ma tête, en fait, je voulais faire des compétitions, c'est-à-dire huitièmes, quarts de finale, demi-finales. C'est-à-dire, deux équipes, ils vont faire le... On va dérouler le même scénario pour deux équipes différentes et on voit qui a fait mieux. Tout en accompagnant ça avec un debriefing à la fin, à la fin de chaque scénario. Il y avait 16 matchs à programmer. Pardon, il y avait 16 équipes à chercher. Donc, je voulais 48 étudiants. 16 fois 3, chaque équipe. Je mets un formulaire de présélection. Combien, à ton avis, s'inscrivent ?
- Speaker #0
Ça a dû dépasser.
- Speaker #1
Voilà, c'est des centaines. C'est pas possible. Mais je dis ça à quelqu'un, il va t'en croire. Mais ce n'est pas possible. C'est inimaginable. C'est ton gourmand des étudiants pour ça. Donc, il aurait fallu faire des présélections sur des quiz à distance. Les 48 qualifiés, ils sont passés par cette compétition qui s'appelle la
- Speaker #0
CIMCAP. C'est la première CIMCAP au Maroc en 2014.
- Speaker #1
T'as-tu mis encore une folie ? bon destin. La finale, il y avait un grand monsieur, un chirurgien canadien qui s'appelle Robert, je ne me rappelle plus. C'était un grand ami à nous. Et il assiste à la finale par hasard. Il était venu en visite. Il me dit Mohamed, l'année prochaine, l'équipe qui va gagner, je les invite au Canada pour un stage. Moi, je me disais qu'il disait ça juste pour être gentil, courtois. Je ne l'ai même pas pris au sérieux. J'espère qu'il ne va pas m'écouter ce podcast. Et en 2015, on refait la SimCap encore une fois. Et je ne sais pas comment il a fait pour, en tant que la SimCap, c'est-à-dire à désigner son vainqueur. À la fin de 2015, il m'envoie un mail. Alors, qui a gagné ?
- Speaker #0
Il est sérieux, le monsieur.
- Speaker #1
Il a suivi l'affaire.
- Speaker #0
Il a suivi et il a invité l'équipe qui a gagné. On était parti pour un stage. Et depuis, la Simcap a pris de grandes emplois qu'on pourra discuter par la suite.
- Speaker #1
Oui. Alors, je me demandais, tu n'as pas eu peur de mettre de la compétition dans l'apprentissage ? Parce que ça, c'est quelque chose qui m'intrigue. Je me dis, dans un jeu déjà critique, on soit ou il y a la pression. Est-ce qu'en rajoutant la compétition dans ce contexte, est-ce que ce n'est pas…
- Speaker #0
Alors ça, ça tout dépendra des formateurs. Si tu es un formateur qui est bien formé déjà en simulation, qui est bienveillant, qui fait bien la jauge entre la compétition et la simulation, et qui vraiment soit proche des étudiants. Parce que les étudiants, ils comprennent que c'est beaucoup plus de l'apprentissage au-delà de la compétition. Regarde, c'est très simple. Je peux venir faire un match de simulation, un scénario. Alors l'équipe A passe, l'équipe B passe. C'est l'équipe. A est meilleur que l'équipe B. Ça, ça va casser bien sûr l'équipe B. Mais regarde-nous ce qu'on fait. L'équipe A passe, l'équipe B passe et on fait un debriefing collectif. Et le debriefing prend plus de temps que le match lui-même. Et les gens comprennent qu'ils sont là beaucoup plus pour apprendre que pour être compétiteurs. Et sois sûr, c'est ça. Tout le monde garde que de très bons souvenirs. Et ces étudiants devenus médecins par suite, ils restent tout le temps connectés jusqu'à maintenant. Ils restent tout le temps copiés. C'est-à-dire que la compétition, ce n'est qu'un outil pour attirer ces étudiants pour cet outil pédagogique qui est la simulation en santé.
- Speaker #1
Pour ceux qui ne sont pas dans le domaine de la santé, est-ce qu'on peut expliquer un petit peu le déroulement d'une compétition de simulation en santé ? Juste brièvement. Est-ce que les équipes passent en même temps ? Est-ce que c'est les mêmes sujets qui sont proposés aux équipes ?
- Speaker #0
En Maroc, on a été les tout premiers, suffit de le dire, à proposer de la réforme de la loi. proposer ce concept de Simcap à la Maroc, qui a été par la suite reproduit. Parce qu'il y a certains pays qui ont commencé à Simcap en 2012, 2013. Mais ils faisaient quoi ? En fait, ils faisaient les deux équipes passer sur le même scénario, mais sur deux mains qu'un parallèle. Donc, ils se voient. Ce n'était pas les mêmes juges. Nous, au Maroc, on a été les premiers à développer ce concept. Ça veut dire quoi ? Un scénario, ce n'est pas un scénario d'embolie pulmonaire, par exemple. Il y a l'équipe A qui... pas son premier, mais l'équipe B ne voit pas l'équipe A. Elle est dans une salle isolée. L'équipe A est finie. Elle repart à la salle d'isolation. On appelle l'équipe B et on refait le même scénario.
- Speaker #1
Le même scénario.
- Speaker #0
Avec la même programmation. Avec des grilles d'évaluation. À la fin, on se reçoit tous ensemble, l'équipe A et B, et on commence à débriefier le cas. Mais sans dire par exemple, ah oui, l'équipe A, tu as oublié l'oxygène. Ah, l'équipe B, tu n'as pas bien... Tu as omis de demander l'angoisse.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on évalue alors ?
- Speaker #0
Non, il y a l'évaluation, mais on ne leur dit pas sur place.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Comment dirais-je ? Ce n'est pas injuste. Toi, tu as fait, tu n'as pas fait. On débriefe ensemble, mais vraiment, on est en âme. Et même notre... Les deux équipes. Les deux équipes à la fois. Et même notre façon de s'asseoir, on mélange les équipes. Ils comprennent qu'on n'est pas là en...
- Speaker #1
Ah oui, ce n'est pas le clan A, le clan B. Ce n'est pas, voilà,
- Speaker #0
on se mélange, on est en cercle, on discute. Encore une fois, la discussion prend plus de temps que le salon lui-même. Et je leur dis à la fin, ce n'est pas parce que l'équipe est passée au prochain, ce qui est le meilleur, c'est parce qu'il y avait des petits détails à faire. De toute façon, on est tous gagnants.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je te promets, après une dizaine d'années au SimCap, il n'y a jamais eu, mais alors là, jamais eu de litige ou quelque chose. Tout le monde est content à 100%.
- Speaker #1
Alors, juste la grille d'évaluation pour qualifier une bonne équipe par rapport à une autre, parce qu'il y a quand même une compétition, c'est le principe d'une cour. Donc, il y a le fait d'arriver au diagnostic, le fait de... c'est chronométré en plus. Donc, il faut le faire dans des délais impartis et plus c'est court, mieux c'est. Est-ce qu'on évalue aussi les compétences de communication, de clarté ? Dans la grille, qu'est-ce qu'il peut y avoir ? Comme tout ce qui n'est pas technique, lesquels sont ?
- Speaker #0
Alors, je t'explique. Alors déjà, c'est vrai que c'est chronométré. Mais par exemple, si je vois qu'une équipe, par exemple, c'est une heure qui va durer 12 minutes. Et je vois une équipe qui est arrivée à la deuxième minute et elle vient de demander l'échographie pour avoir un diagnostic. On ne va pas arrêter le chronométrie. Parce que le but, ce n'est pas d'être vraiment à 12 minutes. Non, non. Il ne faut pas qu'elle reste sur une frustration. Même s'il dépasse le temps. et que je vois qu'ils sont en train d'arriver au diagnostic, je les laisse faire. Parce que le but, c'est quoi ? C'est qu'ils gardent une bonne expérience positive de leur vécu. Et par rapport à la grille, elle est séparée en deux. C'est-à-dire qu'il y a deux grands chapitres. Il y a les compétences techniques et les compétences non techniques. Donc, on voit tout ce qui a été fait. Mais au-delà de ce qui a été fait, est-ce que l'ordre a été, c'est-à-dire logique et raisonnable, parce que même le raisonnement est évalué. Mais il y a aussi la grille du nom technique par rapport au leadership, par rapport à la communication, par rapport au teamwork, par rapport à la communication intra-équipe. Et tout ça, vraiment, il est détaillé. En général, ce sont une vingtaine d'items par grille d'évaluation. Et chaque point, il est noté soit d'un point, si il est fait. Soit d'un demi-point si il a été fait, mais dans le désordre, soit zéro si le point n'a pas été fait. On ne donne jamais le score aux équipes, on leur dit juste que cette équipe-là peut-être qu'elle va continuer l'aventure avec nous sans donner de score.
- Speaker #1
Alors, est-ce que, du coup, moi je comprends que dans cette nouvelle génération de futurs médecins et de médecins actuels, au Maroc en tout cas, et grâce à la Simcap, ils ne pratiquent plus la pédagogie. sans les gestes, sans tout ce qui n'est pas technique. Maintenant, la technique, elle est absolument en apprentissage avec le non-technique. C'est rentrer dans les mœurs.
- Speaker #0
Tout à fait. Je t'avais dit, il y a quelques années, on était trop axés sur la technicité. Enfants de très bons médecins, mais leur cerveau est plein, comme on dit. Mais le reste, est-ce qu'on explique bien aux malades ? Est-ce qu'on parle bien à la famille ? Est-ce qu'on gère bien son équipe ? Est-ce que j'arrive à gérer une situation conflictuelle ? Est-ce que je suis outillé de soft skills ? Ça, c'était le maillon faible. Et je pense que depuis quelques années, la donne a changé. Et grâce, bien sûr, encore une fois à la simulation de santé, ça a permis d'équilibrer les choses. On a parlé beaucoup de compétition, mais la compétition, en fait, c'est la cerise sur le gâteau. Parce qu'avant, il y a tout un process. les facultés, d'une façon générale, ils mettent leur programme pédagogique par simulation, pas pour participer à la SimCAP. En fait, la SimCAP, c'est juste une façon, à la fin, pour faire connecter les personnes. Et en connectant les personnes, ils vont travailler encore plus leur façon, c'est-à-dire l'autre aspect qui est non-tigné. Ce qui est important, ça, j'aimerais bien l'insister, c'est que la SimCAP, au départ, c'était beaucoup plus urgence, réanimation. Mais depuis 2023, on a transformé la chose. au revoir on l'a étalé à toutes les spécialités médicales. Nous sommes vraiment fiers de le dire. Presque au Maroc, c'est le seul pays où il fait une SIMCAP qui est transversale sur toutes les spécialités médicales. En 2023, on a fait 8 disciplines. En 2025, 20 disciplines. Et cette année, incha'Allah, on va faire 22 disciplines. Pas que l'urgence, rien. Tout. La napate, la vieille chimie, l'anatomie, etc. Ça, c'est vraiment honorable.
- Speaker #1
Et même interdisciplinaire ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Même interprofessionnel aussi. Donc, Par exemple, dans certains scénarios par équipe, on fait des scénarios étudiants de médecine et étudiants infirmiers ensemble. Très important aussi qu'ils apprennent à travailler ensemble. L'une des difficultés manques, c'est que ces difficultés commencent à disparaître. Il y a les facultés de médecine à part et les facultés de sciences infirmières à part. Normalement, ils devraient être tous dans les mêmes universités. Là, ça commence à changer. Parce que pourquoi ? Chacun travaille et étudie à part. Le jour J, on leur demande de faire quoi ? De travailler ensemble. Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Ils ne savent pas faire.
- Speaker #0
Chacun a des appréhensions par rapport à l'autre.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Les médecins ont des appréhensions par rapport à l'infirmier. L'infirmier a des appréhensions par rapport à l'infirmier. Alors qu'ils oublient que tous les deux, ce sont des providers, des producteurs de soins. Chacun peut être excellent dans son domaine. Et on est encore plus excellent si on travaille ensemble. Mais pour pouvoir travailler ensemble, il faut qu'on apprenne ensemble.
- Speaker #1
Oh wow, c'est incroyable. Alors, je me disais, depuis que vous êtes… La SINCAP, au fait, a commencé à Casablanca, mais au fait, elle s'est étendue rapidement à tout le Maroc. Maintenant, elle a même dépassé les frontières.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Il y a le monde arabe, mais il y a aussi des alliances européennes.
- Speaker #0
Oui, oui. Alors, la Simcap, elle a commencé à Casablanca au départ 2014-2015. Il va se passer un événement mémorable au Maroc en 2015. C'est la création de la Maroc aussi.
- Speaker #1
Dont vous êtes président.
- Speaker #0
Dont je suis président. Mais alors, je te raconte de très bonnes choses, mais aussi de moins bonnes choses, des erreurs que nous avons faites. On a fait une grande dissimulation de jeunesse, encore une fois. Et quand on a créé la société marocaine en 2015, moi, je pense que c'était précoce. On n'était pas très nombreux. Pire encore, on l'avait appelé Société marocaine de simulation médicale. Déjà, ce terme-là, simulation médicale, ça dérange. Parce que qui entend simulation médicale, croit quoi que la simulation, elle n'est faite qu'au polé ? médecin. Donc, j'avoue, c'est une erreur de jeunesse. Donc, on a créé ça en 2015 et pratiquement, il n'y avait pas beaucoup de production, si ce n'est les SIMCAP annuels. Mais, on va dire, les SIMCAP annuels, c'était beaucoup plus, on va dire, en possé sur le plan personnel. C'était pas vraiment en Europe aussi, mais beaucoup plus personnellement. C'est-à-dire, j'ai invité d'autres personnes à m'aider pour créer cet événement. Mais là, ça va changer. C'est en 2022. Allez, plus de société marocaine de simulation médicale. On oublie tout. On a laissé Maroc aussi, mais on a changé. On a changé de l'intitulé. C'était devenu Société Marocaine de Simulation en Santé.
- Speaker #1
Vous savez,
- Speaker #0
c'est le jour et la nuit. On a impliqué tout le monde et les gens, ils ont pris conscience de ça. C'est-à-dire, la santé, c'est pour tous. On soigne tous. On doit tous apprendre dans le même ensemble. et après le changement de l'intitulé Donc, j'ai eu l'honneur d'être le président. Alors déjà, qu'est-ce qu'on a essayé de faire ? De renforcer les ressources humaines. On a mis en place au Maroc le diplôme universitaire de simulation en santé. Chaque année, c'est prise de 50 lauréats, 50 diplômés universitairement de pédagogie en simulation. Là, au Maroc, après quelques années de ce DU, on est arrivé à presque 500 formés en simulation. Et ce qui est important, il n'y a pas que des pro-démissions. des profs en infirmerie, des sages-femmes, des techniciens, ambulanciers, des biopsies, partout, partout. Donc on a créé ça. On a mis en place le tout premier congrès HTIC, c'était en 2022, et pour moi, ça c'est l'un de mes plus beaux souvenirs, c'est ce premier congrès HTIC, Health Care Training International Conference, parce que c'est la première fois où on fait un congrès où les éducateurs et les étudiants sont ensemble dans le même congrès. Ça c'était inimaginable. Je ne pense pas qu'il y ait un congrès où ils mettent les étudiants et éducateurs en même temps. Ça, on l'a fait en parallèle, avec tout le respect qu'il se peut. Là, l'année prochaine, ce sera la sixième édition à Lyon, à l'HTC. Et force de constater, c'est que Morocco aussi grandit, Il a fallu quand même se positionner à l'échelle mondiale. Donc, j'ai eu la très grandissime, ça c'est un rêve qui m'a été exaucé. Mais alors là, très grandissime chance. de rencontrer le professeur David Gabin. Le professeur David Gabin, tout simplement, c'est le pape de l'assimilation au monde. Il est très connu. Vous savez, mon rêve, c'était juste de le voir en live sur Zoom. Ce n'est même pas le rencontrer. J'envoie un premier mail, un deuxième mail, un troisième mail, elle ne répond pas. J'écris un livre de scénarios, avec plus de 144 scénarios. c'est quatre volumes, je lui envoie un mail pour qu'il m'écrive la préface. Elle ne répond toujours pas. Ok, on comprend peut-être qu'il ne répond pas au mail. Je rencontre une personne qui connaît, quelqu'un qui connaît Gabin. Je lui dis, écoute, mon rêve, c'est juste de le voir, ce n'est même pas de le rencontrer.
- Speaker #1
Il me dit, oui, oui,
- Speaker #0
ce n'était pas le bon mail. Ah bon, ok.
- Speaker #1
Ah mince.
- Speaker #0
Et ok, donne-moi le vrai mail. J'envoie un mail, il me répond. Je me présente. je voudrais s'il vous plaît juste un zoom avec vous est-ce que ça serait possible que vous nous présentiez une conférence à distance pour le congrès HTC il était très important et je me rappelle même mon premier zoom avec lui je tremblais l'émotion je tremblais mais c'est pas possible avec tout mon bagage j'étais en train de trembler c'est monsieur Simulas et je prends mon courage entre mes mains je lui dis est-ce que je peux venir chez vous pendant l'ESML juste pour voir comment vous faites il dit ben bien sûr Merci. On organise tout ça, tu vois bien. Et je fais un long voyage à Casablanca, Paris, Paris-Boston, Boston-San Francisco, le taxi-bus de Palo Alto, l'université Stanford. Et j'ai rencontré la personne et c'était un des plus beaux jours de ma vie professionnelle. Je l'ai accompagnée durant la semaine, mais elle était d'une générosité incroyable. C'est énorme. Et quand j'ai fini avec euh Quand j'ai fini ma visite à Stanford, à l'université de Stanford, je lui ai demandé une chose. Est-ce que c'est possible qu'il me connecte avec SSH ? Parce que lui, c'est le vice-président de SSH. C'est la société américaine. Il m'a dit, bien sûr. Il a vu que j'étais vraiment sérieux. On fait un premier métier avec SSH. On signe l'affiliation. Donc, je repars l'un d'eux. Et depuis, les choses sont vraiment devenues très... Parce que quand tu es affilié avec SSH, tout le monde suit. Après, on a eu des affiliations avec tout le monde.
- Speaker #1
Alors, le monde arabe ?
- Speaker #0
Alors le monde à rêve, ça arrive, mais déjà en international, l'Europe, la France, Portugal...
- Speaker #1
Le Portugal, l'Espagne ?
- Speaker #0
Tout, vraiment. Plus le Japon, l'Arabie Saoudite, tout. Alors, le monde arabe, qu'est-ce qui va se passer pour le monde arabe ? Le monde arabe, il n'y a pas beaucoup de sociétés nationales de simulation. Il y a le Maroc, la Tunisie et l'Arabie Saoudite. Moi, je voyais qu'il y a beaucoup de très bons experts arabes, mais on est un peu éparpillés. Et là, je dis, c'est le congrès dernier. Encore une fois, allez, on va créer cette journée arabe et on va inviter les Arabes et on va créer le boat. Donc, on a fait la journée arabe. On a commencé à distance. On s'est réunis à Rabat, dernièrement. On a fait tout un process. Et j'ai vu un engouement du monde arabe énorme. Mais énorme. Voilà, il y a deux mois, on crée, on fait des élections et tout. Moi, je voulais juste pousser parce qu'un certain moment, j'avais envie de voir mes enfants. Parce que mes enfants, ils ont grandi. Je ne les ai pas vus grandir. J'avais envie de passer du bon temps avec eux. Oui. Et... mince des choses, c'est qu'on m'impose d'être le président. C'est à l'unanimité. Non, non, mais je ne veux pas. C'est vous qui allez pousser le projet. Oui, mais j'ai des choses. On m'a presque obligé de le faire. C'est-à-dire en signe de considération. Mais je me suis dit, OK, c'est le grand Dieu qui m'a imposé de faire ça. On va le faire. Donc, ça fait deux mois qu'on commence le Borda. Je pense qu'il y a de très, très belles opportunités derrière.
- Speaker #1
Oui. C'est-à-dire que j'ai l'impression qu'on est dans un nouveau paradigme de la médecine, qui a un engouement qui est quand même énorme de cette nouvelle génération, à une forme d'apprentissage qui n'a plus rien à voir avec le passé. L'apprentissage se fait de façon transversale. Les professions ont besoin de se mélanger pour travailler ensemble. Et la simulation s'impose comme une façon d'apprendre le métier, que ce soit sur le côté technique ou le côté non technique, et puis ce côté non technique devient complètement indéniable, c'est-à-dire cette espèce de transmission qui était du haut vers le bas, les étudiants qui étaient complètement passifs en train d'attendre qu'on leur transmette le savoir, c'est plus du tout ça. Votre histoire dit que tout ce qui s'est passé, c'est aussi grâce à l'engouement de ces étudiants, leur énergie qui est incroyable, qui vous apporte... porté et qui vous a donné à croire à porter ces projets qui sont complètement innovants.
- Speaker #0
Porteurs innovants. Et en fait, tu es revenu plusieurs fois sur le paragraphe, je suis complètement d'accord avec toi. En fait, le paragraphe, c'est quoi ? Il y a l'enseignement classique, où c'est le professeur qui est dans les cours, c'est monocens, et il y a aussi l'apprentissage. On dit toujours, c'est-à-dire, on va mettre en paradigme, enseignement versus apprentissage. Dans l'enseignement, c'est-à-dire le professeur, il donne aussi du monosomal. C'est comme si un professeur est en train de pédaler un seul vélo, mais il y a plusieurs pédales. Et les étudiants sont obligés de pédaler au même rythme. C'est le professeur qui impose le rythme. Parfois, il y a des étudiants qui n'arrivent pas à suivre le rythme. Par contre, dans l'apprentissage, ce qui est important, chaque étudiant a son propre vélo. et le professeur, il va aider chaque étudiant à prendre son propre vélo, c'est-à-dire à répondre à ses besoins pédagogiques. Dis-moi, est-ce qu'il y a encore des étudiants maintenant qui sont capables de suivre un cours pendant 20 minutes sans regarder son téléphone ?
- Speaker #1
Ça n'existe pas.
- Speaker #0
Ils sont très connectés, ils sont très digitales. Il ne faut pas leur reprocher ça, c'est leur mot. Parce que moi, ce que je dis dans l'école professeur, c'est que tout le temps, ils se plaignent. Ah, les étudiants ne sont pas concentrés. Ah, ils sont tout le temps sur leur téléphone. Nous, quand on est à leur âge, c'est leur génération. Eux aussi, ils vont peut-être dire d'autres choses sur les générations. C'est leur génération. C'est à nous de s'adapter à eux. Ils utilisent leur smartphone, c'est très bien. Je vais leur proposer des quiz. Ils vont utiliser leur smartphone pour répondre aux quiz. Par exemple, dans le cours, j'arrive à un certain moment, je dis, allez, prenez vos smartphones, scannez le QR, on va faire un cas clinique. Donc, ils utilisent leur smartphone, mais pour apprendre. Donc c'est sans stigmatiser les nouvelles générations. Les nouvelles générations sont très connectées, sont très digitales, ils ont un énorme apprentissage. Il faut juste s'adapter à leur façon de faire. Il faut juste appliquer ce que nous appelons les mécanismes de la pédagogie active, pas de la pédagogie classique. La pédagogie classique est centrée sur le professeur, par contre la pédagogie active est centrée sur l'apprenant.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez l'impression que cette génération de médecins a changé son rapport par rapport à l'erreur et à l'échec et par rapport au non-savoir ? C'est-à-dire, est-ce que c'est des générations qui sont plus capables actuellement de dire on ne sait pas ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ou on a échoué, on ne sait pas faire, on a fait une erreur ?
- Speaker #0
Affirmatif, affirmative. Avant, quand on faisait une petite connerie durant la garde, on essayait de la maquiller, on essayait même de la cacher, même de falsifier le document parce qu'on a peur de quoi ? On a peur le lendemain du lynchage, du savonnage, du prof et tout. Mais quand on fait ce domaine de la pédagogie active, de l'assimilation, de débriefing, on apprend à tolérer l'erreur. On apprend à comprendre que l'erreur, c'est une occasion énorme d'apprendre. Il ne faut pas juste qu'il soit... c'est-à-dire que toute erreur est... pardonner et c'est une occasion d'apprentissage. Il faut juste qu'ils ne soient pas en rapport avec tout ce qui est éthique et moralité. Et toutes les erreurs sont là. Ce que je dis moi à mes étudiants dans le service, écoutez, vous êtes là pour faire des erreurs. Bien sûr, ne les cherchez pas, mais vous allez faire des erreurs. Je les rassure. Je leur dis engagement moral. S'il vous plaît, ne cachez aucune erreur. Parce qu'à travers vos erreurs, on va apprendre. Je te promets, ça fait quelques années, les étudiants, ils n'ont plus honte de dire, monsieur, j'ai oublié de faire ça. Monsieur, j'ai raté ça. Monsieur, j'ai créé ça. Et vraiment, ça a complètement changé. Je ne dis pas ça du 100%, mais je pense que ces étudiants-là, ce sont les futurs professeurs. Ces futurs professeurs, ils vont voir qu'on ne les reproche pas tout le temps de faire des erreurs. Au contraire, il faut tolérer les erreurs.
- Speaker #1
Ok. On est d'accord que la simulation, c'est quand même la meilleure façon de produire des erreurs sur des non-patients.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
C'est la façon d'apprendre à... par l'erreur sans que ça porte préjudice.
- Speaker #0
Tout à fait. Et il faut savoir que cette erreur-là, quand on va la voir, ça va vous créer une émotion dans votre tête que vous n'allez jamais oublier. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est M. Damassé qui l'avait dit. L'émotion, quelle qu'elle soit, qu'elle soit positive ou négative, elle a des effets positifs sur la mémoire. L'erreur, elle te crée vraiment une émotion forte et va te pousser à ne plus la refaire.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis la faire collectivement et puis débriefer par la suite.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Alors le temps passe si vite, professeur Mohawi. Je ne peux pas ne pas parler du futur parce que le Maroc et puis vous et vos étudiants, ce qui est magnifique, c'est quand le futur paraît tellement radieux à vos côtés parce qu'il y a une énergie qui est complètement positive, une dynamique joyeuse. Oui. Je le sens à chaque fois que je vous parle et à chaque fois que je rentre au Maroc et ça fait chaud au cœur. J'ai envie de parler de l'intelligence artificielle dans le domaine de la simulation parce qu'elle arrive en galopant. Qu'est-ce qu'elle va changer l'intelligence artificielle ? Je ne sais pas, je pense par exemple, est-ce que l'immersion va être encore plus vraie dans la simulation ? Qu'est-ce qu'elle va apporter ?
- Speaker #0
Déjà, l'IA, l'intelligence artificielle, quand ce soit clair, elle est là. pour nous aider. Au départ, il y avait beaucoup de résistance de la part des éducateurs médicaux. Ah, l'IA... Non, non, non. L'éducateur médical avec l'IA serait meilleur. L'IA va nous intéresser sur plusieurs domaines. Si je ne parle que de la simulation, il va t'aider soit à rédiger des scénarios de HKZ sur lesquels on doit avoir l'oeil, soit à les adapter en fonction d'un public cible différent, soit de les réactualiser. L'IA aussi... peut t'aider à créer des débriefings autant que de débriefings. Il y a aussi maintenant des systèmes d'IA qui sont branchés sur la caméra du roulement des scénarios et si on apprend cette IA, elle est capable de nous dire voilà ce qu'il fallait faire, voilà ce qu'il ne fallait pas faire. Donc il y a déjà sur le scénario lui-même, elle est énorme. Mais il ne faut pas oublier aussi que maintenant certains, si on parle de mannequins, il y a des mannequins qui sont outillés d'IA et on appelle ces mannequins responsifs. Parce que maintenant, qui parle à la place du mannequin, c'est le format. Là, c'est des mannequins qui vont vous répondre à vos propres questions. L'IA aussi, on peut l'utiliser comme génération. Surtout l'IA génératif, on peut créer des passions numériques. Je peux parler à... C'est-à-dire, là maintenant, dans mon service, la session d'annonce de mauvaise nouvelle, ils la font avec le chat GPT. Parce qu'on a créé beaucoup de passions numériques et ils parlent à la passion numérique comme si c'était vrai. Et le futur qui arrive maintenant, c'est tout ce qui est Les jumeaux numériques et les métaverses, ça veut dire, par exemple, le docteur Imane n'est pas disponible, le professeur Imane n'est pas disponible aujourd'hui, mais je peux créer le jumeau numérique à professeur Imane. Les étudiants vont avoir l'impression que c'est le professeur Imane en vrai qui est en train de les enseigner. Et le métaverse, c'est très important. On peut connecter tous les étudiants du monde entier en train de gérer le même patient dans un monde numérique qui est virtuel. Non, je suis complètement convaincue que l'IA, c'est un outil aidant et de plus qui va nous faciliter et performer dans notre mission d'éducation médicale.
- Speaker #1
D'accord. Ça commence déjà au Maroc en tout cas.
- Speaker #0
Oui, déjà. Bien sûr. En fait, ça a commencé timidement il y a trois ou quatre ans. Maintenant, c'est devenu de la règle.
- Speaker #1
Et je me demandais si, à l'ère de l'IA, les compétences non techniques allaient prendre davantage de place et d'importance selon vous ou le contraire ?
- Speaker #0
En fait, il faut contextualiser. Tout dépendra de la situation. Mais il y a encore une fois, je peux ne pas être très bon techniquement parce que je peux demander à l'IA de me donner une idée diagnostique. utiliser une plateforme, un software pour avoir un diagnostic rapide. Mais l'IA, est-ce qu'il va communiquer à ta place au malade ? Je ne pense pas. Mais par contre, il peut te donner les outils, les bons outils pour travailler ta communication au malade. Est-ce que l'IA va remplacer le discours de débriefing d'une situation critique, par exemple, suite à un conflit entre équipes ? Je ne pense pas. Mais par contre, l'IA, il peut te donner une... une opportunité d'apprentissage à comment gérer ces conflits. Ensemble, l'IA n'est pas là pour remplacer ça. On est bien sûr d'accord sur ce qui concerne. L'IA ne remplacera jamais l'être humain, mais c'est une aide énormissime, c'est-à-dire inestimable pour l'éducateur ensemble.
- Speaker #1
Très bien. Quelle génération ? Est-ce qu'on sera là pour voir tout ça ?
- Speaker #0
Pour nos enfants. nos enfants, ils vont là.
- Speaker #1
Il paraît que ça va tellement vite. Il paraît que c'est... L'échelle, c'est 5 ans. En moins de 5 ans, on sera déjà dans un autre monde.
- Speaker #0
Je te dis un exemple très simple, peut-être qu'il va faire une petite anecdote. En fait, je fais beaucoup d'ateliers, des séminaires et tout. J'ai l'habitude à la fin de faire des quiz interactifs assez fins. Mais en fait, le quiz, c'est pour voir si les messages clés sont passés. Quand je fais ces ateliers à des sujets plutôt matures, Merci. des médecins confirmés et tout. Parfois, j'ai un groupe de 5 en 60 où je reste 30 minutes à lui expliquer comment se connecter et tout. Je fais le même exercice dans l'amphithéâtre avec 500 personnes en 10 secondes. Tout le monde est connecté, zéro problème. Et je leur dis, mais si j'avais mes étudiants jeunes, ils seraient connectés en moins de 10 secondes et vous restez pendant 15-20 minutes. Donc, juste pour vous dire que vraiment, cette nouvelle génération, elle est très adepte au numérique, au digital. Il va falloir faire avec, ne pas être contre. Il ne faut pas leur reprocher ça. C'est leur droit d'être très connectés. On va s'adapter.
- Speaker #1
Ok, professeur. Maintenant, pour le mot de la fin, j'ai envie qu'on s'adresse à la génération actuelle, la jeune génération, peut-être à tes filles, si tu veux. Et qu'est-ce que tu choisirais comme phrase ou comme mot à transmettre à tes filles qui sont futures médecins au Maroc ? et aussi le reste des futurs médecins à venir dans le monde entier.
- Speaker #0
Très bien. Alors, j'ai ma fille et deux fils. Donc, ma fille et deux fils de milieu sont tous les deux en usine médicale. Donc,
- Speaker #1
à tes enfants.
- Speaker #0
Mais au-delà de mes enfants, moi, ce que je dis, en fait, je te jure, je considère tous les usines médicales, ce sont mes propres enfants. Moi, je leur dis un truc très simple. Qu'emportez-vous ? Vous, malins, comme si c'était votre papa ou votre maman. Si vous faites ça, dans votre vie, vous allez aller très loin. Je vous dis un exemple. Un étudiant me dit, durant la garde, alors, est-ce qu'on a fait la gazométrie à cette dame ? Ah, monsieur, il y avait un problème de cassette. Et ? Et on n'a pas pu faire la gazométrie. Ok. Si cette patiente était ta maman, tu aurais dû faire quoi ? Ah oui, si c'était maman, j'aurais peut-être demandé à l'infirmière-chef, j'aurais peut-être cherché le cible de réanimation à côté. Ah oui ? Mais pourquoi je ne l'ai pas fait ? J'aurais pu le faire pour ça. Ah oui, mais si vous avez raison, j'aurais dû me comporter comme c'était moi. Moi, ce que je dis, c'est mon message de tous les jours à mes étudiants. Comportez-vous vos patients comme si c'était vos propres parents. Et c'est très simple comme réponse. Vous allez être trop, trop loin. Ce qu'on veut qu'on nous fasse, faites-le pour les patients. Et soyez humains et humbles. Et apprenez toute votre vie parce que les domaines de la santé changent en perpétuel. Et voilà mon mot de la fin.
- Speaker #1
Merci infiniment, professeur. Merci pour votre sagesse, votre joie communicative, votre transmission. Je suis sûre que les étudiants de médecine, ainsi que ceux qui ne font absolument pas médecine et qui ne sont pas du domaine de la santé, auront beaucoup appris et inspiré. Vous avez sûrement inspiré plus qu'une génération d'étudiants. Merci de votre présence à Enquête d'accord.
- Speaker #0
C'est moi qui te remercie, Imen. C'était vraiment très agréable cette entrevue. Et je vais l'avouer pour les personnes qui vont nous regarder, tu m'avais proposé de me donner les questions avant. Tu avais dit, je ne veux pas de questions, je veux que ce soit naturel. Pour juste savoir que les gens qui nous regardent, c'était du one-shot, c'était vraiment naturel. On a essayé de transmettre, on a essayé de leur parler à cœur ouvert.
- Speaker #1
C'est le principe d'enquête, d'accord. Merci pour cette ouverture. C'est moi,
- Speaker #0
merci beaucoup.
- Speaker #1
Mes chers amis, retrouvez-moi sur Youtube et sur Instagram pour vos questions et pour vos propositions. Vos réactions et vos retours font vivre le podcast. Merci infiniment et à très vite !