Speaker #0Bienvenue sur En route Simone, le podcast qui accompagne les femmes actives à trouver le chemin professionnel dans lequel elles peuvent se sentir épanouies. Ma partenaire Nora et moi-même Sabrina sommes fondatrices de En route Simone, spécialisées dans les bilans de compétences. Chaque semaine, on vous partage des histoires inspirantes, des outils pratiques et des clés pour relever vos défis et créer la vie qui vous ressemble. Salut les simones, et si on parlait aujourd'hui du mythe du métier idéal ? Et si finalement la question quel métier est fait pour moi était justement la question qui t'empêche de trouver la bonne réponse ? Parce que quand on est perdu professionnellement, quand on sent qu'on n'est plus vraiment à sa place, notre premier réflexe, c'est souvent de partir à la recherche du fameux métier idéal. On va faire des tests métiers sur internet, on va regarder les listes de reconversion possibles, on va chercher les métiers qui recrutent, on va regarder le marché de l'emploi, etc. Et on va aussi demander à notre entourage. Tu sais, la fameuse question, tu me verrais faire quoi toi ? Et d'ailleurs, rassure-toi, je pense qu'on passe toutes quasiment par cette phase-là, par cette case et par ces étapes. Mais le problème, c'est que parfois, ça nous perd encore plus. Je ne dirais même pas parfois, mais finalement, pour tout le monde en général, cette question, ces recherches, elles finissent par nous embrumer le cerveau davantage. Parce qu'il y a toujours une personne qui va te dire « Mais toi, tu es super organisée, tu devrais faire de la gestion de projet. » Il y en a une autre qui va dire « Tu es tellement à l'écoute, tu devrais travailler dans l'accompagnement. » Puis il y en a encore une autre qui va te dire, franchement, change pas, t'as déjà une bonne situation, tu sais, moi à ta place, je ne changerai pas. Pars en vacances pour faire une petite pause et puis ça ira mieux. Je pense que ces phrases-là, vous savez très bien que c'est un petit peu ce à quoi vous pouvez vous attendre si vous demandez aux autres. Et donc vous finissez par avoir encore plus d'idées, mais pas forcément plus de clarté. Et c'est quelque chose que je retrouve très souvent dans mes accompagnements. Quand il y a des personnes qui viennent me voir pour faire un bilan de compétences, même si intellectuellement... elles savent que ce n'est pas l'objectif. Je sens qu'au fond, il y a parfois ce petit espoir secret qu'à la fin d'un test ou à la fin d'une séance, je puisse leur dire, voilà, j'ai trouvé, vous êtes fait pour tatata, ce métier, métier magique. Et voilà, vous avez votre réponse. Ça serait tellement confortable, je vous l'accorde, mais ça ne fonctionne malheureusement pas comme ça. Et quand j'échange avec elles plusieurs mois après, et ça m'est encore arrivé récemment, c'est vraiment exactement ce qu'elles me disent, c'est-à-dire que c'est tout l'inverse qui a eu beaucoup plus de valeur. Ce qui leur a apporté de la valeur, c'est pas d'avoir trouvé une réponse toute faite, même si elles ont trouvé leur réponse grâce au cheminement, mais c'est surtout d'avoir appris à mieux comprendre comment elles fonctionnent, qu'est-ce qui est important pour elles, et ce dont elles ont besoin pour faire des choix professionnels qui vont être beaucoup plus cohérents dans la durée. Parce qu'un métier, ça n'a pas de sens. en lui-même. Ça, c'est un message que j'aimerais que vous puissiez comprendre. Un métier n'a pas de sens en lui-même. Le sens, il va naître de la rencontre entre une personne et ses valeurs, ses besoins, ses compétences et l'environnement dans lequel elle évolue. C'est aussi ce qu'on retrouve beaucoup en psychologie du travail. Deux personnes, elles peuvent vivre exactement le même poste, dans la même entreprise et pourtant, elles vont avoir deux expériences complètement différentes. Parce qu'on ne va pas réagir seulement à une fiche de poste. On réagit à un système au global, c'est-à-dire qu'on va réagir à une culture d'entreprise, à une manière de manager aussi, on va aussi répondre à un niveau d'autonomie, on n'a pas tous le même niveau ni le même besoin d'autonomie, à un rythme, à de la reconnaissance et à une cohérence ou non avec ce qui compte profondément pour nous. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui je voudrais vous partager trois filtres que j'utilise pour réfléchir et faire réfléchir à un projet professionnel autrement. première chose qu'on entend souvent, c'est « Trouve ta passion et t'auras plus jamais l'impression de travailler. » Cette phrase-là, on l'a tous entendue. Moi, j'ai envie de te dire, arrête de chercher ta passion et cherche plutôt ton équilibre. Déjà, si tu t'es jamais réveillé un lundi matin avec une passion professionnelle qui tombe du ciel avec une petite musique de révélation, je te rassure, t'es pas la seule. Cette idée qu'il existe quelque part le métier passion qui est fait pour nous, elle est très séduisante parce qu'on a l'impression que tout le monde peut trouver le métier passion. Mais en fait, c'est aussi parfois très culpabilisant, cette idée-là. Parce qu'on finit par croire que si on n'a pas trouvé cette évidence, c'est qu'on n'a juste pas assez cherché. Alors qu'en fait, c'est beaucoup plus nuancé que ça. Déjà, il y a certaines passions, et ça, c'est important de commencer par ça. Certaines passions n'ont pas vocation à devenir un métier. J'ai accompagné, par exemple, j'ai un exemple en tête là qui me vient, c'est j'ai accompagné une femme qui est... adorait cuisiner, mais quand je dis qu'elle aimait cuisiner c'était pas juste faire des gâteaux de temps en temps c'est elle adorait vraiment recevoir préparer des grandes tablées, créer des beaux plats, des beaux desserts. Vraiment, c'était très recherché à chaque fois, c'était très festif. Il y avait vraiment un attachement au prendre soin des autres à travers ce qu'elle préparait qui était extrêmement important pour elle. Et ça prenait du coup beaucoup de place même dans sa vie parce que c'était vraiment quelque chose qui la passionnait. Donc naturellement, on aurait pu se dire, si elle aime cuisiner, pourquoi pas travailler dans la cuisine ? Sauf qu'en fait, on est allé regarder derrière l'idée parce que derrière un métier, il n'y a pas juste l'activité qu'on aime. c'est aussi une réalité opérationnelle qui vient avec. Et la restauration, ça veut dire des horaires décalés, ça veut dire beaucoup de pression, il faut être honnête sur ce métier qui est très beau, mais qui est un métier de pression. Il y a un rythme physique qui est très intense, et puis c'est aussi travailler accessoirement quand les autres sont en repos. Et dans sa réalité à elle, qui est maman de deux enfants adolescents, avec un besoin d'être présente dans cette période de vie pour eux, ce cadre-là, en fait, il n'était pas du tout cohérent. Pas parce que l'idée en elle-même était mauvaise, mais parce que ça ne correspondait pas à son équilibre actuel. Et c'est pareil avec une autre passion qu'elle avait, qui était de fabriquer des savants. Elle était passionnée par le sujet, extrêmement douée. Elle avait vraiment poussé beaucoup la recherche. Elle m'en avait même offert à la fin de l'accompagnement, qui sont géniaux. Donc vraiment, il y a eu une vraie compétence, mais on a poussé là aussi la réflexion. Et donc concrètement, si demain, ça devient réellement pour toi une activité professionnelle, ça donne quoi ? C'est-à-dire quel modèle économique ? Quel volume de vente il faut pour que tu puisses en vivre ? Quel rythme de production ? Quelle pression financière ? Quand on se pose ces questions-là, on voit bien que dans notre entonnoir de réflexion, on voit bien qu'il y a quelque chose qui ne s'alignait plus avec elle. Et ça, c'est important de le comprendre. Parfois, une passion, c'est précieux justement parce que ça reste une passion pour vous. La transformer en obligation économique, ça peut changer complètement le rapport que vous avez à votre passion. Ce qui, à la base, pour vous, est un espace peut-être justement de liberté, de créativité, de plaisir, ça peut devenir une contrainte, ça peut devenir une pression, et une obligation de produire plus vite ou différemment. Et donc, petit à petit, vous pouvez en fait perdre l'essence même de ce que vous aimiez au départ. Donc la vraie question, c'est pas uniquement qu'est-ce que j'aime faire, mais plutôt dans quel quotidien professionnel je peux durablement m'épanouir. Parce que trouver sa voie, c'est pas forcément... transformer sa passion en métier. C'est construire un équilibre entre ce qu'on aime, ce qu'on sait faire, ce dont on a besoin et la réalité du quotidien qu'on veut vivre. Et justement, ça nous amène au deuxième piège dans lequel on tombe très souvent quand on cherche sa voie, c'est croire que parce qu'on est doué dans quelque chose, c'est forcément ce qu'on doit continuer à faire. Là, j'en viens à un deuxième point, c'est pourquoi tes compétences, elles peuvent te piéger. C'est... Quelque chose qu'on croit parce que quand on est doué dans quelque chose, on pense qu'on doit continuer à le faire. Et cette phrase, elle est vraiment importante. C'est pas parce que tu es compétente dans un domaine que tu es forcément alignée avec ce domaine. Parce qu'en fait, pour beaucoup de personnes, et je le rencontre énormément chez les femmes que j'accompagne, quand ils arrivent, ils arrivent avec cette sensation particulière, c'est-à-dire objectivement tout va bien, c'est-à-dire je coche. les cases, j'ai un travail où j'ai de la reconnaissance professionnelle, on me fait confiance, je suis performante dans ce que je fais, mais moi, à l'intérieur, je ne vais pas bien. Et c'est ça qui, parfois, est assez difficile à comprendre. Parce que les personnes qui viennent faire un bilan de compétences, elles ne sont pas forcément toujours en burn-out, ce n'est pas toujours des personnes qui sont en échec professionnel, ou ce n'est pas des personnes qui n'arrivent plus à exercer leur métier. Ce n'est pas ces gens-là que je rencontre systématiquement. Au contraire, j'accompagne très régulièrement. des femmes qui font très bien leur métier. En fait, elles donnent satisfaction à la hiérarchie, à leur hiérarchie. Elles sont souvent d'ailleurs très appréciées de leurs collègues. Parfois même, elles managent des équipes et ça se passe très bien. Elles portent très souvent beaucoup de responsabilités. Là-dessus, il n'y a pas de souci. Donc, vu de l'extérieur, tout fonctionne. Mais intérieurement, quelque chose ne résonne plus. Et c'est là qu'on vient confondre deux choses. Je suis compétente et je suis à ma place. et c'est pas la même chose. On oublie aussi une chose qui est importante, c'est qu'on n'est pas simplement bon dans quelque chose, on le devient. Alors oui, au départ, c'est vrai qu'on peut avoir certaines facilités, peut-être certaines appétences pour certaines matières. On peut avoir par exemple de la facilité avec les chiffres, avec l'organisation, le relationnel, l'analyse. Et donc naturellement, ça peut orienter au départ des choix d'études, puis après forcément un premier métier. Donc je sais pas, on peut devenir par exemple... Si je reste sur cet exemple-là, on peut devenir comptable, on peut devenir ingénieur, on peut devenir commercial, responsable de projet. Et année après année, on développe une vraie expertise, on maîtrise son sujet. Et on devient parfois même la personne vers qui tout le monde va se tourner quand il y a un problème dans ce domaine. Mais la vraie question, c'est est-ce que cette compétence, elle vient aussi nourrir quelque chose chez moi ? Et chez beaucoup de femmes, il y a aussi quelque chose que j'observe beaucoup, c'est l'habitude d'être dans l'adaptation, voire même souvent dans la suradaptation. Comme on apprend très tôt à faire bien, à anticiper, à répondre aux attentes, ça, dans le monde professionnel, en fait, ça donne des profils qui sont souvent extrêmement fiables. extrêmement rigoureux et extrêmement investi. Mais parfois, à force de développer la partie qui est utile aux autres, on oublie de se demander est-ce que cette partie-là est celle qui me fait réellement vibrer ? Parce qu'on peut avoir énormément développé une compétence parce qu'elle était aussi valorisée. Et quelque part, on aime tous la reconnaissance et être valorisé. Parce que c'était utile, parce qu'on nous a toujours reconnus pour ça. Mais avoir laissé beaucoup moins de place à d'autres parties de nous. peut-être une partie par exemple plus créative ou plus stratégique, ou une partie plus relationnelle, plus autonome, plus visionnaire. Pas parce qu'elles n'existaient pas, mais parce qu'elles n'ont jamais vraiment eu l'espace de se développer. C'est pour ça que je rappelle bien qu'une compétence, c'est quelque chose qui se développe. C'est pas quelque chose qui est inné, c'est quelque chose pour lequel on peut avoir de l'appétence, on peut peut-être avoir des facilités, mais n'empêche que ça ne devient une compétence que quand on la travaille. Et si elle n'a pas d'espace pour se développer, elle ne peut pas exister. On va prendre un exemple, il y a une femme, si elle est excellente commerciale, donc elle connaît parfaitement ses produits, elle peut atteindre sans problème ses objectifs, elle va être reconnue, elle obtient des bons résultats. Donc sur le papier, ça marche. On coche effectivement toutes les cases. Mais si on imagine que ses valeurs profondes à elle, c'est, je ne sais pas, par exemple, c'est l'authenticité, ça va être l'esprit d'équipe, la coopération, l'entraide et le collectif, et qu'elle évolue dans une entreprise ou la culture d'entreprise. repose beaucoup sur la compétition permanente, la comparaison des résultats, avec peut-être des objectifs qu'on demande d'être un peu agressifs. Un management, en gros, où chacun est mis un peu en concurrence, ça c'est un choix propre à chaque entreprise. Certaines entreprises le font particulièrement, ils vont afficher des tableaux avec les résultats de tout le monde, faire un débrief dessus chaque semaine. Je cautionne pas spécialement ces façons de faire, mais bon, pour certains ça fonctionne très bien, il y en a qui aiment le challenge et c'est parfait. Mais pour quelqu'un qui va être un peu dans l'authenticité, la coopération, etc., oui, elle va réussir parce qu'elle est compétente, parce qu'elle va travailler dur, parce qu'elle sait s'adapter. Mais à quel prix ? Petit à petit, en fait, elle va risquer de s'épuiser parce qu'elle doit mobiliser énormément d'énergie pour fonctionner dans un système qui n'est pas aligné avec ce qui compte profondément pour elle. Et dans cet exemple, on voit bien que le problème, ce n'est pas forcément le métier de commercial. C'est le décalage entre la personne, ses valeurs et son environnement. Pour te donner un exemple personnel, moi, il y a une compétence pour laquelle on est souvent et on vient souvent me chercher, c'est l'organisation, le côté qualitatif, administratif, etc. Et oui, effectivement, je sais le faire, je suis capable de structurer, je suis tout à fait capable de créer des process, de suivre des obligations réglementaires, j'ai un esprit assez cartésien pour ça, mais ça ne veut pas dire que c'est ce qui me nourrit profondément. et quand je me suis... expatriée, j'ai dû gérer énormément d'administratifs personnels en parallèle du développement de l'entreprise et en même temps passer aussi avec en haut de Simone le passage de la certification Calliope donc toute la particularité que je prends en particulier et à un moment je me suis rendue compte que ces tâches prenaient une énorme partie de mon temps et pourtant je suis compétente. Le problème c'est pas que j'y arrivais pas, c'est que ça venait prendre toute la place. sur ce qui, moi, me donne réellement de l'énergie. Et c'est une différence qui est énorme parce qu'une compétence, ça peut devenir une force, mais si elle représente 90% de ton quotidien, alors qu'elle ne nourrit aucune de tes valeurs profondes, ce qui est mon cas, ça peut aussi devenir une source d'épuisement incroyable. Donc avant de te demander uniquement dans quoi je suis douée, dans quoi je suis bonne, demande-toi aussi quels compétents j'ai envie d'utiliser tous les jours. Parce que toutes tes compétences ne sont pas forcément destinées à devenir ton métier. Et justement pourquoi. comprendre cette différence entre ce que je sais faire et ce qui me nourrit vraiment, il y a un élément qu'on oublie trop souvent quand on réfléchit à son avenir professionnel, c'est nos valeurs. Parce que nos valeurs, c'est un peu comme une boussole intérieure. Quand elles sont respectées, on ressent de la cohérence. Quand elles sont trop longtemps mises de côté, c'est souvent là qu'on commence à ressentir ce fameux, je sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose qui va plus. Et pour ça, il y a trois filtres qui peuvent vous aider à trouver une voie qui va être cohérente. Si je résume depuis le début, on peut trouver un métier qui nous correspond. La question n'est pas seulement qu'est-ce que j'aime faire, ni même dans quoi je suis compétente, parce que comme on vient de le voir, une passion... n'a pas toujours vocation à devenir un métier et une compétence n'a pas toujours vocation à devenir ton quotidien. Donc, quand je travaille avec quelqu'un sur un projet professionnel, il y a trois filtres que je trouve importants de regarder. Le premier filtre, c'est ce que je sais faire. Ce sont tes compétences. Et attention, c'est important, je ne suis pas en train de dire qu'il faut oublier tes compétences pour partir d'une page blanche. Ce n'est pas ce que je disais tout à l'heure. Au contraire, ton parcours, il raconte quelque chose. les expériences que t'as vécues les p... postes que tu as occupés, peut-être les différentes responsabilités que tu as prises et aussi les difficultés que tu as traversées. Tout ça, ça développe chez vous, chez toi, des ressources. Mais encore une fois, c'est un point de départ, ce n'est pas une réponse définitive. Donc pour identifier ces compétences, vous pouvez déjà vous poser trois questions. La première question, c'est qu'est-ce qui me semble naturel ? Quand je dis naturel, je ne parle pas d'un talent magique avec lequel tu serais né. Je parle de ces choses que tu fais parfois. Très facilement, que tu oublies même que c'est une compétence, ça peut être l'organisation, le fait de savoir bien expliquer, bien vulgariser des choses plus complexes, de bien analyser, peut-être de bien rassurer, créer du lien naturellement, d'anticiper, de résoudre des problèmes. Parfois, c'est ce qui nous semble en fait évident à nous et c'est justement ce que les autres trouvent précieux chez nous. C'est pour ça que je vous dis, vous allez voir, la deuxième question, elle découle de ça, c'est qu'est-ce que les autres viennent chercher chez moi ? Parce que notre entourage professionnel ou personnel, il nous renvoie souvent des indices. Est-ce qu'on vient toujours te voir quand il faut structurer quelque chose, ou quand il faut trouver une solution, ou quand il faut apaiser une situation parce qu'il y a un client difficile qui est à l'accueil par exemple, ou quand il faut apporter une idée nouvelle. Ça peut mettre en lumière comme ça des forces que vous ne voyez même plus. Et la troisième question, c'est où ai-je développé de l'expérience ? Parce qu'une compétence, ça se construit aussi avec le temps, ce que vous avez appris. dans des métiers précédents, c'est jamais perdu. Même si tu changes complètement de secteur demain, tu ne repars pas à zéro en gros. Une fois qu'on a regardé ça, on peut déjà commencer à avoir un petit peu plus une vue d'ensemble. Mais il manque une deuxième question essentielle. Parce que savoir ce que je sais faire, ça ne répond pas à la question qu'est-ce qui me nourrit vraiment. Et donc là, on arrive au deuxième filtre. Le deuxième filtre, c'est donc ce qui me nourrit. C'est donc mes valeurs. Les valeurs, on en entend beaucoup parler, ça peut sembler un peu abstrait, même un peu perché, et on peut avoir l'impression que c'est un joli mot, que c'est des jolies choses qu'on met comme ça sur un petit tableau d'inspiration ou dans une présentation d'entreprise. Alors qu'en réalité, quand tu comprends vraiment ce que ça signifie, les valeurs elles ont un impact énorme sur ton rapport au travail. Parce que tes valeurs, c'est un peu tes critères internes. C'est des choses que tu vas ressentir. C'est ce qui va te faire dire là je suis au bon endroit. Ou au contraire, je ne sais pas pourquoi, mais il y a un truc qui ne va pas. Et souvent les valeurs elles apparaissent dans le discours. J'aime bien dire que derrière les mots se cachent souvent les mots. Donc derrière les mots, les phrases, se cachent souvent les mots, donc M-A-U-X. Donc quand quelqu'un me raconte son histoire professionnelle, j'écoute évidemment ce qu'elle fait. Mais j'essaye surtout d'entendre les moments où j'entends une émotion. où je sens le son de la voix qui va changer, parce que c'est ces moments-là qui viennent toucher quelque chose. Souvent, c'est là, derrière, qu'on sent que ça a touché une valeur. Je vais te donner un exemple. J'ai changé récemment. Je n'arrête pas de dire des tu et des vous, c'est terrible. C'est parce que je m'adresse à toi, mais je m'adresse à vous, les Simone. Donc, je suis désolée, des fois, je bug entre les deux, mais il ne faut pas m'en vouloir. Je reviens à mon exemple. Parenthèse finie, je reviens à mon exemple. J'ai changé il n'y a pas longtemps avec une personne qui est très compétente dans son métier, qui a des années d'expérience, elle a été assez longtemps dans plusieurs entreprises, elle a déjà des preuves aussi des résultats qu'elle apporte, donc aucun problème de savoir-faire. Mais aujourd'hui, elle ressent un vrai mal-être. Et quand on a commencé à creuser le sujet, ce n'était pas « est-ce que je sais encore faire mon métier ? » Le sujet, c'était ailleurs. C'est plutôt qu'elle est dans un environnement où on lui demande d'être en gros de plus en plus polyvalente, de moins en moins spécialiste, on va dire, sur son métier, et du coup d'adapter énormément sa manière de travailler, et parfois de s'éloigner des règles qu'elle considère, elle, importantes dans son métier. Et ça, c'est quelque chose qu'on observe beaucoup dans le monde du travail. Il y a ce qu'on appelle le travail prescrit, donc c'est ce qu'il faudrait faire en théorie, c'est votre fiche de poste, c'est ce qu'on vous demande de faire, l'objectif final, et puis il y a le travail réel, c'est ce qu'on doit réellement faire. pour que ça fonctionne, pour être capable de produire du travail prescrit en gros. Et la réalité, elle est toujours plus complexe que la théorie. C'est un peu comme si on nous donne un rond et un carré et qu'on nous demande... que ça doit parfaitement s'emboîter. On voit bien qu'à un moment, on est obligé d'ajuster. Et ça, l'être humain est capable de le faire. On le fait tous. Mais la question, c'est jusqu'où ? Parce que pour cette personne, ça venait toucher quelque chose de plus profond. C'est une valeur d'intégrité que ça venait toucher chez elle. Une valeur de travail bien fait, de besoin de respecter son cadre professionnel. Pas simplement parce qu'elle aime les règles pour les règles, mais parce qu'elle comprend pourquoi elles existent et qu'elles peuvent... être les conséquences si on s'en éloigne trop. Et comme ça, quand on réfléchit comme ça, on se rend compte que si ça vient toucher une valeur profonde, on se rend compte qu'une autre personne, avec d'autres valeurs dominantes, elle aurait peut-être réussi à prendre plus de distance en se disant après tout, s'il me demande de faire comme ça, c'est pas grave, je le fais comme ça, c'est pas mon entreprise, donc c'est pas grave, c'est pas de ma responsabilité. Donc c'est pas... Une question de mieux ou de moins bien, c'est une question de fonctionnement personnel. Mais pour elle, ça venait créer une tension interne, enfin ça vient créer une tension interne permanente. Elle est capable de le faire, mais ça va contre quelque chose qui est important pour elle. Et quand une valeur forte, elle est touchée, souvent c'est votre corps qui commence à vous envoyer des signaux. Il y a une sensation de gêne, une boule au ventre, il y a de l'irritation, il y a de la fatigue. C'est cette impression en fait que vous devez vous forcer en permanence. Et ça, sur quelques jours, on est d'accord. tout le monde peut le faire, mais quand ça commence à durer plusieurs mois, ça devient très coûteux pour l'être humain. Parce qu'au fond, ce qui nous épuise parfois le plus, c'est pas la quantité de travail, mais c'est l'écart permanent entre ce qu'on fait et ce qui compte profondément pour nous. Et c'est pour ça que deux personnes peuvent exercer exactement le même métier et vivent deux réalités totalement différentes. Je vais terminer ça avec un autre exemple. On va prendre un exemple de deux infirmières. Si la première a comme valeur le soin, la sécurité, la stabilité, l'utilité aux autres, elle peut ressentir beaucoup de sens dans son métier. Par contre, s'il y a une deuxième personne qui aime aider aussi les autres, mais qui a des valeurs dominantes qui vont plus être la liberté, l'autonomie, la créativité, elle peut aimer profondément son métier, aimer profondément ses patients, mais souffrir du cadre, du manque de liberté, de la rigidité de l'organisation. Même métier, même diplôme, mais deux expériences complètement différentes. La différence c'est quoi ? C'est que ce qui nourrit ou pas dans le quotidien est différent d'une personne à l'autre. Et c'est exactement pour ça que je t'ai préparé un outil gratuit, un test des valeurs pour identifier ce qui compte réellement pour toi et ce qui doit absolument être présent dans ton futur équilibre professionnel. Tu peux le télécharger gratuitement. Il est en lien sous le podcast ou sur notre site, tu peux le retrouver. partout. Enfin, le troisième filtre, c'est l'environnement dont j'ai besoin. Et justement, une fois qu'on commence à mieux comprendre ces valeurs, il y a une erreur qu'on peut encore faire. C'est de repartir immédiatement chercher un intitulé de métier. Alors qu'une valeur, elle doit surtout être traduite en conditions concrètes de travail. Parce que tu peux avoir le bon métier, les bonnes compétences et le bon secteur, mais pas être dans le bon cadre. Et ça, c'est un point qu'on oublie énormément. On pense souvent qu'un métier Ça va forcément provoquer la même expérience chez tout le monde, mais en réalité, un même métier, il peut être vécu complètement différemment selon l'environnement dans lequel il est exercé. Et là, je peux te donner mon exemple personnel. J'ai travaillé pendant plus de dix ans dans l'immobilier, dont l'immobilier social, et pendant longtemps, j'ai adoré ce métier. Sur le papier, il y a beaucoup de choses qui étaient alignées, vraiment beaucoup. J'avais des compétences, j'avais fait des études en immobilier, j'avais développé une vraie expertise terrain au fil des années puisque je m'étais vraiment spécialisée dans l'immobilier social et j'avais le secteur, le logement social, ça vient vraiment nourrir des valeurs qui sont importantes pour moi autour de l'humain, de l'utilité et du lien avec les autres. Donc si j'avais simplement regardé, est-ce que je suis compétente ? Oui. Est-ce que le domaine m'intéresse ? Oui. J'aurais pu me dire, alors pourquoi changer ? Sauf qu'il manquait une troisième question. Est-ce que l'environnement dans lequel j'évolue correspond encore à ce dont j'ai besoin aujourd'hui ? Et c'est là qu'il y a des choses qui deviennent plus subtiles, parce que mon métier n'était pas devenu mauvais. Mon parcours, ce n'était pas une erreur, il m'a même énormément apporté. Mais certains éléments correspondaient moins à mon fonctionnement. Par exemple, moi j'ai un besoin très fort d'autonomie. Et dans l'immobilier social, évidemment qu'il existe une part d'autonomie, mais il y a aussi un cadre institutionnel, réglementaire. souvent politique, qui vient forcément influencer les décisions. Et je précise que quand je dis ça, c'est pas un jugement pour dire que c'est bien ou c'est mal, c'est juste ce cadre, il existe pour des raisons. Simplement, moi, dans mon fonctionnement, j'ai réalisé que j'avais besoin d'avoir une capacité d'action plus importante, de pouvoir exprimer davantage de choses, de créer, d'impulser. davantage de choses. Et cet espace-là, il devenait plus limité. Autre exemple, sur la stimulation intellectuelle, la stabilité, ça peut être extrêmement rassurant et correspondre parfaitement à certaines personnes, mais moi, j'ai compris avec le temps que j'ai un besoin important d'apprendre, de découvrir, de me former, de rencontrer de nouvelles personnes, et puis aussi d'être confrontée à de nouvelles idées. Et quand je regarde mon parcours aujourd'hui, c'est assez parlant. Je suis régulièrement en train de suivre une formation. de me questionner sur un nouveau sujet, de chercher à comprendre un nouveau fonctionnement, pas parce que je n'arrive pas à me poser, mais parce que l'apprentissage, ça vient réellement nourrir quelque chose chez moi. Et dans mon ancien poste, après plusieurs années, avec une bonne maîtrise du métier, je sentais que cette partie-là, elle avait moins d'espace. Et c'est pareil pour le besoin de nouveautés ou d'ouverture. J'aimais beaucoup les relations que j'avais construites, mais en travaillant longtemps sur un même secteur, je connaissais aussi beaucoup mes interlocuteurs, les situations et les problématiques. Et donc... Moi, les nouvelles rencontres, ça vient vraiment nourrir beaucoup ma réflexion. Ça me permet de m'ouvrir à d'autres façons de penser, d'autres parcours, d'autres réalités. J'ai l'impression que ça m'aide à améliorer ma qualité d'accompagnement au global. Et c'est quelque chose dont j'ai besoin. J'ai besoin de cette ouverture d'esprit. J'ai besoin de comprendre beaucoup de singularités différentes parce que je pense qu'un bon accompagnateur, c'est quelqu'un qui s'est individualisé énormément en fonction du profil, des cultures, etc. Donc moi, c'est quelque chose qui est important pour moi. Et enfin, j'avais aussi des intérêts qui prenaient de plus en plus de place. L'accompagnement au changement, justement, l'environnement, la transmission, c'est des choses que je pouvais utiliser en partie dans mon métier, mais pas autant que ce dont j'avais besoin. Et c'est souvent là que les transitions professionnelles, elles commencent. C'est pas toujours dans un rejet, c'est pas toujours dans une rupture. Parfois, c'est simplement parce que la personne qu'on devient commence à manquer de place dans le cadre. qu'on avait construit avant, ce qui était par exemple mon cas. Donc quand tu réfléchis à ton avenir professionnel, on ne regarde pas uniquement quel métier je veux faire, mais demande-toi aussi dans quel environnement je peux donner le meilleur de moi-même. Est-ce que j'ai besoin d'autonomie ou d'un cadre très défini ? Est-ce que j'ai besoin d'une équipe ou de moments de solitude ? Est-ce que j'ai besoin de stabilité ou au contraire de nouveauté ? Est-ce que j'ai besoin d'expertise ou de polyvalence ? Est-ce que j'ai besoin d'un rythme prévisible ou de beaucoup de mouvements ? Parce qu'on ne cherche pas seulement un métier, on cherche un quotidien professionnel dans lequel on peut durablement évoluer. On en arrive à la conclusion de cet épisode. Donc si tu arrives à la fin de cet épisode et que tu te sens aussi dans cette période où tu te demandes mais qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre ? Quel métier est vraiment fait pour moi ? J'aimerais bien que tu, que vous reteniez une chose, c'est que trouver sa voie, ce n'est pas forcément avoir une grande révélation un matin en se réveillant avec le nom d'un métier écrit en... grosse lettre devant toi, c'est soyons honnêtes, même si ça nous arrangerait tous évidemment, ce serait bien pratique, mais dans la réalité c'est construire un projet professionnel qui a du sens et donc c'est apprendre à récolter des bons indices sur toi. C'est arrêter de chercher uniquement une réponse à l'extérieur, donc quel métier recrute, quel métier pourrait correspondre à mon CV, quel métier les autres me verraient faire, mais revenir à des questions qui sont beaucoup plus profondes. Qu'est-ce que je sais faire ? Qu'est-ce qui me nourrit vraiment ? quel environnement je peux m'épanouir durablement. Parce que l'objectif, c'est pas de trouver le métier parfait, il n'existe probablement pas d'ailleurs, il y aura toujours des contraintes, il y aura toujours des compromis avec des journées difficiles, mais l'objectif c'est plutôt de construire un choix professionnel qui est suffisamment cohérent avec qui tu es, avec tes besoins, avec tes valeurs et avec la vie que tu veux construire. Et surtout, rappelle-toi, tu peux être très compétente dans quelque chose et avoir le droit d'évoluer quand même. Tu peux avoir aimé un métier pendant dix ans et sentir qu'aujourd'hui il ne correspond plus complètement à la personne que tu deviens. Changer de direction, ce n'est pas forcément renier ce qu'on a construit avant, c'est parfois juste accepter que nous aussi on évolue. Et si aujourd'hui tu sens qu'il y a quelque chose qui ne colle plus mais que tu as du mal à mettre des mots dessus, n'oublie pas, tu as l'outil gratuit pour commencer cette réflexion, le test des valeurs. Souvent avant même de chercher une idée de métier, je pense que c'est la première étape, c'est de comprendre déjà Qu'est-ce qui doit être présent dans ton quotidien pour que tu te sentes aligné ? Ce test, il va un peu t'aider à travailler déjà, à identifier tes valeurs principales et surtout à réfléchir concrètement à ce qu'elles veulent dire dans ton travail. Ce n'est pas un joli mot, une valeur, c'est une boussole. Donc ça peut t'aider à comprendre pourquoi certaines situations te donnent de l'énergie et au contraire pourquoi d'autres vont t'épuiser. Donc tu trouveras le lien pour télécharger gratuitement le test dans la description de l'épisode. Ou, je te le rappelle, tu peux bien sûr aussi nous retrouver sur nos réseaux sociaux, que ce soit sur LinkedIn ou sur Instagram. Et en attendant, prends ce temps pour toi, pas forcément pour tout changer de main, mais déjà pour mieux comprendre ce que tu veux préserver, ce que tu veux faire évoluer ou reconstruire. J'espère que cet épisode t'aura été utile, il vous aura été utile, pardon. Et en attendant, je vous souhaite à toutes une très belle semaine et je vous retrouve prochainement pour un nouvel épisode. Ciao, ciao ! Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous l'avez aimé, n'hésitez pas à vous abonner, à partager autour de vous et à laisser un avis 5 étoiles. Chaque like et chaque partage, c'est un pas de plus pour faire grandir cette belle communauté. A très vite dans le prochain épisode.