Speaker #0Hello les simones, je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle semaine et pour ce nouvel épisode. J'ai envie de te poser une question. Quand est-ce que pour la dernière fois tu t'es demandé sincèrement et moi comment je vais ? Pas est-ce que tout le monde va bien autour de moi ? Moi, est-ce que j'ai pensé à tout ? Ou est-ce que j'ai été assez efficace aujourd'hui ? Voir même, est-ce que j'ai mérité de me reposer aujourd'hui ? Mais vraiment, moi, comment je me sens ? Parce qu'il y a des femmes, elles vivent en pilote automatique depuis tellement longtemps... qu'elles finissent par croire que cet état-là, il est normal. Tu sais, c'est ces femmes qui disent c'est bon, je vais gérer, c'est pas grave, je vais le faire moi-même, ça ira plus vite, j'ai pas le temps d'être fatiguée, je réfléchirai un mois plus tard, ou il faut juste que cette semaine passe, ou alors je suis forte, j'ai l'habitude, ou je vais tenir. Attention, je me reconnais dans presque toutes les phrases, je pense, je crois que je les coche pas toutes, mais presque, mais j'ai pas l'impression d'être la seule à les cocher, et pour vous accompagner quand même depuis. depuis longtemps, je sais que je ne suis pas seule à cocher toutes ces cases. Et le problème, c'est que parfois, en fait, vous tenez tellement bien que vous vous rendez même plus compte que vous êtes épuisée. Il y a des femmes, en fait, elles ne s'autorisent même plus à se demander ce qu'elles ressentent vraiment. Donc, ce n'est pas, en fait, parce qu'elles sont faibles, ce n'est pas un signe de faiblesse que vous avez, mais au contraire, c'est parce que vous êtes devenue extrêmement forte dans votre capacité à vous adapter. Mais ça ne veut pas dire que c'est une qualité pour autant. Et quand on parle de suradaptation, attention, il ne s'agit pas juste d'être un peu fatigué. On parle souvent de cerveau qui ne s'arrête jamais. Parce que tenir le rôle de pilier dans une famille ou dans un couple, ce n'est pas seulement faire des tâches, c'est les penser, c'est les anticiper, c'est se souvenir, c'est coordonner, c'est réguler. C'est vraiment un rôle de chef d'orchestre à part entière. Et c'est ça en fait qui est le plus difficile à expliquer parfois. Parce que vu de l'extérieur... Certaines femmes, on a l'impression qu'elles ont juste beaucoup de choses à faire. Mais dans la réalité, leur cerveau, il est en train de gérer une logistique mentale qui est permanente. Et maintenant, je voudrais que vous puissiez me dire sincèrement, si vous reconnaissez dans les phrases que je vais vous dire, dans les logiques que ça amène, qui a pensé ou pense de façon générale aux anniversaires ? Qui rappelle la fête des mères, la fête des pères, le cadeau pour la maîtresse ? Qui pense à vérifier qu'il y a bien le goûter dans le cartable pour demain ? Qui va dire aux enfants d'aller se laver les dents le matin, le soir ? Qui va rappeler qu'il ne faut pas laisser la serviette mouillée traîner par terre ? Qui va penser à vérifier la gourde d'eau avant de partir ? Qui va penser à la crème solaire avant d'aller à la plage avec les beaux jours qui arrivent ? C'est qui qui va garder en tête le rendez-vous chez le dentiste mardi prochain à 14h ? Qui va penser au cadeau d'anniversaire du copain dans 15 jours qu'il faut penser à acheter ? Et enfin, qui anticipe ce week-end qu'il y a les amis qui viennent manger et le spectacle du petit le lendemain ? Voilà, là je pense qu'on parle le même langage, là je pense qu'on s'est toutes comprises. Et souvent en fait c'est même plus conscient, c'est devenu un fonctionnement automatique, c'est-à-dire qu'on ne se pose même plus la question de si c'est normal ou pas. Notre cerveau il tourne en permanence, il est sur le fait de penser, de prévoir, d'organiser, de réguler, de rappeler, d'anticiper, de gérer les émotions, d'éviter les conflits et de faire tenir l'ensemble. Et tout ça, en fait, c'est une charge émotionnelle énorme. Et il y a une autre charge invisible très importante qu'on ne parle pas souvent et qu'on entend assez peu, c'est gérer l'ambiance émotionnelle. Ça, c'est quelque chose qu'on entend assez peu, même dans les médias. Et pourtant, c'est vraiment les femmes qui, en général, gèrent l'ambiance émotionnelle de la cellule familiale, du couple ou de la cellule familiale. Vous savez, c'est ce moment par exemple où vous sentez que vos enfants commencent à déborder émotionnellement, qu'il va falloir commencer à désamorcer peut-être des tensions, ou prendre sur soi pour éviter qu'il y ait des conflits, rassurer tout le monde alors qu'on aurait besoin soi-même d'être rassuré. Vous voyez, tous ces moments-là, en fait, à force de s'adapter à tout, certaines femmes, elles finissent par perdre le contact avec elles-mêmes. Elles ne vivent plus vraiment leur vie, elles la tiennent. Je pense que cette image, elle représente... Ce qui nous arrive quand même régulièrement. Une fois de plus, ce n'est pas parce que je travaille dessus que c'est quelque chose qui est complètement réglé même dans ma propre vie. Donc c'est quelque chose dont je vous parle, quelque chose que je connais, quelque chose sur lequel je suis obligée de revenir régulièrement, même si chez moi, il y a de l'écoute, il y a de la compréhension, il y a des efforts de fait. Mais il n'empêche, ça reste une éducation, une transformation à faire. Et ça, ça demande du temps. Alors... Aujourd'hui, dans cet épisode, j'ai envie qu'on mette des mots sur quelque chose qui est très fréquent, mais qui est peu nommé, sur la suradaptation. Et pour ça, je vais te partager... Je vais vous partager 5 signes qui peuvent te montrer que tu es en train de te suradapter, mais aussi 10 questions très concrètes pour t'aider à observer honnêtement où est-ce que tu en es aujourd'hui. Donc déjà la suradaptation, qu'est-ce que c'est ? Parce qu'il faut toujours définir un terme avant d'évoquer après ce que ça génère. Donc avant de parler de signes, j'ai envie qu'on comprenne déjà ce qu'on met derrière ce mot, derrière la suradaptation. Parce que s'adapter en soi, ce n'est pas un problème, au contraire. C'est même quelque chose de très sain, c'est-à-dire qu'en psychologie, la capacité d'adaptation est considérée comme une compétence qui va être essentielle. Si je dois simplifier les choses, s'adapter, c'est être capable d'ajuster son comportement à une situation, à un changement, à un environnement ou à une relation. C'est vraiment dans le sens large du terme. En gros, c'est ce qui va nous permettre de coopérer, de vivre ensemble, de traverser aussi des moments qui vont être plus difficiles. répondre à des contraintes qui sont temporaires. Donc en soi, c'est tout à fait normal et sain, et c'est même très bien d'être capable de le faire. L'idée, elle est proche des stratégies un peu d'adaptation, un peu comme celles étudiées pour le stress, donc ce qu'on appelle parfois les stratégies de coping. Mais en fait, la bascule, donc c'est pas l'adaptation en elle-même, le problème c'est quand l'adaptation devient permanente, quand elle devient automatique donc en gros quand vous n'arrivez plus à relâcher quand ça se fait systématiquement au détriment de soi il n'y a pas de problème à avoir des moments de montée de tension des moments de stress ponctuel c'est même plutôt bon de façon générale le problème c'est quand vous n'arrivez plus à redescendre quand vous le souhaitez la suradaptation c'est quand une personne en gros va finir par s'ajuster en permanence et quand je parle de s'ajuster C'est un peu ce que je vous définissais tout à l'heure. En gros, c'est quand vous allez ajuster votre comportement, mais aussi quand vous allez ajuster peut-être vos émotions, vos besoins et même vos propres réactions, voire votre personnalité, juste pour maintenir ce qu'il y a autour de vous. Il y a certaines approches psychologiques qui décrivent la suradaptation comme une stratégie d'ajustement excessive aux attentes de l'environnement. Donc souvent, Développée pour préserver les liens, pour éviter les tensions, ou même pour maintenir en gros de la sécurité relationnelle ou être acceptée. Aïe aïe aïe, on touche un point sensible, le fait d'être acceptée, un besoin qui est essentiel, mais dans lequel on peut se noyer plus facilement, particulièrement nous les femmes. De manière concrète, au début, la stratégie, elle peut même être valorisée en fait, socialement. On va souvent décrire les personnes qui s'adaptent fortement. sans savoir si elles sont en suradaptation permanente, comme des personnes qui vont être fiables. On va dire de ces personnes que c'est des personnes qui sont fortes, qui sont responsables, qui sont gentilles, qui sont autonomes, qui sont organisées, qui sont adaptables. Je suis sûre que vous retrouverez presque des compétences que vous avez mises sur votre CV. Et ça, ça ne me surprendrait pas du tout, puisque c'est vraiment des choses qui sont propres à la capacité d'adaptation, voire dans les cas extrêmes de suradaptation. Mais intérieurement, en fait, il peut y avoir autre chose derrière ça. Ça va générer en fait une fatigue qui va être chronique et surtout une difficulté à aller ressentir vos propres besoins, à avoir un sentiment un peu diffus à l'intérieur de vide. C'est comme une sensation un peu étrange de plus savoir vraiment qui on est en dehors des rôles qu'on tient, plus savoir si on arrive encore à être soi-même en dehors des rôles qu'on tient. Je pense que là encore, c'est une image, mais j'ai l'impression qu'elle... peut vous parler, je pense que vous allez vous retrouver dans ces mots, c'est des mots que j'entends quand même très souvent. Et à force de fonctionner comme ça, certaines personnes elles passent leur temps en fait à anticiper le besoin des autres alors souvent une fois de plus ça commence par le couple, puis par la sélune familiale, puis au travail, voire même à la famille au sens un peu plus large, donc ce qu'on peut appeler aussi parfois la limite d'être aidant familial, c'est quand même quelque chose d'assez courant de s'occuper de la paperasse administrative de ses parents, de ses grands-parents, de son oncle qui a une problématique particulière, et puis en général, comme vous êtes effectivement quelqu'un d'organisé, de rigoureux, quelqu'un qui sait se débrouiller, et bien en fait, on va vous demander un petit peu plus à vous de rendre des petits services comme ça ponctuels, sauf que sans se rendre compte que plusieurs personnes vous demandent des petites choses ponctuelles, et que finalement, des petites choses ponctuelles, ça fait beaucoup de choses cumulées en fait. Et donc... On passe notre temps comme ça à prendre soin de tout le monde, on minimise notre fatigue, on ravale souvent nos émotions, accessoirement, pour ne pas contrarier, en se disant c'est pas très grave, c'est pour éviter les conflits, et on devient très performante émotionnellement. Et c'est pour ça que je vous dis... Je disais tout à l'heure, on a tendance même à gérer l'espèce d'harmonie familiale relativement régulière, parce que forcément ça craque régulièrement, mais il n'empêche que l'harmonie à peu près au global, elle est souvent maintenue par la femme au sein du foyer. Et donc on devient, elles deviennent, mais on devient, une fois de plus je me mets complètement à l'intérieur de ce processus, on devient en fait capable de gérer énormément de choses, mais souvent... au prix d'une déconnexion petit à petit de nous-mêmes. Et souvent, derrière cette suradaptation, il n'y a pas simplement le fait d'être trop gentil. Il y a un véritable état d'hypervigilance relationnelle qui est constant. Le cerveau apprend progressivement à surveiller l'environnement. Ça devient presque naturel pour vous quand vous rentrez à la maison. Vous ressentez tout de suite quand il y a une tension, les changements d'ambiance, les besoins implicites. risque de conflit, tout ça, on le ressent tout de suite. On le sait, on sait que des fois on rentre, on est fatigué, mais on sent qu'on ne peut même pas à ce moment-là se relâcher parce qu'on sent que c'est déjà tendu et que si nous on met une couche supplémentaire, c'est presque la brèche dans laquelle tout le monde va s'engouffrer. Et certaines personnes, elles ont appris vraiment très tôt et souvent dans leur histoire familiale, parfois c'est même culturel, il faut le savoir aussi, parfois simplement parce qu'elles ont toujours été valorisées quand elles étaient sages ou quand elles étaient... utile ou facile à vivre pour garder le lien en fait il fallait s'ajuster pour aider ou des fois ça peut être aussi dans des familles dans lequel il y a eu beaucoup de conflits en tant que petite fille on va avoir eu tendance peut-être à s'occuper un peu plus des frères et soeurs pour ne pas rajouter de l'attention au niveau des parents pour essayer d'apaiser un peu l'ambiance ça peut être ce genre de choses voilà c'est tout ça en fait qui se met en place petit à petit qui fait qu'on apprend des fois dès l'enfance à être dans un fonctionnement comme ça d'adaptation. Et ça devient quelque chose où on peut devenir effectivement très forte pour sentir qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce qu'il faut dire ou qu'est-ce qu'il faut éviter. Ce qui nous sert à maintes et maintes reprises, même professionnellement une fois de plus, ça reste initialement une compétence. Mais à force de chercher à ne pas déranger, à ne pas être de trop, à ne pas décevoir ou à ne pas créer de tension, en fait, on finit par plus savoir où se situent nos propres limites. Et c'est là en fait que ça devient problématique. C'est là que la suradaptation en fait elle devient épuisante. C'est quand toute votre énergie psychique, elle part dans le maintien de cet équilibre extérieur. Alors maintenant qu'on a bien défini ce que c'était que ce terme, et je pense que vraiment vous allez être nombreuses à vous retrouver dans différentes phrases que j'ai pu dire, je vais vous donner cinq signes pour vous aider à savoir si vous êtes en train de vous suradapter. Le premier signe c'est... quand tu ne sais plus vraiment ce dont tu as besoin. En gros, tu sais gérer beaucoup de choses, ça il n'y a pas de souci, tu sais organiser, tu peux trouver des solutions, tu sais aider les autres. Mais quand quelqu'un te demande, et toi, de quoi tu aurais besoin en ce moment, en général, c'est difficile pour vous de répondre à cette question. De quoi tu aurais besoin en ce moment ? Il y a certaines femmes, elles sont tellement habituées à fonctionner en mode adaptation qu'elles finissent même par perdre leur propre envie. de départ, leurs propres limites ou même leur fatigue. Le fameux, il faut juste que la semaine passe, ou je sais que là c'est une période difficile mais ça ira mieux après. Elles savent très bien en fait ce qui ferait du bien aux autres mais beaucoup moins ce qui leur ferait du bien à elles. C'est beaucoup plus compliqué de répondre à leurs propres besoins que de répondre aux besoins de la famille. Par exemple, tu vas savoir sans problème dire qu'est-ce que tes enfants vont aimer ou ton conjoint ou ta conjointe ou tes collègues ou tes proches. Ça, il n'y a pas de souci. Tu vas être capable de trouver des petites choses très rapidement à mettre en place pour qu'ils aillent mieux. Mais toi, répondre simplement à qu'est-ce qui me ferait du bien aujourd'hui, ça devient étonnamment difficile en fait. Le deuxième signe que tu peux repérer, c'est quand tu anticipes tout en permanence. Donc ton cerveau, c'est quand il tourne quasiment tout le temps. En gros, c'est le fait... que tu penses à ce qu'il faut prévoir, à ce qu'il ne faut pas oublier, à ce qu'il faut gérer, à ce qu'il faut vérifier ou à ce qu'il faut rappeler, à ce qu'il faut rappeler aux autres. Le fameux « Tu peux me rappeler la semaine prochaine ? » Ah, cette phrase-là qui est horrible comme si on était un agenda sur pattes. Je pense que c'est quelque chose qui vous parle. Même dans les moments censés être calmes, le problème, c'est qu'il y a souvent une partie de notre cerveau qui continue de scanner ce qu'il reste à faire. Et donc, tant que ce n'est pas fait, ça reste comme un tiroir ouvert, comme une tâche en cours. et on ne peut pas passer à autre chose. Et le problème, c'est qu'entre telle personne qui va nous demander de nous rappeler la semaine prochaine tel truc et puis tel autre qui va demander ça et puis l'école qui demande également de se souvenir d'une chose et puis les enfants qui vont te demander de leur rappeler. quelque chose en fin de journée, le problème c'est qu'à la fin tu finis avec 15 000 tiroirs d'ouvert. Et le plus épuisant c'est même pas la tâche en elle-même, c'est le fait d'être constamment en fait dans cette vigilance mentale. C'est pas juste retenir une chose ou trois choses qui sont difficiles, c'est le fait que ce soit constant et que ça s'arrête jamais en fait. Et on a tellement l'habitude d'anticiper qu'on réalise même plus à quel point notre système nerveux, il est sollicité en fait en permanence. Tu peux être chez le dentiste en train de regarder un film ou en train de signer un papier sur l'école ou en train de faire du linge et à ce moment-là, tu vas aussi penser en même temps aux cadeaux d'anniversaire du week-end prochain et puis aux repas de demain, etc. Donc c'est vraiment le cerveau qui ne se met jamais vraiment en pause. Il est toujours en mode prévoir, penser, coordonner, éviter les oublis. Maintenant, on va passer au troisième signe. C'est celui qui... Ou tu culpabilises quand tu ralentis. Alors ça, c'est un signe qui, par exemple, chez moi, est particulièrement présent. C'est quand le repos, en fait, ne ressemble pas toujours à du repos, voire même quand tu as de la culpabilité à t'arrêter parce que tu te dis, je m'arrête alors que j'ai encore tout ça à faire. Parce que même quand tu t'arrêtes physiquement, il peut y avoir une petite voix intérieure qui te dit, tu devrais être en train de faire quelque chose, tu perds du temps, t'en fais pas assez, ou alors tu auras le droit de te reposer quand tu auras fait ça. Ça, c'est vraiment moi une phrase qui est très forte, que j'essaye de combattre, mais qui est vraiment très forte et très courante. Certaines femmes, elles ont même tellement construit leur valeur autour du fait d'être utile, d'être efficace, d'être disponible, qu'elles ressentent de la culpabilité dès qu'elles ralentissent. Rien que le fait de ralentir les faits culpabilisés. Comme si en gros, exister sans être utile, ou sans produire, ou sans gérer, sans être nécessaire en gros, ça devient inconfortable. Et parfois, prendre même une heure pour soi, ça peut provoquer à l'intérieur une sensation étrange. Ce que je vous disais tout à l'heure, celle de « il faut que je mérite mon repos » . Comme s'il fallait mériter le fait de se reposer. Et ça peut aller très loin, ça peut être jusqu'à culpabiliser du coup de demander de l'aide, parce qu'on va se dire qu'on n'est pas, si on demande de l'aide, c'est qu'on n'est pas assez organisé, ou si les autres y arrivent, on devrait y arriver. C'est la difficulté à déléguer, la grande difficulté du fameux « non » . Ou simplement, en fait, le fait de ne pas avoir envie d'être disponible tout le temps. Des fois, on peut l'être, mais on n'a pas toujours envie de l'être. Donc ça, c'était le troisième signe. Le quatrième signe, c'est quand tu montes une version gérable de toi. Je dis gérable, alors vous ne me voyez pas, mais je mets des guillemets sur gérable. C'est pour dire que tu minimises souvent ce que tu ressens. Tu réponds ça va, c'est pas grave, ou t'inquiète. Alors qu'en réalité, souvent, tu es épuisé, t'es saturé ou t'es triste. Et ça, c'est quelque chose que j'entends, voire même que j'entends... Presque toutes les semaines quand je vais à mon cours de yoga, à chaque fois je m'étonne des femmes qui m'entourent, qui, je le vois, gèrent énormément de choses, qui peuvent avoir en plus des douleurs, des fois chroniques, et souvent elles terminent une fois qu'on fait notre météo intérieur et qu'on se dit un petit peu comment ça va physiquement pour que notre professeur puisse ajuster la séance et les indications pour certaines, donc ce qui est très très bien, mais souvent J'entends cette phrase, c'est pas souvent, c'est à chaque fois. Toutes les phrases se terminent par mais ça va quand même. Ou mais ça va aller, mais ça va passer, ça ira mieux plus tard. Ou mais c'est bon, je vais faire avec. Vraiment, c'est quelque chose que j'entends systématiquement et à chaque fois, je m'en étonne. Certaines personnes, elles deviennent même très fortes pour présenter une version d'elles-mêmes qui ne dérange pas trop les autres. Parce qu'il ne faudrait quand même pas dire que ça n'aille pas. pas parce que si vous dites que ça va pas, vous avez l'impression que vous allez être un poids pour les autres. Donc souvent, vous ravalez, vous relativisez, puis à force, les émotions finissent parfois par sortir uniquement quand vous êtes toute seule. Ou quand le corps, quand votre corps, commence à dire stop, quand il commence à montrer des signes extérieurs parce que vous ne voulez pas lui laisser de place pour aller, à un moment donné, sortir tout ce qu'il y a à sortir, libérer tout ce qu'il y a à libérer. Et tu peux même parfois avoir l'impression d'être devenu un peu, le terme je dirais, fonctionnel. C'est-à-dire comme si tu gérais tout correctement extérieurement, mais intérieurement tu sais que tu es en train de t'éteindre doucement. Ça je crois que c'est quelque chose qui est extrêmement présent, c'est le fait de se dire je sais que je fonctionne, en gros tout fonctionne, je fais fonctionner à la maison, je fais tout fonctionner, il n'y a pas de souci. Mais moi par contre à l'intérieur je suis complètement vide et j'ai l'impression de m'éteindre à petit feu. Enfin, le cinquième signe, c'est « t'es fatiguée des interactions humaines » . Et ça, beaucoup de femmes culpabilisent énormément de le ressentir. Parce qu'elles aiment profondément leurs proches, et à la base, elles sont plutôt même sociables, mais elles sentent que malgré tout, elles sont épuisées en fait. par ces sollicitations qui sont permanentes. Donc quand on passe beaucoup de temps à anticiper le besoin des autres et à gérer émotionnellement l'environnement ou à rester disponible mentalement pour tout le monde, les interactions en fait elles finissent par devenir hyper coûteuses physiquement. Ça nous fatigue d'avance. Donc il y a certaines femmes qui commencent à ressentir un besoin très fort de... Souvent c'est ce que je vous disais tout à l'heure par rapport à ma question, rappelez-vous, elles ont un besoin très fort de silence, de solitude, d'espace mental. Mais pas parce qu'elles n'aiment pas les autres, mais parce qu'elles n'ont plus assez d'espace intérieur pour elles-mêmes. Ça me fait penser à un livre d'ailleurs que je pense que je vais lire, et à mon avis je vous en parlerai, sur une chambre à soie, qui me semble être une très très bonne référence, dont j'ai entendu parler à plusieurs reprises, et je pense que c'est quelque chose que je vous partagerai très prochainement. Et parfois, donc, quand on se rend compte de ça, on voit qu'elles ne veulent même plus qu'on leur... parle ou qu'on leur demande quelque chose ou qu'on attende encore quelque chose d'elle, c'est pas par méchanceté c'est vraiment parce que le système nerveux il est déjà saturé quoi et peut-être qu'en écoutant ces différents signes, tu t'es reconnu sur certains points plus que d'autres, peut-être même beaucoup, moi comme je t'ai dit je me reconnais particulièrement dans un des points ça veut pas dire que les autres me sont complètement étrangers mais c'est vrai que j'en ai un qui est particulièrement marqué chez moi dans ma personnalité donc ça dépend vraiment, c'est pour ça que je voulais vous donner différents signes pour que vous puissiez être interpellé avec des choses très pragmatiques et concrètes. Mais l'objectif ici, ce n'est pas de coller une étiquette ou de faire croire que vous êtes cassé ou que vous êtes abîmé. L'objectif, c'est surtout en fait de remettre un petit peu de conscience sur des fonctionnements qui deviennent parfois tellement automatiques qu'on ne les questionne plus. C'est vraiment l'objectif pour moi avec vous aujourd'hui. Donc maintenant... J'ai envie de te proposer quelque chose de très simple, donc c'est pas un test magique et c'est pas un diagnostic non plus, mais c'est 10 questions d'auto-observation que je trouve intéressantes pour commencer à faire le point honnêtement avec toi-même. Parce que le premier pas vers le changement, c'est pas d'aller tout révolutionner, mais c'est de mettre un peu de lucidité déjà, de mettre des points de lumière à quelques endroits. Je te propose 10 questions dont je t'avais parlé en début de podcast, pas comme je te disais pour te diagnostiquer. Mais juste pour essayer de faire un petit peu un point d'observation honnête de où tu en es aujourd'hui. Donc les dix questions vont t'aider à déterminer un petit peu comment est-ce que tu te positionnes à aujourd'hui. La première question, c'est quand ai-je pris une décision uniquement pour moi pour la dernière fois ? Je répète, quand ai-je pris une décision uniquement pour moi pour la dernière fois ? La deuxième question, est-ce que je sais encore ce qui me ressource réellement ? Je répète, est-ce que je sais encore ce qui me ressource réellement ? La troisième question, est-ce que je me sens obligée d'être forte ? Je répète, est-ce que je me sens obligée d'être forte ? Est-ce que j'ai l'impression que si je ne suis pas forte, entre guillemets, la cellule familiale ne tient pas ? Quatrième question, ai-je du mal à demander de l'aide ? Est-ce que tu as du mal à demander un coup de main ? Sans culpabiliser. Cinquième question, vous l'aurez compris, celle-ci, elle me concerne particulièrement. Est-ce que je culpabilise quand je me repose ? Je répète, est-ce que je culpabilise quand je me repose ? Sixième question, est-ce que je me sens responsable des émotions des autres ? Est-ce que je me sens responsable des émotions des autres ? Est-ce que par exemple, tu peux avoir tellement des fois d'empathie pour ton enfant qui a une tri... tristesse ou des choses comme ça, que tu te sens presque responsable de l'émotion qu'il ressent. Des fois, on se sent responsable même quand son conjoint est un peu triste, etc. Et du coup, on va avoir encore une fois tendance à faire plus de choses, prendre plus de choses en main, essayer de réparer alors que nous ne sommes pas la cause externe initiale. Septième question, est-ce que je minimise souvent ma fatigue ? Donc là, c'est les exemples que je vous ai donnés tout à l'heure, ça va être typiquement ce genre de phrases. Est-ce que ce sont des phrases que vous êtes déjà entendues dire à voix haute ? Est-ce que je minimise souvent ma fatigue ? Huitième question, est-ce que je me sens vide même quand tout semble aller bien ? Je répète, est-ce que je me sens vide même quand tout semble aller bien ? La neuvième question, est-ce que je me suradapte pour éviter les tensions ? Est-ce que vous avez besoin, est-ce que vous sentez que vous suradaptez en permanence pour éviter majoritairement les tensions ? Dixième question, est-ce que je me demande parfois qui je suis réellement en dehors de mes rôles ? Je répète, est-ce que je me demande parfois qui je suis réellement en dehors de mes rôles ? Voilà, ce sont dix questions et finalement ce que j'aimerais vraiment que vous puissiez retenir aujourd'hui, c'est que la suradaptation, c'est pas un signe de faiblesse, c'est très souvent même l'inverse, c'est plutôt un signe de force, mais une force qui est portée. à outrance au maximum. C'est une stratégie que beaucoup de personnes ont développée pour continuer à avancer, pour continuer à aimer, pour continuer à tenir, à protéger aussi. Très souvent, c'est ça, il faut quand même le reconnaître. Donc, continuer à faire fonctionner les choses autour d'elle. le problème c'est que quand cette adaptation elle devient permanente on peut finir par s'oublier complètement à l'intérieur du processus et parfois on s'en rend même pas compte tout de suite parce qu'on continue à être efficace, on continue de gérer on continue de sourire d'ailleurs et puis on continue à répondre présente mais intérieurement on sait, on le ressent on le sait quand même qu'il y a de la fatigue, qu'il y a du vide qu'il y a de l'irritabilité et puis il y a de la perte de sens avec le temps en fait Une sensation étrange de ne plus savoir vraiment où on se situe soi-même. À force de s'adapter à tout, on finit par vivre presque uniquement à travers nos rôles. Nos rôles de maman, de conjointe, peut-être de salarié, peut-être d'entrepreneur, entrepreneuse. Peut-être en rôle de pilier, très souvent en rôle d'organisatrice ou de soutien émotionnel. Et petit à petit, la question, c'est « et moi dans tout ça ? » qui a tendance à disparaître. Alors si cet épisode, il a résonné pour... toi j'ai envie de te dire une chose qui est quand même assez importante c'est que t'as pas besoin d'attendre d'être à bout pour commencer à écouter parfois le vrai début de changement c'est pas de bouleverser sa vie du jour au lendemain une fois de plus et je le sais que je le rabâche mais pour moi c'est essentiel c'est de remettre un peu de conscience sur ce que tu vis c'est comprendre tes fonctionnements pour reconnecter avec tes propres besoins c'est réapprendre en fait à prendre de la place intérieurement. Et si tu ressens le besoin de faire le point plus profondément sur ta situation professionnelle, sur ton équilibre, sur ce que tu traverses actuellement, on propose chez En Route Simone des rendez-vous d'information gratuits pour voir comment on peut vous accompagner dans ces évolutions de carrière mais qui nécessitent de retravailler de toute façon toute cette thématique, toute cette sphère intérieure qui est indispensable pour être bien et pour préserver votre santé mentale sur le long terme. donc c'est pas un appel pour te pousser à changer de vie en 48 heures. C'est plus un espace pour poser les choses, ce qu'on fait avec vous, pour prendre du recul, pour remettre de la clarté dans ce que vous ressentez, et voir où est-ce que vous en êtes aujourd'hui. Donc tu trouveras le lien pour prendre rendez-vous avec nous si tu le souhaites directement dans la description du podcast. Également, je te le rappelle, sur nos newsletters. Et si cet épisode t'a parlé, n'hésite pas à le partager, peut-être à une amie, à quelqu'un de ta famille autour de toi, à qui tu tiens, et qui, tu le sais, porte aussi peut-être beaucoup de choses en silence en ce moment. Moi, en attendant, je te souhaite de prendre soin de toi et je te dis à très bientôt dans un nouvel épisode d'En route Simone. Ciao, ciao !