- Speaker #0
Hors série d'Encore, hors série d'Encore. Bonjour Carole.
- Speaker #1
Bonjour Claire.
- Speaker #0
Merci d'être venue au micro d'Encore.
- Speaker #1
Un grand merci de m'accueillir.
- Speaker #0
On a mis un peu de temps à trouver ce rendez-vous dans nos agendas. C'est chose faite maintenant et c'est vraiment une grande joie de vous recevoir.
- Speaker #1
Et moi de venir et de découvrir ce lieu en plus. Oui,
- Speaker #0
pour info on est aux Arches Citoyennes, un super beau lieu à Paris. Carole, on va aborder plein de sujets ensemble aujourd'hui puisque c'est un hors série, un épisode spécial. Je ne donne pas d'étiquette sur celui-ci. parce que c'est beaucoup trop difficile d'en trouver avec toutes vos activités, tout ce que vous êtes et qui vous êtes. Justement, qui vous êtes ? Est-ce que vous pouvez nous donner quelques indications pour aider les auditeurs et auditrices à savoir qui est derrière le micro ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est une femme curieuse de la vie, qui a eu un parcours atypique, comme plein d'autres personnes, et avec peut-être la chance d'avoir des parents qui étaient aussi atypiques dans leur histoire. Voilà, ils ne devaient pas se rencontrer. Ils n'ont pas été ensemble longtemps, donc quand ils se sont séparés avec leur cul, c'était un vrai drame pour moi. Et en même temps, j'ai appris à devenir plus autonome déjà, je dirais d'affection, tout en étant aimée. Et je pense que ça m'a forgé du caractère. De toute façon, mes deux signes astrologiques sont là pour parler. Capricorne ascendant lion,
- Speaker #0
c'est quelque chose.
- Speaker #1
Mais j'ai été élevée avec beaucoup d'amour par ma mère. Très passionnée déjà de ces médecines douces qui m'intéressent aujourd'hui. Très autorité, enfin pas d'autorité, mais l'envie d'éduquer sagement, avec rigueur. Parce qu'elle avait connu la guerre, elle était née en 28. Donc respecter tout ce qui est, tout ce qu'on a, tout ce qu'on peut avoir, tout ce qu'on n'a pas accepté. Et passionnée de lecture, parce qu'elle a commencé à travailler à l'âge de 11 ans, parce qu'il fallait aider un peu la famille. et en fait dès qu'elle a pu, elle s'est abonnée à des tas de structures. Il y avait le courrier du livre, ou je ne sais plus, enfin le club du livre. Il y avait plein plein de livres que j'ai retrouvés en vidant la maison, mais des quantités phénoménales. Et du coup, c'était son école à elle, les livres. Et ça m'a donné, moi, toujours envie d'apprendre, de lire. Et voilà, à travers les livres, c'est une école permanente. J'ai des tas de livres chez moi, il y en a encore à la cave. Chaque déménagement, je n'arrive pas à vider tout. Je garde.
- Speaker #0
Ce sont vos amis.
- Speaker #1
Voilà, des amis secrets ou des amis précieux, des amis publics aussi.
- Speaker #0
Donc quand vous vous présentez en quelques mots, vous présentez finalement une partie de votre histoire ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et puis après, la vie de femme, riche de sens et de couple aussi, avec des apprentissages à chaque fois, y compris sur les séparations, les ruptures, les reconstructions. Tout est enseignant, enfin avec le recul, je prends beaucoup cette question. Sur le moment, non. On a envie de tout envoyer balader Surtout avec enfants et revivant Quand même des tranches assez similaires A celles de mes parents entre l'âge de leur séparation Avec ma fille par rapport à son père Je voyais bien les clins d'oeil Et du coup qu'est-ce que ça veut dire tout ça Qu'est-ce que mon âme a décidé de me faire visiter Pour transformer le générationnel Et le transgénérationnel
- Speaker #0
Ça y est moi je viens d'avoir des frissons Vous avez donné mes mots magiques Intergénérationnel et transgénérationnel C'est sûr que ça va faire partie de l'épisode parce que j'ai besoin de le comprendre Avant d'aborder ça, vous avez parlé dans la manière de vous présenter aussi des médecines non traditionnelles qui vous intéressent, qui ont été aussi d'une part transmises par votre maman. Est-ce que c'est votre métier aujourd'hui ? Comment vous accompagnez peut-être des personnes, peut-être même des personnes âgées, des personnes qui vieillissent ou des jeunes, vous allez me dire. Et d'ailleurs, c'est à l'audio, mais j'ai des diapasons devant moi, je vous mettrai la photo. Donc expliquez-nous un petit peu à quoi ça sert et comment vous accompagnez les personnes.
- Speaker #1
Comment je suis arrivée là ? En fait, j'avais des limbagos et des sciatiques à répétition à l'âge de 20 ans. J'ai 72 aujourd'hui, donc il y a une cinquantaine d'années. Et en fait, je me disais que c'était le hasard. Puis en fait, non, j'ai rencontré à l'époque un ostéopathe qui faisait déjà de l'acupuncture. Discrètement, parce qu'il y a 50 ans, c'était pas très toléré, tout ça. Il m'a sauvé la mise, mais j'ai pas eu envie de m'intéresser à ça. Je me suis juste fait soigner, c'était sympa. Et ma mère, par contre, me faisait déjà soigner en homéopathie, avec des radiesthésistes, tout en m'emmenant de temps en temps aussi chez le médecin. Donc voilà, j'ai connu les deux. Et puis j'ai eu un parcours de vie d'entreprise pendant 25 ans, donc marketing, communication d'entreprise, événementiel, relations publiques, secteur joaillerie, photo-cinéma, BTP. Et puis la vie un jour m'a dit stop, tu sors, tu dégages. C'était pas voulu non plus. Et puis je me formais à côté à tout ça, parce que la santé me disait, comme ta vie est compliquée, il faut aller voir un peu ce qui se passe. Donc comme on disait, le corps... expriment des choses que le mental n'a pas toujours envie d'entendre. Donc j'ai commencé à travailler sur l'histoire des familles, du côté père, du côté mère, en psy, en transgénérationnel, qu'est-ce qui se répétait, qu'est-ce qui ne se répétait pas, et qu'est-ce que j'avais à faire moi dans mon bagage, dans ma malle de famille. Donc je me suis intéressée à tout ce qui était médecine douce, déjà par des approches hypnose, PNL, année transactionnelle. les constellations familiales. Je faisais plein de stages sans arrêt à côté de mon activité du métier salarié de l'époque, donc il y a plus de 25 ans. Et puis je m'intéressais, en croisant les stagiaires, tu fais quoi ? Tu te détends ? Je fais un massage ? Je fais du Reiki ? Tu fais quoi ? De la réflexologie ? Et là on se disait, mais c'est quoi tous ces trucs ? Mais vous êtes médecin ? Non, vous êtes thérapeute, vous apprenez ça à côté. Moi je suis toujours un peu rebelle de nature et puis mes ancêtres étaient... dans la résistance aussi, donc je pense que j'avais un peu de rebelle là-dessus. J'ai dit, j'ai quand même envie d'aller découvrir ça. Je me suis formée au fur et à mesure à toutes ces approches subtiles, on va dire, puisque c'est médecine douce et c'est alternatif, on n'est pas reconnu par le monde médical. On commence à être un peu tolérés, en parallèle, en complément, et ça c'est très chouette. Parce qu'il y a des gens vraiment très très ouverts, et c'est bien, et on est de toute façon tous complémentaires. Et puis la médecine chinoise est revenue vers moi, et là je me suis intéressée à cette enseignement donc acupuncture massage l'hygiène de vie la santé alimentaire l'aspect émotionnel l'aspect psychique et j'ai fait plusieurs écoles parce qu'à chaque fois je suis curieux j'aime bien découvrir encore d'autres personnes qui enseignent autrement et puis là dedans pareil d'autres élèves d'autres stagiaires qui faisaient du massage différemment du drainage du reiki de l'aroma de la phyto et moi c'est plus fort que moi À défaut de livres, j'ai envie d'apprendre. Quand ce n'est pas de l'écriture, j'ai envie qu'on m'enseigne. Et je pense que ça doit être des vieilles vies d'avant qui viennent me rattraper. Voilà, donc j'ai créé le cabinet, ça fait 25 ans. Et même si je suis retraitée, moi, je trouve que la retraite, pour moi, ça n'a pas de sens. Rester active, rester... Alors, pas le même rythme, évidemment, mais partager, transmettre, rencontrer l'humain. J'ai l'impression presque de faire de la recherche tous les jours, finalement, sur moi.
- Speaker #0
Il y a sans doute des patients qui ne vous laisseraient pas partir à la retraite. tout court.
- Speaker #1
En tout cas, je continuerai ce que je pourrai. Tant que je peux être bien et heureuse de faire ce que je fais, je le partage. Entre des consultations individuelles, des stages, des ateliers, je me régale. La sonothérapie est arrivée aussi un jour avec les diapasons que vous voyez, les bols, le chant, la voix, les tambours chamaniques, les bols cristals, les couchis, tout ce qui est instrument traditionnel. Il y a beaucoup de sonothérapeutes maintenant qu'on commence à entendre ou à voir. Et moi, je trouve que c'est une belle complémentarité. En fait, dans notre matière, on est des atomes. Notre corps, c'est des atomes, comme tous les objets autour, ou tous les animaux, les plantes. Et en fait, le son rend la vibration qui donne du mouvement à ces atomes. Et si on n'est pas aligné, si on n'est pas un bon légo, assez parfait du moment, les sons nous rappellent à l'ordre, à défaut de la pathologie. Donc, le son vient reproposer un arrangement, une harmonisation, et réparer ce qui... qui peut être réparée ou en tout cas rééquilibrée pour avancer encore la route.
- Speaker #0
Alors, j'ai direct envie d'ouvrir la porte du transgénérationnel. Parce que, pourquoi c'est venu dans l'étude de toutes ces alternatives et de toutes ces médecines plus douces ? Le mot traditionnel, il a l'air d'être commun, finalement, à toutes ces médecines. Pourquoi et qu'est-ce que vous mettez derrière ce mot justement ? J'ai envie qu'on le décrive un petit peu ensemble.
- Speaker #1
En découvrant les histoires de mes familles père et mère très compliquées, et à travers les stages que je faisais pour essayer d'aller mieux ou de retrouver de l'espace, de l'équilibre, de la confiance et de l'affirmation, je découvrais dans les questionnements et les exercices qu'on nous faisait faire, qu'est-ce qui était là chez moi ou de mes ancêtres. Effectivement, qu'est-ce qui était à transformer, les paquets qu'ils m'avaient laissés, que j'ai choisi en descendant ici pour ceux qui croient à l'incarnation, en tout cas moi j'y crois maintenant. de plus en plus. Et à partir de là, je suis remontée sur l'arbre généalogique des pères et des mères, des ancêtres, et de découvrir qu'est-ce qui était répétitif tant dans l'histoire des prénoms, des histoires des métiers, des histoires des maladies, des histoires des problématiques, de famille, de couple, des dits, des non-dits, des soumissions, des maltraitances, aussi bien féminines que masculines, et qu'est-ce qui fait que dans ma génétique et dans mon ADN, il y avait ça. Et qu'est-ce que j'avais à en faire ? Et je me suis dit, finalement... C'est passionnant et c'est riche quand on peut regarder ça différemment, on comprend mieux qui on est. qui on n'est pas, et comment on peut avancer avec les expériences de la vie, certains diront des horreurs, des cataclysmes, mais en même temps, si on arrive à se relever, on en tire des leçons. Chaque jour, même louper un métro, c'est quoi louper un métro ? Ça veut dire quoi ? Est-ce que c'est si grave ? Qu'est-ce qu'on fait de ce temps-là ? Et est-ce qu'on rencontre des gens différemment qu'on n'aurait pas rencontré autrement ? Il y a tout à regarder autrement.
- Speaker #0
c'est à dire que maintenant Vous arrivez à avoir un lâcher-prise de l'analyse, finalement ? Parce que quand on a accès à toutes ces infos, est-ce qu'on peut juste regarder un papillon voler ?
- Speaker #1
Presque. Je dirais pas tout le temps, tout le temps, mais globalement, assez facilement. Parce que ma mère était, par contre, du coup, de sa vie plus solitaire, même si elle a eu quelques belles aventures, d'hommes que j'ai trouvés magnifiques, mais pas forcément durables. Elle était toujours dans sa tristesse. Elle n'a jamais fait le deuil de certaines choses. Et moi, je disais, ben non, ça suffit, quoi. Il faut avancer, il faut arrêter de pleurer, il faut arrêter de regarder les choses difficiles. Qu'est-ce qui est quand même bien et sympa ? Et je pense qu'à contrepoids, j'ai toujours pris le regard, pas du déni, mais tout de suite, qu'est-ce qu'on fait de ça ? Et puis bon, mon caractère est là aussi, je pense. Et ça m'a aidée, ça m'aide même. Alors après, je suis vigilante, parce que quand je rencontre des gens qui sont fragiles et qui ont du mal de se réveiller ou d'accepter ce qu'ils sont, éventuellement, je vais plus doucement avec eux. Mais quand ils ne peuvent pas entendre, c'est que ce n'est pas leur chemin, ce n'est pas leur contrat d'âme, comme on dit. et d'essayer de les accompagner à vivre un peu moins douloureusement de ce qu'ils ont à vivre. Alors que moi, après, des fois, avec le recul, je ris aux éclats, mais pas toujours quand même. Pas tout de suite, je suis honnête là-dessus. Mais très vite quand même, c'est encore peut-être un gros emmerdement. Qu'est-ce qu'il enseigne ? Qu'est-ce qu'il me montre ? Est-ce que j'ai mes cartouches pour avancer avec ? Ou effectivement, je vais peut-être travailler là-dessus. Ça, je dois le lâcher. Et à ce moment-là, j'avance. Ou je me fais aider à nouveau. Moi, je suis toujours en thérapie pour moi. Moins lourde. mais je continue de me rencontrer
- Speaker #0
Oui parce qu'après je pense qu'une fois que vous mettez le nez dans tout ça,
- Speaker #1
c'est impossible d'en sortir On n'a pas envie Vous rencontrez un élève ou un patient un consultant on dit et en fait quand j'écoute la personne qui vient me déposer ses difficultés ou ses douleurs, j'entends ça va c'est bon, là je peux aider, j'ai réparé cette partie là ou là ça me fait encore un écho il y a un petit truc qui gratte je vais faire quand même Né ! Moi j'ai encore un fond de tiroir à nettoyer et donc à chaque fois, chaque soir je dis que c'est un cadeau
- Speaker #0
Le côté transgénérationnel et le fait de vieillir, est-ce qu'il y a un moment si on comprend mieux d'où on vient qui sont nos ancêtres quand on a la possibilité de creuser, est-ce qu'on peut avoir plus d'outils pour être en paix avec son propre vieillissement ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est une sacrée question. Surtout quand j'ai accompagné ma mère dans ses dernières années, ou après avoir fait, à un moment donné, en tant que consultant des études en EHPAD, des audits, et que je voyais tous ces humains en train de vieillir, et pas forcément bien accompagnés, pas écoutés, qui ne s'écoutaient pas, puis qui n'avaient pas pu faire ça dans leur vie non plus, parce que les vies d'avant n'étaient pas faciles, et on n'avait pas le temps d'aller chez le psy, ni de se soigner. On avait le médecin, médicaments, point. Mais travailler sur soi, comme on dit, se connaître autrement, Merci. Pourquoi il nous arrive ça ? Donc, au fur et à mesure, ça m'a bien aidée. Et au fur et à mesure, j'avoue que je suis assez contente de moi quand je me parle, quand je me regarde, quand je sais comment je prends soin de moi. Et ce n'est pas l'idée de ne pas faire mon âge, c'est l'idée d'appliquer tout ce que j'ai appris pour le transmettre et de voir comment je suis déjà le prototype de ces outils. Pour me dire, ça marche. Certains de mes enseignants sont encore aussi en très belle santé et magnifiques. On a des preuves. Bien sûr, on vieillit. Bien sûr, un jour, on va changer de plan, on va partir ailleurs. On reviendra peut-être, on va travailler encore. Mais d'accepter comment on vieillit, ça donne vraiment, je trouve, une autre image. D'ailleurs, quand on me demande mon âge, je ne sais plus, des fois, je calcule. Ou quand je croise des jeunes, je me sens encore jeune avec. Je n'ai pas l'impression de me sentir vieillir. Même le matin, des fois, c'est un peu dur, un peu raide. Ou si je me suis couché tard. Mais sinon, je me sens bien avec ce qui vient chaque jour. Et l'art de vieillir, je dirais que c'est... En venant là, on m'est trop liée. Comment je pourrais appeler, à nouveau, non pas l'art de bien vieillir, mais l'art de la sagesse. Non, non, c'est trop sage, c'est trop tranquille. L'art de la sagesse audacieuse, l'art de la sagesse périlleuse. Voilà. De jamais dire, c'est fini. Il y a toujours quelque chose. Parce que même au dernier moment, ou en regardant des gens comme Jean-Jacques Charbonnier, qui accompagne des gens qu'il a vus en coma, voyager, revenir, etc., il y a toujours d'autres mondes pour moi. Donc la notion du vieillir, physiquement, oui, mais si on peut faire attention à soi, bien vieillir, c'est quand même plus sympa, c'est vrai. Et puis accepter ce qu'on ne peut pas rénover. Mais si on l'accepte, je trouve qu'on peut trouver des... d'humour, ou en tout cas une autre attention à soi, une autre acceptation, et puis le faire accepter aux autres.
- Speaker #0
Est-ce que dans votre cabinet, vous... Parce que le podcast, c'est sur l'âge et la transmission, et là, on est en plein dedans, on aborde ces sujets-là. Est-ce que vous voyez... beaucoup de personnes plutôt âgées, plutôt jeunes ? C'est quoi les patients qui viennent vous voir, justement, pour explorer tout ça ? Est-ce qu'il y a une question d'âge ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que depuis une petite dizaine d'années, les gens sont plus jeunes. Au début, c'était plutôt 40-50. Parce qu'avant, je me disais, on n'a peut-être pas trop envie d'être curieux là-dessus. On vit, on s'éclate, on fait des loisirs, comme moi je faisais, d'ailleurs. Mais j'ai commencé peut-être à l'âge de 20 ans, parce que c'était déjà bien lourd. Et que ma mère peut-être... Vous pouvez m'aider à regarder ça comme ça. Et que je croisais des gens aussi de ce type. Et sinon, au cabinet, oui, maintenant, les gens qui viennent sont un peu plus jeunes. Je dirais 25, 30. Et des gens qui m'étonnent, qui disent, ben voilà, mais en plus, je bosse dans une boîte. J'ai fait des études. Ça ne me branche pas du tout. Je n'ai pas envie d'être un salarié. Il n'y a pas de sens. Et j'ai envie de faire autre chose. Puisque d'ailleurs, je suis malade. Donc, le dos se bloque. Je ne dors pas. J'ai des problèmes. J'ai envie de faire autre chose. Donc, c'est quoi ? Donc c'est des gens qui ont envie de se connaître un peu différemment. Et c'est pas une thérapie en tant que psy de fond, c'est juste j'ai envie de regarder la vie autrement et de donner un autre chemin à ce que je peux faire avec moi. Donc c'est des gens qui sont curieux de spiritualité, sans y mettre un vrai grand mot de religiosité ou quoi que ce soit. C'est quoi l'âme ? C'est quoi ? parler avec le monde subtil, c'est quoi parler avec les animaux, la communication animale, c'est quoi travailler l'intuition. Ça me vient beaucoup me chahuter, me titiller par rapport à l'IA. L'AI, c'est l'abondance intuitive. Parce que chez nous, on parle de ça. Et en fait, c'est des gens qui commencent à être animés, je dirais, un peu à la fois dans la matière et dans le subtil. Dans qui je suis sur la Terre et qui je pourrais être peut-être autrement. Avec le cœur, avec l'âme, avec une autre écoute. une attention ou simplement de tendre la main aux autres d'une autre manière ou de créer des métiers qui peuvent exister concrets et non pas... Parce que moi, quand j'ai fait ça au début en quittant l'entreprise, on m'a dit t'es un peu barrée, t'es mystique, compétée, j'ai entendu plein de choses. J'ai dit non, je m'intéresse à autre chose qui me paraît en tout cas plausible. C'est discret parce que c'était pas très connu il y a 30-40 ans quand je commençais déjà à flirter avec ça même en étant salariée. On me disait, oui, tu vas t'amuser un peu chez les clowns, parce que j'ai fait du stage de clown, mais des clowns, du coup, pour se connaître, qui travaillent ses émotions, qui travaillent ses racines, ses fragilités et puis ses forces, sa créativité, quoi. Comment on rebondit ? Non, les gens sont plus jeunes aujourd'hui et c'est vraiment le sens qu'ils ont envie de donner, tout en restant avec les leurs, ou du coup, des fois, ils changent d'amitié et de famille parce que c'est plus OK, alors qu'il ne faut pas tout casser non plus. C'est dommage. Comment on peut garder du lien ? Ou comment, temporairement, on peut peut-être dire un peu au revoir, puis on y reviendra après ? Ou on dira, de toute façon, c'était une famille que j'avais choisie, aujourd'hui, je trace ailleurs. Parce qu'il y a la famille d'amis, il y a la famille biologique, puis il y a la famille de l'univers. Et puis il y en a qui s'intéressent plus aux animaux, aux poissons, aux végétaux. Ils sont peut-être plus à l'aise avec ça. Moi, comme animal, ça fait quelques années, je trouve que c'est assez magique. Avec les végétaux aussi. avec les arbres. Là, je suis revenue d'un petit séjour d'une semaine avec un collègue. On a parlé avec le subtil et le concret de la sagesse et de la réincarnation, mais aussi en partant avec un tambour. On s'est arrêté avec un ami. On a fait un petit rituel auprès d'un jeune chêne dans une prairie sauvage et il nous a envoyé plein d'énergie, plein d'amour, plein de douceur. C'est ce qu'on ressentait en tout cas. Un âne dans un pré qui était tout seul, tout malheureux, pareil, un petit lien avec lui, une méditation. Il est venu se coller à mon ventre pendant un quart d'heure. Il me disait qu'il n'avait pas envie d'être tout seul et qu'il fallait lui soigner ses sabots. Donc, j'ai transmis au propriétaire et il fera ce qu'il veut. Je me sens des fois, pour certains, sûrement un peu à part. Puis d'autres qui sont déjà dans cet univers, c'est bien. On est nombreux quand même en thérapie.
- Speaker #0
Vous avez écrit un livre, Lise, Séni, Alzi. On comprend ce qu'il y a derrière ces mots, mais je veux bien que vous l'expliquiez. Justement, pour expliquer aussi le chemin que vous avez eu en tant qu'aidante de votre maman, qui est décédée en 2018, est-ce que vous pouvez nous raconter, justement, parce que vous avez parlé des cercles des aidants, comment ça s'est passé, qu'est-ce que vous en avez ressorti de tout ça ?
- Speaker #1
Avant de créer le cabinet, j'étais consultant, et donc j'avais différentes missions auprès des fonctions publiques territoriales, les collectivités, les pompiers, la PHP, etc. Et puis là-dedans, j'ai eu des missions d'audit d'EHPAD. Et j'ai découvert un peu comment ça fonctionnait et je me suis dit, ah là, c'est un métier déjà que j'aurais pas pu faire trop, plutôt extérieur un peu. Et en découvrant ce que c'était que ce métier d'aidant, donc soit de métier... Soit de famille, parce que les familles, elles ne peuvent pas venir trop longtemps en Ehpad. C'est trop dur en général, c'est lourd, ou elles sont loin. Puis plus la fin de vie approche, plus le miroir, quelque part, il est difficile à regarder, à entendre. Sauf quelques rares personnes qui sont vraiment passées au-dessus, qui sont passées par le pardon avant. Parce que je trouve que le pardon, c'est un grand moment à vivre et à partager. C'est pour ça que les départs sont plus faciles dans ce cas-là. On a pu se pardonner, même s'il y a de l'impardonnable. Mais du coup, de comprendre qu'est-ce qu'on est venu visiter dans notre incarnation par rapport à ce que cet ancêtre n'a pas pu transformer. Il a fait ce qu'il a pu, bien ou mal, mais du coup, on est venu apprendre quoi à travers ça. Et d'essayer de ne pas lui en vouloir. Même si le départ avec mon père, c'était beaucoup plus conflictuel. Mais j'ai compris à chaque fois pourquoi il ne pouvait pas me retendre la main telle que je l'aurais aimée, et en même temps d'accepter ce qu'il était, puisque je l'avais choisi aussi de là-haut, pour travailler ça, nous confronter. Donc ce livre, Lise, c'est un prénom qu'elle avait choisi dans un livre d'oracle d'une amie thérapeute.
- Speaker #0
C'était pas son prénom ?
- Speaker #1
Non, elle avait un seul prénom, c'était Geneviève, qu'elle aimait moyennement, parce qu'apparemment les grands-parents avaient imposé des prénoms qui n'étaient pas ok, et du coup les parents avaient dit non, ce sera Geneviève, point barre. Et puis en approchant au fur et à mesure cette fin de vie, j'ai dit mais si t'avais eu la possibilité de choisir d'autres prénoms, est-ce que t'aurais aimé, est-ce que t'aurais eu une énergie qui serait passée par là ? Et donc dans ce livre, elle avait choisi Lise. Voilà, donc j'ai gardé Lise. Et puis Séni et Alzheimer, Séni c'est plutôt pour sénilité, et Alzheimer. Et pour moi, en tant que thérapeute, ou en voyant un peu avec d'autres médecins qui la suivaient, qui l'accompagnaient, c'était plutôt de la sénilité, essentiellement, que du Alzheimer. Même si par moments, effectivement, elle décrochait, elle ne savait plus qui elle était. Elle nous a reconnus jusqu'au bout quand même avec ma fille, c'est plutôt que parfois... Bon, je voyais des nouilles cuites dans du café au lait, c'était pas terrible, ou que les vêtements n'étaient pas rangés, ou qu'elle mettait des affaires d'été en plein hiver, qu'elle coupait le chauffage, etc. Mais globalement, jusqu'au bout, elle avait sa tête. C'est plutôt que c'était l'âge et puis la guerre qui avaient fait qu'il y avait une mauvaise alimentation. Donc là, elle se rattrapait, mangeait du beurre à la petite cuillère, enfin des choses comme ça. Donc je dirais que j'ai eu envie, au fur et à mesure, en voyant décliner, de l'accompagner. Alors, en ayant fait ces études en EHPAD, je m'étais dit, non, jamais. ou le plus tard possible. Et elle m'avait fait faire la promesse de ne jamais la mettre dans ces structures-là, parce qu'elle avait participé à l'étude nationale que j'avais rédigée, elle me l'avait aidée dans toute cette compilation d'enquêtes. Elle avait déjà tout vu. Et elle avait travaillé un peu là-dedans aussi un moment dans sa vie. Et après, au fur et à mesure de ces années, trois grosses années difficiles de descente, de déclinaison, d'involution, nous on dit parfois. On évolue puis on involue quand on revient à notre casse départ, mais d'une autre manière, pas par le même chemin. Et en fait, c'était de relever ce qui était difficile chez elle pour nous, de la voir vieillir, avec des douleurs du corps, le corps qui se déforme, la perte de repères sur la toilette parfois, sur la nourriture. Puis des fois, tout allait bien. Pour nous, c'était comme s'il y avait des ballons d'oxygène qui réapparaissaient. Et nous, ça nous redonnait, moi et ma fille, on souffle, on se retrouve un peu comme avant. Donc ça, c'est chouette. Et puis des fois, ça redescendait. Et donc, à tour de rôle, on se relayait pour l'accompagner chez elle, puisqu'elle habitait en province, à 300 kilomètres de Paris. Donc, on a jonglé un peu sur nos agendas. C'était compliqué, panique. Il fallait prendre le train au dernier moment. Pendant ces trois années, mon agenda était très particulier. Et en même temps, je disais, je ne peux pas lui en vouloir parce qu'elle fait ce qu'elle peut. Et son idée, c'était de ne pas nous déranger jusqu'au bout. Alors, soit de l'aider à mourir plus vite, ce n'était pas possible. Et puis, de toute façon, je ne l'aurais pas fait. Et je pense que si la loi d'aujourd'hui avait existé, je ne suis même pas sûre qu'elle ait eu envie de le faire. Donc, j'ai une amie qui a été une de ses amies de son âge. qui l'a faite il y a 2-3 ans, qui est partie en Suisse, qui l'avait préparée. Là, à la fois, elle était déçue de voir comment le corps nous abandonne au fur et à mesure, comme il peut, comment elle n'avait pas pu se soigner suffisamment, parce qu'avec le régime d'après-guerre et guerre, c'était bien sûr déjà des génétiques qui avaient souffert, pas de nourriture, pas de soins, etc. Mais je trouve qu'avec un cancer à 40 ans bien guéri, elle s'en était quand même bien tirée à presque 90 ans. Et que finalement, elle nous a donné un bel enseignement. Donc, accepter d'être aidant avec les moments difficiles, accepter qu'on peut faire du burn-out et se faire accompagner, parce que sinon, l'égout, ça ne sert à rien. On plonge et on peut plonger plus vite. Moi, des fois, j'ai vu des aidants qui partent avant la personne qui les accompagne. C'est quand même terrible. Ou qui sont en très mauvais état et qui partent vite après. Il faut pouvoir rester soi. Et ne pas devenir le parent de son parent, rester son enfant, tout en étant l'adulte qui donne des règles, des consignes, qui met de l'autorité, qui fait la toilette, qui part dans les délires du moment, parce que finalement, c'est le seul moyen, des fois, d'avoir le dialogue, de rester connecté, et de jouer avec ça. Et du coup, on riait beaucoup en dehors avec ma fille, on disait, qu'est-ce qu'on a inventé cette fois-ci ? Avec qui on a discuté ? Ah non ! Donc voilà, j'essaye de mettre dans ce livre plutôt des moments où on a transformé un peu la maison comme on a pu, les petites astuces, les trucs plus compliqués qui ne marchaient pas, et de regarder ça plutôt comme des anecdotes et qu'est-ce que ça nous a appris à lâcher. Et puis de pardonner au fur et à mesure tout ce qu'on n'avait pas pu recevoir ou avoir avec elle. Puis de choisir quoi après. Et puis la vente de la maison, vider la maison, prendre le temps, faire le deuil en même temps un peu plus. Et puis de l'accompagner vraiment bien. Et je sais que des fois, elle est souvent là dans mes rêves, elle m'envoie encore des messages.
- Speaker #0
Et en plus, c'est une aventure que vous avez vécue intergénérationnelle ?
- Speaker #1
Transgénérationnelle, carrément. Non,
- Speaker #0
on dit trans pour le coup, mais on ne dit pas inter, le fait qu'il y ait eu...
- Speaker #1
Il y a eu les deux, parce que ma fille, du coup, étant derrière, donc il y avait moi, enfin ma mère, moi et ma fille. Donc là, on est surtout la descendance. Et avant, je questionnais encore pour essayer de savoir... peu ce qui s'était passé dans les vies d'avant. Tant qu'elle avait encore sa tête, moi je continuais de creuser sur l'histoire de la famille. Et c'était un beau cadeau parce que qu'est-ce qui n'a pas pu être fait dans les vies d'avant des ancêtres ? Qu'est-ce qu'on a pu faire là ? Et qu'est-ce qu'on fera après ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce que fera ma fille avec moi. Mais en tout cas, c'est de regarder cette fin de vie autrement. Et quand même avec de la gratitude parce que des moments qu'on réinventait. Parce que c'est une manière de survivre. Sinon, on plonge, on pleure. Bien sûr que des fois, je partais dans la salle de bain de l'autre côté, je hurlais à fond. Puis après, je revenais, j'avais lâché. Bon, allez, on reprend le sujet, on passe à autre chose. Et tout va bien. Mais non, je me suis fait accompagner beaucoup quand même. Moi aussi, j'ai plongé. Et après, j'ai dit, c'est nécessaire. Donc, les aidants doivent être accompagnés.
- Speaker #0
Donc, c'est un livre à mettre entre les mains des aidants, des personnes aussi qui vieillissent et qui se posent des questions. Parce que votre maman semblait aussi... réfléchir beaucoup à sa fin de vie et de questionner aussi ses propres choix et son souhait de partir ?
- Speaker #1
Pour elle, c'est son souhait de partir et de partir plutôt digne, pas attendre d'être comme elle disait, dans une dégradation physique et psychologique. Et alors je te riais aussi parce qu'elle disait mais quand j'ai soigné des personnes âgées parce que des fois je faisais un peu d'argent pour arrondir ma retraite, moi je voyais bien ce qu'il fallait faire pour les gens. Mais je disais t'as pas à imaginer qu'à l'époque quand tu allais aider des personnes âgées chez elles pour soulager la famille quelque part, tu t'enseignais déjà ce que tu allais peut-être être un jour. Ah mais non, non, mais jamais de la vie. Mais tu n'as pas question que ce soit ça. Puis d'abord, je n'ai rien vu de ça. Pourtant, l'univers t'a montré plein de fois, t'as aidé beaucoup de gens, mais tu y allais en tant qu'extérieur. Tu ne t'es pas impliqué. Et c'était drôle de lui rappeler ça, qu'elle ne voulait pas entendre. Têtu, courageux jusqu'au bout. Je ne lâcherai pas.
- Speaker #0
Lise, on a une pensée pour vous.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'elle était OK qu'on l'appelle Lise à la fin ? C'était la manière dont vous l'appeliez ? Non,
- Speaker #1
je ne l'appelais pas forcément Lise, mais elle était OK, parce qu'elle aimait bien. La résonance, je pense, lui plaisait plus que Geneviève. Quand on regarde en généalogie et en histoire, c'est lourd Geneviève.
- Speaker #0
Alors que Lise ? Dans les prénoms,
- Speaker #1
c'est plus lisse, plus léger.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut revenir maintenant sur l'intuition ? Parce que l'intuition, si Lise nous permet d'aller maintenant sur ce sujet, c'est quoi derrière ce mot ? C'est quoi justement ? Parce que je sais ce que c'est l'intuition, mais ça a l'air d'être un concept assez fort chez vous, et en tout cas quelque chose qui amène autre chose que la simple définition de ce mot.
- Speaker #1
Qui résonne,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
L'intuition, il est venu pour moi dans ce que je découvrais de la vie, de ce que l'univers me permettait au fur et à mesure de la synchronicité. donc un événement je disais oui, je disais non ou je râlais sur un truc ou je ruminais sur une horreur que je venais de traverser puis derrière quand je disais ok il y avait comme une récompense une récompense d'une autre proposition ou d'une ouverture avec une nouvelle personne que je croisais ou de l'activité et je me dis bon peut-être que j'ai lâché quelque chose, ça veut dire quoi et puis en médecine chinoise on parle beaucoup des cinq sens, des cinq éléments entre autres avec plein d'autres approches. Et puis, en fait, en regardant tout ça différemment, je me suis dit, ben oui, ces cinq sens, ça fait partie de l'intuition, puisque la clairvoyance, la clairaudience, la clairsentience, je ne parle pas du gustatif, mais ça en fait partie. Enfin, nos cinq sens sont déjà, pour moi, des antennes de l'intuition. Et les gens qui sont clairvoyants, clairaudience, clairsentients, ils sont déjà hypersensibles. Alors, on ne parle même pas des hypersensibles aujourd'hui. qui sont nombreux et conséquents. Mais du coup, pour moi, c'est vraiment ces sens de l'humain. auxquelles on ne fait pas forcément attention, ou pas assez. Et je pense que les chamanes, les femmes médecines, les hommes médecines, ils n'appellent peut-être pas ça comme ça, mais leur intuition, elle est là. Un des sens, ou plusieurs de leurs sens, sont hyper développés, ou leur permettent d'être attentifs à.
- Speaker #0
Ce qui fait qu'au fur et à mesure, en creusant cette médecine chinoise qui me passionne et qui m'a soignée, qui me soigne encore, finalement, je me suis dit que c'est à travers ça que j'ai envie de transmettre cette notion d'intuition. Donc, de comprendre comment on a notre intuition à nous, à travers nos sens, le sixième, le septième et peut-être d'autres encore. Qu'est-ce que c'est que la méditation ? Qu'est-ce que c'est que prendre soin de soi ? Et du coup, si on allège des complications d'organes qui portent un des sens, on va peut-être développer aussi cette intuition-là différemment. Et puis après, tous les arts qui vont avec, puisque sur les cinq sens, que ce soit la danse, l'écriture, la peinture, le chant, la sculpture. Enfin, moi, j'ai fait tout ça aussi pour me faire plaisir et je m'en sers dans les ateliers, dans les approches. Forcément, il se passe quelque chose. C'est comme si ça permettait au mental de lâcher. Et d'ailleurs, ce collègue Sophie, qui m'avait enseigné beaucoup aussi là-dessus, sur l'approche de la mort et les stages qu'on avait fait ensemble là-dessus, C'était... Quand il y a trois des sens qui sont au moins occupés, le mental lâche, et là l'intuition peut venir. Si en même temps on regarde quelque chose, on est attentif, mettons, à une odeur, ou on touche en même temps un papier ou un bouquin, là le mental est déjà moins prioritaire. C'est plus lui le dictateur. Et à partir de là, il peut venir des informations subtiles.
- Speaker #1
Donc ça peut se travailler ?
- Speaker #0
Ça se travaille, ça s'entraîne. Tout le monde a une intuition, quelle qu'elle soit, peut-être sous plusieurs formes. Mais c'est le mental aujourd'hui. Il y a, je dînais avec un ami qui veut venir au stage d'intuition, qui est très scientifique, qui me dit, moi j'ai envie, parce qu'effectivement, on nous apprend beaucoup dans nos écoles à travailler le mental. Mais parfois, je sens que ce n'est pas forcément juste ce que je fais. Ou je mouline, mais en même temps, ce n'est pas le résultat que j'aurais aimé. Et il dit, je pense que l'intuition va me servir. Et oui, puis à travers tous les stages que j'ai faits, ou les gens que j'ai rencontrés, j'ai découvert des tas d'autres approches. Pour sentir le corps et les informations, les réponses subtiles, il y a des choses étonnantes et parfois qui paraissent tellement ridicules. Mais si on s'y met, on s'y colle, il y a une réponse. Et une réponse subtile. Donc, même si je dis n'importe quoi, par là on parle de musique. Et si je dis, si c'est juste pour moi en sortant, je vais peut-être voir des affiches plus sur la musique, un concert bientôt, ou quelqu'un qui va parler à... quelqu'un de la famille à côté de moi dans le métro et qui va parler musique. Ça veut dire que là, peut-être, je suis juste. Ou quand je me promène, je vais croiser des plumes par terre, que ce soit en forêt ou dans la rue, je me dis, à quoi je pense à ce moment-là ? Ah, effectivement, c'est juste. Ou les heures miroirs, il est 15h15, à quoi je pense ? Ah, c'est assez juste, effectivement, c'est ce qui me va, là. Si c'est 15h51, c'est que là, la pensée n'est pas bonne. Par exemple, même une recette de cuisine, je fais un truc, je mélange, j'invente. J'ai dit, il est 15h15, ça va être une bonne recette pour moi. Si 15h51, c'est pas que je vais être malade, mais c'est peut-être pas celle-ci qui va m'apporter le plus de nutriments ou de meilleurs. C'est pas être obsédé par ça, c'est justement laisser venir et observer. Et j'ai pas mal d'amis et de collègues qui me disent, en ce moment, j'en ai plein tous les jours, tous les jours. Je dis, tu lâches ton mental, t'observes autrement le visible.
- Speaker #1
Mais c'est marrant, je pense qu'on est dans une bascule aussi. De plus en plus, maintenant, on a été entraînés et biberonnés à la performance très tôt dans nos vies et à justement muscler notre mental et à le laisser avec ce qui soit fort. Et ça a même accompagné, je pense, des luttes féministes aussi,
- Speaker #0
si on raccroche tous les wagons.
- Speaker #1
C'est marrant. Et là, maintenant, on entend beaucoup ça, de dire, justement, cette part de l'intuition qui doit venir et se lâcher finalement.
- Speaker #0
Redécouvrir cette base de matière qu'on a. Et comment on peut s'en servir autrement ? Comme un vin, parce que je vois les affiches de viniculture dans votre espace. Un vin, il a des odeurs. Une fleur, elle a des odeurs. Ça ne s'enregistre pas, mais en même temps, ça va éveiller chez quelqu'un. Soit une réaction, soit une pensée. Et qui va être différente chez chacun. Et puis d'autres, rien du tout. Parce que ce n'est pas ça qui va lui parler. Et donc l'intuition, pour moi, je trouve que c'est à l'heure. De plus en plus, d'ailleurs, je vois plein de stages et de sujets qui sont là-dessus depuis quelques mois, voire presque deux, trois ans. Peut-être par rapport à l'IA, ne pas perdre son intuition naturelle pour encore mieux utiliser ces outils de technologie que l'homme a quand même créé avec une part d'intuition, en tout cas de technique et de réflexion et de mental et de connaissance, et de savoir comment on va s'en servir vraiment pour garder son intuition. Parce que si on confie tout à la réponse automatique, c'est dommage, alors que ça, c'est magnifique.
- Speaker #1
C'est super intéressant.
- Speaker #0
Mais les deux utilisés ensemble peuvent être, je pense, merveilleux. Mais il faut d'abord respecter ce qu'on a comme base et le cultiver. On cultive un jardin, il n'y a pas de mauvaise herbe, c'est juste de regarder pourquoi là il y a plus tel type de plantation qui prend l'espace, alors qu'avant elles n'étaient pas là, elles ont l'air de tout envahir, c'est que les autres laissent la place, ou elles sont plus faibles, ou il y a une terre qui a changé. Ça va être pareil avec notre capacité et nos capacités.
- Speaker #1
Donc l'IA, elle est là.
- Speaker #0
Voilà. Et puis l'AI, comme je dis, l'abondance de l'intuitive qui est là. Elle doit être motivée. Elle est vraiment encore plus pour moi, parce que c'est le moyen d'être encore plus en accord avec ce qui se passe dans la société. de rester un humain complet, voire performant. Parce que sinon, c'est la performance technologique.
- Speaker #1
Oui, ce n'est pas ce qu'on souhaite.
- Speaker #0
Pas autant, en tout cas.
- Speaker #1
Non. Je parle souvent des rêves et des désirs dans mon podcast. J'ai envie de vous poser la question. Carole, c'est quoi vos rêves et vos désirs ?
- Speaker #0
Mes rêves, c'est de continuer à pouvoir prendre soin de moi de la meilleure manière qu'il se soit, avec tout ce que je peux expérimenter, qu'il est bien ou pas bien. De toute façon, je m'en rends vite compte. Ou je suis malade, ou ça me plante, ou ce n'est pas forcément merveilleux. Et puis les désirs, c'est de continuer d'être curieuse de la vie, de pouvoir rencontrer tous les gens, les lieux, les animaux, les végétaux qui m'animent et qui me font me surprendre. Et en me disant, je ne savais pas que là aussi je pouvais ressentir ça, ou là ça me fait du bien, demain c'est fini. Bon, ok, mais au moins j'ai profité de ça. Et mes rêves et mes désirs, c'est de pouvoir continuer de m'étonner moi-même. La sagesse, comme on disait, audacieuse. Oui,
- Speaker #1
c'est un beau terme.
- Speaker #0
Non pas l'art du bien vieillir, mais l'art de la sagesse audacieuse.
- Speaker #1
Le bien vieillir, j'utilise très rarement. Je trouve que c'est pas...
- Speaker #0
C'est dur.
- Speaker #1
Oui, ça marche pas trop.
- Speaker #0
Et puis ça pénalise le vieux, vieillesse.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Je trouve qu'il faut le réinventer. Donc la sagesse, non, pourquoi pas. Mais la sagesse peut être à tous les âges. Et puis il peut y avoir des sagesses pimentées, aiguisées, pleines d'aromates.
- Speaker #1
Complètement. Et se laisser surprendre.
- Speaker #0
C'est indispensable.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous mettez derrière le mot encore ?
- Speaker #0
C'est encore justement tout ce piment de la vie. Ce piment de me sentir des forces. Même si elles évoluent, elles sont différentes, physiquement c'est clair. Et en même temps, comment à chaque fois je peux encore retrouver de la ressource entre ce que je sais, ce que j'utilise, ce que j'enseigne, ce que je pratique, pour avancer encore différemment. Et en même temps, de me surprendre. Pas dans la performance, c'est « Ah, je peux faire ça aussi autrement. » Et puis de le partager, d'oser chacun, d'oser tous. Ça ne marchera pas pareil pour tout le monde, heureusement.
- Speaker #1
Est-ce que vous faites magnifiquement bien ? Vous transmettez beaucoup de choses. J'ai l'impression que la transmission, c'est important aujourd'hui pour vous.
- Speaker #0
Et puis, ça fait partie de mon thème. Visiblement, on me le dit à chaque fois que je révise un peu les thèmes avec différentes personnes. On me dit, non, non, toi, c'est la transmission, l'information. Sinon, on ne va pas te louper là-haut. Effectivement, si je ne fais pas, il va me mettre quelques croix de pied. Et j'adore faire ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut schématiser en se disant qu'on arrive sur Terre avec une mission ? À un moment, on ne la découvre pas. Et si on la découvre, qu'on ne la remplit pas à 100%, on nous rappelle régulièrement qu'on n'est pas en train d'être...
- Speaker #0
Oui, j'oserais dire ça. Avec bonheur, il faut le regarder, les petits croche-pieds. Tu n'as pas fini ça ou tu n'as pas transmis ça. Bon d'accord, je vais m'y coller. Mais par contre, moi, j'aime bien dormir la nuit. Mon dernier rêve, ce serait de pouvoir dormir que 4 heures à peu près par nuit pour pouvoir écrire plus, peindre plus, peindre mes tambours plus. Enfin, j'ai besoin de sommeil, donc j'accepte.
- Speaker #1
Vous avez besoin de combien d'heures de sommeil ?
- Speaker #0
En moyenne, il faut bien 6 heures.
- Speaker #1
Ça va !
- Speaker #0
J'aimerais bien faire plus de choses. Pour moi, je n'ai jamais assez de temps pour faire tout ce qui me passionne. Donc c'est un peu le piège de choisir. Bien sûr, je me vois bien m'arrêter un jour, mais être active avec tout ce que j'ai envie de transmettre ou d'expérimenter, avec plaisir, même si c'est un petit pas au fur et à mesure. Au moment, c'est encore des bons grands pas.
- Speaker #1
Oui. Ah oui ! Je mettrai le lien de votre site pour découvrir un peu ce que vous faites et les différents types d'accompagnement pour aider les gens à mieux être. On peut peut-être le dire. Je l'ai vu sur votre site. Je me permets d'utiliser l'expression. Merci pour tous les enseignements que vous avez donnés aujourd'hui. Les portes ouvertes, en tout cas, qui peuvent être des clés de compréhension différentes de ce qu'on a l'habitude de voir ou de faire. Et surtout, dans une société actuelle qui ne va pas bien, Ça peut être nécessaire aussi déjà de se reconnecter à soi, de comprendre notre mission, ou si ce n'est pas notre mission, mais ce qui nous fait du bien, ce qui nous enracine, ce qui nous fait bien tenir droit sur nos deux jambes, l'alignement, tout ça on en parle, pour être mieux avec les autres aussi. Est-ce que vous auriez un dernier mot à transmettre à des personnes qui écoutent cet épisode et qui se ressentent soit mal-être ou qui ne se sentent pas bien dans le fait de vieillir ou de parler de vieillesse ? Est-ce que vous auriez quelque chose à leur transmettre ?
- Speaker #0
Comment se regarder, que ce soit dans la glace ou à travers les autres, en osant s'habiller comme on en a envie, se rendre beau, même avec les sous-vêtements. Je vois des femmes, des grand-mères qui des fois s'achètent des choses magnifiques. C'est que pour elles, elles se sentent belles encore et c'est chouette. Se maquiller si on a envie ou en tout cas prendre soin de sa peau au mieux, bien manger. Et puis rester par contre beaucoup en lien avec d'autres personnes. Ne pas s'isoler. Et accepter de vieillir en disant que de toute façon, à un moment donné, on va rencontrer encore d'autres familles là-haut, qu'on va peut-être redescendre, retrouver d'autres. Donc que le chemin n'est pas fini et que c'est ça la belle surprise. Et que peut-être des fois on s'en rappellera maintenant un peu plus ou que l'intuition viendra nous retoquer aux oreilles. Il y a eu ça avant, il y aura peut-être ça encore après. De jamais se laisser abandonner. Ne pas s'abandonner soi-même. Quel que soit l'âge et la façon dont on se regarde.
- Speaker #1
On va rester là-dessus parce que je trouve que c'est un très beau message à faire passer à des personnes qui pourraient avoir des moments de doute. C'est un épisode aussi très joyeux qui montre qu'on a la capacité aujourd'hui de comprendre d'où on vient pour peut-être être mieux dans son présent et apprécier le futur. Et quand je parle de futur, quand on parle de vieillesse, oui, c'est accepter aussi qu'il y a la mort qui peut venir. Mais la mort, qu'est-ce que ça veut dire ? La questionner, la préparer, comme vous avez fait aussi à certains moments avec votre mère en tant qu'aidante, fille, accompagnée de votre fille aussi à vous. donc cette aventure trans et intergénérationnelle qui était magnifiquement dite et qu'on prendra plaisir à lire dans votre livre. Je mettrai le lien aussi, je répète le titre comme ça ça permet de répéter le prénom choisi de votre maman. Donc Lise, Séni et Alzi, collection savoir-faire. Voilà, je mettrai le lien pour pouvoir comprendre un petit peu plus votre chemin. Et puis le lien vers votre site pour celles et ceux qui seraient intéressés d'en savoir plus. Oui,
- Speaker #0
puisqu'il y a des idées qui viennent, même sur la mort. Je pense que je vais reprendre à un moment donné des... Les ateliers sur la préparation de la mort. Parce que ça compte de regarder ça avec plutôt le sourire. Parce qu'il y aura d'autres passages, même si on a du mal d'y croire. Et du coup, ça donne tout de suite plutôt le sourire que la peur.
- Speaker #1
Oui, complètement. Moi, je réenchant de la vieillesse. Je réenchant pas encore la mort. Mais bon, ça peut être une thématique un jour conjointe. Merci Carole d'être venue au micro.
- Speaker #0
Merci infiniment Claire. C'était très chouette d'être là.
- Speaker #1
Je pense que les gens vont entendre qu'on a eu beaucoup de sourire et de plaisir à échanger ensemble.
- Speaker #0
de partager avec les générations.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
je me sens à nouveau.
- Speaker #1
Et puis là, vous avez coché la classe transmission, donc vous êtes bien avec votre mission. Merci beaucoup. D'ailleurs, dans transmission, il y a mission. Si on étudie, moi j'adore aussi étudier le...
- Speaker #0
Le langage des oiseaux.
- Speaker #1
Eh bien, on va raccrocher, mais on va continuer de discuter. Merci Carole. Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère qu'il vous a plu. Si c'est le cas, gratifiez-le d'un maximum d'étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Et surtout, parlez-en autour de vous. Et pour suivre les coulisses, retrouvez Encore sur Instagram. A bientôt ! Orsérie d'Encore, Orsérie d'Encore.