- Speaker #0
D'aussi loin qu'elles se souviennent, Juliette a toujours eu peur de donner naissance. Et pour ajouter à ça, en début de grossesse, son médecin lui a annoncé qu'à cause d'un problème de santé, il lui serait impossible d'utiliser la péridurale. Dans les prochaines minutes, Juliette et son amoureux Samuel nous racontent leur aventure avec humour et complicité.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ! Tadoula Osteo, Annie Perret.
- Speaker #0
J'ai le plaisir d'accueillir Juliette et Samuel qui viennent nous raconter la naissance de leur fils. Bonjour à vous deux.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #3
Bonjour.
- Speaker #0
Alors là, je suis curieuse. Pour commencer, avant même que vous commenciez votre préparation, avant même que vous commenciez à être plus concrètement dans votre préparation à l'accouchement, au moment où vous vous êtes dit, ok, ça y est, l'accouchement s'en vient, c'était quoi votre image mentale d'un accouchement ?
- Speaker #2
J'imagine à l'hôpital péridural. Moi, j'ai choisi le suivi médical parce que je ne voulais pas me priver de la possibilité d'une péridurale. Finalement, j'ai accouché naturellement. J'étais intéressée par les sages-femmes. J'ai appelé et quand ils m'ont dit, vous savez que si vous faites ce choix-là... pas d'accès à la péridurale, puis moi, ça m'a fait angoisser, puis c'était comme... Il n'y a pas eu de réflexion, là. C'était comme non, non, non. Mais oui, l'image, au départ, c'était comme la femme qui crie, qui est comme assise sur le lit, en sueur, qu'on éponge, puis qui souffre, là.
- Speaker #0
OK, c'était ça, ton image, là, à part ?
- Speaker #2
Oui, avec plein de personnel médical autour des machines, des fils, des trucs, là.
- Speaker #0
Intéressant. Puis toi, Sam ?
- Speaker #3
Moi, c'était à peu près pareil. avec le mec qui est à côté qui tient la main là, c'est tout il met un petit chiffon là et là quand vous avez su,
- Speaker #0
est-ce que c'était une grossesse qui était planifiée ou ça a été une surprise ? c'était planifié avez-vous travaillé fort ?
- Speaker #3
pas du tout ça Samuel est un peu déçu ça a été très rapide quand même Quelques mois, genre ?
- Speaker #2
Oui, ça a pris 3-4 mois.
- Speaker #0
Ça a été rapide.
- Speaker #3
Sans être à fond sur la tâche, entre guillemets. En étant un petit peu relaxé avec ça, ça a cherché vraiment nécessairement.
- Speaker #0
Parfois, quand ça arrive plus vite, on est un peu surpris, bousculé. Est-ce que ça a été votre cas ou vous avez tout de suite fait wow, c'est merveilleux, on est prêts
- Speaker #2
Je me rappelle d'une selfie qu'on a prise avec le test de grossesse le soir même. On était quand même un peu… On était comme un peu, tu sais, genre, excités, apeurés, fébriles, genre. Moi, le vertige m'a prise quand même. Puis, tu sais, j'ai fait de l'insomnie les deux premières semaines. J'étais quand même angoissée. Contente, mais c'est comme si, oh, c'est devenu vrai, là. Les autres étaient là, tu sais, comme on riait, mais un peu paniqués, mais contents. En tout cas, c'était ambivalent. C'était pas de la pure joie. Je comprends. J'ai eu de la peur quand même.
- Speaker #0
Et là, est-ce que vous vous êtes installé rapidement dans la préparation à l'accouchement ou vous avez savouré la grossesse un peu avant d'arriver à cette étape-là ?
- Speaker #2
Ça a été comme les dédales de trouver le suivi au début. Les dédales. Ce n'était pas si pire que ça, mais il y a eu quelques appels. Au début, tu ne sais pas trop vers où t'orienter. Tu ne sais pas comment ça fonctionne, qu'est-ce que les femmes font d'habitude. Heureusement, j'avais des amis qui n'avaient pas vu le chemin avant.
- Speaker #3
Moi, ce que je connaissais, c'est juste des cours de préparation à la médecine. Ça ne me chame pas ce que c'était.
- Speaker #2
Oui, mais ça me vient en fait. C'est parce qu'on se rappelle l'histoire de la péridurale. Moi, il faut savoir que je suis quelqu'un qui aime les médicaments. Si on me dit prenez ceci Je le prends avec centraux de méfiance. J'aime ça, tout ce qui peut me soulager, je le prends. Donc, la péridurale, ça me rassurait beaucoup, cette idée-là. Et dans le suivi, au fur et à mesure, assez rapidement, on me dit... La grossesse était assez normale, mais il me manquait des plaquettes. Mais ça, c'est un problème que j'ai depuis longtemps, qui ne m'occasionne pas vraiment de difficultés. Mais le médecin me dit, ça se peut que vous ne puissiez pas avoir accès à la péridurale.
- Speaker #0
Oh my God !
- Speaker #2
Panique complète. Et c'était pas clair, mais tu sais, puis c'était assez en début de grossesse, parce que j'avais plusieurs prises de sang pour suivre l'évolution, parce que quand t'es enceinte, tes plaquettes baissent et tout ça. Puis je pense que c'est là que ça a commencé. Parce que le fait de penser que je pourrais ne pas y avoir droit, moi ça m'a angoissée. Puis là je pense qu'à ce moment-là, on s'est mis à chercher. Bon, les accompagnantes, on a entendu dire qu'il fallait se dépêcher, ils sont voulants en avoir une. Finalement, on en a trouvé une avec Alternative Naissance. Puis c'est un peu par ce chemin-là qu'on est tombés sur toi.
- Speaker #0
Moi, le souvenir que j'ai, j'ai l'impression que la première fois qu'on s'est parlé, vous étiez à la recherche d'un médecin. Est-ce que ça se peut ? Et là, je vous avais envoyé. Vous cherchez un médecin. C'était ça. C'était ça, votre première étape. On avait passé. Je me souviens, j'étais assise dans mon lit. C'était le soir. J'étais sur bord d'aller me coucher. Et là, je vous avais envoyé la liste des médecins pour que vous puissiez trouver un médecin.
- Speaker #2
On était quand même perdus. C'est vrai.
- Speaker #3
Oui, on était perdus. Il y a combien de temps ? C'était en mars, dans mes souvenirs. On t'a parlé la première fois. Et là, on était... OK, tu nous as donné tellement d'infos, c'était super cool, mais on était presque overwhelmed, là. Donc, on a cherché là doucement après de notre côté, mais c'est après qu'on est revenus vers toi. Je me rappelle, on a un peu... Ah, tout ça, il faut faire tout ça, oh là là !
- Speaker #2
Oui, c'est là où on avait la peur quand même un petit peu. On n'était pas totalement zen.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que ça rajoute du stress en début de grossesse au Québec de devoir choisir vite ton suivi. trouver vite un intervenant. C'est comme si on ne peut pas tant que ça savourer ce moment-là. On est plus dans vite, vite, vite,
- Speaker #2
vite. Tu sais, savoir vite, moi, ça m'intéressait, les sages-femmes, j'avais envie de faire un suivi. Déjà, il faut que je décide au début, début. Je suis à sept semaines de grossesse. Je l'avais eu la péridurale ou pas, mais tu sais, je vais accoucher dans neuf mois. Ça ne fait pas de sens de choisir à ce moment-là. Mais bon, je comprends, le système est fait comme ça, mais c'est vrai que c'est stressant, toutes ces prises de décision-là, déjà.
- Speaker #0
Et là, vous embarquez donc dans votre préparation à l'accouchement. L'accouchement se rapproche. Comment ça se passe ? Est-ce que l'anxiété monte au fur et à mesure que les semaines avancent ? Ou au contraire, comment ça s'organise pour vous deux ?
- Speaker #2
Moi, j'avais peur d'accoucher depuis vraiment longtemps, depuis que j'étais jeune. Pourtant, je ne sais pas d'où ça me venait. Il n'y a pas eu d'accouchement particulièrement traumatique dans mon entourage ou quoi que ce soit. Je pense dans les films, les émissions. J'avais peur. J'ai toujours eu peur de la douleur. Peur de l'accouchement, ça va avec. Je pense que j'ai eu une petite montée d'anxiété quand on était dans les vidéos. Au début, je le vivais un peu comme une tâche. C'est sûr que t'as comme l'image classique du cours où l'homme est derrière toi, assis par terre. Vraiment le classique qu'on voit dans tous les films avec la petite madame qui nous donne le cours.
- Speaker #3
Éventuellement dans la piscine.
- Speaker #2
Au genre ?
- Speaker #3
C'est une petite piscine dans la piscine. Avance ma chérie !
- Speaker #2
Avec un petit bébé en plastique. Bon. C'est sûr qu'on avait ça comme idée, pis c'est comme si, quand tu l'as jamais fait, tu réalises pas que tu... je sais pas comment expliquer... ben d'un, tu sais pas c'est quoi, mais tu comprends pas pourquoi tout c'est court. Tu sais, je me rappelle, nous on était un peu... on a eu des moments où on disait, bon là, ce sera, on regarde des vidéos, telle telle affaire, pis des fois on était un peu fatigué, on était un peu comme... on le vivait comme une tâche un peu, mais finalement on apprenait toujours quelque chose, mais c'est comme si tu réalises pas que tu dois te préparer au temps. Puis finalement, ça a vraiment été payant pour nous de le faire, mais il y a comme une petite partie de moi qui aurait pu... Tu sais, si on n'avait pas été mis sur ton chemin avec tout le matériel que tu nous as fourni, je pense qu'on ne se serait peut-être pas autant préparé. Puis peut-être que ça se serait passé différemment. Donc, moi, j'ai eu une montée de stress quand on le faisait, peut-être à 7-8 mois, quand tu es plus dedans. Mais je pense vers la fin, c'est tellement bien fait qu'en fait, tu es tellement incommodée physiquement. Moi, je n'ai pas eu des gros problèmes comme tel, mais tu ne dors pas bien. C'est vrai que tout le monde dit ça, mais c'est vrai qu'à un moment donné, tu veux qu'il sorte. Puis oui, c'est vertigineux, mais c'est comme, on n'a pas le choix. Le stress, c'est quand même... C'est même à la fin, j'avais hâte d'accoucher. Je me rappelle, j'étais déçue, j'ai accouché à 42 semaines, 41 et 5 jours. Puis tu sais, j'étais comme un peu presque déprimée. Les derniers jours, tu sais, que ça venait pas. J'avais hâte que ça vienne, puis qu'on y aille.
- Speaker #0
Est-ce que t'avais des doutes ? Est-ce que tu disais, ça y est, ça arrivera jamais ?
- Speaker #2
Bien, en fait, j'avais peur d'être déclenchée. parce que là, c'est tout ça qu'on apprend, parce que là, on apprend tellement de choses quand on se prépare comme il faut à l'accouchement que tu comprends les risques potentiels de chaque intervention, puis ça vient justement peut-être avec un peu de stress, tu sais, c'est ça, t'es pas naïf, là. Moi, j'avais peur d'avoir plus mal en étant déclenchée puis que ça entraîne une série, bon, d'interventions.
- Speaker #0
C'est très rare en milieu hospitalier qu'on nous laisse aller jusqu'à quand t'es une semaine et 5-7. En général, bon, il y a six points de déclenchement, 41, 41 et 2, 3 jours. Ça a été quoi le miracle qui vous a permis d'aller jusque-là ?
- Speaker #3
C'était pas 45 jours ?
- Speaker #2
Ben c'est ça, j'ai comme un ou deux. Je deviens amnésique. Je pense que tu as raison. Oui, en fait, on avait quand même une médecin. Elle était assez relax. Durant même tout le suivi, une fois, elle m'a fait un examen et c'est moi qui l'ai demandé. Elle a dit, on peut ne pas le faire. Elle a dit, ça se peut que tu sois déçu. Je pense que j'étais à 40 semaines et finalement, effectivement, il n'y avait rien qui s'était passé. Tu sais, t'es assez relax, puis je me rappelle, en fait, on nous avait dit dimanche, on va se voir à l'hôpital, donc à 41 semaines.
- Speaker #0
Évite-les si jamais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée.
- Speaker #2
Elle nous avait dit, là on va se voir, on va faire des tests, puis après on va voir qu'est-ce qu'on fait. Tu sais, c'était pas clair qu'on déclenchait forcément. Elle était assez, pas trop interventionniste.
- Speaker #3
C'est vrai, elle a pas poussé, j'ai passé un petit câble pressurisé pour... elle me disait même à moi que vous voulez pis j'étais là non non je veux pas elle a dit ben si vous voulez pas on attend elle me semble même qu'elle a dit à un moment genre pour faire le déclenchement dans genre dans trois jours par exemple, ou dans cinq jours, et puis on a dit Ah, on pourrait pas le faire dans cinq jours ou sept jours Un peu plus tard, elle a dit Oui, oui, pas de problème Wow. On semble que c'est comme ça.
- Speaker #2
Ouais, tu sais, ouverte à entendre ce qu'on avait à dire. Donc on a été chanceux.
- Speaker #3
Ça a marché très bien deux jours plus tard, elle a dit Oui, c'est bon, deux jours plus tard aussi Magnifique.
- Speaker #2
Elle prenait quand même le temps de répondre à nos questions, on sentait pas qu'on pouvait passer la journée là, mais c'est normal, il y a d'autres patientes à voir, mais tu sais, elle était quand même présente et disponible, donc...
- Speaker #3
Une jeune, de 35-40 ans.
- Speaker #0
Et là, on arrive donc à notre presque 42 semaines. Et là, enfin, le travail commence. Comment ça se passe ? Mon Dieu.
- Speaker #2
Finalement, tu as raison, c'était 40 semaines et 5 jours.
- Speaker #3
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #2
OK,
- Speaker #0
c'était 40 semaines et 5 jours,
- Speaker #2
c'est ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Mais si je rembobine juste aussi pour dire un petit truc. Tu parlais de, tu demandais en fait sur le, comment on l'avait vécu après là, comment on l'avait anticipé. Mais moi, par exemple, zéro. Moi, elle me l'a reproché toute la grossesse. Elle m'a reproché. Elle était déçue de ça toute la grossesse. Moi, je ne sais pas, peut-être un mois avant, je commençais à réaliser qu'il y avait un bébé qui arrivait. Je ne sais pas, peut-être jamais. Toute la grossesse, je n'étais pas indéni, mais je ne réalisais pas qu'il y avait un bébé. Pourtant, on avait fait de l'autonomie et tout.
- Speaker #2
Quand on s'est mis sur la préparation à l'accouchement et que tu as réalisé ce que tu pouvais faire, tu étais vraiment là-dessus. Mais c'est vrai que tu n'étais pas tant dans la... Ce n'était pas tant concret pour toi qu'il y avait un bébé que ça venait au bout de ça. Tu étais vraiment plus... Quand on était à fond sur la préparation, tu étais vraiment... OK, bien, les points, tout ça, tous les trucs qu'il pouvait faire, il était à fond là-dessus.
- Speaker #3
On a un job à faire à telle date, on va en voyage à telle date. Il faut préparer ça, ça. OK, on va le faire, là, mais...
- Speaker #0
Que t'étais plus dans l'aspect concret, organisationnel, que dans penser à l'avance de comment ça va se passer.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Ce qui devait quand même te rendre assez calme, ça veut dire que tu devais pas être très anxieux à l'idée que l'accouchement approchait ?
- Speaker #3
Non. Je pense pas, hein. Rien à voir avec toi en tout cas, c'est sûr.
- Speaker #2
Euh non, je pense que Samuel est quand même quelqu'un qui prend beaucoup soin de l'autre. Il était vraiment dans sa posture de je prends soin de ma blonde, elle va accoucher, je fais la valise, je les laisse Tout ce qu'il pouvait faire, il le fait et c'était vraiment dans l'action.
- Speaker #3
Des décorations tout le temps, des massages tous les soins.
- Speaker #2
Je ne sais pas quand j'ai eu le collation, finalement, je n'ai rien mangé.
- Speaker #3
Non, mais même avant.
- Speaker #2
Oui, mais avant.
- Speaker #3
Je te prépare tes collations tous les matins pour quand je partais et tout ça. Tous les soirs, je te faisais des massages de tête, de pied.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai.
- Speaker #3
Des affaires.
- Speaker #2
Tu es chanceuse.
- Speaker #0
C'est magnifique parce que c'est une excellente idée pour favoriser l'accouchement. Dans le troisième trimestre, on a besoin de ça. On a besoin de caring On a besoin de faire augmenter les hormones qui sont complices de l'accouchement. En faisant tout ça, Samuel était en train déjà d'aider Juliette à se préparer pour vivre un accouchement qui était optimal. Et donc, le matin, l'après-midi, le soir, quand est-ce que ça y est, ça commence ?
- Speaker #2
Le soir, en fait, moi cette journée-là, les journées d'avant, je me rappelle, j'étais comme justement un peu plus frustrée que ça ne vienne pas, j'avais hâte que ça vienne. Puis ma belle-sœur m'avait dit...
- Speaker #3
T'étais bien frustrée, oui. Oui.
- Speaker #2
Ma belle-sœur m'avait dit, ben, profite-en, t'sais, essaie de faire la vie normalement, même si c'est drôle, parce que c'est comme si après 40 semaines, ta vie est plus normale, t'es en attente, mais c'est vrai que la vie continue, finalement. Puis cette journée-là, je suis allée chez le coiffeur, puis j'ai marché comme... 40 minutes aller-retour. Fait que je pense que ça, ça avait bien mis le... Ça avait... Bien mis la table. Mis la table, exactement. Le soir, tout se passe normalement. 9h30, on est devant la télé, couché. Puis là, justement, Sam, il se lève. Puis là, j'ai une menthe, genre un verre d'eau, une collation. En j'ai une menthe, deux, trois trucs en même temps. Fait qu'il se lève. Puis là, moi, je suis comme dans ma position inconfortable. Mais tu c'est pas possible de bouger de là. Puis là, entre-temps, je vais aux toilettes en me bougeant pour me replacer pendant que lui est dans la cuisine. J'entends une espèce de cloque. Puis là, ça coule. Puis là, je m'en vais aux toilettes. Puis je suis comme, je pense que j'ai perdu les os. Là, je suis sur la bolle. Ça m'y revient. Puis là, bien, on constate. Effectivement. Mais moi, je n'ai pas aucune contraction. Je n'ai rien.
- Speaker #3
C'est tombé tout sur mes pieds. Alors, Charles-Germain ?
- Speaker #2
Une seconde fois. Oui, alors là, on appelle l'accompagnante, on lui dit qu'est-ce qu'on fait, puis là, on est fébrile, exactement comme, je pense, ça part de notre personnalité, exactement comme la fois du test de grossesse au début. Tu sais, on est comme... Un peu excité, on n'arrête pas de rire. Tu sais, on est comme un peu maniaque, là, mais excité, mais comme, ah, mon Dieu. Puis là, on appelle l'accompagnante pour tout de suite, là, tu sais, nous, on est un sport, on l'appelle. Puis là, pendant qu'on l'appelle, il y a comme une deuxième, deuxième flotte. Puis là, on est mort de rire. Elle arrive, on est quand même un peu sur-excité. Ça tombe sur Samuel. On est comme, OK, c'est vraiment ça. On est là, qu'est-ce qu'on fait ? Puis là, on a commis une petite anxiété qui est venue assez vite parce qu'on savait bien, avec tout ce qu'on avait appris, que bon, bien là, il faut que le bébé sorte d'ici 24 heures. Et que, bien, vu qu'il n'y a pas de contraction, ça laisse quand même un temps. plus limité. Fait que là, c'est déjà la peur qui essaye de...
- Speaker #0
D'induire.
- Speaker #2
Induire, c'est ça, pour que ça progresse, parce que généralement, ils aiment pas ça. On sait qu'ils aiment pas ça à l'hôpital.
- Speaker #3
Sauf que t'avais des contractions, mais on savait pas que c'était des contractions.
- Speaker #2
Ah ! Moi, j'ai toujours eu mal un peu dans le bas du dos, là. Fait que je suis quand même habituée, mais j'ai comme une douleur au dos qui me fait un peu sentir que j'ai envie d'aller aux toilettes. Mais ça vient pas, pis ça fait mal, j'suis comme mon dieu Pis plus tard, 3-4 heures après, quand l'accompagnante super fine est venue nous chercher, pis on est allés à l'hôpital avec elle. me dit, mais c'est des contractions que t'as. Puis moi, j'ai eu ça tout le long. J'ai rien eu dans le ventre. Par an avant, c'était vraiment dans le bas du dos, la sensation de contraction. Finalement, je l'avais, mais je savais pas.
- Speaker #0
Puis est-ce que ça partait, ça s'arrêtait ? Oui !
- Speaker #2
Fait que je comprenais pas. J'ai une douleur intense au bas du dos. On dirait que c'est comme si finalement, tantôt je parlais de naïveté, on dirait que j'aurais aimé savoir, mais en même temps, ça m'a un peu... La naïveté n'était pas si négative que ça. Je pense que ça m'aurait fait peur, ça, avoir la confection. Finalement, c'est juste comme le début qui était un peu vertigineux. J'avais les confections, finalement. Donc, c'était déjà un peu en marche.
- Speaker #0
Et elles ont commencé. Oui, c'est ça. C'est exactement là où je m'en vais. Ça a commencé après la rupture de membrane ou tu en avais déjà avant ?
- Speaker #2
Après, mais pas longtemps après.
- Speaker #3
Juste après ça, je m'appelle de toi debout là.
- Speaker #2
Oui, puis j'arrêtais pas de dire, mais j'ai mon dos, je comprenais pas.
- Speaker #3
Je m'appelle full de toi debout là, avec ton gros ventre là, qui te tient le bas du dos là. Oui. Une main sur le ventre, une main sur le bas du dos, à moitié nue là dans le salon.
- Speaker #2
Puis courait partout, met des chandelles, parce que là on voulait faire une partie du travail à la maison. Des chandelles partout, des serviettes partout. Il était comme en mode, OK, on prépare le lunch. Là, on avait le chat, la nourriture au chat. Puis là, moi, je parcourais le corridor. Tu sais, c'était vraiment un peu surréel.
- Speaker #3
Oui, c'était comme une ambiance très feutrée. J'allais bouger, c'est ça. Je te voyais dans les ombres. C'était drôle.
- Speaker #0
Et est-ce que les contractions ont commencé à augmenter déjà à la maison ?
- Speaker #2
Bien, je ne sais pas. Vu que je ne savais pas que c'était des contractions à ce moment-là, mon souvenir est flou. Mais tu sais, c'était quand même intense, ce que je ressentais. Mais je pouvais avoir des longs moments de pause. Donc, ce n'était vraiment pas régulier.
- Speaker #0
Que tu étais comme dans une latence qui était en train de s'installer. C'est ça, oui. Puis est-ce que dès ce moment-là, tu as utilisé des stratégies ou tu n'avais pas vraiment besoin de stratégie parce que la douleur, même si tu ne savais pas que c'était des contractions, n'était pas encore très élevée ?
- Speaker #3
On avait un ballon, on a essayé, mais tu n'as pas été très méchant.
- Speaker #2
Il me proposait tous les trucs qu'on avait essayé, mais c'est même si je n'avais pas ça, il n'y a rien que je voulais.
- Speaker #0
Tu n'étais pas rendu là.
- Speaker #2
Vraiment, oui. On fait ça, on fait ça. Il n'y a rien qui marchait vraiment. Mais je pense que vu que je ne savais pas que c'était des contractions et que j'étais encore présente dans mon esprit, c'est comme si je n'étais pas encore dans... Le chemin de on fait les stratégies tu sais, en France. J'étais pas là-dedans. OK ?
- Speaker #0
Puis là, combien d'heures avant le départ à l'hôpital ? Est-ce que ça s'est passé assez rapidement ou ça a été très long ? À peu près.
- Speaker #3
Deux heures et demie, trois heures. OK.
- Speaker #0
Là, vous embarquez dans l'auto, vous vous rendez sur les lieux de la naissance.
- Speaker #3
Oui. Elle est restée avec nous une heure ou deux là. Puis elle nous a amenés à l'hôpital. Ça a 10 minutes.
- Speaker #2
Oui. Puis là, quand on est arrivés, là, c'était curieux. Tu sais, c'est comme si l'ambiance était agréable à la maison. Puis là, tu arrives à l'hôpital, puis c'est vrai, il y a eu un sentiment, ça sonne un peu cliché ce que je vais dire, mais c'est vrai, dans le vécu, c'était ça, c'est froid, c'est comme si l'infirmière, tu vis tellement quelque chose d'intense que tu as l'impression que quand tu vas arriver, l'infirmière va dire Hey, vous êtes accouchée mais tu sais, pour elle, c'est une journée normale de travail, puis c'est compréhensible, mais c'est vrai que ça fait un clash, parce que l'accompagnante, évidemment, elle ne t'accompagne pas comme ça, c'est comme si les autres personnes qu'on a vues après, quand on est en train de vivre quelque chose d'intense, sont comme... C'est ça, c'est un jeu du soir. Tu sais, ils te reposent les questions qui t'ont posées au téléphone quand t'as appelé. Puis là, ils veulent toujours parler à toi. Mais là, tu te dis, mais adressez-vous. Tu sais, parce que dans le fond, mon chum peut bien dire mon nom puis ma date de naissance, là. Mais c'est comme s'il persévère à te poser les questions. Puis là, c'est très... Tu sens que c'est vraiment le protocole qui embarque. Il va dans la salle. OK, mets ta jaquette. C'est un peu... Moi, ça m'a un peu... Je pense que c'est le moment où j'ai été le plus stressée. Puis après ça, quand on a eu notre chambre, ça a pris quand même un moment, une heure.
- Speaker #3
Oui, je pense. Mais tu as vraiment l'impression d'arriver à l'hôpital, comme si c'était pour une opération.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est le moment que j'ai le moins aimé de tout.
- Speaker #3
Tu es dans une salle de triage minuscule.
- Speaker #2
Oui, puis on avait des millions de valises parce qu'on avait amené beaucoup d'autres choses. Oui, puis là, tu sais, je n'étais pas encore dans mes hormones. Donc là, je vais mettre la jaquette dans les toilettes. Tu me dis veux-tu que je vienne ? Je dis oui. C'est comme si j'avais besoin beaucoup qu'il soit là à ce moment-là. Pis là, j'avais des contra... Là, je réalise que c'est des contractions, parce qu'elle nous avait dit la compagne en route vers l'hôpital, que c'était ça. Mais tu sais, là, j'étais comme pas bien. Pis Samuel essayait de me faire faire les sons. Là, j'étais pas dedans du tout, du tout. Fait que j'étais là, non, non, non. Pis il y a eu cette histoire d'accès veineux qui a été un peu désagréable.
- Speaker #3
Voilà, ça m'a mis au lieu de lui mettre de l'accès veineux.
- Speaker #2
et donc on voulait pas nécessairement mais là on savait pas trop l'endroit puis on voulait mettre la lettre en fait on a quand même dit non c'est comme si au début t'es pas tant habitué à dire non personnel médical c'est vrai que c'est bizarre un peu, fait que là tu dis non mais là ils disent ben il faut vraiment ben j'ai entendu dire qu'on pouvait pas,
- Speaker #3
on peut le mettre plus tard ben il faut vraiment donc tu dis ok là ils ont voulu mettre dans le creux du coude ça a pas marché Ils ont fait deux ou trois fois, puis après ils sont venus un autre infirmière. très patibulaire, genre. La pro des piqûres, elle arrive, elle n'a pas de niaisage, elle est prise dans le poignet, finalement.
- Speaker #2
Mais en fait, c'est comme s'il n'y avait pas beaucoup d'écoute, puis là, je ne veux pas critiquer, je sais qu'ils travaillent fort, puis ils ont tout un protocole à suivre, mais moi, depuis le début, en plus, j'en avais fait, j'avais des prises de sang, beaucoup, durant la grossesse, à cause de mon histoire de plaquettes, je sais l'endroit, c'est un peu difficile, je sais quel est le meilleur endroit, mais elle, elle me disait, mais non, mais tu ne peux pas avoir ça, là, dans le creux du bras gauche parce que tu seras pas bien. Mais finalement, ils me le mettent. Ils essaient de me le mettre à plein d'autres endroits que je sais qui fonctionnent pas. Finalement, ils me le mettent dans le poignet. Mais moi, je voulais pas parce que je voulais pouvoir faire des appuis, me mettre à quatre pattes. Mais là, c'est comme si l'aiguille m'empêchait. Puis, bien, j'ai été prise... Je pense que c'est le truc qui m'a le plus obsédée durant l'accouchement, en fait. Parce que finalement, on a fini par l'enlever, quoi, trois, quatre heures après. J'arrête pas de parler de ça à Samuel. C'est vraiment après, une fois qu'il me l'a enlevé, c'est après que je me suis laissée aller. Puis là, j'étais dans mes hormones. Là, j'étais dans mon truc. Mais avant ça, ça m'obsédait. Pourtant, c'est juste une aiguille. C'est comme si je la voulais pas là. Il m'avait pas écoutée.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est sûr que quand on a besoin de se laisser aller pendant l'accouchement, puis qu'il y a quelque chose qui est toujours là, ça devient vraiment compliqué de s'abandonner. Oui,
- Speaker #2
c'est ça.
- Speaker #0
vraiment, vraiment ils ont accepté finalement à plusieurs reprises, vous avez demandé puis finalement ils ont fait comme ok, on te l'enlève
- Speaker #3
Mais là déjà quand ils l'ont mis, moi j'ai vraiment eu l'impression que c'était un sketch. C'est vraiment, ils ont envoyé l'infirmière balèze là, que tu peux pas dire non et que tu vas te taire parce que sinon t'as l'impression qu'elle va te mettre une barbe. J'ai vraiment eu ce sentiment.
- Speaker #2
Elle a une personnalité assez forte. Comme pour arrêter de nous obstiner, on voulait pas vous la mettre.
- Speaker #3
C'est ça là. Du coup quand on l'avait mis, on était allé dans la chambre. Au bout d'un moment, j'ai appelé l'accompagnante. pour demander si on pouvait l'enlever, si c'était ok, elle m'a dit... Parce que je voyais, elle, ça ne marchait pas.
- Speaker #2
J'arrêtais de parler de ça.
- Speaker #3
Elle était vraiment pas bien.
- Speaker #2
Elle était frustrée.
- Speaker #3
Elle était frustrée à fond, genre. Donc la compagnette m'a dit, ben non, on l'enlève, vas-y, demande-la. Je demandais à l'enlever, puis ils n'ont pas...
- Speaker #0
Bon.
- Speaker #2
Ils disent que ça va aller plus rapidement si on a besoin d'injecter quoi que ce soit. Je comprends, mais finalement, si je ne suis pas bien pendant 20 heures avec ce truc-là, parce que je le sentais constamment.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
c'est une question de consentement. Comme tu dis, je suis capable d'assumer que oui, ça va peut-être prendre 30 secondes de plus avant d'avoir ce dont j'aurais besoin si j'en ai besoin en urgence. Je l'assume finalement. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Exactement. Et là, à partir du moment où justement cet accès vénéulaire est enlevé et que là, vous rentrez dans votre expérience hormonale, dans votre expérience de contraction, que l'intensité lève, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #3
Elle s'est beaucoup relaxée quand elle n'a plus eu l'accès veineux. Elle était quoi ? 3h du matin, je pense. Donc là, c'est comme un peu endormie même. Sur le photo, elle basculait, elle se basculait. Je la massais, je la relaxais. Dès qu'elle avait une contraction, elle se levait. Elle se mettait debout. Elle les met sur le... Sur une table, et puis à 90 degrés, très baissée. C'est la seule position qu'elle a eue tout le long. Elle n'a pas eu d'autre position. Donc elle était debout, baissée à 90 degrés. Puis moi, du coup, là, j'ai massé l'aine. pendant que tout ça, etc.
- Speaker #0
Tu lui massais l'aine ?
- Speaker #3
L'aine, par là, le bas du dos.
- Speaker #0
Le bas du dos.
- Speaker #3
Ouais, le bas du dos.
- Speaker #2
Non, on n'était pas vraiment dans l'aine. Là,
- Speaker #0
je me disais, ah, c'est une nouvelle astuce que Samuel a inventée.
- Speaker #3
Ah non. Non, là, elle était... Je lui massais le bas du dos, elle se levait, mais pendant une heure ou deux, je pense, elle était assez... J'avais une contraction, elle se rendormait un peu sur le fauteuil à bascule, je massais la tête, elle s'endormait, puis là on a commencé à faire des sons.
- Speaker #2
En fait, c'est grâce à Sam que j'ai pu faire les sons parce que tu sais, bon tu nous le dis dans la préparation et tout ça, mais c'est vrai qu'il y a comme une espèce de blocage au début. à le faire, puis c'est vraiment à lui. Même au début, il insistait un peu, puis j'étais comme un peu énervée. J'ai dit, non, mais laisse-moi faire, tu sais pas ce que je ressens. Mais finalement, assez rapidement, il les a faits, puis ça m'a vraiment aidée à les faire. Puis c'est vrai que ça m'a tellement aidée. ces sons-là graves. Puis en fait, à partir de... Assez rapidement, on ne s'est plus parlé en langage, en français. On se parlait par les sons.
- Speaker #3
Vous n'avez pas parlé du tout. On s'est fait parler jusqu'à l'accouchement,
- Speaker #2
jusqu'à la poussée, jusqu'à la fin. On communiquait, mais en fait, c'est pas qu'on ne se parlait pas, même, on communiquait à travers les sons. Fait que là, moi, des fois, ça s'intensifiait. C'est comme si lui... Je n'avais pas besoin de dire, bon, là, ça fait de plus en plus mal. Il comprenait dans mon son. Puis là, plus je le faisais fort, plus il faisait fort lui aussi. Puis ça, ça m'a tellement aidée parce que ça me donnait l'impression qu'on partageait la douleur. Mais vraiment, pas juste d'un point de vue figuré presque, comme si toute la douleur que je portais, il en prenait un petit peu. Puis ça me la diminuait. C'était tellement apaisant. Puis après ça, quand j'avais plus mal, je l'augmentais. Puis là, il comprenait, puis il continuait.
- Speaker #3
J'étais toujours plus fort qu'elle. Oui. J'étais toujours plus fort qu'elle. Dès que je sentais que ça démarrait, je démarrais direct à fond, troisième vitesse. Et puis là, elle embarquait. Et après, à la fin, je finissais toujours après elle.
- Speaker #0
Elle pouvait finir quand elle voulait.
- Speaker #1
Il le prenait, je me sentais vraiment contenue. Comme s'il me serrait dans ses bras, d'un point de vue figuré. Ça, j'avais sous-estimé ce que ça ferait. Il a fait les sons du début à la fin. Il a fait les sons à chaque fois. Je ne me suis jamais sentie seule durant cet accouchement. Il les a faits sans arrêt. Tout le monde après nous en a parlé. Ok, c'est vous qui faisiez les chants grégoriens.
- Speaker #0
Ouais, dans l'hôpital, ils ont tout dit ça.
- Speaker #1
Ouais, ils étaient comme impressionnés.
- Speaker #0
Ouais, ils étaient surpris de ça. Ben, il y a un moment où je suis sorti, là. Mais tu as continué à le faire un peu, je suis sorti. Je suis rentré à manger, mais pas très longtemps. Mais sinon, on est tout le temps. Je pense qu'on a commencé avant que tu n'arrives à l'accès veineux, non ? Je pense à l'accès veineux, on a essayé. Alors, l'accès veineux, en fait, ce qu'il y avait, c'est qu'on essayait un peu de faire le truc, le ballon. On essayait un peu de se mettre à l'aise, de plus, je pense. Est-ce qu'on a l'action que là, on est vraiment rentré en mode là-dedans ?
- Speaker #1
Oui, c'est comme si au début, tu joues un peu. Tu fais, tu as l'impression d'être dans une pièce de théâtre. Ah oui, on fait ça, ça. Tu te l'apportes.
- Speaker #0
C'est ça qu'il faut faire,
- Speaker #1
on va le faire, mais c'est pas complètement incarné. Puis là, après, ça le devient. Oui,
- Speaker #2
puis plus il y a des hormones qui circulent, plus tu es capable de te laisser aller. Et là, plus ça s'incarne, justement. Sam, quand t'as commencé à faire les sons, étais-tu gêné ? T'étais-tu mal à l'aise ?
- Speaker #0
Tout à fait. Zéro. Zéro ? Zéro. Moi, c'est pas le genre de truc qui me gêne.
- Speaker #2
Ah ouais. Puis que toi, tu disais, ma blonde a besoin de ça. Peu importe ce que les gens vont dire,
- Speaker #1
j'y vais.
- Speaker #0
Ah ouais, non. Même s'ils étaient venus me dire à moi fort, je disais non, non.
- Speaker #1
Ah oui, puis c'était grave. Ça portait, l'histoire.
- Speaker #0
C'était comme ça. Je m'en rappelle. Ça faisait... C'est un truc tout long.
- Speaker #2
Wow ! Magnifique !
- Speaker #1
C'est ça ? Oui.
- Speaker #2
Quand vous étiez préparé pendant la grossesse et que vous étiez pratiqué pour les sons, est-ce que vous avez eu des fourrires de fou ? Ou c'était pas quelque chose que vous avez fait rire beaucoup ?
- Speaker #1
Honnêtement, pas tant. Non.
- Speaker #0
Je suis un peu extraverti, moi, donc moi, ça me gêne pas. Et elle, quand même, aussi, un peu.
- Speaker #1
moins que lui, mais tu sais, on était quand même let's go, on va le faire là. Ça nous gênait pas trop. Fait qu'on était déjà quand même assez à l'aise avec ça. Ok,
- Speaker #2
merveilleux. Et là, pendant tout ce temps-là, où les contractions deviennent de plus en plus intenses, y a-tu des moments donnés où t'es très découragée, où tu fais comme voyons, qu'est-ce que je fais, là ?
- Speaker #1
Je me rappelle d'un moment où... Parce que là, en fait, ils sont venus vers comme la fin de la nuit. Il nous arrive l'infirmière, puis encore une fois, on a dit adressez-vous à Samuel ou à l'accompagnante, s'adresse à moi puis il nous dit le médecin aimerait qu'on mette une petite goutte de cytocine Mais il n'y avait pas de problème particulier, mais c'était juste le médecin qu'on n'avait pas vu, soit dit en passant. Puis on ne comprenait pas trop pourquoi, puis ça je me rappelle, je l'ai entendu, j'étais dans la salle de bain, puis ça m'a comme un peu sortie, là j'étais comme ah non, j'avais peur après de tout ce que ça pourrait enchaîner Puis là, après, Samuel appelle l'accompagnante qui nous dit... En fait, ça a été tellement utile d'avoir une accompagnante, parce que c'est comme si elle légitimise les demandes. Puis on s'est vu, tu dis, l'accompagnante nous a dit de dire ça, parce qu'elle était partie à ce moment-là. Bien, on dirait que le personnel accepte. Fait que c'est vraiment... C'est vraiment comme si on ne pouvait pas parler en notre nom, mais comme si, vu qu'on a une référence à une professionnelle, bien là, ils acceptent. Fait que finalement, ils acceptent d'attendre un peu.
- Speaker #0
Ça, je dis... C'était 6 heures, je dis, on attend jusqu'à 9 heures ou quoi, là. L'accompagnante est arrivée à 9 heures. J'ai attendu jusqu'à 9h. C'est pas très dur finalement.
- Speaker #1
Ils veulent, tu sais, t'es sur le bord de faire le truc. Finalement, quand tu dis la compagnon, nous a dit de, ou t'envoies la compagnon, ils sont comme, OK, on attend 2-3h. Parce qu'il n'y avait pas de raison. S'il y avait une raison, ça va aller. Puis là, à ce moment-là, elle était comme, OK, accélérer le truc, marcher. Là, j'ai eu un stress un peu à ce moment-là.
- Speaker #0
Mais tu vois, juste pour l'infirmière, je la sentais pas mal intentionnée ou dans le but de nous embêter. C'était vraiment... Elle est habituée à faire ça. Leur docteur l'a dit, fais ça là pour accélérer le truc. Je pense que quelque part,
- Speaker #1
c'était pour nous aider, finalement.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est rarement, peut-être même jamais mal intentionné. C'est juste une question de culture. Ils sont pas habitués de voir des accouchements physiaux. Souvent, ils vont avoir l'impression que nous aider, c'est une bonne idée, alors que... ta barque, ça avançait très, très bien.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Là, ça avançait moyen, justement.
- Speaker #1
C'est parce qu'en fait, il y a eu toute une affaire où la compagnonne nous avait dit de se reposer. Donc, c'est sûr que le travail n'avait pas tant avancé parce qu'on n'avait pas marché. Puis là, à ce moment-là, elle a dit, OK, Samuel, tu vas masser les mamelons 2 fois 20 minutes. Elle donne tout un protocole à Samuel. Puis là, ça a vraiment... J'ai l'impression que ça a été le point tournant où les choses se sont accélérées.
- Speaker #0
On a fait 2 fois 20 minutes de marche. 20 minutes de marche, 20 minutes de ballon, 20 minutes de massage de tétons. Deux fois ça. J'ai massé les tétons pendant 20 minutes. Et puis, c'est ça qui la fout la... aider à...
- Speaker #1
Mais je pense que c'est là qu'on l'a eu, le suicide, en fait. Qui voulait nous donner une forme de synthèse.
- Speaker #0
Elle était à l'aise avec ça, elle n'était pas gênée, elle n'était pas... ça n'était pas son corps agressé ou quoi. Elle appréciait le moment même, je pense, les hormones vraiment sortaient.
- Speaker #1
Oui, ça a comme été... C'est un bon souvenir dans ma tête. Tu sais, c'était pas agressant. Tu pourrais croire que tu as des contractions, que tu n'as pas envie de te faire... toucher les mamelons, mais au contraire, non. Je pense que t'arrives au bon moment, puis ça a comme amené les hormones.
- Speaker #0
Mais même en temps normal, je pense pas que ça serait autant appréciable, parce que c'était machinal quand même, entre guillemets, là. C'était pas rien, t'es vers le plaisir, c'était pas... c'était vraiment machinal pour stimuler, puis ça fout le sale, le ballon, le marché. Mais un peu le marché de la couloir, t'étais pas si bien, là, t'étais...
- Speaker #1
Oui, là, c'était ça. T'étais comme... J'avais mal, je sentais pas que ça progressait. Là, j'ai quand même eu un petit découragement. J'ai eu des moments où je me disais, Mais mon Dieu, j'en peux plus. Je me disais, je me rappelle de me dire... il faut que je leur demande une césarienne d'urgence. Mais tu sais, ça faisait pas de sens. Je leur ai demandé, ils auraient dit, ben non, madame, mais je me rappelle d'avoir ces pensées-là qui, je pense, me rassuraient, mais c'est bizarre, parce que je les communiquais pas, alors que dans la vie, je suis quand même assez expressive. Si j'ai mal à un bout d'orteil, je vais le dire, là, tu sais, j'ai quand même peur d'aller chez le dentiste, tu sais, j'ai peur de choses qui sont tellement moins intenses que ça, mais c'est comme si, là, je pense que c'est ça, les hormones étaient vraiment, j'étais comme séparée en deux, tu sais, j'étais comme... J'entendais tout ce qui se passait, mais j'étais quand même dans un état second, puis j'avais toutes ces pensées, je me rendais compte que ça... C'était long, puis c'était quand même vraiment douloureux. Je n'en pouvais plus, mais je continuais.
- Speaker #2
Là, ça fait combien de temps à peu près qu'on est arrivé à l'hôpital, juste pour me donner une idée, à peu près ?
- Speaker #0
Ça fait huit heures.
- Speaker #2
Ça fait huit heures. Est-ce qu'on sait à combien tu es ou il n'y a pas eu d'examen ?
- Speaker #0
C'est à neuf heures qu'il y a eu l'examen. Donc, on est arrivé à peu près à minuit, donc c'était à neuf heures. Oui. Neuf heures après. Mais ça, c'est drôle, parce que vraiment, à ce moment-là, elle m'aurait dit Ah, Sam, je suis trop mal. Il faut une tisane ou quoi. Dans la vie, elle m'aurait fait ça. Elle était fâchée, elle m'aurait dit comme ça, et puis là, vraiment, elle était calme, pareil. Je voyais qu'elle n'était pas bien, mais elle ne se fâchait pas.
- Speaker #2
Elle était dans ses hormones.
- Speaker #1
Calme, oui.
- Speaker #0
Et c'est ça, à 9h, la compagnie est arrivée, et là, ils sont venus prendre les mesures. Parce que là, finalement, elle était à 5 millimètres, c'est ça ?
- Speaker #2
Centimètres, j'espère.
- Speaker #0
5 centimètres, oui, pardon, 5 centimètres.
- Speaker #2
5 millimètres, ça peut être pour un temps.
- Speaker #0
5 Là, elle était à 5 cm et ils étaient super surpris. Ils ne s'attendaient pas du tout à ça. Parce que quand on était en train...
- Speaker #1
Parce que dans le fond, 2-3 heures plus tôt, ils voulaient mettre le cytocine.
- Speaker #2
Ben oui.
- Speaker #1
Puis finalement, après tout ce qu'on a fait, ben ça a été payant. Puis là, Samuel s'est effondré en larmes.
- Speaker #0
Parce que là, c'était quoi ? Ils disent 1 cm par 2 heures, un truc comme ça. Et là, elle a fait 4 cm en 3 heures, un truc de même. Wow. Donc ça aurait pu ralentir aussi, mais là, elle était comme vraiment... Elle était possédée, genre. Elle était... À chaque fois qu'elle faisait contraction, elle dansait, genre. Elle dansait, elle bougeait ses fesses. Elle faisait... Sur la pointe des pieds, elle alternait chaque pied, là, comme ça.
- Speaker #1
C'est ça ? Oui, pour redescendre le bébé. Wow.
- Speaker #0
En tournant les fesses, là, comme ça, ses hanches.
- Speaker #1
Comme tu nous avais montré, ça m'est venu assez naturellement. Parce que j'étais tout le temps debout quand j'avais les contractions, fait que je pouvais le faire assez facilement.
- Speaker #0
Elle était vraiment en contrôle. Elle était vraiment... Hop, la contraction est arrivée là. Et puis elle dansait. Et puis la contraction est partée. Et puis voilà. Puis là, j'en amassais. Mais tu sais, elle n'était pas en âge ou en soeur. Ben, je ne sais pas. Elle était en contrôle. C'était très bizarre. Elle était possédée un peu. Je suis sorti, j'ai clé dans la sangle au full, c'est vrai. Puis je suis revenu, puis on a continué. Là, il y avait Sylvie qui nous a aidés, donc là, c'était plus facile. Puis on a alterné pour les massages.
- Speaker #1
Les deux se réveillaient parce qu'ils travaillaient fort quand même à me faire les appuis. C'était vraiment dans le bas du dos, fait qu'ils s'alternaient les deux. Fait que moi, j'étais chanceuse. J'avais quelqu'un à chaque fois qui soulageait mes douleurs parce qu'on se rappelle, c'est une histoire de péridurale. Finalement, je pouvais la prendre. Puis je ne m'étais pas dit, je le fais sans, tu sais, je n'avais pas du tout, je veux vraiment accoucher naturellement, je n'avais pas ce genre de pensée, mais comme je m'étais quand même préparée. C'est comme si, en fait, je ne l'ai jamais demandé. Je ne pensais pas forcément. En fait, j'aurais pu la demander, puis ça ne m'est pas venu. Parce qu'on se rappelle, des fois, je me disais, c'est une césarienne d'urgence, j'avais quand même envie que ça finisse. Mais finalement, je ne l'ai pas demandé, mais je pense que j'ai été tellement chanceuse qu'à chaque fois, il y avait quelqu'un qui me faisait des appuis. J'étais entourée de deux personnes, les sons, tout ça. Ça fait que la péridurale ne m'a pas été nécessaire. Curieusement, mais c'est vraiment curieux considérant la personne que je suis. Donc c'est juste pas venu. Puis les choses se sont arrachées.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, après, à partir du moment où on a accéléré le processus, qu'on a activé les mains blanches, c'est vraiment là que ça a activé. Ça a coulé. Elle a continué, elle était en contrôle. Et puis Sylvie est arrivée l'accompagnante. Depuis le moment où on a fait... Les massages c'est pendant les contractions ou c'est en dehors des contractions ? Pendant les contractions. Pendant les contractions et en dehors c'était justement c'est la tête.
- Speaker #1
On s'en posait,
- Speaker #0
oui. Ça justement c'est la tête, c'est ça. Pendant et après là il y a eu des histoires, on a fait des douches là aussi pour alterner, pour changer un peu de position.
- Speaker #1
Puis la compagnante qui a eu l'idée de mettre de l'eau chaude.
- Speaker #0
C'est moi qui ai eu l'idée de faire le bain. Oui. Parce qu'au début elle voulait faire le bain Sylvie. Notre accompagnante.
- Speaker #1
Notre accompagnante,
- Speaker #0
elle voulait faire le bain et puis l'infirmière elle ne voulait pas. elles se sont fâchées les deux elles se sont pris la tête les deux, vraiment moi je disais c'est bon on va pas faire le bain, on va aller faire des douches j'ai vu il y avait une douche dans la chambre on va aller faire des douches et puis finalement on a fait des douches elle était vraiment genre comme quand tu vois dans c'est l'image c'est ça c'est bizarre comme quand tu vois dans un film que tu jettes quelqu'un dans un cachot qui se met dans le coin de la prison c'était elle dans le coin quatre pattes dans le coin, tout tenu, là, juste avec son soutien-gorge qu'elle a gardé tout le long, quatre pattes dans le coin, puis on lui a rosé le...
- Speaker #1
Je me tournais, je savais même pas qu'il m'arrosait, mais je savais que ça me faisait tout bien. Je voyais comme quelqu'un flou, là, qui m'arrosait. Je savais pas trop c'était qui, mais c'était agréable. Tu sais, je me faisais gérer, là. C'était vraiment ça.
- Speaker #0
Mais la contraction était de plus en plus forte, quand même, hein ? Mais t'es toujours en contrôle pareil, là, tu sais. T'es plus bruyante, plus expressive, mais... Un contrôle de fou, là, vraiment...
- Speaker #2
En lâcher prise, hein ? Parce que, tu sais, je suis pas sûre que le mot contrôle soit exactement ce qui se passait, parce que tu devais pas contrôler pantoute rien de tout ce qui se passait dans ton corps,
- Speaker #1
là. Mais même, je me sentais pas tant en contrôle, parce que j'avais des pensées, des fois, Ok, j'en peux plus, faut que ça s'arrête. Tu sais, j'étais comme... Pas bien, mais pas... C'est bizarre, pas si mal en même temps. J'avais mal, je ne vais pas nier ça, c'était vraiment intense, mais c'est comme si j'étais... Moi, je n'étais pas en contrôle. Non, je ne me sentais pas du tout en contrôle, mais j'étais vraiment dans un laissé-aller. Je ne réfléchissais pas, vraiment. Moi,
- Speaker #0
ce n'est pas le contrôle.
- Speaker #1
Je ne pensais pas.
- Speaker #0
Ce n'est pas le contrôle, c'est que la douleur n'avait pas d'impact sur elle, entre guillemets. Elle a presque été, elle coulait dessus, elle était plus forte que la douleur.
- Speaker #1
Toi, tu t'attendais à me voir paniquer.
- Speaker #0
J'étais surpris parce que les contractions glissaient sur elle.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #0
C'était vraiment impressionnant. et puis plus en plus ils sont revenus à midi à peu près,
- Speaker #2
trois heures après elle a été à 9h30 là tu étais dans ta transition est-ce que tu te souviens de cette étape-là finale qui souvent est un petit peu plus intense encore que ce qui précède je ne me rappelle pas différemment d'avant je
- Speaker #1
me rappelle que c'est vraiment comme ça mais on dirait que ça augmente tellement j'ai l'impression, moi je l'ai vécu comme les contractions on parlait de millimètres tantôt à la blague mais comme si elles sont Ça augmente tellement bien, c'est comme un élastique que tu tires doucement. Si tu le tires d'un coup, on dirait que ça se fait tellement graduellement que je suivais. J'en prenais l'intensité de plus à la prochaine. Je n'ai pas senti à un moment donné une montée. En tout cas, j'ai pas souvenir. Après, c'est pas arrivé hier, là, mais j'ai pas souvenir de quelque chose d'un moment fulgurant où, là, c'est genre, peu, plus, pis je capote. J'ai pas eu ça. Mais oui, ça s'intensifiait.
- Speaker #0
Mais c'était vraiment, vraiment, vraiment une courbe très régulière à ce moment-là.
- Speaker #1
Le plus intense, c'est quand ça poussait, là. J'étais là, oh, ça pousse. Tu sais, là, je savais plus trop. À ce moment-là, c'était comme, vu que c'était différent, je comprenais plus trop quoi faire, là. Ça, c'était intense quand ça pousse.
- Speaker #0
Mais ce qu'il y a eu à midi, quand elle finit d'ouvrir, ils sont arrivés, toute l'équipe, ils étaient super surpris, je me souviens.
- Speaker #1
Comme s'il y avait un scénario déjà préécrit.
- Speaker #2
j'étais en train d'accoucher forcément je vais dilater de plus en plus mais c'était comme si c'était tellement surprenant pour eux vous allez assez vite après les 5 derniers centimètres 33 heures aussi et là une fois que t'es dilatée complètement est-ce qu'il vous donne un petit peu de temps pour laisser descendre votre bébé comment
- Speaker #1
ça s'organise à partir du moment où ça y est on sait que t'es à 10 centimètres ben là grâce à l'accompagnante on a pu avoir une heure je m'appelle un moment donné ça poussait pis là on va attendre c'est toujours elle qui négocie c'est toujours une négociation finalement Ça passe tout le temps bien, mais si elle n'avait pas été là, peut-être qu'ils m'auraient fait pousser avant. Puis par ailleurs, j'ai poussé longtemps après, mais...
- Speaker #0
Ils sont venus à midi, là. Ah ben, on va revenir dans deux heures ou quoi, ou trois heures. Ils n'avaient pas l'air pressés. Wow. Et finalement, ils sont revenus beaucoup plus tôt que ce qu'ils avaient dit.
- Speaker #2
Pourquoi ?
- Speaker #0
Soit c'est aller plus vite que ce qui s'attendait.
- Speaker #2
Puis à un moment donné, en tout cas, où la poussée réflexe à l'intérieur de toi, c'est imposé. C'est ce que je comprends. C'est ça qui est arrivé avant de pousser.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et là, ça a été déstabilisant.
- Speaker #1
Oui, là oui, parce que là, c'était comme... En fait, moi, je voulais accoucher à quatre pattes. Puis là, l'accompagnante m'a dit, Hum, t'es fatiguée, t'as été debout. Parce que, en fait, j'avais été debout depuis 9h30 la veille. Mais moi, je ne la sentais pas tant que j'étais fatiguée. Puis finalement, j'ai essayé à quatre pattes. Puis là, j'étais pas bien. J'y arrivais pas. Puis là, j'étais fatiguée, c'est vrai, d'être appuyée sur mes bras. Puis elle me dit, Couche-toi sur le côté. Puis finalement, je me suis comme laissée aller. Je l'écoutais parce qu'en fait, coucher, j'étais pas bien. Mais là, vu qu'elle... Je couche sur le côté, puis vu que je n'avais pas saisi à ce moment-là que quand tu pousses... Pendant que ta contraction, ça change un peu quand même ta douleur, t'es plus actif, là. J'ai quand même finalement aimé ce moment après. Parce que je me sentais moins que je subissais les contractions, je sentais que là, je pouvais pousser en même temps, faire quelque chose. Tu sais, je ne savais pas, moi, que me coucher sur le côté, ça m'aiderait. Puis qu'à ce stade-ci, j'étais tellement fatiguée, mais c'est vrai que ça m'a fait du bien de m'étendre. Puis là, la poussée, ça a été long. Mais ça, ça a été... Là, ça, j'étais fatiguée. Ça, ça a été un moment où... J'étais là, j'en peux plus parce que je savais pas qu'il fallait pousser de même. C'était...
- Speaker #2
Si on regarde au niveau du temps, justement, on parle de combien d'heures, au moment où on embarque dans la poussée et que la poussée va être longue, on a déjà combien d'heures derrière nous depuis le début de la rupture de membrane ? 16 heures. 16 heures. OK, 16 heures. Et là, on embarque dans la poussée qui va durer ?
- Speaker #1
Deux heures et demie, dans mon souvenir. OK, quand même long. Ouais. Mais ça ne m'a pas paru si long pendant, mais c'était long.
- Speaker #2
Parce que là, tu as jumelé les poussées bloquées avec la poussée réflexe. Tu as fait les deux.
- Speaker #1
Mais c'est plus les poussées bloquées. En fait, j'ai suivi ce qu'ils m'ont dit. C'est vrai qu'à ce moment-là, je me rappelle d'abord à un moment, mais ce n'est pas ça qu'on me dit de faire. C'est plus la poussée en respiration. La poussée réflexe, finalement, on me dit... En fait, c'était comme loin, je ne savais plus comment faire, puis j'ai vraiment suivi ce qu'ils m'ont dit, mais c'était vraiment la poussée bloquée. Ça, si c'était à refaire, peut-être que je le ferais autrement, parce que je pense que ça a exercé un fort... Ça a été fort pour mon périnée, mais oui, ça a été la poussée bloquée.
- Speaker #2
Oui. Puis tu sais, des fois, rendu là, on se laisse aller parce qu'on est fatigué. C'est quand même… Oui,
- Speaker #1
la fatigue se fait ressentir.
- Speaker #0
À partir de quand c'était fini les contractions, elle était avec nous. Elle n'était pas en train de se comme avant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était complètement différent.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Oui,
- Speaker #2
puis au niveau hormonal, c'est comme ça. Quand on arrive dans le moment de la poussée, c'est vraiment les adrénalines, les hormones de stress qui passent le relais et qui sont présentes dans le système et qui vont faire que la mère va être beaucoup plus éveillée, va être beaucoup plus alerte.
- Speaker #0
Vraiment un peu plus...
- Speaker #2
Oui, et c'est fait comme ça pour que quand la naissance est imminente, si jamais il y a un prédateur qui arrive, que ça augmente encore plus ta charge d'hormones de stress et que ça propulse la naissance. Parce que quand tu es dans la période de dilatation... Si un prédateur qui se pointe le bout du nez, ça va diminuer tes contractions, ça va arrêter ton travail, tu vas pouvoir te sauver. Mais à partir du moment où tu as un bébé entre tes jambes, là, ça devient compliqué de se sauver. Donc, la nature a prévu ça pour que l'arrivée d'un prédateur propulse la naissance plutôt que d'arrêter le processus rendu là.
- Speaker #1
C'est la dernière étape, c'était encourageant. Wow !
- Speaker #0
Oui, c'est pas du tout.
- Speaker #1
Vraiment.
- Speaker #0
C'était cool, oui, quand même. On était assez relax quand même, là.
- Speaker #2
C'est magnifique.
- Speaker #1
Oui, c'était positif. Puis là, tu sais, tu sens, il y a de plus en plus de gens qui arrivent dans la pièce et amènent une table avec des instruments. Tu sais, là, tu es comme, OK, la médecin reste. Ça se passe, là, tu sais. Puis je me rappelle à la toute fin, j'ai dit, là, il y a un risque qu'on oblige. Je n'étais plus capable. Puis là, il me dit, c'est la dernière, parce que là, je pense que ça avait été l'anneau de feu. Oui.
- Speaker #2
Par le don de ça.
- Speaker #1
Bien, ça n'a été pas si pire. On dirait que c'était tellement intense que toute la zone, tu sais,
- Speaker #0
toute était en pause.
- Speaker #1
J'étais là oui, c'est ça l'anneau de feu ! Puis tu te rappelles-tu à la fin, je dis là, c'est-tu la dernière ? Puis je te dis c'est vrai puis je me rappelle, et elle me dit il en reste une poussée J'ai dit c'est vrai, là, il va sortir ! Puis elle était toute oui, oui, oui ! Puis je te dis oh mon Dieu, oui !
- Speaker #0
Ah non, c'était vraiment, on a rigolé à des moments, c'était cool ce moment-là.
- Speaker #1
C'était quand même un beau moment, cette dernière phase.
- Speaker #0
Trop relax.
- Speaker #2
Là, qu'est-ce qui s'est passé quand il est né ? Est-ce qu'on l'a mis sur ton ventre ?
- Speaker #1
Oui, direct. En fait, c'est Sam qui devait le recueillir. Mais finalement...
- Speaker #0
Ça va, tout ce que tu as ordonné. Donc, on n'a rien vu. Elle a manipulé.
- Speaker #1
Elle n'a pas eu de détresse cardiaque, jamais, mais elle s'est rendue compte à la fin en le voyant.
- Speaker #0
Elle a fait ça, je ne sais pas quoi, elle a fait une manipulation.
- Speaker #1
Elle a fait des manœuvres qui l'empêchaient de... qui fait que Sam n'a pas pu le sortir.
- Speaker #0
J'avais pris des mains là pour le donner à Juju. et là j'ai pas été très à l'aise il est glissé là,
- Speaker #1
j'avais peur de le tomber ça te stressait déjà d'avance t'étais pas sûr avec ça,
- Speaker #0
on avait dit qu'il voulait le faire ça l'inquiétait ils m'ont fait couper le cordon j'avais pas moyennement envie je pense et j'ai pas trop aimé ça qu'est-ce que t'as pas aimé c'était comme de la chair des caoutchoutus c'était de la chair et je voulais pas Je sais pas, j'ai pas aimé ça là, j'ai pas tant aimé ça.
- Speaker #2
Est-ce que tu t'es senti obligé de le faire ou dans le fond tu voulais l'essayer ? Un petit peu,
- Speaker #0
je voulais l'essayer aussi, un petit peu, mais je me suis dit je sais pas si je le referais. Ok. Je suis pas sûr que je le referais, peut-être que je le referais pour faire pareil, mais... J'ai pas tant envie, c'est pas très important je pense, c'est significatif plus que ce que ça allait, mais... Mais ouais c'est ça, puis je l'ai mis sur... C'est un juju. C'était vraiment...
- Speaker #1
C'était spécial parce que c'est comme si moi j'avais oublié dans le fond que j'accouchais. Tu sais, ils disent chaque contraction te rapproche de ton bébé. Des fois, Sam, il me disait ce genre de choses. Puis moi, c'était bizarre, mais ça ne m'importait peu. C'était comme, il faut que je traverse ça. Tu sais, je n'étais pas tant centrée. Je savais qu'il y avait un bébé au bout de ça, mais c'est comme si... ma tête ne pensait pas trop, c'était abstrait, tu j'étais vraiment plus en survivance à l'instant présent, mais je réfléchissais. Fait que là, on faisait de la voix, comment je me sentis, ça a été surtout, tu je pense, je m'attendais à m'effondrer en larmes. Ouais.
- Speaker #0
Moi, je me rappelle avant ça aussi qu'il y avait énormément de cheveux, quand on voyait, avant qu'ils sortent, quand on voyait le crâne de la tête, puis dès que j'ai vu sortir, wow ! J'ai capoté, j'étais amoureux de lui à la seconde. Trop bizarre ça. Si tu le vois, ok, j'aime ce t'être qui est là. Très bizarre. Je sais pas, t'as ressenti la même chose, je pense, quand tu le vois, là ? Non, pas toi ? T'as pas fait ça, toi, autant ?
- Speaker #1
En fait, ça a jamais été une question, ça m'a pas été long de m'attacher. C'était pas ça, mais c'est comme j'ai plus ressenti un élan de protection. Mais je pense, il y avait de l'amour là-dedans, mais c'était vraiment, je me rappelle, il pleurait, puis j'étais comme, faut que je le rassure. Vite, j'ai été comme dans le mode, je suis maman, c'est mon petit... Mon petit bébé, il faut que je le rassure, ça a vraiment été ça moi sur le coup. Je ne croyais pas que c'était lui qui avait été là neuf mois avec nous tout ce temps-là. C'était vraiment spécial. Mais je me rappelle les deux, on était comme absorbés. Vraiment, vraiment.
- Speaker #2
Tu avais toutes les hormones en plus qui étaient là, comme tu as eu un accouchement 100% naturel. C'est quelque chose. Et là, les minutes ont passé, t'as déchiré un petit peu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Comment ça s'est passé pour la réparation ? Comment ça marche ?
- Speaker #1
C'est bien. Moi, ça me faisait peur. Je me rappelle avoir senti le placenta passer. Après ça, c'était spécial parce qu'on était dans un hôpital universitaire, il y avait la résidence. qui a fait les points. Puis là, c'est très relax, c'est bizarre, parce que t'as les infirmières, tout le monde est content, l'ambiance est drôle, hein ? Oui. Puis là, la médecin est avec la résidente, puis elle lui dit, tu sais, on dit des fois, tu souhaiterais pas entendre, elle a comme, passe juste à côté, tu vois, on va le faire là, puis elle a déchiré, mais naturellement, on va juste aller repasser. Puis tu sais, c'est comme un peu curieux, puis moi, ça me stressait. Puis finalement, ça s'est super bien passé. Puis même à un moment donné, ça me surprise, là, parce qu'elle me dit, là, j'ai un petit point à faire qui est à côté de là où j'étais gelée. Sauf que dans le fond, c'est juste une fois. Fait que c'est soit je te repique, mais je te gelais, mais je repasse une autre fois, ou soit j'y vais comme ça. Puis je pense qu'elle m'a comme pas trop laissé choisir. Puis j'étais là, oui, oui, vas-y, t'es incorrect. Je me rappelle d'avoir senti, en fait, c'est tellement futile par rapport à ce que tu viens de vivre avant. que ça a bien été. Vraiment, c'est pas... Moi, ça a pas été du tout un souci, toute cette phase-là.
- Speaker #0
C'est vrai, ce que tu dis, l'ambiance, maintenant, je me rappelle, c'était vraiment bizarre. On était vraiment genre, pas dans la sortie, là. T'as toute l'équipe, il y avait quoi, 8 personnes ? 10 personnes ? Il y avait toi, moi, le pitchou. Sylvie, Marie couche plus que ma infirmière, la médecin, l'interne, et il y avait au moins deux autres infirmières.
- Speaker #1
Oui, il y avait d'autres infirmières.
- Speaker #0
Au moins deux autres, voire trois autres. Donc ça fait 29 ou 10.
- Speaker #2
Ça fait beaucoup. Habituellement, il y a juste deux infirmières. Je ne sais pas ce que vous faites dans votre cas.
- Speaker #0
On va en parler de plus l'inter.
- Speaker #1
Mais c'est drôle, parce que moi, j'ai quand même un petit côté sauvage dans la vie. J'aime ça faire mes affaires dans ma petite bulle. C'était comme agréable que tout ce monde-là soit là. Parce que là, l'ambiance, c'était pas... Ben oui, mais on venait tellement de vivre quelque chose d'intense. L'humeur est à la fête un peu. C'était agréable. C'était comme si tu voulais partager ça avec tout le monde.
- Speaker #0
J'en avais plus à boire du champagne à ce moment-là. C'était vraiment bien ça.
- Speaker #1
J'étais plus à la carte. Hey papa, viens prendre des photos. Puis là, tu es en train de me coudre. Puis tu sais, c'était comme agréable. C'était comme Yes, on l'a eu. Puis tu sais, moi, j'étais vraiment fière. Je pense que je ne me suis jamais sentie aussi fière de moi. C'est l'accomplissement le plus hot de ma vie, en fait. Je suis vraiment fière de moi, d'avoir. accoucher naturellement, mais aussi d'avoir... pas paniquer d'avoir fait ça. Mon Dieu, je trouve que les femmes sont tellement fortes. C'est fou. C'est fou. C'est tellement intense. C'est extraordinaire, tous les bébés qui naissent à chaque minute sur cette terre, toutes ces femmes qui vivent ça. Mon Dieu, on est vraiment des warriors, là. C'est super.
- Speaker #0
C'était impressionnant. C'était vraiment la célébration, comme on a gagné un match ensemble en équipe, full comptage. C'était vraiment ça. C'était la médecin-relaxe, elle parlait avec nous, pas pressée de partir.
- Speaker #1
Oui, puis, excuse-moi, je me rappelle, ils étaient très mais comment vous avez fait ? C'est là qu'ils nous ont mis à nous poser des questions, puis ils étaient vraiment impressionnés. Puis en même temps, tu te dis ben, ils font ça tout le temps Puis ils disaient, nous, on était comme, c'est nous, mais pas tant que ça. On s'est préparés, on a été accompagnés, tout ça. Ils étaient vraiment impressionnés.
- Speaker #0
C'est pas une question, c'est vrai.
- Speaker #1
De comment vous avez fait.
- Speaker #0
Justement, tout ça.
- Speaker #1
Oui, on avait fait ça comme ça. Tu sais, c'était vraiment la curiosité de comment vous avez fait. Pourtant, nous, on n'avait pas l'impression. Oui, c'est extraordinaire ce qu'on trouve qu'on a fait, mais tu sais, on est juste. suivi des conseils. C'est pas nous qui avons...
- Speaker #0
Comme s'ils avaient jamais fait ça. Oui.
- Speaker #2
Mais je pense qu'effectivement, s'il y avait autant de gens dans la pièce, après, c'est peut-être aussi parce que vous aviez vécu un accouchement physio, ils n'ont pas l'habitude. Et parfois, ils sont plus attirés par...
- Speaker #1
Oui, peut-être qu'il y avait de la curiosité un peu d'aller voir. Ah, comment ça se passe ? Ils n'avaient pas entendu de cris. Je ne sais pas. Tous les clichés qu'on imagine, justement, c'est... Oui,
- Speaker #0
elle a pas fait... C'est ce que je te disais, tu faisais pas de bruit. T'étais pas du tout dans la... Comment tu vois ?
- Speaker #1
Ben non, mais j'aurais perdu de la force. C'est comme silencieuse, mais ça forçait.
- Speaker #2
Sam, après l'expérience, tu m'as écrit C'était magnifique Tu te souviens de ça ? Qu'est-ce qui a été magnifique dans cette expérience-là ?
- Speaker #0
Ben moi, elle m'a bluffé complètement. Elle a été vraiment super impressionnante, je trouvais. C'était magnifique parce que... Moi je craignais qu'elle se frustre contre moi, qu'elle se fâche parce que je ne faisais pas ce qu'elle voulait. C'est un petit problème, mais je n'avais pas envie de ça. J'avais envie qu'on soit cool et relax justement. Ça n'est jamais arrivé. Jamais, jamais de l'accouchement. Moi, je pensais que toute femme faisait ça.
- Speaker #2
C'est ce qu'on entend.
- Speaker #0
La femme, elle va écrire sur son bras. Tu vois ça dans les films. Elle n'a jamais fait ça. Elle était tout le temps... On ne s'est pas parlé, ce qu'on ne fait jamais. Les deux, on a presque peur quand il y a un blanc. On n'est pas à l'aise quand il y a un blanc qui ne se parle pas. On ne se parlait pas. On était vraiment en symbiose. Le sentiment aussi, je ne veux pas enlever J'ai l'impression vraiment qu'on était en symbiose et ça m'a fait plaisir après qu'elle me dise que effectivement je l'ai aidé. C'est pas moi, c'est elle qui a tout fait, mais d'avoir eu un rôle vraiment. J'ai vraiment eu le sentiment d'avoir un rôle important, que ce n'était pas juste tenir la main, mettre des compresses. Je n'ai pas tenu la même presque. J'ai mis des compresses des fois, mais à la fin, j'ai mis des compresses. Oui, tu as la poussée. J'ai la poussée. À ce moment-là, oui. Mais tout l'avant, non, justement, c'était vraiment une espèce qu'on a vécue à deux. On est sortis de là. Moi aussi, j'étais sous le cytocine à fond, je pense. On est sortis de là. Quoi ?
- Speaker #1
Euphorique.
- Speaker #0
On était euphoriques pendant les trois jours. Quand on se revient, on était... On était comme sous la drogue. C'était vraiment comme sous une drogue. On était vraiment sous influence. On était béats. On était béats, je pense. Le mot un peu, on était pas mal béats. On se regardait, on était contents. On était comme des innocents. Vraiment, on était juste...
- Speaker #1
Oui, même, je me rappelle, on avait comme du... Moi, je me rappelle, j'étais là, j'ai du désir sexuel, tu sais. Alors que ça faisait pas de sens, là. Mettons que la zone était pas mal. Ouais. Mais tu sais, c'est vraiment ça, vraiment, aussi de scène à fond pendant les jours qui ont suivi.
- Speaker #0
Oui, vraiment, c'était vraiment ça. C'était trop bien, comment ça sentait.
- Speaker #1
On voulait le refaire. On disait, on le refait, une fois.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Puis elle était impressionnante, je la trouvais bluffante. Elle m'a surpris, je ne la pensais pas capable de faire ça comme elle l'a fait. Est-ce que ça a changé la façon dont tu te perçois ? Parce que là, on se rappelle que tu es partie au départ en disant, Moi, la médication, je n'ai pas de problème avec ça. J'aurais voulu avoir une péridurale. Et là, tu fais un accouchement 100 physio, 100 naturel. Tu trippes des bulles et tu as même envie de recommencer.
- Speaker #1
Je pense qu'à long terme, ça m'a donné... C'est drôle comment c'est fait, parce que c'est vrai que ce feeling-là reste un peu, mais je pense que je suis retournée. au dentiste ou je ne sais pas quoi, je pense que mes petites peurs du quotidien ont recommencé un petit peu. C'est des petites douleurs banales d'une prise de sang. Mais je pense quand même que profondément, ça a augmenté ma confiance en moi. Ça, c'est sûr. Puis c'est vrai que c'est quelque chose que je n'oublie jamais, auquel je pense. Dans le sens, tu as accouché naturellement à la fille, tu es capable de faire ça. C'est vrai que c'est une pensée qui ne me quitte plus maintenant face aux choses qui me font peur. C'est vraiment... Oui, c'est quelque chose dont je serais toujours fière et qui m'a donné de la confiance.
- Speaker #0
Est-ce que ça a bonifié votre équipe, votre couple ? Est-ce qu'il y a un avant et un après pour vous deux ?
- Speaker #2
Je dirais que le quotidien a... un peu quand même atténuer ça. Tu sais, d'être...
- Speaker #1
Non. Vite, tu retombes.
- Speaker #2
Ça serait bien, là. S'il y avait un peu de ça qui était resté, même. Plus, malheureusement, je ne ressens pas ça comme ça. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Moi, je pense qu'on a peut-être déjà... Si ça s'est passé comme ça, c'est qu'on avait déjà une connexion.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
C'est pas pour rien qu'on l'a vécu comme ça. Donc, je ne pense pas que ça a été plus après, mais que ça a été comme... stable dans la continuité. Oui, oui, exact.
- Speaker #2
Quand on en reparle, là, on est tous les deux émotifs, je pense, tous les deux, dans le plus beau moment de notre vie, là, ou le plus beau moment de notre vie qu'on a vécu, la plus belle expérience, en tout cas, qu'on ait, la plus... profondes, je pense, qu'on a vécues. C'est tellement de contraintes et de difficultés qui viennent après. Pas que ça, mais ce moment-là, c'est sûr qu'on aimerait le sentiment qu'on avait, le ressentir plus souvent. C'est tellement fort.
- Speaker #0
Oui, parce que après l'accouchement, il y a son lot de défis aussi qui arrivent.
- Speaker #2
Oui, très vite.
- Speaker #1
Oui, très vite.
- Speaker #0
Il y a absolument les défis qui changent continuellement aussi.
- Speaker #2
que c'est pas non plus une vie de tout repos en fait ils arrivent à ça pour ceux qui vivent un bon accouchement je pense qu'il faut profiter de ces 3-4 jours là justement la première semaine ça peut aller jusqu'à la fin de la première semaine où les défis passent un peu au dessus il y a les défis on les voit mais ils font pas peur cette semaine là elle est assez magique je pense qu'on peut en profiter parce que l'accouchement a été pas trop difficile On profite parce que c'était vraiment chouette.
- Speaker #0
Et bonifier nos doses de cytocine avec du peau à peau et compagnie. Oui. Tout à fait. Qu'est-ce que vous diriez aux couples, aux familles qui nous écoutent, qui sont en début de grossesse, qui sont étourdis ? Parce qu'ils sont exactement où vous étiez, vous aussi en début de grossesse, à avoir beaucoup de démarches à faire, à peut-être anticiper l'accouchement, avoir des craintes. Qu'est-ce qu'on peut mettre en place selon vous qui est le plus optimal pour vivre ce que vous avez vécu ?
- Speaker #1
Alors, banalisez pas trop la préparation à l'accouchement. Faites-le. C'est vrai que des fois, ça paraît comme une tâche, puis c'est comme si t'en as plein à faire, t'as des idées à acheter, t'as plein de choses à penser, mais je dirais quand même prendre le temps. Pas pendant l'accouchement sans arrêt, quand ça approche, puis de prendre le temps de bien se plonger dans la préparation, puis après ça, de la mettre de côté quand on le sent suffisamment. Mais de ne pas la banaliser, parce que je pense que nous, ça nous a vraiment été utile. Je dirais d'aller chercher une accompagnante à la naissance. Moi, je me rappelle, au début, je me disais, est-ce que je serais à l'aise, une autre personne avec nous ? Je veux ça juste avec mon chum, mais non. Puis de toute façon, après... Ça peut être possible de dire Je ne veux pas que cette personne soit à l'accouchement mais d'aller prendre le plus de ressources possible, même si ça paraît comme chargé, beaucoup de rendez-vous, puis c'est comme si ça prend de la place rapidement, une grossesse, puis tu as envie de profiter des derniers moments où tu es deux et non trois, ou tu es trois et non quatre, ou en tout cas, etc. Mais je dirais de profiter, de se préparer le plus possible. C'est payant quand même, en fait.
- Speaker #2
Dès que possible, quand même, se préparer. Parce que comme ça, effectivement,
- Speaker #1
à la fin,
- Speaker #2
le dernier mois, les deux derniers mois, on était plus peut-être à préparer les items.
- Speaker #1
On a fait de la bouffe. Tout ce qu'on a fait, nous a quand même été utile.
- Speaker #2
On a fait de la bouffe pour après. Les trois mois après la confesse, on n'a fait jamais de bouffe. Ça, c'est super utile.
- Speaker #1
Plus que tout ce que les gens nous ont préparé.
- Speaker #2
Des boules d'énergie, des affaires, on avait tout préparé. L'après, pas juste l'accouchement, mais préparer les mois qui s'en viennent, ça nous a beaucoup aidé, je pense. Vraiment, on n'a jamais cuisiné pendant des mois. On cuisine régulièrement, mais là, on n'a jamais cuisiné. Je restais six semaines avec elle. On n'a jamais cuisiné, je pense.
- Speaker #0
C'est magnifique.
- Speaker #2
Parce que tu ne peux pas commander de la bouffe tout le temps. Là, whatever, là, tu sais, on sortait les trucs du congélo, c'était réglé. Ça, c'est très logistique, là, c'est con, mais vraiment, je pense que ça nous a beaucoup aidé pour l'après.
- Speaker #1
Mais je dirais même aussi de... Moi, je pense que j'ai été très focus sur l'accouchement. Regarder un peu ce qui s'en vient après, parce que, tu sais, nous, l'avènement a été un peu difficile, puis je pense que je l'avais... vite, vite, vite, vite regarder, mais pas trop parce que l'accouchement est tellement l'événement le plus impressionnant, la clôture de la grossesse, que je pense que ça m'aurait aidé un peu, ne serait-ce que, je pense, j'avais une vision un peu idéalisée de je prends mon bébé, je le plogue au sein, puis ça fonctionne. C'était pas tout à fait comme ça. Puis je pense que si j'avais pu défaire cette idéalisation-là, c'est juste ça, dans le fond, la préparation. Je sais pas comment ça va se passer, mais juste... de s'ouvrir un peu à différentes choses, de ne pas être dans l'idéalisation. Après, je pense que ça aide à accueillir ce qui se passe plus, parce que nous, ça a été un défi que j'avais sous-estimé. C'est comme si tu penses à l'attouchement, mais là, il y a les choses, après, la mise en marche de ça, c'est pas simple. Puis je l'avais comme sous-estimé. Peut-être regarder un petit peu plus ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour votre partage à tous les deux. Merci pour votre belle authenticité, pour tous ces partages-là très intimes. Je vous embrasse et je vous souhaite plein de beau bonheur à venir. Puis qui sait, peut-être, Juliette, encore de nombreux accouchements.
- Speaker #2
Oui. J'ai déjà dit trois dans le tourniquet. C'était un troisième ou deux. OK, d'accord.
- Speaker #1
On a commencé à parler. Bye bye. Merci, bye.
- Speaker #0
Quel beau partage. J'espère que tu as aimé, que tu as ri aussi autant que moi. Si tu as aimé l'épisode, évidemment, je t'invite à aller sur Apple Podcasts pour pouvoir mettre un beau 5 étoiles au podcast Enfanté Librement. Tu peux également me rejoindre si tu as envie de me parler de ce que tu as ressenti à l'écoute de l'épisode. Tu peux le faire via Instagram. Tu peux aussi le faire via courriel. Tu as d'ailleurs mon adresse dans les commentaires. et la description de l'épisode. Je te rappelle qu'au moment d'enregistrer ce podcast, la préparation virtuelle à la naissance que j'ai conçue et enregistrée, les 11 clés pour une naissance facilité, est encore offerte en mode gratuit. Si tu veux t'y inscrire, c'est facile. Encore une fois, tous les liens se trouvent dans la description de l'épisode. Je te souhaite une magnifique semaine et je te dis à très bientôt puisqu'on se retrouve déjà la semaine prochaine.