- Speaker #0
Aujourd'hui, je te retrouve avec Catherine, et cette fois, elle arrive avec son fils Camille, blotti contre elle. Quelques semaines à peine se sont écoulées depuis notre dernière conversation. Dans cet épisode, Catherine nous offre le récit de son enfantement à domicile. C'est un épisode sur le « oui » , sur ce que ça veut dire d'accueillir les sensations plutôt que de les fuir. sur la force tranquille d'une femme qui s'est préparée qui s'est fait confiance et qui a laissé son corps la guider jusqu'au bout. Lumineux, incarné et profondément inspirant.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leurs désirs. Voici Tadoula Osteo, Annie Béreur.
- Speaker #0
Catherine, on se retrouve. Tu as ton fils en porte-bébé sur toi, collé.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Quelques semaines ont passé depuis notre dernière rencontre.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et là, tu viens nous raconter la suite.
- Speaker #2
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Une magnifique expérience.
- Speaker #2
Extraordinaire. J'ai de la misère à y croire encore.
- Speaker #0
Comment se sont passées les dernières semaines de ta grossesse entre notre dernier rendez-vous et le moment de la naissance ?
- Speaker #2
Alors, les semaines ont passé. Ma maman est venue nous rejoindre de France. Elle arrivait à la maison à 39 semaines de grossesse, en imaginant que le deuxième bébé allait arriver peut-être un peu plus tôt. Et non. Donc, elle a passé un bon deux semaines et demie à être avec nous. Et on a attendu que notre fils Camille se pointe le bout du nez à 41 plus 4. Et ça a été un grand bonheur d'avoir ma mère pendant deux semaines et demie, en fait, parce qu'en étant à la maison depuis cinq ans avec une grande, avec toutes sortes de projets, les petits détails du quotidien n'ont jamais été enlevés. Je n'ai jamais eu de pause. Et donc, d'avoir ma mère pendant deux semaines et demie ont été les plus belles vacances des cinq dernières années. C'était extraordinaire. Ça m'a guérie, on va dire ça comme ça, d'une grossesse inconfortable, pas en termes de pathologie ou d'inconfort physique, mais je ne me sentais pas bien dans ma peau, on va dire ça comme ça. Puis maman, quand elle est arrivée, elle m'a permis juste de comme rien faire. Et c'était un bonheur. Elle jardinait, je jardinais un peu avec elle, je la regardais, je me balançais sur mon ballon. Elle venait avec moi à la garderie, portait ma grande, on faisait à manger, on prenait des marches, c'était magnifique. Quand bébé est arrivé, c'était merveilleux de la voir aussi les dix premiers jours de sa vie. Mais là, à ce moment-là, j'avais une job à temps plein.
- Speaker #0
Surplein.
- Speaker #2
Surplein. Et donc, le fait qu'elle ait été là plus... Pour moi, pendant la grossesse qu'avec mon bébé, c'est ça qui m'a fait vraiment relâcher dans les derniers temps. Et pour avoir la cerise sur le Sunday, elle a décidé de prendre ma grande et l'amener dans un chalet du vendredi au dimanche, avant la naissance de Camille. Et donc, mon chum et moi, on s'est retrouvés. Et là, je pouvais accoucher n'importe quand. J'étais à 41 et 3. Donc, on ne prévoyait rien. On allait au resto. J'étais... énorme, mais on se baladait. J'avais pas du tout peur. Le dimanche, je suis même allée à un shower voir tous mes amis d'enfance. C'était très drôle parce qu'ils venaient de faire le calendrier des suppositions de la naissance du bébé. Et juste avant que j'arrive, ils disaient, ben non, après 10 jours, après la date prévue, c'est sûr qu'elle aura accouché, en parlant de mon amie. Et là, moi, j'arrive avec ma grosse bédaine. Et tu es à combien ? Je suis à 10 jours de plus. Là, tout le monde me regardait comme, oh mon Dieu Mais je me sentais bien, c'était super, je me sentais vraiment bien. Et là, surtout d'avoir passé un week-end avec mon amoureux sans aucun plan, il faisait tout un peu pour me faire plaisir, c'était naturel, c'était vraiment chouette. Ma mère et Rose reviennent le dimanche en fin de journée, nous rejoignent. Philippe fait un bon souper, on se met. Tout le monde à table, et comme d'habitude, on va se coucher. Philippe va endormir Rose, il est 8h30 à peu près. Moi, je m'en vais dans mon lit, je regarde ma petite série, et puis vers 11h, je me lève faire pipi, et en me levant, quelques gouttes glissent le long de mes jambes. Je vais faire pipi, et je me dis, bon, j'ai fissuré. Là, le décompte d'arbre est commencé. Je ne suis pas stressée, mais je me dis... C'est pas le temps de recommencer une série ou de stimuler mon cerveau rationnel. Je suis dans mon lit, tout le monde dort. Je me mets une culotte avec une grosse serviette sanitaire. Et je me rallonge sur le côté gauche et je démarre les affirmations positives d'Annie. Ah oui, je range un petit peu ma maison.
- Speaker #3
C'est vrai.
- Speaker #2
En me disant, si jamais il y a tout le monde qui débarque, le bordel de la fin de semaine sera rangé. Donc je prends le temps de marcher, ramasser les petites affaires qui traînent, je me remets au lit. J'écoute les affirmations positives et là, il faut se rappeler que depuis des mois, des semaines, j'ai plein de contractions de Braxtonix, rien de douloureux. Mais j'ai eu un malin plaisir à sentir ces contractions-là changer avec le temps. Et pendant toute ma grossesse, j'ai eu des Braxtonix. Et là, dans le dernier mois avant l'accouchement, j'en avais de plus en plus et là, les sensations changeaient. Les gros câlins se transformaient en petites tensions de règles, petites lourdeurs dans le haut des jambes, petits tiraillements sur la symphyse pubienne. Je sentais des fois dans le dos. Puis j'ai vraiment eu du plaisir à sentir tous ces changements-là. Et donc, quand je me recouche dans mon lit sur le côté de gauche en écoutant les affirmations, les contractions sont... plus régulières et là, je m'accroche aux sensations que ça me fait. Et là, je sens que ça tire plus, mais toujours pas aussi intense. Je ne ressentais pas le besoin d'utiliser des sons encore. Je fermais les yeux et j'écoutais la voix d'Annie et au fond de moi, je disais comme oui. Puis ça, ça va me suivre pendant toute mon expérience d'enfantement, ce oui-là. C'était vraiment spécial. C'est comme si je prenais la sensation. J'essayais de la sentir et de lui donner l'espace pour qu'elle rentre plus loin dans mon corps. Et là, après quelques minutes, la poche des os, on peut dire qu'elle a été rupturée. La première chose que je me dis dans ma tête, c'est « Oh non, zut, mon lit » Parce qu'en fait, moi j'avais envie, si tout allait bien, de donner naissance à domicile. Et donc, dans la préparation des sages-femmes, ils nous suggèrent d'installer notre lit avec un protège-matelas, un drap contour, un protège-matelas et un drap contour. Et là, en rupturant mes membranes dès le début de la couche-barre, je me suis dit, s'il faut que j'enlève ma première couche de lit, je vais me retrouver tout de suite sur mon beau lit propre que je gardais réservé pour mon bébé, puis faire un beau dodo tranquille. J'ai dit « Ah non » Finalement, je me lève et ma serviette sanitaire avait tout absorbé.
- Speaker #0
Wow Et là,
- Speaker #2
j'étais comme « Oh yeah » Donc, je me lève. Ça coule encore en marchant jusqu'à la toilette. Mon chum se réveille à ce moment-là. Comme une petite souris, il vient me voir, il me fait un câlin, il me dit ça va bien aller. Chapeau, merci mon amour, parce que c'était pas gagné.
- Speaker #0
Oui, c'est moins son genre.
- Speaker #2
Ben c'est moins son genre, pis il aurait pu être inquiet, pis c'est vrai que je savais pas trop comment il allait réagir. Mais disons que ce qu'il a fait là, à ce moment-là, ça m'a vraiment sécurisée. Parce qu'il en a pas trop dit, il en a juste dit assez, pis je le sentais pas. pas nerveux. Et ça, j'ai trouvé ça vraiment chouette. J'ai demandé d'essuyer mon eau de rupture. Il n'y en avait pas dans mon lit, mais en marchant, ça sortait. Puis là, j'ai dit, peux-tu mettre un petit coup de nettoyage dans le bain ? Je me suis dit, au cas où je ressente le besoin d'aller au bain, c'était fait. À ce moment-là, je vais faire pipi. Je ressens le besoin d'évacuer aussi mes intestins. Et là, à ce moment-là, les contractions deviennent de plus en plus intenses. intense et je commence à sentir le besoin de faire des sons. Je fais des sons et c'est ça qui a réveillé mon John, c'est ça. Parce que depuis quelques jours, il dormait à moitié en écoutant tout le temps les sons. Parce qu'il dormait dans la chambre de ma fille, c'est ça qu'il faut dire, il n'était pas à côté de moi.
- Speaker #0
Et ça, il faut le dire, il faut normaliser ça, le fait de dormir chacun dans notre lit en fin de grossesse.
- Speaker #2
Oh oui, beaucoup. Moi, je suis tellement plus confortable. J'ai un chum qui a un sommeil léger, alors s'il veut bien dormir, c'est sûr qu'avec un bébé naissant à côté de lui ou une femme enceinte qui gigote, c'est pas le fun.
- Speaker #0
Évite les si j'investis en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée.
- Speaker #2
Donc, je fais caca à la toilette, je fais pipi et je ressens le besoin de faire des sons. En fait, je commence par texter Annie en me disant, là, il y a en plein milieu de la nuit, j'avais tant peur de la déranger. Donc, je commence par texter, je pense que deux minutes plus tard, je finis par l'appeler en disant, bon. Puis là, Annie me rassure, elle me dit, écoute, je m'en viens, puis au pire, je dormirai à côté de toi. Fait que je dis, ok. Je raccroche, mais là, je n'ai pas appelé les sages-femmes encore. Mais là, je commence à avoir envie de vomir. C'est là où je me suis dit, OK, là, c'est embarqué solide. Il va falloir que... Fait que j'ai appelé ma sage-femme à ce moment-là. Je décide d'aller dans la douche. Donc, je vais dans la douche. J'installe la petite douchette avec un jet en direction du bas de mon dos. Mes deux mains sont sur le mur. Et là, je fais des sons. Et là, je ne reconnaissais pas les contractions. En fait, elles étaient nouvelles à chaque fois. Je ne m'habituais pas à une contraction. Donc, je reste dans la douche, je ferme mes yeux, je fais des sons. À partir de ce moment-là, ma notion du temps dérape complètement. Je me souviens qu'à un moment donné, je sens Annie à côté de moi, qui prend la douchette pour me masser le bas du dos. J'entends ma fille qui se lève, qui arrive, qui rentre comme une petite souris avec mon chum. qui écoute sa maman donner naissance tranquillement. Puis on avait tant joué à Maman Dragon qui donne naissance, donc elle connaissait elle-même les beaux sons que ça fait. Elle n'a pas eu peur, mais elle a décidé d'aller écouter la télé en plein milieu de la nuit avec sa yaya. Je la comprends. Suite à sa décision de retrouver sa grand-maman, je me suis sentie très soulagée aussi parce que là, j'avais perdu ma notion du temps. J'étais rentrée dans un autre monde. Et quand j'ai entendu ma fille, je suis ressortie de mon monde. Et là, je me suis dit, oui, effectivement, je pense que je suis contente que ça soit passé comme ça. La notion du temps et d'où j'étais est très difficile à décrire. C'était noir autour de moi. J'avais les yeux fermés. Ça bougeait, mais en même temps, il y avait comme une espèce d'œil de cyclone, on va dire. La voix d'Annie à côté de moi qui respirait. Puis qu'il faisait des sons m'aidait énormément. Parce qu'au lieu de dire « respire » ou « fais des sons graves » , elle le faisait avec moi. Le tourbillon m'emportait, puis mes sons devenaient plus aigus. J'entendais juste le son grave que tu faisais, puis là, je t'imitais. T'étais vraiment mon guide. Puis dès que je me reconnectais à ton son, ouh, puis je redescendais. Pareil, après plusieurs contractions intenses, Des fois, ma respiration devenait vraiment superficielle. Puis là, tu prenais une bonne inspiration. Et c'est ça qui était magique parce que j'avais rien à réfléchir. Et je me souviens que tu parlais à mon bébé. Tu me parlais à moi, tu me parlais à mon bébé. Ça m'a montré le chemin aussi de parler à mon bébé. Ça, c'était chouette.
- Speaker #0
Oui, parce qu'à un moment donné, tu t'es mise à lui parler, toi aussi.
- Speaker #2
Oui, oui, oui. Je m'en souviens plus, probablement. Mais oui, ça, je me souviens que ça m'aidait beaucoup à gérer. Et un moment, tu m'as parlé une seule fois pour me proposer de danser. Tu m'as dit, Catherine, danse tes contractions. Oh my God J'avais les deux mains sur le mur, la douchette chaude dans le bas du dos, et là, j'ai commencé à danser. Je sais pas à quoi je ressemblais, mais j'avais l'impression, là... de twerker ça, là.
- Speaker #0
C'était extraordinaire.
- Speaker #2
J'avais l'impression d'être une danseuse de pole dancing, mais j'avais du fun,
- Speaker #0
là. Oui, c'était extraordinaire, en fait. T'étais pas du tout dans le type sportif. T'étais vraiment une déesse, là.
- Speaker #2
C'était vraiment spécial, mais je me sentais bien. Et ce qui était le plus extraordinaire, c'est qu'à ce moment-là, j'ai comme trouvé le X... où je devais être pour accompagner ma contraction. C'est comme si je prenais toute l'intensité, puis j'ai... Je disais, toi là, tu t'en vas là. Tu ouvres mon col et t'accompagnes mon bébé. Et c'est comme si je l'acceptais et je dansais avec. Mais c'est comme si je valsais avec l'intensité, avec ce qui se passait dans mon corps, que je le laissais tout aller et qu'en plus, je l'invitais à prendre encore plus d'espace. Ça, ça, ça, c'était génial. Je ne sais pas si c'était génial parce que j'arrivais proche de la... poussée. On peut imaginer que c'était comme la camille avant la poussée, mais j'ai aucun souvenir où j'en étais vraiment, mais je sais que je commençais à pousser à ce moment-là.
- Speaker #0
Et Catherine, souvent, on a l'impression quand on donne naissance que la douleur est tellement forte que bouger, c'est presque impossible et que ça va augmenter la douleur.
- Speaker #2
Exactement. T'as raison de nommer ça parce que c'est vrai que on fige, hein ? On se cogne le petit orteil, on fige deux secondes. Et non, en fait, avec le mouvement, c'était révélateur. Puis la danse, c'est comme si ça contracte les muscles pour bouger ton bassin. Tu n'as pas le choix de bouger avec tes muscles. Et la contraction des muscles de façon aléatoire, ce n'est pas un balancement passif. À ce moment-là, le mouvement actif était extraordinaire. Puis c'est langoureux, hein ? C'est pas juste un mouvement de monter les marches d'escalier. C'est comme si c'est rond, comme les contractions. Je sais pas comment dire. C'est rond comme cette espèce de tourbillon qui fait naître notre bébé. C'est anarchique, mais en même temps, c'est doux, puis c'est harmonieux. C'est... Ouais.
- Speaker #0
Oui, c'est très... Je te dirais même, on est dans l'énergie de la sensualité, là.
- Speaker #2
Ah, tout à fait. Vraiment. Écoute, puis quand je... parle du tour cage ou du pole dance loge je parle pas de l'aspect vulgaire de la chose là je parle de l'aspect vraiment le fun de laisser ton corps de femmes sensuelle s'exprimer comme il veut le c'est génial ouais fait que la partie de la séquence a poussé et l'homme est sombre j'aime beaucoup pousser parce que tu me sens se transformait de à plein moment donné ce Euh... Donc, c'est comme une espèce de vomi, mais par en bas, c'est les transverses qui se contraignent vraiment. Puis, c'est surtout que ça me donne la sensation que c'est bientôt fini. Et donc, comme à Rose, j'ai eu cette expérience-là sans que ce soit le moment de pousser. Je reconnaissais la sensation de pousser, mais j'avais quand même un doute inconscient à savoir si je suis réellement dilatée. Est-ce que mon bébé est vraiment prêt ? À sortir ou c'est encore une mauvaise position qui me fait ressentir cette sensation-là. Et à ce moment-là, je me souviens qu'Alice, entre-temps, était arrivée, venait juste d'arriver.
- Speaker #0
Et Alice est la sage-femme.
- Speaker #2
Elle demande à Annie, ça fait combien de temps qu'elle fait ce son-là ? Et là, tu réponds, vingtaine de minutes. Alice dit, parfait, je prépare mes affaires. Parce que toutes les sages-femmes ont toutes leurs affaires. Ils viennent poser à partir de 30. 4-36 semaines, deux grosses valises, des médicaments dans le frigidaire. Ils ont tous leur stock exactement la même chose qu'à la maison de naissance. Donc quand j'entends Alice dire « parfait, je sors mes affaires » , là à l'intérieur de moi, je suis encore dans mon monde, mais j'ai comme la validation que ce que je ressens, c'est que c'est imminent, puis que je suis sur le bon chemin. Et là, ça me soulage et là, je plonge. Je plonge encore plus dans les sensations. Mon « oui » du début me revient. Et là, je commence à dire oui. Oui, tu le « avoir hôte » . « Avoir hôte » , c'est ça, je le disais « avoir hôte » . Je suis encore dans la même position, debout, les deux mains au mur, mais là, ça pousse de plus en plus. Puis il me semble que tu m'as dit qu'on entendait aussi le liquide.
- Speaker #0
Oui, puis c'est impressionnant parce que l'on se rappelle que la douche coule toujours. Oui, c'est ça. Donc, il y a le bruit de l'eau qui tombe au sol dans la douche. Et en plus, à chacune de tes contractions, tu dis oui en poussant et en disant oui, on entend un surplus de liquide qui tombe au sol. C'était que donc moi, en plus d'avoir tes sons, je savais que ton fils descendait parce qu'il poussait le liquide. Oui,
- Speaker #2
oui, oui. Puis là, ça poussait, Et je me souviens avoir mis une main sur mon périnée, une main sur les fesses de mon fils, encore dans mon ventre. C'est comme si je le sentais descendre, parce que mon périnée n'était pas encore bombée, mais à un moment donné, je sentais ses fesses descendre, puis là, j'ai senti sa tête bomber mon périnée. Puis là, je savais comme, en poussant, qu'il descendait, puis là, je... Je parlais avec Annie, je parlais à mon fils. Je ne sais plus exactement ce qu'elle disait, mais c'est comme...
- Speaker #0
Ça t'a touchée, ça ? Ah,
- Speaker #2
ça m'a touchée, puis c'est comme si ça rend concret, c'est comme la carotte au bout du chemin, c'est comme si... Là, j'ai un vrai bébé qui va sortir parce que là, Annie est en train de lui parler. C'est plus juste moi qui lui sort, tu sais. Fait que ça, ça m'a aidée beaucoup. Puis là, j'ai commencé à l'accompagner aussi. Et là, la sensation de brûlement, le fameux cercle de feu, que je pensais être superficiel, mais que j'ai découvert, du moins pour moi, que c'était pas mon périnée superficiel qui me faisait mal. C'était plutôt le début de mon périnée à l'intérieur de moi, au niveau de mes ischions.
- Speaker #0
Pendant tout ce moment-là, j'ai souvenir qu'à quelques fois, tu as mis les doigts dans ton vagin.
- Speaker #2
Non, je n'ai pas mis les doigts.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #2
Non, j'avais la main sur mon périnée. Parce qu'à l'accouchement de Rose, je faisais des touchés vaginaux pour voir la dilatation, mais je n'avais pas rupturé. À lui, je n'ai pas eu ce besoin-là de valider ma dilatation. puis comme j'avais repris obturé, on dirait que j'étais moins à l'aise de le faire.
- Speaker #0
Ok, tu vois, c'est intéressant parce que j'ai eu l'impression, pas que t'avais fait des examens pour voir ta dilatation, mais qu'il y a un moment donné que tu rentrais tes doigts dans ton vagin peut-être pour voir la hauteur, la progression. Ah,
- Speaker #2
peut-être, écoute, mais ça, je me souviens...
- Speaker #0
T'en souviens pas.
- Speaker #2
Non, je me souviens avoir mis ma main sur mon périnée pour voir s'il était arrivé, mais je me souviens pas être rentrée parce que je sentais ses fesses pour voir comment il descendait puis je l'attendais. Et là, le cercle de feu, que j'ai pas senti très longtemps, parce que j'ai juste dit oui encore, puis j'ai laissé aller, puis je suis comme plongée. C'est juste vraiment intense, mais c'est comme si je décidais d'aimer l'intensité. Mais ça faisait pas mal, c'était juste weird, là. C'était un autre monde, mais c'est ça, j'avais juste envie de plonger. Et je savais que j'étais en sécurité, tu sais. Annie était à côté de moi. Et à un moment, j'ai senti que c'est comme si mon fils allait naître en l'horizontale. Je trouvais ça très bizarre, parce que j'avais l'impression qu'il allait réellement sortir par mon sacrum, pas par mon anus, par mon sacrum. Et là, je me suis dit, peu importe comment il sort, il va sortir. Là, je me suis dit, tant pis, ce sera ça qui va être ça. J'avais lu beaucoup de récits d'enfantement. Dans plusieurs récits, ça revient, les sensations sont toutes différentes, mais tu ne contrôles plus grand-chose, puis il va sortir comme il va sortir, puis tu lâches prise sur ça. Il y a un certain point où tu as l'impression de te décomposer. Je ne peux pas dire que j'ai eu l'impression de me fendre en deux, comme j'ai déjà lu certains récits. Ce n'était pas forcément ça, mais c'est comme si tu lâches prise sur... Comment ça va se passer ? C'est ça. Tu lâches prise sur ton propre corps. Et encore une fois, j'ai dit oui. Et là, je poussais. Et là, je chantais mon bébé descendre. Et j'avais écouté beaucoup, beaucoup, beaucoup de vidéos de sorties de bébés. Je n'avais pas peur de ça. Et je savais qu'il allait sortir. Donc, quand j'ai senti toutes ces sensations-là étranges, je me suis dit juste comme... Let's go On glisse Et je me suis mise à quatre pattes. Puis là, j'avais ma main sur mon périnée, je sentais qu'il était là.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a fait que tu étais en position debout et que tout à coup, justement, tu t'es mise à quatre pattes puis à genoux ? C'est parce que tu as senti que la tête était là ?
- Speaker #2
Oui, parce que j'avais ma main sur les fesses dans mon ventre, puis la main sur mon périnée, puis je sentais mon bébé descendre. J'ai passé le cercle de feu. Je sentais que ça poussait sur mon périnée. Je sentais sa tête sur mon périnée. Ma première, j'avais poussé trois fois. Elle était sortie et j'étais sur le dos. Avec les piturales. Je l'ai sortie en trois poussées, sans vraiment de sensation, sans gravité. En me sentant sur mon périnée, je savais que la job était faite. Je me suis mise à quatre pattes. J'ai levé une jambe. La tête est née. J'ai entendu Alice dire « la tête est née » . Puis là, la contraction suivante, il est sorti, je l'ai attrapé. J'ai vérifié qu'il n'y avait pas de cordon autour du cou pour ensuite le ramener vers moi. Et là, j'ai dit « pas de cordon » . Puis mon chum, il croyait vraiment. que notre fils était né sans cordon. Une fois la naissance du placenta sorti, puis qu'il a vu que Camille était reliée à son placenta avec son cordon umbilical qui était encore tout intact, tout attaché ensemble, il me regarde en me disant
- Speaker #3
« Mais il y a un cordon umbilical Tu ne t'avais pas dit qu'il n'y en avait pas »
- Speaker #0
Alors que donc, ce que Catherine voulait dire, c'est qu'elle a vérifié qu'il n'y avait pas de tour de cordon autour du cou. Mais évidemment, il y avait un cordon.
- Speaker #2
Oui, évidemment, il y avait un cordon. J'ai trouvé ça très mignon. C'est très drôle. C'est très, très mignon. Comme pour moi, c'est évident, mais...
- Speaker #0
Oui, puis on le dira. Tu sais, toi, t'es ostéo, t'as des connaissances quand même supplémentaires, importantes. Tu t'intéresses à ça. Ton chum n'est pas du tout dans ce domaine-là. Pas du tout.
- Speaker #2
Mais j'ai trouvé ça... C'est l'anecdote parce que c'est adorable.
- Speaker #0
Oui, c'est très cute.
- Speaker #2
Donc, je vérifie qu'il n'y a pas de tour de cordon, juste pour pouvoir le ramener sur moi. Puis là, je me mets assise dans le coin de ma douche. J'ai mon bébé sur moi et je relève la tête. Puis là, je vois trois petites souris. Annie, Alice et mon amoureux Philippe qui nous regardent. Et voilà. C'est mon bébé, là. Il est en pleine forme. Et là, on prend quelques temps pour juste comme intégrer tout ce qui venait de se passer.
- Speaker #0
Écoute, moi j'ai encore la photo de toi avec le sourire, mon Dieu, ça va être vraiment émotive, avec le sourire fendu jusqu'aux oreilles, dans le coin de ta douche, avec ton bébé collé sur toi. Et là, je ne sais pas si vous avez bien entendu tout le monde, mais Alice, la sage-femme, est restée à distance. Tout le monde est resté à distance. Quand Catherine dit « Je me suis accroupie, j'ai touché, j'ai accueilli mon bébé » , il y avait seulement deux mains pour accueillir le bébé, et c'était celle à Catherine.
- Speaker #2
C'était une chance extraordinaire. Et honnêtement, c'était pas un objectif. Rien de tout ça était un objectif. Je m'étais fait aucune attente. Je m'étais même... Probablement plus imaginé de voir transféré à l'hôpital, comme ce qu'on entend la plupart du temps dans les histoires, malheureusement.
- Speaker #0
Tu dis ça, mais en même temps, Catherine, pendant la grossesse, à plusieurs reprises, tu me parlais d'accouchement toute seule, autonome, dans ta bus, sans personne.
- Speaker #2
T'as raison. Je pense que publiquement, quand je disais « je vais accoucher à la maison » , les gens me regardaient avec des gros yeux. Et donc, je les rassurais en disant... Vous savez, les accouchements commencent tous à la maison. Si ça va bien, on reste là. S'il y a des signes de prévention qui nous disent qu'on est mieux de transférer, on ira à l'hôpital. Mais tous les accouchements commencent à la maison, puis ensuite on prend nos valises, puis on va à l'hôpital, puis on travaille actif, ensuite on donne naissance. Dans ma tête, je l'ai tellement répété ça pour rassurer le monde, que c'est comme si ce n'était pas une obligation. Dans le pire des scénarios, c'est un scénario normal. Mais ! en intimité, par contre. Ça, c'était différent. Parce que oui, effectivement, je me suis mise à m'intéresser aux naissances monocytées. Parce que j'étais beaucoup à la recherche de récits qui parlaient de sensations. Parce que je m'étais beaucoup nourrie des formations, des positions, des techniques de gestion de douleurs. Mais en même temps, comme mon chum n'était pas là, puis que je sais que j'allais avoir la meilleure à côté de moi. On dirait que la job que j'avais à faire, moi, c'était plus de m'initier à toutes les sensations qui peuvent être possibles de ressentir, puis plus rentrer dans ces sensations-là. Donc, dans la communauté de naissance non assistée, c'est ça qui était nourrissant pour moi, parce qu'on a plus d'histoire. Et puis, en même temps, je me souviens que j'ai fait un marathon entre elles. C'était une course en montagne. Donc il y avait 3000 mètres de dénivelé, 42 kilomètres, c'était quand même une grosse course. Il n'y avait pas grand monde qui pensait que j'allais la réussir. Et même moi, je me suis sentie que je n'étais pas assez entraînée et je m'étais dit, OK, je vais faire la moitié puis au relais, j'arrêterai. Et finalement, à ce moment-là, mon chum prenait l'avion parce que c'est une course qui était en France puis mon chum retournait à Montréal. Et pendant ma course, mon chum était dans l'avion, donc aucun réseau pour voir où j'en étais rendu. Et à l'intérieur de moi, ça, ça m'a fait triper. Ça m'a fait triper dans le sens où je partais en catimini. Et là, je finissais ma course au complet. Et quand il allait retrouver son téléphone, à son retour à Montréal, il allait découvrir que j'avais réussi. Alors que j'avais dit à tout le monde que je ne le ferais pas. Un peu comme je disais à tout le monde, je ne saccoucherais pas vraiment la maison. Et donc, comme je pensais à comment je m'étais sentie pour... Mon marathon, je me suis dit, et si j'accouchais en catimini et que mon chum arrivait et, ah, mon bébé là. Et j'ai commencé à rêver à ça, parce que ça me rendait plus confortable, on dirait. Le fait de ne pas savoir comment il allait réagir, c'est comme un facteur incontrôlable à côté de moi. Puis j'avais aussi peur de l'intervention des sages-femmes, parce que c'est sûr qu'ils ont une formation beaucoup plus... beaucoup plus respectueuses de la physiologie, mais elles ont quand même beaucoup de protocoles à faire. Et malgré tout, l'écoute du coeur, le test de voir quelle dilatation... Ils font beaucoup de choses pour nous accommoder. Je pense que j'ai eu une prise de coeur juste avant de le... Mais ça a duré deux secondes. Mais c'est ça. Donc, j'appréhendais tout ce qui pouvait me faire sortir de ma bulle. C'est pour ça que l'imaginaire que je me faisais dans ma tête. c'était comme que je sois vraiment toute seule mais avec du recul je pense qu'avec les sensations que j'ai senties je comprends la beauté d'un accompagnement, d'un soutien que ce soit la merveilleuse Annie à côté de moi une accompagnante ou un compagnon une compagne extraordinaire qui fait ça le fait de ne pas se sentir seule dans un monde c'est vraiment aidant pour la manière dont on vit l'expérience. C'est sûr que je serais passée au travers, mon corps y allait faire. Mais la différence entre comment je l'ai vécue, je suis sortie de là avec le sourire, de faire « Oh my God, c'est extraordinaire, quand est-ce qu'on y retourne ? » Mais toute seule, où que je me serais perdue ? Et c'est quand j'étais dans mon lit, j'ai vu Annie, puis j'ai dit « Annie, t'es comme ma Luciole. » Et ça, c'était génial parce que j'étais perdue dans un monde que je ne connaissais pas. J'avais peur, j'avais des doutes, mais il y avait comme une sensation de « ok, c'est correct » . Il y a comme quelqu'un qui veille sur moi. Pas juste Annie, Alice était là avec toute sa bienveillance, ma mère était là avec toute sa bienveillance, ma grande fille d'amour était là en supporteur numéro un de son petit frère, mon chum, mon chum qui... Malgré tout ce que je peux penser ou avoir peur, il était d'un support extraordinaire. Au début de ma grossesse, il m'a dit « Bon, là, on va faire un compromis. Tu pourras coucher en milieu hospitalier avec sa chevamme. » Je regardais, je me disais « Non, ce n'est pas un compromis pour tout. » Et moi, de façon réflexe, pour essayer de garder le plus de latitude possible, je me disais « Moi, je pense à coucher à la maison. » Pour que le compromis soit encore sa chevamme maison de naissance. Mais je ne pensais pas à coucher à la maison à ce moment-là. Et comme il n'a rien répondu à ma réponse du tac au tac, je fais comme « Ah, mais c'est une possibilité d'accoucher à la maison »
- Speaker #0
Quand il va écouter le podcast, il va faire « Oups »
- Speaker #2
Oui, il le sait, il le sait. Et là, mon chum a été supportant dans son silence. Il ne m'a fait aucun commentaire. Il était génial pour ça. Cela dit... Après que je me retrouve le grand sourire figé, mon bébé dans les bras, dans le coin de ma douche, là je commence à avoir froid. Là je commence à avoir froid, je regarde autour de moi, puis c'est merveilleux d'être dans la douche parce que l'eau a tout, il n'y avait pas de sang, c'était vraiment... On était confortables, mais je commence à avoir froid alors je me relève et là vous me dites, tiens ton bébé, on s'occupe de toi. Donc là vous m'avez pris chacun un bras, je tenais juste mon bébé dans les bras, vous m'avez déposé dans le nid. Et je pense 35 minutes plus tard, j'étais sur le côté droit avec mon bébé près de moi. 35 minutes plus tard, on m'a proposé juste d'accompagner de... Je faisais une légère traction sur le cordon médical de mon bébé. Et donc, 35 minutes plus tard, le placenta est sorti. Je l'ai mis dans un gros bol et on a pu observer mon bébé avec le placenta. Ouais, avec ça, ça clôturait. Parce que c'était important d'aller jusqu'à là, dans le récit et dans l'expérience. Et là, dès que le placenta est sorti, Rose est montée, ma mère est montée. Tout le monde nous regardait dans le lit. Rose est venue nous rejoindre. Donc, on était tous les quatre dans notre lit. Et Alice a montré le placenta à Rose. Ça, c'était chouette. On était dans la nuit, complètement. Il faisait noir. Tout le monde dans le lit. Puis là, il y avait juste une petite veilleuse d'allumée. Puis Alice montrait ça, le placenta. Ma grande-fille est merveillée de voir le placenta. C'était super Je suis tellement fière de pouvoir lui montrer ça, ma grande-fille.
- Speaker #0
Oui, puis elle était très fascinée. Ah,
- Speaker #2
elle était contente, puis même les sons, elle était très contente. Pour elle, c'était le chemin. Encore aujourd'hui, des fois, elle joue à donner naissance, puis elle s'accroupit en faisant des « oh » . Le bébé a glissé dans les pieds
- Speaker #0
Oui, et puis t'as beaucoup, comme tu disais tantôt, t'as beaucoup pratiqué avec elle. Je pense que c'est très important quand on planifie une naissance à domicile de le faire.
- Speaker #2
Oui, vraiment. Vraiment, parce que c'est pas évident. Quand on entend ça d'un moment à un son grave comme ça, c'est pas évident. Mais quand on le fait par le jeu, c'est tout dans l'accompagnement de nos enfants. Le jeu, c'est la clé. C'est vraiment chouette. Merci de m'avoir proposé ça, parce que ça fait vraiment une grosse différence sur le vécu de ma fille. Puis là, elle me parle que quand elle va avoir un bébé dans le ventre, elle rigolote. Donc, on se retrouve tous les quatre dans le lit. On était excités aussi. Il y avait de la fierté. Il n'y avait pas de la fierté d'avoir réussi, parce que, comme je disais tantôt, je n'avais pas vraiment d'objectif. Mais on était, en tout cas, moi. J'étais surprise d'avoir vécu ça. J'étais comme fière de l'avoir attrapé parce que ce n'était pas un objectif, vraiment, puis je n'en revenais pas. J'étais fière d'avoir eu les capacités instinctives parce que ce n'était pas du tout rationnel. Oui, j'avais vu plein d'affaires, oui, je m'étais nourrie de toutes sortes de... conseils d'information, de vision, de récits, mais je n'avais aucune idée de comment ça allait prendre forme. Donc, j'étais fière de retrouver la confiance en mon corps que j'avais perdue à l'accouchement de Rose, parce que j'ai eu des doutes à mon premier accouchement sur la capacité à mon corps à vraiment connaître ce qu'il doit faire. La fierté venait de ça. Ce n'est pas tant le résultat final, mais plus la fierté de reconnaître que mon corps sait faire les choses. J'avais perdu cette confiance-là.
- Speaker #0
Évidemment, tu as gagné en maturité entre les deux naissances. Mais on s'entend que ton corps, à la première naissance, avait déjà le mode d'emploi. C'était déjà là, c'était déjà à l'intérieur de toi. Et moi, je suis profondément convaincue qu'on peut... peut avoir accès, même pour une première naissance, à une expérience aussi extraordinaire que ce que tu viens de dire. Je suis convaincue,
- Speaker #2
sans doute.
- Speaker #0
Vraiment. Mais souvent, malheureusement, ce chemin-là est plus difficile à aller chercher. Oui. Ce serait quoi tes points clés, tu penses, qui ont fait que les deux expériences ont été aussi différentes avec deux bébés qui se présentaient bien.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Avec la même personne, le même corps et compagnie.
- Speaker #2
La grosse différence, c'est l'accompagnement. Puis je ne dis pas ça parce que tu es en face de moi, c'est que le premier accouchement, c'était en pleine pandémie. Je n'avais pas l'option d'avoir une accompagnante. Et mon amoureux, il est parfait, mais ce n'est pas un accompagnement de femme qui est dans un autre monde. Puis c'est correct, c'est correct parce que c'est un père extraordinaire. Quand les bébés grandissent, on ne peut pas tout avoir, comme on dit. Mais c'est ça, il y a certaines limites dans l'accompagnement que mon chum peut m'offrir, puis c'est tout à fait correct. Je dis correct maintenant, mais ça m'a pris quand même un certain bout de chemin à faire ce deuil-là, parce que dans mon milieu, en ostéo, dans l'accompagnement à la naissance, je rencontrais beaucoup d'hommes qui savaient accompagner. Et moi, j'espérais donc bien avoir un homme qui puisse m'accompagner comme ça, mais ce n'était pas notre chemin. Et donc, c'est l'accompagnement, peu importe la personne qui peut être là. L'accompagnement de ne pas se sentir seule, de se faire guider, encourager. Tu sais, tu me disais que j'étais belle, que je... Je ne me souviens plus les mots que tu utilisais, mais ça me faisait du bien. Je me sentais belle, je me sentais puissante. Je me sentais connectée avec mon bébé, je sentais que mon bébé allait bien. Puis c'est ça,
- Speaker #3
c'est l'accompagnement qui fait toute la différence.
- Speaker #0
Je trouve ça super intéressant parce qu'on a été beaucoup élevés. dans l'idée que notre partenaire doit répondre à tous nos besoins. Dans les naissances comme ailleurs, c'est intéressant de pouvoir voir de qui j'ai besoin pour remplir tous mes besoins, dans le fond.
- Speaker #2
Oui, oui, effectivement. Je ne pense pas que mon accouchement tel qu'il a été cette fois-ci était comme il l'était. Est-ce que c'est un deuxième accouchement ? Honnêtement, au final, mon corps sait donner naissance, puis on est dans un système de santé extraordinaire qui sont là si on a besoin. C'est pas le point, on peut pas tout contrôler dans les naissances non plus, mais on a la capacité de bien vivre l'accouchement. Et ça, à mon avis, c'est premièrement en étant bien accompagnée. Puis j'ajouterais aussi de dire oui.
- Speaker #0
Oui, absolument.
- Speaker #2
De dire oui, parce qu'on n'a pas l'habitude de dire oui quand on se cogne le petit orteil.
- Speaker #0
Absolument. Et moi, sais-tu, je pense sincèrement que le consentement plein et total pendant un accouchement, c'est un des outils les plus puissants.
- Speaker #2
Vraiment. Vraiment. Puis tu sais, quand on est de mauvaise humeur, puis qu'on se force à sourire, c'est tout bête, mais juste de se forcer à sourire, Il y a des... de contracter les muscles du sourire vont stimuler l'hormone du bonheur. Bien, c'est un peu comme ça, tu sais, en disant oui, c'est comme si toutes tes cellules vibrent sur le mode oui. Donc, c'est ça. Fait que, oui, de dire oui à votre ou à l'intérieur de soi. Moi, j'ai bien aimé sentir les sensations, mais bon, je suis ostéopathe, alors peut-être que c'est propre à moi. C'est mon plaisir de sentir les... Mais se connecter avec le plaisir, que ce soit la connexion avec son enfant qui s'en vient, avec la nouvelle famille qui se crée, avec... Je ne sais pas quel autre plaisir il peut y avoir, mais chacun va trouver sa carotte au bout du chemin, si on veut.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est vrai que les sensations, même si tu nous écoutes et que tu n'es pas du tout dans le milieu de la santé, je pense que c'est ça aussi un outil extraordinaire. Parce que tu sais, quand tu acceptes de faire corps avec les sensations et que tu as cette... curiosité-là de rencontrer l'expérience qui est corporelle, je pense que vraiment, ça fait une grosse différence.
- Speaker #2
C'est ça. Puis on n'a pas l'habitude de sentir notre corps. On est très dans notre cerveau rationnel. Notre corps, c'est quand même le fun. Puis là, je comprends aussi les cours de yoga prénataux. Il ne faut pas y aller juste pour faire les mouvements et être en santé. Prenez le temps de sentir le diaphragme qui bouge, la position de votre bébé dans le ventre, peu importe si c'est vrai ou si c'est pas vrai que vous validez avec votre médecin. Juste de rentrer à l'intérieur du corps et prendre ces petits moments-là comme des...
- Speaker #0
Des opportunités. Exactement,
- Speaker #2
oui, pour rencontrer les sensations et pas faire plusieurs choses parce qu'on doit faire les... Plusieurs choses, oui. Ça serait ça la clé pour moi, du moins dans mon expérience. Se familiariser avec les sensations et dire oui à tout ce qui peut nous traverser dans le corps, ça, j'ai trouvé que ça m'aidait vraiment beaucoup. Et je crois profondément que ça pourrait aider tous les accouchements à venir et pour celles qui sont en attente de leur premier bébé. Ce qui est chouette dans mon expérience de... de la naissance de Camille, c'est que j'avais accès à toutes les capsules d'Annie, puis je les ai moi-même écoutées. Et au fond de moi, j'espérais que mon chum les écoute. Malheureusement, il y avait ses limites à lui, mais il y a aussi la fameuse vidéo sur Apprivoiser, je pense que ça s'appelle comme ça, Apprivoiser, Apprivoiser les sensations de l'accouchement. Là, déjà là, il y a quand même un paquet de sensations, puis ce qui était le fun, c'était que je les Merci. reconnaissait pendant l'accouchement. Ça, c'est cool parce que tu ne te sens pas perdu. C'est comme des repères qui sont familiers. On dit déconnecter le rationnel, mais on s'entend que le rationnel arrive à grands pas à chaque fois qu'il y a l'occasion. Quand mon corps ne reconnaît pas la sensation, ça peut être source de déstabilisation. En ayant écouté les vidéos, moi-même, je savais que Merci. Les sensations étaient juste correctes. C'est bizarre, mais c'est juste correct. Puis si mon chum avait écouté toutes les vidéos, je suis certaine, certaine, certaine, certaine qu'il aurait été capable de m'accompagner. Au fond de moi, j'aurais quand même aimé ça que ce soit mon partenaire. Je trouve que les femmes qui vont pouvoir vivre ça en équipe, c'est vraiment, vraiment, vraiment chouette. Puis les outils sont tous là, tu sais.
- Speaker #0
Oui, absolument. C'est toujours les mêmes outils. On varie dans l'intensité, on varie dans ce qu'on va proposer, mais les outils qui sont vraiment gagnants, tu les as nommés, les sons, le consentement, de danser avec les contractions, de relier la maman à son expérience affective et corporelle. que de la laisser naviguer dans sa tête, que c'est toujours les mêmes choses qui sont des clés qui sont complètement essentielles.
- Speaker #2
Mon Dieu, ça doit être chouette quand même de pouvoir vivre ça avec son chum Oui Je pense à mes amis qui se préparent, puis son chum, il est fou à l'investi, puis il écoute toutes les capsules, puis je suis quand même un drôle de chanceuse Comme quoi, on a tous nos récits, puis nos chemins, puis on est toutes pas mal chanceuses. On accueille nos bébés, puis là, en parlant des capsules, là, je tripe bien raide ma vie. Au paléoposte natal, c'est comme, tu sais, la préparation à la naissance, c'est extraordinaire, mais watch out le poste natal, là. C'est magique. Tu sais, j'ai entendu souvent autour de moi les mamans qui s'ennuyaient un petit peu, tu sais, avec leur bébé. Je sais pas trop quoi faire à part des gazouillis, tu sais. Je suis comme, ben là, le réflexe, puis là, tel truc, puis là, tel mouvement, t'as vu, c'est extraordinaire, wow, wow, wow, quel beau quatre pattes. Mais c'est génial, c'est génial parce que ça donne plein, oui, c'est naturel d'être maman, mais pas tant, tu sais, on a plein de choses à apprendre, puis il y a plein de gestes techniques, surtout le premier. Oh mon dieu que c'était une montagne à ma première Et là je me régale De voir tous les petits détails que mon fils acquiert tous les jours. Je vois des nouveaux détails. Mais quel bonheur Les connaissances que je vais chercher sur Opaleo Naissance me permettent d'observer des micro-détails chez mon enfant, mieux le connaître, mieux anticiper les choses, puis comme prévoir qu'est-ce que je vais faire dans quelques semaines. Ça me motive, ça me rend excitée. Et ce que je trouve vraiment chouette, c'est La perspective d'avoir ce suivi, cet accompagnement-là, toute l'année, ça, parce que là, pendant un an, ça va continuer, là, ça va jamais être pareil, les émerveillements, là. Oui,
- Speaker #0
je m'attends.
- Speaker #2
Puis à chaque fois qu'il y en a un qui passe, il ne reviendra plus, là, il y en aura un autre, puis ça, c'est comme le fun.
- Speaker #0
Oui, puis je te dirais que moi, tu sais, j'ai quatre. Garçons qui sont rendus grands et ça me fait vivre beaucoup de tristesse de penser que, écoute, j'ai fait un accompagnement proximal, vraiment, j'ai tout donné ce que je pouvais donner, mais malheureusement, j'ai pas pu m'émerveiller de toutes ces étapes-là. Hey, peux-tu croire que tous mes enfants ont certainement fait tous ces réflexes, toutes ces étapes-là, et que j'ai pas vu ça passer ?
- Speaker #2
Je pense que tu l'as partagé dans un des lives, puis ça m'a fait réaliser que j'ai pas pris le temps. tant de l'observer tant que ça chez Rose. Je ne peux pas comprendre autant que ton expérience avec tes quatre garçons, mais ça m'a fait réaliser que wow. J'étais consciente un peu des réflexes avec Rose, donc je les observais un petit peu, mais mon Dieu, pas autant que maintenant. Je me dis, quelle chance pour les parents qui peuvent avoir ça. Puis quelle chance surtout pour l'enfant qui est accompagné par ce parent-là.
- Speaker #0
Absolument. Et là, on entend Camille qui dit, bon, bien écoute, là, c'était le fun, mais là, ça commence à être long, là. Ah,
- Speaker #2
tu cocoues.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Catherine, pour ton partage.
- Speaker #2
Merci à toi pour tout.
- Speaker #0
Est-ce que, comme moi, tu as eu des frissons ici et là en entendant Catherine nous partager son parcours ? court, si inspirant. Ça a été tout un privilège pour moi d'être à ses côtés. Quand on prend un petit peu de recul, c'est quelque chose quand même de pouvoir être auprès d'une personne qui donne naissance dans toute l'intensité, dans tout le brut que ça comprend. C'était extraordinaire. Juste à t'en parler, je me sens encore très fort connectée à cette expérience-là. Tu as probablement entendu dans l'épisode que finalement j'étais auprès de Catherine et que son amoureux faisait des allers-retours dans la salle de bain, mais qu'il n'était pas nécessairement aux premières loges. Peut-être que tu as ressenti de la surprise par rapport à ça et j'aimerais en profiter pour clarifier qu'est-ce que ça fait une accompagnante à la naissance. La majorité du temps, c'est le ou la partenaire qui a vraiment la pôle. position et l'accompagnante, elle, elle va jongler en fonction de ça. Si, par exemple, là où la partenaire a besoin d'aller se changer les idées, d'aller aux toilettes, bien là, l'accompagnante peut devenir la personne première, mais en général, ce n'est pas le cas. Maintenant, c'est toujours important avant une naissance de se questionner par rapport à qui va occuper quel rôle. Et dans le cas à Catherine et son amoureux, C'était clair, c'est une discussion qu'ils ont eue ensemble et ils ont décidé que la meilleure façon d'organiser les choses, c'était... Que je sois moi auprès de Catherine pendant que son amoureux s'occupait de la maison, de l'organisation, de leur plus grande et compagnie. Et ça, cette discussion-là et cette entente-là, c'est hyper précieux. Parce que non, le ou la partenaire ne doit pas nécessairement être la personne ressource numéro un. Ce qui est important pour moi, c'est que la personne qui donne naissance ait bien une ou des personnes autour d'elle pour répondre à ses besoins. Maintenant, qui sont ces personnes-là et qu'est-ce que ces personnes-là vont faire dans leur collaboration ? Ça, c'est vraiment à discuter. Et pour moi, c'est super important de clarifier ça parce que ça fait partie des peurs que souvent les partenaires ont. Ils font comme « oui, mais là, une accompagnante, oui, je ne suis pas contre, mais j'ai peur qu'elle me vole ma place » . Ça, ça ne doit jamais arriver avec une accompagnante à la naissance. Et c'est pour ça qu'il faut en parler avant. pour voir, OK, mais toi, quel est le rôle que tu as envie de prendre ? Comment tu vois les choses ? Et moi, mon problème, c'est quand, par exemple, un ou une partenaire va dire, écoute, moi, je ne suis pas intéressée ou je ne me sens pas capable, je ne me sens pas confortable d'être ta personne ressource et je ne veux pas qu'il n'y ait personne d'autre autour de toi. Ça, c'est un problème. Parce que si tu n'es pas prêt à prendre les reines, il faut que quelqu'un d'autre soit là si c'est le désir de ton amoureuse. Cela étant dit, il est tout à fait possible que le partenaire soit la première personne ressource. Et Opaleo Naissance est conçue pour ça. C'est la grande force d'Opaleo. de donner les outils au partenaire de façon à ce qu'il puisse justement ou qu'elle puisse jouer ce rôle-là. Pour te dire à quel point c'est le cas, il y a même des vidéos qui sont conçues pour la personne qui va accompagner de façon à ce que cette personne-là sache exactement sur quel pied danser, quoi proposer, quoi éviter et compagnie. Comme partenaire, quand tu regardes les vidéos qui te sont dédiées sur la plateforme Opaleo, quand tu viens aux masterclass avec moi. et que tu as envie d'être la première personne autour de ta conjointe, tu vas avoir tout ce qu'il faut en main pour être vraiment sur la coche. D'ailleurs, régulièrement, j'ai des messages de partenaires qui m'écrivent en me disant « Écoute, l'infirmière, la sage-femme, le médecin étaient hyper impressionnés à quel point j'étais bon et ils n'en venaient pas que c'était ma première fois. » Donc, la question à te poser, c'est est-ce que comme partenaire, tu as envie d'être en première position auprès de ton amoureuse ? Est-ce que ton amoureuse a envie que tu sois cette première personne-là ? Et si oui, j'ai envie de te dire que tu as une responsabilité de bien te préparer. Et je ne te dis pas ça pour te mettre de la pression. Je te dis ça juste parce que c'est ça qui est ça. On ne veut pas que ton amoureux se retrouve pendant son expérience en ayant quelqu'un auprès d'elle qui ne sait pas trop sur quel pied danser. Et en général, ça ne s'improvise pas. Est-ce que ça existe des personnes qui vont sur les lieux d'une naissance, qui n'ont jamais vu une naissance de leur vie, et qui vont être un accompagnant parfait, qui vont dire les bonnes choses, qui vont faire les bonnes choses ? Certainement que ça existe, mais ça doit être plutôt rare. Catherine a beaucoup parlé du fait qu'elle aimait quand je lui proposais des choses. Il faut savoir que pendant un accouchement, les paroles peuvent être très aidantes. Mais il y a des pièges à éviter complètement. On ne veut pas des paroles qui vont être cognitives, des paroles qui vont ramener la personne dans son cerveau. On veut des paroles qui sont sur un registre affectif. Des paroles qui vont reconnecter la personne dans son cerveau primitif, dans ses sensations. Et à partir de là, ça peut être vraiment des petites pépites qu'on met sur le chemin, de façon à pouvoir vraiment bonifier l'expérience. Mais c'est sûr que si tu es en train d'accompagner ton amoureuse à l'accouchement, et que ce que tu es en train de lui dire, c'est « Oui, courage, on est à 3 cm, probablement qu'il n'en reste pas encore pour très très longtemps, peut-être une petite dizaine d'heures. » Non, ce n'est comme pas vraiment idéal. Ou « Fais vécu ce que j'ai déjà entendu à une naissance, et c'était de la part d'un professionnel et non pas d'un partenaire. C'est normal que ça fasse mal. Arrête de crier. Tu cries trop. Tu vas avoir mal à la gorge. » Toutes ces consignes-là, tous ces accompagnements-là qui sont faits avec une bonne intention, je n'en doute pas, c'est vraiment à jeter à la poubelle. Et pour illustrer mon propos, pense à des moments dans ta vie où tu as eu des relations intimes et où la personne avec laquelle tu étais te disait des choses. Pense à quel point ces paroles-là pouvaient soit augmenter ton excitation, ton bien-être, ta capacité de connecter avec elle, ou au contraire, il vient ou elle vient de me « turn it off » de façon phénoménale. J'ai comme presque envie d'aller faire la vaisselle. Avoue que ça t'est déjà probablement arrivé. Pendant une naissance, c'est exactement la même chose. C'est vraiment important de rester dans le bon régime de façon à quintupler la possibilité de la personne de rester dans sa puissance et non pas lui couper les ailes avec les paroles qu'on lui dit. Tu as bien entendu à quel point Catherine dansait ses contractions. Elle était, mon Dieu, magnifique. J'aimerais pouvoir te faire voir ce que je voyais. bon avec l'autorisation à Catherine, évidemment, parce que je la vois encore le danser dans sa douche. C'était extraordinaire. Alors, contrairement à ce qu'on peut penser, le fait de bouger pendant les contractions va diminuer la douleur. Et c'est très bien documenté. C'est juste que ce n'est pas quelque chose qui est naturel. Comme Catherine nous le racontait, on a tendance, quand on a mal, à se figer. On a tendance à entrer dans une posture de fermeture. Parce qu'en général, la douleur, ce n'est pas trop une bonne nouvelle. Contrairement à pendant l'accouchement où on la veut, cette douleur-là. C'est grâce à elle que ton bébé va pouvoir se frayer son chemin. Donc, plus tu vas arriver à danser tes contractions, plus tu vas arriver à bouger, plus ça va te permettre de faire corps avec la douleur. Et ça aussi, la première astuce, c'est de pratiquer. Dans la masterclass, jongler en équipe avec la douleur, c'est ce qu'on fait ensemble. Et là, écoute, te dire à quel point souvent il y a des fous rires parce que c'est malaisant. On va se le dire, c'est malaisant de pratiquer, de faire des sons, de faire des mouvements langoureux dans ton salon avec ton chum ou ta blonde en faisant des sons graves, à dire, mais mon Dieu, qu'est-ce que je fais ici ce soir ? Alors oui, il y a une partie de malaise et c'est important de le transformer, ce malaise-là, avant d'arriver le jour de la naissance. Parce que là, on s'entend que ce n'est pas de la magie. Si ça te rend mal à l'aise présentement de faire des sons et de bouger langoureusement en imaginant que tu as ta contraction, on peut imaginer que ça ne s'envolera pas comme magie lors de la naissance. Donc, il faut se désinhiber. Et ça, un bel exemple par rapport à ça, c'est quand je donne des formations pro, entre autres à des ostéos. Il y a quelques décennies, c'était compliqué pour moi de mimer une contraction. Pourtant, je savais exactement à quoi ça ressemblait. J'ai donné naissance physiologiquement quatre fois, donc j'ai comme une petite idée quand même dans mon corps de comment ça fonctionne. Et j'ai accompagné des centaines, plus de mille naissances, donc j'ai ce référentiel-là. Mais c'était difficile pour moi de me retrouver devant 60 personnes à quatre pattes en plein milieu d'un cercle pour leur mimer une contraction. Et qu'est-ce qui fait que maintenant je suis rendue vraiment championne du monde, vraiment ? et que je suis capable devant autant de personnes de mettre à quatre pattes, de mimer une contraction avec les sons, de faire des mouvements au niveau du bassin, comme si on y était pour vrai, c'est le fait d'avoir répété et répété et répété encore de façon à me désinhiber et à devenir plus à l'aise. Ce n'est pas de la magie, c'est de la pratique. Donc tout ça pour dire que la pratique est souvent sous-estimée. Pratiquer pour un accouchement, ce n'est pas simplement faire comme, OK, oui, 4. patte, ok c'est ça, ah tiens debout en suspension, ça y est c'est fait non, non, c'est vraiment incarner incarner les mouvements incarner les sons de façon à se sentir familière et familier avec ce processus-là et que quand on arrive pour plonger, on connaît exactement chacun des gestes on n'a pas besoin d'y penser, notre corps connaît le chemin. Catherine nous a aussi parlé du fait qu'elle avait beaucoup regardé des vidéos de naissance, alors te dire à quel point c'est tellement important. C'est tellement important, en fait, que je t'ai fait une banque complète dans Opaleo pour pouvoir te guider dans, justement, cette écoute-là, dans cette capacité à regarder les vidéos de naissance. C'est très important parce que ça va te permettre de refaire ton référentiel, ça va te permettre aussi de vivre des émotions. Et là, je te raconte... Il y a deux jours, j'ai une maman au paléo qui me fait un coucou en me disant, écoute, la vidéo qu'on a regardée ensemble lors de la masterclass, ça m'a rendu vraiment émotive. Et je me demande comment je pourrais faire pour que ça soit moins émotif pour moi de regarder des vidéos. Alors là, la première chose, la gang, c'est que c'est normal d'être émotif quand on regarde des vidéos de naissance. J'espère que jamais tu vas regarder une femme qui est en train d'enfanter dans toute sa puissance. et que tu vas rester comme un petit bloc de glace à l'intérieur. On reste émotif, on reste ébloui par le processus. Même si on a vu plusieurs naissances déjà, ça reste impressionnant et ça l'est pour vrai. Donc, notre objectif, ce n'est pas de te rendre insensible par rapport à ça. Notre objectif, c'est que tu puisses te familiariser avec le processus. avec cette intensité-là, et que tu puisses finalement imaginer que tu vas être capable de la traverser. Et pour ça, il faut regarder des vidéos, parce que ça va aussi te donner des idées. Par exemple, Catherine, dans sa douche, elle a fait des gestes comme si elle avait fait ces gestes-là 300 millions de fois. Elle s'est mise à quatre pattes, elle s'est mise à genoux, elle a mis sa main au périnée, la tête a poppé dans sa main. Elle est allée vérifier s'il y avait un tour de cordon. Pourtant, Catherine, elle n'est pas sage-femme. Elle n'avait jamais fait ça. Qu'est-ce qui a fait que pour elle, c'était instinctif et que ça n'a pas été compliqué pour elle, qu'elle n'a pas eu besoin d'y penser ? Tout s'est fait dans l'ordre facilement. C'est parce qu'elle avait regardé plusieurs modèles. Et c'est en ça où ça va t'aider. Ça va aussi t'aider à réaliser qu'il y a des choses possibles qui sont peut-être impossibles présentement dans ta tête. Par exemple, peut-être que tu t'imagines que si ton bébé était à ta vulve, que ça serait impossible pour toi de te mettre debout et de marcher, par exemple. Alors que c'est tout à fait le cas. Si tu regardes des vidéos, tu vas faire « Oh, ok, ça, ça fait partie des possibilités. » Tu n'es pas obligé, mais ça fait partie des possibilités. Tu vas voir aussi qu'il y a plein d'autres options que d'aller directement dans le lit d'hôpital si, par exemple, tu donnes naissance en milieu hospitalier. Et je suis fascinée de voir à quel point c'est souvent la première chose que les femmes font. On rentre dans la pièce et elles vont tout s'installer sur le lit. Pourquoi ? parce que c'est le référentiel qu'on a. Donc, regarder des vidéos, c'est très, très important. Il y a déjà une banque sur Opaleos. Tu fais partie de l'expérience prénatale avec moi. Tu y as déjà accès et je la nourris de façon régulière. D'ailleurs, je viens tout juste d'enregistrer une nouvelle vidéo en lien avec la position de tailleur. Peut-être que c'est une position dont tu as souvent entendu parler. Faire comme, ah oui, c'est une position qui est super pendant la grossesse. Bien, écoute, pas tant. Et il y a une maman au paléo qui m'a posé une question là-dessus la semaine passée. Puis je me suis dit, OK, il faut que j'enregistre une vidéo pour expliquer pourquoi ce n'est pas si intéressant, quelles sont les adaptations possibles et compagnie. Pour vraiment, tu vois que le parcours au paléo, c'est quelque chose de vivant. C'est quelque chose qui vibre. C'est quelque chose qui se transforme au fur et à mesure que les semaines passent. Parce qu'il y a du contenu qui est ajouté. Parce qu'en répondant à vos questions, on nourrit le processus aussi. que finalement, c'est exactement ce que ça doit être en lien avec le vécu d'une grossesse et d'un enfantement. Et en terminant, j'aimerais rendre hommage à Alice, la sage-femme, qui était là auprès de nous pour la naissance de Camille. Peut-être le sais-tu déjà, j'ai donné naissance trois fois sur quatre avec des sages-femmes à domicile. Et à l'époque, il y avait un très, très grand respect de ce que je voulais, de mes limites. C'était vraiment moi qui menais le bal. Ces dernières années, doucement, on voit quand même que la profession sage-femme est en train de se transformer et parfois, ça me rend un peu inconfortable dans le sens où je trouve que parfois, on s'éloigne un peu de ce qui, pour moi, représente la sage-famerie dans toute sa splendeur. Et là, j'ai vu une sage-femme tellement extraordinaire. Alice était présente, elle était très attentive. Elle a posé les gestes qu'elle devait faire, c'est-à-dire qu'elle a écouté, par exemple, le chœur de Camille pour s'assurer qu'il allait bien. Et en même temps, en plus de toute cette belle compétence clinique-là, elle a su laisser à Catherine tout l'espace dont elle avait besoin. C'est-à-dire que Catherine a accueilli, tu l'as bien entendu Camille, toute seule. Alice ne s'est pas du tout garochée. Elle a gardé ses distances en étant attentive de façon à pouvoir évidemment intervenir si cela avait été nécessaire. Et c'est même allé jusqu'à la naissance du placenta. Je ne sais pas si tu as capté quand Catherine nous en a parlé, mais quand elle disait qu'il y a une petite traction au niveau du cordon pour pouvoir faire naître mon placenta, c'est Catherine qui a fait cette petite traction-là. Et c'est Catherine qui a fait naître son placenta par elle-même. Et ça, chapeau. Moi, j'ai énormément de respect pour les professionnels. Et là, ça va me rendre émotive. Je pense que si tu n'es pas à ton premier épisode, tu connais ma sensibilité qui n'est toujours pas très, très loin. J'ai donc énormément de respect pour les professionnels qui ont des grandes forces cliniques sur lesquelles on peut compter. quand on a besoin d'eux et qui, en même temps, sont capables de bien identifier les moments où il vaut mieux rester les mains dans les poches. Et cet équilibre-là doit être extrêmement difficile à acquérir parce que c'est quand même assez rare qu'on puisse l'observer, malheureusement. Et pour cela, j'avais vraiment envie de faire un gros câlin et un gros « wow » à Alice. Si jamais tu écoutes cet épisode, Alice, je t'ai trouvée fabuleuse. J'ai adoré être présente avec toi lors de cette naissance. Alors voilà ! c'est les yeux remplis d'eau que Je vous dis à très bientôt. Très heureuse d'avoir partagé ce moment avec vous. Et là, petite nouvelle, il y a quelqu'un qui va m'aider dans les prochaines semaines à faire un flow au niveau du podcast qui sera plus régulier. Parce que toi, tu te branches sur ta plateforme, tu mets tes écouteurs et tu profites. Mais en réalité, avant ce moment-là, il y a plusieurs étapes. Il n'y a pas que l'enregistrement, il y a le prémontage. tout ce qui est équilibration au niveau des voix, il y a le fait de travailler sur l'épisode pour pouvoir le rendre disponible, faire la page de l'épisode et compagnie. Tout ça pour dire que Mélanie va m'aider à partir de maintenant dans le pré-montage parce qu'imagine une chaîne de montage, ça bloque toujours au même endroit et c'est mon endroit à moi. Tout ça pour dire que Mélanie a commencé à m'aider de façon à ce qu'on puisse te présenter des épisodes plus souvent. Là-dessus, je t'invite à rester en contact avec moi à travers mes ateliers gratuits, ateliers gratuits post-natal, les super pouvoirs de ton bébé. Et je t'invite d'ailleurs à participer même si ton bébé est dans ton bedon pour pouvoir être en mesure d'apprendre plein de choses fascinantes sur le développement moteur de ton bébé. Il y a aussi évidemment l'atelier prénatal, accoucher avec assurance, du doute à la confiance, qui est disponible. pour toi, je t'invite à t'y inscrire dès maintenant si tu as ton bébé bien au chaud dans ton ventre. Alors, je t'embrasse très, très fort et j'ai déjà hâte de te retrouver très, très bientôt. C'est une promesse pour le prochain épisode.