- Speaker #0
La majorité du temps, les femmes deviennent mômes en solo par dépit. Leur idéal serait de fonder une famille en couple, mais le temps passe et l'horloge biologique finit par sonner. Alexia est maman de trois jeunes enfants. Mômes solo par choix, Alex nous partage son histoire dans quelques secondes.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Perère. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leurs désirs. Voici Tadoula Ostéo, Annie Perère.
- Speaker #0
Merci Alexia d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #2
Ça fait plaisir.
- Speaker #0
Tu as beaucoup de choses à nous raconter. Tu as une vie qui sort du cadre, c'est-à-dire qui est assez différente. Tu as choisi un style de vie différent de la majorité des gens.
- Speaker #2
Je pense que oui. Ça a toujours été, je pense que depuis que je suis jeune, je me dis que ma vie va être différente. Pas nécessairement pour les raisons qu'elles l'ont été, qu'elles l'ont été, mais je savais que je ne rentrerais pas dans le cadre pour bien des raisons. Depuis toujours.
- Speaker #0
OK. Même si ce n'était pas clair que c'était aussi en lien avec la maternité, le reste, c'était déjà ça.
- Speaker #2
Oui. La jeune. Oui, oui. Exact. Puis tu sais, ce n'était pas évident que j'allais avoir les opportunités que j'ai eues ici. Parce que c'est ça, moi je viens de France, puis en France, la législation n'est pas la même. En tout cas, vous comprendrez pourquoi après. Mais je n'aurais pas pu faire tout ça si j'étais restée en France.
- Speaker #0
En France, oui. Parce que dans le fond… Alexia a trois enfants, dont deux qui sont tout près de nous, dont la plus petite, Billie, qui est à côté, que vous allez sûrement entendre, qui va participer au podcast elle aussi. Alexia, tu as eu trois enfants, tu es maman solo, il y a le papa de ton premier bébé qui est encore présent, mais les deux autres bébés, tu les as vraiment eu par choix en mode solo.
- Speaker #2
Exact, oui, c'est ça. Ma plus grande en fait a bientôt huit ans. Et elle, je l'ai eue avec mon conjoint à l'époque. Et après ça, j'ai toujours su que je voudrais avoir trois enfants. Vous voyez-moi pourquoi, ça a toujours été trois. Et quand je me suis aperçue qu'en fait, je pouvais les avoir complètement seules, on dirait qu'il y a comme une porte immense qui s'est ouverte, je me suis dit, OK, mais je vais pouvoir aller au bout de ce dont j'avais envie, sans dépendre de quelqu'un d'autre, en fait. Donc, ça a été, c'est ça, quand j'ai appris ça, je me suis dit, je pense que... Ma plus grande avait deux ans, puis je me suis dit, peut-être deux ans, c'était un peu trop tôt. C'était encore pas si facile. Puis c'est ça, en fait, quatre ans après la naissance de ma plus grande, j'ai voulu aller me faire inséminer. J'ai choisi un donneur, tout ça aussi. C'est un processus vraiment intéressant et particulier.
- Speaker #0
As-tu envie de nous en parler ? Oui, oui,
- Speaker #2
oui. Oui, en fait, il y a plusieurs... possibilité au Québec. Soit on peut aller au privé ou au public. Moi, j'avais choisi d'aller au public dans un centre de fertilité. Et après ça, donc, il y a des rencontres avec le médecin, il y a des risques de sang à faire, etc. Puis après ça, vient le choix du donneur. Et ça, c'est la partie la plus particulière, en fait, du processus. Et ça se fait, en fait, il y a des sites sur Internet. En fait, c'est principalement des donneurs aux États-Unis. Je pense qu'au Québec, il y a juste des banques de donneurs anonymes, si je ne me trompe pas. Mais sinon, si on veut choisir un peu plus de critères, puis tu sais, ça peut aller du choix de la couleur des yeux à des choses vraiment précises. Fait que tu sais, il faut avoir des critères quand même. assez ouvert si on ne veut pas tomber non plus. Athletiste. Exact, exact. Donc, c'est ça. Je me souviens que pour mon premier enfant que j'ai eu en solo, donc mon deuxième enfant en fait, c'était excitant. C'était une fête de voir choisir un donneur. C'était vraiment un feeling particulier. J'ai adoré ça. Et puis après ça, une fois qu'on a sélectionné le donneur, on attend le bon moment du cycle. On se fait inséminer et on se croise les doigts que tout aille bien. Et là,
- Speaker #0
je m'imagine, devant le site, est-ce qu'il y a des photos ou c'est juste des informations qui sont sous forme de texte ?
- Speaker #2
En fait, ça dépend des donneurs. Il y a des donneurs où il y a beaucoup d'informations. Il y a des donneurs où il y en a beaucoup moins. Puis là, je parle à l'époque, donc il y a quatre ans. Je sais que c'est différent maintenant qu'il y a... beaucoup, beaucoup moins de donneurs à cause de la pandémie, parce que ça s'est arrêté pendant un petit moment. Puis il y en a, mettons pour les miens, j'ai des photos de quand ils étaient enfants. Je n'ai pas des photos d'eux adultes.
- Speaker #0
Et là, dans le fond, les autres informations, j'imagine que tu as leur degré de scolarité, ce genre d'informations-là.
- Speaker #2
Oui, et aussi beaucoup tout ce qui est maladie, en fait. de la famille. En fait, je pense qu'il y a les grands-parents, les oncles, les tantes. Il y a quand même beaucoup d'informations au niveau d'éventuelles pathologies familiales. Et puis, il y a aussi des choses plus improbables, comme, je pense pour les deux, j'ai une lettre manuscrite du donneur qui explique les raisons pour lesquelles il a choisi de donner et qui nous souhaite bonne chance. J'ai aussi... Je pense que c'est pour mon deuxième, une entrevue audio. Donc, on entend la voix, on entend encore là, tu sais, les questions qui sont posées. C'est vraiment pourquoi vous avez voulu donner, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Quel est votre familialement, où est-ce que vous en êtes au niveau familial ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est par choix que tu choisis deux donneurs différents pour tes deux enfants ou c'était pas possible de revenir au premier ?
- Speaker #2
En fait, il y a quatre ans, il y avait... Pas beaucoup de... Il y avait peut-être, je pense qu'il y avait une vingtaine de tests génétiques qui étaient effectués sur les donneurs. Et quand moi, je l'ai choisi, donc le donneur de mon deuxième était porteur de rien, en théorie. Et quand j'ai voulu me faire inséminer pour mon troisième enfant, là, les tests avaient... Évolué. Évolué, puis tu sais, ils avaient beaucoup augmenté le nombre de dépistages. au niveau des gènes. Et je me suis aperçue qu'en fait, le donneur de mon deuxième était porteur de dix gènes qui pourraient être problématiques. Qu'est-ce que tu comprends ? Et donc, ce qui m'a amenée à choisir un autre donneur. Puis, il y a une amie aussi qui m'a fait part d'une réflexion qui m'a dit, mais tu sais, une fois que ton... Parce qu'en fait, ils peuvent, à l'âge adulte, les enfants, aller demander qui sont leurs donneurs. Et j'ai une amie qui m'a fait la réflexion à savoir que peut-être que quand ton deuxième va être rendu à faire cette démarche-là éventuellement, peut-être ton troisième ne sera pas rendu à vouloir connaître son donneur. T'as gagné tant qu'à ça. Voyons de bon côté des choses, le fait d'avoir trois enfants de donneurs. Bien, comme je disais, la première, ce n'est pas un donneur, mais ils ont tous un géniteur différent. Et je trouve que c'est aussi finalement égalitaire entre les trois.
- Speaker #0
Je comprends, tout à fait. Le processus de fertilité, d'insémination, c'est un processus qui est assez violent. Est-ce qu'on peut dire que c'est intrusif ?
- Speaker #2
Intrusif, oui.
- Speaker #0
C'est difficile parfois de mettre nos limites, c'est difficile de vivre cette aventure-là en se sentant bien, puis en se sentant respecté. Comment toi tu as vécu ça, puis est-ce qu'il y a des outils que tu as utilisés en plus comme maman solo ? Pour vivre ça de façon le plus harmonieuse possible, parce qu'à deux reprises quand même.
- Speaker #2
Oui, mais en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que dans le milieu médical, ça marche beaucoup par protocole. Donc, spontanément, ce qui est proposé, c'est le protocole. Et ce qui m'a poussée à refuser certaines choses, c'était probablement le fait d'avoir eu un premier enfant naturellement, parce que je savais plus ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. Pour moi, c'était important de mettre mon point sur la table pour des choses que je ne souhaitais pas, notamment la médication. Moi, j'avais eu un enfant facilement ma première. Pour moi, il n'était pas question que je commence un cycle en ayant de la médication si on pouvait faire ça. Je voulais essayer. Je me souviens que j'avais parlé avec le médecin et j'avais dit, regardez, on va faire trois cycles sans médication, sans déclenchement. Parce qu'en fait, le plus commun, c'est le déclenchement de l'ovulation. Parce que ce qu'ils veulent, en fait, c'est contrôler. Contrôler, je ne peux pas dire contrôler notre corps, mais ils veulent le plus possible s'assurer que ça va fonctionner. Eux, dans leur mot, c'est vraiment s'assurer qu'on met toutes les chances de notre côté. Sauf que c'est ça, sauf que je pense que notre corps est bien fait. Puis la meilleure façon de savoir quand c'est le bon moment, c'est nous qui le savons. En tout cas, pour moi, j'étais vraiment à l'écoute. de mes symptômes d'ovulation. Je les connaissais bien quand j'étais terminée à 34 ans. À 34 ans, je pense que j'étais quand même capable de dire quand est-ce que c'est arrivé. Je me souviens de m'être obstinée parce qu'avant de nous inséminer, ils font une échographie la veille. Si l'ovocyte ne fait pas tel diamètre, ils veulent attendre. Sauf que moi, je le savais que j'ovulais, je pense que c'était le lendemain. Si tu me donnes une échographie deux jours plus tard, mon ovulation est manquée. C'est ce qui est arrivé à un cycle. Et c'est pour ça qu'après ça, je me suis obstinée. Je dis non, regardez, je le sais, quand est-ce que j'ovule ? Tu sais, si vous m'assimiez, pas maintenant, on va manquer ce cycle. Puis il vaut mieux être inséminé trop tôt que trop tard, parce que trop tard, c'est juste trop tard. On manque la shot. Donc ça a été parfois de taper le poing sur la terre et de dire, Regarde, moi j'ai tel symptôme aujourd'hui, j'ai fait mon test d'ovulation. Ce n'est pas facile à entendre pour eux parce que là, comme je disais, ça ne rentre pas dans leurs critères. Mais à chaque fois que je me suis imposée, ça a fonctionné. Donc, pour moi, encore plus pour mon troisième, il était plus question que j'écoute leur protocole. Mais encore là, je parle de ma situation personnelle et donc sans problème de fertilité, je pense que ça aurait été tout autre si j'avais eu de la difficulté. C'est sûr qu'à un moment donné, je me serais plus ouverte à leurs suggestions. Puis chaque cas est tellement différent que c'est ça. Pour moi, c'était évident que je faisais ça naturellement.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Les grossesses se sont bien passées. Mais comme maman solo, est-ce que tu as eu des défis supplémentaires ? Est-ce que le regard des autres a été lourd parfois à passer ? Est-ce qu'il y a encore des préjugés ? Comment tout ça s'est passé finalement quand on regarde avec le recul ?
- Speaker #2
Ça s'est quand même bien passé parce qu'on vivait à Montréal à l'époque et c'est sûr qu'on s'entoure des personnes qui ont... potentiellement les mêmes idées que nous. Donc, c'est sûr que quand moi, je me suis séparée de mon conjoint à l'époque, c'est là que ça a été le plus difficile, en fait. C'est ma première grossesse où ça a vraiment été... Ça m'a rentré dedans beaucoup. Pas parce que j'avais nécessairement des attentes de la présence d'un conjoint, mais plus parce que mon réseau n'était pas très étoffé. Je connaissais vraiment peu de mères. C'est ça qui a été le plus difficile, en fait. Puis, il y a beaucoup, c'est niaiseux, mais la saison a beaucoup, beaucoup influencé. Ma plus grande est née en automne, puis on dirait que c'était juste le début de la fin, le début des jours qui raccourcissent, le début de l'hiver, le début. Ça a été vraiment moralement difficile. Puis, je me souviens que j'allais à toutes les rencontres auxquelles je pouvais aller, les rencontres d'allaitement, les activités à la bibliothèque. Même si mon bébé était tout petit, on allait à l'heure du compte, on devait avoir genre quatre mois. Mais c'était important pour moi de me faire un réseau de mamans puis de rencontrer du monde. Pour en parler, parce que ça peut être extrêmement difficile. Pas juste physiquement. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. On se sent vraiment isolée. Puis c'est vrai que c'est vraiment pire pour le premier bébé, je pense, pour la majorité d'entre nous.
- Speaker #2
Oui, parce qu'on ne sait pas à quoi s'attendre. Je veux dire, qu'on soit solo ou pas, on ne sait pas à quel point ça peut être difficile. Ça peut être demandant de ne pas comprendre ce petit être. qu'on a pourtant porté pendant 9 mois, mais ça n'a pas été instinctif. On a beau être des mammifères, pour moi, l'instinct n'a pas nécessairement embarqué tout de suite. Mais c'est très différent, par contre, pour mes deux autres. Probablement, oui, il y a une partie de l'expérience, il y a une partie du tempérament des enfants aussi. Je veux croire à ça. Ce n'est pas parce qu'on élève tous nos enfants de la même façon qu'ils sont tous identiques. Ils ont tous des tempéraments très différents et il y a plein de choses sur lesquelles on ne peut pas. avoir d'influence malgré toute notre bonne volonté, notamment au niveau du sommeil, au niveau... Ça peut être plus difficile avec certains bébés. Par contre, j'en reviens à ce que tu demandais au niveau du jugement du fait d'être solo. Moi, je ne l'ai jamais senti tant qu'on était à Montréal. Après ça, on a déménagé en campagne. Et là, sans le sentir directement, je le vois que c'est ça, il n'y a pas la même ouverture. Hein ? Tu es d'accord, Billy ?
- Speaker #0
Billy, c'est ce qu'il veut dire.
- Speaker #2
C'est ça ? Ça fait que c'est ça. Puis ça, ça m'a rentré dedans. C'était vraiment un souhait de déménager en campagne, mais j'avoue que... Je suis arrivée avec ma petite bulle de tout le monde est ouvert, on vit à une époque où c'est facile, justement, on peut aller se faire inséminer facilement, on n'a pas besoin de se justifier, mais là, j'ai un peu frappé un mur à un moment donné, ici, quand j'ai vu que c'était beaucoup plus traditionnel. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, mais c'est sûr qu'il y a sûrement des gens qui... qui ne sont pas nécessairement dans l'ouverture par rapport à ça. Ce n'est pas si étonnant que tu en aies rencontré, ça existe.
- Speaker #2
Exact.
- Speaker #0
C'est vrai que quand on est dans notre bulle avec les gens, avec lesquels, comme tu disais tantôt, qui nous ressemblent, des fois, on oublie qu'elle est dans la bulle.
- Speaker #2
Exactement. Puis ça, c'est pour plein de sujets. Ce n'est pas juste la maternité. Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Donc, ce que je comprends, c'est que tes grossesses sont relativement bien été, même si tu étais maman solo et que tu avais la charge finalement. Exactement. Étant française, tu n'as pas non plus ta famille qui est à proximité. Tu es une expatriée en plus.
- Speaker #2
C'est vrai. Mais à la fois, j'étais tellement indépendante. Je veux dire, si je suis venue au Québec seule, c'est parce que je me sentais assez indépendante, assez forte pour arriver à... à refaire ma vie ici. Le soutien de la famille m'a manqué un petit peu à un moment donné. Mais c'est ça, mes grossesses ont quand même tellement bien été. Je veux dire, les trois, c'est comme, oui, le premier trimestre. Mais à part ça, c'était quand même des grossesses de rêve pas mal. J'ai eu la chance immense d'avoir un suisse à cheval dès ma première. En fait, je n'ai jamais rencontré de médecin pour mes grossesses. Puis ça, je pense que c'est la plus belle chose qui pouvait m'arriver pour mes suivis. C'est de ne pas rencontrer de médecin. Parce qu'encore là, mes idées sont tellement arrêtées et tellement... Je voulais vraiment vivre ça naturellement, du début à la fin. Et j'aurais probablement trouvé ça vraiment fatigant de devoir me battre pendant tout le processus. Même si je sais qu'il existe des médecins extraordinaires, puis qu'éventuellement, il y a de plus en plus d'ouvertures par rapport à des suivis naturels, à des accouchements non médicalisés ou peu médicalisés. Mais ça reste que le fait de... Être avec une tâche mâle, ça m'a beaucoup facilité la tâche, vraiment.
- Speaker #0
Tu as choisi à trois reprises de donner naissance à la maison.
- Speaker #2
Oui. Encore là, c'est une continuité.
- Speaker #0
Oui, c'est une continuité. Et tu es une professionnelle de la santé. Oui.
- Speaker #2
Je pense que ça a atteint beaucoup, beaucoup, beaucoup mon choix de lieu de naissance, justement connaissant l'envers du décor. Pour moi, c'était pas mal la pire des choses qui pouvaient m'arriver d'aller à l'hôpital. Mais encore là, c'était un point personnel. Oui, oui,
- Speaker #0
tout à fait. On est complètement d'accord. C'était ton senti, ton intuition. Puis, je pense qu'Alex et moi, on est tout à fait sur la même page par rapport à ça. Il faut suivre notre chemin. Donc, il ne faut pas suivre le sien. Il ne faut pas que tu nous écoutes en disant, je vais faire comme Alex, je vais faire comme Annie. Il faut que tu trouves ta route à toi.
- Speaker #2
Il faut être convaincu. Oui. Je pense qu'il faut être convaincu. Il faut sentir que c'est vraiment ça dont on a besoin. Puis je pense qu'en grande partie, c'est ce qui a aidé à avoir des naissances relativement faciles. Parce que je savais que j'étais à la bonne place. Je savais que mon corps allait faire sa job, que mon bébé allait faire sa job. Puis que s'il a lâché prise, arriver à être au rendez-vous, ça se ferait bien. Puis ça, quand même, c'est ça, très bien.
- Speaker #0
Écoute, je suis témoin.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
le lâcher-prise était au rendez-vous. Et là, on a déjà parlé de ça ensemble. Je t'ai déjà souvent demandé, mais Alexia, comment tu as fait pour dès ton premier bébé, je te vois encore là, à quatre pas dans ton salon, appuyer sur ton ballon, à bouger tes hanches, à faire des sons magnifiques dès le début du travail ?
- Speaker #2
Oui, mais ça, c'est dur de… D'avoir une explication. Je me souviens, c'est ça, pour ma première, de m'être beaucoup dit, ah oui, c'est ça, bouche molle, col mou. Puis ça, j'y ai pensé tout du long, puis je me suis dit, si je fais suffisamment de sons pour relâcher ma bouche, ça devrait bien se passer. Puis on dirait que ça a comme embattu, tu sais, les sons. Ma première, je ne me souviens pas de mon accouchement. Je l'ai littéralement... Je me souviens d'à peu près rien, sauf quand elle est sortie après. Mais tout l'accouchement, je n'ai vraiment pas de souvenirs. Je pense que j'ai vraiment eu les hormones qui ont embarqué tellement fort. Puis j'en étais triste. J'étais triste parce que j'avais pas... Oui, tu étais là pour me raconter après, mais j'avais pas tant de photos, pas de souvenirs. Puis là, je me retrouvais avec ce bébé que je ne connaissais pas. Fait que là, c'est comme... Oui, c'est un accouchement magnifique, mais le fait de ne pas avoir de souvenirs, ça ne m'a pas du tout aidée pour le postpartum. Et je pense que ma grande est née en 5 heures, peut-être. Quelque chose comme ça. Puis je me souviens de m'être dit, il me semble que c'est rapide. C'est rapide un peu pour que je me souvienne. Puis j'ai adoré ça. J'ai adoré accoucher. J'ai adoré, adoré. Puis je me suis dit, ça m'en prend d'autres. Oui, vraiment.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as adoré là-dedans ?
- Speaker #2
Le fait de me sentir tellement puissante et capable. Et je pense que c'est le moment de ma vie où je me suis sentie la plus forte, la plus... C'est ça. C'est vraiment ce sentiment de force dont on est capable à ce moment-là. Puis tu sais, je pense honnêtement, il n'y a pas personne d'autre qui peut nous aider dans ce temps. Oui, on peut avoir du soutien, c'est sûr que c'est aidant. Mais je pense que personne d'autre peut se mettre à notre place, puis personne d'autre peut faire les choses à notre place dans ce temps-là. Ça fait que c'est ça, je trouve qu'il y a beaucoup aidé. Puis les accouchements suivants, j'avais hâte de revivre ça. Fait que là, c'était plus, on était dans l'excitation. Tu sais, ça s'en venait, puis tu sais, même... Oui, ça fait mal à coucher, là. Ça, c'est dur. Oui, t'es d'accord, mais je m'en souviens de m'être dit au deuxième, Ah, c'est vrai. Je m'en souviens plus, mais c'est vrai que ça fait mal. Vraiment mal. Mais malgré tout, c'est comme le plus beau moment de ma vie parce que c'est comme... C'est ça. C'est un moment unique, puis je me suis jamais sentie de même dans d'autres situations. Et puis la troisième, il y avait un peu plus de rebondissements parce que là, on a été rendus en campagne. Et l'accouchement à domicile n'était pas officiellement... On était trop loin, en fait. On n'était pas dans le périmètre des sages-femmes. Et je ne me voyais pas me déplacer en début de travail. Avec toute la logistique qu'il y avait de devoir faire garder mes enfants. Bon, ça, j'avais des solutions éventuellement, mais c'était plus... Une fois que le travail commence, j'avais peur que ça interrompe mon travail. Puis je ne voyais pas comment est-ce que je pourrais prendre une douleur aussi intense que des contractions dans une voiture. En plus, c'était en hiver. Fait que là, ce n'était pas possible. Fait que là, dès le début, j'ai dit à ma sage-femme, mais tu sais, j'accoucherai chez nous. Voilà. Je ne sais pas qu'est-ce qui va se passer, comment tout ça va s'enligner. Mais une chose est sûre, c'est que j'accouche chez nous. Fait que ça, ça a été... Ça a été une autre aventure parce que c'est tout un cheminement. Oui, OK, j'ai accouché à la maison, mais comment ça se passe ? De quelle manière ? Est-ce qu'il y a des conséquences ? Oui, évidemment, il peut y avoir des conséquences, puis pas juste physiques. Comment est-ce que je vois ça ? Est-ce que justement... Puis plus je cheminais, plus j'étais comme, bien oui, en fait, je vais accoucher seule. Puis ça va être correct, ça va bien aller. Je dirais pas que c'est de la pensée magique, je dirais que c'est juste que c'est comme se mettre dans un état d'esprit où ça va fonctionner. Ça a été ça, puis... À la fin, à la toute fin, à 36 semaines, ma bébé n'était pas né. Alors, c'est ça, mes premiers étaient un petit peu d'avance. Mais elle avait décidé de prendre son temps. Puis à 36 semaines, ma sage-femme m'appelle pour me dire, écoute, j'ai réussi à faire passer un projet pilote. On va prendre cinq femmes par année dans un périmètre élargi. Puis tu vas être la première. Est-ce que c'est correct pour toi ? Puis là, on dirait que c'était comme, j'en ai discuté avec toi. Moi, j'étais vraiment dans un état d'esprit où non, non, c'était correct, j'allais faire ça toute seule. Puis tu sais, je m'étais beaucoup projetée là-dedans. Fait qu'on dirait que ça est venu me déstabiliser, surtout à 36 semaines. Je me suis dit, OK, là, OK, fait que là, elle va venir. OK, fait que je ne la couche plus toute seule finalement, tu sais. C'est très drôle parce que je me voyais, je me projetais d'accoucher pendant la nuit, pendant que mes enfants dormaient, tu sais, tout été. C'était dans ma tête. Là, c'est venu beaucoup me déstabiliser. Mais finalement, je me suis dit que c'était quand même probablement mieux, mais j'ai prévenu ma sache-femme que je ne voulais pas de... En fait, je ne voulais pas qu'elle s'approche.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu voulais être autonome.
- Speaker #2
Autonome. Parce que moi, je m'étais projetée comme étant autonome. Pour moi, c'était ça l'accouchement, le mois dernier. Je l'avais avisé. J'ai dit, toi, tu es là en cas d'urgence. Parce que je vais faire ça tout seul et ça va être correct.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé finalement ?
- Speaker #2
J'ai fait ça tout seul et ça a été correct.
- Speaker #0
Tu étais où dans la maison ? Raconte.
- Speaker #2
En fait, c'est arrivé tard. Ça, ça a commencé à 36 semaines. J'avais beaucoup eu de braxtonics pendant la grossesse. C'était mon troisième. Pour moi, 38 semaines, c'était fait. 38, 39, 40, 41. Après ça, il y a les pieds au-dessus de la tête. Là, il faudrait peut-être accoucher parce que le déclenchement, qu'est-ce que tu en penses ? J'étais comme, non. Le déclenchement, c'est non, pas pour l'instant. C'est arrivé qu'en fait... À 41 semaines pile, j'ai eu des contractions à 4h du matin. Puis là, j'étais comme, c'est pas vrai que c'est des fausses contractions. Puis que ça commence pas maintenant. Fait que là, je me souviens de mes enfants d'armée, évidemment. D'être descendue au sous-sol, d'avoir pris le tirelet, puis d'avoir commencé à pomper. Pour me dire comme, OK, là, les contractions, il faut qu'elles embarquent. Parce que tes frères et soeurs vont se réveiller dans 3 heures. Il faut que tu sois née dans trois heures, parce qu'après ça, ma journée...
- Speaker #0
Question, question.
- Speaker #2
Mais non, mais c'était... Puis, tu sais, le quotidien allait rembarquer, là. C'est sûr que, oui, j'avais une amie qui venait pour s'en occuper, il n'y a pas de problème, mais si ça pouvait être fait rapidement, tu sais, ça aurait été merveilleux. Fait que là, je suis descendue au sous-sol parce que j'avais tout aménagé au sous-sol. Tu sais, c'est pas un sous-sol proche à fond, là. Il y avait un lit, puis, tu sais, c'était propre que tout. Fait que là... J'ai... les enfants dormaient, j'ai appelé la salle de femme pour lui dire, écoute, je pense que ça commence, puis tu sais quoi, je pense que ça va aller vite. Je fais tout pour que ça aille vite, puis ça va aller vite, éventuellement. Et comme de fait, je pense qu'elle est arrivée, puis je commençais à pousser, puis en fait, Billy est né en une heure, à peu près, du début des contractions à la naissance de mon bébé. Donc ça futé dans l'horaire.
- Speaker #0
C'est là que vous voyez à quel point Alex s'est organisé. Moi, j'hallucine complètement de la voir aller dans ton quotidien avec trois enfants, môme solo.
- Speaker #2
C'est fou. Oui, mais l'organisation, c'est une façon, c'est le contrôle. Autant je suis capable de lâcher prise pendant mes accouchements, je ne comprends pas comment c'est possible, autant dans ma vie, je suis dans le contrôle et c'est difficile de ne pas l'être. C'est très déstabilisant pour moi de ne pas l'être. Pour moi, l'accouchement, c'était pareil. Je parlais à mon bébé, C'est comme, c'est ça, il faudrait qu'on avance et que tu sortes. Puis je me souviens que ça s'est comme intensifié tellement rapidement. Puis j'ai accouché à côté, j'avais une chaise en bas, puis j'étais à côté sur la chaise, puis mon bébé est né comme ça, vraiment vite.
- Speaker #0
Wow, c'est magnifique. C'est très intéressant ce que tu dis, parce que souvent, les femmes qui ont plus tendance justement à être dans le contrôle dans leur quotidien ont peur de ne pas être capables de lâcher. d'aller justement dans le lâcher-prise pendant les contractions. Et je leur dis toujours, on peut être les deux.
- Speaker #2
Oui. En fait, si je n'avais pas eu cette première expérience où le lâcher-prise était à l'extérieur,
- Speaker #0
J'aurais probablement pas eu cette confiance, parce que là je savais que c'était la clé. Je savais que si je voulais que ça se passe bien pour les deux autres, il fallait que le lâcher prise embarque. Puis que c'était les rares moments dans ma vie. où il fallait que je lâche prise et que le contrôle ne soit pas là. Je pense que c'est l'expérience de la première qui a teinté beaucoup, beaucoup ma confiance pour les deux autres. Et ma confiance à tel point que je me disais que j'allais faire ça seule, que mes enfants allaient se réveiller, mon bébé serait né, puis la vie allait continuer. Ça s'est à peu près passé comme ça.
- Speaker #1
Dans le temps, dans mon temps à moi, quand j'ai donné naissance, il y avait tout un réseau de sages-femmes parallèles qui était un réseau de sages-femmes qui ne faisaient pas partie de l'ordre. Là, je te parle de ça, mais c'est un peu tabou dans le milieu. C'est quelque chose dont on ne peut pas vraiment parler, même sur les groupes Facebook, quand il y a certaines personnes qui osent se rappeler cette époque-là, vite, souvent, on se fait clore le bec, comme si c'était quelque chose dont on ne pouvait pas parler. Et le fait que ce type de sage-femme-là n'existe plus, c'est une grande perte pour nous les femmes. Parce que toi... À partir du moment où ta sage-femme te dit qu'on ne peut pas t'aider, le choix que tu avais, c'était soit d'accepter de te plier au fait qu'il fallait que tu ailles en maison de naissance ou de donner naissance toute seule. Mais il n'y avait pas de possibilité intermédiaire. Est-ce que ça, c'est quelque chose que tu as cherché ou c'est quelque chose au départ que tu as interrogué ? Ou tu fais clair pour toi que s'il n'y a pas de sage-femme officielle, je vais directement aller donner naissance toute seule ?
- Speaker #0
J'ai navigué un peu. Justement, quand elle m'a dit... En fait, ce que j'ai oublié de nommer, c'est que quand je me suis inscrite à la maison de naissance, l'agente administrative m'a dit, oui, oui, vous êtes dans le périmètre, pas de problème. J'étais contente au début, c'était parfait. Après ça, quand j'ai rencontré ma sage-femme, elle m'a dit non, non, non. On dirait que j'ai vécu une première déception. À ce moment-là, je me suis dit qu'il faut que je trouve quelqu'un. Je ne me suis pas tout de suite projetée dans je vais accoucher seule, merveilleux. Je savais que j'accoucherais chez moi, mais je n'avais pas l'objectif d'accoucher seule nécessairement. Oui, j'ai cherché à trouver une sage-femme alternative qui n'existe plus ou en tout cas sont très bien cachées. Oui, et puis... Puis assez rapidement, il y avait des accompagnantes qui étaient connues dans mon coin justement pour des accouchements non assistés. Mais ça ne marchait pas avec ma vibe. Je ne trouvais pas... Puis plus ça avançait, je me disais, je préférais tout seul qu'être mal accompagnée, d'avoir quelqu'un que ça me tente moins.
- Speaker #1
Je m'en souviens de plein d'accouchements extraordinaires à domicile où les femmes avaient cette demande-là de dire aux sages-femmes, Restez dans la cuisine, je vais vous appeler quand ce sera le bon moment. Finalement, elles appelaient au moment où elles étaient vraiment rendues, au moment où elles avaient besoin d'aide. Attends, je ne devrais pas dire ça comme ça. Qu'elles avaient besoin que la sage-femme soit là. Oui.
- Speaker #0
Mais bon, après ça, finalement, comme ma sèche-femme était là, et que j'ai un historique de déchiré, sans rentrer dans les détails, pour tous mes accouchements, cet accouchement, il n'a pas échappé, en fait, je pense que comme j'accouche très vite, puis à vertical, en tout cas, bref. Donc, c'est ça, finalement, une chance. une chance. Probablement une chance qu'elle était là pour la fin de l'accouchement.
- Speaker #1
Puis d'ailleurs, pendant la grossesse, je me souviens qu'on s'en était parlé, comme de quoi ce serait comme l'avantage le plus important, finalement.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. C'est ça. elle était là pour me prodiguer les soins post-accouchement. Mais je me souviens qu'après, assez vite, j'ai eu envie que tout le monde parte et me laisse tranquille avec mon bébé.
- Speaker #1
Après la naissance d'un bébé, puis d'un troisième encore plus, on a besoin de se reposer, on a besoin de passer du temps à l'horizontale, de protéger nos ligaments. Une maman solo qui donne naissance à son troisième enfant, ça se passe comment, le post-natal immédiat ?
- Speaker #0
Pour ma troisième, savoir que ma grande épouse, C'est parti chez son papa, donc j'en avais juste un. Mon deuxième est quand même relativement calme et comme je disais, au sous-sol, on a un lit. Il se trouve que moi, je ne vais jamais jouer au sous-sol avec les enfants. Donc, aller au sous-sol est une activité en soi vraiment intéressante pour mon deuxième enfant. Donc, ce que j'avais mis en place, c'est que je m'étais fixée une semaine. Je savais que je ne t'offrais pas plus qu'une semaine à être allongée. Donc, on faisait des matinées au sous-sol. Puis moi, je pouvais être allongée avec mon bébé. Et mon autre enfant pouvait jouer autour. Ça fait que ça, ça avait... beaucoup aidé et je me souviens de tes conseils qu'il fallait rester allongé le plus possible. Je pense qu'effectivement, c'est pas mal le meilleur conseil. On pense qu'on est assez forte pour être debout et qu'il n'y en a pas de problème. Oui, on l'est probablement les premiers jours, mais je pense que les conséquences pour la suite, pour la récupération du corps, pour avoir le moins de séquelles possible, c'est vraiment de respecter ça. C'est sûr que je me suis forcée. Parce que oui, j'en aurais fait. Moi, probablement, je me serais levée passer à Balayus puis faire à manger. Mais je me suis forcée la première semaine et je pense que ça a beaucoup aidé. C'est comme un petit prix à payer pour la suite. C'est comme un investissement, en fait. C'est sûr que... J'avais cuisiné énormément. J'avais eu le temps de cuisiner énormément avant l'accouchement. Donc, mon congélateur était plein. Donc, la cuisiner, ce n'était pas un enjeu. Puis ça, je pense qu'on sous-estime la lourdeur de préparer des repas. dans le quotidien, c'est une tâche énorme. Et le fait que ça soit fait, que ce soit quelque chose en moins, ça me permettait de prendre plus de temps allongée avec mon bébé. Donc, je pense que c'est un ensemble de choses qui ont fait que ça s'est bien passé. Le calme de mon deuxième, ma troisième qui était juste super contente que je sois allongée avec elle. Tu sais, pour la mise en place de l'allaitement, on dirait que tout était plus facile parce que j'ai été coulée, et puis parce que aussi, Ça, c'était un troisième bébé.
- Speaker #1
Quand je te regarde aller avec tes trois petits loups, tu fais beaucoup d'activités. Tu es quelqu'un de très dynamique. Tu fais en une journée ce que je fais en une semaine, grosso modo, pour vous donner une idée. Je ne sais pas s'il y a un petit peu d'hyperactivité qui se cache derrière.
- Speaker #0
Je me sens un peu hyperactive, mais quand je le regarde avec le recul, peut-être. Mais moi, je ne me sens pas au quotidien. Je te risque si je suis assise sur le sofa à lire, mais ça n'arrive pas souvent, parce qu'il y a toujours... millions de projets.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors, juste pour vous donner une idée, pour illustrer mon propos, il y a à peu près trois semaines, Alex a, en une fin de semaine, rénové entièrement sa salle de bain, peinture, une finition, une semaine, bon, mettons sept jours, entièrement sa salle de bain, finition incluse, avec la peinture, t'as changé la fan, et tout ça, en étant maman solo de trois enfants.
- Speaker #0
Encore là ma grande n'était pas là. À chaque fois il y a ça. C'est le genre de projet, les gros projets de même. Je l'ai fait quand j'ai au moins un enfant en moins. Fait que j'avais juste mes deux petits. Donc, c'était plus facile. Honnêtement, c'est un projet que j'ai depuis deux ans, en fait. Donc, je procrastinais beaucoup. Mais je me suis levée un matin en me disant, écoute, je pense que c'est là que ça se passe. Il faut que ça soit fait. C'est comme, il reste ça à faire. Il faut que je démarre. Je pense que j'ai appliqué mon deuxième un peu. J'ai profité des siestes, du coucher aussi. Quand tes cocos dorment, tu peux en faire aussi des affaires. Le bien-être que ça m'apporte, je suis beaucoup à la maison. Je suis maman à la maison. Le bonheur que ça m'a apporté au final, c'était un bel investissement de temps à mettre à ce moment-là. Donc... Oui.
- Speaker #1
Oui, tu veux t'aider, là, tu vois que maman est en train de se préparer, puis elle fait comme, yeah ! Avec le recul, avec toute l'expérience que tu as maintenant, pour toutes les femmes, les mamans solo, les femmes qui vont aller en insémination, dans une démarche de fertilité, ou les femmes qui sont en couple, mais qui ont envie de vivre, tu as vécu une des grandes expériences d'empowerment, là, au travers de tes grossesses, tes accouchements, c'est quand même assez impressionnant, là. Tu étais solide, tu savais où tu t'en allais, puis il ne fallait pas trop te mettre des bâtons dans les roues parce que tu n'acceptais pas ça.
- Speaker #0
C'est toujours une histoire de contrôle.
- Speaker #1
Oui, de contrôle. Tu vois qu'il y a des bons côtés. Qu'est-ce que tu dirais aux femmes qui nous écoutent et qui auraient envie de se rapprocher de cette expérience-là, de pouvoir choisir pour elles ce qui est le mieux, même si ce n'est pas ce qu'on leur demande à l'extérieur d'elles ?
- Speaker #0
Je pense que c'est... c'est croire qu'on est capable. Je veux dire, ça fait des millions d'années qu'on accouche, que les mammifères accouchent. Je veux dire, c'est... C'est... On sait faire. C'est ancré en nous. C'est... Nous, on sait faire. Nos bébés savent quoi faire. C'est sûr qu'il y a des situations où ça se passe pas comme on voudrait, puis c'est physiologique, puis on n'y peut rien. Puis je pense que... C'est dur à vivre, probablement, mais garder confiance en nous puis se dire qu'on est fait pour ça. c'est ancré pour moi, en tout cas. Je savais que mon... Je savais que mon corps y arriverait.
- Speaker #1
Bien, dis-moi aussi, dans 30 ans, quand je vais donner mes soeurs, moi aussi, je vais savoir exactement comment faire.
- Speaker #0
C'est drôle parce que c'est ça, ma plus grande qui a maintenant bientôt 8 ans, je ne l'encourage pas, évidemment, à avoir des enfants qui le veulent, mais spontanément, elle me dit Oui, mais je pense que moi aussi, je suis capable d'en avoir des enfants tout seul. On verra si j'en veux toujours, si j'en veux seul. Je me dis que c'est comme... Plus on est nombreuses à montrer que finalement, c'est possible. C'est génial, en fait, d'être enceinte, d'accoucher. En tout cas, moi, c'est vraiment les meilleurs moments de ma vie. C'est d'ailleurs un gros deuil. C'est un autre sujet. C'est un gros deuil de me dire que 3, c'est raisonnable. C'est la limite du raisonnable.
- Speaker #1
Est-ce que le deuil, il est au niveau de plus être enceinte et de plus avoir un bébé en postnatal ou il est de plus accoucher ?
- Speaker #0
Ça mélange les trois. Ça mélange les trois parce que j'aime vraiment ça. En fait, je pense que ce que je préfère, c'est avoir un petit bébé naissant. Avec le recul, là. J'aime ça. Le laitement, la fusion. J'adore ça. L'accouchement, j'adore ça, évidemment. Je recommencerais demain. Puis je me souviens qu'à chacune de mes grossesses, je me suis dit, écoute, on me semble que je recommencerais. Puis les grossesses, non. La première grossesse était vraiment très épanouissante. Je me sentais vraiment bien. dans mon corps, tu ça s'est passé sans embûche. À deuxième aussi, puis la troisième, je pense que je commence à être plus vieille. Je pense que la fatigue commence à embarquer un peu, là. C'est bien facile.
- Speaker #1
Oui, oui, puis c'est parce que là, en scène du troisième, il faut que tu cours après les deux premiers en simultané, là. C'est sûr que c'est plus la même game. C'est intéressant parce que souvent, on entend des mamans solo qui vont être mamans solo un peu par dépit. C'est-à-dire qu'elles n'ont pas rencontré quelqu'un, elles attendaient de rencontrer quelqu'un avant de décider d'avoir des enfants. Dans ton discours, ce que j'entends, c'était aussi un choix. Ce n'était pas par dépit.
- Speaker #0
C'était définitivement un choix. Je le vois avec le recul maintenant. Je pense que je suis mieux seule avec mes enfants qu'en couple. Je pense que j'ai un tempérament qui fait que je suis pleinement épanouie comme ça. Ça n'a jamais été un choix par dépit, au contraire. C'était vraiment un vrai choix, très éclairé, très raisonné.
- Speaker #1
C'est super intéressant parce que je vois certaine que même encore de nos jours, les femmes pensent à ça en termes de choix. C'est pour ça aussi probablement que ça fait réagir un peu les gens. qui ont une autre façon de voir les choses parce que c'est quand même de l'autonomie de faire comme, écoute-moi.
- Speaker #0
Je suis capable toute seule. Oui. Exact. Je pense que ça peut être confrontant pour certaines personnes. Définitivement. Puis comme je dis, ça ne correspond pas à tout le monde. Je pense qu'effectivement, je comprends tout à fait qu'il y a des femmes qui se puissent être rendues à se dire malheureusement, j'ai trouvé personne, mais mon désir d'enfant est plus fort, alors je vais avoir un enfant solo puis finalement, après, rencontre quelqu'un. Puis je comprends tout à fait ça, en fait. C'est pas pour tout le monde d'être solo, solo.
- Speaker #1
Je comprends. Merci beaucoup, Alexia. J'aurais aimé ça que tu puisses nous donner exactement les ingrédients qui ont fait que tu étais si libre, si mammifère, si puissante pendant tes accouchements. Ce serait le fun, hein ? Si on savait exactement. Oui,
- Speaker #0
si on avait la clé, je le donnerais à toutes mes amies.
- Speaker #1
Écoute, si on pouvait te... Comment on dit ça pour te copier ? Mais quand on prend quelqu'un et qu'on regarde, on modélise. Si on pouvait te modéliser par rapport à ça, ce serait extraordinaire.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas possible. Non,
- Speaker #1
ce n'est pas possible. Je pense qu'au premier accouchement, je t'avais enregistré, je pense. Ah, je sais. Au niveau des sons, tu ne te souviens pas ? Non. J'ai comme un vague souvenir par rapport à ça, mais ouais. C'était magnifique. Je te le redis. J'ai encore des souvenirs très précis de toi.
- Speaker #0
Plus que moi, ça fait.
- Speaker #1
Moi, j'étais un peu moins basée dans les hormones. Merci beaucoup, Alex, pour ta confiance. Merci beaucoup d'avoir pris ce temps-là dans ta grosse activité avec tes enfants.
- Speaker #0
Comment t'as relaxé ? La deuxième moitié d'été, j'ai comme une... une pression où je me dis Ok, là maintenant, non, on arrête de niaiser, on profite de l'été. Je suis dans cette deuxième moitié. L'été commence pour moi, début mi-août.
- Speaker #1
Alors, ça me fait très rire parce que les gens qui nous écoutent font comme Ok, relaxé, môme de trois, môme solo de trois enfants, de trois jeunes enfants, ok !
- Speaker #0
Ouais, mais tu sais, c'est pas... je ne suis pas assise toute la journée à jouer avec eux. Non,
- Speaker #1
tu fais plein de choses.
- Speaker #0
Je ne pourrais pas, en fait. J'ai le bonheur de les avoir à la maison. Ça me procure beaucoup de joie, mais j'ai besoin de pouvoir faire mes choses.
- Speaker #1
En même temps. Merci, Alex.
- Speaker #0
Ça fait plaisir.
- Speaker #1
Tout comme moi, tu aimes nos rendez-vous hebdomadaires et tu aimerais m'aider à faire rayonner le podcast enfanté librement sans se faire accouter, je t'invite à aller sur Apple Podcasts ou sur Spotify pour mettre un beau 5 étoiles. Je te rappelle que tu peux me rejoindre dès maintenant dans la préparation virtuelle, les 11 clés pour une naissance facilitée. Oui, oui, elle est encore en mode gratuit. Pour y avoir accès, c'est facile. Le lien est dans la description de l'épisode. Tu y trouveras également le lien pour t'inscrire à un atelier gratuit dédié à l'accompagnement de ton bébé. Que tu sois enceinte ou avec un tout petit bébé dans les bras, cet atelier te donnera des outils pour accompagner ton bébé au mieux. Nous aborderons les cinq principaux éléments pour la période 0-1 ans. Des éléments pour lesquels ton bébé a besoin d'être accompagné. La sécurité affective, le sommeil, la motricité libre, la... Têtes plates et les réflexes archaïques. Si tu désires connaître la date du prochain atelier et pouvoir t'y inscrire, c'est gratuit. Tu as simplement à aller dans la description. Je te souhaite une magnifique semaine. Je te rappelle que tu peux m'écrire directement si tu as envie que je t'accompagne. Tu peux le faire par courriel. L'adresse est elle aussi dans la description. Tu peux aussi m'écrire via Instagram. Je te souhaite donc une magnifique semaine. Beaucoup de bonheur des petits, des moyens, des grands. Et on se retrouve. Pour le prochain épisode.