- Speaker #0
Dans cet épisode, il sera question d'inceste, de deuil périnatal, d'agression à caractère sexuel et de violence obstétricale. Comme tu peux le constater, Marie-Claude, notre invitée d'aujourd'hui, a eu un parcours de vie particulièrement difficile. Elle a accepté de venir nous rencontrer en toute vulnérabilité pour nous raconter comment, malgré tout, Toutes les blessures qu'elle portait, elle a réussi à donner naissance à sa fille de façon physiologique, en pleine conscience. Dans les prochaines minutes, tu entendras un récit rempli de courage, de résilience, d'amour et d'espoir.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leurs désirs. Voici Tadoula Ostéo, Annie
- Speaker #2
Perret.
- Speaker #0
Marie-Claude, merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #2
C'est avec grand plaisir, Annie.
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai très envie que tu nous racontes ton parcours en lien avec la naissance de ta fille et en lien aussi avec ce que tu as vécu malheureusement quand tu étais tout petite. Tu as eu une enfance qui a été très, est-ce qu'on peut dire violente ?
- Speaker #2
Oui, on peut dire ça certainement. Oui, moi dans le fond, j'ai vécu de la violence familiale. J'étais dans un milieu toxique. Mon père était alcoolique. Très violent psychologiquement, verbalement aussi. Puis, j'ai vécu aussi l'inceste de mon frère aîné. Moi, j'ai trois frères. Donc, ça aussi, ça a fait partie de mon univers d'enfance.
- Speaker #0
Et au fur et à mesure que les années sont passées, est-ce qu'il y a un moment donné où le désir d'enfant est venu de lui-même ou tu as plus répondu à une demande de la société, on fait des enfants ?
- Speaker #2
Moi, j'ai toujours voulu... Avoir des enfants, c'était une évidence pour moi. Moi, j'ai beaucoup de souhaits dans les idées. Je savais que l'enfance que j'avais eue, ce n'était pas celle que je voulais pour mes enfants. C'était clair, honnêtement. Et très jeune, je me suis mise à garder des enfants. Et c'est ça. Et je me suis collée, entre autres, sur des familles nombreuses. Je vois ça fascinant. Moi, ma mère biologique, je dis ma mère biologique parce qu'elle ne m'a pas élevée, mais ma mère avait une famille de 20 enfants, au Bas-Saint-Laurent. Ma grand-mère a accouché 20 fois. Donc, les familles nombreuses, il y avait quelque chose là-dedans, pour moi, qui était attirant. Puis donc, des enfants de tous les âges, de tous les stades de développement. Donc, je me suis collée beaucoup à des familles nombreuses, dont une amie qui avait 11 enfants, qui en avait 9 au départ. J'ai gardé beaucoup, beaucoup ces enfants-là. J'ai beaucoup observé comment ils réagissaient, comment ils éduquaient, étaient où la limite, comment être autoritaire, sans dénigrer, sans humilier. Tout ça, pour moi, c'était comme essentiel de pouvoir un peu aussi tester ma propre capacité à travers ma propre personnalité, mais pas à temps plein, pas avec mes enfants, mais dans un cadre qui était sécuritaire, avec des adultes en qui j'avais confiance. Donc, je l'ai faite avec cette famille-là, j'ai fait avec d'autres familles aussi.
- Speaker #0
Et quand tu dis que rapidement, tu as compris que l'enfance que tu avais eue n'était pas une enfance standard, que ce n'était pas sain, est-ce que c'était déjà avant ces expériences-là ou c'est justement de te coller à des familles que tu as pu réaliser que tu avais vécu de la violence, que tu avais vécu des agressions ?
- Speaker #2
Ah non, mais ça, je le savais. En fait, moi, j'ai deux frères aînés. Le plus vieux a été placé à ses jeunes. Nous, c'était très particulier. C'était évident que ça n'avait pas de bon sens parce que mon père a eu un autre enfant avec une autre femme qui a été dans ma vie à partir de l'âge de 5 ans. Et cet enfant-là n'avait pas du tout les mêmes traitements que nous. Donc, il mangeait des repas différents. Il y avait des boîtes de céréales qu'on ne pouvait pas manger. C'est un peu... Il y a quelqu'un qui m'a amenée qui m'a dit Mon Dieu, ça ressemble à l'histoire de Cendrillon. Puis c'est vrai qu'il y a quelque chose de ça. Donc, nous, on était enfermés dans notre chambre la plus claire du temps. On n'avait pas la clé à la maison, on ne pouvait pas rentrer. Il y avait beaucoup de choses qui n'avaient vraiment pas de sens, qui étaient très violentes. Donc, nous, on le savait. Moi, je dis souvent, quand tu es un enfant, tu sais qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, mais c'est vraiment une question de survie, d'aimer tes parents, puis d'accepter tout ce qui se passe. Tu ne sais pas que tu peux vivre une vie en dehors de ta famille. À l'adolescence, c'est quelque chose... pour lequel tu prends conscience que, oups, c'est possible d'exister sans ton père, sans ta mère, de manger, d'avoir un toit. À partir du moment où ça s'est arrivé, moi, j'allais voir les intervenants de l'école, puis je demandais à être placée, mon frère aussi. Le problème, entre guillemets, c'est que moi, je n'étais pas délinquante, j'avais des super bonnes notes à l'école. Mon père aussi, c'est quelqu'un qui est extrêmement élitiste. Donc, chez nous, par exemple, on ne pouvait pas écouter passe-partout. Il fallait lire des livres de littérature française. Donc, je réussissais extrêmement bien à l'école. Pour lui plaire, j'étais première dans mon équipe de sport, exposition, bref, j'ai fait tout ce que j'avais à mon pouvoir pour lui plaire, ce qui est un échec lamentable. Mais, je dis un peu avec humour, mais ça, ça a été dramatique pour moi, mais en même temps, ça a fait comme juste, OK, il n'y a pas comme de possibilité pour moi dans cette famille-là. C'est juste pas possible.
- Speaker #0
Que tu as eu cette conscience-là très rapidement.
- Speaker #2
De ne pas vivre sa violence. Donc, c'est ça. C'était difficile d'être placée parce que je n'étais pas délinquante. Le système, on le sait, de la protection de la jeunesse, manque énormément de ressources. Mais j'ai fini par être placée quand même, malgré tout, à 14 ans.
- Speaker #0
Et là, les années ont passé et tu as rencontré quelqu'un. Et là, le projet d'enfant s'est concrétisé dans ta tête ?
- Speaker #2
Écoute, moi, ça a été... J'ai rencontré quelqu'un... J'avais 17 ans, puis je restais avec le père de mes enfants parce que j'ai eu deux enfants. J'ai eu un autre enfant avant, l'enfant dont tu parlais tantôt, qui a été une grossesse. L'enfant est décédé dans mon ventre pendant la grossesse. Mais donc, oui, à 17 ans, j'étais en appartement avec cette personne-là. Je... Je souhaitais de tout cœur pouvoir vivre un amour éternel dans une famille unie, nucléaire, tout ça, toute cette espèce d'utopie-là que j'espérais pouvoir construire.
- Speaker #0
Étant donné tout ce que tu avais vécu avant, j'imagine que concrètement, quand est venu le moment de dire ok, on veut un bébé au niveau de concevoir le bébé, il y a dû y avoir quand même des difficultés qui sont apparues pour toi.
- Speaker #2
C'est sûr que moi, au niveau de la sexualité, il y a beaucoup d'enjeux. Parce que, tu sais, dans le fond, là, j'ai vécu cet inceste-là, mais j'ai vécu d'autres agressions à caractère sexuel aussi. Donc, à cette époque-là, on a commencé à essayer d'avoir un enfant. Dans le fond, j'avais autour de 22 ans, je crois. Donc, ça faisait quand même plusieurs années qu'on était en couple. Ça faisait peut-être, tu sais, presque six ans, là. Fait que, quand même. Puis, c'est ça, au niveau de la sexualité, ça ne se vit pas de la même façon pour tout le monde. Pour moi, c'est sûr que j'étais capable des fois d'avoir des orgasmes, j'étais capable des fois de m'abandonner, d'avoir de la sexualité, mais il y avait des périodes de plusieurs mois où j'étais incapable des relations sexuelles, en fait incapable. Pour moi, c'était très, très inconfortable, beaucoup d'inconfort, d'angoisse, de revivissance. La revivisance, c'est revivre. des sensations physiques d'agression sexuelle, d'avoir des flashbacks. C'est très, très présent. C'est ça. Puis, dans le fond, le père de ma fille était très respectueux de ça. était au fait de ça aussi. Effectivement que moi, les histoires de Ok, je veux la 4h, let's go, on va faire ça en deux jobs, ou comme j'en entends des fois, c'est l'heure de dîner, un, deux, trois, go. Pour moi, c'était impossible. Non, ça ne se pouvait pas.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Et malgré le fait que ça a été plus difficile, tu as fini par devenir enceinte.
- Speaker #2
En fait, ça a été long. Puis on le sait, on ne le dit peut-être pas assez, je ne sais plus les statistiques, mais moi je sais que dans le temps, la moyenne québécoise, c'était autour de un an pour tomber enceinte, encore ça. Bon, moi ça a pris trois ans, mais en rechampant. Donc ça se pouvait que des fois, il y avait des mois où on n'avait aucune relation sexuelle. Donc, pas pendant que je volais, je ne pouvais pas être enceinte. Donc, il y avait ça, mais c'est sûr qu'au bout de trois ans, j'avais quand même vraiment le goût de tomber enceinte. Ça fait que ça arrivait quand même aussi, plusieurs fois qu'on avait eu des relations sexuelles pendant mes ovulations. Donc, c'est sûr qu'à un moment donné, la question de fertilité se pose, puis tout ça. Mais pour nous, on était jeunes aussi, il n'y avait pas d'urgence, puis on n'avait pas envie de tomber dans des tests. Puis de toute façon... Tout ce qui était en termes de fertilité, pour moi, ça aurait été quelque chose de très intrusif dans mon corps, puis non. Non, non, non. Fait que c'est ça. Je pense qu'éventuellement, peut-être, ça aurait été famille d'accueil ou ces choses-là. Je ne sais pas. En fait, je suis enceinte au bout de trois ans. Ça a été ma première grossesse qui ne s'est pas rendue à terme. Puis ça, bien, c'est quelque chose qui est... Tu sais, encore, je prends 10 millions de gants blancs pour parler, puis que j'ose jamais dire. J'ai menti longtemps sur le nombre de semaines que j'avais, Annie, de grossesse. J'ai encore du mal à le dire. En fait, je ne le dis pas parce que c'est tellement banalisé. On dirait que le nombre de semaines de grossesse que tu avais, ça légitimise l'attachement que tu pouvais avoir ou la peine que ça a été ou la douleur que ça a pu t'engendrer. Une fausse couche, ce n'est pas grand-chose. Mais là, par exemple, si c'était un bébé, s'il est mort, s'il a dû accoucher. Il y a comme toute une espèce de série de critères, on dirait, qui font que c'est plus ou moins légitime. Que tu peux donner un nom à cet enfant-là, que tu peux le compter dans ta famille. Pour moi, la façon que je l'ai vécu, c'est un enfant qui s'appelle Esperanza. Oui. C'est drôle, ça me rend émotif maintenant d'en parler. Je n'en parle pas souvent. C'est ça. Il y a eu Esperanza.
- Speaker #0
C'est vrai ce que tu dis. Même les femmes qui n'ont jamais accueilli de bébé dans leur utérus peuvent avoir un deuil à faire en lien avec ça. Parce que l'enfant, même rêvé, c'est un enfant auquel on s'attache.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #0
Vraiment.
- Speaker #2
Complètement. Vraiment. On le faisait trois ans qu'on le rêvait, puis ça faisait bien plus longtemps que ça. Puis ça avait été dur. Quand c'est si long de tomber enceinte aussi, il y a comme une espèce de désespoir. Mon Dieu Seigneur, je ne peux pas perdre cet enfant-là. Oui. Fait que c'est ça. Il y a eu Esperanza dans mon ventre qui nous a soulevés de joie, de bonheur, d'excitation. Puis en même temps, pour moi, ça a commettu un choc parce que tu es entraînée de tomber enceinte. Être vraiment enceinte, j'étais comme, oh mon Dieu, OK, là, c'est vraiment une responsabilité, je vais vraiment être un parent, il faut vraiment que je sois prête. Il y avait comme quelque chose de vraiment inquiétant pour moi aussi là-dedans, c'était mélangé. Donc, Esperanza est décédée, le sol échographie décède dans mon ventre, puis je l'ai portée pendant deux semaines. Puis... Pour des gens, c'est horrible. Moi, je n'en parlais pas pendant ce temps-là. Pour moi, c'était doux et c'était beau de l'avoir à l'intérieur de moi pendant cette période-là. Ça m'a donné juste le temps de l'avoir en dedans de moi et de digérer ça doucement, puis de l'apporter encore. Je ne sais pas. C'était quelque chose pour moi qui était doux, qui n'était pas violent, qui n'était pas... C'est ça que j'ai vécu un petit peu. J'en parlais pas trop, puis je sortais pas trop, parce que, tu sais, quand les gens savent que t'es enceinte, ils te posent des questions. Ah, t'as combien de semaines ? Fait que là, je voulais pas te confronter à ça, puis de dire Ah, bien, il est là, mais il est mort. C'était comme un peu bizarre. Fait que bref, c'est ça. J'ai vécu ça dans cette petite bulle-là, puis ça a été deux belles semaines pour moi. Aussi bizarre, peut-être, que ça puisse paraître pour certaines personnes. Donc, puis, dans le fond, j'ai vécu mon premier accouchement. De même, sans préavis, sans savoir que ça allait arriver, je n'ai pas vraiment été bien préparée à ça. Un peu, j'avais une accompagnante à la naissance qui était fantastique et merveilleuse, que je connaissais et qui s'appelle Annie Béret-Racine. Dans cette vie, nous étions au Bas-Saint-Laurent dans ce temps-là. Et que je connaissais, je te connaissais personnellement, on s'était parlé un peu. Puis je t'ai appelée un peu. Je pense que c'est Sébastien qui t'a appelée. Parce que moi, j'avais des contractions quand même vraiment intenses. Je ne comprenais absolument pas ce qui arrivait. Dans mon bain. Puis je deviens émotive. C'est particulier. Dans mon bain à la maison. Un peu toute seule. Dans cet espèce de délire. De contractions intenses. Que tu ne savais pas qui allait arriver. Puis un peu ça panique. Et c'est ça, Sébastien t'a appelé. Je disais, qu'est-ce qui se passe ? Tu avais dit que c'est ça, que c'est des contractions. Puis moi, j'avais quand même déjà une passion un peu pour, je trouve ça fascinant. tout ça. J'ai déjà lu en une contraction à la fois les choses de base. Contraction à la fois, ne pas anticiper la douleur. À partir du moment où j'ai su que c'était un accouchement, que tu étais là, que j'étais dans mon corps, j'ai juste essayé de me concentrer sur une contraction à la fois. Me dire un peu ça, c'est très drôle parce que... Un moment donné, Sébastien, ça faisait mal quand même. Puis un moment donné, Sébastien me dit, tu veux du lave-vodka ? J'étais comme, non, j'ai mal au cœur. Ça fait que c'est ça. Alors, ça a été ça. Ça a été des contractions, des contractions, des contractions. Puis à un moment donné, bien, flou, c'est la sortie. C'est un peu déroutant. Tu n'as aucune idée de la grosse. Tu l'as un peu dans les livres, mais tu ne sais jamais la grosseur que ça a, la forme que ça a. Il y avait quand même toute la poche. Peut-être un peu de placenta, je ne sais pas trop. Ça a tout sorti d'un coup. Je me suis mise à faire un peu d'hémorragie. C'était clair pour moi que je n'avais pas le goût de vivre ça à l'hôpital. Surtout qu'en plus, honnêtement, je ne voyais même pas comment je pouvais me rendre à l'hôpital. À cause des contractions qu'ils ne lâchaient pas, puis à cause de mon espèce de désarroi. Honnêtement, je ne me voyais pas. Je ne vois pas comment j'aurais fait. Mais là, c'est sûr qu'à partir du moment où je saignais beaucoup, on était allé à l'hôpital. Et c'est ça, j'ai eu le droit à un magnifique courtage. C'est ça, et j'avais confié. Ma petite espèce prend ça à l'hôpital pour faire des tests. Et on ne m'a pas redonné cet enfant. Ça fait quand même presque 20 ans. Je ne sais pas s'ils font ça maintenant ou quelque chose. J'aurais mis ça à la rame. Bien entendu. C'est ça.
- Speaker #0
On est super touchés,
- Speaker #2
toutes les deux.
- Speaker #0
Tu vois, c'est intéressant parce que ton témoignage démontre à quel point, même si les bébés sont tout petits dans notre ventre, même si les années passent, on continue de penser.
- Speaker #2
Mais oui. Mais oui. Oui.
- Speaker #0
On continue à penser à nos bébés. Oui,
- Speaker #2
et je donne bien à dire que j'ai un enfant. Je ne le dis pas tout le temps, mais... Des fois, j'ai dit, nous, on est deux, puis maintenant, j'en ai plus. Mon famille a composé. Les enfants, pour moi, ce n'est pas une histoire qu'il a mise dans son ventre, qu'il a mise dans sa tête, dans son cœur. Ce sont les portes dans nos cœurs, dans nos vies et dans nos journées. C'est sûr que...
- Speaker #0
Est-ce que tu aimerais prendre une pause ?
- Speaker #2
Ça va.
- Speaker #0
Combien d'années s'est écoulée, combien de temps s'est écoulée entre la perte de ton premier bébé et l'arrivée de ta fille dans ton ventre ?
- Speaker #2
Bien là... Après, je pensais grossesse, après je pensais hémorragie. Je n'étais pas capable, ça ne marchait pas, je ne me sentais pas capable de revivre ça. Je n'étais vraiment pas dans le go, on refait un autre bébé, pas du tout. J'avais d'autres projets d'art, puis je suis partie en Europe. En tout cas, il s'est passé d'autres choses. Finalement, Sébastien était venu me rejoindre en Europe. Et là, dans le calme du voyage et des retrouvailles, Lilou a été conçue. Donc, c'est à peu près un an plus tard. OK. Oui. Et là, ma réaction, Annie, ça a tellement déstabilisé Sébastien. Ma réaction quand j'ai appris que j'étais enceinte de Lilou, j'étais pas contente. Vraiment, j'étais complètement déstabilisée parce que je venais de commencer une nouvelle job en plus, une grosse job. J'étais en probation. J'étais là. Fuck, je finirais pas mon année de probation. Puis là, je pense aussi qu'il y avait beaucoup une réaction de Je peux pas m'attacher à cet enfant-là qui est dans mon ventre, parce que j'en avais perdu un. Puis, un espèce de timing qui marchait pas, ça marchait pas. C'est vraiment ça, ma réaction. Comme Ah, qu'est-ce que c'est ça ? C'était ma chaîne des déstabilisées. J'avais dit, écoute, laisse-moi du temps. Je vais finir par être contente. Mais là, je me suis dit, non, mauvais timing. C'est ça qui est sorti à ce moment-là. Je me suis permis de vivre ça. C'est ce qui était. Oui,
- Speaker #0
puis c'est ça la vraie vie. Souvent, on est gêné. Quand tu as désiré un bébé et que ce bébé-là arrive à un moment où c'est moins un bon timing, on dirait qu'on est gêné de le dire. Parce que les gens autour, ils font comme, Mais là, tu voulais un bébé, là ?
- Speaker #2
C'est ça, tu sais. C'était ça. Ça a été ça. Au début, j'ai entendu plus que moins pour dire que j'étais enceinte. En plus de mon travail, je finissais pas. J'avais un patron hyper charmant qui aimait me rappeler que j'étais en probation. C'était très aidant. C'est un peu ça la réalité de ce que je vivais à ce moment-là.
- Speaker #0
Et là, ce qui m'intéresse énormément, c'est d'entendre ton cheminement en lien avec la grossesse, en lien avec l'accouchement.
- Speaker #2
Parce que là,
- Speaker #0
il y a de nombreuses femmes, lorsqu'il y a des antécédents d'agressions sexuelles, d'incestes, de violences, qui vont vivre ces moments-là de façon très difficile, qui vont par exemple opter pour une péridurale, aller dans un hôpital où tous ces accès-là sont là, pour pouvoir s'assurer de sentir le moins possible. Toi, tu as été dans une démarche qui a été tout autre.
- Speaker #2
Oui, complètement. J'avais vécu aussi à la nuit de la violence obstétricale. On dirait que c'est honteux quand même de le dire, mais je vais le dire, c'est important, parce que je ne suis vraiment pas toute seule. J'avais attrapé des condylons. Sébastien, c'est la deuxième personne avec qui j'ai des relations sexuelles. C'était quand même trash. Puis ça, j'ai trouvé ça dur. Parce que dans mon corps, des condylons, c'est dégueulasse. Wesh, tu sais, comme mon corps qui était déjà comme tellement ma veule, puis tout mon col, toute cette zone-là qui avait été déjà tellement saccagée par l'inceste, par plein de sensations que je n'étais pas prête à vivre, puis là, cette cochonnerie-là. Puis, bref, la violence obstétrique, c'est qu'à un moment donné, j'en ai eu sur le col, puis là, dans le fond, j'étais en gynécologue, et je me rappelle avoir dit... Sur la table, j'étais avec Sébastien, je lui ai demandé de venir parce que ça me stressait énormément. C'est stressant pour tout le monde de sauver les jambes sur des étriers, avec des inconnus, sur une table froide, avec des instruments froids, avec un médecin froid. Donc, j'avais amené Sébastien avec moi, j'avais averti le médecin, j'avais dit j'ai vécu des agressions sexuelles, c'est très stressant pour moi, vous allez me toucher, probablement que je vais sursauter Tu sais, j'avais vraiment mis mes limites et expliqué. Et malgré tout cela… Le médecin m'a brûlé à l'acide sur le col de l'utérus sans m'avertir. Et ça brûle. Donc, ça a été comme une autre forme d'agression pour moi. Pourquoi je raconte ça ? C'est que pour moi, l'hôpital n'était pas un lieu sécurisant. Puis l'anesthésie n'est pas... Comme pour le cure-tâche, bon oui, anesthésie, mais tu sais, comme... Tu peux anesthésier mon corps, mais tu ne peux pas anesthésier mon cœur, tu ne peux pas anesthésier mes émotions, ma sensibilité. Donc, si ce froid-là est là quand je me réveille, si je n'ai pas la certitude que pendant que je suis endormie, mon corps est traité avec bienveillance, je ne me sens plus en sécurité. Donc, pour moi, c'était comme une évidence que l'approche tâche-femme, l'accompagnement à la naissance, tout ça, c'était comme... Pour moi, beaucoup plus sécurisant. Beaucoup plus sécurisant pour ces raisons-là, parce que je savais que mon besoin, c'était de me sentir en sécurité corporelle, mais en sécurité affective, en sécurité relationnelle, tout ça. J'avais vraiment l'impression que je le trouverais davantage dans le milieu des maisons de naissance. ce qui s'est avéré le cas. Puis aussi, il y avait avec toi l'autonomie. Comme c'était très important d'être attachée à mon enfant, d'être une excellente mère, il y avait l'attachement avec le bébé, qu'on pouvait commencer déjà. Puis là, j'étais comme wow puis oui puis là, tout ça, c'était comme wow fantastique. Fait qu'on a commencé comme ça. Puis à faire des jeux avec bébé dans le ventre, puis à, c'est ça, à y parler. Puis elle dirait, je m'excuse, je travaille bien trop, je t'envoie bien trop de cortisol, mais bon, j'étais avec toi, puis bon, de commencer à se connaître, puis à s'apprivoiser comme ça. Puis bon, le cheminement de l'accouchement à travers ça qui s'en venait, qui allait venir à un moment donné.
- Speaker #0
Est-ce que pendant ta grossesse, tu avais des visions de ce qui s'était passé avant ? Est-ce que des moments donnés où tu étais plus réveillée par le fait de sentir ton bébé dans ton ventre, que ton corps se transformait, que tu avais moins de contrôle aussi sur ton corps à ce moment-là ?
- Speaker #2
Par rapport aux agressions sexuelles, pas spécifiquement, je dirais. Ben oui, comme toute personne, tu sais. que son corps change, pas toute personne. J'espère de tout mon cœur qu'il y a des femmes qui ne vivent pas ça, mais on a beaucoup de pression sociale liée à notre corps. Moi, j'ai pris beaucoup de poids, un affaire comme 70 livres, ce qui est très simple parce que j'étais vraiment toute petite. J'ai eu des vergetures très tôt. Il y avait ça, mais je n'en faisais pas une fixation. C'était quand même correct. J'étais fière d'avoir une grosse bedaine. C'est ça, non, non, je portais ça fièrement. Non, sexuellement, ça ne me confrontait pas à ce moment-là. Je ne crois pas. Puis c'est ça. Tu sais, moi, il y avait quelque chose de très clair pour moi, c'est que je ne voulais pas que personne se mette les doigts dans ma veuve pendant que j'allais accoucher. Honnêtement, c'était ça la prémisse. Genre, tu ne mets pas tes doigts là. Oui, ça, non. Puis encore moins que tu vas me mettre des instruments, puis tu vas me mettre dans des étribles, des affaires de même. Là, je suis freak, total. Ça, ça a été dit très tôt à la sage-femme. C'est comme, moi, je ne veux pas ça. Puis, je me rappelle que tu m'avais dit, tu ne peux pas en parler, ta-ta-ta. Puis, je me suis dit, ah oui, je ne suis pas obligée, moi, d'avoir ça. Parce qu'on en attend toujours. Là, j'étais rendue à deux, j'étais rendue à trois, j'étais rendue à quatre. Je suis encore rendue à quatre. Je me suis dit, Christ, tu sais combien de fois qu'ils mettent le doigt là pour savoir à tout bout de choc combien de centimètres qu'il y a. C'est un peu, en tout cas, pour moi, c'est vraiment épeurant. Je suis comme, moi, ça ne va vraiment pas marcher. Quelqu'un m'approche, mon médecin que j'adore, qui est le meilleur médecin au monde, qui est fantastique, qui s'appelle Isabelle Pelletier, pas la nommer. Isabelle, qui est d'une douceur et d'une gentillesse en qui j'ai une confiance aveugle, elle met sa main sur ma cuisse et je sursaute à chaque fois qu'elle s'approche pour aller faire des prélèvements ou autre. Je veux dire, un médecin ou quelqu'un que je connais à moitié, pendant que j'ai des contractions et que je suis super vulnérable, va mettre ses doigts là.
- Speaker #0
Il n'y en était pas question.
- Speaker #2
Et que j'en parle, ça me fait capoter. Je ne voyais pas comment je pourrais vivre ça. Puis là, on le voit à répétition, puis les gens racontent, le résident qui va vérifier, puis qu'il n'y a pas le bon sentiment. Je me disais, mon Dieu, comment le monde met leurs doigts là ? En tout cas, il y a quelque chose pour moi d'un film d'horreur là-dedans. Je ne pouvais pas. Je vais toujours me rappeler ce que la sage-femme m'a répondu quand j'ai dit Moi, c'est possible, j'étais bien polie, c'est possible, peut-être que, en tout cas, j'aimerais ça que tu ne mettes pas tes doigts là, en tout cas, le moins possible. Elle m'avait dit Tu sais, Marc-Claude, dis-moi, je vais le voir dans ta face à combien de sentiments tu es rendu.
- Speaker #0
C'est vrai. Ça se lit d'en face. Hey, c'est-tu pas beau ? Là, je me disais, aïe, aïe, ça devrait être enseigné partout. Mais bon, ça se fait en face, comme les lignes d'armes. En tout cas, il y a des affaires qui se lisent à bien des endroits. Je trouvais ça fantastique.
- Speaker #1
C'est vrai. Dans la face et dans les cendres, c'est vrai qu'il y a beaucoup d'indices qui sont donnés. Mais pour ça, il faut que tu sois là sans trop observer, sans être dérangeant.
- Speaker #0
Il n'y a pas des néons partout, il n'y a pas 18 personnes qui rentrent. Il n'y a pas bibi-bibi-bibi. Ok, oui. Puis, tu sais,
- Speaker #1
c'est sûr que si tu es en travail, puis que la personne qui est là pour t'évaluer, parce que c'est un peu ça,
- Speaker #0
là,
- Speaker #1
c'est vraiment une évaluation de est-ce que tu performes assez via nos attentes, c'est un peu ça. Puis que donc, c'est sûr que c'est les centimètres qui priorisent. Puis, c'est beaucoup dans, genre, dans la chambre, je fais mon examen, je ressors. Puis que je n'ai pas beaucoup la chance de regarder ton beau visage et tes beaux sons,
- Speaker #0
tu sais. Oui, puis de te rassurer au passage, puis de te mettre dans un espace bienveillant. Puis oui, c'est ça. C'est vraiment... Alors,
- Speaker #1
est-ce que ça a été une bonne écoute ? Puis c'est très important pour celles qui nous écoutent, si vous avez vécu des choses particulières dans votre vie, c'est important de le dire. Ça ne veut pas dire tout le temps que ça va être pris en compte.
- Speaker #0
Comme avec ce charmant médecin.
- Speaker #1
Mais au moins de s'affirmer, de le dire, vous pouvez même l'indiquer dans le plan de naissance qu'étant donné que vous avez vécu ceci, cela, c'est très important pour vous ceci et cela. De façon, moi c'est même déjà arrivé dans des plans de naissance qu'on indiquait une situation particulière en disant, étant donné ça, nous aimerions être jumelés avec une infirmière qui est à l'aise avec cette situation-là. Donc on demande d'avoir un jumelage qui est le plus optimal possible.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est ça, je pense que dans l'approche sage-femme, ils sont plus formés, je crois, à cette sensibilité-là puis peut-être à tous ces signes-là puis au vécu des femmes aussi qui est sensible. Ce qu'il faut dire aussi, c'est que la sage-femme, tu la vois beaucoup, tu jases beaucoup de toutes sortes de choses, pas juste de l'accouchement, de la famille que tu veux construire, de ton couple, de ta sexualité, en fait de ce que tu veux, tu n'es jamais obligé. Mais ça fait que tu crées un lien aussi intime, de confiance, de vulnérabilité, partagé. Il y a tout ça qui se crée aussi. Puis ça, pour moi, c'était très important. Aussi parce que, on va se le dire, le fait d'avoir été placé, c'est des détachements, la confiance dans ce temps-là est plus difficile. Moi, j'ai été barouettée pas mal. C'est ça, faire confiance. Ce n'est pas juste comme je te dis que je suis bonne et que tu peux me faire confiance. Il faut que je puisse m'assurer vraiment que ce que tu as dit, c'est là où c'est. Oui. Il y a ça aussi qui est vraiment une énorme différence, c'est que la sage-femme est l'accompagnante parce que moi, j'avais le duo total. Je me suis entourée d'amour, de bienveillance all over the kit. C'est ça, d'avoir déjà ce lien-là qui est créé et dans lequel j'ai confiance.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as envie de nous raconter cette expérience extraordinaire d'accouchement que tu as vécu finalement ?
- Speaker #0
Lilou, je peux dire aussi, je n'anticipais pas tant. C'est drôle, tu parles de ça, l'anticipation que ça allait avoir beaucoup de pression dans ma veuve. Je ne sais pas, peut-être que je ne le réalisais pas. Ça ne m'a pas comme vraiment... Non, je n'ai pas pensé, mon Dieu, ça va me faire capoter ça.
- Speaker #1
Ok. Tu n'avais pas peur d'avoir des flashbacks, par exemple, d'agression pendant l'accouchement ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas pensé à ça. Probablement parce que j'avais cet espace-là, c'est sûr que je savais que je n'aurais pas de doigts dans le vulve, que je savais, avec les sachets, que je pouvais prendre la position que je voulais, que je pouvais être où je voulais, que je pouvais même m'accoucher dans l'eau. Moi, j'adore l'eau, mais ce n'était pas un prérequis. Mais je savais que je pourrais aller dans le bain et que ça allait me rassurer parce que quand je ne me sens pas bien, je vais dans le bain. Oui, non, en tout cas, je ne me rappelle pas d'avoir anticipé ça. mais je m'étais beaucoup préparée, puis avec toi, je faisais des visualisations dans mon bain, dans mon col, mon quillot, blablabla. Puis, à un moment donné aussi, ce que je me suis dit, que je me rappelle très bien, c'est que je me suis dit, là, là... l'accouchement, je dis, au pire, je vais passer 36-48 heures d'enfer. Mais c'est 36-48 heures et c'est passé. Mais je vais être moindre toute ma vie. Et ça, ça me faisait drôlement plus peur, Annie, que le reste. Ça avait drôlement plus d'impact. parce que, tu sais, la violence, j'en ai vécu beaucoup et je sais que je suis capable de passer à travers. Mais devenir un parent et ne pas manquer ma shot, ça, je ne savais pas si j'étais capable. Donc, il y avait ça aussi qui était là et qui était comme, OK, galacouche-moi, ce n'est pas vraiment ma plus grande préoccupation. Ce qui fait que j'ai retardé. Ce qui fait que j'étais effacée, parce que quand même, j'avais quand même accepté que ma sage-femme mette ses doigts une fois, c'est vrai, puis j'étais bien d'accord. J'étais effacée, dilatée, je pense quasiment à 100%, puis j'étais à 3 cm. Bon, j'allais dire un premier, c'était pas un premier, c'était un deuxième accouchement. Tu sais, fait que j'étais comme, le fruit était mûr, comme on peut dire. Ça a commencé dans la nuit, comme c'est souvent le cas. Je suis allée prendre mon bain parce que tu m'avais dit, Bon, le bain, ça n'arrête pas, c'est bon signe, tout ça. Ça n'arrêtait pas. On est partis en auto, c'était beau, je ne sais pas si tu t'en rappelles. J'ai arrêté de faire pipi, j'étais en jaquette, puis j'ai arrêté de faire pipi sur le bord du chemin. Si tu aurais pu dire ça sur le bord de l'autoroute, il y a quelque chose de magique de partir la nuit comme ça. Les étoiles, c'était beau. Je me rappelle, j'ai regardé les étoiles. Je faisais pipi sur le bord du chemin. En tout cas, moi, je trouvais ça beau. J'avais toi et j'avais la sage-femme. Moi, je voulais... Et le père de mon enfant. Donc, moi, c'était ça. J'avais mon armée avec moi qui allait s'occuper de tout et que j'allais pouvoir être en sécurité. Après ça, qu'est-ce qu'on a fait ? Là, tu nous avais montré plein d'affaires pour être avec bébé, rester connecté, parce qu'on allait faire une super équipe. puis tout ça. Fait que tu sais, là, on était comme avec les loups. Puis là, je me rappelle aussi, tu fais des affaires comme magique avec tes doigts, là. Maintenant, je comprends plus. Dans ce temps-là, je ne comprenais pas. Je me rappelle avoir eu une contraction. J'étais comme, ah, quand même, hein. Puis à un moment donné, j'étais comme, aïe, aïe. Puis là, tu avais juste mis ta main, là. Tu sais, c'est en fait du prolongement. On avait testé ça. Mais tu sais, tu avais mis ta main, puis là, ça m'avait fait quasiment peur. Je me suis dit, sacré faille, ça vient d'arrêter. Merde, ma contraction a fini. J'ai plus de contraction, ça fait plus mal. Mon travail vient d'arrêter, mais non. C'était tes mains magiques. Alors voilà, et ta bienveillance, ta présence, qui avait juste comme... Tu portais la douleur avec moi. C'est ça. Ça, c'était comme bien magique. À un moment donné, t'es même magique.
- Speaker #1
Il y avait une limite.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais c'est ça, dans cette petite bulle-là de douceur puis de calme, t'arrives dans ta chambre, c'est ta chambre jusqu'à temps que tu vas repartir. Ton lit, ton chum dans ton lit avec toi. C'est tout ça, la sage-femme que tu connais super bien. C'était doux puis c'était calme. Puis, tu sais, dans le fond, on sait que quand c'est doux et c'est calme, ton corps, il se crée des endorphines. Il y a tes mains magiques, puis il y a les endorphines qui gèlent aussi, pas mal. Ça fait que, tu sais, c'est ça, ça augmente, ça augmente. Mais tu ne t'en rends pas trop compte parce que tu as un petit peu plus d'endorphines, un petit peu plus de paroles d'Annie qui dit, je laisse venir le bébé. Ah oui, c'est vrai, il ne faut pas que je m'écris. Bon, tout ça, tu me parlais beaucoup. C'était comme, c'est ça, je laisse venir la contraction. Ah oui, c'est super le fun, j'ai le goût au bout. Parce que là, tu me dis, ça rapproche du bébé. Oui, c'est vrai, OK, c'est nécessaire. J'embrasse cette douleur. En tout cas, tu n'aimes plus tout ça.
- Speaker #1
Et tu étais tout à fait là-dedans. Tu étais complètement, tu étais molle. Tu étais dans le lâcher-prise. Tu étais dans l'accueil.
- Speaker #0
Parce que j'avais cet espace-là où je me sentais en sécurité. Je suis convaincue à 100% que c'est ça. Parce que sinon, j'aurais été dans l'adrénaline, clairement. Puis on le sait, quand tu tombes sur l'adrénaline, tu te contactes moins bien, ça fait plus mal. Tu tombes dans un haut qui ne vient pas du bon bord. Fait que c'est ça. J'avais ça qui était là, qui était complètement là. Puis je m'étais préparée, j'avais fait tout ça. Mais à un moment donné, je suis allée dans le bain. C'est comme ma place où je suis bain. Je suis bain dans le bain, ça se dit bien. On a travaillé juste à côté, c'est ce qui est le fun. Je suis allée dans le bain. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. C'est ça qui est beau. Ils ne calculent pas le temps. Ils ne calculent pas tes centimètres. Ils regardent juste ta face. Puis, ils sont là. Tu étais là tout le temps. Tu n'avais même pas le temps d'aller pisser. Tu n'avais même pas le temps d'aller pisser. C'est ça que tu m'as conté. Comment tu as fait pour pisser à nous ? Réponds-nous ça à tes auditeurs.
- Speaker #1
Parce qu'il faut dire que toutes les femmes, il n'est pas nécessairement qu'on leur parle pendant les contrats. Il y a beaucoup de femmes qui préfèrent le silence et où on va très peu parler. Toi, dans ton cas...
- Speaker #0
parle-moi, Annie.
- Speaker #1
C'était quelque chose qui t'aidait. C'était clairement quelque chose qui t'aidait. Donc, à chacune des contractions, quand la vague partait, je te donnais, dans le fond, des images puis tu roulais sur cette vague-là.
- Speaker #0
Je laisse la contraction faire son travail. Je me rappelle, je laisse la contraction faire son travail. Viens, ta contraction a besoin de toi pour faire naître le bébé. Ça, c'est les deux que je me rappelle le plus.
- Speaker #1
Exactement. Et ça te faisait beaucoup de bien, je le voyais, je le sentais. Et là, effectivement, il y a eu un moment donné, dans le temps où tu étais dans le bain, où ma vessie commençait à me dire Coucou Annie, coucou Annie Mais moi, écoute, tu contractais sans arrêt.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Moi, je me disais, je ne peux pas aller faire pipi,
- Speaker #0
clairement. Mais la toilette, Annie, était dans la même salle que le bain.
- Speaker #1
Écoute, à ce moment-là, il y avait déjà deux sages-femmes qui étaient avec nous. Là, je vais te dire un secret, ça m'est déjà arrivé d'aller faire pipi sur une toilette à côté d'un bain dans lequel ma cliente est, parce qu'à un moment donné, je leur demande toujours, es-tu à l'aise ?
- Speaker #0
Écoute, rendu là, je pense que je ne m'en serais pas rendu compte.
- Speaker #1
Mais là, je me suis gardée une petite jatte, parce qu'il y avait beaucoup de...
- Speaker #0
Il y avait pas mal de monde.
- Speaker #1
Il y avait pas mal de monde dans la pièce, ça fait que je ne me sentais pas à l'aise. C'est ça pour dire que je me lève à un moment donné et je m'en vais dans une toilette qui est dans le corridor. Et là, pendant ce temps-là, mais moi, je n'étais pas là.
- Speaker #0
Tu me l'avais-tu dit que tu partais ?
- Speaker #1
Je ne m'en souviens plus.
- Speaker #0
Tu es capotée. Vas-y, continue.
- Speaker #1
Et là, quand la contraction est arrivée, ce qu'on m'a raconté, ce que les sages-femmes m'ont dit, c'est que tu as commencé ta contraction, puis à un moment donné, ton visage s'est mis dans une posture de voyant. Qu'est-ce qui se passe ? Et là, tu as ouvert les yeux. Et là, tu t'es rendu compte que je n'étais plus là.
- Speaker #0
Ah non ! Ah non, tu ne m'as pas fait ça !
- Speaker #1
Et là, tu as crié à la sage-femme. Parle !
- Speaker #0
Ok, ben c'est ça. À parler. Ça me rend à parler. Oui, ça va vraiment faire rire.
- Speaker #1
Mais bon, je suis revenue à ça. Ça a été rapide. Oui,
- Speaker #0
et puis c'est vite. T'avais d'affaires.
- Speaker #1
C'est sûr que pendant les accouchements, écoute, je te racontais à chaque fois où on a la vaisse pleine ou on est assise dans un coin avec aucune circulation dans les jambes, mais là, t'oses pas trop bouger parce que... Oui, puis quand la mère est à 8-9 cm, qu'elle a le masque,
- Speaker #0
c'est sûr. C'est du bon, mon mal à moi, je peux bien le prendre un peu en... Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce qui est arrivé, c'est ça aussi, c'est que là, à un moment donné, je commençais à manquer de force. À un moment donné, c'est ça. Fait que les contractions, ça dure longtemps. t'es dans, il faut que je me laisse écartelée, il faut que je me laisse, parce que c'est un peu ça qui se passe quand même, on va se le dire, t'as quand même une tête qui veut passer entre deux eaux bien serrées, puis tout ça, puis ça tourne, en tout cas, il y a des affaires qui se passent là-dedans, puis toi, t'es passive. En tout cas, c'est un passif actif, mais c'est un passif.
- Speaker #1
C'est un passif volontaire.
- Speaker #0
Oui, ça prend beaucoup d'abandon, ça dure longtemps. Puis ça a intensifié, ça a intensifié, ça a intensifié. Puis je me rappelle du moment, puis là, dans les chiffres magiques, c'est le moment où tu es sur le bord du 10. Moi, je n'en ai aucune idée de ça, parce que fantastique et merveilleux, on n'a jamais regardé mes centimètres. Mais à un moment donné, je me rappelle que là, ça a pogné une coche de plus que là, j'ai fait, Oh, là, si c'est plus fort que ça, là, je ne serais pas capable. Puis c'est le seul moment où j'ai paniqué. Tu saurais le dire mieux que moi. probablement que j'ai ouvert les yeux aussi à ce moment-là puis que j'ai fait comme wow wow qu'est-ce qui se passe là là c'est plus que ce que je suis capable et là tu as dit tu m'as vu dans mes yeux je suis convaincue, tu m'as dit viens t'en contraction on a besoin de toi puis là j'ai fait fuck off fuck off go go go déchire moi c'est ça déchire-moi, mais tu sais, dans le sens de, ok, tu sais, genre, parce que là, t'as vraiment l'impression, rendu là, que je sais pas, là, il y a une scie dans tes os, il y a quelque chose, il y a quelque chose. Bon, fait que j'ai fait un ok, ah, ah, go. Heureusement, ça, ça dure pas longtemps. Pour moi, j'aurais eu une shot d'endorphine, je sais pas. Puis là, magie, magie, tout d'un coup, ça pousse. Puis là, c'est, wow, entre pour moi, là, je me suis, wow ! Wow ! C'est comme une autre énergie. Vraiment, là, c'est comme si on avait changé la toune, puis qu'on avait changé de rythme, puis que, bon, le matin, c'était levé. Non, le matin, c'était un bout qui était... Non, c'était pas si longtemps. En tout cas, le matin, c'était levé aussi. Je sais pas, c'est comme si complètement on a changé de... de sale, de tout a changé, tout d'un coup. Puis là, ça poussait, puis là, c'était comme, ah, wow, wow, wow, wow. En tout cas, moi, j'ai vu que ça me met, wow, là, je peux faire de quoi. Puis là, tu sais, moi, c'était pas dans, vas-y, ma chérie, pousse, puis pousse plus fort. On était zéro là-dedans, zéro, zéro, zéro. On me laissait complètement juste apprivoiser cette espèce de sensation-là, puis là, j'étais dans l'eau. Fait que j'étais comme, je sais pas, c'était comme plus pareil. Avant, je me couchais en deux contractions, en tout cas, s'il y en avait un espace. Puis là, j'avais comme plus le goût de m'asseoir. C'était comme, ça donnait le goût de se lever, de se mettre en petit bonhomme. C'est comme pas la même énergie, c'est pas la même affaire. Fait qu'on m'a juste laissé apprivoiser ça, complètement. On m'a pas dit quoi faire, on m'a pas dit comment me mettre, on m'a pas dit... En tout cas, je pense pas, ça me dit rien de tout ça. Pis c'est ça, ça pousse, c'est bizarre, ça pousse pas comme j'aurais pensé que ça pousse. C'est pas si fort, pis là, je sens pas de tête, ça fait juste comme une espèce de... une espèce de volonté de me lever debout. Moi, je dirais ça de même. Puis là, c'est fun, parce que là, ça vient avec d'autres hormones. Puis t'es comme... Moi, je me dis comme une lionne. Des fois, il y en a qui le disent. Je sais pas, là, tu pognes une espèce de guerrière. Tu te vois en dedans de toi, tranquillement, parce que là, ça vient pas... Moi, ça a pas été une affaire de trop pousser. Et là, c'est ça. On m'a laissé longtemps, longtemps, longtemps apprivoiser ça, longtemps, longtemps, longtemps. Il y avait pas d'horloge. Il y avait pas de calendrier. Il y avait pas de rente. rendez-vous à ne pas manquer. En tout cas, je n'ai jamais senti ça. Pourtant, il y avait deux sages-femmes et une accompagnante qui étaient là. Dans les notes, Annie, ça a duré trois heures. Oui. Ce n'est pas trois heures à me péter des veines dans le front. Zéro. Zéro, zéro, zéro. C'est trois heures où j'ai juste comme...
- Speaker #1
Tu as continué sur ton flow.
- Speaker #0
Oui. Ça pousse un peu. J'ai goût de me mettre en petit bonhomme. On ne m'a jamais dit de pousser. Jamais, jamais, jamais.
- Speaker #1
Ce qui est extraordinaire et ce qui est très rare.
- Speaker #0
Merci la vie. On ne m'a jamais, jamais, jamais dit de pousser. Probablement que... Là, j'ai des frissons parce que oui, probablement que ça aurait été violent pour moi. J'ai juste pu vraiment super lentement. apprivoiser que ça, parce qu'en plus, c'est ça, c'est la tête qui s'en vient, c'est une pression, puis j'étais dans l'eau, aussi, c'était doux, c'était comme, je pense que mes tissus étaient comme plus aussi détendus. tout ça, tout ça. Fait que... Mais là, tranquillement, tu sais, parce qu'à un moment donné, quand t'as une tête entre deux os, c'est comme difficile de bouger. C'est ça qui se passe. C'est serré, serré, serré. Je me rappelle ça, cette sensation-là, de aïe-aïe. Aïe-aïe, je peux comme plus bouger. Je suis comme poignée, tu sais. C'est comme un bloc. C'est comme mon bassin est comme un bloc. C'était ça la sensation. Parce que je bougeais un peu, mais à un moment donné, c'était comme wow ! Là, je suis comme pris. Je n'ai plus de mobilité. Fait que là, Sébastien est embarqué dans le bain en boxer. Puis là, c'est tellement beau. Parce que moi, j'avais la plus jeune sage-femme qui est standard de Montigny, puis j'avais la plus vieille. En tout cas, une des plus vieilles qui était Gertrude, qui pratiquait dans le temps que c'était illégal. Puis qui avait un chandail splash. Je ne sais pas si tu te rappelles. C'est tellement hot. Écoute, on aurait voulu l'inventer, on l'aurait pas faite. Puis là, elle était là. Puis elle prenait des petites elles sont full relax, elles autres. Il y en a pas de problème. Puis là, mais là, moi, j'étais poignée là. Fait que là, Sébastien est embarqué, s'est mis en arrière de moi. Puis là, bien là, tu sais, c'est ça. Là, c'est quand t'es poignée que c'est tes autres. Tu sais, c'est ta tête lente, deux os, là. T'es comme, oh, OK. Fait que là, bien, tu sais, s'il y avait pas d'urgence encore, mais il y avait un inconfort qui était plus grand, là. Qui était comme... Wow ! OK. Qu'est-ce que je fais avec ça, moi ? Cette chose-là qui est entre mes deux os. Mais encore là, on m'a donné le temps d'apprivoiser tout ça. Puis là, à un moment donné, toi, t'as pensé, oh mon Dieu, il y avait un trapèze. Ils sont tous bien organisés. Il y avait un trapèze en haut. T'as dit... Ils m'ont mis le trapèze. Tu te rends compte de rien. Puis là, je me rappelle aussi que j'ai dit, parce que j'avais vraiment du fun, C'est ça qui arrive, c'est bizarre de même. J'avais du fun, j'étais tellement contente. Puis là, je me rappelle d'avoir dit, entre deux poussées, d'avoir dit, puis là, c'est vraiment la voix que j'avais, je pense que j'aime ça, poussée. Tu te rappelles-tu de ça ? Parce que je l'ai bien raide, ces endorphines. Puis là... La sage-femme, ou toi, je ne sais plus qui a dit ça, a dit Mon Dieu, on va t'enregistrer, c'est tellement rare qu'on entend ça, c'est toi qui as dit ça ! OK ? Oui, c'est ça, hein ? Bon, j'avais du fun, mais vraiment. J'avais cette tête-là qui commençait à fixer. Puis là, peut-être que tu m'as mis un trapèze. Puis là, j'avais le trapèze, mais je ne me rendais pas vraiment compte parce que j'étais encore gelée. Bon, tout ça. Puis là, c'est ça. À un moment donné, Sandra, qui était bien relaxe, elle veillait quand même sur notre bébé. C'est sûr. Ah, puis c'était beau. On y parlait. On n'arrêtait pas de se parler. On y parlait. Mon Dieu, ça, je vous pleure. On n'arrêtait pas de se parler. T'as mon bébé d'amour, il est temps de te voir. Puis là, tout ça. Puis là, bien, c'est ça. À un moment donné, Sandra, tu sais, Lélo a commencé à être fatiguée un peu derrière les trois heures de rotation. Puis tout s'est passé, elle était tout poignée dans mon bassin. Elle m'a laissé plein de temps, c'était correct. Mais à un moment donné, elle avait besoin probablement de câlins, puis tu passes d'autres choses. Son petit coeur, c'était pas l'enfer. On était pas sous le gros stress, mais elle montrait des petits signes de fatigue. C'est juste à ce moment-là que Sandra a dit, Bon, Marie, on pousse-tu un peu ? Puis là, j'ai dit, Ah, bien, OK ! Genre, Ah, bien, oui, c'est ça, c'est ça, c'est ça qu'il faut que je fasse. Bon, OK, oui, allons-y. Puis là, j'ai poussé fort, fort, fort. Mais c'est ça, le moment. Puis là, honnêtement, je me colle ici de mon périnée, puis tout ça, je n'ai jamais pensé à ça. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais dans l'eau, l'espèce de sensation de brûlure qu'on décrit, je ne me rappelle pas tant de ça. Je me rappelle un peu, non, ce n'est pas vrai, je me rappelle un peu. Mais tu sais, en tout cas, j'ai fait, OK, bien oui, let's go, let's go, poussons. Puis là, c'est comme, OK, let's go. Là, je poussais, mais encore là, on ne m'a pas dit comment respirer, comment tu veux. Là, j'étais comme, go, go, go. Puis là, c'était tout là, j'étais tout, tu sais, je fais, clop, pouss, pouss, pouss, pouss. Ça a duré un certain temps quand même aussi. Puis là, j'étais dans l'eau. Je me rappelle, c'est pas vrai, je me rappelle quand c'est arrivé, cette affaire-là, parce que la tête, vraiment, qui gonfle le plancher pelvien, puis qui arrive où les grandes lèvres, parce que là, ça a donné un choc. Cette affaire-là, tu le sens, hein ? Fait que je me suis levée. Je me suis levée, j'ai fait rin Je me suis levée de bout. Quand tu accouches dans l'eau, ce qui fait que ton bébé ne se met pas à respirer pendant que tu accouches, c'est le changement d'air. Il faut que l'eau soit à température du corps pour pas que le bébé, quand il va naître dans l'eau, il ne va pas se mettre à respirer l'eau du bain. Mais là, vu que je me suis levée de bout, je ne sais pas qui, probablement tout le monde m'a pogné les épaules et m'a fait rin Je suis arrivée et je suis redescendue dans l'eau parce que là, on ne veut pas que les loups se mettent à respirer du liquide amniotique. Parce qu'elle n'était pas sortie. Là, on est dans l'eau. Puis là, on a poussé. J'ai des photos de tout ça, de se capoter. Ma fille a des cheveux. Elle avait des cheveux, des cheveux, des cheveux, des cheveux. Écoute, des heures avant qu'elle naisse, parce que j'ai poussé longtemps, j'avais du poil de cheveux de l'îlot qui sortait de ma vulve. Tu te rappelles tout ça ? J'ai poussé dans l'eau. Ma mère, elle m'a dit, Marie, tu touches à ça. Là, je n'avais même pas besoin de rentrer mes doigts. Ça sort. tellement belle. Oui,
- Speaker #1
ça dansait. Ça dansait. Ses petits cheveux dansaient dans l'eau. C'était magnifique.
- Speaker #0
Elle devait être beau. Je ne regardais pas vraiment ça. En tout cas, c'est ça. Elle avait des cheveux. On a poussé en appelant Lilou avec toute notre amour. Il y avait plein de monde. C'était le party. Viens-t'en, ma chérie. On va te faire des câlins. On va coller nos nôtres de devoir. Il y avait comme une espèce d'air de fête. Il pousse, pousse, pousse. Il pousse, pousse, pousse. Là, je me rappelle aussi du moment où tu as la tête sortie et pas le reste. Ça, c'est capoté, bien raide. J'ai une photo de ça. C'est complètement fou, raide. D'être entre deux mondes comme ça, j'imagine, pour le bébé, c'est complètement capoté. Je ne sais pas. En tout cas, bref, elle est sortie, mon petit cœur d'amour au chocolat. C'est tellement beau. Puis, tout de suite, elle est sur moi. Tout de suite, je peux la prendre sur moi. C'est ça, c'est wow. Elle sortit avec sa petite main, avec sa petite main sur la tête, elle est sortie comme une superwoman. Puis, elle était grosse, grosse, grosse. Puis, moi, j'avais pris des médicaments, enceinte, des antidépresseurs. Puis là, mon Dieu, ça pouvait être pénible, ça pouvait être terrible pour le test d'Abgar. Puis là, mon Dieu, il ne faut pas faire ça. Et elle a eu un test d'agard à 10 sur 10. Peut-être parce qu'il y avait eu tout cet amour-là, je ne sais pas, mais ça n'a pas compromis. Elle était rose, elle était belle, elle était grosse, elle était immense. Avec ses cheveux, elle avait l'air d'un bébé de deux mois. Une olive, les cheveux longs, on pouvait y faire des couettes. Mais c'est ça. Elle était là, c'était beau. J'avais un trapèze. Je ne m'en suis pas rendue compte. Zéro, j'ai tout simplement enlevé ça. elle était là elle était là puis non je me suis pas sentie en insécurité, je ne me suis pas sentie agressée. Je n'ai pas eu de flashback. J'ai eu de l'amour, j'ai eu du soutien, j'ai eu une confiance en mon corps total, j'ai eu une reprise de pouvoir, j'ai pu être maître de mon corps complètement, j'ai pu habiter ce corps-là sans honte, sans peur, sans me faire dire quoi faire, sans me faire ausculter, sans me faire écarter. me faire toucher quand je n'ai pas envie qu'on me touche.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'à quelque part, cette expérience-là a guéri des petits bouts de tes expériences difficiles ?
- Speaker #0
Certainement, certainement. Moi, je me sentais la reine du monde. Je sais que je ne suis pas la seule à vivre ça, puis c'est un sentiment fabuleux. Moi, je me sentais la reine du monde parce que j'avais fait ça, puis parce que je savais déjà que j'étais la reine du monde parce que j'étais capable de traverser des grandes épreuves. Mais ça donne un... une force, c'est comme un mal, c'est comme un autre niveau, c'est ton niveau corporel. Puis moi, ça me donnait de la force pour être mère aussi, parce que c'était ça qui était important. Puis c'est ça. Puis pour la protéger aussi, parce que j'ai aimé au monde deux filles. Puis là, c'est ça. C'est comme, non, ma fille ne vivra pas. J'espère de tout mon cœur que ma fille va déjouer les statistiques qui sont effarantes encore aujourd'hui. Une femme sur trois victime d'agressions à caractère sexuel, une femme sur sept victime d'agressions sexuelles dans son couple ami. Donc, c'est ça. Donc, de vivre ce moment-là entre femmes, dans notre reprise de pouvoir avec le père aussi, qui était là, puis qui était tout à fait adéquat, puis présent, puis en accord avec tout ça. Puis, de commencer la vie comme ça, en disant, bien, voici, ma fille, comment on rentre dans la vie. Voici comment on se crée ensemble. une barrière contre l'âme, contre la violence, en se tenant ensemble serré, entre femmes, entre hommes bienveillants, puis on ne laisse pas passer ça. C'est tout, c'est comme ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dirais aux femmes qui nous écoutent, qui ont vécu des agressions, de l'inceste, qui portent présentement un bébé, ou qui ont une impression ? Tu vois, moi, j'ai fait beaucoup de travail par rapport à ça. Je n'ai aucun souvenir de quelque chose de précis qui s'est passé quand j'étais petite, mais je sais, j'ai plein d'indices qui me permettent de savoir que oui, il s'est passé quelque chose avec qui, quand, comment, j'en sais rien. Mais à toutes ces femmes-là qui ont soit la certitude, soit l'impression de porter ça, et qui ont un bébé à l'intérieur d'elles présentement, qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #0
Moi, je lui disais, toi, t'es correct. T'as pas besoin de vivre un accouchement comme moi. C'est vraiment pas le but du podcast. Moi, je pense que c'est vraiment important de s'écouter. Puis, tu sais, de juste s'entourer de personnes de confiance, bienveillantes, professionnelles des gens. Parce que, tu sais, les amis, c'est super fin, c'est super, tu sais, ça veut bien faire. Mais, tu sais, je veux dire, la plupart des gens n'ont pas cette expérience-là ou n'ont juste pas pu aussi, eux-mêmes, elles-mêmes, avoir la possibilité, tu sais, de pouvoir transcender ces trucs-là. Puis, ce n'est pas une obligation, OK ? Tu sais, il n'y a pas de concours ici. On vit ce qu'on peut, comme on peut, au moment où on est rendu. Puis c'est important d'écouter tout ça. Si ça passe par d'autres voix, ça passera par d'autres voix. Mais j'espère de tout cœur que ces voix-là vont quand même être entendues, respectées et cajolées. Même, j'ai le goût de dire, embrassées. Embrassées. Que toutes ces limites-là soient embrassées. Puis, tu sais... C'est ça, parce que notre corps nous appartient. C'est tout, point. Il y a juste un point. Les médecins, ils n'ont pas... N'importe qui, personne. Personne. Notre conjoint, même nos enfants, ils n'ont pas le droit sur nos corps. La seule personne qui a le droit sur nos corps, c'est nous-mêmes. Alors, si on peut s'enlever cette pression-là, souvent c'est difficile. Quand on accouche, on est vraiment dans un état de grande vulnérabilité. de grande force, mais de grande vulnérabilité parce qu'il y a une grande partie du temps où est-ce qu'on est à moitié pas conscient, comme je disais tantôt avec humour, avec les endorphines et tout ça. Donc, ça prend des gens autour qui veillent au grain et qui sont capables de le faire. C'est correct si le conjoint ou la conjointe ne sont pas capables de le faire. Parfait. C'est correct aussi, s'ils ne sont pas capables d'assister. Il y a quelqu'un qui est capable de le faire, des gens que c'est leur métier, mais il y a des gens aussi, peut-être dans ton entourage, qui sont capables de le faire. Tu as une pitbull ou un pitbull dans ton entourage qui a le goût de le faire, go for it. Pas obligé d'être dans la salle d'accouchement non plus, mais peut-être le gardien de ce que tu veux et de ce que tu ne veux pas. Puis toi-même. Par le même temps, tu sais, comme, il y a tellement de choses à gérer, ça se peut que tu ne sois pas capable toi-même de le dire. Puis c'est bien correct, là. Tu peux le dire à quelqu'un que tu as confiance. Puis, tu sais, parce que là, à un moment donné, je veux dire, on ne se sent pas capable de révolutionner le système de santé puis, je veux dire, la fatigue des médecins puis des infirmières, puis c'est ça. Parce qu'il y a tellement d'enjeux là-dedans. Mais en même temps, ce n'est pas une raison pour laquelle on va se laisser meurtrir une fois de plus, tu sais. Ou revivre des choses qui vont faire que... qu'on va se blesser encore. Ça, non. Ça, non. Pas nécessaire. C'est pas une obligation. C'est possible que ça soit autrement. Moi, c'est une expérience. Il y en a plein. Mais moi, c'est juste ce que je souhaite. Que ces personnes-là soient respectées dans toute leur expérience complète de grossesse. T'es pas obligé de te faire toucher à la bedaine. C'est ta bedaine. C'est ta peau. T'es pas obligée. T'es pas obligée de te faire prendre en photo. T'es pas obligée d'avoir tel test, tel test. Tu peux le faire toi-même, ton test. T'es pas obligée que quelqu'un d'autre le fasse à ta place. T'es pas obligée d'accepter que le résident t'examine. T'es pas obligée de tout ça. T'es pas fine. C'est pas que t'es désagréable. C'est que toi, c'est ça ton besoin. Puis c'est tout. Ça finit là. C'est dans un million de petites choses. Je pensais juste sur le secret de pouvoir construire cette bulle de mon corps est roi et maître ici aujourd'hui et celui de l'enfant naître. Et c'est la seule... C'est la seule vérité ici aujourd'hui. Et il n'y a pas de mère qui veut que son enfant décède. Tu m'entends-tu ? Puis c'est aussi cet animal. On va être prêts à se faire découper. Toi, il bat pour que ce bébé-là meure. C'est officiel. Sûr et certain. Ça ne sera même pas un enjeu. Donc, à partir de là, s'il y a des choses qu'on n'a pas le goût d'avoir, c'est absolument pas pour la sécurité de notre enfant. Puis on n'a pas besoin de nous faire peur avec ça non plus. parce que ça, c'est plus fort que tout.
- Speaker #1
Absolument. Oui, parce qu'écoute, moi, j'ai jamais vu une mère ou des parents prendre des décisions à l'encontre de la santé de leur bébé. Ça se voit pas, ça.
- Speaker #0
Le corps, il va passer après. C'est tellement fort, l'instinct. Moi, je me rappelle d'avoir déboulé marche d'escalier quand les loups étaient petites. Puis tu sais, on a des réflexes, c'est des réflexes, mettre tes mains quand tu tombes. Mon réflexe, ça a été de... coller Lilou, de l'enrober dans mes bras pour manger tous les coups dans le dos. c'est capoté. Ça veut dire que ton instinct de sauvegarde, l'autre parent aussi, c'est pas une affaire de qui a porté le bébé, cette affaire-là. Ton instinct de préservation de la vie dont tu es responsable est plus fort que la préservation de ta propre vie. Parce que j'aurais pu me péter la colonne vertébrale. C'est fort. Donc, écoutons ce corps qui sait très bien. ce qui doit être et de quelle façon ça doit être.
- Speaker #1
Tellement d'accord. Tantôt, tu nous as partagé que pour toi, devenir mère, tu avais des inquiétudes face à qui tu allais être comme maman.
- Speaker #0
Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu, Marie a 18 ans, puis je l'ai dit à ses 18 ans, d'avoir réussi à la rendre à 18 ans dans un milieu sans violence, c'est la plus grande réussite de ma vie. C'est ça. Ça n'a pas été facile. Non. J'ai été monoparentale à partir de l'âge de deux ans. Son père n'a pas été beaucoup présent. J'ai capoté ma vie. J'ai eu tellement peur de ne pas réussir. C'est pour ça que je n'ai pas eu d'autres enfants, mais on a réussi. C'est ça, on l'a fait. On l'a fait, puis on n'est pas parfaites, on n'est pas parfaites, mais on s'aime, puis à tous mes défauts, puis c'est bien correct de même. C'est ça.
- Speaker #1
Merci Marie-Claude. Merci d'avoir accepté de nous partager quand même.
- Speaker #0
C'est vraiment un petit bout d'intimité. Maintenant, j'en parle facilement parce que je me dis, on souffre tellement tout seul avec des choses qui sont uniques, mais tellement universelles en même temps. Quand tu demandes à en parler, et il y a... tellement de monde qui sont pris tout seul à vivre ça, puis avoir honte, puis à penser qu'ils sont seuls au monde, puis que ça n'en met pas d'allure, puis qu'en fond, on met tout un plat, puis que ça. Puis que, tu sais, dans le fond, non, on est des milliards, des milliers, tu sais, on le vit avec les mouvements, hashtag MeToo, puis tout ça, mais encore tellement tu veux comme ça, qu'on ne parle pas ou qu'on va le dire une fois comme ça, mais qu'on n'en reparlera plus au quotidien parce que ça se place mal une conversation, puis dans un souper, mais c'est là, tu sais. Puis il y a des espaces pour en parler, puis être accueillie là-dedans, puis c'est essentiel. Puis vous êtes quasiment pas tout seul. Puis je suis pas toute seule, je suis plus toute seule moi non plus là-dedans.
- Speaker #1
Merci Marie-Claude. Wow ! Quel partage rempli de courage, rempli de résilience. Probablement que tu as entendu qu'à plusieurs reprises, Marie-Claude et moi étions très émotives à travers notre échange. Il y a eu plusieurs moments où on essuyait nos larmes, ce que tu n'as pas vu évidemment, puisqu'il n'y a pas de visuel. C'était une rencontre très riche. Marie-Claude a été très, très généreuse dans son partage. Évidemment, on a abordé plusieurs sujets tabous, plusieurs sujets dont on n'a pas l'habitude de parler, même avec les gens avec qui on est très près finalement. J'espère que tu as aimé ce partage et cet épisode et j'espère qu'à toi aussi, il te fait du bien. Si tu désires partager en lien avec ton vécu à travers cet épisode tout particulier, tu peux évidemment m'écrire. Tu peux le faire via Instagram, tu peux également le faire directement par courriel. Tu trouveras mon courriel dans la description du podcast. Je t'invite aussi également à aller sur Apple Podcasts pour donner un beau 5 étoiles au podcast pour qu'il soit vu le plus possible par le plus grand nombre de familles possible. Évidemment, je t'invite encore cette semaine à écouter la formation, la préparation à l'accouchement, les 11 clés pour une naissance facilitée, dans laquelle je te donne vraiment toutes les astuces à utiliser pour pouvoir te rapprocher le plus possible d'une naissance physiologique et d'une naissance qui va être le plus facile possible pour toi et aussi évidemment pour ton bébé. Et si tu es au troisième trimestre de ta grossesse ou que même ton bébé est dans tes bras, je t'invite à nous rejoindre dans une rencontre post-natale gratuite pour découvrir les principales clés pour accompagner les super pouvoirs de ton bébé. On va parler ensemble de sécurité affective, de sommeil, de motricité libre, de la fameuse tête plate, des réflexes archaïques et compagnie. Si ça t'intéresse, je t'invite simplement à aller dans la description et de cliquer sur le lien correspondant. Je t'embrasse très fort, je te souhaite une magnifique semaine avec plein de bonheur, des petits, des moyens et des grands. Et je te retrouve la semaine prochaine.