- Speaker #0
En début de grossesse, Alexandra et Vincent ont appris que leur deuxième fils naîtrait avec la trisomie 21. La décision d'accueillir Léo dans leur famille a été guidée par leur cœur et leur intuition. Dans cet épisode, ils nous racontent leur histoire unique et touchante, incluant la belle expérience de naissance qu'ils ont vécue, alors qu'au départ, leur gynécologue voulait programmer une césarienne.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Perreur. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ! Tadou Laos Léo, Annie, Perrette
- Speaker #0
Alors, c'est avec beaucoup d'émotion que je reçois Alexandra et Vincent qui viennent nous partager leur histoire. Bonjour à vous deux !
- Speaker #2
Bonjour !
- Speaker #3
Salut ! Nous aussi, ça nous fait plaisir de te retrouver.
- Speaker #2
Vraiment, parce que pour la petite histoire,
- Speaker #0
j'ai accompagné Vincent et Alexandra pour la naissance de leur premier fils. Malgré les années, les souvenirs restent. Un accouchement extraordinaire et magnifique. Très, très contente de vous retrouver. Vous avez une expérience extrêmement riche que j'aimerais que vous nous partagiez. Et par où est-ce que vous auriez envie de commencer ?
- Speaker #2
On vient parler de la naissance de notre deuxième enfant. C'est une longue histoire parce que ça a commencé pendant la grossesse déjà. On a su très, très rapidement durant la grossesse qu'on avait un bébé particulier qui arrivait avec un chromosome en plus. qui arrivait aussi avec une malformation cardiaque. Le plan de départ, c'était d'accoucher à la maison. Et on a dû rapidement se raviser, faire le deuil de ça. On avait beaucoup, beaucoup aimé accoucher en maison de naissance avec toi à Montréal. Et on avait envie vraiment de tenter l'expérience de la maison. Mais bon, il a fallu dealer avec les médecins qui avaient une toute autre idée de cette naissance-là, qui était plutôt partie sur une belle césarienne programmée. Il a fallu qu'on négocie un peu avec l'équipe médicale pour qu'ils nous laissent vivre la naissance qu'on avait envie de vivre malgré tout.
- Speaker #0
Et avant d'arriver à l'étape de la naissance, est-ce que vous avez eu des discussions ensemble pour savoir, est-ce que vous envisagez de ne pas continuer la grossesse ou ça a été très clair rapidement pour vous que vous alliez accueillir votre garçon ?
- Speaker #3
En fait, avant d'accueillir Maxime, pendant la grossesse, on avait déjà évoqué la possibilité d'avoir un enfant qui puisse arriver avec un handicap, avec une malformation, quelle qu'elle soit. Et en fait, on avait, alors sans le vivre, mais dans notre esprit, on avait envie d'accueillir Maxime malgré tout. Quand ça a été au tour de Léo, comme on en avait discuté pour Maxime, je crois qu'au début, on n'en a même pas forcément trop parlé, puis c'était comme ça. Après, quand on a eu les premiers avis médicaux, par exemple la première échographie qui nous a montré une clarté nucale qui était épaisse, la malformation cardiaque, on a eu tout plein de signes qui nous ont montré que... On pouvait tranquillement se préparer à accueillir ce petit être, quoi qu'il en soit. En fait, la question n'a pas été sur le handicap, elle a été sur plutôt toi, ta fatigue d'avoir un deuxième enfant. Oui,
- Speaker #2
en fait, au tout début de la grossesse, ce qui s'est passé, c'est que quand je suis tombée enceinte, Maxime, il commençait à peine à marcher. Puis il était encore la nuit et ce n'était pas vraiment prévu que je tombe enceinte. J'ai eu très, très peur de ne pas y arriver, d'être fatiguée. Je me suis dit, mon Dieu, je vais mourir de fatigue si j'ai un autre bébé. Puis ça m'a pris du temps avant de savoir en fait qu'est-ce qu'on allait faire. Est-ce qu'on tentait l'aventure avec ce nouveau bébé déjà si tôt ? Il y avait comme en parallèle aussi quelque chose au fond de mes tripes qui me disait qu'il y avait quand même quelque chose de particulier qui se passait, mais j'étais incapable de poser des mots dessus. Puis à cette époque-là, je n'avais aucune idée de ce qui était en train de se passer dans mon ventre, dans mon utérus. Et j'ai eu la forte intuition qu'en fait, il fallait le garder ce bébé. Et d'ailleurs, ça a été très très vite un beau cadeau parce que... Pour Maxime, j'avais vécu quelque chose de particulier. Je n'avais pas senti, tu sais, le gros coup de foudre que tu as au début, quand tu as ton bébé qui arrive, puis que tu l'as sur ton ventre, et puis qu'il est né, puis que tu le vois et que tu le rencontres. Je n'avais pas connu ça, puis c'était très dur pour moi. C'est en tombant enceinte de Léo que j'ai eu cet... Un jour, je me souviens vraiment de ce moment, on était sur la plage, j'étais avec lui. Et Léo, ça devait faire deux, trois mois qu'il était avec nous déjà dans le ventre. Puis j'ai eu cet... cette grosse vague d'amour qui m'a envahie et qui est venue ouvrir mon cœur. Et ces mots-là sont vraiment choisis parce que Léo est le symbole de ça. Donc, c'était déjà un beau cadeau au départ de réussir à accepter ce défi de devenir de nouveaux parents alors que c'était franchement pas facile de gérer la fatigue, les nuits et tout ça. Et voilà, il nous a fait déjà un beau cadeau dès le départ. Mais c'est vrai qu'on a su très vite qu'il y allait sûrement avoir un handicap, mais on s'était dit, on ne veut pas d'examen en fait, quoi qu'il se passe, on accueillera ce bébé. Mais à la deuxième échographie, on a vu la tête de l'échographiste, puis ça n'avait vraiment pas l'air très drôle, parce qu'il nous a annoncé cinq malformations cardiaques, puis la trisomie 21 très certainement, puis un œdème au cerveau, puis encore autre chose qu'on a oublié depuis, mais c'était la cata. Là, on s'est dit, OK, on va y aller petit à petit. On va voir. Lui, il nous avait dirigé vers des médecins plus spécialisés. Puis, il fallait qu'on sache un peu plus ce qui se passait pour connaître le plan. Mais très vite, on nous a parlé de cette fameuse interruption médicale de grossesse. Dans l'instant où on m'a parlé de ça, j'ai su que ça n'allait pas exister pour nous, en tout cas, pour moi. Ça a été vraiment très très fort. Je ne savais pas pourquoi, mais c'était ça qui était juste. Donc on a fait tous ces examens médicaux, mais en même temps, du coup, on a pris un suivi thérapeutique parce qu'on avait besoin d'être soutenus là-dedans. On a rencontré une thérapeute qu'on connaissait déjà, qui nous a donné un super chemin à suivre, qui nous a redonné un peu le pouvoir parce qu'on s'est senti un peu baladé. Du coup, dans tous ces examens, on a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'examens. Elle nous a suggéré de lire les travaux de Joe Dispenza. Je ne sais pas si tu connais. qui parle de sa propre guérison à lui, qu'il a pu avoir grâce à des visualisations. Et on s'est dit, ça ne nous coûte rien, puis on va commencer à faire ça, et à visualiser chaque jour le cœur de notre bébé, puis cet oedème là au cerveau, puis cette troisième chose qui reste un mystère, je ne sais plus ce qu'il s'est fait. On visualisait vraiment que ça allait aller. Et effectivement, on a traversé toutes les étapes des examens, puis tout s'est confirmé. Finalement, ce n'était pas cinq, mais c'était deux énormes malformations cardiaques, mais qui étaient opérables. Et puis, effectivement, j'ai dû faire la myosynthèse à sept mois de grossesse. Et ça, ce n'était vraiment pas drôle.
- Speaker #3
Oui, ce n'était pas drôle, d'autant plus que c'était purement pour rassurer les médecins sur une potentielle trisomie. Après ils ne savaient pas laquelle au début, mais comme il y avait quand même plein de facteurs qui étaient déjà là, nous on était persuadés qu'il allait y avoir une trisomie, mais je crois qu'ils avaient vraiment envie de savoir laquelle c'était. Je crois qu'eux avaient peut-être plus besoin d'être rassurés parce que nous on voulait accueillir vraiment cet enfant.
- Speaker #2
Mais ça fait qu'avec tout ça, ça a pris bien deux mois tous les examens. Puis j'étais enceinte de bien 7 mois et demi, quand on a eu tous les résultats. Et puis, on est malheureusement tombé sur des médecins qui ne connaissaient pas grand-chose à la trisomie 21, puis qui nous ont dépeint un tableau vraiment noir. Et puis, ils avaient le stylo dans la main et ils me demandaient, Bon, donc du coup, l'avortement, on le fait quand ? Ben non, en fait, ce n'est pas possible. Et puis on nous a raconté vraiment des choses qui sont fausses en plus, que notre bébé pouvait mourir à la naissance, puis qu'il allait mourir de toute façon très tôt. Donc moi, je n'avais même pas donné naissance à mon enfant, que je me projetais déjà le voir mourir avant moi. C'était très étrange comme chose à vivre, cette projection, alors qu'il n'était même pas né. Je me rappelle très bien avoir dit à la sage-femme, puis avoir dit au médecin aussi, parce qu'on a quand même réussi à avoir un suivi sage-femme tout le long de la grossesse, en parallèle du suivi médical. Malheureusement, la sage-femme n'était pas très bien informée non plus, puis elle nous parlait vraiment de ses éventualités de mort précoce, et en fait, quoi qu'il arrive, je veux lui donner naissance à cet enfant, puis même s'il doit mourir à la naissance, j'ai quand même envie qu'il vive ce passage-là, puis on l'accompagnera là où on peut. On n'avait vraiment que cette vision-là du corps médical sur la trisomie 21, c'est-à-dire qu'on ne connaissait personne autour de nous. qui vivait avec des enfants ou des adultes qui avaient ce handicap, donc on croyait un peu ce qu'on nous disait. Mais moi, je sentais vraiment au fond de moi que ce n'était pas vrai, que ce n'était pas si terrible que ça. et que ça allait bien aller. Mais c'était très abstrait, c'était impalpable, je n'arrivais même pas à le nommer. Mais j'avais une grande confiance en moi et en fait c'est comme si aussi j'avais toute son énergie, la d'amour qu'il a, qu'on voit beaucoup aujourd'hui. C'était comme si elle me soutenait en tout cas et qu'elle était là, présente tout le temps et qui me donnait confiance et qui me transmettait cet amour que du coup je pouvais sentir pour lui et de pouvoir l'accueillir. Quoi qu'il arrive, quoi.
- Speaker #0
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- Speaker #3
Moi je sais que ce qu'Alex elle a ressenti dans ces moments là où en fait on arrivait vers la naissance, moi j'avais déjà parcouru plein d'explorations avec ma psyché là. Moi j'ai vécu mon enfance, en fait j'ai eu la possibilité de croiser un grand-oncle qui avait une trisomie 21 également et je l'ai croisé quelques fois gamin. J'ai été terrorisé par cet homme là parce que par rapport à moi il était plus grand et il était hyper nerveux, il y a des moments où il pouvait péter des câbles et c'était impressionnant. Et euh... plus quelques personnes que j'avais croisées, mais tellement peu. Donc il y avait vraiment ce gros référentiel en moi. Et le chemin était tout tracé pour avoir un enfant qui était comme ce grand-oncle, qui était effrayant à mes yeux d'enfant, au fond de moi. Et puis parce qu'Alex a porté, il y avait aussi ce truc, ce ne serait pas finalement un défi, mais un rééquilibrage qui va se passer en accueillant ce petit être avec sa différence. Et oui, effectivement, qu'Alex puisse... sentir Léo et puis me le transmettre, parce que c'est vraiment elle qui me l'a transmis. Moi, je n'ai pas réussi à faire d'autonomie avec Léo. Au début, il y a eu vraiment des craintes qui sont arrivées rapidement. Oh là là, mais est-ce que je vais réussir à tomber en amour de cet enfant ? Est-ce que je vais réussir à être en contact avec lui ? Et de fait, je n'arrivais pas à aller faire de l'autonomie. Je pense qu'à la toute fin, j'ai réussi à poser un peu les mains sur le ventre d'Alex. C'est quand même assez fou ce qui peut se passer dans le cerveau parce que ça a été des oui-non très réguliers. Oui, c'était un grand oui, mais il y avait plein de non qui arrivaient et qui faisaient que je pouvais des fois devenir fou. Et c'est vrai que les dernières semaines, ça a été... Ok, go quoi.
- Speaker #2
Je pense qu'il y a facilité aussi les dernières semaines de grossesse et qu'il y a un espèce de truc qui s'est aligné quand même parce qu'on nous a dit, bon, il va falloir aller accoucher à Bordeaux. Bordeaux, c'est à 300 kilomètres de chez nous. En me disant, si tu accouches à l'hôpital à côté de chez toi, on va prendre ton bébé en hélico, puis il va partir et tu vas être séparé de lui. Donc, c'est-à-dire qu'on était hors de question. Donc, je dis ok. On va aller à Bordeaux. Donc on a rencontré l'équipe de Bordeaux, puis on y est allés avec Maxime, tous les trois. et on lui a raconté la naissance de Maxime. Cette naissance, elle s'est tellement bien passée, puis j'ai tellement été bien accompagnée que moi, je suis convaincue que je suis capable d'enfanter cet enfant physiologiquement. Je n'ai pas besoin de péridural, puis je me sens capable de le faire à l'hôpital avec ces règles-là. Et je ne sais pas si c'est le fait qu'il y ait Maxime ou qu'on était tellement... porté par cette naissance qu'on avait vécue pas longtemps avant finalement, parce que Maxime n'avait même pas deux ans encore, nous a dit bon, ok, je vais parler Du coup, il passe ça en staff, tu sais, elle a fait une réunion avec tous les autres médecins, puis elle a parlé de notre dossier, et ils ont accepté. Ils ont accepté que j'arrive en travail spontané et que j'accouche physiologiquement à l'hôpital. Mais il y avait un deal. Il fallait qu'on trouve un logement deux semaines avant le terme, à côté de l'hôpital. Alors nous, chez nous, au Pays Basque, on avait une doula. On avait prévu d'accoucher à la maison et on avait mis tout en place. Donc on avait une doula, mais on s'est dit, il nous faut une doula à Bordeaux, en fait, parce que c'est là-bas qu'on va accoucher. Trois personnes de mon entourage, très différentes, me donnent le même nom. Et donc, on appelle Élise, qui va devenir notre doula. On lui raconte un peu notre histoire. C'est incroyable parce qu'on venait à Bordeaux très souvent pour les examens. Et on lui dit, à telle date, on sera là pour un examen. Est-ce que tu aurais un créneau pour nous recevoir ? Je sais qu'elle était très très prise. C'était une doula qui était bouquée, bouquée, bouquée, vraiment. beaucoup. Elle nous a reçus à 20h dans son cabinet, je me souviens, c'était tard le soir. Puis elle nous a écoutés, on est repartis, et elle nous a dit je vous accompagne Et ça nous a fait waouh ! On a la possibilité d'accoucher comme on veut, malgré le fait qu'on soit dans un énorme hôpital, cet hôpital là à Bordeaux. On avait tout ça qui s'était aligné, on était là waouh, mais c'est génial ! j'avais l'intuition quand même que deux semaines avant, ce n'était pas assez. Et je me suis dit, il faut qu'on arrive trois semaines avant.
- Speaker #3
Mais voilà, deux semaines, mais non, c'est trois semaines.
- Speaker #2
Et on en parle à notre doula, puis elle nous dit, ben venez à la maison. Et donc... On est arrivés chez Nadoula avec notre bébé, puis dans les bras, puis notre bébé dans le ventre. Elle nous a accueillis dans sa famille avec son mari et ses trois enfants, puis c'était une très très belle rencontre. Finalement, on n'a eu que deux soirées pour faire connaissance parce que je me suis mise en travail le troisième jour. Donc l'intuition était bonne, puis je me suis mise en travail le jour de l'anniversaire de Maxime, le jour de ses deux ans. Et quand j'ai commencé à avoir les premières contractions, je me suis dit, je ne vais pas coucher aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Maxime, ce n'est pas possible. Je me suis dit, bon, ça va passer, parce que c'était très doux, très très doux au début, mais quand même, ça continue, ça continue. Donc je réveille Vincent. Puis à 6h du matin, je dis bon quand même, je pense que tu peux aller réveiller Lise parce que... ça ne s'arrête pas, puis ça s'intensifie.
- Speaker #3
La doula qui se trouve dans la pièce d'à côté.
- Speaker #0
Le rêve de toute doula,
- Speaker #2
ça.
- Speaker #0
Pas besoin d'aller dehors.
- Speaker #2
C'est clair. Alors, on va la réveiller tôt, du coup, à 6h du matin. Puis elle vient, puis elle me fait couler un bain dans sa baignoire. Et là, je me mets dans le bain. Et j'étais tellement bien, mais j'étais tellement bien. Elle m'accompagnait juste avec des sons. Et j'étais, mais... Si j'étais restée dans cette baignoire, je pense que j'aurais eu un accouchement orgasmique. Vraiment, j'accueillais les vagues, mais c'était bon. Je me sentais vraiment bien. J'ai passé du temps comme ça dans le bain, peut-être une demi-heure, une heure. Mais je sais qu'au bout d'un moment, elle me dit, Bon, là, Alexandra, il va falloir sortir du bain, puis y aller. Et il devait être 7h du matin, parce qu'on avait une heure de route pour arriver à l'hôpital. Donc à 7h, elle me dit Bon, il faut sortir. Donc je sors difficilement du bain, puis je m'habille. On réveille Maxime. Et donc Vincent se met au volant, Élise se met à côté de lui, et puis on met Maxime dans son siège auto, puis moi à côté à l'arrière. Et 7h du matin, Maxime lui se l'a réveillé, il était tout content, tout allait bien, puis c'était l'heure du petit-déj. Alors je me suis retrouvée entre deux contractions à donner la compote à Maxime. à l'arrière de la voiture de notre petite voiture on a pris la route et j'étais bien, les contractions continuaient mais ça allait j'arrivais à parler à Maxime, à m'occuper de lui puis quand les contractions arrivaient je me remettais dans ma bulle je me souviens que j'ai demandé à Vincent de mettre la playlist et là on est arrivé à 8h du matin à Bordeaux dans les bouchons du matin des gens qui vont travailler et Et là, ça a commencé sérieusement à avancer. Je commençais à faire des bons sons, bien graves, bien bas, qui étaient en train de commencer à pousser. Donc là, Vincent, je le sentais un peu fébrile, puis je le vois poser la question à Elise, mais je ne crois pas que je peux prendre la voix de bus à côté, parce que quand même, je sens que c'est en train d'avancer. Puis Elise était là, non, non, c'est bon, ça va aller, t'inquiète. on est arrivés dix minutes après à la maternité puis là je n'étais plus capable de marcher je n'étais plus capable de bouger et là on est venu me chercher avec le fauteuil roulant puis on m'a emmenée en salle d'examen elle m'examine puis elle me dit oh vous êtes dilettée à six c'est pour bientôt mais ça va aller et là j'ai une contraction qui vient et je m'ai hurlée et elles m'ont mise sur le brancard elles m'ont envoyée en salle d'accouchement et là et j'ai poussé, puis Léo est sorti. Donc en fait, je suis allée chercher, cinq minutes après être arrivée à l'hôpital, et puis c'est merveilleux parce qu'en cinq minutes, elles ont pris le temps de lire le projet de naissance, puis la sage-femme m'a dit, ok, dans quelle position tu veux te mettre vite, parce que là, ton bébé est en train d'arriver, et j'ai trouvé ça génial qu'elle me demande ça, puis du coup, je me suis mise dans la même position pour Maxime, je me suis mise... Sur le côté, j'étais bien soutenue par les... C'est pratique, les barreaux de lit d'hôpital. Pour ça, j'ai bien calé ma jambe dans les barreaux. Et là, j'entends... Il est coiffé ! Et il est arrivé dans sa petite poche, là. Et puis, il est sorti. Et puis, on a vu que c'était un garçon, parce que c'était une surprise. On avait réussi à garder la surprise. Écoute, j'ai accouché trois fois. C'était l'accouchement le plus doux et le plus beau que j'ai eu, parce que... Tout s'est fait vraiment en douceur malgré le fait de rester une heure dans la voiture et de ne pas pouvoir être forcément dans ma bulle. J'étais vraiment bien à toutes les étapes, je me sentais bien. et je crois que c'est vraiment lui aussi qui m'a montré cette voie-là de la douceur alors que j'avais tellement dit ça fait mal pour Maxime j'avais eu mal, c'était dur mais là, j'ai même pas eu mal même à la fin quand j'ai poussé, j'ai pas eu mal j'étais perturbée parce que c'est allé vite puis arriver à l'hôpital ça te ramène quand même c'est fini là, le vortex le j'étais plus dans ma bulle du tout c'est resté quand même très doux et très fluide quoi c'était fou de vivre un accouchement finalement comme ça si facile si tranquille il pouvait y avoir plein de questions mais je les ai jamais eues en fait j'ai toujours eu confiance, j'ai toujours senti que ça allait bien aller puis ça a bien été J'ai bien fait d'écouter cette... instinct, cette intuition qui m'a apporté pendant toute la grossesse finalement.
- Speaker #3
On a une hypothèse sur le fait que Léo il soit passé crème dans le petit passage c'est que c'est un enfant qui est super laxe, c'est une des caractéristiques des enfants qui ont une trisomie et en fait on s'est dit qu'il s'était bien fondu dans le passage avec ses petits bras et tout, avec tout son corps qui est très malléable on s'est dit que il était passé comme un gymnaste, sans faire de douleur.
- Speaker #2
Oui, puis en même temps, c'est marrant parce que c'est vraiment à l'image de qui il est aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il a une grande détermination. C'est un fonceur, il adore la vie, il adore apprendre, il adore découvrir, il a envie. Donc, j'ai vraiment l'impression que c'est comme ça qu'il est arrivé, genre, allez, on y va !
- Speaker #0
Comment s'est passé son arrivée, son accueil ?
- Speaker #2
Alors après, ça a été moins funky, parce qu'ils me l'ont posé sur le ventre. Mais assez rapidement, ils ont coupé le cordon. Puis Vincent l'a pris et ils sont partis avec lui. Parce qu'il fallait absolument voir son cœur pour voir comment ça allait. Donc je me suis retrouvée avec mon placenta encore collé dans mon utérus. Puis sans mon bébé, sans mon homme, sans personne. Parce que vraiment, je me souviens de ce... Mon bébé touche au contre-moi, puis d'un coup plus rien. Et donc Vincent est parti, et donc je me retrouve toute seule dans cette salle d'accouchement avec une sage-femme qui est entre mes jambes, puis qui commence à tirer sur le cordon, puis une autre qui met ses mains sur mon ventre, qui commence à appuyer. Et là... Je me suis souvenue de ce qui s'est passé pour la naissance de Maxime et j'ai dit non, plus jamais, plus jamais on me sort le placenta comme ça. Donc j'ai négocié dur avec les sages-femmes et celles qui posaient les mains sur mon ventre, je lui ai enlevé ses mains tout le temps, je lui disais non, vous me laissez faire. Je n'ai pas mon bébé, j'ai zéro ocytocine, j'ai besoin d'être concentrée, laissez-moi faire, je vais y arriver toute seule. Puis celle qui était entre mes jambes me disait mais tu sais, si tu n'y arrives pas en un quart d'heure... on t'emmène au bloc, puis c'est anesthésie générale, parce que comme tu n'as pas eu de péridurale, on ne peut pas aller le chercher à la main, entre guillemets. J'étais là, ok, ok, bon, donc je fermais les yeux, puis j'essayais de visualiser ce placenta qui se décollait. J'étais allongée sur le dos. Alors déjà, bon, je n'étais pas aidée par la position. Eh bien, ça m'a pris trois quarts d'heure pour sortir mon placenta. Léo n'était toujours pas revenu. J'étais toujours toute seule et elles m'ont laissée faire. Je pense qu'elles ont été très patientes parce que leur protocole, ce n'est pas du tout ça. À l'hôpital en France, si au bout d'un quart d'heure, tu n'as pas sorti ton placenta, on vient te le chercher. J'ai réussi quand même toute seule. J'ai beaucoup poussé les mains de la sage-femme qui voulait m'appuyer sur le ventre. J'ai essayé de masser moi-même le ventre. j'ai réussi à sortir ce placenta, c'était vraiment pas facile et puis juste après ça Vincent est revenu avec Léo et donc c'est là que Maxime est arrivé avec nous tous là et qu'on s'est retrouvés du coup en 2005, et là c'était parti pour
- Speaker #3
5 mois d'hôpital moi je reçois mon bébé tout chaud et on me dit suivez cette personne donc je suis la personne dans les couloirs blafards de l'hôpital Encore heureux, il me le laissait dans les bras, tu vois. Et on me dit, allez dans cette salle, posez votre enfant ici. Il va vivre sa première échographie sur lui-même. Il en avait déjà vécu des dizaines par le biais du ventre d'Alex. Mais là, c'était sa première échographie directe. Donc, ils étaient comme super impatients de ça. Et donc, je le pose sur la table pour l'examen. Et là, je vois un professeur. qui arrivent avec tous ces... En fait, des élèves qui étaient là pour apprendre. J'étais focus sur Léo et j'étais là. Il y a eu vraiment cet instant-là où j'ai pu l'admirer, le découvrir, voir son visage, voir son corps, savoir quelle était la différence. Ouh là là, mais en fait, c'est ça. Ça amène un enfant qui est comme ça, de la trisomie. Mais en fait, il y avait un truc de... d'assez fascinant dans cet enfant qui était à la fois... En fait, je cherchais la différence de la trisomie, j'étais là, mais c'est quoi ? Mais globalement, on voyait qu'il n'était pas un enfant dans les normes, dans les proportions classiques. Il était comme en exposition sur cette table-là. Et du coup, j'en ai profité pour l'admirer et découvrir pour la première fois mon petit garçon, mon deuxième petit garçon. Donc c'était assez émouvant ce moment-là pour moi. d'avoir ce temps privilégié avec lui. Je pense que je l'ai eu plus longtemps sous mes yeux que Alex ne l'a vu sur son ventre en fait. Parce qu'ils l'ont vraiment enlevé, mais très vite, pour aller faire cet examen, quoique au passage. Quelques jours après, un des professeurs nous racontait que la mécanique du cœur fait qu'il y a largement du temps avant que les fluides, parce qu'en fait le problème c'était que des fluides dans le cœur, le sang vicié et le sang neuf se mélangeaient, et donc du coup au bout d'un moment ils ont du mal à respirer, et ça tire sur les poumons et c'est dangereux par ça. Mais en fait ils nous ont dit non non mais en vrai ça vous avez quelques semaines avant que ça se mette en place. En fait en vrai on aurait très bien pu accoucher à la maison, aller faire un premier examen à l'hôpital de là où on habite à Bayonne, puis aller voir les super stars du cœur à Bordeaux. tout ça dans un laps de temps de quelques jours en fait. Ça ils nous l'ont raconté après. Quand on est revenu dans la chambre, on avait une une Alex qui était un peu sonnée par tout ce temps qu'elle a dû passer à sortir le placenta seul. Et bon quand on est arrivé il y a eu de nouveau la découverte de Léo par toute la famille donc ça c'était un deuxième bon moment, une espèce de deuxième petite naissance de retravail.
- Speaker #0
Et justement,
- Speaker #2
votre famille,
- Speaker #0
à travers tout ça, à travers l'annonce de ce petit bébé-là que vous alliez accueillir, comment s'est passé ça au niveau de votre entourage ?
- Speaker #2
Alors, ça n'a pas été facile. Moi, mes parents ne comprenaient pas pourquoi on voulait garder ce bébé. Et j'ai carrément mon père qui a fait le déplacement de Paris jusqu'au Pays Basque pour venir me raisonner, nous ramener à la raison pour qu'on avorte. La vie nous a offert le cadeau de vraiment pouvoir affirmer très fort qu'on voulait ce bébé, parce qu'on nous a très fort demandé de ne pas le garder. Donc moi j'avais vraiment ma mère et mon père qui n'étaient pas d'accord du tout pour qu'on garde ce bébé. Puis ils nous ont dit vraiment des choses très difficiles. Puis c'était le cas aussi des parents de Vincent, que j'imagine que tout ce monde-là avait très peur, puis ils ne connaissaient pas comme nous. Mais on a venu appuyer sur le pensez à Maxime, vous allez gâcher sa vie, pensez à nous, vous allez gâcher la nôtre ils ont essayé d'appuyer un peu sur tous les boutons qui pouvaient être activables chez nous pour vraiment qu'on retrouve la raison, parce que c'était vraiment ça leur pensée. Et les sœurs de Vincent, c'était pareil. Il y avait mon grand frère qui nous soutenait beaucoup. Et ça, ça m'a fait beaucoup de bien. Ils étaient très fiers qu'on garde ce bébé et d'accueillir ce bébé dans leur famille. Donc, on avait un gap énorme. Mon frère et sa femme étaient très, très soutenants. Et ça, c'était merveilleux pour nous parce que, mis à part nos amis proches, c'est les seuls membres de nos familles qui ont été soutenants pour nous. C'est-à-dire que du côté de la famille de Vincent, ses soeurs et ses parents ne comprenaient pas et puis vraiment étaient fâchés, et mes parents aussi. Donc ça a été très compliqué de leur faire entendre que c'était notre choix et qu'on comprenait que ça allait avoir un impact sur leur vie. mais que ça restait notre bébé. Puis c'est à nous de choisir de le mettre au monde ou pas, en fait.
- Speaker #3
Ils avaient super la trouille, ils avaient très peur et ils ne connaissaient pas. Et ils n'avaient pas ce petit être auprès d'eux, quoi. Dans ma famille, on est sur le papier très famille, solidaire, à l'écoute, en compréhension. Et au final, moi, là, j'ai découvert que leurs craintes étaient finalement au-dessus de l'écoute de ce que nous, on voulait. On est retombé en enfance en fait, on était des enfants. C'est-à-dire qu'on me faisait une connerie et il fallait absolument qu'on nous remette dans le droit chemin, qu'on arrête de faire nos bêtises.
- Speaker #0
Bon, ça n'a pas été fastoche, ça a été beaucoup d'aller-retour, beaucoup de désillusion et de peine.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment on sait au Québec, mais en France, 99,9% des bébés qui sont diagnostiqués en antenne natale avec la trisomie 21 sont avortés. Et ceux qui n'avortent pas, c'est les catholiques en général, parce qu'ils sont aussi avortements. Alors on nous a demandé... On nous a demandé si on était croyants. Ça a été posé comme question. Et ça fait que c'était assez difficile. Pendant tout ce temps-là, j'ai quand même été en quête de parents qui pouvaient vivre avec des enfants qui avaient une prison de 21. Mais dans ce choix-là, c'est-à-dire je veux faire un choix du cœur, je ne fais pas un choix de religion ou de conditionnement, ou alors ceux qui l'ont appris à la naissance. Je n'ai pas trouvé encore. Appel à ceux qui nous écoutent, si vous avez accueilli un enfant qui a une trisomie 21 et que vous le saviez en antenne natale, on est intéressés. Parce que ce n'est pas la même histoire. On a de toute façon tous notre histoire, avec nos bébés, quels qu'ils soient. On se sentait vraiment seuls dans ce choix-là. C'était vraiment pas commun. On a validé un statut de hors norme et un peu fou. C'était vraiment, vraiment pas commun autour de nous. On n'a pas trouvé de... d'histoires comme ça.
- Speaker #2
Est-ce qu'avec le temps qui a passé et avec Léo qui grandit et qui enrichit votre vie de toutes sortes de façons, est-ce qu'il y a eu une réconciliation de cœur avec vos familles ?
- Speaker #1
Oui, clairement. Quand il est né, il a longtemps été... Il est resté 5 mois à l'hôpital, donc pendant tout ce temps-là, il n'était pas en lien avec nos familles.
- Speaker #0
Nous non plus, d'ailleurs. Les familles n'étaient pas en lien avec nous.
- Speaker #1
Il y a vraiment eu ces premiers mois-là qui étaient difficiles. Je pense qu'il se disait aussi au fond d'eux, on ne sait pas s'il va vivre ce bébé. Donc, on va laisser passer l'opération, la chirurgie cardiaque, puis on verra après. Il a été opéré, il avait trois mois et demi, puis il est resté encore un mois et demi à l'hôpital. On est sortis de l'hôpital et puis voilà, on a commencé à... Alors moi, j'avais passé cinq mois dans un tunnel à voir personne, à tirer à l'été toutes les deux heures. Quand il est sorti de l'hôpital, je pense que le week-end après, je l'avais en écharpe, je suis partie. Je me souviens à une réunion de femmes. Bon, j'avais besoin de prendre l'air, de voir du monde. Et puis rapidement, en fait, on est partis. Tous les quatre, on a pris notre camion, puis on est partis un mois en vadrouille. On a pris l'air, quoi. Après être enfermés dans des chambres d'hôpital pendant si longtemps.
- Speaker #0
Et on l'a pris.
- Speaker #1
Pour montrer à Léo, c'était pas ça la vie. Regarde ce que c'est le monde. C'est pas des néons et puis des gens en blouse blanche. Et donc, il a commencé à rencontrer nos familles. Et petit à petit... le lien s'est créé, puis il se crée encore en fait. C'est une histoire de tous les jours cette affaire-là, parce que nous-mêmes on apprend ce que c'est la trisomie avec lui, avec lui il grandit, on apprend, et puis c'est pareil pour notre entourage, donc il y a eu un accueil beaucoup plus dans le cœur, en tout cas de la part de la famille de Vincent, de ses sœurs, de ses parents, qui étaient pleins de questionnements au début. Et de mon côté, il y a mon père qui a fait vraiment un très beau pas et qui a créé un beau lien avec lui, qui était assez inattendu et ce qui est très beau à voir. Et ma mère, c'est beau aussi parce qu'on est loin et on ne se voit pas beaucoup. par petites touches comme ça, elle nous envoie un bouquin, puis elle nous envoie un article ou un podcast, des trucs, tu sais, qui parlent de la trisomie 21. On voit en fait qu'elle s'intéresse et puis qu'elle essaye de comprendre ce que c'est.
- Speaker #0
Là où c'est vrai que, moi je reviens sur la période de l'hospitalisation, les 15 jours qu'on a vécu à Bordeaux. On était en maison des familles parce qu'on était loin de chez nous. Donc, on a été accueillis par un programme en France de la maison des familles.
- Speaker #1
Les amis qui sont venus de loin, ils ont fait de la route pour venir, pour s'occuper de Maxime. Parce que c'est vrai qu'on avait Maxime avec nous. Puis du coup, on ne pouvait jamais être tous les deux auprès de Léo en même temps. Donc, on se relayait. C'est souvent moi qui allais tôt le matin parce qu'il fallait que je tire mon lait. Là, le matin, on t'a le plus de lait. Puis, si je ne le tirais pas dans le service, il ne donnait pas mon lait. C'était toute une affaire. Donc... Là, je m'occupais de Maxime, puis Vincent partait pour voir Léo, puis il revenait, puis je repartais. C'était infernal. Et ouais, on a ses amis qui sont venus du Pays Basque pour venir nous voir, et d'ailleurs de Dordogne. Il y a du monde qui est venu quand même nous voir, nous soutenir. Et ça fait tellement de bien, parce qu'on avait l'impression de vivre sur une autre planète, d'avoir un enfant à l'hôpital.
- Speaker #0
Dans cette maison des familles, on était avec d'autres familles qui vivaient la même chose. Et du coup ça c'était soutenant. Et on voyait beaucoup des personnes qui avaient toute leur famille là, c'était beau à voir.
- Speaker #1
Ah c'est les cultures maghrébines qui ont ça, mais ça, ça faisait tellement envie. Les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes, ils étaient tous là ensemble, ils préparaient les repas pour les parents, ils passaient la journée à l'hôpital auprès de leurs enfants, ils s'occupaient des autres enfants, c'était beau. Côté de quoi on est passé, nous notre culture... européenne, dissociée de nos familles, de notre tribu. C'était beau de voir comme ça pouvait être vécu dans d'autres familles. Et puis il y en avait qui étaient très seules, comme nous aussi.
- Speaker #0
Moi, ce qui m'a fait halluciner, c'est aussi le soutien des femmes de Bordeaux. C'était assez bluffant.
- Speaker #1
En fait, je connaissais une femme à Bordeaux, de l'époque où j'avais ma boutique de vêtements équitables et bio à Bayonne, bien avant d'avoir Maxime. Elle était venue m'interviewer et puis bon, on avait gardé un lien. Et quand j'ai su qu'on allait venir à Bordeaux pour un long moment, en fait, j'ai fait appel à ce cercle de femmes qui était à Bordeaux. en leur disant, ben voilà, on vient du Pays Basque, on a un enfant qui est hospitalisé, on ne sait pas combien de temps on va rester ici, on se sent seul et on a besoin d'aide, donc ce que vous voulez, on prend. Et il y a des femmes qu'on n'avait jamais vues avant, qu'on n'a jamais revues après, qui sont venues nous apporter à manger, partager un café avec nous, parler. C'était fou, ce réseau de femmes-là, qui a été un cadeau aussi, qui était... énorme parce qu'on avait tellement besoin d'aide et puis ça a été un vrai challenge pour moi parce que moi jamais dans ma vie j'ai demandé de l'aide, jamais ! Il a fallu que j'ai un Léo pour réussir à demander de l'aide et puis pour voir en fait que c'est génial de demander de l'aide parce qu'on en a, puis c'est même au-delà de ce qu'on peut penser.
- Speaker #2
Parmi les motivations que tu m'as données, Alex, qu'on fasse l'enregistrement de ce podcast-là, il y avait le fait que tu voulais dire aux gens qu'est-ce que c'est que de vivre, d'accueillir un enfant qui a un chromosome en plus.
- Speaker #1
Oui, parce qu'aujourd'hui, j'entends qu'on a de plus en plus ces discours-là et ça fait du bien. En France, ça arrive de plus en plus. Mais c'est vrai que si on reste collé à ce que les médecins nous disent, en effet, je comprends qu'on puisse avoir très peur, qu'on ne se sente pas capable d'accueillir un enfant qui a cette différence-là. Ça va faire six ans qu'on vit avec lui. Mais comme je n'aurais jamais pu vivre sans cet enfant, en fait, ce n'est pas possible. Il nous apporte tellement de choses. Moi, j'ai l'impression de découvrir un monde différent, en fait. Carrément un monde différent qui est beaucoup plus doux, beaucoup plus pur que ce qu'on a pu connaître jusqu'ici. Et en fait, on nous a dit un jour qu'il n'y avait pas de spectre dans la trisomie, comme il peut y avoir dans l'autisme, par exemple. C'est-à-dire qu'il n'y a pas des degrés de trisomie plus ou moins forts. Et qu'en fait, c'est l'environnement. qui fait qu'un enfant qui a une trisomie va développer ou pas certaines compétences dans sa vie. Et alors, moi, quand j'ai entendu ça, je me suis dit waouh, c'est génial parce que l'environnement, on peut complètement avoir un impact dessus. Donc, on a mis beaucoup de choses en place pour que ce bébé, déjà qu'il se sente accueilli, qu'il se sente à sa place, et puis lui donner toutes les chances possibles pour qu'il puisse faire ce qu'il a envie de faire, en fait. Parce que... on a continué à nous dire, puis on continue à nous dire aujourd'hui que votre enfant, il ne sera jamais capable de faire ci, ou il ne sera jamais capable de faire ça. Moi, à chaque fois que j'entends ça, je me dis non. C'est pas vrai et c'est pas possible parce qu'il y a des choses qu'on m'a dit qu'il ne ferait jamais qu'il a fait. Parce qu'il a été sondé pendant cinq mois. Il est sorti de l'hôpital, il avait toujours la sonde. Et puis on me fliquait sur l'allaitement, on le pesait avant, après les tétés pour voir s'il prenait bien le sein. Puis selon eux ça ne marchait pas, il ne prenait pas assez. Et donc il a été de nouveau hospitalisé à la maison avec toutes les machines qu'il fallait pour passer le lait dans la sonde. et donc on nous a tout réinstallé le matériel le premier jour je me souviens on arrive à la maison ils installent tout, la puéricultrice revient nous redit tout ce qu'on savait déjà parce qu'il avait passé deux mois à l'hôpital comme ça à la maison et elle a claqué la porte j'ai regardé Vincent je lui ai dit alors là va falloir que tu me fasses confiance puis j'ai arraché la sonde de Léo et je l'ai collé à mon sein et je les gardais collés à moi pendant deux semaines comme un nouveau-né en fait, comme un démarrage d'allaitement et à chaque fois que la puéricultrice venait elle voulait le peser puis on disait non il dort, on ne peut pas, on ne va pas le réveiller mais tout va bien, on l'a pesé, il continue à grossir et en fait on leur a dit, il a arraché une nuit sa sonde tout seul puis je l'ai mis au sein et ça a marché donc on continue comme ça on a menti et on a menti parce qu'en plus il a perdu un peu de poids au début parce que forcément moi j'avais une lactation de tirelait et puis lui il fallait qu'il prenne son rythme de tétée vraiment comme un nouveau-né et donc il a perdu quelques grammes qu'il a repris après j'avais confiance, je savais que ça allait aller je l'ai gardé collé à moi puis je savais que ça allait le faire mais Tout le monde nous avait dit, les pédiatres m'ont toujours regardé avec des yeux ronds comme ça, mais pourquoi vous continuez à tirer votre lait, madame, votre bébé ne t'étreint jamais. Et l'orthophoniste nous disait ça, enfin voilà, on nous l'a beaucoup dit, votre bébé ne t'étreint jamais. Eh bien Léo, il a tété. Après cinq mois de sonde, il a tété. Puis il a tété après ça pendant un an encore. Et puis c'est lui qui a choisi d'arrêter tout seul comme un grand. Mais il a tété. En fait, je me suis rendu compte en ayant Léo que je mettais beaucoup de pression sur Maxime, inconsciemment de grandir, de réussir, d'être performant, de faire des études un jour, d'avoir un métier qui lui plaît. Cette pression sociale avec laquelle on navigue tous. Et j'ai réalisé que Léo, il ne l'avait pas. et que du coup, comme il n'avait pas, il pourrait être qui il veut en fait dans la vie. Il n'aura jamais cette pression, cette attente de la société de devenir quelqu'un parce que... La majorité de la société pense qu'il ne deviendra rien, là où moi je suis persuadée qu'il pourra faire en fait ce qu'il veut. Et je sais que ça fait partie de cet environnement-là, que mes pensées aussi, elles ont un impact sur son développement, et que plus je vais avoir foi dans qui il est et ce qu'il est capable de faire, Lui, il va y arriver. Et aujourd'hui, le fait est qu'il va avoir six ans et qu'il épate tout le monde. Tous nos thérapeutes, tous les gens qu'on voit, qu'on croise, nous disent que c'est un petit garçon qui est très éveillé, qui a développé déjà plein de compétences qu'il aurait dû développer peut-être plus tard ou peut-être jamais. on l'a même inscrit dans une école bilingue. Il connaît le français parce que c'est notre langue maternelle, mais il est dans une école basque aussi, il est en train d'apprendre le basque. Et puis, on a vécu six mois aux États-Unis aussi l'année dernière. Puis, il commençait à apprendre l'anglais tranquillement. Il disait des mots en anglais, puis il répondait quand on lui parlait anglais. Et ça, pareil, des orthophonistes, on se dit, ah là là, mais non, c'est horrible. Vous lui rajoutez des difficultés, il n'y arrivera pas. Mais il s'en sort super bien. ayez confiance en fait dans votre enfant et c'est pas parce qu'il arrive avec ce chromosome en plus qu'il va être moins capable de faire les choses il va vous apprendre à prendre le temps à contempler et à ralentir en fait et ça on en a tellement besoin c'est un tellement beau cadeau de le voir tous les jours comme il relationne avec les autres, comme il découvre le monde comme il grandit c'est un... Oui, c'est très différent, mais tant mieux, en fait. Oui, on a besoin de cette différence-là, tellement. Wow.
- Speaker #2
Parmi les arguments que les gens vous ont donnés pendant la grossesse, il y avait l'argument de dire, Et pour Maxime, ça va être terrible d'accueillir un petit frère ou une petite sœur qui a cette différence-là. Maintenant, vous avez le recul. Est-ce que finalement, pour Maxime, c'est terrible d'avoir Léo dans la famille ?
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas un sujet chez nous. On peut en parler parfois parce que ce n'est pas du tout tabou, mais ce n'est pas un sujet dans le sens où c'est normal en fait. Léo, il est arrivé, Maxime, il avait deux ans. Donc en fait, à un endroit, il a toujours connu son petit frère. Et pour lui, son petit frère, c'est son petit frère. Maxime, il va avoir 8 ans. Il constate bien que les autres enfants de 6 ans, ils ne font pas du tout les mêmes choses que Léo qui va avoir 6 ans. Mais en fait, ce n'est pas un problème, ce n'est pas un sujet, c'est comme ça. Mais tout comme j'ai porté un bébé pour un couple d'hommes l'année dernière, puis Maxime, pour lui, c'était normal en fait. Oui, maman, elle a le bébé de Yann et Alex dans le ventre, et puis le bébé est né, puis il est parti avec eux. Puis il est encore à un âge où il n'est pas conditionné par ce que la société peut penser ou ce que nous, on peut transmettre en tant qu'adultes en fait.
- Speaker #0
Tant que nous on est alignés, en fait il est aligné. Il ne va pas se questionner parce que pour nous c'est ok en fait.
- Speaker #1
Il n'y a pas vraiment de problématique particulière liée au handicap en fait.
- Speaker #0
Non, ce qui peut être lié au handicap et qui peut être un peu source peut-être de stress pour Maxime, c'est ce dont tu parlais tout à l'heure, ces attentes qu'on a pour Maxime qu'on n'a pas pour Léo. Même si on essaye de déconstruire ça, malgré tout on l'a. Donc je pense que... Peut-être pas encore à 8 ans, mais il y a un endroit où il va sentir ce truc-là, mais peut-être que pour lui, ce sera OK aussi.
- Speaker #1
Maxime, il est très protecteur. Il est arrivé, je pense, avec le caractère et les qualités qu'il faut pour un type comme Léo, finalement, mais il est très protecteur et puis on a envie quand même qu'il puisse vivre sa vie d'enfant, puis sa vie d'adulte le plus librement possible. Et ça fait qu'on garde quand même beaucoup cette vigilance à ne pas créer quelque chose de l'ordre d'une responsabilité particulière ou d'un rôle particulier parce que son frère a ce handicap-là. Et ce n'est pas nier le handicap de Léo, mais c'est juste rouler avec. On essaye de faire en sorte que Maxime ait le moins d'impact possible par rapport à ce que nous, ça amène dans notre vie, parce que forcément, ça amène quand même une vie différente.
- Speaker #0
Oui, par contre, on lui donne des responsabilités, un rôle de grand frère. Il y a des fois où on va lui dire, Léo, il est plus petit que toi. Et puis en plus, comme il va moins vite, il est encore plus petit que ce qu'il devrait être. Il n'a pas que deux ans de moins que toi, en fait, il en a peut-être un peu plus. Et du coup, comme c'est un petit frère, sois vigilant à ça à ce moment-là. Et par contre, là, on te demande de faire ça, mais comme c'était un grand frère, on ne le préserve pas de ça non plus. On ne va pas se dire, comme c'est Léo, alors Maxime, on te donne zéro responsabilité. On lui donne aussi des responsabilités de grand frère. Il est dans une forme de normalité, en fait, par rapport à ses copains ou à son entourage.
- Speaker #2
Vous avez donc fait des choix assez atypiques à plusieurs niveaux. Vous êtes tous les deux français, vous êtes venus au Québec pendant quelques temps. C'est grâce à ça que j'ai pu vous rencontrer. Vous avez donc accueilli Léo avec son chromosome en plus. Tu as mentionné rapidement, Alexandra, que tu avais porté un bébé. Donc, tu as été une mère porteuse pour un couple d'amis.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #2
on pourrait ajouter à cette liste-là que vous êtes des, est-ce qu'on peut dire des doulas, un couple de doulas, est-ce qu'on peut nommer ça comme ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Intéressé à ce que vous me parliez, puis peut-être qu'il y a des gens qui nous écoutent qui sont dans votre région et qui seraient intéressés à être accompagnés. Comment ça fonctionne, un couple de doulas ?
- Speaker #1
En fait, moi, il y a trois ans, il y a un couple d'amis qui m'a… demandait d'être leur doula alors que j'étais pas du tout doula. J'étais dans la relation d'aide, mais j'étais pas du tout doula. Et ça m'a surpris sur le coup, mais j'ai dit oui parce que mon cœur avait vraiment envie d'y aller. Puis quand je me suis retrouvée à la naissance de leur bébé, j'étais comme un poisson dans l'eau, j'avais l'impression que j'avais fait ça toute ma vie. Puis en fait, un autre couple m'a appelé, m'a dit dis donc, tu ne voudrais pas être notre doula ? Ben ok, si tu veux. Puis un autre groupe, puis un autre groupe, puis un autre groupe, puis en fait ça ne s'arrête plus. Et au fil des accompagnements que j'ai faits, là j'arrive à la génération où tu sais j'ai accompagné le premier bébé, puis maintenant il y a les petits frères et les petites sœurs qui naissent. Et j'ai eu pas mal de femmes qui, sur leur deuxième grossesse, étaient au bout du rouleau, étaient épuisées et manquaient de soutien, et notamment de soutien de la part du papa. Mais moi je me sens tout à fait capable d'accompagner les femmes à devenir mères. Mais accompagner les hommes à devenir père, c'est quand même quelque chose, puis je crois que ça mériterait un homme pour accompagner les hommes. les pères d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec nos pères à nous. Ils ont une espèce de place à retrouver qui est très différente et ce n'est pas facile pour eux. Alors, je me suis mise à réfléchir et en fait, je cherchais un homme qui était non seulement thérapeute, mais qui était inspirant en tant que père en fait. Que moi, je voyais comme un père qui avait réussi à prendre sa place puis à être l'image de ce soutien dont la femme a besoin. Et je ne trouvais pas, à chaque fois, oui j'avais un bon thérapeute, mais le papa derrière, il avait déconné à un endroit, donc ça ne marchait pas. Et on est partis en stage tous les deux, au mois d'avril de cette année, et pendant le stage, ça m'est venu comme une fulgurance, je me suis dit, mais voyons ! tu l'as à côté de toi. C'est évident, en fait. Le père que tu recherches, inspirant, qui peut accompagner les hommes à devenir les pères qu'ils veulent être, c'est lui. Mais bon, lui, à la base, il est charpentier. En fait, j'avais peur qu'il ait peur. Parce que moi, je voyais tellement ces qualités d'écoute qu'il a, puis de présence, et ce qui peut inspirer à travers son expérience. et donc j'ai osé lui demander en fait j'ai dit écoute c'est plus possible pour moi d'accompagner toute seule parce que j'ai l'impression que je fais que la moitié du job c'est des parents que j'accompagne et j'ai besoin d'un homme pour accompagner les hommes avec moi mais avant ça, en organisant les Blessing Way pour les mamans à chaque fois je leur proposais est-ce que tu voudrais que ton homme, il est aussi un rituel de passage. Par quatre fois, les hommes ont dit oui. Et donc, Vincent a fait les Blessing Ways de ces hommes-là. Donc, il avait quand même déjà mis un petit pied dans la marmite.
- Speaker #0
Un grand pied.
- Speaker #1
Et je voyais ce que ça faisait après, dans le couple, à la naissance. Je voyais vraiment l'impact de ça. Et donc, j'ai proposé au mois d'avril Et étonnamment, il a dit oui tout de suite, mais sans crainte, sans peur, sans ah ouais, ok,
- Speaker #0
on y va Un chien avec des craintes quand même.
- Speaker #1
Oui, mais tu ne les as pas nommées tout de suite en tout cas.
- Speaker #0
Non, mais des craintes légites, des craintes qui sont bonnes à avoir.
- Speaker #1
Oui. C'est vrai qu'on est... C'est pas facile parce que moi déjà, moi j'aime bien dire que je suis une doula punk un peu parce que je suis doula, mais j'ai même pas eu le temps de me former parce qu'en fait, c'est ma tribu, ma communauté qui m'a choisie pour faire ça, mais ça m'a pris du temps avant d'assumer ça puis de le dire parce que tout se faisait en souterrain, en bouche à oreille. On m'appelle comme ça que par le bouche à oreille. et donc de faire de Vincent un homme aussi, qu'on fasse couple ensemble, de doula alors que finalement en quoi on est légitime de faire ça, mais je me dis on a traversé tellement de choses, c'est pas possible que ça peut peut-être aider 2-3 personnes au passage quand même même si ça aide qu'une personne ce sera déjà énorme et donc à ce moment-là, moi j'avais 2 couples en accompagnement et donc on leur a proposé à tous les deux de faire l'accompagnement en couple Le premier couple qu'on a accompagné, je les avais déjà accompagnés sur leur première grossesse. Donc Vincent a suivi le papa pour le deuxième accouchement. Vincent n'est pas là sur les accouchements, il n'y a que moi, mais lui dans le suivi de la grossesse puis dans le suivi post-partum. Écoute la posture de ce papa, c'était le jour et la nuit entre le premier et le deuxième bébé. C'était fou. Alors lui-même, il a cheminé bien évidemment.
- Speaker #0
Oui, il a vécu son premier.
- Speaker #1
Voilà, il a vécu sa première paternité. Mais il y avait vraiment quelque chose qui avait bougé aussi fondamentalement dans sa manière d'être présent à sa femme pendant l'accouchement. Et ça, pour moi, c'était vraiment ce qu'il avait vécu avec Vincent avant le Blessing Way et puis l'accompagnement qu'il a eu avant. Et voilà, je vois que c'était tellement évident de faire ça.
- Speaker #0
Oui, moi ce que j'ai remarqué, c'est que les femmes, vous avez vraiment la possibilité. Avec comment vous êtes constitué à l'intérieur, avec comment la société vous modèle aussi, d'aller demander de l'aide et vous en privez pas et c'est super chouette à voir ça. Et de voir les communautés de femmes et particulièrement autour de la naissance, c'est vraiment super beau à voir. Et les Blessing Way, c'est vraiment un moment où il y a même une forme de jalousie, en fait. De voir ce moment, il est beau ce moment. Donc moi, quand on m'a proposé d'organiser ça, je me suis dit, putain, les gars, ils vont... Ok, ça va les chambouler parce que le côté rituel est très peu présent dans notre société, et encore moins pour les hommes, mais je me suis dit, en fait, c'est tellement chouette qu'ils vont accrocher. Et de fait, il y a une blessure en particulier qui m'a marqué, c'est de les accueillir à la maison et de l'accueillir lui avec ses amis et ses frangins. C'était bouleversant. Et du coup de vivre ça et puis de côtoyer Alex au quotidien dans son boulot de doula, de voir comment en fait c'est son cœur qui parle, elle a été effectivement cooptée par la communauté. Arrivé à un moment je l'ai vue vraiment peiner et puis c'est ce qu'elle m'a exprimé, de dire mais putain c'est pas possible quoi, d'avoir des mères qui sont là, qui donnent tout. Et en fait elles sont seules, elles s'épuisent et voilà de dire mais il faut que les pères ils se bouvent le cul quoi. Mais sauf qu'elle n'arrivait pas à les toucher ses papas. Moi, d'avoir mis beaucoup d'énergie et beaucoup d'amour dans l'accueil de mes enfants, beaucoup de temps, c'était vraiment quelque chose qui était important pour moi. Et d'avoir bugué sur plein de moments avec Alex, dans le soutien, de ne pas avoir été moi-même accompagné, d'avoir plein de carences. Je me suis dit que c'est un cadeau. elle fait aux familles et puis qu'elle me fait à moi en fait d'aller découvrir aussi tout ce que je peux améliorer en moi et tout ce que je peux améliorer dans la vie des papas et puis en fait pour les enfants. Le môme, il a deux parents à l'origine du truc. Il y a tous ceux qui ont deux parents du même sexe, il y a tous ceux qui sont monoparentaux aussi et qui sont encore plus démunis. D'accord, elle a besoin d'une communauté, d'un village quoi, mais... C'est vrai que cette histoire de village, on ne l'a plus. Donc voilà, moi je sais que si je peux mettre ma pierre à l'édifice, maintenant ça me réjouit. Et en plus, par chance, quand je suis dans ce rôle de doulo, qu'on ne sait pas trop comment dire autre, pour moi doula c'est vraiment les femmes qui accompagnent les femmes, puis c'est un métier qui apporte tellement de connaissances que moi je n'ai pas, que je n'arrive pas à m'auto-proclamer doula. Donc doulo, je trouve que ça fait un peu plus ridicule, puis ça me va bien. Il y a quelques jours, je discutais avec une femme à l'océan, puis je lui racontais ça, elle me questionnait de ce que je faisais, et donc je disais, j'ai arrêté mon boulot de charpentier, puis maintenant je suis doulo, et ah bon, mais c'est quoi ? Donc je lui explique. Elle me fait, ah oui, mais en fait vous, au début, votre premier métier, ça a été de construire le nid, puis maintenant vous vous occupez de l'intérieur du nid, j'ai trouvé ça super beau, du coup je l'ai gardé, je me le suis mis dans la poche. un grand merci à Alex d'avoir osé me demander quoi encore tout ça le chemin de l'intuition on y retourne son intuition elle est dingue quoi elle a beaucoup d'intuition, elle est très humaniste il y a un endroit où moi aussi je suis humaniste et en fait j'arrive pas à le mettre vraiment trop dans la matière avec le boulot de charpentier et puis m'apercevant aussi que ce boulot il commençait un peu à m'épuiser physiquement je me suis dit mais En fait, pourquoi je soutiens ? Ça fait quand même ça quelques années que je l'ai en tête, de soutenir Alex. Ça demande aussi d'équilibrer les charges de boulot, d'équilibrer nos temps professionnels. Et moi, je me disais, mais comment je peux faire ? Et là, c'était une de mes envies, ça a été de la soutenir en prenant plus un rôle d'homme au foyer. Et puis comme ça, ça peut lui permettre d'avoir plus de temps pour travailler et puis pour mettre dans la matière cette humanité en fait. Et troisième volet, de me laisser du temps aussi pour pouvoir accompagner les hommes. Ouais, c'est cool de pouvoir, au travers de son intuition et de son humanisme en fait, finalement tous les deux œuvrer là-dedans en portant plus son énergie qui est, ben voilà, elle est comme ça, elle l'a et en plus elle le fait bien dans son boulot. Donc autant soutenir ça plutôt que d'essayer de faire... la même chose à côté en version foirée.
- Speaker #1
Que c'est inspirant ! C'est vraiment inspirant.
- Speaker #2
Merci d'avoir partagé avec une si grande générosité votre expérience. C'est extraordinaire.
- Speaker #1
Merci à toi de nous avoir sollicité. Puis vraiment, moi, j'avais envie de dire que c'est beaucoup, beaucoup grâce à la rencontre avec toi. puis grâce à la rencontre avec Élise aussi qui était donc notre doula à Bordeaux quand je suis tombée enceinte de Maxime j'étais persuadée que je voulais une doula mais je ne savais pas tellement ce que c'était en France ça n'existait pas encore trop gros et ça a été tellement important, tellement bon tellement doux de t'avoir avec nous puis de le revivre avec Léo si tous les bébés pouvaient arriver comme ça mais mon dieu on aurait une toute autre humanité Voilà, tu m'as montré ça et Elise m'a montré ça aussi. Du coup, ça a fait que c'est devenu une évidence des années plus tard, avec cette grande pression aussi que j'ai deux grands et beaux modèles à suivre. d'avoir cette conviction forte qu'on a des métiers très importants pour les bébés.
- Speaker #2
J'ai envie d'ajouter, tu sais, être doula, c'est d'abord et avant tout une mission de cœur. C'est pas une mission de connaissance. Ça, tu l'as toujours eu, Alex, à l'intérieur de toi, puis toi aussi, Vincent. C'est votre être, vous avez ça à l'intérieur de vous. Fait que vous êtes vraiment... complètement légitime. Ce n'est pas une question de savoir, ce n'est pas une question de connaissance pour moi. C'est d'abord et avant tout une question d'être. Très chanceux qu'ils rencontrent votre route, vraiment.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci, ça fait chaud en temps.
- Speaker #2
Je vous avoue que c'était tout un épisode avec plusieurs sujets vraiment intéressants, avec plusieurs sujets qui amènent des réflexions dans notre façon de voir la vie, dans notre façon de voir notre monde et compagnie. J'avais envie de revenir avec toi sur certains sujets qui ont été abordés pendant l'épisode et j'ai cherché la meilleure façon de le faire et j'ai décidé de t'enregistrer quelques courtes vidéos pour pouvoir te parler de sujets intéressants et te donner de l'information pertinente. Par exemple, par rapport à la pertinence des rituels. Par rapport à l'expulsion du placenta, qu'en est-il au Québec ? Alexandra nous parlait qu'en France, on nous alloue seulement 15 minutes. Au Québec, c'est différent, donc je te raconte ça dans une vidéo. Je te parle également de la physiologie de l'expulsion du placenta, c'est hyper intéressant, et des facteurs qui vont favoriser justement cette étape si importante. Je te parle aussi du massage, tiens, tant qu'à faire. Alors donc, tout ça pour dire que si tu as envie d'avoir accès à ces vidéos qui sont disponibles, facilement, gratuitement. Il y a deux chemins possibles. Tu peux aller sur opaleo.com dans la page de l'épisode du podcast, de façon à pouvoir y accéder maintenant. Tu peux également me rejoindre sur mon compte Instagram. Et là, sur Instagram, évidemment, il y a plusieurs publications. Donc, si tu veux avoir rapidement accès aux vidéos qui sont en lien avec cet épisode, tu peux simplement faire hashtag EnfantéLibrement18. puisque nous sommes dans l'épisode 18. Évidemment, les vidéos sur Instagram vont être publiées dans le courant de la prochaine semaine. Donc, si tu écoutes l'épisode alors qu'il est diffusé déjà depuis un moment, tu as déjà accès à toutes les vidéos. Sinon, tu peux aller directement sur opaleo.com. Jeannine, des ateliers gratuits, autant en pré-natal qu'en post-natal. Donc, en pré-natal, tu as accès aux 11 clés pour une naissance facilitée. Tu peux commencer l'écoute dès maintenant si tu veux. Tu peux simplement aller dans... dans la description de l'épisode ou dans la page de l'épisode pour pouvoir avoir accès aux liens pour pouvoir t'y inscrire. Pour l'atelier post-natal, les super pouvoirs de ton bébé dans lequel on parle de tous les sujets qui sont vraiment très importants dans la première année de vie du bébé. Donc, on parle de la sécurité affective, de la motricité libre, des réflexes archaïques, du sommeil et compagnie. Pour l'atelier Les super pouvoirs de ton bébé, même chose, tu as simplement à aller dans la page de l'épisode et tu auras le lien pour t'y inscrire et participer à la prochaine édition. Si tu as aimé l'épisode d'aujourd'hui et que ce n'est pas encore fait, je t'invite à aller sur Spotify ou sur Apple Podcasts pour pouvoir mettre un beau 5 étoiles de façon à ce que le podcast enfante librement. Sans se faire accoucher, sois visible par le plus grand nombre de familles possible. Si tu veux me rejoindre, il y a deux façons de le faire. Tu peux m'envoyer un courriel. Le courriel est dans la description de l'épisode. Tu peux également me rejoindre via Instagram. Je te souhaite une magnifique semaine, puis j'ai déjà hâte de te retrouver la semaine prochaine.